Misbaou SOW est candidat à la présidentielle du 11 Octobre 2015 (déclaration)

 
 

Misbaou SowMesdames et Messieurs, le Lundi 11 juillet 2015, le Front démocratique de Guinée le FRONDEG, un parti de jeunes lançait un appel pour que je représente les couleurs de leur parti aux élections présidentielles d’Octobre prochain en Guinée. Suite à cet appel, j’ai décidé de répondre favorablement à cette demande en me portant candidat à ces élections. En effet, une Guinée émergente ne sera possible qu’au prix d’un changement radical dans la gestion des affaires publiques. Ce qui implique de nouvelles pratiques, une nouvelle vision et surtout un leadership jeune et ambitieux.

Ce nouveau leadership demandé est celui de l’accès au pouvoir d’hommes et de femmes intègres, compétents, profondément attachés à l’idéal d’une justice sociale et entièrement dévoués à leur pays. Des dirigeants exemptent de toute implication dans la gestion chaotique de la Guinée depuis des décennies à tous égards.

Ces jeunes leaders doivent être issus de toutes les ethnies et de toutes les couches sociales de la Guinée. C’est la voie royale par laquelle doit et va s’opérer la reconstruction et le développement de notre pays. C’est uniquement à ce prix que seront réhabilitées auprès des Guinéens et guinéennes les classes politiques dont beaucoup, de par leur comportement inqualifiable, ont énormément contribué à ternir l’image de la politique en Guinée.

Misbaou SowComme l’a si bien dit le FRONDEG dans sa déclaration, la Guinée a tout, mais manque de tout à cause des caprices et la cupidité des responsables politique depuis bientôt 30 ans. De ce constat, déplorable à plusieurs égards, il ressort que le salut de la Guinée passe par une nouvelle façon de faire la politique en se 2 détournant de pratiques surannées. Il s’agit, désormais, de faire la politique autrement, d’exercer le pouvoir autrement, et, par conséquent, d’opter pour de nouvelles mœurs, propices à la réorganisation profonde de la vie politique.

Le FRONDEG s’inscrit dans cette nouvelle dynamique. Notre détermination est totale pour qu’il en soit ainsi. Il s’agit là d’un grand défi que nous allons relever, si nous voulons transmettre aux générations futures une Guinée unie, laïc, républicaine et démocratique. Une Guinée meilleure que celle que les générations précédentes nous ont légué. C’est cela le sens du devoir de génération, pas de génération d’âge, mais de génération de leadership. C’est seulement à ce prix que nos enfants cesseront d’aller misérablement mourir dans les océans, à la recherche de meilleures conditions de vie à l’étranger.

Si je suis élu à l’issue du scrutin du 11 Octobre, les actions prioritaires seront les suivantes :

– Bâtir un état fort et juste ;

– Susciter la mutation des mœurs et pratiques de gestion par l’avènement de la bonne gouvernance dans les affaires publiques ;

– Instaurer une véritable culture démocratique en impliquant les citoyens dans le processus de prise de décision;

– Eradiquer la corruption qui contribue à désintégrer toutes les valeurs morales et, par voie de conséquence, les bases de l’économie nationale ;

– Combattre les inégalités flagrantes en instaurant l’égalité d’accès à l’éducation, à la justice, à la santé et à l’eau potable pour tous les citoyens.

Misbaou SowPour y parvenir, je vous livre là, quelques grands axes de reformes que je compte entreprendre :

1)- Victimes du 28 Septembre Depuis les événements du 28 Septembre, les victimes sont abandonnées à elles mêmes et beaucoup dans le dénuement total. Ceux qui les ont poussé dans la rue et ceux qui ont tiré sur eux ne parlent qu’élection et ne défendent que leur propre intérêts. Un fond 3 spécial sera constitué afin d’indemniser toutes les victimes de cette tragédie.

2)- Aménagement du territoire Plusieurs grandes actions marqueront ce volet donc les plus importants sont :

– La construction d’une nouvelle capitale politique ;

– La construction du barrage hydroélectrique de Konkouré afin de régler définitivement le problème énergétique en Guinée et fournir la sous région en électricité ;

– La construction d’un Aéroport à gros porteurs à Boffa ;

– La construction d’un port ultra moderne à Benti ;

– La construction de routes reliant la Guinée aux grandes capitales de la sous-région.

