NOUVEAU PREMIER MINISTRE : Quand les miniers l’emportent

 

 
NOUVEAU PREMIER MINISTRE : Quand les miniers l’emportent
 

Deux critères fondamentaux étaient en compétition pour le choix du premier ministre. Il y avait tout d’abord la nécessité de pacifier le pays et de détendre le paysage politique pour permettre au pays de retrouver un environnement qui permette que l’on puisse faire face au défi du développement. Ensuite, il y avait l’option de tourner le dos aux manœuvres politico-politiciennes pour se tourner résolument vers la relance économique, en rassurant les investisseurs par à travers l’homme qui aurait à chapeauter le gouvernement. Les partenaires de Breton Woods et les grandes multinationales telles les grandes entreprises minières étaient les tenants de cette seconde option. Visiblement, c’est elles qui l’emportent.

Il semble en effet qu’au lendemain de son élection, certains partenaires se sont rapprochés d’Alpha Condé pour lui suggérer la nécessité d’aider le pays à respirer économiquement. On lui a notamment présenté toutes les opportunités de gros investissement que le pays n’a pas pu saisir, parce que non seulement il était englué dans de minables querelles politiciennes, mais aussi et surtout parce que les interlocuteurs dont le premier ministre n’étaient pas de taille à gérer certains dossiers et que le président Alpha Condé lui-même aura fait montre d’une dose de nationalisme qui n’était pas de nature à rassurer les partenaires.

Plus concrètement, on lui aurait rappelé que le projet Simandou sud patine, en dépit du coup spectaculaire qu’il avait réussi en s’attaquant frontalement à BSGR. A l’image de ce mégaprojet, d’autres investissements de moindre envergure dans le secteur minier, n’ont pas pu se concrétiser au cours de ce premier mandat, parce que celui-ci a surtout été politicien et que le choix des hommes a conséquemment suivi cette optique.

Il a résulté de ce diagnostic que les partenaires ont plaidé et obtenu du président Alpha Condé qu’il désignerait à la tête du gouvernement quelqu’un avec qui ils sont susceptibles de s’entendre. Le choix de Mamady Youla serait donc fruit de cette entente. Plus au fait des questions minières, il pourrait réussir à sensibiliser le chef de l’Etat de manière à adoucir certaines de ses positions. De même qu’il pourrait parallèlement impulser une nouvelle dynamique à l’économie nationale, à travers notamment un coup de pouce au secteur privé et à une meilleure politique en faveur de l’emploi notamment des jeunes. L’espoir étant que cette nouvelle donne puisse donner naissance à un climat politique moins agité.

Anna Diakité, www.kababachir.com  

Reçu de Kabanews   

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