Troisième mandat : Fodé Oussou menace et avertit (Yaya Diallo et SN Bokoum)

Actualité de Guinée Conakry, 27/05/2017. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. L'assemblée générale hebdomadaire de l'UFDG,  présidée par Fodé Oussou Fofana, a été marquée ce samedi 27 mai, par les menaces de l'opposant au régime d'Alpha Condé, candidat à un éventuel troisième mandat.

Pour le vice-président de l'Union des Forces Démocratique de Guinée, l'intention de M. Alpha Condé, est de ne  pas vouloir organiser les Communales mais les législatives parce qu'il veut un troisième mandat.

« Nous attendons le Guinéen, qui aura le courage d'ouvrir sa bouche pour parler de troisième mandat de M. Alpha Condé dans le pays, homme ou femme, Peulh, Malinké, Soussou ou Forestier, celui qui est sûr de lui-même, il n'a qu'à ouvrir sa bouche pour dire qu’Alpha Condé va proposer un troisième mandat, il rentrera dans l'histoire de la Guinée par la petite porte et de génération en génération », menace le président du groupe parlementaire des libéraux démocrate du parlement Guinéen.

« Nous l'attendons qu'il parle de troisième mandat, le peuple va se lever comme un seul homme pour dire non au parti-Etat, aux fausses promesses, à la division entre les communautés, à la violation des droits humains, à l'insécurité et à l'impunité et enfin à cette gouvernance hasardeuse », déclare Fodé Oussou Fofana.

Il faut rappeler que ce n'est pas la première fois que le vice-président de l'UFDG, hausse le ton à propos de cette question de troisième mandat.

Yaya Diallo avec SN Bokoum, pour www.nrgui.com

Apha Saliou Wann de l'AFAD : "Guinée, ce qu'il faut faire"

Actualités de Guinée Conakry, 24/04. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Presque tous les Guinéens ont pu suivre le premier tour de la présidentielle française de 2017. Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont qualifiés pour le second tour. Nous disons que c'est beau la démocratie. Que dire d'Alpha Condé qui défend la démocratie à l'africaine (à lui de nous la définir),  qui veut maintenir en fait les peuples africains dans l'Etat de non-droit, donc de les priver de choisir en toute liberté et en toute transparence leurs dirigeants. Nous avions connu le même bonheur lors des présidentielles au Sénégal, au Ghana, au Bénin, au Nigéria ou Burkina. C'est Alpha Condé qui s'accroche aux pratiques des dictateurs des années 1970 et leurs discours populistes, démagogiques à la sauce panafricaine. 

Alpha Condé ne représente pas l'avenir, c'est un homme du passé avec les pires méthodes qui ont conduit notre pays à la ruine. Le monde a changé,  la politique aussi. Tout est possible et personne ne peut désormais croire que les jeux sont fais d'avance.  Nous l'avons vu avec la victoire de Syriza de Tsipras qui a battu en 2015 les deux partis de droite et de gauche qui dominaient la scène politique grecque,  celle de Trump aux États Unis et maintenant Barrow en Gambie et  Macron en France.

Nous avons créé l'AFD pour proposer à notre pays une alternative crédible, la rupture avec toutes les mauvaises pratiques qui ont mis en faillite notre pays. Nous ne sommes pas des naïfs, nous savons parfaitement qu'il faut au préalable créer les conditions de l'exercice de la souveraineté populaire du peuple de Guinée. C'est pourquoi notre parti l'AFD, se battra jusqu'au bout pour réunir toutes ces conditions en 2020. De 1958 à 1984, le pouvoir à empêché toute forme d'élection pluraliste et ceux qui conformément à la Constitution de 1958 ont voulu créer leurs partis et même se présenter à la présidentielle de 1968 notamment, ont été arrêtés et exécutés. De 1993 à 2005, il y a certes eu des élections libres et pluralistes, mais le pouvoir les a toutes truquées. Malheureusement, il n'y a pas eu de changement pour les élections de 2010 à 2015, en raison d'une CENI toujours inféodée au pouvoir et la domestication de toutes les institutions de la République par le chef de l'exécutif. Nous avons donc tiré les leçons de ces 60 ans durant lesquels les Guinéens ont été privés de leur droit de choisir leurs représentants. C'est pourquoi nous proposons que :
 
- le recensement électoral soit confié à l'ONU à travers son agence, le PNUD en l’occurrence qui nous a toujours accompagnés, 
- la certification des résultats par l'ONU 
- la sécurisation des élections par des forces de sécurité de la CEDEAO.

