Réponse de l'Opposition guinéenne au PM

L’opposition guinéenne répond à la lettre du premier ministre Mohamed Saïd Fofana, invitant les leaders politiques à une réunion d’évaluation de l’application des dispositions de l’accord politique du 3 juillet 2013: Featured

 

«Nous accusons bonne réception de votre lettre invitant les leaders politiques à une réunion d’évaluation de l’application des dispositions de l’accord politique du 3 juillet 2013 et vous en remercions. Cependant, en raison des contraintes de délais liées à la préparation de cette rencontre et compte tenu de l’absence de Conakry de certains leaders politiques, nous vous suggérons le report de l’ouverture des discussions au jeudi 26 juin 2014»



A Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation

Ref :V/Lettre n°0948/MATD/CAB

Objet : Accord politique interguinéen du 3 juillet 2013


Monsieur le Ministre,

Nous accusons bonne réception de votre lettre citée en référence invitant les leaders politiques à une réunion d’évaluation de l’application des dispositions de l’accord politique du 3 juillet 2013 et vous en remercions.

Malgré le retard qu’a enregistré cette décision de créer un cadre de concertation entre la mouvance présidentielle et l’opposition, nous nous en réjouissons et vous confirmons notre disponibilité à participer activement à tout dialogue destiné à décrisper le climat politique en permettant d’améliorer la gouvernance politique et de crédibiliser le processus électoral de notre pays.

Cependant, en raison des contraintes de délais liées à la préparation de cette rencontre et compte tenu de l’absence de Conakry de certains leaders politiques, nous vous suggérons le report de l’ouverture des discussions au jeudi 26 juin 2014.

Dans cette attente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

Pour les partis politiques membres de l’opposition républicaine.

Conakry, le 21 juin 2014

Le Porte – parole

Aboubacar SYLLA

Le gouvernement relance le dialogue politique avec l'Opposition

Le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation compte relancer le processus de dialogue politique inter guinéen avec toute la classe politique de l’Opposition parlementaire et extraparlementaire, selon un communiqué officiel.

Ce nouveau cadre de dialogue qui débute lundi prochain sera axé sur l’application des différents points de consensus obtenus le 3 juillet 2013, au terme d’un long processus de dialogue piloté par un collège de facilitateurs dont l’émissaire des Nations Unies Said Djinnit.

Pour le ministre de l’administration du territoire Alhassane Condé, la rencontre permettra aux acteurs politiques de la majorité présidentielle et ceux de l’Opposition, de redéfinir les multiples points de revendications allant dans le sens de la démocratisation du pays.

En début du mois de juin, les députés élus de l’Opposition ont claqué la porte de l’Assemblée nationale, en protestation contre le silence du Pouvoir et le refus du gouvernement de relancer le dialogue.

L’Opposition guinéenne exige la tenue des élections communales et communautaires avant la fin d’année 2014, le changement de l’opérateur technique électoral chargé de réviser les listes électorales.

Par ailleurs, les responsables des Partis politiques exigent l’engagement diligent de poursuites judiciaires sur les violences liées aux manifestations, le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public et l’accès équitable de toutes les sensibilités politiques aux médias d’état.

M. Sagno

L’intégralité du discours de Diallo Sadakadji

Porté LE 18 juin 2014, à la tête d’un parti, le Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD),

 

«J’invite tous les Guinéens sans discrimination à y adhérer, à rejoindre massivement l’équipe qui sera mise en place pour combattre l’injustice et l’ethnocentrisme et à œuvrer effectivement pour le redressement du pays. L’heure du réveil a sonné ! C’est maintenant qu’il faut se lever pour se débarrasser définitivement de la dictature qui continue à gangrener la Guinée»



Ce mercredi 18 juin 2014 ne sera pas un jour ordinaire et banal pour Sadakadji Diallo. En effet le leader de "la troisième voie pour une Guinée émergente" vient d'être porté à la tête du Mouvement pour la Solidarité et le Développement (MSD) une formation politique légalement constitué. A partir d'aujourd'hui, le Président Diallo est officiellement

chef

de parti politique en Guinée avec ce que cela comporte comme droits et devoirs conformément à la Charte fondamentale du pays. Voici en intégralité son discours d'annonce:

Mes chers compatriotes, je vous avais fait part, il y a quelques mois, de ma volonté de me lancer en politique. Cette intention a soulevé un enthousiasme et donné un espoir au peuple de Guinée. J’en suis ravi. Elle a aussi semé la panique parmi certains leaders politiques. Je n’en suis pas étonné.

Je comprends qu’à un certain moment mon silence ait pu tempérer l’ardeur de certains sympathisants tout en réconfortant ceux qui ont toujours vu en moi un adversaire déterminé.

En réalité, depuis que j’ai décidé de me lever pour agir positivement en faveur de tous les Guinéens, je n’ai cessé de travailler en profondeur, patiemment et méthodiquement. Ma persévérance a payé et mes efforts ont conduit à du concret : le MSD (Mouvement pour la Solidarité et le Développement) que j’ai l’honneur de présider.

J’invite tous les Guinéens sans discrimination à y adhérer, à rejoindre massivement l’équipe qui sera mise en place pour combattre l’injustice et l’ethnocentrisme et à œuvrer effectivement pour le redressement du pays. L’heure du réveil a sonné ! C’est maintenant qu’il faut se lever pour se débarrasser définitivement de la dictature qui continue à gangrener la Guinée.

Le MSD regroupe des femmes et des hommes de conviction, originaires de toutes nos régions, animés par le même goût de sortir la Guinée de la misère. Il s’agit donc d’un vaste mais réaliste projet pour plus de prospérité, de justice, de sécurité et de démocratie.

Le MSD a pour mission d’agir pour l’intérêt de tous les Guinéens.

-        son objectif : donner de l’espoir aux Guinéens

-        sa priorité : assurer la prospérité des Guinéens

-        son exigence : instaurer la confiance entre les Guinéens

Oui, je préfère insister sur le terme « Guinéens ». Il faut parler davantage des Guinéens et se préoccuper résolument de leur bien-être économique et social.

Notre pays est l’exemple même où rien ne marche. Il a besoin d’avoir à sa tête des femmes et des hommes crédibles, compétents et engagés pour le faire fonctionner. Il n’est pas à reconstruire mais à construire en reprenant sur de nouvelles bases l’immense chantier de désastre économique et social qui dure depuis près de 60 ans.

Nous avons donc besoin de tous les Guinéens pour que leur présent et leur avenir ne restent plus entre les mains des criminels récidivistes et des démagogues endurcis qui ont démontré plus leur rapidité à voler les ressources du pays que leur capacité à les gérer au profit exclusif de la communauté nationale.  

La Guinée dispose d’un potentiel exceptionnel tout en restant une zone de non-droit et de misère. Avec le MSD les Guinéens ont une chance de prendre en main leur destin car la dignité de la personne est au cœur de sa démarche, et la confiance un levier majeur du pays permettant de concilier harmonieusement solidarité et développement.

Le MSD n’a pas d’orientation idéologique. Il se veut pragmatique et reste ouvert à toute personne désireuse de contribuer efficacement au relèvement du pays. La Guinée a été trop décrite et personne n’ignore ce dont elle souffre ; maintenant le problème est de savoir comment il faut la soigner. Le MSD ne sera pas un forum de discours creux et interminables. Les belles paroles ne sont jamais suffisantes pour développer un pays. On n’assure le bonheur que par le labeur.

Mes chers compatriotes, la misère de la Guinée n’est pas une fatalité. Notre problème est celui du leadership. Si nous sommes pauvres c’est parce que notre pays est mal gouverné. C’est aussi simple que cela !

En faisant, par exemple, de l’emploi des jeunes une priorité nationale, en mettant en œuvre de grands projets de développement dans des domaines comme l’agriculture, l’énergie, les transports et le numérique, en instaurant la sécurité pour tous et en promouvant la démocratie, les Guinéens pourront certainement s’en sortir.

Toutes nos difficultés, quelles qu’elles soient, peuvent être surmontées. C’est une simple question d’imagination féconde et de volonté politique.

Au départ, la Guinée a été martyrisée et traumatisée ; à présent, elle est terrorisée, humiliée et pillée par un aventurier à la tête d’un clan qui a instauré un favoritisme médiéval à connotation ethnique, qui a dégradé par égoïsme les conditions de vie déjà précaires d’une population démunie et qui continue à dilapider avec fébrilité les recettes minières de notre pays.

Mes chers compatriotes, la Guinée est en ruine, en grande partie, par la faute de l’actuelle équipe au pouvoir composée d’individus ignares, cupides et donc peu recommandables qui ne cherchent qu’à s’enrichir avant de s’enfuir. Nous devons la reprendre immédiatement car nous imaginons aisément l’état calamiteux dans lequel ils seront contraints de l’abandonner après leur gestion clanique désastreuse.

Le MSD compte donc sur votre soutien effectif pour faire de notre pays un Etat de droit où chaque citoyen aura toute sa place pour s’épanouir dignement et en toute sécurité.

Un vrai combat vient de commencer et je suis fermement déterminé à le mener jusqu’au bout avec vous et pour nous.

Je vous remercie !

Le Président du MSD

M. Sadakaadji Diallo

18 juin 2014

Kankan: Le Président de la république Alpha Condé: «Il y a trop de faux problèmes à Kankan».

Décidément, la ville de Kankan se trouve esclave de sa justice, de son administration, même le RPG Arc-en-ciel s’empare des problèmes pour résoudre tout à son seul niveau. Quoiqu’il en soit, le Président Alpha Condé sort d´un long silence pour faire un réquisitoire sévère qui a mis tout Kankan à l’aise. Ajoutant qu´il a pris la Guinée dans un trou profond.

