Déclaration de l'Opposition

L'opposition républicaine attire l'attention de l'opinion nationale et internationale sur les graves irrégularités qui affectent la révision exceptionnelle des listes électorales officiellement lancée par la CENI le 24 avril 2015 pour l’intérieur du Pays et le 10 mai pour les circonscriptions électorales de l’extérieur.

Cette opération qui devrait servir à l’élaboration d’un fichier électoral crédible et inclusif permettant à tous les citoyens en âge de voter de se faire enrôler pour pouvoir s’acquitter librement de leur devoir civique est transformée en un véritable instrument de fraude électorale au service de la confection d'un fichier taillé sur mesure pour une victoire indue du parti au pouvoir et de son Président.

L'opposition est effectivement informée de violations répétées des dispositions du Code électoral ainsi que de nombreuses manœuvres dilatoires destinées à retarder le démarrage des opérations de révision dans plusieurs régions du pays, dans le but évident de réduire la durée effective de la période d'enrôlement des électeurs, en particulier dans les zones réputées favorables à l'opposition.

Les manquements et anomalies les plus couramment constatés sont les suivants suivants:

            - Des enrôlements massifs de jeunes mineurs dans les régions favorables au pouvoir allant jusqu'au recensement d'élèves du Primaire spécialement sortis des classes à cet effet;

            - Des interruptions fréquentes et prolongées des opérations de révision dans des régions connues comme fiefs de l'opposition pour des prétextes de toutes sortes (débrayage des membres des CARLE, incompétence de techniciens de saisie, défaillance répétées des accessoires de kits, retard dans la mise à disposition du carburant, des motos des superviseurs, insuffisance d'effectif des maintenanciers allongeant les délais d'intervention lors de pannes, etc...)

            - L'insuffisance ou la délivrance sélective des certificats de résidence exigés pour l'enrôlement dans les zones favorables à l'opposition;

            - La multiplication des tracasseries et d'actes discriminatoires à l'endroit de citoyens guinéens dans les pays étrangers où s'effectue la mise à jour du Fichier électoral guinéen. Il y est désormais exigé la présentation de passeports, de cartes d'identité ou de cartes consulaires en cours de validité, comme si, paradoxalement, on pouvait perdre sa citoyenneté du fait de la simple expiration de la période de validité de ses documents d'identité, alors même que les ambassades et autres consulats guinéens à l'étranger n'ont pas la possibilité ou la volonté de les renouveler. 

L'opposition condamne vivement ces obstructions volontairement créées pour empêcher l'enrôlement de citoyens guinéens  résidant à l'extérieur et les priver ainsi de leur droit de vote. Ces pratiques illégales ne visent qu'à réduire les suffrages favorables à l'opposition, car on sait que, selon les statistiques tirées des résultats des dernières élections nationales, près de 75 pour cent d'entre eux votent traditionnellement  pour elle.

Toutes ces irrégularités et anomalies relayées par la presse jettent le discrédit sur cette opération de révision des listes électorales qui ne vise qu'à créer les conditions d'une véritable mascarade électorale à partir d’un fichier taillé sur mesure, caractérisé par une majoration indue des électeurs dans les fiefs du pouvoir et une minoration du corps électoral dans ceux de l'opposition. 

L'opposition conclut que ces pratiques illégales et les manquements récurrents aux règles et procédures édictées en matière de mise à jour de liste électorale ont pour conséquences d'ôter au Fichier électoral guinéen toute crédibilité et toute légalité.

L’opposition, consciente de l'impact négatif  qu'un tel fichier tripatouillé aura sur la crédibilité des élections, sur la paix et sur l'image de notre démocratie, en appelle à la vigilance et à la mobilisation de tous pour rejeter ce fichier électoral taillé sur mesure  en violation des dispositions légales.

Pour permettre a ce fichier de refléter fidèlement la configuration du corps électoral guinéen et en faire le substrat sur lequel se construira un processus électoral transparent, crédible et apaisé, l’opposition exige :

            - La prorogation de la période de révision du fichier afin que toutes les CARLEs (y compris celles mises en place dans les ambassades) puissent combler le retard accumulé au début et tout au long de cette révision.

 - L'arrêt immédiat de la campagne délibérément  organisée en Haute Guinée pour l’enrôlement des enfants mineurs .

