Les « causes secondes » du drame de la plage de Taouyah (Saïdou Nour Bokoum, Analyse)

 

Je rappelle que cette plage n’est pas la première à être la scène où un spectacle festif devient macabre et endeuille toute une nation. Le premier janvier 2013, la plage de Lambanyi a été une triste cage scénique d’un autre script funèbre avec l’effondrement d’un ponton – décidément les ponts en Guinée.. -.  J’ai mis causes secondes entre « griffes », pour indiquer qu’il faut prendre cette expression en son sens profond, philosophique. La Cause première renvoyant à Dieu- Exalté ! – pour les croyants, à la transcendance, au sens métaphysique seulement, pour ceux qui croient qu’il n’y a rien d’autre au-dessus de leur tête, même pas le ciel, qui n’a pas de sens.. géographique ! Tout au plus un signe, ou encore plus bas, un symbole ?

On ne peut pas fermer les yeux sur tous ces coups qui nous tombent dessus depuis le ciel comme des cailloux, des météorites au rythme des petitesses qui nous diminuent à la cadence bi décennale d’un changement social où tous les vingt ans, on entend chuchoter,

C’était mieux avant.

« Le spectacle commencera à partir de ». J’étais parti pour philosopher  « à partir de » cette annonce pub stupide. Quand un spectacle commence à partir de, il n’a pas de commencement et donc pas de fin et donc les portes sont ouvertes jusqu’à la fin du monde et donc à Taouah ceux qui sont venus à la fin du spectacle, massivement, se sont fait tuer un peu à cause d’une phrase assassinement votre, comme on le voit écrit en fond de scène d’une émission cultureuse phare où des centaines de jeunes ne savent pas qu’il devrait y avoir un accent circonflexe à VOTRE. Il y des mots ou des défauts, des fautes de grammaire qui tuent. Cette philosophie que les débiles habituels ne comprennent pas est concrète. Pourquoi des jeunes ont continué à se masser sur d’improbables barrières alors que le spectacle était fini depuis des heures ? Parce qu’il était censé être INTERMINABLE, n’est-ce pas, il devait commencer  « à partir de ».

Virage.

Actualité oblige, je prends le train, l’Express plutôt que le Kankan-Bamako-Bobo.

La Sierra Léone (ou le Libéria ?) décrète l’Etat d’urgence pour cause d’Ebola venue de Guinée, le foyer primitif de ce cancer qui s’est propagé dans la sous-région.

Les chefs d’Etat de ces deux pays frères décident de ne pas se rendre à l’invitation d’Obama qui n’a que faire des hommes forts qui cherche à avoir affaire avec des institutions fortes. Donc il a prévenu les présidents, pas de tête à tête. Des spitchs courts comme des projets qui favorisent des règnes courts porteurs de projets qui changent le cours des choses améliorent le sort des plus démunis au lieu des baves d’invertébrés dignes de la négraille palabreuse qi a construit le mythe méprisable de y a bon bananya.

Même la rencontre de « mon ami » Sassou où 9 chefs d’Etat, s’est rétrécie comme peau de chagrin. Une demi-douzaine de magistrats suprêmes ont préféré être proches de leurs peuples inondés de chagrins. Certes, Sassou ne compte pas ses sous quand c’est un ami qui a des soucis électoraux avant ou après ces farce villageoises qui font penser au « mondè », cette fête des bœufs où ces bicornés dansent et répondent à leur nom, patronymes infalsifiables par des analphabètes à qui l’on a fourgué des cartes biométriques.

Elections.

Et ce n’est pas rien d’être vu au Capitole quand depuis mon investiture aucun sous-secrétaire d’Etat ou de ministère de souveraineté n’est venu voir ce pays qui croule sous les mines de Salomon.

Obama tourne atour de la Guinée et rentre à la Maison. Même mon camarade de L’Internationale Socialiste réussit la farandole Sahel-Riviera des Lagunes des libéraux et ignore le tourisme socialiste de l’Ex.. perle des Rivières du Sud. Et ce n’est pas pour cause d’Ebola, même s’il vient de conseiller à ses compatriotes de faire comme lui, tourner autour du pot de miel qui s’égoutte des monts Simandou et Nimba mais de loin, depuis Kidal par exemple où nos "légionnaires" n’ont pas besoin de s’habiller en cosmonautes contre d’autres cosmonautes version arabe, comme ces hommes venus des mirages du Désert. Un vol Air France vient même d’être annulé juste après le Mondial. D’ailleurs les Français qui n’ont pas de pétrole mis ont des idées n’ont pas fondamentalement changé un projet qui date d’un ou de deux mois, celui de réduire discrètement les vols d’Air France parce qu’ils anticipaient la progression-dissémination des « métastases ».

Wait and see.

A donc Lambannyi-Rogbane.

En pleine fièvre Ebola, le gouvernement laisse faire un rassemblement de quelque 4000 (?) jeunes têtes fêlées, livrées à des organisateurs de messes noires où le satanisme et le « trafic d’enfants », une pratique rampante, se disputent le mépris de l’autorité, elle-même cernée par le cordon sanitaire des murs vermoulus, salpêtreux d’un appareil d’Etat d’experts en tout sauf en l’érection d’un mur qui tienne. Route, énergie, eau, pont, hygiène, santé, et autres besoins sociaux de base.. Ils s’en tapent, non pas par égoïsme seulement, mais parce qu’ils sont nuls. Par choix !

Des Bouffons, délibérément.

Au total, ils font ce qu’ils font- ce RIEN mortifère -, parce qu’ils ont forgé l’arme de l’impunité, gilet pare-balles de la corruption et de la cupidité.

Donc un conseil des ministres extraordinaire pour verser des larmes pendant une semaine.

