Les vérités sanglantes contre la marche pacifique du 10 Mai
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le jeudi 17 mai 2012 12:46
- Publié le mardi 15 mai 2012 13:17
- Écrit par Maladho Diallo
« Nous avons identifié trois cas de traumatisme crânien, deux cas de suspicion de fractures et des blessures légères. On n’a pas identifié de blessures par balles, ni à l’arme blanche. Selon leurs témoignages, ils ont été bastonnés à l’aide de matraques, de ceinturons et de cross de fusil » nous a dit le médecin de garde du Centre « Mère et Enfant ».
Un manifestant saignant, dans son lit d’hôpital témoigne.
« Des gendarmes nous ont trouvés arrêtés, ils ont fait des tirs de sommation. Puis, ils nous ont jeté des cailloux. Après, ils se sont jetés sur nous et nous ont cognés à l’aide de leurs fusils. Un d’entre eux s’est jeté sur moi. Il m’a matraqué sur la tête. Il m’a donné un coup de poing sur la figure. Je suis tombé. Il a persévéré et je me suis évanoui ».
Des blessés, par peur de rencontrer à nouveaux des forces de maintien d’ordre sur leurs chemins se sont résolus à aller se soigner chez eux. Au quartier dit « Feu rouge » à Petit Simbaya, Mamadou Baldé, un boulanger a été pris à partie à Cosa par des flics qui lui ont fait voir de toutes les couleurs.
« Ils m’ont dépouillé et m’ont couvert de coups de matraque. J’ai saigné de la tête et des narines. Puis, ils m’ont roué de coups de pieds. Ils m’ont laissé là en me traitant de chien ».
Plusieurs scènes de violences ont été dénoncées dans les quartiers de la haute banlieue. Les agents des forces de l’ordre accusent les manifestants de leur avoir jeté des pierres. Les manifestants, à leur tour rétorquent que ce sont des jeunes gens en tenue civile, protégés par les forces de l’ordre qui ont commencé les jets de pierres. Et le plus souvent, c’est au niveau du siège du RPG situé au carrefour Concasseur que les échauffourées éclatent. Les militants de l’Opposition jurent que les jets de pierres viennent souvent du côté du siège du RPG.
« Des jeunes terrés dans des habitations proches du siège du RPG jettent des cailloux sur la marche et aussitôt, les forces de l’ordre stationnées près du siège se mettent à tirer les gaz lacrymogènes sur nous. Et puis après, on dit que c’est nous qui les avons provoqués » témoigne un militant de l’Opposition. Qui cache ces faiseurs de troubles ? La question est sur bien des lèvres.
« Si les premiers jets de pierres ne viennent ni des manifestants, ni des forces de l’ordre, c’est qu’il y a des gens infiltrés, cachés qui sèment la zizanie et on nous fait endosser cette responsabilité ».
Côté, gouvernemental, on déplore aussi des blessés dans les rangs des forces de l’ordre. Cdt Mamadou Alpha Barry, le porte-parole de l’Etat- major de la Gendarmerie nationale a déclaré à la télévision nationale dans la soirée du 10 mai que 17 agents de maintien d’ordre ont été blessés par les manifestants. Ces blessés seraient hospitalisés à l’hôpital du camp Almamy Samory Touré.
Dans la matinée du 11 mai, de nombreuses autres violences ont été constatées le long de la route le Prince. Un témoin nous a indiqué qu’un jeune a été grièvement blessé par un pandore.
« Dans mon quartier à Bambeto, un gendarme a planté un couteau dans le bras d’un jeune. En même temps, certains agents sont allés disperser un baptême demandant, à chacun de rentrer chez lui ».
Jusque dans la soirée, des affrontements sanglants entre forces de l’ordre et jeunes des quartiers de Bambeto, Cosa, Enco 5 étaient signalés. Il semblerait qu’il y aurait eu même des morts, quatre selon des témoins.
ASB
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