Telles sont les conditions à remplir pour garantir la transparence et la crédibilité de nos élections. Je rejette d'avance l'argument de « notre souveraineté » brandi par ceux qui ont effectivement privé nos compatriotes de l'exercer depuis 1958. Nous n'attendrons pas une guerre civile comme en Centrafrique où la communauté internationale à été obligée de piloter les élections dont les résultats n'ont pas été contestés par les acteurs politiques du pays.

Il n'y a pas de démocratie sans démocrates. Nos dirigeants, malgré le tournant pris en Afrique dans les années 1990, ont systématiquement refusé de se plier aux règles d'élections libres et transparentes. Nous sommes obligés de les contraindre pour arracher ce droit garanti par notre Constitution. L'ONU est notre maison commune, la seule organisation internationale qui a le droit et le pouvoir d'ingérence dans les affaires intérieures de nos États. Elle a cette légitimité et comme tel, l'ONU peut jouer à l'arbitre entre les acteurs politiques de notre pays.

Jeunes de Guinée, voilà les objectifs politiques que nous vous proposons de défendre dans les jours à venir. Nous devons nous mobiliser pour faire échec au projet d’un 3 ème mandat d'Alpha Condé, mais aussi pour imposer au pouvoir les conditions de transparence des élections. Nous n'aurons pas besoin de l'ONU si les dirigeants guinéens respectaient le jeu démocratique comme ailleurs en Afrique. Mais il est hors de question que sous le prétexte fallacieux de souveraineté, qu'on continue à abandonner le pays à des clans affairistes, anti-démocratiques,  médiocres, violents qui ont enfoncé notre beau pays dans le déclin et la pauvreté.

Nous ne devons pas nous tromper de combat. Alpha Condé s'est taillé sur mesure un fichier électoral, il a refusé d'organiser depuis 2011 les élections locales et demain il est fort possible qu'il use encore du "glissement " pour les prochaines législatives et présidentielle. Pourtant les partis politiques de l'opposition signataires des accords du 12 octobre 2016 perdent leur temps et leur énergie à les faire appliquer.  Les élections n'ont pas de sens avec ce fichier électoral et cette CENI. En outre, cet accord prive les citoyens des quartiers et districts de voter directement pour élire leurs conseillers. Pour ce qui concerne les poursuites judiciaires des présumés responsables des violences contre des manifestants et le dédommagement des victimes, point est besoin d'attendre l'application d'un accord politique. Les personnes tuées et les blessés sont clairement identifiés, ils ont des dossiers bien documentés avec suffisamment de preuves dont les autopsies de médecins légistes. Il leur suffira de porter plainte contre X à nos tribunaux et à la Cour de justice de la CEDEAO. Le GOHA représentant les victimes des destructions et vols de biens commerciaux notamment,  possède lui aussi des dossiers précis défendables devant la Cour de justice de la CEDEAO : le traité de l'OHADA  lui procure de solides garanties contre l'Etat qui, il faut le rappeler, s'est déjà engagé à les rembourser. Comme il l'a fait durant son premier mandat, Alpha Condé continue à éreinter l'Opposition dans des négociations interminables d'accords qui ne seront jamais appliqués jusqu'à la seule élection présidentielle qui compte pour lui. D'ores et déjà, il est prêt pour passer en force sa nouvelle Constitution, lui ouvrant la voie à un pouvoir à vie. Vous voyez bien que c'est là où se trouve la menace et donc cette affaire d'accord du 12 octobre 2016 ne fera que nous divertir et ne mérite pas de manifestations pour sa défense.

Je dis aux jeunes Guinéens que nous sommes condamnés à reprendre notre pays en main. En effet, dès générations de nos compatriotes avaient trouvé refuge en occident qui n'est plus un Eldorado. La mondialisation a fait des ravages dans ces pays où c'est la classe moyenne qui en subit brutalement les conséquences néfastes avec leur déclassement, le chômage de masse et donc la lutte contre l'immigration est au cœur des débats politiques. Des dirigeants populistes balancent en pleine figure aux électeurs cette image terrifiante de 2,5 milliards d'africains  en 2050 se ruant comme une puissante marée humaine sur leurs pays pour fuir la misère. Ils ont commencé, nous le voyons bien, à se barricade contre nous. Pourquoi ne pas se battre pour créer chez soi toutes les conditions d'une vie décente?  Tels sont les enjeux majeurs pour les nouvelles générations de jeunes Guinéens pour se donner les moyens de préparer un avenir radieux chez nous en Guinée ?