Pour suspendre un homme de bonne volonté, Malick Kébé, DG de L’agence guinéenne de publicité qui n’a pas la réputation dans le milieu des artistes honnêtes d’être un criminel, un tueur des arts. Je le connais de réputation seulement, en revanche je connais personnellement les tendres requins, tapis dans des bureaux climatisés, toujours entrain de se pinter, quand ils ne font pas semblant d’apprécier le caviar et le saumon servis en Première ou Classe affaires pour VIP, vauriens impunis, pendables.

Pour moins que ça, depuis le drame de Lambanyi, au moins trois ministres devraient être « balayés », l’expression jouissive d’Alpha qu’il mâchonne comme du chewing-gum, mais c’est comme la petite manœuvre, ce petit geste bluffard pour ceux qui connaissent les chiens féroces qui vos aboient comme s’ils allaient vous dévorer : vous faites semblant de vous baisser pour ramasser un bâton et vous avez la voie libre pour entrer et prendre sacs d’argent, bijoux, et violer avant de refaire le mur.

Bref, ils sont tous revenus, puisque,

Guinea’s back, avec tout son appareil d’Etat, qui a ruiné l’Etat.

D’où la vérité paradoxale de l’autre formule emblématique de l’Empire.

J’ai hérité d’un pays et non d’un Etat.

Une antiphrase. Il y a trop d’Etat en Guinée. Un Etat vampirisé, privatisé par des chauves-souris. Pas pour rien que la Guinée fut éligible pour Ebola qui a survolé plus de cinq mille km avant de s’abattre sur sa proie : alors que les primates sont en voie de disparition en Afrique centrale, en Guinée, les singes sont en exode rurale vers la Côte d’Ivoire, fuyant ces bipèdes, l’espèce qui a nom Guinéen, incassable et inclassable primate qui devrait faire cette prière tous les matins :

Je suis guinéen, je suis malade, je dois me soigner (Ansoumane Bangoura, dit Grinda).

Qui manifestement fait exception, qui oublie de faire cette prière lui-même, tous les matins à la station FM Evasion où il continue à verser des larmes, inconsolable depuis la fermeture du Camp Boiro.

Fermeture, voire !

L’historico lider, après avoir laissé froisser le tissu national, maintenant il va devoir laisser cannibaliser le revenant, l’Homme nouveau de l’Autre, ce Connu Inconnu, en laissant massacrer la jeunesse. Le chômage de masse ne suffit pas, il faut des accidents de masse.

Attention, personne n’a voulu tuer ces 40 (ou plus, ils sont en vrai, plus de 34). Nul n’est personnellement responsable d’un accident.

Mais tout le monde savait que la plage de Rogbane n’a que deux issues, l’une connue officiellement, dangereusement étroite, l’autre située du côté de la mer.

Le concert devait commencer « à partir » de 16 heures. Donc « à partir » de 20 heures il était terminé et des centaines de jeunes se bousculaient par cette étroite sortie. Mais comme le concert commençait « à partir de », il n’était pas fini « à partir de » ! Donc, ceux qui n’avaient pas encore pu entrer, continuaient à se ruer vers cette étroite entré-sortie. Le choc était inévitable. Ajoutez  à cela  que c’étaient les plus jeunes, des gamins qui venaient  « à partir de ». Qui rencontraient tout de mêmes des gaillards de 15 à 25 ans pour qui le spectacle était terminé. Le retour vers la dangereuse haute banlieue. Parcours du combattant pour rejoindre Gaza : on pourrait confondre, en ces temps où en Guinée, les orphelins de Kaporo Rails ont baptisé leur ghetto « Golfe persique », Bande de Gaza ou même d’Aouzou !

Et de l’autre côté, du côté de la grande entrée connue seulement des jeunes habitués, hélas trop nombreux – plus nombreux que les étudiants qui viendront les rejoindre après leurs « diplômes » -, des flots arrivaient comme de l’océan, pour aggraver le choc.

Accident ?

Les organisateurs ne connaissaient pas l’existence de ces issues ?

Les parents laissent sortir des gamins de 8 ans, dit avec raison Alpha. Mais ces gamins et ces gamines vont chercher du pognon pour nourrir papa et maman et la flopée de marmots pendus à leurs baskets, eux-mêmes cornaqués par des bandits de grands chemins.

Qu’est-ce qu’il va chercher dans les poches de Sassou à Brazza ?

Et qu’est-ce que çui’-là a fait mieux que Savorgnan de Braza ?

Voilà ce que les parents assurément complices de leurs fistons au bord de la délinquance pourraient lui rétorquer. Mais enfin,

Un dix mille c’est pas un dix mille ?

Donc tais-toi !

J’ai écrit ailleurs qu’Ebola n’existe en Guinée que le jour. Le soir on entre à l’hôpital de Kipé comme on entre dans un lupanar, un bordel si vous n’êtes pas du Milieu. Or ce don  de la Chine est le 5 étoiles des CHU de Conakry.

Et maintenant ?

 - L’Opposition, qui vient de reporter son « meeting géant » pour des raisons humanitaires se plierait patriotiquement à un décret instaurant l’Etat de siège jusqu’en 2015.

- Tout rassemblement sera interdit, y compris tout attroupent aux abords ou même dans « l’hémicycle » (sic) bien aimé des journalistes guinéens. Des élections ? Des isoloirs ? Quand on peut s’infiltrer dans un Palais du peuple pour empoisonner, quelle autre bestiole mortelle ne pourrait-on rencontrer dans un isoloir !

Sauf à Siguiri, où on vote à ciel ouvert. Si seulement l’Opposition « recensait » le gros de ses troupes à Siguiri par exemple !

Allô, quoi, la plage de Kobaya aussi vient de..

Priorité au direct, et puis je suis marin, invité « donneur » de toutes leurs nuitées !

A vous les studios !

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum (Nouvelle République de Guinée)

www.nouvellerepubliquedeguinee.net

 

 

GéCi ‘’échec cuisant’’ de l’opposition face au pouvoir (déclaration)

 

Suite aux élections législatives, nous savons à présent qu’en politique rien ne s’offre sur un plateau d’argent, on l’arrache. Rien ne se donne, on s'impose. Seuls comptent les résultats.

Mais la GéCi repose sur des principes et des valeurs non négociables qui l’empêchent d’entrer dans des combines et des combinaisons toutes aussi biscornues et grotesques les unes que les autres.

Aussi, me suis-je présenté à Kaloum envers et contre tout, pour défendre nos idées malgré la campagne folklorique et les pratiques éloignées de l’éthique et des préoccupations des citoyens.

Aujourd’hui, le constat est pathétique face à un marasme social généralisé, une économie qui traîne les pieds, un débat politique stérile qui s’éternise, des pratiques longtemps décriées qui persistent, une conjoncture grandissante et une demande sociale pressante, malgré quelques efforts de l’équipe dirigeante. Même si cela dépend où on place le curseur.

En fait, tout ceci se résume à l’absence de questionnements prospectifs qui hypothèquent l’adhésion de la population à notre idéal de gouvernance.

C'est-à-dire comment mettre en place une équipe alternative au pouvoir actuel et comment sortir le pays de la léthargie, de la fatalité et des tourments de la débrouillardise érigée en règle quotidienne de vie ?

C’est cet engagement citoyen qui pourrait entrainer une pression des populations velléitaires à toute aliénation du bien commun par une meilleure gouvernance.

Le chômage a atteint un niveau socialement insoutenable chez nous. Et l’un des grands défis pour notre pays consiste à assurer des emplois productifs aux milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année.

La jeunesse guinéenne représente le développement de l'économie sociale. Mais certains éléments structurels peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, sans compter les divisions identitaires qui relèvent du tropisme des acteurs politiques.

Il nous faut une économie diversifiée et résiliente dotée d’un important potentiel de facteur de production, avec un secteur privé dynamique pour nous sortir de cet état de sinistre aigu.

Notre Pays doit prendre des initiatives spécifiques pour réhabiliter les capacités productives existantes, lever les contraintes spécifiques auxquelles les entreprises sont confrontées afin d’investir dans le génie guinéen et enregistrer une croissance forte et durable.

C’est une mutation sociétale qui appelle de nouvelles orientations pour réduire de manière significative l’incidence de la pauvreté et accentuer la volonté du mieux vivre ensemble.

C’est pourquoi notre idéologie s’éloigne du socialisme dogmatique, du Centre et du libéralisme sauvage qui ne peuvent être des options pour nos États et notre culture africaine.

La GéCi adopte le libéralisme social inspirée de nos réalités/aspirations spécifiques guinéennes et qui répond à notre idéal de démocratie sociale.

Notre idéologie concilie l'initiative privée dans l'agriculture, l'industrie et le commerce mais avec un contrôle soutenu de l'État au niveau des secteurs vitaux comme l'éducation, l'eau, les hôpitaux, l’électricité, les mines, les transports publics, etc.

Le libéralisme social est d’abord politique car il a pour fondement l’égalité, la volonté des citoyens face à leur destin, à la liberté d’opinion, de confession, de réunion, d’information, du libre choix des gouvernants et des lois réglant la vie sociale.

Mais dans tout système qui se veut démocratique, il faut une équipe qui gouverne et une opposition disposant d'un statut qui joue son rôle de vigie. C'est un gage de stabilité.

Le constat d’un défaitisme culturel alarmant associé à une vacuité intellectuelle présentent un pouvoir qui s’installe dans une campagne électorale permanente, une opposition parlementaire en mal de stratégie alternative qui adopte une posture victimaire et des surenchères politiciennes, et une opposition extraparlementaire tentaculaire qui se cherche.

En politique comme à la guerre, il est suicidaire de se tromper de terrain, de combat et d'adversaire.

Nous savons tous qu'après avoir conquis le pouvoir suprême, tout parti présidentiel cherche à le conserver en pensant à sa réélection ou à le garder dans son camp.

Le fait d’avoir eu une longueur de retard sur les agissements du pouvoir pendant près de 3 ans a conduit l’opposition républicaine à perdre l’occasion d’être majoritaire dans la nouvelle assemblée nationale.

C’est un échec patent/cuisant au vu de ce qu’elle représentait comme force et contrepouvoir potentiel. De compromis en compromission, elle a fini par se compromettre au point de se déliter.

A présent, il est temps de bouger les lignes et de lancer un appel citoyen à cette partie de la jeunesse qui pense que l’avenir est ailleurs et que l’engagement politique ne sert pas à grand-chose.

La nature ayant peur du vide, cette démission fait le lit de ceux qui occupent le terrain depuis toujours, et donne l’impression d’un éternel recommencement.

La GéCi estime qu’il nous faut sortir de ce prisme guinéo guinéen où le peuple est pris en otage dans des futilités infantilisantes et un projet chimérique qui n’est fondé sur aucune vision en dehors de la simple théâtralisation politicienne et une mendicité d’Etat qui ne peuvent pas développer le pays.

A cela s’ajoutent le repli identitaire et l’achat des consciences alors qu’il faut redresser la barre dans un pays où le civisme et le patriotisme s’effritent.

Pis, la culture de l’ignorance ne cesse de conduire la jeunesse dans un obscurantisme alarmant et l’impression que l’activité politique en Guinée a pour finalité l’enrichissement de l’élite politique.

Aujourd’hui, la désobéissance aux règles de citoyenneté prend des proportions inquiétantes qui s’apparentent à une remise en cause de l’ordre établi et de l’autorité légitime.

