Vidéo. Des actions judiciaires contre l’Etat à Womey ?

Des actions judiciaires contre l’Etat à Womey ? Voici, en vidéo, l’intégralité de la conférence de presse du comité de crise

Après sa grève de la faim, le comité de crise sur Womey annonce l’envoie d’un huissier de justice pour faire le constat dans le village afin de pouvoir intenter des actions judiciaires. Selon Maïtre Koné Labilé de l’ONG « Avocats sans frontières », si les tribunaux guinéens ne disent pas le droit, un recours pourra être envisagé à l’Internationale.

Il faut rappeler que Womey est une sous-préfecture située à environ 50 kilomètres de N’zérékoré où une mission des autorités locales a été attaquée le 16 septembre dernier. Le bilan officiel parle de 8 morts dont des journalistes, responsables administratifs et sanitaires et un homme de l’Eglise. Les représailles des autorités ont fait fuir tous les habitants (du plus âgé au nouveau-né) qui seront contraints de subir les intempéries de la nature par peur des militaires qui « occupaient » leurs lieux d’habitation. C’est contre cette situation que des leaders politiques, des acteurs de la société civile et de simples citoyens ont initié une grève de la fin depuis le lundi et qui devait se prolonger jusqu’à aujourd’hui.

Seulement, hier, le comité a appris l’effectivité de la démilitarisation de la zone. Lors d’une conférence de presse, les organisateurs de ce mouvement non violent de protestation ont mis fin à leur grève. Guineematin.com a tout filmé et vous propose quelques extraits vidéo de cette conférence de presse animée au palais du peuple :

Fin de la grève de la faim au palais du peuple :

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Fin du mouvement de grève de la faim pour soutenir les populations de Womey :

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Maitre Labilé de l’ONG « Avocats sans frontières » sur les suites judiciaires à Womey  :

Dr. Faya Milimono avec les journalistes au palais du peuple sur la fin de leur mouvement :

Fin du mouvement pour le soutien des populations de Womey

Vidéos réalisées au palais du peuple, à Conakry, par F. Yacine Sylla pour Guineematin.com

 

Idriss Cherif signe sa rentrée en politique en Guinée

C'est maintenant officiel, Idriss Chérif, l’ex ministre de la Communication de l’ex-chef de la junte, Moussa Dadis Camara signe sa rentrée en politique en Guinée. Il est le président du Front Patriotique Guinéen (FPG). L’information a été rendue publique à Conakry ce lundi lors d’une conférence de presse.
Après avoir fustigé la gestion du régime Alpha Condé, le vice président du FPG, Pokpa Dopas Dopavogui a déclaré que M. Idriss Chérif, ancien ministre de la Communication de Dadis Camara a été élu président de ce Parti à l’issu du congrès organisé du 23 au 25 Août à Dabola.


Au cours de la même sortie médiatique, le vice président dudit Parti a énergiquement condamné la tentative d’intimidation dont a été victime le leader de l’UFR par le Pouvoir en place. Et d’appeler l’Opposition à reprendre les manifestations pacifiques afin d’exiger des élections présidentielles en 20015.


« Après Octobre 2015, si Alpha Condé n’organise pas les élections, on met en place un organe indépendant pour gérer la transition mais lui, il ne sera plus président », prévient le jeune leader.

Idriss Cherif, selon son vice-président, sera candidat aux présidentielles de 2015. Précisons qu’Idriss Chérif est un fidèle parmi les fidèles de l’ex chef de la junte le capitaine Dadis Camara. L’ex ministre de la Communication est bien connu en Guinée ; on se rappelle ses déclarations que certains jugeaient incendiaires en 2009, après les évènements sanglants du 28 septembre et ses accusations contre la France suite à la tentative d’assassinat de son mentor. Depuis l’isolement de Dadis à Ouaga, Idriss Chérif réside entre Ouaga et Abidjan.

Minkael Barry

 

Alhousseine Makanera, "un penseur global et multiforme" !

Coup de tête ou simple buzz ? Le ministre de la communication Alhousseine Makanera a prédit ‘’la fin de la démocratie en Guinée, si Cellou Dalein Diallo accède à la magistrature suprême’’. Il réagissait à l’attaque perpétrée à Labé contre le véhicule du politicien Abdourahamane Bakayoko pour avoir tenu des propos ‘’injurieux’’ dit-on, à l’endroit de Cellou Dalein Diallo.  