Alpha Saliou Wann (AFAD

Pour SOW : mes éléments de réponse à votre interpellation

Actualités de Guinée Conakry, 22/04/17. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com.Sow, Post 25 du 27 mars 2017 :

« …. comment Dadis et Sékouba ont pris le pouvoir et dirigé la Guinée? Quel est leur niveau d'éducation et de formation? Au de leur implication ou non dans les évènements du 28 Septembre, ce sont là des questions auxquelles il faut répondre pour comprendre les ressorts de leur comportement. Est-ce que des types de leur espèce existent ou peuvent accéder au pouvoir et présider aux destinées d'autres pays africains?..... Des militaires de leur type n'existent ni au bénin, ni au Togo ni en cote d'ivoire, ni au Burkina Faso encore moins au Sénégal. C'est en Guinée seulement que cela peut arriver. Pourquoi? Pouvez-vous nous expliquer SVP ».

Les questions à mon avis essentielles, posées par notre compatriote SOW dans son petit commentaire, devraient pouvoir être ramenées à une seule question, et éventuellement prolongées par une autre : Comment se fait-il qu’à chaque moment décisif de l’histoire de notre pays, ceux et celles qui se prétendaient en être les « REPRÉSENTANTS », sont plutôt imposés ou subis, que librement désignés et acceptés par nos compatriotes ? Et pourquoi, une fois au pouvoir s’organisent-ils en mode oligarchique pour conserver le pays et ses ressources dans le même milieu, c’est-à-dire le leur, et exclusivement là.

Je pars donc de l’hypothèse que SOW est intrigué par la succession   ininterrompue à la tête de notre pays, de personnalités aussi improbables que loufoques, à commencer par M. Lansana CONTÉ, ensuite Moussa Dadis CAMARA, Sékouba KONATÉ. Comme beaucoup d’autres Guinéens, je ressens une GÊNE à dire que mon pays a été «  dirigé », ne fut-ce qu’une seule seconde, par des personnages de l’espèce de ceux qui sont cités ici. Pourtant, à l’intérieur comme à l’extérieur, la Guinée ne manque pas de personnalités solides, structurées, crédibles, bien formées, ayant une certaine « épaisseur », capables de réunir autour d’elles des équipes compétentes de tout âge, de toute extraction sociale et régionale, pour faire de notre pays, un espace vivable pour tous ses enfants. Mais un tel choix, pourtant normal en tout autre lieu, n’est jamais advenu chez nous, ou pas encore. Pourquoi ?

Il y a une étrangeté guinéenne. La malédiction de notre pays commence en 1954 avec la disparition prématurée du Député Yacine DIALLO, une personnalité d’envergure reconnue, au sens de, être légitimé par l’immense majorité du pays. Homme modéré, mais porteur de changements profonds au bénéfice de tous, marqué dans sa formation politique par les débats parlementaires au parlement français, il était insoupçonnable de dérive totalitaire. Son éducation politique et universitaire humaniste le prédisposait à mon avis, à préférer la modération, le dialogue dans la recherche de solution à tout problème. Et semble-t-il, il y arrivait. Sa disparition prématurée a laissé un « vide » aussitôt rempli par un groupe d’aventuriers incultes dont Sékou TOURÉ, peu éduqué, sans projet autre que celui d’occuper les chaises des BLANCS.

On ne peut donc apporter d’éléments de réponse à la question initiale, sans remonter jusqu’au « choix » malheureux porté en 1958, sur Monsieur Sékou TOURÉ. Car depuis, la vie sociopolitique de notre pays, ne tourne plus qu’entre une préférence calculée ou pas pour des « représentants » non représentatifs, et la détestation haineuse de leurs concitoyens les mieux formés, plus éclairés, et donc plus aptes à construire, ou à reconstruire un ETAT républicain LÉGITIME, respecté et accepté par nos populations, parce qu’il est mis au service du plus grand nombre, parce qu’il les protège effectivement, parce qu’il ne le brutalise pas, ne les rackette pas, les met à l’abri de l’insécurité et de l’arbitraire.

 

N’ayant pas de réponse totale et définitive, je me limiterai donc à fournir quelques éléments de réflexion que voici.

Premier élément de réponse : contrairement à l’idée répandue, de toutes les colonies françaises de l’Afrique de l’Ouest, la Guinée était vraisemblablement l’une des moins pourvues en personnel autochtone éduqué (intellectuellement), de moyen et haut niveau. Des commis aux écritures, des postiers, des cheminots, des électriciens, des ébénistes….., mais peu de cadres de haut niveau comme les Fodé Mamoudou TOURÉ(avocat), Boubacar Telly DIALLO(administrateur Civil),   Sako CONDÉ, BARRY III(tous deux inspecteurs des impôts), Koumandian KEITA(Enseignant syndicaliste visionnaire), Gnan Félix MATHOS, et tant d’autres.