C’est une bombe à retardement qui nous oblige à moderniser le personnel politique et instaurer un code d’éthique pour moraliser la vie publique.

Il est temps de mobiliser nos énergies sociales, renforcer l’esprit citoyen et la moralité de nos populations afin que chaque citoyen sache où commencent ses obligations et ou finissent ses droits.

Que voulons-nous ? Où en sommes-nous ? Où va la Guinée ? Voilà les questions qui doivent guider toute démarche rationnelle, si nous voulons répondre au défi du développement et assurer les ruptures inévitables dans nos habitudes et notre rapport à la chose publique.

Le temps des ruptures a sonné. Mais des ruptures pour tout le monde, sans exclusive.

Mais aussi le temps des compétences reconnues/valorisées, des mérites récompensés, des droits assumés et des devoirs respectés.

Grâce à votre engagement, les milliers de voix obtenus par ma candidature lors des Législatives dans la circonscription de Kaloum ont placé la GéCi en 3ème position, juste derrière 2 formations politiques qui existent depuis le décret portant sur le multipartisme intégral, dont le parti présidentiel.

Cela prouve à suffisance que la conquête de la mairie de Kaloum est à notre portée, en prélude à d’autres échéances qui pointent à l’horizon.

La Guinée est une terre d’opportunités qui ne doit plus se contenter du cliché de « scandale géologique, de rendez-vous manqués et de château d’eau de l’Afrique ». D’où votre mission de véhiculer certains axes de notre programme économique comme :

L’éducation qui doit bénéficier de 35% au moins du budget national avec l’obligation de la scolarité jusqu’à l’âge de 15 ans.

La modernisation de notre politique agricole pluviale en une agro-industrie diversifiée et transformée en moteur de croissance, de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté et l’exode rural.

La transformation en capital économique du vivier de compétences et de la manne financière de la Diaspora guinéenne.

La bonne gouvernance qui consiste à mettre le bien public au service de l'intérêt général, avec son corollaire du glaive et la balance qui doivent faire preuve d’Independence pour mettre un terme à l’impunité et ne pas offrir aux accusés de quoi épiloguer...

Une autre voie est possible. C’est celle préconisée par la GéCi et d’autres forces qui partagent son idéal. Persévérez. La rupture est inévitable. Notre combat ne sera pas vain.

Enfin, je tiens à vous féliciter encore une fois. Bravo et du courage !

Le Président
Fodé Mohamed Soumah

Le point sur le dialogue politique inter-guinéen

L’Opposition guinéenne donne sa version des conclusions du dialogue politique inter-guinéen qui s’est déroulé à Conakry du 1er au 9 juillet 2014; puis écrit à Me Cheikh Sacko, Ministre d’Etat à la Justice, Garde des Sceaux
 

- Choix de l’opérateur technique, -l’organisation des élections communales, - Recommandations du Cadre de dialogue…
Le Dialogue politique inter-guinéen s’est déroulé à Conakry du 1er au 9 juillet 2014 sous la présidence de Me Cheikh Sacko, Ministre d’Etat à la Justice, Garde des Sceaux entouré des deux facilitateurs nationaux désignés par les parties concernées et en présence des personnalités sus-citées qui ont activement participé aux discussions.

L’ordre du jour a porté sur l’évaluation de l’application de l’Accord politique du 3 juillet 2013 signé par les partis politiques de la mouvance présidentielle, ceux de l’opposition, le Gouvernement, le Collège des facilitateurs, la CENI et la communauté internationale.

Les parties au dialogue ont convenu d’un ordre du jour en cinq points :

Le choix de l’opérateur technique chargé de la révision du Fichier électoral ;
L’organisation des élections communales (correction des anomalies du Fichier et de la cartographie électorales, calendrier électoral)
Le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public et un égal accès des partis politiques aux médias d’Etat et aux places publiques
La poursuite judiciaire des auteurs et commanditaires des actes de violence liés aux manifestations politiques relatives aux élections législatives et l’indemnisation des victimes et des ayant-droits.


La mise en place du Comité de suivi

Au terme de débats empreints de sérénité et de responsabilité, les parties au dialogue inter-guinéen conviennent de ce qui suit:

Du choix de l’opérateur technique

La sélection de l'opérateur technique qui aura la charge de la mise à jour de la liste électorale pour l'élection présidentielle de 2015 se fera par appel d'offres international conformément à la réglementation en vigueur sur la passation des marchés publics.

Pour ce faire, la CENI sollicitera des partenaires techniques et financiers la mise à disposition d'une expertise technique pour l’assister dans l’élaboration du dossier d’appel d’offres et l'accompagner dans le processus d’évaluation et de sélection des soumissions reçues.

En fonction des contraintes de délais, la CENI et le Comité de Suivi détermineront le type d'appel d'offres international (ouvert ou restreint) nécessaire.

La CENI est chargée d’élaborer dans les meilleurs délais un calendrier complet pour le choix de l’opérateur technique en tenant compte des contraintes de temps liées aux dispositions du Code électoral relatives à la révision annuelle du fichier électoral

Les parties se sont accordées sur la non-participation de l'opérateur Waymark/Sabary à cette consultation, ses prestations qui furent une des principales causes de la crise politique de 2012 et 2013 ayant été circonscrites dans l'Accord du 3 juillet 2013.

La CENI est tenue d’associer les partis politiques à toutes les étapes du processus de sélection de l’opérateur technique.

De l’organisation des élections communales

La CENI est chargée d’élaborer dans les meilleurs délais, en collaboration avec le Comité de suivi, un chronogramme pour l’organisation des élections communales avant la fin de l’année 2014.

