La Guinée fendue en deux par l’axe du bien et du mal (Saïdou Nour Bokoum)
- Détails
- Catégorie : Politique
- Mis à jour le mercredi 22 février 2017 22:22
- Publié le mercredi 22 février 2017 00:40
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
- Affichages : 1292
Actualités de Guinée Conakry, 22/02/17. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Les journalistes comme doués d’ubiquité ont tout dit. La grève est finie, mais on continue de tuer. On pille les magasins. En 2013, le GOHA avait estimé à 100 milliards les frais collatéraux de la liberté d’encadrer les pillards. Des bandits encagoulés tuent à Dalaba. Ceux qui pillent les magasins seraient encore en 2017 protégés par les forces de l’ordre, du moins c’est ce qui est rapporté à Chérif Abdallah président du GOHA (Groupe Organisé des Hommes d’Affaires). Les signataires de l’accord de "cessez-le-feu" semblent n’avoir pas reçu un total assentiment de leurs bases. Aussi, ils ont indirectement signé l’arrêt de mort de 7 nouveaux martyrs. Et tous les matins, c’est 1 plus 1 plus 1, jusqu’en septembre. Si le bateau qui fait eaux de toutes parts tient le cap d’ici là.
A Conakry, tout est calme sauf sur la route des Princes, le fameux axe Hamdallaye-Cosa-Bambéto. Ils ne sont pas de Conakry, non plus des Guinéens comme les autres. Mais alors d’où sont-ils ? Sans doute, il y a des loubards parmi eux. Mais ces jeunes sont de plus en plus des Bacs plus 1, 2, 3, etc. Mais que font-ils là ? Pendant que leurs camarades font du sit-in pour qu’on rouvre les classes désertées par les maîtres ?
Quelle est donc cette Guinée où des dizaines de milliers de chefs de famille ont vu leurs maisons rasées, sans indemnité, et ont dû retourner aux villages, laissant là des ruines et des avortons qui se partagent les croutes avec les souris, restes déversés là sur les plâtras par ceux qui ont mûri, réfléchi et aidé à ratisser Kaporo Rails infectés de militants et de Peaux rouges, de Palestiniens bons à être gazés comme à ..Il y a là-bas un carré ou des amas de cases-bidons ou de bidons-cases appelé la Bande de Gaza. Cela vous dit-il quelque chose ? En tout cas on y trouve des rats, des ratotos et des Ratons.
Les guerres les plus meurtrières ont été gagnées par les tirailleurs sénégalais, ces chéchias sur des chairs à canons.. Les révolutions ont été abouties par le lumpenprolétariat. Des parias de l’industrie et du commerce. Mais les vrais parias sont en Inde, devenu émergent, inclus dans les BRICS. Quant aux parias de Tombolia, de l’ex Kaporo Rails, ils n’ont été éjectés par aucune industrie en Guinée. Il n’y en a pas. Ils ont été vomis par l’incompétence, la corruption, l’impunité, l’impéritie, le vol et surtout par l’ethno-stratégie disséminés à la ronde dans l’ensemble de la classe intellectuelle : un appareil d’Etat, une société civile, des acteurs politiques qui ont planté leurs trône dans les consciences de millions d’abrutis qui depuis 1956 trainent derrière des leaders sans foi ni loi puisqu’ils gouvernent avec ceux qui les avaient embastillés et ou aspirent à gouverner avec les mêmes qu’ils auraient probablement embastillés si c’étaient eux les gouvernants. Ils l’ont fait ou avaient soutenu ceux qui l’avaient fait : mal-gouvernance, pillages et répressions quand ils étaient aux « affaires ».
En Guinée, la foi tient au pouvoir de signer un décret présidentiel ou au moins dans la foi qu’on est main dans la main avec celui qui bientôt... Voilà pourquoi l’axe du bien et du mal est le même en Guinée. C’est que l’appareil d’Etat et ceux qui luttent aujourd’hui contre, ont la même idéologie : Néant ou plutôt sans foi ni loi.
En fait d’idéologie, c’est ce lait tété à L’Ecole guinéenne, aujourd’hui en faillite, aux abois et en panne comme un magbabana dont la Casse ne voudrait pas. Les classes sont fermées aux uns, ceux de l’axe du bien et du mal, parce qu’ils n’ont pas eu les moyens financiers ou les bras longs pour y entrer ou pour poursuivre leurs études ; aux autres elles sont fermées parce que leurs maîtres les ont fermées : ces bouffe-craie n’ont pas les moyens d’enseigner.
L’Ecole guinéenne a foiré parce que l’idéologie qu’elle incarne s’est disséminée comme des métastases partout au sommet de l’Etat et en son pourtour qui le ronge, en glougloutant :
Quittez-là qu’on s’y mette !
L’Ecole guinéenne au sens scolaire est en faillite parce qu’elle a voulu prospérer sans capital ni travail. Elle faisait seulement illusion.
J’ai déjà écrit l’inanité de la formule d’Alpha :
J’ai hérité d’un pays sans Etat.
Quelle méprise. Il a trouvé un Etat si fort qu’il en est captif ou peut-être qu’il a trouvé sa place à en devenir ivre. Ce n’est pas que le pouvoir corrompt. Le pouvoir est une drogue (Michel Jobert). Oui, il a trouvé un Etat puissant, patrimonial ; un Etat privatisé par une cohorte d’incompétents, une Horde sauvage, plus sauvage que Les 12 Salopards. Et au lieu de n’être que 12, ils sont plus de deux cents en Guinée.
Mais depuis que l’équipage du Bounty a pris le gouvernail du Titanic, Cent ans de solitude, (1) le bateau Guinée est enfin Sur les quais, non loin de la casse.
Was-Salam.
Saïdou Nour Bokoum
www.nrgui.com
Note 1) si l’on ajoute les soixante ans de colonisation et les règnes des rois nègres qui se sont succédés nous avons cent ans et quelques, comme me disait le Mâbo de mon village, parlan de son espérance de vie.
