GUINEE : LE BAL DES ENFANTS DE CHOEUR DU

Les grandes manœuvres sont en cours. Il s’agit, vous ne vous en doutez pas, des manœuvres pour l'élection présidentielle en République de Guinée en octobre 2015.

Mais qui doute que ces manœuvres sont en cours depuis le mois de janvier 2011? On ne peut pas se résoudre à croire, je ne peux pas faire semblant de croire qu'un grand nombre de mes compatriotes sont aussi naïfs pour penser que c'est maintenant que le pouvoir d'Alpha Condé a ouvert unilatéralement le bal de la campagne de l'élection présidentielle.

 

Le Président guinéen très peu satisfait, c'est un euphémisme, quoique vainqueur déclaré des résultats de l'élection de 2010, s'est mis dans la peau d'un candidat en campagne électorale dès son installation à la présidence en janvier 2011. Cela s'est passé comme s'il était à la recherche d'une revanche plus éclatante.

 

Cette campagne a commencé, faut-il le rappeler, par des voyages inutiles, aux coûts élevés, aux quatre coins du monde, au prétexte du commis voyageurs devant débusquer ici ou là des investisseurs à convaincre de venir en Guinée. Qui connaît le continent qui a échappé à ces voyages ? Qui connaît la conférence internationale qui a échappé à ces sollicitations ? Ici, les G7 ou G20, là, les Davos pour ne citer que ceux-là. Mais la liste est longue. Qui connaît des entreprises venues investir dans notre pays ? Dans le même temps, un nombre des unités économiques qui fonctionnaient cahin-caha sous Lansana Conté ne sont plus du monde des entreprises vivantes comme Rusal à Fria. Mais cela n'a pas mis en berne les fanfaronnades du pouvoir. Sur ces sujets, des remarques que certains de ceux qui tirent périodiquement la sonnette d'alarme, étaient faites pour attirer l'attention des gouvernants sur la très mauvaise situation guinéenne qu'ils trouvaient en début de l'année 2011. Mais l'impréparation des nouveaux gouvernants ne leur a pas permis de passer des réunionites de copains à la gestion d'un Etat. D'où des tapages récurrents sur certaines réalisations qui sont en fait toujours à l'état de projets.

 

Les visites aux pays profond guinéen, pour remercier leurs habitants de leurs votes de 2010 et leur dire et rappeler de vive voix les promesses et les chantiers que le gouvernement du RPG allait incessamment mettre en route, ont été inexistantes. Ces visites pouvaient attendre. Le regard sur le régime guinéen de l'étranger a semblé compter beaucoup mieux que ce que pouvaient penser les Guinéens lambda. D'ailleurs les différents publireportages dans la presse internationale plus à destination du regard de l'étranger sont souvent loin des réalités guinéennes. Et des voyageurs « aveugles » ne rapportent que ce qu'on leur transmet en haut lieu. C'est surtout en cette année 2015 d'élection que le Président Alpha Condé se rappelle aux souvenirs des Guinéens de l'intérieur en leur rendant visite bien avant l'ouverture officielle de la campagne électorale.

 

Et c'est en cette année que le bal somnolent des enfants de chœur du RPG s'endiable. Ils parlent avec emphase de l'accueil triomphal que le Président rencontre dans différentes villes lors de ses déplacements. Mais a-t-on jamais vu, depuis 1958, passage d'un Président guinéen dans une ville sans que des liesses populaires ne l'accueillent ? Les plus âgés des Guinéens qui ont vécu sous la colonisation, peuvent témoigner avoir assisté à de semblables liesses populaires lors de visites du Gouverneur français en résidence à Conakry dans leurs localités. Alors comme indicateurs de popularité, les liesses populaires dans la Guinée profonde ont des limites rapidement atteintes. Ce qui ne veut pas dire qu'elles ne serviront pas à légitimer des fraudes électorales, le moment venu.

 

L es réformes énumérées par la Cellule de Communication du Programme de la Réforme de l'Etat et de la Modernisation de l'Administration (PREMA) et les réalisations alignées sur du papier ne sont souvent dans la réalité qu'écran de fumée au bilan du quinquennat. Heureusement qu'est intervenue fin mai 2015 le lancement du barrage hydroélectrique de Kaléta dont il faut se réjouir de la réalisation. Souhaitons seulement que Kaléta ne connaisse pas le type de mauvais fonctionnement qu'avait connu en son temps le barrage de Garafiri. Salué très bruyamment lors de son inauguration en 1999 sous Lansana Conté par l'ancien Président français Jacques Chirac, ce barrage a montré des signes de défectuosités moins d'une décennie plus tard. Selon des spécialistes de ce genre d'ouvrage, c'est sa mauvaise mise en œuvre qui a conduit à son incapacité de fournir même à Conakry seul assez d'électricité. Aussi tout en saluant la réalisation de Kaléta, sachons raison garder, en nous souvenant, entre autres, de la formidable tentative d'industrialisation du Plan triennal 1960-1963 qui n'a pas survécu à la Première République (1958-1984). Par la suite d'autres projets mirobolants ou réalisations sont demeurés ou dans les cartons ou ont tourné court alors que des fêtes leur avaient été dédiées. Pour le quinquennat finissant, il est indéniable que l'irruption de l'épidémie de fièvre à virus Ebola, en fin d'année 2013, a et aura encore des effets négatifs sur la socio-économie guinéenne. Mais même sans Ebola, il était à prévoir, sans grand risque de se tromper que les résultats du quinquennat 2011-2015 ne seraient pas bons pour la Guinée. J'en ai donné des explications dans des chroniques précédentes. Les deux principales raisons de l'échec du quinquennat, de mon point de vue, résidaient, d'abord, dans la totale impréparation d'Alpha Condé et de son équipe (à part un ou deux dont Yansané Kerfala) qui n'avaient pas une idée précise du travail gouvernemental ; ce qu'on a appelé la longue opposition politique du Président guinéen n'était que du vent ; c'est ensuite l'autre ferment de cet échec qui était la trop forte propension du chef de l'équipe pour la politique politicienne. Et celle-ci s'est renforcée avec la tentation ethnocentriste de son pouvoir. Diviser pour régner est une réalité qui se constate. Le phénomène de l'ethno-stratégie était inconnu en Guinée sous la colonisation, son utilisation comme adjuvant à la politique de ségrégation dans la population n'est intervenue que quand les politiciens guinéens sont entrés en scène. Qui aurait cru à un recours à cette stratégie de la part d'un universitaire, en ce XXIe siècle mais qui, jugeant tout de même cette situation indigne, jure tous ses Dieux qu'il a eu des copains peuls de tous les pays africains du sud - Sahara ? Avoir eu des copains quand on n'était responsable de rien et comparer ce cas de figure à celui d'un Chef d'Etat, responsable de la cohésion de toute une nation, cette comparaison ne tient pas la route.

 

Le problème majeur dans notre pays est sa cohésion sociale et c'est de la question peule dont il s'agit, non pas du fait des Peuls en tant que tels, mais de l'action nuisible de quelques-uns des décideurs du pays qui entraînent beaucoup d'autres avec eux. L'hypocrisie ambiante en Guinée ne veut pas voir en face cette réalité. La détestation irrationnelle, pas toujours ouvertement avouée, envers nos compatriotes Peuls a été fortement cultivée dans les rangs du RPG qui est presque devenu un Parti-Etat en République de Guinée. Les Guinéens parlent tous d'unité nationale, mais peut-être à la condition pour certains que d'autres s'alignent derrière eux. Toutes les supputations, les ragots de caniveau et les mesquineries à faire honte au diable sont concentrés sur El Hadj Cellou Dalein Diallo, leader du principal Parti en face du Pouvoir, L'UFDG, pour le détruire politiquement. Cet homme aux qualités humaines et politiques rares dans le paysage politique guinéen est devenu la cible de nombreux militants ignorants du Parti du pouvoir, parce qu'en haut lieu de ce pouvoir, on sait qu'il est l'homme qui peut donner du fils à retordre au Président actuel. Cellou Dalein Diallo a plus de qualités d'un humaniste que d'un ethnocentriste borné. Je suis convaincu que s'il avait été au Pouvoir depuis 2011, les principaux personnages de l'encadrement sociopolitique du pays n'auraient pas été les seuls Peuls. Depuis cette date, il aurait, à présent, réalisé plus de consolidation pour la nation guinéenne. Toute la hargne que des meutes lui adressent est sans aucun fondement. Il a des qualités élevées et la tendance est vieille de vouloir piétiner l'homme de qualité dans notre pays. Quand on lui reproche que le gros de ses électeurs sont des Peuls, qui a reproché à Alpha Condé que le gros de ses électeurs sont des Malinkés ? Ces faits de la sociologie électorale sont des réalités que des politiciens préoccupés par leur carrière ont exacerbées dans notre pays. Je l'ai répété plus d'une fois que l'intelligence au service de la politique aurait fini par conduire des Partis politiques quasi ethniques en partis politiques nationaux. Cela a été le processus normal de la formation de partis politiques nationaux dans des pays multiethniques. Cette compréhension des choses aurait conduit les Guinéens à se pénétrer de l'idée que chacune de nos pauvres vies n'est rien en face de ce que la Guinée éternelle pourrait représenter. Chaque fois que je retourne dans ma tête l'absurde haine que distillent sans gêne contre les Peuls guinéens des compatriotes limités et manipulés par leur parti politique, je n'arrive pas à en comprendre les fondements. Pendant les cinquante sept ans d'existence de la République de Guinée, aucun dirigeant politique peul n'a exercé la magistrature suprême du pays et commis des vilenies contre le peuple pour qu'on ait gardé une dent dure contre son ethnie. Pourtant les hommes de qualité n'ont pas manqué et ne manquent toujours pas au Fouta. Nous, Guinéens, sommes encore à une étape de notre évolution en tant que nation où les symboles comptent dans la tête des citoyens même et surtout des citoyens lambda. L'un de ces symboles reste le Chef de l'Etat en Afrique même si cela ne change matériellement rien à la vie de tout un chacun . Il faut que survienne enfin, partout en Guinée ce symbole pour un apaisement des cœurs et des esprits et pour l'édification d'une nation solidaire et fraternelle. La Présidence de la République est passée par les trois autres régions, pourquoi pas La Moyenne-Guinée ? Il ne s'agit pas d'octroyer la présidence à une région mais de faire en sorte que le libre choix des électeurs ne soit pas faussé où que ce soit par des fonctionnaires publics et autres délégués territoriaux en mission commandée. En prônant cette ligne, est-ce que je reprends la thèse prêtée en son temps au Doyen Ba Mamadou, (paix à son âme) ? Toujours est-il que le goulet d'étranglement que constitue cette question doit avoir des adeptes toujours plus nombreux pour en venir à bout et trouver une solution à plus de consolidation de l'unité guinéenne. Aucune élection ne réglera cette réalité guinéenne si les politiciens de tous bords ne s'y attaquent pas franchement. Alors les mots unité nationale guinéenne ne demeureront que de vains mots.

 

En fait, en l'état actuel des mentalités et des consciences, la consolidation nationale semble loin de vue encore, car toutes les manœuvres subalternes dans lesquelles excelle Alpha Condé, le conduiront à n'en pas douter, à avoir son deuxième quinquennat sans vraiment rencontrer de problèmes majeurs.

 

L'Opposition en face... Mais quelle Opposition, son problème d'unité d'action est gravement mis en cause. Des prises de position d'un des principaux leaders, en l'occurrence Sydia Touré me paraissent incompréhensibles et je ne dirais pas plus là-dessus.