3)- Intégration de la Guinée à l’UEMOA Afin de doter la Guinée d’une économie seine et compétitive, je prévois dans mon programme de développement, l’entrée de la Guinée dans la zone CFA et du même coup son intégration à l’UEMOA (l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Ce dispositif facilitera la libre circulation des Guinéens dans les 8 pays de l’union et la libre entreprise dans ces pays. Il permettra également à la Guinée de bénéficier de l’expertise des programmes de développement sectoriel mis en œuvre par l’UEMOA.

4)- Développement industriel Il sera élaboré un Code de Délocalisation Industriel en Guinée (CDIG) une première en Afrique, afin de faire de la Guinée la première usine de production d’Afrique. Ce dispositif permettra de créer des emplois pour la jeunesse guinéenne et positionner le pays sur une voie d’émergence réelle.

5)- Soutien aux groupements et associations Un fond d’appui sera crée afin de soutenir les différentes associations de femmes, de jeunes de commerçants, de handicapés moteurs pour un développement de leurs activités et une meilleure insertion socioprofessionnelle.

6)- Je compte également favoriser l’émergence d’une société civile forte en Guinée car, je suis convaincu que sans une société civile forte, capable d’être exigeante vis-à-vis des dirigeants, de s’opposer aux mauvaises pratiques, les hommes politiques continueront de gérer le pays comme un patrimoine familial.

Je compte placer également mon mandat sous le signe de l’unité nationale car jusqu’à présent, les politiciens guinéens ont misé sur la fibre ethnique pour diviser les populations, les opposer les uns aux autres et se faire élire.

En nous mettant ensemble, je suis persuadé que nous pouvons mettre notre pays sur les rails du développement et de la bonne gouvernance dans l’intérêt de toutes les populations de la Guinée. Mesdames et Messieurs, c’est là la substance de ma déclaration en réponse à l’appel du FRODEG.

Je vous remercie

Le candidat, Misbaou Sow

 

Inculpation de Dadis : Cellou Dalein dénonce une manipulation politique

Inculpation de Dadis : Cellou Dalein dénonce une manipulation politique
 

Au lendemain de l’inculpation de Moussa Dadis Camara, le président de l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne a qui Dadis s’apprêtait à signer une alliance politique, a réagit.

S’exprimant sur RFI, Cellou Dalein Diallo, dénonce une manipulation politique et s’étonne de l’accélération de la machine judiciaire :

« J’ai toujours lutté contre l’impunité mais je suis contre l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Et c’est ce qui arrive malheureusement depuis que Dadis a décidé de s’engager en politique, il a décidé de nouer une alliance avec l‘UFDG. Les choses se sont accélérées curieusement et la mission des juges qui est partie à Ouagadougou a été envoyée par les autorités du pays pour inculper Dadis », a déclaré le leader de l’UFDG.

Par ailleurs, Cellou Dalein Diallo s’interroge : « Pourquoi deux semaines avant son retour, on envoie des juges pour l’inculper sur place ? ».

En début juin, au cours d’une visite à Ougadougou, le Chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo s’est entretenu avec l’ex-Chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara qui a annoncé sa candidature à la présidentielle du 11 octobre, sous les couleurs du FPDD.

Au terme de leurs entretiens, les deux hommes ont signé une déclaration conjointe annonçant une alliance politique entre leurs formations politiques à savoir l’UFDG et le FPDD, en prélude des prochaines élections présidentielles.

Depuis l’annonce de cette alliance, les choses se sont vite accélérées et l’ancien putschiste considéré comme l’instigateur du massacre du 28 septembre 2009, a été finalement inculpé pour des faits de complicité d’assassinats, de séquestrations, de viols, de coups et blessures contre des manifestants le 28 septembre 2009 dans le plus grand stade de Conakry.

Cette inculpation va-t-elle remettre en cause l’alliance politique entre les deux formations politiques ?

L’avenir nous le dira.

