Ahmed ben Bella est mort ce mercredi 11 avril
- Détails
- Publié le jeudi 12 avril 2012 23:03
- Écrit par Wikipédia/Ali Graïchi
Il a achevé sa longue et riche vie dans son domicile familial d’Alger
Parcours terrestre d’Ahmed Ben Bella
Ahmed Ben Bella (arabe : احمد بن بلة), né le 25 décembre 1916 à Maghnia en Algérie et mort le 11 avril 2012 à Alger[2], est un homme d'État algérien.
C'est un des neuf « chefs historiques » du CRUA, futur FLN, parti indépendantiste algérien, il est arrêté pendant la Guerre d'Algérie, mais prend part à l'indépendance du pays à la tête du FLN et devient le premier président de la République algérienne démocratique et populaire le 15 septembre 1963, poste qu'il cumule avec celui de Premier ministre. Le 19 juin 1965, il est destitué par un coup d'État militaire mené par son vice-premier ministre, le colonel Houari Boumédiène.
Fils de petits paysans marocains émigrés[3],[4], Ben Bella est né à Maghnia[4] dans l'Oranie, en Algérie, sa date de naissance n'est pas précise entre 1914 et 1916, mais l'historiographie du personnage retient 1916[4]. Il fait ses études secondaires à Tlemcen[4].
Il joue la saison 1939-1940 à l'Olympique de Marseille comme milieu de terrain[5].
Seconde Guerre mondiale[modifier]
Durant la Seconde Guerre mondiale, il combat dans l'armée française au sein du 5e régiment de tirailleurs marocains de la 2e division d'infanterie marocaine (2e DIM)[4].
En 1944, il participe à la bataille du mont Cassin au sein du Corps expéditionnaire français commandé par le général Juin, puis aux campagnes de France et d'Allemagne au sein de la 1re armée du général de Lattre. Promu adjudant, il est cité quatre fois dont deux fois à l'ordre de l'Armée et décoré de la Médaille militaire par le général de Gaulle en avril 1944 en Italie[6],[7].
Premiers engagements[modifier]
Marqué par les massacres du 8 mai 1945, il adhère au PPA–MTLD, de Messali Hadj. Il est ensuite élu conseiller municipal de sa ville en 1947[4]. Membre de l'O.S. dirigée par Hocine Aït Ahmed avec Rabah Bitat, il participe au casse de la poste d'Oran de 1949 afin de financer le parti[8].
En mai 1950, il est arrêté à Alger, jugé coupable et condamné, deux ans plus tard, à sept ans de prison. Il s'évade en 1952 et se réfugie au Caire auprès d'Hocine Aït Ahmed et de Mohamed Khider avec qui il formera plus tard la délégation extérieure du Front de libération nationale (FLN)[9].
Guerre d'Algérie[modifier]
Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation suite au détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).
Un des neuf chefs historiques du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), il est arrêté une deuxième fois lorsqu'est détourné l’avion qui le conduisait du Maroc à Tunis en compagnie de Mohamed Boudiaf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf.
Algérie indépendante
Libéré en 1962 après son emprisonnement au Fort Liédot sur l'île d'Aix (France, département de la Charente-Maritime, tout proche du Fort Boyard), il participe au congrès de Tripoli où un différend l'oppose au GPRA. Après les accords d'Évian, il critique en effet la légitimité du gouvernement provisoire et se heurte à Mohamed Boudiaf et Belkacem qu'il élimine rapidement[réf. nécessaire]. Il rentre à Alger et, le 27 septembre 1962, est désigné président du Conseil. Il installe alors un pouvoir sans partage.
Ben Bella a pour objectif de construire un socialisme typiquement algérien (liens avec Cuba et la France à la fois) tout en épurant le parti, l'armée et l'administration lorsqu'il devient secrétaire général du bureau politique du FLN en avril 1963. Son dauphin désigné est alors le colonel Boumédiène. Après l'adoption d'une constitution, il se fait élire en septembre 1963 président d'une République très présidentielle et autoritaire, il réussit, dans la violence, à réduire les insurrections kabyles et les diverses oppositions politiques. Soutenu par l'Égypte et par Cuba, il s'engage dans la guerre des sables contre le Maroc. Il se rapproche des puissances communistes, Chine et U.R.S.S..
Partisan du panarabisme et admirateur du colonel Nasser, il entreprend une politique d'arabisation de l'enseignement et fait appel à des instituteurs égyptiens.