MakaneraPour Alhousseine Makanera, les récents évènements survenus à Labé constituent un grave signal pour le peuple de Guinée. ‘’Dans le fief de la principale formation politique de l’opposition, on n’ose pas critiquer le leader. Si demain il arrivait à la présidence de la République, je crois que ça sera la fin de la liberté d’expression’’, a indiqué l’initiateur du mouvement N’Dimboré qui s’exprimait au micro de nos confrères d’Aminata.com

Selon le ministre de la communication, ‘’les gens doivent se battre pour que ce qui s’est passé à Labé ne se reproduise pas. Ils doivent faire de telle sorte qu’on barre la route à tous les Partis politiques  qui ne partagent pas la même volonté’’.

Aux dires du ministre Makanera, ‘’les ministres et même le président de la République font l’objet de critiques venant des journalistes et des auditeurs parfois’’. Mais si dans son fief, personne n’ose critiquer ce leader politique, ‘’ce qui veut dire que lorsque ce dernier viendra au pouvoir, ce sera la fin de la démocratie’’.

Mariam CISSE, pour VisionGuinee.Info

NB : relu par  www.nouvellerepubliquedeguinee.net pour le titre

Recensement de la population : l'opposition se réveille, enfin !

Dans son ensemble, l'Opposition républicaine se réveille, enfin. Si au départ, le recensement général de la population avait été dénoncé par chacun des leaders des grands Partis politiques, cette fois-ci, à l'unisson, tous critiquent et exigent la reprise intégrale. Cette décision a été prise lors d'une rencontre, à Conakry. Lors d'une de nos publications, nous dénoncions la léthargie des opposants.

Mais aujourd'hui, des jours après, ceux-ci sortent de leur longue torpeur en demandant: « La reprise intégrale du dernier recensement général de la Population et de l'Habitat (RGPH-3) dont l'analyse des résultats provisoires révèle de nombreuses incohérences et anomalies soutenues par une volonté politique manifeste du gouvernement de l'utiliser non pas comme un outil fiable de planification pour le développement et la lutte contre la pauvreté, mais plutôt comme un véritable instrument de cadrage du fichier électoral pour justifier, à terme, un électorat fictif dans les fiefs du parti au pouvoir. » Dans le cas contraire, « l'Opposition républicaine initiera dans les prochains jours une série de manifestations pacifiques sur les places publiques afin d'amener le Pouvoir à se conformer aux dispositions de la Constitution et des lois de la République. »

L'ancien Premier ministre, sous le magister duquel le dernier recensement général de la population a eu lieu, conteste les résultats publiés récemment par le ministère du Plan. Il met ainsi en doute ce recensement effectué, tant et si bien que « le document devrait être normalement suivi par le PNUD. Ça n'a pas été le cas. » Il fustige au passage, la cohue qui a accompagné les agents recenseurs dont certains ont été tout simplement remplacés par d'autres et sans raison. Le nombre d'habitants trouvés à Kankan par exemple – 1 986 329 habitants – provoque l'ire de Sydia Touré, pour la simple raison, cet effectif surclasse carrément Conakry, la Capitale dont la population est estimée 1 667 864 d'habitants.

« Le dernier recensement a été fait lorsque j'étais Premier ministre. Vous ne pouvez pas me dire qu'une zone a connu une hausse de plus de 150% alors que d'autres ont reculé, et qu'une région de l'intérieur du pays a plus d'habitants que Conakry quand on sait que les gens de cette région habitent dans des cases ou des maisons que vous ne voyez nulle part en Guinée. Certainement, des extra-terrestres ont débarqué pour y être recensés. Et là où il y avait des habitants, ils ont disparu », s'amuse à dire le président de l'UFR. Au regard donc de ce ridicule, « Nous allons convoquer les ministres pour qu'ils viennent nous indiquer d'où viennent ces statistiques par rapport à ce que nous savons de notre pays pendant ces 40 dernières années. Si nous ne sommes pas convaincus par les explications, il est sûr que nous allons rejeter les résultats du recensement ».

Voilà que la demande de reprise a été donc aujourd'hui lancée, attendons de voir si elle ne tombe pas dans des oreilles de sourds.