Reçu de Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 
 

Le ministre Khalifa Gassama reçu à DLG Audio

 

source :www.leguepard.net

Déclaration No 22 du Bloc Libéral

Le Bloc Libéral  (BL) informe le Peuple de Guinée qu’une opération de déstabilisation  sociopolitique de la Guinée Forestière est en cours

Cette manœuvre a  commencé par la Moyenne Guinée, dès 2011, par l’opposition des Roundhés aux  Peulhs. En Guinée Forestière, la première phase de ce montage machiavélique  vise à opposer les Konias, les Manias, les Malinkés et les Kourankos, d’une  part, aux Kpelles, Tômas, Kissis, Kônons et Manôns, d’autre part. Cette phase  est déjà en cours d’exécution. Le pouvoir en  place, se sentant rejeté par les populations éprouvées de la Guinée Forestière  est à l’origine de cette campagne de subversion. Cette campagne repose sur la  désinformation qui consiste à faire croire que les allogènes seraient  numériquement plus nombreux que les autochtones. En fait, elle vise trois  objectifs :

(1) intimider les  autochtones forestiers face aux allogènes qui sont présentés comme étant  numériquement dominants et par ricochet chefs des autochtones (2) préparer les  esprits à accepter les résultats falsifiés en faveur du candidat du RPG, qui  sortiront des urnes, à l’élection présidentielle prochaine et (3) en cas  d’échec du plan machiavéliquement préparé, semer des troubles dans la région  pour obtenir l’annulation du vote.

La présence des  Donzos (une milice gouvernementale déguisée) s’inscrit dans une manœuvre  politicienne qui vise à faire peur aux populations et à les soumettre à la  volonté rétrograde du gouvernement de réinstaurer la dictature dans le pays.

Aussi,  l’assertion de la supériorité numérique de certaines ethnies par rapport aux  autres est complètement fallacieuse. Elle est aussi insensée que de dire que «  la vache est le mari de l’âne ». En effet, durant le régime du PDG, les  populations guinéennes ne se sont jamais recensées par catégories ethniques. Ainsi,  le manque de rigueur dans les thèses du régime en place, en manque de vision et  de projets de développement socio-économique, en fait de simples élucubrations.

Le bouleversement  de l’échiquier électoral national, par l’arrivée sur la scène de leaders  charismatiques et jeunes, met le pouvoir, en manque de bilan positif, aux  abois. Alors, constatant qu’il n’a plus la mainmise sur l’électorat national et  en particulier celui de la Forêt, le pouvoir en place engage des manœuvres  visant à diviser pour régner. C’est cette triste réalité qui a précipité le  lancement de la deuxième phase de l’opération de déstabilisation de la Guinée  Forestière. Cette opération, qui vient de démarrer, consiste à allumer des  foyers de tensions entre les Kphelles, Tômas, Kissis, Kônons et Manôns… C’est  dans ce cadre que des agents provocateurs ont été dépêchés en région  forestière, avec l’appui des donzos à N’Zérékoré pour point de départ. Leur  mission dans cette ville est de semer des troubles lors de manifestations pacifiques  et d’opposer les Kpelles aux Manôns. Les deux communautés, rappelons-le, ont  vécu jusqu’à maintenant dans une convivialité sans faille.

Pendant cette  année électorale, le Bloc Libéral demande aux Guinéens, en général, aux  habitants de la Région Forestière, en particulier, de ne pas se prêter aux  manipulations politiciennes du Gouvernement. Le Bloc Libéral demande aux  populations de ne pas mordre à l’appât de division que leur lance la mouvance  présidentielle actuelle. Les conséquences seraient terribles dans le moyen et  long-terme, tant pour les autochtones que pour les allogènes.

Aussi, le Bloc  Libéral met en garde les Guinéennes et les Guinéens contre les menées de  division du pouvoir actuel qui n’en est pas à sa première expérience dans ce  genre de manipulations, comme cela a été le cas quand il a opposé les éleveurs  aux agriculteurs au Fouta et en Région Forestière.

