ASSEMBLEE NATIONALE : La présence de burkinabè à Siguri fait débat

 

ASSEMBLEE NATIONALE : La présence de burkinabè à Siguri fait débatQuoiqu’on dise, la mise en place de l’Assemblée nationale sert à quelque chose dans la lente mise en place du processus démocratique en Guinée. En effet, même si la marge de manœuvre des députés vis-à-vis de leurs bords politiques respectifs est très étroite, il arrive cependant que quelques-uns, au gré des débats, s’autorisent une opinion relativement autonome et objective. C’est le cas de l’honorable Ibrahima Sory Traoré qui, ce jeudi, quoique relavant de la mouvance présidentielle, a tout de même interpellé le ministre de la sécurité, Mahmoud Cissé au sujet de la présence des Burkinabè au nombre des exploitants artisanaux d’or à Siguiri.

Pour qui connaît le sous-tendu chargé auquel les Burkinabè sont associés par les temps qui courent, en Guinée, l’attitude du député ne manque pas d’audace. Pourtant, il n’a pas mâché ses mots pour dénoncer le fait que ces derniers seraient présents en grand nombre sur l’ensemble de la région de la Haute Guinée. Pour lui, c’est d’autant plus préoccupant qu’ils mettraient la nature en péril par la coupe abusive de bois à laquelle ils se livreraient pour les besoins de leur quête du métal jaune.

En guise de solution, il suggère qu’en plus des gardes-forestiers, les policiers et même les Donzos soient impliqués dans la préservation de l’écosystème. Sous-entendant ainsi que les chasseurs traditionnels souvent dénoncés pour  des violations des droits de l'homme dans les centres urbains, pourraient servit de manière un peu plus utile.

Anna Diakité, www.kababachir.com

L'UFDG répond à la proposition du professeur Alpha Condé sur le statut du chef de file de l’opposition

DÉCLARATION: "Chef de file de l’opposition, le Président de l’UFDG l’est déjà"

Chef de file de l’opposition, le Président de l’UFDG l’est déjà. Alpha Condé n’accorde donc pas de faveurs particulières à Cellou Dalein; il ne lui fait  pas non plus  de cadeau politique, empoisonné ou non. Il ne fait que reconnaître la force d’implantation de l’UFDG et son poids électoral. C’est l’aboutissement d’un effort collectif, la conséquence de tous les sacrifices consentis par les braves militants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

En Démocratie dont nous faisons le laborieux apprentissage, ce qui compte le plus et de tout temps, c’est la confiance des électeurs exprimée dans les urnes et qui constitue la véritable source de légitimité. C’est pourquoi, l’UFDG, depuis toujours travaille à son implantation dans toute la Guinée, et à élargir sans cesse sa base. Quant à Cellou Dalein Diallo, son président, malgré toutes les difficultés et les défis de la tâche, il s’investit, au quotidien, à maintenir la cohésion et l’unité au sein de l’opposition. Tout comme il met un point d’honneur à rassembler, jour après jour,  les Guinéens  pour l’enracinement de la justice et de la démocratie dans notre pays, seuls enjeux de son combat politique.

Cet effort est aujourd’hui récompensé par une majorité de plus en plus importante de Guinéens de tous les horizons qui voient en l’UFDG et son leader l’espoir d’une alternance pour la Guinée en 2015 et une promesse réelle d’un grand destin possible pour notre peuple tout entier. Malgré tout, l’UFDG reste humble et discrète convaincue qu’elle est, que ‘’le tigre n’a pas besoin de crier sa tigritude’’ : Qui mieux que le pouvoir, sans cesse ébranlé par la force de l’UFDG, le sait ?

Au demeurant, si l’élection présidentielle de 2010 avait été tant soit  peu transparente et régulière, Cellou Dalein Diallo aurait déjà été Président ; c’est lui qui aurait été à Sékhoutouréya. Lors des dernières législatives, en dépit des fraudes massives qui ont altéré considérablement ses résultats, le parti a encore fait  preuve de vitalité et démontré son aptitude à remporter toute élection transparente locale ou nationale en Guinée.