            - L'annulation de tous les enrôlements de mineurs et la poursuite des auteurs et commanditaires de ces actes illégaux.

 - L'interdiction immédiate des tracasseries en cours dans les Ambassades visant à priver des citoyens guinéens vivant à l'étranger de leur droit imprescriptible de s’enregistrer sur les listes électorales.

Dans l’éventualité où les autorités publiques et la CENI poursuivraient leur élan en ignorant les remarques et les appels à la transparence et au respect des lois, l’opposition rejettera catégoriquement les résultats de la révision en cours des listes électorales  et se réservera le droit d’user de tous les moyens légaux  pour s’opposer à tout scrutin qui ne présenterait pas de réelles garanties d’équité et de transparence.

L'opposition demande à ses militants et au peuple de Guinée de rester mobilisés et vigilants pour rejeter, le moment venu, tout fichier électoral taillé sur mesure au seul but d’organiser une mascarade d’élections.

Conakry, le 01 juin 2014

VIDÉO Cellou Dalein Diallo avertit Alpha Condé : ''On ne se laissera pas faire cette fois-ci...Il faut que Alpha Condé dégage en 2015...»

Reçu de Kbarrie

 

www.guineeinformation.fr 

 

 

Alpha Condé et l’opposition : « Non au dialogue et aux élections contre la Démocratie ! » (Tibou Kamara)

 

Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo(Par Tibou Kamara)- Il est  parfois nécessaire de faire un peu d’histoire, surtout si l’actualité le commande,  pour ne pas s’égarer dans le présent, pour ne pas insulter l’avenir. Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, plus connu sous le nom Mirabeau, journaliste, écrivain et homme politique français, le premier est entré au Panthéon après sa mort. Il en est sorti lorsqu’il a été révélé sa correspondance secrète avec le roi. Celui-ci, bien sûr, le rémunérait pour son effort de l’informer et de le conseiller ;  Mirabeau a surtout espéré être l’un des ministres de la monarchie constitutionnelle. C’est dire que l’histoire finit toujours par livrer ses secrets, par rattraper chacun à l’épreuve du temps et de la vérité. Même si les hommes n’y croient pas toujours, préoccupés par l’instant et guidés par leurs instincts.

Les générations de Guinéens qui descendent dans la rue ont certainement appris hier de la cérémonie au panthéon pour honorer la mémoire de quatre français, deux femmes, deux hommes qui ont se sont engagés au  prix de leur liberté, de leur vie aussi pour l’honneur et la grandeur de la France. De nombreuses années après, ces résistants anonymes vivent à nouveau, alors qu’ils semblaient disparus dans le temps et oubliés de tous, en particulier, de la nouvelle génération qui, sans les avoir connus, s’inclinent devant leur force de conviction et saluent leur passion de la France.

Leur engagement fut en faveur de la liberté de chacun, l’égalité entre les hommes, la justice pour tous. Des défis auxquels se trouve confrontée aussi aujourd’hui la Guinée. Nos jeunes, héros et martyrs à la fois d’une cause qui les honore, leur ouvre aussi le chemin de l’histoire et de l’avenir, en attendant notre panthéon à nous aussi, sont désormais les gardiens de nos libertés démocratiques. Conscients que le combat qu’ils mènent, les mains nues, avec courage et un sens élevé du devoir et de l’histoire, ils le font pour leur avenir et l’honneur de la Guinée, ils résistent à la corruption et ne cèdent pas non plus au découragement.

Témoins de leur temps, acteurs de leur propre histoire, comme toutes les femmes et tous les hommes qui meurent pour la patrie plutôt que de la trahir, ils sont peut-être les perdants des régimes qui passent comme on veut le leur fait croire,  mais ils sont les éternels vainqueurs d’une histoire continuellement en marche qu’ils contribuent à écrire et à faire par le sang, la sueur et les larmes, souvent dans l’indifférence  et les railleries des esprits veules, des consciences vénales.

En attendant le jugement de l’histoire, la Guinée continue de vivre au rythme quotidien et forcé  d’une opposition qui se croit obligée de faire la paix et d’un pouvoir engagé dans une logique de guerre permanente. Entre les deux, un peuple qui attend, dans l’espoir et l’impatience aussi, le jour de sa libération prochaine. D’ici là, il faut admettre que les Guinéens n’ont pas de chance. Ils sont en droit de croire que la roue de la bonne fortune ne tourne pas ou n’arrive pas eux, tant ils semblent subir un sort funeste dans une monotonie et fatalité chroniques. Pas de répit de l’histoire, pas la moindre promesse tenue de l’avenir.