Pour conclure, le  Bloc Libéral attire l’attention du peuple de Guinée épris de paix et de  liberté, ainsi que celle des pays amis sur le péril imminent que font courir  les méthodes éculées du pouvoir actuel. Toutes stratégies pouvant entrainer des  troubles sociaux dans notre pays doivent être combattues avec la dernière  énergie par tous les patriotes.

La  démocratisation de notre pays doit être à la fois le moyen et la fin de notre  vision d’une société progressiste.

Fait à Conakry le  05 juillet, 2015

Le Bloc Libéral (BL)

Présidentielle 2015: Quand la » Méthode » Alpha de »tous contre un » profite à Cellou ! (Tibou Kamara )

 

Présidentielle 2015: Quand la  » Méthode  » Alpha de  »tous contre un » profite à Cellou ! (Tibou Kamara )
 

En 2010, Alpha Condé, pour légitimer la fraude organisée en sa faveur et justifier une victoire suspecte, a semblé former une alliance électorale; en réalité, un front fasciste destiné à isoler et mater l’UFDG dans sa tentative éventuelle d’exiger la vérité des urnes.

Aujourd’hui, c’est à son tour de se retrouver bien seul contre tous , lâché qu’il est par tout l’électorat du pays. Les représentants légitimes des 4 régions naturelles que compte la Guinée, comme Dadis Camara, dans la région forestière, elhadj Sékhouna Soumah, notable de la Guinée Maritime et d’autres encore partout dans le pays ont décidé de faire alliance avec Cellou Dalein Diallo, le redoutable challenger. Objectif affiché: bouter Alpha Condé hors de Sékhoutoureya.

Ainsi commence la chronique d’une défaite annoncée et inéluctable, car on voit mal comment le Président sortant peut gagner l’élection présidentielle, lorsque 3 des 4 régions du pays, dans un sursaut de survie face à la menace qu’il représente pour chacune d’entre elle, font bloc contre lui.

Son slogan ridicule d’un  » coup ko » pour un Président impopulaire ressemble déjà à un  » Ko debout » , dès le premier tour à la faveur de l’opération de salubrité publique engagée contre lui.

La justice de Dieu est toujours la meilleure. Et personne ne pourra empêcher la Guinée de se libérer du boulet qu’elle traîne depuis maintenant cinq longues, minables et interminables années.

 » …Prétendre faire la France avec une fraction est une grave erreur. Et prétendre représenter la France au nom d’une fraction , cela est une erreur nationale ».

Le  »professeur » Alpha Condé na pas été , sans le moindre doute , à l’école républicaine et de l’intérêt général du Général De Gaulle. Il n’a pas , non plus, appris dans l’histoire que  » le fait ethnique » qu’il promeut sans cesse et depuis toujours au cœur de son action politique et de ses stratégies électorales est un poison pour l’unité nationale, une bombe à retardement dans les démocraties africaines si jeunes et fragiles.

Hier , dans l’opposition, aujourd’hui au pouvoir, Alpha Condé est l’homme politique guinéen qui joue le plus et à fond la carte ethnique , au gré de ses intérêts politiques particuliers et de ses visées électorales, d’une élection à une autre. Pendant son mandat funeste qui s’achève, les Guinéens ont vécu dans la méfiance des uns envers les autres, et dans un climat de défiance permanente entre les différentes communautés.

En effet, Alpha Condé a entrepris de diviser les Guinéens pour régner sans partage et pour mieux les exploiter aussi. Pour cela, il attise les rancœurs, cultive chez chacun la peur et la méfiance de l’autre.

Pour lui, il ne sera tranquille et ne pourra se sentir fort que si la Guinée est divisée, que si les ethnies sont opposées les unes aux autres. Le Peuple de Guinée a compris qu’il court à sa perte avec un homme animé d’aussi sombres intentions.

Aujourd’hui, Alpha Condé ne devrait plus pouvoir tromper personne , parce que ceux qui avaient l’excuse de ne pas le connaître nourris du mythe de l’opposant historique , à leur tour, comprennent que seul le pouvoir intéresse l’homme; comme il n’est plus obsédé que par  » son second mandat » , chaque jour plus incertain.