 

Puisque la réélection est déjà acquise selon la camarilla qui entoure le pouvoir, Guinéennes et Guinéens ! Circulez, il n'y a plus rien à voir ! Le bal des enfants de chœur du RPG peut se poursuivre joyeusement , ils peuvent même fêter déjà la réélection de leur héros car même si l'Opposition en morceaux venait à opter pour la non participation à l'élection, certaines de ces exigences n'ayant pas été satisfaites comme le calendrier électoral, le Pouvoir a sans doute déjà prévu des candidats opposants de substitution pour se donner une apparence démocratique. Depuis 2009, le capitaine Moussa Dadis Camara relégué en résidence forcée au Burkina Faso, vient, brusquement, de sortir de son silence pour éventuellement envisager d'être candidat. Alors qu'il avait été empêché de passer par Conakry pour les obsèques de sa mère en Guinée-Forestière, il devra sillonner tout le pays y compris Conakry pour sa campagne électorale. D'ailleurs n'ayant pas été poursuivi comme Chef du CNDD pour les massacres du 28 septembre 2009 à Conakry, pas grand monde n'avait compris pourquoi le Pouvoir en place l'empêchait de rentrer dans son pays. Sa sortie du bois avait été précédée par des manifestations de femmes à Nzérékoré en faveur de son retour au pays alors que dans le même temps, d'autres manifestations populaires avaient été interdites à Conakry. Encore de la tactique politicienne, ce poison qui englue toute l'évolution sociopolitique de la Guinée.

 

Ansoumane Doré, Dijon, France.

 

19 juillet 2011-19 juillet 2015 : 4 ans après le vrai faux raid de Kipé !

 

19 juillet 2011-19 juillet 2015 : 4 ans après le vrai faux raid de Kipé !
 

Il y a 4 ans ce 19 juillet, jour pour jour qu’on vivait la vraie fausse attaque du domicile privé d’Alpha Condé, dans la banlieue de Conakry, à Kipé. Ce fut une occasion pour la prétendue victime d’indexer ouvertement des personnalités politiques dont Bah Oury, d’anciens ministres dont Tibou Kamara et des opérateurs économiques dont Diallo Sadakaadji. Les militaires (le général Nouhou Thiam entre autres) et autres civils ont été cueillis à froid.

Ce sont donc au total  près d’une quarantaine d’accusés conduits devant la Cour d’assises, après de longs mois après leur emprisonnement à Conakry pour : atteinte à l’autorité de l’Etat, assassinat, tentative de l’assassinat, destruction des biens mobiliers, association de malfaiteurs, abstention délictueuse, détention et vente d’armes de guerre, détention et consommation de chanvres indiens, rébellion, ethnocentrisme, racisme. La Cour d’assise de Conakry a finalement rendu son verdict : deux prévenus ont été condamnés à des peines de prison à perpétuité (Les commandants Alpha Oumar Boffa Diallo AOB et Jean Guilavogui). Quant à Mme Fatou Badiar Diallo, Almamy Aguibou Diallo et Mamadou Alpha Diallo, ils écopent de 15 ans de réclusion criminelle. D’autres peines plus légères ont été prononcées contre le capitaine Mamadou Adama Mara, Thierno Sadou Diallo et Baba Alimou Barry. Pour ces derniers, la Cour d’assise a annoncé cinq ans de prison ferme. Deux autres responsables poursuivent leur détention préventive avec une année supplémentaire car ils ont été condamnés à trois ans de prison ferme.

Le commandant Aboubacar Sidiki Camara dit De Gaulle, ancien aide de camp du général Sekouba Kounaté, poursuivi pour détention et consommation de chanvre indien, a été condamné à deux ans de prison ferme, couvrant largement sa détention préventive. Les plus chanceux sont au nombre de dix-sept, des civils et des militaires, dont le colonel Mohamed Sow, Boubacar Algassimou Barry, Samba Oury Diamankan, le capitaine Abdoulaye Diallo et Cherif Baldé, ainsi qu’un activiste politique, Alpha Saliou Wann, qui ont bénéficié d’une relaxe pure et simple. En principe, 15 personnes dont 13 militaires inculpés devraient bénéficier d’un non- lieu. Parmi ceux-ci, le plus célèbre : Le général Nouhou Thiam, ancien chef d’État-major général des armées sous la présidence de Sékouba Konaté. La Chambre de mise en accusation de la Cour d’Appel de Conakry qui a prononcé ce deuxième non-lieu dans le dossier  avait déjà annoncé le jugement de même nature en mars 2012 à l’endroit d’un groupe  de 17 personnes détenues pour leur implication présumée dans l’attaque du domicile du président guinéen.