Par ailleurs, si Cellou Dalein Diallo ne s’était pas personnellement engagé au risque de sa vie  contre les dérives du pouvoir d’Alpha Condé avec bien sûr le bouclier que constitue la bravoure de ses militants, il y a longtemps que la dictature se serait installée de nouveau en Guinée. Les sacrifices consentis par nos nombreux martyrs sont pour la liberté et la dignité de notre peuple. Son combat pour 2015, c’est pour honorer leur mémoire et leur aspiration profonde à la démocratie.

La Guinée d’abord

L’UFDG, première victime des fraudes électorales en Guinée et confrontée à la répression violente et quotidienne du régime d’Alpha Condé qui en a fait sa principale cible, se révèle par sa résilience un rempart pour tous les opprimés du pays. L’UFDG se bat aux côtés d’autres forces politiques et sociales pour l’avènement en Guinée d’un Etat démocratique et vertueux. Ce qui passe par l’organisation d’élections libres et transparentes et le respect des suffrages recueillis par  tous les partis, qu’ils soient adversaires déclarés ou qu’ils soient alliés pour une plus grande efficacité de leur action et dans l’intérêt compris de tous et surtout de la Guinée trop longtemps oubliée.

Ce que veulent les Guinéens et que les leaders de l’opposition doivent pouvoir leur assurer, c’est le droit et la liberté de voter pour le candidat de leur choix; ils veulent unanimement un Président accepté de tous parce que  bien élu.

En tout état de cause, l’UFDG a la conviction que si en 2015 , le scrutin présidentiel se déroule dans le respect des règles démocratiques et les conditions de transparence et d’équité requises , Cellou Dalein Diallo est assuré d’être le prochain président de la Guinée, car son parti est la première force sur l’échiquier politique national. Il est considéré aussi comme l’homme de la situation par une majorité en constante progression de Guinéens, compte tenu de son expérience avérée et de ses qualités morales reconnues par ses pires ennemis. Aussi le statut de chef de file de l’opposition reviendra-t-il à un autre que le Président de l’UFDG.  Il ne se retrouve dans l’opposition d’ailleurs que parce qu’il a été privé d’une victoire éclatante et méritée en 2010. En patriote convaincu et homme de paix, il a préféré l’injustice à une  guerre civile dans son pays.

Il ne faudrait pas espérer cependant qu’il se résigne à une nouvelle tentative de le frustrer d’une nouvelle victoire méritée et acquise dans les urnes. L’UFDG défendra par tous les moyens, le vote sacré des Guinéens et mènera avec courage et détermination le combat, qui doit être celui de tous les patriotes et démocrates, pour la transparence de toutes les élections en Guinée.

A propos du statut de chef de file de l’opposition

Quant au statut de chef de file de l’opposition, Mr Alpha Condé, en citant Cellou Dalein Diallo comme premier bénéficiaire, ne fait que reconnaître la force d’implantation de l’UFDG et  admettre aussi son poids électoral – attesté par une majorité claire de députés de l’opposition au parlement. Une performance réalisée grâce aux innombrables sacrifices des militants de l’UFDG, grâce aussi au vote de confiance et d’adhésion des Guinéens en faveur de CDD. Le chef de l’Etat n’accorde donc pas de faveurs particulières à Cellou Dalein; il ne lui fait  pas non plus  de cadeau politique, empoisonné ou non.

Loin donc d’une promotion individuelle ou marque d’amitié ou de reconnaissance affective, la démarche d’Alpha Condé est l’aboutissement d’un effort collectif, la conséquence de tous les sacrifices consentis par tout le monde pour qu’à côté de la majorité d’aujourd’hui ou de demain, il y ait une opposition  qui compte et impliquée dans tous les choix pour notre avenir commun. Il s’agira d’un acquis pour tous, d’une conquête supplémentaire sur le chemin d’une démocratie respectueuse de la diversité, de la pluralité dans notre société en pleine mutation.

Pour l’UFDG et son Président, Alpha Condé est l’adversaire commun qui est le véritable obstacle au progrès de la Guinée et à l’unité des Guinéens.