Les Guinéens qui semblent oublier trop vite le passé et ne se réfèrent pas souvent à l’histoire toujours emportés par l’euphorie des  » temps nouveaux », sont victimes de Alpha Condé depuis qu’il a mis en tête que son unique destin, sa raison d’être, c’est de devenir le Président des Guinéens.

Alors qu’il ne le connaît guère et les méprise profondément. C’est pourquoi, il les divise, les oppose les uns et aux autres au point que les Guinéens paraissent aujourd’hui irréconciliables.

Des faits récents inscrits dans le marbre de la mémoire collective indiquent que Alpha Condé a fait la guerre à chaque groupe ethnique du pays , tout comme il a eu à utiliser à chaque époque de sa vie chacune des communautés contre l’autre. L’effet boomerang maintenant ?

Diviser pour régner

Lorsque en juillet 85, le colonel Diarra Traoré a été accusé de vouloir renverser le régime du général Lansana Conté, il a été arrêté, battu, tué dans des conditions qui jurent avec la dignité humaine.

Damaro Camara, président du groupe parlementaire du rpg-arc-en-ciel, dans une interview accordée en 1992, au journal  » L’indépendant », a confirmé la thèse du coup d’Etat manqué dans lequel lui-même a joué un rôle obscur , avant de  » coopérer » avec les autorités de l’époque , afin de préserver son insignifiante vie , quitte à sacrifier celles de beaucoup d’autres proches à lui.

Au-delà des faits reprochés à la personne de Diarra Traoré, la communauté Malinké à laquelle il appartient a été prise pour cible dans une véritable hystérie collective et une vague d’expéditions punitives , sur fond de règlements de comptes aveugles.

Les victimes civiles et militaires pour la plupart des partisans d’Alpha Condé et leurs familles éplorées attendent toujours que justice soit rendue dans un pays , abonné à l’impunité.

Pendant ce temps, un des bourreaux ,  » l’honorable » satané Damaro bénéficie des honneurs de la République et s’agite dans l’entourage immédiat d’Alpha Condé, principal bénéficiaire sur le plan politique de cette autre tragédie guinéenne. A cette époque-là, la communauté Malinké bafouée dans sa dignité et montrée du doigt a trouvé en lui à la fois le protecteur et le justicier.

Pendant de longues années, Alpha Condé ne fera pas que de l’opposition politique orthodoxe, il se croira investi du mandat de venger les Malinkés contre les vexations et les exactions du régime soussou.

Engagé dans cette logique ethnique absurde, il creusera davantage le fossé entre Malinkés et Soussous. En plus, Il vouait une haine viscérale à Lansana Conté dont il rêvait du fauteuil, même s’il voudrait apparaître maintenant , par opportunisme politique , comme son meilleur avocat , si non son digne héritier.

Lansana Conté n’a eu la vie sauve que grâce à la baraka que tout le monde lui reconnaît, son régime n’a survécu que parce qu’il fut vigilant et déterminé aussi face aux multiples et fréquentes tentatives de Alpha Condé de le renverser par tous les moyens : Rébellion, attentat, soulèvement populaire, mutinerie militaire..

Dans la guerre sauvage que Alpha Condé a déclenchée contre le défunt président, celui-ci a pu compter sur le soutien des Peulhs alliés à lui durant son long règne pour les besoins de la cause.

D’où d’ailleurs l’explication en partie de la cohabitation impossible entre Alpha Condé et les Peulhs coupables d’avoir soutenu et défendu le général Lansana Contre lui. Il leur reproche d’avoir entravé sa lutte et ainsi d’avoir retardé son avènement au plus haut sommet de l’Etat.

Maintenant qu’il est arrivé au pouvoir, son unique but dans la vie, il a oublié , opportunément , la cause qu’il défendait, la plupart des hommes et femmes qui ont donné leur vie ou sacrifié leur carrière pour lui.

Alpha Condé a fait de ses ennemis d’hier – les soussous-, ses partenaires d’aujourd’hui pour se venger des Peulhs, les ennemis du moment. Cependant, les parents et amis, collaborateurs, les vrais et sincères aussi de feu Lansana Conté , comme le patriarche de Tanene el hadj Sekouna , n’ont pas oublié que Alpha Condé leur a fait du mal dans un passé récent.

