Gomez est mort à Paris

Je viens d’apprendre la nouvelle, j’ignore ni de quoi, ni où précisément; il serait mort ce mardi soir 31 mars 2012 à Paris, à 18 heures. Il m’avait paru tellement diminué il y a un an, quand je l’avais croisé à la foire du livre, que je ne l’avais pas reconnu tout de suite. Gomez fut l’homme fort du ministère-secrétariat de la présidence du temps de Conté et du CMRN. A telle enseigne qu’il fallait montrer patte blanche, faire le pied de grue pour voir le chef de l’Etat. Serait-on ministre. Seul un certain porte-parole du CMRN paré de l'aura de numéro 2 des auteurs du  coup d’Etat contre ce qui restait de l’Homme-peuple, passait sous son nez, montant quatre à quatre l’escalier qui menait au bureau de « Conté ». L’actuel Modérateur de la République, Facinet Touré, qui n’a pas attendu la dégradation des galons pour que même lui, finisse par être pratiquement interdit de Présidence. Ce qui n’était pas du reste du fait de Gomez.

Gomez fut l’un des maîtres-d’ouevre de la trop fameuse loi anticasseurs de 1993 qui continue encore à plomber l’entrée dans l’Etat de droit. Il faut lui reconnaître le mérite d’avoir organisé la présidence dans son ensemble, mis des cadres certes de son choix, mais comme  Kerfalla Yansané à la BCRG, il a, en homme instruit, (il serait le premier ingénieur guinéen de l'aviation civile,  d’une école supérieure en France) su éviter à la nation l’installation d’un « foutoir » au plus haut niveau de l’Etat. On a vu à contrario, où mène le folklore de la confusion de la politique avec un spectacle de mauvais goût, tels ces Dadis Shows qui nous ont menés à ce que j’appelle le Stade Boiro, avec les horreurs de ce 28 Septembre 2009.

Justement, le Camp Boiro, il l’a connu, la diète noire il y a goûté 8 ans, et il a donné son témoignage (Parler ou périr) certes un peu tardif, mais sincère, émouvant et édifiant; j’avoue que je ne l’ai pas encore lu.

Mais nous sommes plongés dans le deuil, un deuil qui devrait être national car il fut un grand commis de l’Etat qui tenait la dragée haute aux Ba Mamadou, Siradiou Diallo, et bien évidemment, y compris président actuel. C’était un homme de foi, pieux, baignant sans doute dans un air de famille qui ressemble à une vocation. Je crois bien que Monseigneur Albert Gomez est son frère cadet.

Que sa famille, ses proches et ses amis trouvent ici mes condoléances les plus sincères d’un frère qui a eu l’occasion de le rencontrer à  Dinguiraye pon village natal ou avec des amis et frères qui me sont proches.

Salam Alsény.

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