Ces intellectuels, pour la plupart issus de grandes familles riches, ou de l’aristocratie traditionnelle, et parfois de la féodalité nobiliaire de l’époque, en raison de leur éducation familiale policée, de leur formation intellectuelle occidentale française, privilégiant la discussion, le débat et l’argumentation cohérente, n’imaginaient pas prendre la tête du pays, après le référendum gaulliste, autrement que par la persuasion, et sur la base du libre consentement de leurs compatriotes. Pendant qu’ils s’inscrivaient presque naïvement dans une démarche démocratique, Sékou TOURÉ et sa bande ne s’embarrassaient pas de scrupule. Ils étaient déjà dans la confiscation du pouvoir laissé vacant par la puissance coloniale. Or le tyran sanguinaire et son P.D.G., expurgé des « modérés», recourraient abondamment et exclusivement à l’intimidation, à la brutalité et à la violence extrême, pour s’implanter dans tout le pays, afin de prendre et conserver le pouvoir. Leurs militants de la première heure, sans être tous des marginaux, étaient quand même composés pour l’essentiel de foules analphabètes, parfois importées de pays voisins (Sierra-Leone), ou de petits métiers, de marchandes de poissons, de jeunes désœuvrés des faubourgs …qui voyaient en leur nouvelle idole, l’espoir d’une possible ascension sociale, d’ailleurs vite déçu. En cela, il ressemblait à ses militants, ou l’inverse. Faible niveau de formation professionnelle, pas ou peu de niveau intellectuel, haine viscérale de la compétence, intellectuelle ou professionnelle. Et il faut bien le dire, une ahurissante propension à développer des discours démagogiques anti-intellectuels, teintés d’un faux patriotisme anti-blanc, plus exactement anti-français contre ceux ou celles qui sont susceptibles d’être en désaccord avec eux. C’était la certitude

 

C’est d’ailleurs dans ce contexte que le P.D.G. « gagnera » toutes les  élections à partir de 1956, nommera à des postes de responsabilité des quasi-analphabètes, en fait des individus désœuvrés, violents, sans éducation, avides d’humilier les « gens qui comptaient » avant Sékou TOURÉ. Ils étaient plus aptes à donner des coups de poings qu’à réfléchir. Des infirmiers sont promus Docteur (médecin), de simples commis aux écritures deviennent par décret « administrateurs civils », ensuite ministres, sans avoir la personnalité qui va avec la fonction, ni la formation intellectuelle, ou professionnelle. Voir Mme Mafori BANGOURA Ministre de la santé, M. Chérif Nabhaniou Gouverneur…Dans l’armée, de petits caporaux commandaient aux Officiers supérieurs....

La soumission forcée au parti et à la personne de Sékou TOURÉ, érigée dans les faits, en norme juridique d’Etat, tenait lieu d’outil magique qui pouvait faire d’un ébéniste un ambassadeur, un Ministre, un ingénieur par décret. Ces nouveaux promus devenus la nouvelle « élite » du pays, avaient tout intérêt à écraser, humilier la fraction ÉDUQUÉE de la Nation puisque, elle risquait d’imposer des idées nouvelles, différentes des routines bureaucratiques du P.D.G. A l’inverse, la compétence professionnelle, la formation intellectuelle, le souci de bien faire son travail, est perçu comme un grand défaut susceptible de vous conduire au camp BOIRO, ou à une destination semblable. Dans l’armée, le caporal ordonnait au capitaine, ou au commandant. Il en est ainsi dans tous les secteurs de la vie sociale, politique et économique de notre pays.   Dans tous les cas, la recherche individuelle ou collective de l’excellence, était perçue comme un signe annonciateur d’un possible complot à venir, et il ne manquait d’ailleurs jamais d’être inventé. Ainsi on a un monde inversé, où toutes les procédures d’organisation rationnelle d’un pays, éprouvées partout et par le temps, sont mises à bas, la vacuité, le cynisme et l’improvisation promus. N’importe qui pouvait faire n’importe quoi, pourvu que le pouvoir du tyran en soit renforcé. En résumé, un système singulier, spécifique à la Guinée est durablement installé. Il me semble qu’on peut le caractériser par :

---l’écrasement de générations éduquées (intellectuellement, ou professionnellement), contraintes de faire allégeance à des groupes incultes violents dont le seul talent est l’aptitude à violenter, à saccager toutes les intelligences.