Et comme ils sont les plus nombreux , le pays soussou n’est toujours pas favorable à Alpha Condé , comme l’indiquent les résultats des élections législatives dernières notamment à Conakry et malgré le recours pathologique aux fraudes massives.

Peu importe ! Pour Alpha Condé , les Guinéens se distinguent par leur appartenance politique, se définissent par rapport à l’ethnie: est Guinéen qui il veut.

Anti-Peulhs dans l’âme et devant l’éternel, même si certains d’entre eux n’en sont pas toujours conscients pour s’éloigner de lui, même si lui non plus, il ne l’assume pas pour préserver une réputation déjà ternie , Alpha Condé a dépassé les limites à Kankan.

Il a déclaré publiquement et malheureusement sans conséquence pour lui :  » La Guinée appartient aux Malinkés, Soussous, Forestiers… » Quid des Peulhs ?

L’ethnie , comme unique référence

Dans la répartition ethnique voulue par Alpha Condé des postes dans l’administration publique ou au sein des forces armées nationales, au mépris des valeurs de la République et de l’exigence de justice sociale, par exemple, la Présidence de la République devrait rester aux Malinkés, la Primature serait le domaine réservé des Soussous, l’Assemblée Nationale pourrait contenter la Forêt.

La Guinée qui est, dans sa théorie , un véhicule à 4 roues, n’en n’aurait plus que 3 ?

Les Peulhs devraient-ils se résigner à l’injustice et à la discrimination aussi honteuses que flagrantes ?

Après les Soussous, les Peulhs , Alpha Condé, a , dans son collimateur la région forestière qu’il voudrait soumettre par tous les moyens , car réputée  » rebelle » et devenue surtout hostile à lui.

Il réveille les vieux démons en se livrant à une classification des ethnies, sous-ethnies dans la région , pour bien montrer que les  » Mandingues » sont plus nombreux que les autres ,  » étrangers chez eux » , et  » minoritaires » sur leurs propres terres.

Tout cela , tout simplement parce qu’il sent le vent tourner contre lui. Et pour cause ?

Pendant les cinq années de son mandat lugubre, premier et dernier, il a terrifié toute la région par une campagne de répressions systématiques qui a fait d’innombrables victimes et laisse présager un vote sanction massif.

Alpha Condé panique davantage depuis que Dadis Camara, le plus populaire des leaders politiques dans la région , a annoncé qu’il sera candidat à l’élection présidentielle contre lui.

Comble du malheur, il a l’intention de faire une alliance avec l’empêcheur de tourner rond , Cellou Diallo, le candidat le plus sérieux pour sa succession.

En guise de représailles, Alpha Condé menace Dadis Camara, en rupture de banc avec lui, d’ameuter la justice nationale et internationale dans l’affaire du 28 septembre jusqu’à maintenant au point mort.

C’est à peine qu’il ne suggère pas aussi que l’ancien Président du CNDD met sa vie en danger s’il regagne sa Guinée natale. Beaucoup de ses proches ont déjà été inculpés par la justice guinéenne pour le massacre du 28 septembre, un militaire de son entourage proche soupçonné de préparer un coup d’Etat , vient d’être arrêté aussi.

Un climat de chasse aux sorcières qui devrait se poursuivre parce que Alpha Condé voit en Dadis et dans sa nouvelle ambition présidentielle une menace sérieuse pour son avenir politique. Le peuple de la Forêt appréciera le jour fatidique du vote.

Alpha Condé, faux ami des Malinkés, vrai ennemi des autres

Alpha Condé s’est servi des Malinkés pour accéder au Pouvoir. Sentant sans doute qu’ils commençaient à se détourner de lui comme tous les patriotes et démocrates, il a essayé de se faire passer, à nouveau, comme le père protecteur, l’ombre tutélaire.

Même si pour cela, il faudrait réécrire l’histoire. Car , il n’y a rien de plus faux que de dire avant lui , les Malinkés étaient forcés de vivre dans la peur , au point de ne pas oser parler, en public, leur langue.