Enfin, quelque soient les rivalités naturelles entre les responsables politiques, l’âpreté de la compétition  électorale, les calculs des uns et des autres du moment, rien ni nul ne doit distraire le pays de l’indispensable alternance au sommet de l’Etat  en 2015 que tous les Guinéens appellent de tous leurs vœux. L’UFDG et son Président demeurent convaincus que tous les guinéens malgré  leurs différences, sont engagés loyalement et franchement dans la réalisation de cet objectif.

Vive l’UFDG, vive l’opposition Unie, vivement l’Alternance !

CELLULE DE COMMUNICATION

Labé : La Présidente du mouvement « Djokken Alpha 2015 » en campagne à Donghora et Konkola

 

Meeting_KonkalaLa Présidente du Mouvement des Femmes et Jeunes pour le Développement de Tougué, a rendu visite dans la matinée de ce dimanche 30 novembre à des groupements féminins installés dans deux quartiers de la commune urbaine de Labé, a constaté sur place le correspondant local de Guineematin.com qui a suivi la délégation de Mme DIALLO Mariama Ciré BALDE dans ce périple dominical.

Il s’agit des groupements des femmes teinturières de Donghora et Nafayah de Konkola, deux quartiers urbains de commune de Labé.  A cette occasion, la Présidente du Mouvement « Djokken Alpha 2015 » a expliqué dans sa langue maternelle les raisons profondes de son option politique : « Nous avons besoin de l’appui de l’Etat pour développer notre région. Nous avons beaucoup d’opérateurs économiques qui sont nantis mais qui n’ont rien fait pour nous. C’est la preuve que la solution à nos problèmes se trouve avec le Pr Alpha CONDE. Mais nous avons pris une mauvaise habitude. Celle d’être opposés à tout homme qui monte au pouvoir. Nous devons réviser cette position inconfortable. Nous avons rencontré le Président de la République qui nous a dit qu’il n’est pas contre le Foutah. Vous savez, il y a des personnes malintentionnées qui font la navette entre le Foutah et la Présidence de la République. Ces personnes disent au Président que le Foutah ne l’aime pas. Malheureusement, ces mêmes personnes reviennent nous dire ici que le Président n’aime pas le Foutah. Nous devons beaucoup faire attention.»

Mme DIALLO née Mariama Ciré BALDE a indiqué que la stratégie de son organisation vise à encourager le Pr Alpha CONDE à investir dans le développement de la région, à subventionner les activités génératrices de revenu pour les femmes et à employer les jeunes qualifiés. Elle a alors invité ses frères et sœurs à comprendre la justesse de ses motivations en vue de s’inscrire dans cette dynamique avec les bénédictions des sages.

A Donghora, la porte-parole du groupement des femmes teinturières, Nénan Djiwoun Kâlé, a assuré la Présidente des Femmes et Jeunes pour le Développement de Tougué que les citoyens du quartier aiment le Président de la République, le Pr Alpha CONDE. Mais qu’ils n’osent pas afficher leur conviction politique, à cause de la violence dont ils auraient été victimes lors de l’élection présidentielle de 2010.

Dans ce périple, Mme Mariama Ciré BALDE était accompagnée de Samba Diouma CAMARA qui avait à ses côtés les responsables de l’antenne de Labé du Mouvement «Djokken Alpha 2015.»

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Alpha a-t-il peur de Sidya ? « arrêtes d’insulter », menace l’opposant… « Je n’ai pas insulté », se serait excusé le président

 

l'opposant Sidya Touré et le président Alpha CondéOn se poserait bien la question de savoir qui perturbe Alpha Condé en Guinée, qui redoute-t-il d’avoir comme challenger, son talon d’Achille ? C’est une lapalissade que de dire, Sidya Touré. Les attitudes du président guinéen à l’égard de Sidya Touré à l’occasion de la conférence de presse qu’il a récemment animée avec le Président Français, François Hollande, en la présence des représentants de la nation guinéenne, en disent long.