En ce qui concerne la correction des anomalies liées au fichier et à la cartographie électorale constatées à l’occasion des élections législatives du 28 septembre 2013, la CENI recrutera, sur la base d’une « short- list » agréée par le comite de suivi, une expertise en fichier électoral biométrique.

Les parties confirment que conformément à l'accord du 3 juillet 2013, Waymark/Sabary est définitivement exclue du processus électoral et ne pourrait en conséquence procéder à la correction des anomalies constatées.

En conséquence de ce qui précède, il est demandé à la CENI de mettre un terme immédiat à sa collaboration avec Sabary.

Du respect du principe de neutralité de l’administration publique et de l’accès des partis politiques aux médias de service public

Le Gouvernement veillera au respect de la neutralité de l'administration centrale, déconcentrée et décentralisée, et s'engage à assurer l'accès égal des partis politiques aux médias d'Etat et aux places publiques.

Pour ce faire, le Gouvernement s'engage à vulgariser le code de bonne conduite des administrateurs territoriaux et à élaborer celui des médias d'état à l'intention des différents acteurs (médias et partis politiques)

Le Gouvernement intensifiera la formation des agents concernés et appliquera les sanctions appropriées aux fonctionnaires qui violeraient le principe de neutralité du service public. En raison de leur effet pédagogique, les mesures disciplinaires prises feront l’objet de toute la publicité requise.

Des poursuites judiciaires des auteurs et commanditaires des actes de violences liées aux manifestations politiques relatives aux élections législatives et du respect du principe de l’indemnisation des victimes

Un pool de cinq juges d’instruction en service au Tribunal de première instance de Dixinn sera commis par le Ministre de la justice, Garde des Sceaux, pour diligenter les enquêtes, les poursuites et les indemnisations des victimes.

En plus des poursuites à initier par le Procureur de la République, les victimes sont encouragées à se constituer partie civile, en déposant et en suivant leurs plaintes auprès des juges d’instruction.

Le Gouvernement s’engage à travers le Ministre de la justice, Garde des sceaux à ce qu’une suite judiciaire soit accordée à toute plainte introduite dans les formes requises auprès des juridictions guinéennes. Aussi, les partis politiques et leurs militants sont-ils invités, à l'avenir, à faire recours aux cours et tribunaux dans le cas de violations de leurs droits et libertés.

5. De la mise en place des comités de suivi et de veille

Il est mis en place un Comité de suivi chargé de veiller à l’exécution des dispositions contenues dans le présent Relevé de conclusions. Ce comité est composé de représentants de la mouvance présidentielle, de l’opposition, du Gouvernement, de la CENI et du collège des facilitateurs,

Pour remédier aux dysfonctionnements de la CENI et améliorer ses performances, les parties se sont accordées sur la création d’un comité de veille composé de représentants de la mouvance présidentielle et de l’opposition sous la présidence d’un magistrat remplissant les critères de compétence, d’intégrité et d’indépendance. Ce Comité sera essentiellement chargé de veiller :

- au respect strict de la loi organique et de son règlement intérieur par la CENI et au renforcement de ses capacités de communication ;
- au retour de l’harmonie au sein de l’institution et au respect de la périodicité des réunions ;
- au renforcement des capacités de la CENI ;
- à l’indépendance et à la neutralité de la CENI

Recommandations du Cadre de dialogue

Pour que les résultats des prochains scrutins ne souffrent pas de contestations, les parties reconnaissent l'obligation d’améliorer le cadre légal des élections et expriment la nécessité d’harmoniser les dispositions de la Constitution, du Code électoral et du Code des collectivités locales.

Elles estiment dans le même ordre, qu'il serait nécessaire que soit mis en place un cadre institutionnel idoine par l’amendement conséquent de la loi portant composition, organisation et fonctionnement de la CENI et par l’installation de la Cour constitutionnelle dont le rôle dans le règlement des contentieux électoraux est déterminant.

Pour ce faire, les parties au dialogue recommandent la tenue dans les meilleurs délais d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale afin que ces questions dont la résolution contribuera grandement à qualifier le processus électoral, fassent l'objet d'examen et d'adoption.

Les parties s’engagent à donner un caractère permanent à ce cadre de dialogue de manière à restaurer la confiance et à contribuer par la concertation, à la préservation de la paix sociale, au renforcement de l’état de droit et à l’enracinement de la démocratie en Guinée.

Fait à conakry le 14 juillet 21014
 
 
Conakry, le 14 juillet 2014

A Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux.
 
CONAKRY

Objet : Dialogue politique interguinéen

Monsieur le Ministre,

Il nous est apparu que le projet de Relevé de Conclusions qui a été proposé à la signature des parties le 11 juillet dernier était loin de traduire le consensus obtenu à l'issue des débats intervenus lors du Dialogue politique.

Conformément à nos engagements, nous vous faisons parvenir ci-joint, notre proposition de Relevé de conclusions du Dialogue politique interguinéen tenu au Palais du Peuple du 1er au 9 juillet 2014.

Ce projet reflète fidèlement les conclusions auxquelles sont parvenues les parties au dialogue au terme de trois jours de débats intenses mais sérieux et responsables. Il contient toutes les décisions adoptées par le Cadre de dialogue autour des cinq points de l’ordre du jour qui concernaient la question du recrutement de l’opérateur technique, l’organisation des élections communales, le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public, l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs de violences lors des manifestations politiques et l’indemnisation des victimes et ayant-droits, de même que la mise en place des structures de suivi et de veille.

Il nous a également semblé utile d'y ajouter certaines recommandations du Cadre de dialogue puisque des inquiétudes liées au Cadre légal et institutionnel des élections ont été exprimées par certains intervenants dont la CENI elle-même et sont revenues de façon récurrente lors des discussions.