Qu’à cela ne tienne ! Les Guinéens qui, d’habitude, souffrent dans le silence et s’adaptent à toutes les situations , s’interrogent maintenant à haute voix : qu’ont-ils fait à Dieu pour avoir un Président comme Alpha Condé qui ne pense qu’à lui, n’écoute personne, ne trouve son bonheur que dans les conflits inutiles, les tensions créées et entretenues par lui ? Pourquoi, Ciel, subissent-ils encore et à notre époque le règne et le diktat des  » pouvoiristes, carriéristes » dévoués à tous les régimes, soumis à chaque Président sans scrupule ni la moindre éthique ? La Guinée est devenue   »leur chose » et l’otage malheureuse de Alpha Condé. Et, tout le monde aurait tort de croire que le vieil opposant malade de  » Sékhoutouréya » partira du pouvoir par la démocratie et la négociation, lui qui ne croit guère aux élections, se prépare à réprimer l’inéluctable résistance à la dictature en devenir, après avoir réduit les droits et les libertés dans le pays, après avoir domestiqué toutes les institutions de la République. Aucun accord n’est possible avec un homme qui a la violence ancrée dans sa conscience profonde et fait de la mauvaise foi son ADN politique.

Les élections, un piège à éviter !

Il est illusoire de penser défaire un régime qui s’est imposé par la force et règne par la brutalité par des élections préparées et organisées par ses soins. Si l’opposition guinéenne continue à se comporter comme une opposition  » civilisée » et ses leaders voudraient être plus démocrates  qu’il ne faut, il y a lieu dès maintenant de faire le deuil de l’alternance attendue cette année au sommet de l’Etat. L’homme qui a forcé le destin en 2010 pour devenir Chef de l’Etat paraît encore plus déterminé en 2015 à imposer un second mandat à un peuple qui semblait pourtant compter sur les élections à venir pour le  » sanctionner » de l’avoir abaissé et honni à la face du monde. Or, Alpha Condé a décidé que le processus électoral soit encadré et orienté pour lui permettre de battre, sans avoir à livrer bataille, les prétendants à  »son fauteuil » :  » Je gagne ou je gagne », comme l’autre camarade.

Alpha Condé veut le dialogue sans conditions, ni préalables avec l’objectif affiché de ne pas faire de concessions à propos du chronogramme fantaisiste de la CENI et du départ des délégations spéciales. Il croit pouvoir forcer l’opposition à se déjuger parce qu’elle exige des garanties avant le début de toute négociation. Il veut aussi  »enterrer vivante » son opposition en obtenant d’elle, bon gré mal gré, qu’elle revienne  dans le processus électoral, c’est-à-dire qu’elle l’aide  à gagner et se résigne à la défaite programmée. Acceptera-t-elle de tomber dans la mascarade électorale de Alpha Condé et de ses obligés au risque d’être  » victime consentante » de sa mise à mort politique et électorale publique et flagrante ?

En tout état de cause, l’opposition doit refuser le dialogue tel que proposé par Alpha Condé et déjà refusé par elle parce que contraire au besoin de démocratie en Guinée et au désir ardent de transparence enfin dans les élections. Elle doit, sans attendre, annoncer son refus de participer à des élections truquées pour légitimer une victoire acquise d’avance. Cette opposition a le choix maintenant entre le recours pressent à une violence légitime ou la contrainte absurde d’aller à un dialogue qui profite à Alpha Condé et risque de démobiliser des citoyens électeurs, intimement frustrés de consentir chaque fois d’immenses sacrifices pour rien. Ou plutôt pour le bonheur d’un pouvoir qui, très souvent, a le dernier mot et à l’usure fatidique.

Quand comprendra-t-on enfin que chaque fois que Alpha Condé gagne, c’est l’opposition qui perd et malheureusement la démocratie en Guinée aussi qui s’éloigne ?

Viendra le moment où comme d’autres patriotes en d’autres temps sous d’autres cieux, les patriotes Guinéens déserteront la République clanique et abandonneront la démocratie de façade pour aller chercher dans la nuit de la résistance la liberté et la dignité introuvables sous le régime franquiste de Alpha Condé. Comme à cette époque, pour reprendre l’éloge au courage de Dolores Ibarruri  » Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux ».