---la promotion d’illettrés à des postes dont ils n’avaient aucune qualité. Exemple : de simples ébénistes nommés quasi-analphabètes nommés Gouverneur, c’est-à-dire l’équivalent d’un préfet de Région. Des Directeurs d’entreprises publiques qui ne savent pas lire un simple compte d’exploitation. Je peux donner des exemples à l’infini.

---l’idée que le « président » est omnipotent. Il est le « propriétaire du pays et de ses habitants. Il n’a pas de compte à rendre.

Deuxième élément de réponse : La défaite des groupes des intellectuels était ainsi actée et définitive, ou presque. Car ils répugnaient à recourir à la violence. Il semble bien qu’ils n’étaient pas tout à fait disposés à bourrer les urnes lors d’élection avant 1958 comme le faisaient les loubards de Sékou TOURÉ lors des élections organisées par le pouvoir colonial. Ensuite, au motif d’unité nationale, ils avaient abandonné leur propre capacité de mobilisation en acceptant de faire absorber leur parti par le P.D.G. Or contrairement à eux, Sékou TOURÉ était déjà dans la construction d’une hégémonie absolue, mais pas de l’unité nationale. Ainsi, des loubards sans scrupule comme Momo JOE, un certain MOMO Koulikhagnè, pouvaient lyncher sans rencontrer de résistance. De ce fait, le chef du P.D.G. a eu les mains libres, il pouvait disposer du pays et de ses habitants comme bon lui semble. Il ne s’en privera pas, comme la suite nous l’a démontré. J’ai eu le sentiment, à écouter certains acteurs de l’époque que j’ai interrogés, que le pouvoir colonial se disait à peu près ceci : « s’ils se trichent entre eux, laissons-les faire. C’est une affaire entre indigènes. Ne nous en mêlons pas. » A mon avis les sympathisants et militants des partis politiques d’intellectuels, avaient commis à cette date, d’immenses ERREURS fondamentales de lecture de ce que sont le P.D.G., et son chef :

--- Contrairement à ce qu’ils croyaient eux, Sékou TOURÉ et ses amis étaient imperméables à un débat civilisé. Puisque pour les Pdgistes, la retenue, le respect dû à un concurrent n’était pas un signe de maturité dans le combat politique, mais la preuve que l’adversaire a peur, et qu’il faut donc l’achever.

--- le P.D.G. et Sékou TOURÉ ne luttaient pas pour la souveraineté du pays, comme eux. Sékou TOURÉ était certes un agitateur, mais il n’avait pas les capacités intellectuelles lui permettant d’envisager une souveraineté nationale et ses implications diverses.

---n’avoir pas perçu que l’objectif ultime de Sékou TOURÉ et de ses amis, c’était d’occuper la place du BLANC dans toute sa plénitude, avec les mêmes pratiques, parfois légèrement élaguées. Par exemple le travail forcé fera son retour sous une nouvelle dénomination, « l’investissement humain », les fournitures obligatoires en nature sont rétablies sous forme de « tour-tour ».   La « lutte » pour l’indépendance, de ce point de vue, n’était qu’un moyen, certes habile, mais juste un moyen au service d’une ambition oligarchique. Car la famille de Sékou TOURÉ et alliés occuperont le pays de 1958 à la mort du tyran, presque de la même manière que l’occupant colonial étrange, parfois avec plus de cruauté. Cela est si vrai que dans nos villages, nos parents posaient discrètement la question de savoir quand est- ce que l’ « indépendance » prend fin ? Personnellement, j’avais cru qu’il s’agissait d’une blague inventée, jusqu’au jour où ma propre maman m’a posé la même question un jour de juillet 1969 dans mon village à LINSAN.

Troisième élément de réponse : toutes les références de gouvernance rationnelle d’un Etat Républicain, communément admises (obéissance à une certaine hiérarchie intelligible, distinction entre Etat et parti politique, ascension sociale par le travail, la formation professionnelle ou intellectuelle, le sens du Bien public, la récompense du mérite….) sont abolies, remplacées par l’adoration imposée du Chef (Sékou Touré) et par la soumission au parti unique devenu Etat, d’où la notion de « parti-Etat ». Ce système a perduré une génération durant, et un peu plus, environ trente ans. L’idée fausse mais installée que les Ignorants sont aussi ou plus compétents, plus capables que ceux et celles qui sont formés, intellectuellement et professionnellement est intériorisée par les Guinéens. Ils en ont fait une stratégie d’ascension sociale, sans aucun mérite, et à partir de là, une voie facile d’accès aux ressources publiques.

C’est ce cadre juridico-politique et une culture du « n’importe quoi, n’importe qui » que le tyran lègue au pays à sa mort en 1984.

On peut donc parler de rupture brutale, difficilement réversible dans les procédures quasi-universelles de « fabrication » d’une élite administrative, économique et militaire compétente, efficace, susceptible de consolider un vrai ÉTAT RÉPUBLICAIN. Et se persuadant elle-même que les fonctions qu’elle occupe, elle n’en est pas propriétaire, pas non plus celle de sa famille, de son clan, ou de son extraction ethnique. Il faut néanmoins préciser que M. Sékou TOURÉ et son P.D.G. ne sont ni coupables, ni responsables de la DÉCHÉANCE dans laquelle notre pays est plongé, depuis Lansana CONTÉ, même s’ils ont créé une situation qui ne pouvait nous mener que là où nous en sommes aujourd’hui.

Quatrième élément de réponse : l’absence de société civile organisée sur une base non ethnique, le poids d’une prégnance indéniable du népotisme sur la vie sociopolitique du pays et une pléthore de « chefs » de partis politiques qui n’en sont pas, créent une anarchie dont ne peut sortir qu’un désastre encore plus grand. Car le népotisme le renouvellement et la diversification de l’ « élite » administrative, gestionnaire ou militaire, puisqu’on n’intègre que ceux et celles issus de la famille plus ou moins proche. Au plan politique, mis à part l’U.F.D.G., l’U.F.R. et le R.P.G., tous les autres ne sont que des sigles, improprement baptisés « parti politique », dont l’unique rôle est de   faire remarquer par le président de la république les prétendus « leaders » auxquels il octroiera quelques prébendes, afin de les maintenir tranquilles. Toutefois, on ne peut conclure que ces parti-sigles sont inutiles. Mais ils n’ont aucune représentativité, d’aucune sorte. Ce qui amène à considérer qu’il y a trois partis politiques représentatifs.

La conjonction de ces trois phénomènes rend sinon impossible, tout au moins très difficile le choix d’une équipe sérieuse, crédible, et efficace, lors de moment décisif comme à la mort du tyran en 1984, ou lors de la transition de 2009-2010.

Mars 1984 : Sékou TOURÉ meurt. L’armée prend le pouvoir. Mais pour l’essentiel, cette armée est constituée de miliciens quasi-illettrés, munis d’armes, mais sans vraie formation militaire.   Les vrais militaires sont tout aussi analphabètes. Lansana CONTÉ et ses amis proches, tous analphabètes s’emparent de tous les postes régaliens. Exemple : le Ministre de la Défense, est un petit mécanicien automobile, ami personnel et proche de Lansana CONTÉ. Chacun peut imaginer le dégât attendu et qui se produira. Lansana CONTÉ, devenu président par le coup d’Etat, se convainc d’ailleurs facilement qu’il est le propriétaire du pays, et de la Banque Centrale.   Le drame est que, par ignorance, sans intention malveillante, il s’approprie tout à la banque centrale : devise, or, francs guinéens. …..Ses ministres dont certains sont dans les gouvernements de M. Alpha CONDÉ lui font comprendre qu’à subtiliser les ressources publiques, lui et ses amis sont dans leur « DROIT », puisqu’au pouvoir, le pays leur appartenait désormais. La suite chaque Guinéen la connait.

Décembre 2008 : Lansana CONTÉ meurt : une bande de voyous (Sékouba KONATÉ, Moussa Dadis CAMARA, PIVI dit coplan….), tous recrutés dans l’armée pour le compte personnel du défunt général, par un coup d’Etat improvisé, s’emparèrent du pouvoir, mais pas pour longtemps.

A l’exemple de leurs aînés qui les avaient précédés, leurs premiers actes de président et ministres, furent de s’emparer de tout ce qu’il y a avait à la banque centrale. On parle de 800 kg d’or et de plusieurs dizaines de millions de dollars disparus comme par magie. Des copains, frères, cousins, sœurs….sont tous nommés ministres, ambassadeurs, préfets…….Là encore, continuité de ce qui a été initié depuis bien longtemps.

Les putschistes en désaccord, se canardent entre eux. Dadis K.O., une transition est ouverte. A qui confie-t-on cette transition ?- A un commandant ou colonel alcoolique, Sékouba KONATÉ qui, comme ses compères, sait à peine lire. Il continue ce qu’il sait faire le mieux : le pillage. La Guinée tombe dans les mains de Tibou KAMARA une année durant. A part le bagout, et les intrigues parfois sanglantes, il ne sait rien faire. Lui aussi profite de ce bref passage dans les bureaux de Sekhoutoureya pour faire fortune et brader quelques gisements miniers du pays.

Peut-on honnêtement dire que Mme Rabiatou Sera DIALLO était la mieux indiquée au C.N.T. ? Qui et pourquoi l’y a-t-on mise ? Pour quel résultat ?

La question principale à mon avis, n’est pas de savoir comment des « délinquants » connus comme Sékouba, Dadis et d’autres se sont emparés du pouvoir.

Pourquoi, à partir de Janvier 2010, alors qu’il n’était absolument plus nécessaire de recourir à une armée devenue CRIMINELLE, BOURREAU de son propre peuple, a-t-on imposé Sékouba KONATÉ à la tête de la transition ? Il y a là quelque chose de mystérieux qui mérite éclaircissement. M. Alpha CONDÉ lui-même prolonge le système Lansana CONTÉ, en emmenant dans ses bagages quelques éclopés de PARIS alors en voie de clochardisation en France, pour les mettre ici, ou là, par exemple à la caisse nationale de Sécurité Sociale. La Caisse est en faillite, mais son Directeur peut acheter   des appartements et pavillons dans la région parisienne et dans la SARTHE.

NB : interrogation personnelle en marge de la question traitée :

Il y a trop d’opacité dans la gouvernance de M. Alpha CONDÉ. Par exemple : Pourquoi a t-il placé notre pays sous la tutelle de personnes étrangères ? Pensez-vous vraiment que M. Jacques DIOUF apporte quelque chose à l’agriculture en Guinée, alors qu’il ne l’a pas fait dans son propre pays, le SÉNÉGAL ? Que Tony BLAIR, chassé du pouvoir dans son pays pour des mensonges criminels, peut devenir un saint au point de faire de la Guinée un paradis ?

Des dossiers sont interdits d’accès aux Citoyens Guinéens, mais accessibles à d’étranges »conseillers » maliens, burkinabès… Pourquoi ?

             Mamadou Billo SY SAVANÉ (France)

 

 

 

        

« Fodé Oussou, est incapable de donner des électeurs à Cellou. » dixit Mohamed Fofana du RPG Arc-en-ciel (Mamadou Barry avec SN Bokoum)

Actualité de Guinée, 23-04-2017. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Mohamed Fofana membre de la cellule de communication du RPG Arc-en-ciel a accordé un entretien à un de nos reporters, pour aborder entre autre sujets, la tournée du chef de fil de l’Opposition à l’intérieur du pays, un éventuel troisième mandat et la visite annoncée du président de la république en moyenne Guinée.

Au cours de cet entretien, Mohamed Fafona trouve normal que des leaders politiques à un moment donné, puissent aller sur le terrain pour prendre langue avec les militants à la base, partager et échanger des informations.»

Avant de souligner qu’« à l’allure que prennent les choses, je pense sans risque de me tromper, qu’il est en train de partir dans le sens des meetings de campagne. Hors, actuellement la loi ne permet pas à un leader politique de faire la campagne. Donc je pense que c’est important pour nos autorités celles de l’administration du territoire qui sont les vrais patrons des partis, de faire en sorte que la charte des partis soit respectée. Parce qu’ils sont chargés de veiller à l’application stricte de la loi qui regit les partis en république de Guinée. »

Répondant à la question d’un éventuel troisième mandat du président de la république, Mohamed Fofana affirme que « le souci du RPG Arc-en-ciel aujourd’hui, c’est de faire en sorte que l’engagement pris par le Président Alpha Condé devant le peuple de Guinée en 2015, soit respecté. Nous sommes aujourd’hui déterminés à faire en sorte que toutes les promesses du président de la république soit tenues C’est ce qui est plus important pour nous. L’avenir nous dira s’il y a lieu de songer à un troisième mandat. Mais actuellement nous sommes plus consacrés aux projets de société du RPG, sur la vision politique du chef de l’Etat. »

Par ailleurs, notre interlocuteur s’est prononcé sur la visite annoncée du président de la république au Fouta « Après l’entretien des orpailleurs en Haute Guinée, après l’entretien avec la communauté de la Basse Côte, le président projette une visite en moyenne Guinée. Pour la journée nationale de l’élevage. C’est extrêmement important, quand vous voulez aider les gens, il faut connaitre leurs problèmes. Il faut les approcher et comme ça ils vous diront leurs besoins. Donc la visite du chef de l’Etat en Moyenne Guinée est importante pour les éleveurs et les citoyens de la moyenne Guinée. »

Et Mohamed Fofana de conclure : « Mais ce qui me faire rire, c’est quand j’écoute le vice-président de l’UFDG qui menace le chef de l’Etat qui est le président de tous les Guinéens. De quel pouvoir jouit-il pour menacer un chef d’Etat qui se déplace sur une portion du territoire national ? Je pense que c’extrêmement dangereux. Aujourd’hui, vous voyez le chef de fil de l’opposition en vrai Guinéen. Il est à l’intérieur du pays. Il n’est pas empêché. Ce n’est pas le président de la république qu’il menacer par ce dernier veut se déplacer ! Donc, c’est avec genre de propos qu’il se rend utile auprès du chef de fil de l’opposition. Au de-là de ça, il n’a aucun bastion politique. Il n’a aucune influence politique. Fodé Oussou n’est pas capable de donner des électeurs à Cellou. »

Mamadou Barry pour www.nrgui.com                  

Dansa Kourouma (CNOSC-G) : « Nous avons une classe politique qui est très amatrice. »

Actualité de Guinée, 20-04-2017. Nouvelle République de Guinée, www.nrgui.com. Ce jeudi 20 avril 2017, notre rédaction a jointe au téléphone Dansa Kourouma président du Conseil national Des Organisations de la Société Civile guinéenne, CNOSC-G. Objectif : parler de la menace de l’opposition dite républicaine de reprendre les manifestations politiques avant le mois de ramadan et l’affaire d’un éventuel troisième mandat du président de la république.

De l’accord politique du 12 octobre

Joint au téléphone Dansa Kourouma déclare à notre reporter : « Je comprends parfaitement qu’il y ait des points de l’accord qui ont accusé de retard dans leur mise en application. Mais, les accords eux-mêmes posaient causait un problème d’applicabilité de nature juridique. Quand on a analysé ce document, on a trouvé beaucoup de contradictions dans les accords politiques de 12 octobre. C’est pourquoi la société civile a récusé un certain nombre de ses dispositions. Mais qu’à cela ne tienne, avec le rapport de force qui règne à l’Assemblée nationale, l’opposition  et la mouvance sont convenues  de s’entendre pour violer certaines dispositions de la loi. Donc, si aujourd’hui il y a des points qui ne sont pas appliqués, je pense que la classe politique n’a qu’à s’en prendre à elle-même. »

A l’opposition et à l’Etat guinéen

« Je demande à l’opposition de la responsabilité. On ne peut pas faire la politique si on n’est pas responsable. Parfois il y a des échecs de parcours qu’on doit assumer. S’il y a eu une paix des braves entre le président de la république et le chef de fil de l’opposition, ils profitent de ses rencontres pour pouvoir poser les problèmes qui minent les accords politiques. Pour moi, la rue n’a plus de raison d’être quand les deux hommes se sont entendus pour l’essentiel. Il faut donc continuer les discussions cette fois-ci entre les murs du palais et éviter d’autres menaces qui pourront finir par l’escalade. Aussi, je demande une fois encore à l’Etat de respecter ses engagements. Quand un Etat prend des engagements, il doit les respecter. C’est le B A BA  même de la gouvernance dans un pays. Sur les accords politiques je crois sincèrement qu’il y a des choses qui ont été signées juste pour calmer la situation. Mais les deux parties savaient qu’elles ne sont pas capables de les respecter. Il faut bien qu’on sorte de cette impasse politique. Qu’on accepte ce qui est acceptable et qu’on applique ce qui est applicable. »

D’un éventuel troisième mandat

« Nous avons une classe politique qui est très amatrice. Il faut le comprendre. Concrètement ce débat-là n’a pas sa raison être. La première chose, je n’ai jamais entendu Alpha Condé dire qu’il va briguer un troisième mandat. Pour moi, on doit être capable de prendre les gens au mot. Il n’y pas un projet de réforme constitutionnelle en cours. Ni l’Assemblée nationale, ni le peuple n’ont été consultés. Donc, je demande une fois encore à la classe politique d’arrêter d’entretenir les sirènes révisionnistes. Parce que ces sirènes ne sont autres que  certains medias et les partis politiques. Arrêtons de spéculer sur les choses qui n’existent pas. Concentrons-nous sur le quotidien des Guinéens. Prenez la circulation à Conakry, prenez le transport public, prenez la santé, etc., pour moi les défis qui attendent la Guinée sont énormes.  On ne doit pas perdre du temps à débattre sur les sujets qui n’existent pas. J’aimerais bien que les citoyens comprennent que la constitution guinéenne laisse une flexibilité pour les partis politiques. Mais la flexibilité n’existe pas pour les personnes. Donc, il faut faire la part des choses. C’et peut être le programme politique du RPG qui continue sans Alpha Condé. Mais la constitution a déjà  tranché cette question, On doit respecter les dispositions constitutionnelles. »

Mamadou Barry avec Saïdou Nour Bokoum pour www.nrgui.com