Par ailleurs, nous vous saurions gré de nous informer de la suite que vous entendez réserver à notre demande d'arrêt momentané de certaines activités initiées ces derniers jours par la CENI. En effet, cet organe a décidé du lancement d'une opération de recrutement de l'opérateur technique en dehors de la procédure convenue au cours du dialogue , alors même que le comité de veille dont les membres sont désignés n'est pas encore installée. Nous accordons du prix à l'interruption de cette opération pour une brève période et en tout cas jusqu'à signature du Relevé de conclusions. Nous vous rappelons que durant le dialogue politique de 2013, pour les mêmes raisons, il fut décidé d'un gel des activités de la CENI afin d'éviter de mettre les acteurs politiques devant une situation de fait accompli préjudiciable à la mise en œuvre de l'accord .

Dans l'attente d'une suite diligente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre, l'expression de nos salutations distinguées

Pour les partis politiques membres de l’opposition républicaine
Le Porte – parole

P.J. : Proposition de Relevé de conclusions
du Dialogue politique interguinéen

CC : MATD
ABOUBACAR SYLLA

source : guineeinformation.fr

Indemnisation des victimes : cacophonie aux sommets (Par Saïdou Nour Bokoum)

Le garde des sceaux Cheik Sakho : « ..le principe d’indemnisation des victimes sera respecté ». « Personne ne sera remboursé parce qu’il a été pillé au cours d’une manifestation politique », dit de son côté bantama Sow, samedi 19 juillet, à l’assemblée hebdomadaire du R-PDG.

Après le dernier rond-de cirque des Ballets guinéens, avec succession kotèba, kakilambè nimba, gnamakalas et yélà des farbas toucouleurs peu connus, clos par un « siramoumel » (intraduisible en kpèlè donc je ne traduis pas), quand la R-PDGtv redeviendra nationale, « …elle rendra compte. En attendant, la Rrrrévolution poursuivra son chemin, après avoir écrasé les contrerrrrerrrévolutionnaires ! ».

Quand le Ramadhan tire à sa fin

Les journée s’étirent sans frein..

C’est terrible comme dans « Sanfrin » de Capi

Le romancier pas le petit bandit de Coronthie

« Comme la foudre sans freins »

Aucun rapport :

Check Sacko, Garde des sceaux, ministre de la justice : "l’indemnisation des victimes, est prévue dans les accords politiques qui ont été signés au mois de juillet 2013. Ça fait l’objet d’une discussion et d’un point arrêté de commun accord entre les parties. J’étais l’intercesseur entre les deux camps, en tant que garde des sceaux, en tant que gardien de la loi.

Bien évidemment le principe d’indemnisation des victimes, il n’y a pas de doute là-dessus, mais simplement, on ne décide pas comme ça de façon abrupte l’indemnisation des victimes. Il faudrait qu’il y ait une procédure judiciaire, il faudrait fixer le montant, il y a plusieurs  procédures internes qui permettent la fixation de l’indemnité des victimes. Mais le principe sera respecté’’, a précisé lundi, le ministre de la Justice, Cheick Sakho

Je connais personnellement Cheick Sakho, qui avec Abou Katy, Saïdou Dia dit Kaou Mama, Maliguy Soumah et d’autres, sont membres-fondateurs et piliers de l’ACTOG (Association des Cadres et Techniciens d’Origine Guinéenne). Ils ont à leur actif plusieurs interventions dans le système de l’Education en Guinée, avec notamment, financement TOKTEN. Les braiements politiciens du jeune ministre me font penser à deux choses :

  • Il obtint son trophée de guerre RPG en giflant un imam (d’aucuns disent qu’il s’agissait d’une maire) à Kankan et dut fuir ; il n’eut son salut qu’avec l’intercession d’un haut cadre guinéen de l’Extérieur et non de l’Etranger, comme les Toto de l’Histoire de la Tricontinentale se plaisent à barboter dans la confusion des termes, insultant ainsi le panafricanisme. Par décence et pour respecter la réserve du bienfaiteur du RPG, en Côte d’Ivoire, je tarai le nom de celui qui lui avait permis au navetane (qui avait dû aussi passer par Piné ?), d’aller faire le docker à New York comme la plupart des Africains pour commencer, quitte à poursuivre leurs études pendant ou après. Mais lui devait avoir pour devise « in dollar I trust », au lieu du « In God we trust », inscrit sur le billet vert. Il n’avait pas tort, voilà que des quais, (il fut moins veinard que Brando, enfin ce n’est pas rien l’Oscar), il est bombardé ministre par A lélé tcho. Car s’il avait continué ses frasques politiciennes au pays de Bush père ou fils, la sanglante rivalité des Africains Américains aidant, aurait pu le faire embarquer dans un containeur. Le RPG aurait reçu un militant « sorti direct port », mais les pieds devant.

  • Le deuxième dévoiement de l’excellence en Guinée quand elle existe, c’est que la Résidence construite dans les murs de l’Université Gamal Abdel Nasser pour les Experts venus aider, a été transformée et rachetée comme Hôtel, par un privé. Jusqu’il n’y a pas longtemps encore, c’était devenu un bordel de luxe. D’ailleurs, il y a à peine deux mois, j’ai vu qu’il avait reçu encore une touche qui le rend encore aussi aguicheur que les caravelles qui y voltigent.

Ce n’est pas sous le règne d’Alpha qu’a commencé cette privatisation bordélique de tout ce domaine de Donka qui devrait être classé patrimoine de l’Etat, mais je suis surpris qu’il n’ait toujours pas commencé à stopper cette prostitution rampante des êtres et des choses en Guinée. Lui qui dit par erreur qu’il n’avait pas trouvé d’Etat en Guinée.

Que Si ! Un Etat puissant, mais déjà privatisé (Sassine) était déjà solidement enraciné depuis un demi-siècle. La preuve, voici près de 5 ans qu’il semble jouir des câlins mortifères que lui font les gardiens de ce temple maudit et hanté.