Lansana Conté , à qui il fait allusion avec son régime, certes a commis un dérapage historique sous l’emprise de la colère, mais il a cherché par la suite à se racheter.

Aussi a-t-il fait des investissements publics considérables en Haute Guinée, a-t-il aussi confié des responsabilités importantes dans son parti, son gouvernement, l’administration publique, les institutions à des ressortissants de la région. Des efforts de réconciliation sapés par Alpha Condé qui y voyait pour lui- seul lui compte- un péril politique certain.

Il a appelé à la violence et à des représailles contre  » tout Malinké » qui pactiserait avec le  » régime ennemi » . Pour lui, ce Malinké , passé de l’autre coté , était un  » traître à sa cause » ou se comporterait comme un  » bâtard ».

Malgré tout, le Général Lansana Conté a poursuivi son opération de  » rattrapage  » vis-à-vis des Malinkés , convaincu qu’il était qu’aucune communauté de la Guinée , quand bien même elle serait jugée hostile , ne mérité d’être mise en quarantaine comme Alpha Condé le fait aujourd’hui avec la communauté Peulhe pour des raisons de politique politicienne.

Après avoir dans le passé opposé Malinkés et Soussous, maintenant il veut créer un conflit entre Peulhs et Malinkés, entre ceux-ci et les populations de la forêt. En fin de compte, il ne rend pas service à sa communauté en l’exposant à la colère et aux frustrations des autres.

La mentalité , selon laquelle ,  » On n’est jamais mieux servi que par soi et les siens » risque d’être un héritage d’Alpha Condé qui compromet le  » commun vouloir vivre ensemble » que partage une majorité de Guinéens.

Dans une récente intervention dans la presse, Dadis Camara a dénoncé la tentation hégémonique de Alpha Condé en faveur des siens :  » Une seule ethnie ne peut prétendre gouverner le pays ».

Heureusement que Alpha Condé ne fait pas l’unanimité au sein des Malinkés pour la plupart lucides. Lansana Kouyaté, par exemple, persuadé que l’ethnie est le refuge des faibles a choisi la République et croit en une Guinée, une et indivisible.

Le Président du PEDN, pour cette attitude républicaine et responsable, compte de nombreux électeurs dans sa région et partout en Guinée , mais n’arrive pas à bénéficier de leurs suffrages , parce que Alpha Condé a décidé que tant qu’il sera au pouvoir, Lansana Kouyaté opposé à sa politique, n’aura pas la place qui lui revient sur l’échiquier électoral national.

Combien de temps va durer cet ostracisme qui n’est pas du goût de tous les électeurs dans le fief naturel de Alpha Condé et bien au-delà ? Eux aussi, Malinkés ou non voteront contre la candidat déclaré du RPG.

Ainsi qu’on le voit, Alpha Condé est aujourd’hui un  » Président nu » dont les intrigues ethniques, les manipulations politiques et électorales ont fini par couper de toutes les communautés , victimes l’une après l’autre de lui.

L’alliance Dadis-Cellou qui met côte à côte la Forêt et le Foutah, le fervent soutien d’el hadj Sékhouna Soumah , leader d’opinion très écouté et respecté en pays Soussou , l’opposition de Lansana Kouyaté, fer de lance en Haute Guinée, la résistance farouche de Sidya Touré en Guinée Maritime pour sauvegarder son électorat ont déjà scellé le destin de Alpha Condé ,à la prochaine élection présidentielle.

Pour peu que le scrutin présidentiel soit transparent, il sera battu , dès le premier tour , car la volonté nationale de se débarrasser de lui en cette année 2015 fait pousser des ailes au candidat de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo qui, depuis 5 ans attend de prendre sa revanche sur Alpha Condé , ayant usurpé la fonction de Chef de l’Etat en 2010.

Ce sera aussi la revanche du peuple et de la démocratie , premières victimes de la fraude électorale la plus grossière de toute l’histoire de la Guinée qui n’a profité qu’à Alpha condé et son clan. Contre eux, la Guinée s’unit et se mobilise.

Tibou Kamara

Ex Ministre d’Etat

Reçu de Kaba Bachir www.kababachir.com