Le courroux d’Alpha Condé contre Sidya Touré

Dès son entrée dans la salle au niveau des places reversées aux anciens Premiers Ministres, Sidya Touré a constaté avec amertume que la chaise sur laquelle son nom est inscrit se trouve décalée derrière les autres. Sur le coup, Il a demandé au protocole de rectifier le tir en la ramenant au même niveau que celles de ses homologues. Ce qui sera fait sur le champ. Pourtant, il lui avait été aussi dit que les anciens PM seraient installés par ordre d’ancienneté.
A la fin de la rencontre, quand Alpha a quitté le pupitre et s’est dirigé vers les invités, Sidya Touré lui a fraternellement conseillé en lange Soussou : « un chef ne doit pas insulter, arrête d’insulter ». Et Alpha Condé de répondre immédiatement : « je n’ai pas insulté. C’est à ceux qui pensent qu’ils peuvent faire un coup d’Etat en Guinée et prendre le pouvoir. Mais, ils ne peuvent pas, parce que le pays est en train de changer ». Excusez du peu, vous remarquerez que tous les guinéens attendent ce changement tant prôné, depuis cinq longues et pénibles années. Fin de commentaire.

Selon des sources bien informées, le Président Français aurait pris connaissance de la lettre ouverte que l’opposition lui a adressée. Naturellement cet homme d’Etat n’aurait pas apprécié la manière dont Alpha Condé gère le pays. Une petite pique à la Hollande a suffi de mettre la puce à l’oreille de son hôte et Alpha Condé a vite fait de désigner comme à l’accoutumée d’ailleurs l’initiateur, le responsable, c’est un seul et unique homme Sidya Touré, Président de l’UFR.

Alpha brusquement très ami de Cellou Dalein

La ruse de l’hyène, du malin tout court comme l’évoque si bien la théorie de Machiavel dans ‘’le prince’’. Il fallait absolument compter sur Alpha pour mettre en pratique cette théorie. Toutefois, Dadis ne nous avait-il pas prévenu dans une de ces sorties médiatiques ? Un homme averti en vaut deux ou peut être trois.

Alpha condé décide maintenant après quatre ans de pouvoir, après plus d’une soixantaine de morts de manifestants pacifiques de l’opposition, comme il en a l’habitude de prendre les décrets, de trouver et de nommer son chef de l’opposition. Ne se souvient-il pas qu’il y a un an que l’Assemblée nationale existe et que nous sommes à moins d’un an de la présidentielle de 2015 ? Qui trompe-t-on réellement.

Cependant, le projet sur la charte des partis politiques, le statut de l’opposition, la reforme du code électoral obsolète dorment à l’Assemblée, moisissent dans les armoires à rats de hémicycle ainsi que les relevés de conclusions des Accords du 3 juillet, qui n’attendent que la bienveillante attention de M le Président pour être signés.

Il ira jusqu’à proposer de façon inappropriée, une conférence de presse avec son chef de l’opposition. Mais hollande en homme d’Etat averti et responsable, je ne cesse de le répéter lui a répondu sans ciller « je ne tiens pas de conférence de presse avec le chef de l’opposition.»

Quand ton pire ennemi te fait grâce, ça doit vraiment t’inquiéter. Quand le loup tante d’amadouer la chèvre en lui proposant une promenade nocturne dans les bois, rien de plus sûr qu’elle va finir entre ses crocs. Ce cher professeur doit se rendre à l’évidence que cette stratégie n’est pas payante, elle est vouée à l’échec car simplement, un secret de polichinelle. Quand un président au pouvoir peut facilement décider de qui doit être son chef de l’opposition avec une telle facilité, une telle légèreté cela doit donner à réfléchir.

L’on se demande si cette tribune servait à la lutte contre Ebola ou pour servir à un jeu politique ?

La fixation sur Sidya Touré

Ces derniers temps et plus précisément depuis que le débat sur la candidature unique et consensuelle de l’opposition prend une ampleur nationale, Alpha Condé ne peut plus se tenir tranquille. Il est futé d’autant qu’il se rend compte du gros risque d’avoir en face de lui quelqu’un dont la candidature lui coûtera sans nul doute son second mandat. Et ça, il le sait bien et il en a une peur bleue, c’est humain.