« Nous avons toujours dit que ce dossier est vide et la preuve vient d’être donnée. A la suite des 17 premiers libérés il y en aura encore 15 autres. Nous allons continuer à nous battre parce qu’il y a d’autres qui seront renvoyés devant la cour d’assises. Aucune charge, sinon des charges inventées, ne pèse sur eux.», a confié Me Salif Béavogui, avocat du général Nouhou Thiam. Cet officier toujours au gnouf, sans jugement ne figurait pourtant pas parmi les personnes jugées par la cour d’assises de Conakry car il est poursuivi avec trois autres officiers supérieurs de l’armée devant un tribunal militaire. Un tribunal qui ne vient jamais. Déjà, les avocats de la défense, au nombre de quinze, ont estimé que ce dossier est vide et que c’est un pur montage. Mais c'et sans compter sur les magistrats aux ordres comme Williams Fernandez et Cie.

Depuis, beaucoup d'encre a coulé sous les pont : règlements de compte à outrance, justice aux ordres, violation des droits humains, détention illégale, morts d’hommes, etc.  Le tout à l’actif d’Alpha Condé, revendiquant quarante ans de combat pour la démocratie, une démocratie qui suppose respect des droits humains et des libertés fondamentales. Allez-y savoir comment vivent Fatou Badiar, Nouhou Thiam et les autres. « Je lui ai fait savoir (NDLR, Condé) qu’on peut parler de tout sauf du sujet concernant l’attaque de son domicile, parce que je considère cela comme un montage et un règlement de compte », a dévoilé Sydia Touré. Cette déclaration intervient au moment même où des voix s’élèvent pour exiger la libération des détenus.

« Ces détenus sont détenus de façon illégale. C’est l’Etat qui doit respecter les codes. Si nous étions dans un Etat de droit les détenus seraient libérés. Mon travail est aussi de dire ce qui ne va pas. C’est une forme de frustration que de voir mon département ne pas pouvoir prendre de grandes décisions. Le reproche le plus classique, c’est l’impunité suite à la violation des droits de l’Homme. On doit absolument accentuer nos efforts dans la lutte contre l’impunité. » Le ministre Gassama Diaby était jeudi sur les ondes d’une radio locale. Il a exprimé tout son désarroi quant à la détention illégale de certains hauts gradés de l’armée ainsi que d’autres anonymes moins célèbres. C’est en effet la énième fois que Gassama Diaby monte au créneau pour dénoncer cet état de fait.

Plus récemment, la Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) et la Fraternité des Prisons de Guinée (FPG) informent l’opinion nationale et internationale de la violation flagrante   par les autorités guinéennes des principes élémentaires qui régissent un procès équitable et dont sont victimes 5 officiers de l’armée guinéenne qui croupissent en prison depuis le début du mois d’août 2011, sans jugement. Aujourd’hui, dans les prisons de Condé, des décès, il y en eu, des malades en phase terminale, il y en a, des condamnés, il doit y en avoir. C’est cela la justice, la vraie, avec le premier président démocratiquement élu dans cette partie de l’ouest africain : la Guinée. Pauvre de nous.

Reçu de Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 
 

Réunion extraordinaire du PEDN : les raisons selon François Bourouno (avec vidéo)

Hier, mercredi 3 juin 2015, le PEDN  a tenu une réunion extraordinaire à son siège national à Ratoma Bonfi. Lors de cette rencontre, il a été question du dialogue politique, et des propositions que le PEDN pourrait apporter à l’opposition républicaine dont il est membre. Le futur  congrès du parti et les candidatures de la formation politique pour les futures élections  ont aussi été à l’ordre du jour. Le porte-parole du parti, Faya François Bourouno a fait le compte rendu de cette rencontre, au micro d’un reporter de Guineematin.com qui était présent au siège.

