A Conakry, le pouvoir opte pour le « Gbagboisme »
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le lundi 24 septembre 2012 16:31
- Publié le lundi 24 septembre 2012 15:10
- Écrit par Faya Millimono
Il était une fois un Président ivoirien du nom de Laurent Gbagbo. Il était un « opposant historique » comme un certain Président de la République de Guinée. Il était arrivé au pouvoir à travers des élections non transparentes et non crédibles. Ainsi convaincu dès le premier jour que les élections dont il venait de sortir vainqueur n’étaient pas sérieuses et sachant qu’il ne gagnerait aucune élection d’ailleurs en Côte d’Ivoire pour peu que les choses se déroulent de manière transparente et crédible, il opta pour le Gbagboisme.
Le Gbagboisme est une doctrine qui consiste à créer le chaos aussi longtemps que nécessaire pour éviter d’organiser des élections transparentes et crédibles, sachant qu’elles seront perdues par le détenteur du pouvoir. Cette doctrine a permis à Laurent Gbagbo de rester au pouvoir pendant dix ans à la tête d’une Côte d’Ivoire déchirée. Le jour qu’il a été obligé d’organiser les élections crédibles et transparentes, il les a perdues et, les jours suivants, il a rejoint son ami Charles Taylor à la Haye.
A Conakry, un certain Président de la République, élu dans les conditions presque similaires à celles de la Côte d’Ivoire, est sur la voie de rejoindre ses amis Charles et Laurent en optant lui aussi pour le Gbagboisme. La répétition des incidents provoqués par le pouvoir de Conakry montre clairement l’intention de créer le chaos pour faire oublier les élections législatives. On se rappelle l’assassinat de six citoyens endormis à Zowota dans la nuit du 3 au 4 août 2012, sur la base des accusations douteuses. On se rappelle la tentative d’assassinat des trois anciens premiers ministres (Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo) lors de la manifestation empêchée du 27 août 2012. Maintenant nous vivons des violences présentées machiavéliquement comme étant inte-rethniques, après la marche pacifique réussie de l’Opposition.
Il faut avoir le courage de reconnaitre que la marche de l’Opposition du 20 septembre 2012, a été un revers on ne peut plus clair pour le camp présidentiel. La vérité s’est présentée à ce camp sous le meilleur angle. C’est un réveil brutal qui a provoqué la colère des tenants du pouvoir.
Devant la vérité qui se présente d’une manière “pesse” comme ce fut le cas, certaines âmes faibles perdent généralement le Nord. Elles perdent le contrôle de leur tempérament. En effet, les violences du vendredi 21 et samedi 22 septembre 2012, que nous condamnons avec la dernière énergie, ne sont que la conséquence d’une perte de contrôle de leurs nerfs par les membres du camp en face de l’opposition. Encore une fois, le peuple de Guinée a été endeuillé. Notre compatriote, Alpha Amadou Barry de Tombolia, à la fleur de l’âge (25 ans), a perdu la vie. Nous présentons nos condoléances les plus attristées à la famille éplorée et au peuple de Guinée. Beaucoup d’autres compatriotes ont perdu leurs biens. Nous compatissons à la douleur de tous.
Pour revenir à la marche du 20 septembre 2012, il faut dire qu’elle a été un grand revers pour le Pouvoir et ses supporters. Ceux-ci n’ont pas pu digérer le démenti le plus clair de toutes leurs contre-vérités qu’ils ont pris le grand plaisir d’affirmer pendant presque deux longues années.
Passons en revue certaines affirmations :
- 1.L’affirmation par le Président de la République en octobre 2011 que « … dans six mois il n’y aura plus d’opposition en Guiné » a été démentie. L’Opposition est devenue, depuis, plus forte encore.
- 2.L’affirmation que l’Opposition ne peut pas mobiliser sur l’Autoroute Fidel Castro sauf sur l’axe de Bambeto-Hamdallaye, sur la Route le Prince, a été démentie. Comme chaque autre mètre carré de la Guinée, l’Autoroute Fidel Castro fait partie de la République. L’Opposition guinéenne est capable, comme elle l’a démontré, de mobiliser partout sur le territoire national.