Etat voyou puisque (re)devenu plaque tournante de la drogue, de la vente illicite d’armes de guerre, du blanchiment d’argent. On n’attend plus qu’AQMI pour qu’Obama et Hollande viennent nous sortir du syndrome de Kidal.

Après la réélection d’A lélé tcho en .. 2020, n’est-ce pas Sam Walsh ?

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum

www.nouvellerepubliquedeguinee.net

PS : Cheik Sakho était un homme bien. Que Le Tout Miséricordieux l’assiste dans cette épreuve qui consiste à être ministre. Une vie de laptot. "Mais Il n’éprouve vraiment que ceux qu’Il aime".

 

Recensement général de la population guinéenne 2014: le manque de scrupule du régime RPG et le manque de responsabilité de la classe politique.

Pour la gestion économique et sociopolitique d’un Etat, pour la sécurité nationale et le développement du pays, on a besoin des statistiques démographiques fiables de cet Etat.

Le recensement général effectué par les Français en Guinée en 1948 donnait la répartition suivante :

Foulah

812.000,   plus    de 36%

Malinkés et Dialonkés

533.000,   moins de 24%

Soussous et Bagas

276.000

Kissiens

146.000

Guerzés

116.000

Tomas

76.000

Kourankos

35.000

Celui de 1996 qui n’a pas été contesté par l’opposant Alpha Condé et son parti RPG, donnait la répartition suivante :

Région administrative de Labé                    799.545          habitants
Région administrative de Kindia                   928.312          habitants
Région administrative de Kankan                 1.011.644        habitants
Région administrative de Conakry                1.092.936        habitants
Région administrative de Nzérékoré              1.348.787        habitants

Dans sa campagne pour le recensement, le Ministère guinéen du plan et de la coopération lui-même écrit et explique que l’Etat a besoin de ces statistiques pour la stratégie nationale de développement et pour son financement.

Alpha Condé et son Parti RPG qui promettent le développement en un temps record à la Guinée, devraient donc faire preuve d’un minimum de sérieux et renoncer à toute machination ethnique et politicienne dans cette opération d’intérêt national. L’Opposition, quant à elle, connaissant le régime en place et les manœuvres de 2013 (recensement ethnique en faveur du RPG), devrait s’assurer que tout se fasse correctement en surveillant les acteurs du recensement sur le terrain. Nos leaders politiques pouvaient s’accorder là-dessus et se partager la tâche : chaque Parti dans son fief (par exemple : le PEDN en Haute Guinée ; l’UPG et le BL en Forêt ; l’UFDG au Fouta ; l’UFR, la NGR et la GECI en Basse Côte).

Pendant sa tournée à l’extérieur, le leader de l’UFDG, Parti dont les supposés électeurs sont les principales cibles de l’exclusion dans les recensements du RPG, leader qui ne fait rien pour défendre le droit électoral constitutionnel de ses militants et sympathisants, promet la victoire de son Parti en 2015. Un public quasiment non recensé et qu’Alpha Condé a décidé d’exclure des élections, y croit et applaudit follement son leader au rythme de « Cellou Laamikè » ! Pitié !

Quand Alpha Condé a déclaré le 6 février 2012 sur France 24 qu’il apportera d’autres statistiques prouvant que les Peuls ne sont pas majoritaires en Guinée, la classe politique guinéenne est restée silencieuse. Le leader de l’UFDG, par pure faiblesse et par manque de vision politique ne réagit pas. Les autres, par le même calcul politique qui avait uni Sidiya Touré, Louncény Fall et Alpha Condé en février 2010 pour l’exclusion anticonstitutionnelle des Guinéens de l’étranger au vote, parce que cet électorat est majoritairement peul (Lire).

C’est le paradoxe guinéen : les leaders politiques qui disent se battre pour l’Etat de droit et la démocratie font tout pour exclure, au mépris de la Constitution, l’électorat qu’il suppose ne pas leur être favorable ! Nous disons bien qu’ils supposent, car, non seulement l’UFR avait beaucoup de cadres peuls au sein de la diaspora, mais aussi, si Sidiya Touré fait face à un candidat du RPG, l’électorat peul serait le sien dans sa quasi-totalité. Les législatives de 2013 ont d’ailleurs montré que l’électorat peul peut être aussi utile à l’UFR que celui de la Basse Côte et même mieux dans certains cas. A Bofa et à Forécariah par exemple, l’électorat de la Basse Côte a lâché l’UFR au profit du RPG alors que les Peuls étaient massivement mobilisés en sa faveur.

Le Président de l’UFR et les autres leaders politiques guinéens n’ont pas pensé que dans le contexte actuel, réduire l’électorat peul, c’est diminuer les voix de l’Opposition et surtout que la phrase d’Alpha Condé pourrait être formulée autrement : qu’il apportera d’autres statistiques prouvant que les Malinkés, c'est-à-dire son électorat, sont majoritaires en Guinée. Ce qui ne nuira pas qu’aux seuls leaders peuls.

Dans le document confidentiel de 26 pages du 23 février 2012, « Enjeux et Perspectives des législatives », que guineepresse portera à la connaissance de l’opposition en octobre 2013, le pouvoir oriente sa stratégie sur le choix et le poids ethnique de chaque communauté et région de la Guinée (page 7) : « Un fait révélateur est le poids électoral des différentes communautés…. », peut-on y lire.

Les législatives avaient été retardées à ce dessein. Elles devraient constitutionnellement avoir lieu 6 mois après la présidentielle de 2010. Mais Alpha Condé avait besoin de cette étude spéciale et de son application avant d’organiser les législatives avec un fichier gonflé de plus d’un demi million de nouveaux électeurs Malinkés.