C’est le message -inscrit dans la  conscience nationale- des jeunes de Guinée exposés à la  »puissance des baïonnette » du régime d’Alpha Condé que les politiques, l’opposition , en particulier ,  devraient entendre comme l’appel à dire non au dialogue et aux élections qui accordent un sursis à un homme et son régime et condamnent un pays et son peuple tout entier.

Tibou Kamara

Ancien ministre d'Eta secrétaire général à la présidence pendant la transition

‘’ Il est hors de question d’accepter la présidentielle avant les communales’’ avertit Fodé Oussou Fofana de l’UFDG

 

 
‘’ Il est hors de question d’accepter la présidentielle avant les communales’’ avertit Fodé Oussou Fofana de l’UFDG
 

’’Si M. Alpha Condé n’organise pas les élections locales, nous empêcherons la tenue des élections présidentielles, s’il y a un prix à payer, nous payerons même s’il sort l’armée pour tuer les gens, le seul Guinéen qui restera dira que nous ne sommes pas d’accord…’’. C’est en ces termes que l’Honorable Fodé Oussou Fofana, Vice-président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a mis en garde le locataire du palais Sékhoutouréya sur les risques liés à la tenue de la présidentielle avant les communales.

S’exprimait au micro de Kababachir.com, sur la situation sociopolitique de la Guinée, au cours d’un entretien, Dr Fodé Oussou Fofana est catégorique ! Pas question d’accepter les élections présidentielles avant les communales, qui serait, selon lui, synonyme d’un 2ème mandat du président Alpha Condé.

’’Il est hors de question d’accepter la présidentielle avant les communales. Parce que accepter ça, c’est donner Alpha Condé un second mandat. Le RPG n’a pas de militants, il a peur d’organiser les élections communales, parce que s’il perd le soutien des élus locaux à la base, il perd le soutien des Chefs des quartiers, des maires, il va gagner quoi ?’’ S’interroge le président du groupe parlementaire ‘’les Libéraux Démocrates’’

Et Dr Fodé Oussou d’ajouter : ’’Je peux parier que s’il y a un second tour à la présidentielle, ça sera deux leaders de l’Opposition. Avec la misère et la précarité aujourd’hui, M. Alpha Condé ne passera pas au second tour. Même s’il met tout l’argent, tout l’arsenal qu’il a aujourd’hui, une élection organisée dans la transparence, je vous assure que M. Alpha Condé ne peut pas avoir son ticket pour le second tour, parce que les Guinéens ne tomberont pas dans le piège. » dira Fodé Oussou Fofana, qui dénonce la mauvaise gouvernance du régime actuel.

A cinq mois de la présidentielle, Pouvoir et Opposition restent toujours divisés autour du chronogramme électoral, qui inverse l’ordre des élections. Malgré « la main tendue » du gouvernement pour l’ouverture d’un dialogue politique devant permettre une sortie de crise, l’Opposition craint toujours de tomber dans le piège du Pouvoir et se donne 48 heures pour décider si oui ou non elle compte participer au dialogue politique.

Reçu de

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

Alpha a de nouveau manqué de hauteur (Saïdou Nour Bokoum)

Il a en effet commis trois gaffes

  1. N’inviter que « son » seul chef de file de l’Opposition, où la condescendance n'est pas à exclure, quitte à laisser croire, fâcheusement, qu’il minimise voire méprise Sidya et Kouyaté.

  2. Il aurait dû s’adresser solennellement, non pas à la cantonade (au lieu de ce communiqué bavard où tout est dans tout), mais aux trois principaux chefs de l’Opposition, sauf ensuite à commettre les mêmes ministres pour la table ronde.

  3. L’erreur la plus grave est d’avoir abordé ainsi la question des délégations illégales et illégitimes :

    « La préoccupation selon laquelle les organes non élus et collectivités locales ne doivent constituer ni un frein à la transparence, ni un handicap à l'équité du processus électoral.. ».

     

     

    Si c’est pour ne pas parler de l’ordre des élections, et rester dans le flou, valait mieux laisser la question ouverte lors des négociations.

     

    Mauvaise communication ? De quoi je me mêle !

     

    Wa Salam,

     

    Saïdou Nour Bokoum

    www.nrgui.com