Nous avons répertorié certains faits qui en témoignent : L’exclusion de Sidya Touré dans le spot de sensibilisation des leaders pour la lutte contre EBOLA ; son image sciemment retirée de l’extrait à diffuser à la RTG sur la journée parlementaire relative à EBOLA, alors qu’il en était l’initiateur, mieux celui qui avait proposé et obtenu la mise en place d’une une commission parlementaire mort-née sur Ebola.

Les députés et cadres du RPG sont envoyés sur les ondes des medias pour s’en prendre ouvertement à Sidya Touré. Consigne est donnée de ne plus laisser passer la moindre image de Sidya Touré à la télévision et éclaircissements à la radio nationale. Baidy Arribot est convoqué d’urgence à la présidence pour avoir dit que ‘’Alpha Condé a peur de Sidya Touré’’. Tout cela s’est confirmé cet après-midi au palais Mohamed V, à l’occasion de la visite de François Hollande en Guinée. Sidya Touré est l’homme qui donne l’insomnie à Alpha Condé, certainement son talon d’Achille.

Depuis, des stratégies sont savamment concoctées pour faire en sorte qu’on ne parle plus de Sidya Touré quand il est question de l’opposition. Que tout ce que Sidya fait ou dit ne soit plus relayé parce qu’aidant à éclairer les nombreuses zones d’ombres. Pourtant aujourd’hui, cet homme est perçu par la grande majorité des populations guinéennes comme son seul espoir, celui qui à la capacité de rassembler toutes les communautés du pays et battre à plate couture Alpha Condé en 2015 dès le premier tour.
La lutte continue, nous vaincrons !

Cellule Com UFR

Lettre ouverte au Président de la République Française M. François HOLLANDE

Monsieur le Président de la République
 
Vous vous apprêtez à fouler le sol guinéen le 28 novembre prochain . Le peuple guinéen est honoré par votre visite et vous souhaite un agréable séjour en Guinée. Nous saluons votre initiative de vous rendre à Conakry dans un élan de solidarité et de compassion à l'égard d'une population particulièrement affectée par la propagation de la fièvre hémorragique Ebola. Nous savons également que le Chef de l'Etat guinéen M. Alpha CONDE présentera votre venue comme le couronnement du « soutien  de la France » à sa politique.
 
Monsieur le Président de la République
 
Vous avez certainement connu sur les bords de la Seine ,l'actuel Président guinéen , qui était auréolé d'un prestige de leader pan-africaniste du mouvement estudiantin africain en France . Vous l'avez également soutenu lorsqu'il a été embastillé en 1998 par le régime du Général Lansana CONTE. Le Président CHIRAC lors de sa visite officielle en Guinée en 1999 ,avait expressément demandé à son homologue guinéen de l'époque de libérer celui qui a été pris à Piney en Guinée-Forestière à la frontière ivoiro-guinéenne. Au nom des droits de l'homme , l'incarcération de M.Alpha CONDE était injuste et c'est la raison pour laquelle les démocrates du monde entier l'avaient soutenu à juste titre. Son long cheminement politique dans l'opposition avait laissé croire qu'il aurait pu incarner à la tête du pays, l'espoir de toute la Guinée pour un changement en profondeur de la gouvernance.
 
Monsieur le Président de la République
 
La Guinée compte officiellement à ce jour prés de 1300 morts de la fièvre Ebola. Les chiffres réels avoisinent plus du double ,selon des estimations de l'OMS. Cette épidémie a commencé en décembre 2013 en Guinée-Forestière et n'a été déclarée qu'à la fin du mois de mars 2014. Un temps précieux a été ainsi perdu pour stopper sa propagation. La réaction gouvernementale et notamment celle de son chef a été contre-productive . L'ONG Médecins sans Frontières a été injustement accusée par M.Alpha CONDE «  de faire un tapage médiatique pour seulement récolter des fonds » . Les autorités guinéennes ont fait preuve d'un laxisme coupable dans la lutte contre la propagation de la fièvre hémorragique. Ces manques de sérieux et de sens de responsabilité ont exposé à la contamination la population guinéenne et celles des pays voisins . Le résultat est hallucinant : des milliers de morts, des millions d'individus « stigmatisés » de par le monde, des économies nationales ravagées et des perspectives de développement anéanties. Monsieur Alpha CONDE porte une large part de responsabilité de ce désastre, à cause de la tiédeur de sa riposte contre l'Ebola. Pire,la récente disparition d'une glacière contenant des échantillons des secrétions d'un cas suspect d'Ebola sur la route Kankan-Kissidougou le 17 novembre dernier à la suite d'une agression perpétrée par des coupeurs de route est symptomatique de la gravité de la situation. Comment convoyer par un bus rempli de voyageurs ,un récipient contenant des virus d'Ebola ? C'est comme si une bombe atomique est mise entre les mains de jeunes garnements. Cette négligence frise une irresponsabilité criminelle ,surtout dans un contexte d'insécurité d'une zone sahélienne en proie à tous les trafics.
A cet égard, nous vous réitérons nos remerciements pour les multiples initiatives que vous engagez de concert avec la communauté internationale en faveur des pays sinistrés d'Afrique de l'Ouest pour éradiquer la propagation de la fièvre hémorragique Ebola dans cette partie du monde.
 
 
Monsieur le Président de la République
 
La situation des droits de l'homme est aussi sombre qu'aux périodes les plus tourmentées de l'histoire de la Guinée. Actuellement, croupissent en prison depuis plus de trois ans des détenus politiques, des civils et des officiers militaires et parmi eux une dame Madame Fatou Badiar. Leur crime est d'avoir très tôt marqué leur défiance à l'égard d'un Chef de l'Etat qui a publiquement proclamé «  de ramener la Guinée ,là où Sékou TOURE l'avait laissée ». A la parole , il a joint les actes en remettant au goût du jour «  le complot permanent » pour éliminer les adversaires et les concurrents politiques.
 
Les assassinats ciblés contre des figures marquantes de l'opposition ,comme le Président de la section des motards de l'UFDG , El hadj Amadou Oury DIALLO le 16 septembre 2014 sont les nouvelles méthodes de la violence d'Etat. La sous-préfecture de Womey à Nzérékoré a été le théâtre d'un horrible massacre d'une dizaine de personnes le 17 septembre de cette année. Jusqu'à présent aucune indication crédible ne situe les véritables responsables de ce drame. Malgré tout prés d'une centaine de paysans sont incarcérés attendant un jugement dont la sentence est déjà écrite ,car leur sort est déjà scellé par les autorités guinéennes. L'absence d'une justice indépendante, équitable et respectueuse du droit des prévenus génère des frustrations collectives qui alimentent la haine et les replis identitaires.
 
La culture de la haine dans le pays a atteint un seuil très préoccupant. En juillet 2013, la région de la Guinée-Forestière a été en proie à des affrontements meurtriers inter communautaires qui furent des centaines de morts selon un rapport des Nations-Unies. En août 2012  ,suite à une revendication pour l'embauche de leurs enfants dans la mine locale, le village de Zogota en Guinée-Forestière a été investi en pleine nuit par les forces de l'ordre pour y perpétrer des crimes odieux. En effet sept paysans dont le chef de village et le doyen de la localité furent sauvagement tués. A ces massacres s'ajoutent ceux de la soixantaine de jeunes militants de l'UFDG de la commune de Ratoma au cours de ces trois dernières années dans le cadre des manifestations pacifiques de l'opposition.
 
Cette atmosphère délétère est entretenue par les déclarations ambiguës de votre homologue guinéen traitant « la Cour Pénale Internationale  de justice des blancs » et selon lui   les crimes du 28 septembre 2009 avec prés de 200 personnes tuées et plusieurs dizaines de femmes violées doivent être purement et simplement « pardonnés ». Ces femmes sont aujourd'hui stigmatisées, abandonnées à elles-mêmes et meurtries dans leur chair. Ce contexte d'impunité institutionnalisée encourage les tueries d'aujourd'hui et celles de demain.
 
 Monsieur le Président de la République
 
La décision du Chef de l'Etat guinéen d'intégrer dans le corps des gardes forestiers , des centaines de donzos qui en réalité constituent sa milice ,rappelle les précédents dangereux du Libéria, de la Sierra-Léone et de la Côte-d'Ivoire pendant les guerres civiles . Les « chasseurs traditionnels » ont peu ou prou été impliqués comme mercenaires dans les conflits fratricides qui ont ensanglanté ces pays. Ces raisons suffisent pour s'inquiéter de leur transformation en gardes forestiers ,armés et disséminés sur l'ensemble du territoire.
 