« Nous avons décidé de convoquer cette réunion extraordinaire pour analyser la situation politique et discuter des préparatifs des élections à venir. Vous savez que nous sommes à quelques jours  des élections, nous avons aussi  le dialogue politique devant nous. Toutes ces questions sont sur la table aujourd’hui. Nous sommes là donc pour que le parti puisse prendre  des positions en fonction des enjeux que nous avons en face. D’abord comment aborder la question du dialogue politique, si nous réussissons à l’ouvrir ? Au delà nous avons aussi  discuté des préparatifs des élections communales et les élections présidentielles. L’examen des différentes listes des candidats proposés dans les différentes communes et également les propositions par rapport à la tenue du congrès, les conventions de désignation du candidat du PEDN aux élections présidentielles, parce qu’il faut préciser que le PEDN aura un candidat. Il n’est pas exclu que Monsieur Lasana Kouyaté soit le candidat du PEDN.

Le PEDN est il  partant pour une candidature unique de l’opposition ?

Cette question n’est pas à l’ordre du jour ici au  PEDN. Nous ne sommes pas dans cette option de candidature unique. La candidature unique serait un faux pas pour l’opposition. Ce qui est beaucoup plus efficient et rationnel pour l’opposition c’est d’aller aux élections présidentielles dès le premier tour. Maintenant au deuxième tour on verra qu’est ce qu’il faudra  décider. Mais à priori, nous souhaiterions que n’importe quel parti de l’opposition qui serait face à  la mouvance présidentielle, soit soutenu par les autres partis disqualifiés.

Que PEDN proposeriez-vous en cas d’ouverture d’un dialogue ?

Nous sommes entrain de cogiter sur toutes ces questions, mais nous souhaitons d’abord que les dispositions textuelles soient respectées. Notamment  les dispositions du code électoral, les dispositions de la constitution. Il faut que le calendrier électoral tel que annoncé par la CENI à Kindia soit remis en cause. Et nous souhaitons sans délais l’arrêt immédiat des activités en cours par la CENI,  jusqu’à ce que nous terminions le dialogue.

Entretien réalisé au siège du PEDN par Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

Crise politique en Guinée : ‘’c’est Saïd Djinnit qui a semé la pagaille’’, accuse Jean-Marie Doré

Le doyen Jean-Marie Doré ne mâche pas ses pas. Il suit de près le débat sur l’ordre d’organisation des élections en Guinée. Pour l’Opposition, le gouvernement s’est engagé dans un accord additif à organiser les communales durant le premier trimestre de l’année 2014. Le gouvernement lui nie en bloc s’être engagé pour tenir ces élections, défiant les opposants au régime Condé d’apporter la preuve de cet engagement.

Jean-marie-doreInterpellé dans une émission radiophonique, l’ancien premier ministre de la Transition accuse le diplomate Onusien Saïd Djinnit d’être le responsable de la cacophonie en Guinée. Aux dires de Jean-Marie Doré, cet accord additif, pomme de discorde entre l’Opposition et le gouvernement, a été conclu dans les locaux des Nations Unies.

’Ce n’est pas le gouvernement qui nous a contraints à le faire, c’est un membre de l’Opposition qui est parti conclure l’accord dans notre dos. Je ne vais pas citer de nom pour ne pas créer une ambiance davantage de division’’, s’est abstenu le leader de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG).

Selon lui, l’Opposition se fait avoir à cause de son manque de vision. ‘’Beaucoup d’échecs de l’Opposition ont été provoqués par la mauvaise vision des problèmes et des relations internationales’’. La preuve, indique-t-il, ‘’quand on avait demandé que la communauté internationale intervienne dans le débat, j’étais très sceptique. Je l’ai dit à mes amis de l’Opposition. Ils m’ont dit qu’on ne peut pas exclure la communauté internationale. On a envoyé M. Saïd Djinnit qui a semé la pagaille. Malgré tout 'ce que )j’ai dit, les opposants ne voulaient pas comprendre’’.