Jeanne FOFANA

Kabanews

Mr. Alpha Condé,quand les crimes excusent les crimes

Lors de sa visite le samedi 25 octobre, à l’ile de Kassa, Mr. Alpha Condé a déclaré en langue soussou : «J’ai demandé aux blancs de laisser l’affaire du 28 septembre parce qu’il y a eu celles de 1985, de 2006 et de 2007 et ils n’ont pas fait l’objet de poursuites». Avec ces propos désobligeants, Mr. Alpha Condé vient de confirmer les intentions qu’on lui prête de vouloir saboter les enquêtes sur les crimes du 28 Septembre 2009. Les propos de Mr. Alpha Condé constituent une présomption troublante de complicité avec les officiers accusés de crimes contre l’humanité. Ils renforcent la perception de collusion déjà manifeste avec leur maintien dans son gouvernement ainsi  que des promotions, des honneurs par des médailles.  La déclaration souligne encore plus la nécessité d’un procès impartial et ouvert pour cerner l’ampleur et les ramifications des massacres de Septembre 2009.

 

L’argument utilisé par Mr. Alpha Condé du manque d’enquêtes sur les crimes passés de 1985, 2006 et 2007, est un amalgame inacceptable. Sans réaction vigoureuse, cet argument va  entériner pour toujours la culture d’impunité dans notre pays.Labanalisation des crimes politiques  qui en résulte est à  la fois cynique et criminelle. Elle ouvre une dangereuse brèche et une trappe de complaisance dans lesquelles passeront les crimes du jour et ceux de l’avenir. Le fait d’excuser des crimes par des crimes consacre une culture politique malsaine  qui se moque des victimes, conforte les criminels et saborde la mémoire collective de la nation. Faire croire que cela participe à la réconciliation nationale est une tricherie qui ne fait qu’empiler les amertumes et attenter à l’avenir de la nation, en faisant le lit à des affrontements dans le futur.  De quelque façon qu’on la tourne, cette forme ultime de démission de l’Etat est un déshonneur national qui doit être fermement rejeté.

 

Les massacres et viols de 2009 sont des crimes imprescriptibles contre l’humanité. La méconnaissance de ce fait de droit de la part de Mr. Alpha Condé est impardonnable. Elle confirme une profonde faillite morale de sa part.  Elle constitue une trahison pure et simple  de son serment de chef de l’Etat qui lui ôte le privilège constitutionnel d’être garant ultime des libertés citoyennes. En même temps, elle renforce l’image d’une Guinée paria parmi les nations.

 

En réponse implicite à ces menées de dilution de la justice du président guinéen, l’ambassadeur des États-Unis, Mr. Laskaris, a insisté lors d’une conférence le 4 Novembre 2014 à Conakry, sur l’impératif moral de punir ces crimes commis contre les femmes : «Ce que je n’accepterai jamais- en tant qu’être humain, en tant qu’Américain et en tant que quelqu'un qui craint le jugement de Dieu – c’est le fait que des hommes pardonnent des hommes pour des crimes commis contre des femmes ». Pottal-Fii-Bhantal prend bonne note de cette déclaration.Certes, Mr. Laskaris trouve des circonstances atténuantes au ministre de la justice dont la responsabilité reste entière dans le déni de justice. Mais sa demande de faire du jugement des crimes contre l’humanité de 2009 une étape  première dans l’enracinement de la justice en Guinée, est en accord avec les requêtes maintes fois formulées par Pottal-Fii-Bhantal ainsi que de nombreuses associations de victimes et des droits de l’homme. Nous en appelons donc à l’ambassadeur pour que les États-Unis exigent officiellement des actions spécifiques dans la poursuite de ces crimes, avec un calendrier d’exécution et un système de suivi. Le manque d’actions de la part du gouvernement guinéen devrait être assorti de sanctions de la part des États-Unis.

 

Lespropos et la négligence provocatrice de Mr. Condé depuis son accession au pouvoir demandent une mobilisation encore plus forte autour du dossier des crimes de 2009. Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon en appelle à toutes les composantes sociales de la nation, des Guinéens de l’extérieur et de l’intérieur, des Partis de l’Opposition, des organisations de victimes et de la société civile, ainsi qu’aux Africains et à toutes les instances internationales, pour que les juges guinéens soient enfin dessaisis des enquêtes. Ces enquêtes doivent être transférées à la CPI au plus vite.

 

À défaut d’une suite rapide à cet appel, nous devrons tous exiger que le Conseil de sécurité de l’ONU impose des  sanctions à Mr. Alpha Condé et à son entourage.

 

La commission centrale de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon