Impasse politique en Guinée (Par Könömou)
- Détails
- Publié le mardi 12 juin 2012 22:47
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
La Guinée peine à achever sa transition. Les élections législatives devant mettre fin à la Transition sont bloquées par un manque de volonté politique de tous les acteurs impliqués surtout du côté du président Alpha Condé. Ce 12 juin, le mouvement social guinéen composé du CNOSCG (Conseil national des organisations de la société civile de Guinée), le mouvement syndical (les huit centrales syndicales) et la CPEG (Confédération patronale des entreprises de Guinée) a adressé un mémorandum au Président Alpha Condé pour sortir de l’impasse. Dans ce mémo, il estime que la composition actuelle de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) ne fait pas le consensus entre tous les acteurs politiques. Donc, ce manque de consensus à entraîne é plusieurs conséquences dont l’imbroglio juridique caractérisant la CENI (la Constitution, le Code électoral, la loi 013 du 29 octobre 2007 et l’ordonnance 015/PRG/CNDD/2008 du 4 janvier 2009), la perte de confiance entre les commissaires et leurs mandataires, l’incompétence et la probité morale douteuse de certains commissaires et la perte d’identité en termes de représentativité des partis.
« La recomposition de la CENI conformément au paysage politique nous permet de restaurer très rapidement la confiance entre les acteurs politiques sans laquelle il n’y aura pas de quiétude sociale et de paix, qui sont les gages certains du développement socio-économique du pays tant souhaité par les citoyens », souligne le mémorandum. Car, cela peut permettre d’aller vite aux élections législatives crédibles, transparentes et acceptées de tous d’ici novembre 2012. Le mouvement social guinéen va plus loin dans ses propositions. Selon eux, cette recomposition doit répondre à des critères précis. Pour les Partis politiques, les critères sont entre autres le nombre de participation aux élections nationales, le pourcentage gagné à l’élection présidentielle 2010, l’appartenance à la Mouvance ou à l’Opposition. Puis la société civile, trois membres issus du CNOSCG, de l’Ordre des Avocats et le mouvement syndical guinéen. Et puis deux de l’Administration issus des ministères de l’Administration du territoire et de la décentralisation et de l’Economie et des Finances.
Le choix de ces nouveaux commissaires devrait reposer sur la compétence des cadres, l’intégrité et l’esprit d’indépendance, l’expérience vécue et véritable sur le processus électoral et la capacité à privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Le mouvement social propose aussi la mise en place d’un mécanisme de transparence au niveau de la CENI : la publication régulière des rapports périodiques et ponctuels sur chaque étape du processus, les rapports sur la gestion administrative et financière, la concertation régulière avec les acteurs majeurs du processus électoral.
« Nous suggérons à son Excellence Monsieur le Président de la République de bien vouloir prendre un décret de révocation par application du principe de parallélisme des formes dans les deux semaines qui suivent, rapportant le décret N°039 du 28 novembre 2007 portant nomination des membres de la CENI sur la base des nouvelles propositions de ce mémorandum, dans l’intérêt supérieur de la nation », renchérit-il. Ce décret permettra même de décrisper l’atmosphère politique actuelle. Ainsi, le Président Alpha Condé pourra saisir les blocs politiques dans la désignation des nouveaux commissaires qui doivent être nommés par un décret dans le souci d’une CENI consensuelle ad’ hoc pour l’organisation des élections législatives.
Pour parer une autre éventuelle crise à propos de la CENI, le Mouvement social guinéen affirme que l’Assemblée nationale issue de ces élections législatives aura toute la légitimité de doter la Guinée d’une CENI pérenne dont la composition sera conforme aux dispositions des articles 132 et 133 de la Constitution du 7 mai 2010.
Il faut rappeler que depuis avril 2011, l’Opposition guinéenne réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) demandent un dialogue franc et sincère sur le processus électoral. Il y a plusieurs propositions de sortie de crise qui sont restées jusque-là lettre morte. Le Président Alpha Condé avait indiqué tout récemment qu’il ne va pas se mêler des affaires de la CENI. Ce qui veut dire que ce énième mémo à son attention a peu de chances d’avoir une suite favorable.
Könömou