’Comment voulez-vous qu’un facilitateur au dialogue écrive un document de compromis, dire qu’il signera après et prendre son avion et aller à son lieu d’affectation ?’’ se demande Jean Marie-Doré qui poursuit : ‘’Quand le gouvernement dit qu’il n’est pas engagé par le dispositif de l’accord concernant l’ordre des élections, il a raison. Et si l’Opposition dit qu’il y a eu un accord, c’est aussi vrai’’

L’honorable Doré précise tout de même qu’autour de la table, il y a eu la volonté partagée entre l’Opposition et la Mouvance présidentielle d’adjoindre un document additif au corps principal des accords qui a été signé par tout le monde. Malheureusement, a-t-il regretté, ‘’M. Djinnit a fait la queue de poisson à l’Opposition et il est parti à son lieu d’affectation.

Au moment où Jean Marie-Doré accuse Saïd Djinnit à Conakry, le même diplomate est récusé par l’Opposition burundaise qui lui reproche de pencher pour le gouvernement pendant toutes les discussions.

Boussouriou Doumba, pour VisionGuinee.Info

Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG et "chef de file de l'Oppostion pose les préalable à un reprise du dialogur

A Monsieur le Ministre d’Etat,

Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

CONAKRY

Objet : Dialogue politique interguinéen

Monsieur le Ministre,

Comme suite à votre lettre citée en référence et relative à la relance du Dialogue politique, je voudrai, après concertation avec mes collègues de l'opposition, attirer votre attention sur les faits suivants:

            1- L'opposition guinéenne a toujours affirmé son engagement total à participer activement à tout processus de dialogue destiné à trouver des solutions consensuelles et pacifiques aux crises récurrentes que connait notre pays ces dernières années.

            2- L'inversion de l'ordre des élections communales et présidentielles a certes aggravé la crise politique mais il est incontestable qu'elle n'est pas à la base du blocage du dialogue politique qui peine à se renouer depuis juillet 2014, après le refus de la signature du Relevé de conclusions par le Pouvoir

            3- L'opposition estime que l'annulation par la CENI du calendrier électoral publié le 10 mars dernier ainsi que l'interruption du processus électoral par un gel momentané des activités de la CENI, comme ce fut le cas en 2013, est une des conditions essentielles à la réussite de tout dialogue portant sur des questions liées aux élections.

            4- En raison de l'évolution de la situation politique et compte tenu des activités menées par la CENI ces derniers mois, nous estimons que l'ordre du jour proposé dans votre courrier ne couvre pas la totalité des préoccupations exprimées par l'opposition. Il devrait être complété par des questions relatives aux points suivants:

      

            -  Le Calendrier électoral (Elections communales et présidentielles)

            -  L'évaluation du travail de la CENI depuis l'interruption du dialogue en                              juillet 2014

            -  La reforme de la CENI

 

 

            -  Le Fichier électoral

            -  Le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public

            -  Les enquêtes et les poursuites judiciaires relatives aux violences qui ont                                       marqué les manifestations de l'opposition

            -  L'indemnisation des victimes des manifestations politiques

            - Les organes de surveillance du processus de dialogue (Comités de suivi et                       de veille)

            5- A la lumière de l'expérience malheureuse vécue lors du dialogue de juillet 2014, il me semble judicieux d'envisager que des membres de la communauté internationale représentée à Conakry soient invités à assister aux discussions, comme en juin-juillet 2013.

J'espère vivement que vous pourrez faire obtenir par les autorités compétentes, l'annulation du calendrier électoral inversant l'ordre normal des élections ainsi que le gel des activités de la CENI en rapport avec le chronogramme des élections communales. La satisfaction immédiate de ces préalables pourrait en effet, par l'ouverture rapide d'un vrai dialogue politique, éviter l'aggravation d'une crise exacerbée par un déficit de confiance qui tire lui-même son essence d'un manque récurrent d'ouverture et de transparence dans la conduite du processus électoral guinéen.

Dans l'attente d'une suite diligente à la présente et vous en remerciant par avance, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations distinguées.

                                                                                              El Hadj Cellou Dalein DIALLO

                                                                                               Président de l'UFDG

                                                                                              Chef de file de l'opposition