Renversement et exil
Il est renversé par le coup d'État de Boumédiène le 19 juin 1965, emprisonné jusqu'en juillet 1979, puis assigné à résidence jusqu'à sa libération en octobre 1980. Durant cette période, il épouse Zohra Semalli, le couple adopte par la suite trois enfants[4].
Gracié par le président Chadli Bendjedid, il s'exile en Suisse à partir de l'année 1981[4]. Il crée alors le Mouvement pour la démocratie en Algérie et se rapproche d'un autre « chef historique » exilé de la révolution algérienne, Hocine Aït Ahmed.
Il revient en Algérie le 27 septembre 1990. A cette époque, il soutient fermement le régime de Saddam Hussein et prone une alliance arabe contre l'agression américaine en Irak. « Les Algériens iront combattre, car là-bas ce sont les intérêts de tous les Arabes qui sont menacés et nous assistons à la naissance d'une croisade, une autre croisade lancée contre les peuples arabes »[10].
Il assiste à la prestation de serment du président Abdelaziz Bouteflika en 2009 et il prône la réconciliation avec les islamistes en Algérie[9].
International
Après son retour à Alger en 1990, il se retire de la vie politique et se consacre à des dossiers internationaux tels que la Palestine et l'Irak, et rejoint les altermondialistes pour lutter contre "la mondialisation capitaliste"[9].
En 2007, il est nommé président du groupe des Sages de l'Union africaine[4]. Par la suite, il devient membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
Hospitalisation[
Le 4 janvier 2012, il est transféré d'urgence dans un hopital parisien[11]. Le 11 avril de la même année, il meurt à Alger.
Divers
Reconnaissances
- Croix de guerre 1939-1945 : 4 citations dont deux à l'ordre de l'Armée (2 palmes)[12]
- Médaille militaire
- Héros de l'Union soviétique
- Prix Lénine pour la paix 1964
- Prix Kadhafi des droits de l'homme en 1995 et président du le comité international jusqu'à sa mort en 2012.
Footballeur
Ahmed Ben Bella qui pratiquait le football dans sa ville natale de Maghnia a joué pour l'Olympique de Marseille lors de la saison 1939-1940 et aussi pour l'équipe de France militaire au poste de milieu de terrain alors qu'il était sous-officier de l'armée française engagée dans la Seconde Guerre mondiale[13].
DISPARITION DE BEN BELLA : deuil national ou deuil de la nation
La nation n’a pas fini d’être l’otage des clans. Un deuil de huit jours vient d’être décrété à la suite de la mort d’Ahmed Ben Bella. Pourquoi ? Il est le premier président de la République algérienne nous expliquent les gorges profondes du pouvoir. Ferhat Abbas qui fut le premier président de la République de l’Algérie combattante n’eut pas droit aux mêmes égards et Ben Youcef Ben Khedda qui était le président légal de l’Algérie indépendante s’est éteint dans l’indifférence des officiels.
Les fonctions des responsables ne sauraient donc être invoquées pour justifier le privilège des honneurs posthumes. Reste l’action des intéressés. Celle de Ben Bella ne fut ni la plus flamboyante ni la plus constante ni la plus utile pour le pays. La lecture de son PV d’audition devant la police française en 1950, les revirements qui l’ont fait passer du maoïsme à l’islamisme et la violence qu’il imprima à la vie politique au lendemain de la guerre ont été suffisamment commentés pour ne pas appeler de plus amples développements. S'impose alors l’appartenance régionale qui lie l’ancien président avec le chef de l’Etat actuel. Tout le monde en parle et personne ne l’assume. Pour faire diversion, les conseillers en communication du clan d’Oujda, anticipant les dénonciations de la tribalisation de la mémoire, expliquent depuis quelques semaines que Bouteflika, culpabilisant son implication dans le coup d’Etat qui a renversé Ben Bella en 1965, veut soulager sa conscience en hypertrophiant les cérémonies de l’enterrement de sa victime. Si telle était vraiment la raison, le mieux eut été de confier son pécher. Une fois de plus les anciens moudjahidine vont ruminer leur dépit entre eux et les concierges du palais, essayant d’étouffer le débat jouent de l’hypocrisie en déplaçant le problème : un musulman ne polémique pas à l’occasion de la disparition d’un autre musulman. Comme si le problème était là. Demeure l’essentiel. La vie nationale continue de s’exprimer dans la rue : Ben Bella, dont les abus ont piégé le destin algérien dès l’indépendance, aurait-il eu droit à un tel traitement si le chef de l’Etat en poste aujourd’hui n’était pas de sa région ? Interdite, la question n’en est pas moins lancinante.
Ali Graïchi
