Ville morte en l’absence d’Alpha Condé

Qui suivra de loin comme d’habitude, j’ai envie d’écrire, « le mouvement des troupes ». Il serait partisan de la théorie militaire qui dit que « les généraux doivent être penchés sur les cartes d’Etat-major, les trouffions au front », au cas où les canons d’en face manqueraient de chair. L’Opposition de son côté, une fois n’est pas coutume, a gardé le cap ; car ces dernières quarante huit heures, de sourdes rumeurs circulaient rapportant un possible report de cette ville morte. Leur dernière conférence de presse aura décidé d’appeler les citoyens à se bien barricader.

Cependant pour tuer une ville, il faut des armes. Un simple mot d’ordre suffit-il ? Un jour j’ai dit à un fonctionnaire non gréviste qu’est-ce qu’il allait faire dans son bureau puisqu’on venait juste de convenir qu’on ne foutait rien dans les bureaux.

Excellence, vous êtes guinéen ?

Attendez, je vais réfléchir, fis-je.

Ah oui, ça se voit que vous n’êtes pas d’ici..Ah je vois diaspo !

Pas tout à fait, je suis revenu depuis près de dix ans et..

Vous n’êtes pas guinéen ! En tout cas vous ne travaillez pas..

Et vous vous allez travailler un jour de grève : c’est vous qui n’êtes pas un Guinéen !

Le monsieur allait travailler, c’est-à dire vendre sa signature au bas d’un faux qui lui rapportera des millions de francs guinéens.

Dans tous les pays du monde il y a une tradition bien établie :

Il faut briser les briseurs de grèves. Au moins en leur barrant le chemin.

Mais pour le faire et le réussir, il faut avoir étudié soigneusement des semaines à l’avance, le terrain, penché sur une carte d’Etat-major qui dessine la topographie politique dans ses moindres détails. En amont et en aval.

Je me conterai d’une seule question : en dehors des « suicidés » de l’Axe du Mal, terreur d’un Pouvoir intronisé par le Malin (le Diable des écritures saintes), connaît-on la domiciliation du Mouvement social, et réciproquement, l’implantation des Partis politiques au sein du Mouvement social est-elle bien cartographiée ?

Il n’y a pas de mouvement politique « révolutionnaire », c’est-à dire une série de manifestations politiques qui aboutissent à un changement politique significatif, sans une jonction préalable avec les acteurs sociaux (syndicats et société civile). C’est le b, a ba de la stratégie politique. Depuis des lustres, Alpha avait infiltré les syndicats, y compris les mouvements politiques dans les universités. Sans oublier l’armée. Je n’en dirais pas autant pour les héritiers politiques des « Forces vives ».

Mais petit à petit..

Dans le cas contraire, l’appel aux Guinéens de l’Extérieur pour battre le pavé est de bonne guerre quand on a goulument avalé un recensement qui dit que les 4 millions de diaspos ne sont en réalité que 126000 damnés de la terre, quand il s’agit de voter. Et cette démission est imputable à tous les ténors qui appellent ces navetanes que nous sommes à chaque fois que de besoin. Mais les risques sont grands que les villes mortes aient plus de succès (au lieu de marches) à l’Extérieur qu’à l’intérieur. Avec un RPG-arc-en-ciel qui appelle ses troupes à une massive sortie présidentielle, et que le plus « grand Parti de l’Opposition » est travaillé par des courants centrifuges de haut en bas. Qui avait voulu cacher le soleil par le petit doigt, et qui à force, voit l’astre menacer de retomber sur ses dénégations puériles.

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum

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