Comme à la Présidentielle de 2010, l’Opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo attendra le temps nécessaire à Alpha Condé pour organiser sa fraude et elle ira aux urnes dans les conditions voulues et avec l’opérateur choisi par le leader du RPG. Pourtant cette Opposition avait été suffisamment informée de toutes les manœuvres du chef de l’Etat. Nous connaissons la suite : le RPG obtient le Parlement et toutes les institutions que l’Assemblée Nationale doit contribuer à mettre en place comme la Cour constitutionnelle !

Encore une fois, nos opposants qui promirent de ne plus tomber dans les pièges d’Alpha Condé ne tireront aucune leçon de ces événements. Alpha viole à nouveau la Constitution et les accords du 3 juillet 2013 pour se donner d’abord le temps et les moyens de justifier ses prochaines victoires frauduleuses. Il organise un soi-disant recensement national de toute la population guinéenne sur lequel il veut se baser pour préparer le fichier électoral de 2015. Et cela en 3 semaines seulement au coût faramineux de 63 milliards de francs guinéens, sans que l’oOpposition n’y manifeste aucun intérêt.

Les Guinéens de la diaspora sont exclus dans leur ensemble de ce recensement. Pourtant, l’histoire de notre pays fait que cette diaspora guinéenne a une population de plus de 2 fois plus nombreuse que la région administrative la plus peuplée du pays.

Peut-on donc prétendre que le résultat de ce recensement, évaluant la population globale guinéenne à 10.628.972 habitants, est correct ?

Voici les nouvelles statistiques nationales apportées par le régime d’Alpha Condé :

Région administrative de Labé                    995.717          habitants
Région administrative de Kindia                   1.559.185       habitants
Région administrative de Kankan                 1.986.329        habitants
Région administrative de Conakry                1.667.864        habitants
Région administrative de Nzérékoré              1.663.582        habitants

Analyse :

Ce recensement du RPG révèle qu’en Guinée, de 1996 à 2014, la population de la Haute Guinée, fief du parti d’Alpha Condé (RPG), s’accroît avec une vitesse 4 fois supérieure à celle des autres régions.

Kankan est devenu plus peuplé que les régions de Mamou et Labé réunies, plus peuplé que la région de Conakry.

Pourtant, suite à la prise du pouvoir par le RPG et des nominations ethniques, on a plutôt assisté à des transferts des centaines de familles malinkées de la Haute Guinée (de Kankan et Siguiri en particulier) vers la capitale Conakry. 

Quelques exemples tendanciels de chaque région:

1)- En Moyenne Guinée

- la population de Labé passe de 799.545 h  à  995.717 h, soit une augmentation de 24,5%

- la population de Mamou passe de 612.218 h  à  732.117 h, soit une augmentation de 19,5%

2)- En Basse Guinée

- la population de Bofa passe de 156.558 h  à  211.063 h, soit une augmentation de 34,81%

- la population de Fria (où l’Opposition est majoritaire selon le document stratégique du pouvoir cité ci-dessus) passe de 81.790 h  à  96.527 h, soit une augmentation de 18%

3)- En Guinée forestière

- la population de Nzérékoré passe de 1.348.787 h  à  1.663.582 h, soit une augmentation de 23%.

- la population de Macenta passe de 278.789 h  à  298.282 h, soit une augmentation de moins de 7%.

- la population de Gueckedou passe de 347.541 h  à  291.823 h, soit une diminution de plus de 16%.

- la population de Beyla (ville malinké de la même région forestière) passe de 169.730 h  à  325.482 h, soit une augmentation de plus de 91%.

4)- En Haute Guinée

- la population de Kankan (fief du RPG) passe d’un million  à  2 millions d’habitants, soit une augmentation de 100%

- la population de Siguiri (ville dans laquelle la deuxième communauté ethnique en nombre, les Peuls, fut chassée en 2010) passe de 271.224 h  à  695.449 h, soit une augmentation de plus de 156%

Dans le document stratégique « Enjeux et Perspectives des législatives », le pouvoir RPG nous a appris que les Malinkés sont ceux qui vivent le plus en dehors de leur région en Guinée : 41,7% de l’électorat malinké vit en dehors de la Haute Guinée selon ce document.

Il faut souligner que les populations autres que les Malinkés en Haute Guinée, dont les Peuls en grande majorité, furent discriminés (volontairement exclus) dans ce recensement comme ce fut le cas aux législatives de 2013.

Comment donc la population recensée de la Haute Guinée pourrait-elle devenir plus nombreuse que les populations de toutes les autres régions, même si les Malinkés se reproduisaient comme des Rats (l'animal qui se reproduit le mieux et le plus rapidement au monde) ?

Toujours selon le même document du Parti au pouvoir, les Forestiers sont ceux qui ont le moins quitté leur région en Guinée (7% seulement d'entre eux) alors que la Forêt reçoit toutes les autres communautés, les Malinkés et les Peuls en grand nombre. Cette région devrait donc être la plus peuplée, comme le recensement de 1996 sous Lansana Conté le montre.

Ainsi, loin de refléter une donnée scientifique, ce recensement est une gigantesque manœuvre criminelle du régime RPG d’Alpha Condé que les Guinéens et les institutions internationales doivent rejeter.

Ce n’est pas seulement dans l’intérêt de l’Opposition, il y va de la crédibilité de la Guinée et des études à réaliser avec ces données que ce recensement soit repris et qu’en aucun cas, il ne serve de base pour l’élaboration du fichier électoral de 2015. Le Pouvoir prévoit en effet, de jouer sur le retard dans les préparatifs des élections, pour proposer de renoncer au recensement électoral prévu par la Loi pour utiliser les données fausses de ce soi-disant recensement national de la population guinéenne par le RPG.

 

GUINEEPRESSE.INFO