Dans la même logique, les autorités guinéennes ont encouragé la création et le développement d'une organisation de type ethnocentrique « le manden -djallon » pour diviser et opposer les ressortissants de la région du Fouta-Djallon. Cette politique entretenue de manière souterraine par les autorités de l'administration du territoire a mis en ébullition cette semaine,la préfecture de Lélouma où les forces vives de la localité sont mobilisés pour exiger le remplacement du préfet. La « rwandisation » du Fouta est la logique poursuivie.
 
Monsieur le Président de la République
 
Le niveau de pauvreté s'est aggravé depuis l'arrivée au pouvoir de M.Alpha CONDE. Prés de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Malgré l'afflux massif de capitaux en 2011 avec plus d'un milliard de dollars US provenant du secteur minier dont 700 millions seulement de Rio-Tinto et l'annulation de la dette guinéenne en septembre 2012 à hauteur de 2,3 milliards US grâce au mécanisme de l'atteinte du point d’achèvement de l'initiative PPTE, la situation sociale ne s'est pourtant point améliorée.Les espoirs d'un décollage économique de la Guinée se sont ainsi évanouis du fait de l'affairisme qui a gangrené l'entourage présidentiel. Les intérêts fondamentaux du pays sont abandonnés comme l'usine d'alumine de Fria, la rénovation de la voie ferrée Conakry- Kankan par le groupe brésilien VALE, l'exploitation du bloc 1 et 2 du Simandou par BSGR, la gestion transparente, équitable et concurrentiel du Port Autonome de Conakry et la création d'un secteur privé ouvert et compétitif.
 
Les secteurs de l'électricité et de l'eau ,indispensable à la vie et au développement économique engloutissent des sommes faramineuses sans pour autant que les besoins primaires des populations ne soient satisfaits. Dans ce contexte il n'est pas étonnant que des cargaisons de devises en partance pour alimenter les comptes ouverts dans les paradis fiscaux soient interceptés à l'aéroport de Dakar. En effet les détournements des deniers publics est le fléau qui expliquent les manques d'infrastructures de bases et qui ronge jusqu'à la moelle l'ensemble de la société. Le peuple guinéen aspire au progrès, au bien-être et à la modernité comme tous les peuples du monde, mais ses dirigeants qui sont de véritables prédateurs , constituent de sérieux obstacles.
 
Monsieur le Président de la République
 
Nous vous réitérons nos remerciements pour vos efforts personnels pour la restauration de la paix et de la stabilité au Mali et en Centrafrique. La France, est ainsi appelé au secours par des peuples en détresse alors que leurs dirigeants étatiques du fait d'une très longue mauvaise gouvernance les ont plongé dans la misère, l'insécurité et la guerre. Nous craignons fort, que les efforts de la communauté internationale pour parvenir à la stabilité et à la paix en Afrique de l'Ouest ne soient balayés par l'approfondissement de la crise en Guinée qui pointe à l'horizon. Ce scénario catastrophe pourrait ne pas être une fatalité , si de véritables et profondes mesures allant dans le sens de la réconciliation nationale , le respect de la primauté du droit et le changement de la gouvernance sont entreprises avec détermination.
 
Nous espérons vivement que votre visite à Conakry, puisse contribuer positivement à faire prévaloir les valeurs universelles de solidarité, de progrès, des droits de l'homme et de démocratie en Guinée qui est demeurée longtemps marquée par le non-développement et les tragédies.
 
KO SADHI !KO TOOLI !*
KAPA LOUYOU !*
WONOUWALI !WONOUSENE !*
ANICE ANIBARA !*
 
BIENVENU ( en pular, guerzé, soussou et maninké)
 
Le 26 novembre 2014BAH OURYAncien Ministre de la Réconciliation Nationale et de la Solidarité
1er Vice-Président de l'UFDG
Exilé politique en France