- 3.L’affirmation selon laquelle la marche est synonyme de violence a été démentie. Comme nous l’avons toujours dit d’ailleurs, si la marche était un acte violent, elle ne serait pas consacrée comme un droit pour tous les citoyens dans la Constitution guinéenne.
- 4.L’affirmation selon laquelle les Partis d’opposition usent de la violence à travers leurs manifestations a été démentie. Des centaines de milliers de personnes dans les rues de Conakry, toute la journée du 20 septembre, n’ont attaqué personne et n’ont endommagé aucun bien; cela malgré les provocations faites par les loubards du Pouvoir dans les environs de Madina et de la Casse.
- 5.L’affirmation selon laquelle l’Opposition est décriée en Guinée au point que la population a voulu la lyncher le 27 août 2012, d’où « la» (?, ndlr) que lui aurait gracieusement assurée le Pouvoir, a été démentie. Une Opposition décriée ne peut mobiliser, juste quelques semaines après, des centaines de milliers de personnes dans les rues de la Capitale.
- 6. L’affirmation selon laquelle les forces de sécurité sont naturellement violentes en Guinée parce que mal formées a été démentie. Comme l’Opposition l’a toujours affirmé d’ailleurs, les forces de l’ordre ne tirent sur les manifestants pacifiques que si elles reçoivent les ordres. Ce démenti situe en même temps l’origine du mal guinéen: le pouvoir. Chaque fois qu’un Guinéen a perdu la vie dans l’exercice de son droit constitutionnel de manifester, c’est le pouvoir qui (en) est l’auteur et le commanditaire. Les exemples sont nombreux : 1) le 3 avril 2011 Zakaria Diallo a été tué ; 2) le 27 septembre 2011, lors de la marche réprimée de l’Opposition, six compatriotes ont été tués par les forces de l’ordre ; 3) Thierno Soufiana Dialllo, torturé, a été privé de soins à la Maison Centrale jusqu’à ce que mort s’en suive ; 4) deux compatriotes ont perdu la vie à Saoro pour avoir demandé qu’on leur permette de cultiver les plantations familiales d’Hévéa et de Palmiers à huile au lieu de leur enlever leur terre ; 5) un chauffeur de taxi, en provenance de Labé, a été assassiné à Mamou, six citoyens endormis ont été massacrés à Zowota, etc.
Nous nous empruntons la pensée du pasteur américain, Dr. Martin Luther King, Jr., pour lancer un appel au Pouvoir de changer d’objectifs et de méthodes. En effet, selon Dr. Martin Luther King, Jr., « Si on dit que le Pouvoir est la capacité à changer les choses ou la capacité à réussir ses objectifs, alors ce n'est pas le Pouvoir que de s'engager dans un acte qui n'accomplit pas cela : et ceci quel que soit le bruit que vous fassiez et le nombre de choses que vous brûliez. »
Et le pire du non pouvoir est d’user la violence. Car la violence engendre la chose même qu'elle cherche à détruire : le mal. La violence multiplie le mal. Ce n’est pas la haine qui peut chasser la haine; c’est l’amour. Donc le non pouvoir que nous vivons aujourd’hui en Guinée ne fait que semer la haine, la multiplier.
Nous terminons en disant au peuple de Guinée de redoubler de courage et de vigilance. Toute la violence exercée sur vous vise à vous décourager de continuer le noble combat pour la démocratie et l’Etat de droit en République de Guinée. Il n’existe pas de haine naturelle entre les ethnies guinéennes. Il n’y a que le Pouvoir qui multiplie des actes de violences sur le peuple. Nous invitons le peuple à rester mobilisé et à poursuivre le combat.
Faya Millimono

Commentaires
Le peuple de Guinée a besoin de dirigeants comme vous en ces temps difficiles de combat pour la nation Guinée.
Nous devons continuer le combat contre Alpha et sa methode au risque de lui laisser detruire la nation.
Que Dieu vous benisse et sauve la Guinée.
Mamadou Balde
balde.labe