Abordant la justice, il a évoqué d´un mauvais jugement de la part des magistrats  et la cour d´appel.  Ce qui, selon lui, rend la vie des citoyens difficile et engrange les règlements de comptes, des montages de faux problèmes pour se débarrasser des personnes qui veulent le changement dans leur région : «On  peut citer plusieurs cas de corruption dans les juridictions ‘’kankanaises’’. Pour les prochaines communales, seul le Parti décidera de son candidat. Mais pas ceux qui ont brillé pour acheter les consciences de la population pour venir faire la campagne sans être mandatés par le Parti et divisé les responsables de ce grand Parti », a-t-il clamé haut et fort : «Pour être candidat à la mairie, il n’y aura ni Kaba, ni Kanté, ni  Souaré ou Toukoura. En outre, le Parti ne peut pas prendre 10 têtes de listes. Il faut qu´il y ait un consensus, une attente pour choisir une seule personne qui  va représenter le Parti, et cette personne doit être la plus populaire», a ajouté Alpha Condé.  
Accompagné par une forte délégation gouvernementale, le chef de l’Etat était venu pour la pose de la première pierre de réhabilitation de la route  KanKan-Kissidougou et Kankan-Mandiana.  Ces travaux serint réalisés par ‘’EBOMAF’’ (Entreprise  Bondougou Mamadou et Frères) pour un délai 36 mois, et la route Kankan-Mandiana pour le compte de la Société Kaba - Guitter. Après quoi, le cortège du chef de l’Etat a pris la direction de Siguiri où un il y a un autre problème politique  à résoudre.

Interview de Cheick Sako Cheick Ministre guinéen de la Justice sur les massacre du 28 septembre en Guinée

“Si la Général Sékouba Konaté a effectivement déposé une liste de noms à la CPI, je pense que le greffe et le procureur de la Cour vont la transmettre aux autorités judiciaires guinéennes, car nous collaborons évidemment avec la Cour sur ce dossier. Le pôle des trois juges d’instruction qui travaille actuellement sur cette affaire en Guinée fera alors son travail. Si cette liste existe, les personnes qui y sont mentionnées seront alors convoquées et auditionnées. Je peux vous le garantir. Je suis en effet quelque peu surpris… Mais je n’en dirais pas plus, car ça serait entrer dans des polémiques inutiles. Mais je vous garantis qu’il y a aura une justice nationale pour ces faits. La Guinée ne peut pas y échapper”



Une semaine après les déclarations du Général Sékouba Konaté - qui affirme avoir déposé auprès de la Cour pénale internationale (CPI) une liste de noms de personnes impliquées, selon lui, dans le massacre du 28 septembre 2009, le nouveau ministre guinéen de la Justice, Cheick Sako, a accepté de répondre aux questions de "Jeune Afrique".

Depuis sa nomination au poste de ministre de la Justice, fin janvier, Me Cheik Sako ne s’est pas beaucoup exprimé dans les médias.  A 60 ans, cet avocat du barreau de Montpellier, en France, - où il dirige toujours son cabinet - avoue ne pas vraiment être un homme de communication et préférer s’atteler à sa mission, car dit-il : "sur le plan judiciaire tout est à construire en Guinée".

Près d’une semaine après la sortie médiatique du Général Sékouba Konaté - qui affirme avoir déposé auprès de la Cour pénale internationale (CPI) une liste de noms de personnes impliquées, selon lui, dans le massacre du 28 septembre 2009 -  et quelques jours après l’énième appel à accélérer les procédures  judiciaires dans le pays par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), le Garde des Sceaux guinéen a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique sur l’avancement dudit dossier.

Jeune Afrique : Il y a quelques jours, le général Sékouba Konaté a affirmé avoir transmis à la CPI les noms des "véritables commanditaires" du  massacre du 28 septembre 2009. Que pensez-vous de sa démarche ? 

Me Cheick Sako : C’est tant mieux. S’il a effectivement déposé une liste de noms à la CPI, je pense que le greffe et le procureur de la Cour vont la transmettre aux autorités judiciaires guinéennes, car nous collaborons évidemment avec la Cour sur ce dossier. Le pôle des trois juges d’instruction qui travaille actuellement sur cette affaire en Guinée fera alors son travail. Si cette liste existe, les personnes qui y sont mentionnées seront alors convoquées et auditionnées. Je peux vous le garantir. 

 À lire aussi : Fatou Bensouda exige que "justice soit faite" pour les massacres de 2009

Tout de même, n’est-ce pas un peu étrange que le général Konaté, ex-Président de la transition guinéenne, soit allé directement voir la CPI, sans passer par les autorités judiciaires du pays ?

Je suis en effet quelque peu surpris… Mais je n’en dirais pas plus, car ça serait entrer dans des polémiques inutiles.

Jeune Afrique : Étiez-vous au courant de l’existence de cette liste ou de son dépôt auprès de la CPI ?

Me Cheick Sako : Pas du tout. Ce qu’il faut rappeler c’est qu’il ne s’agit là que de la parole d’un homme. Les juges qui travaillent sur cette affaire connaissent très bien le dossier et savent qui est impliqué de près ou de loin dans ces évènements. Plus de 400 victimes ont déjà été auditionnées. Parmi les accusés, beaucoup ont été entendu et huit, dont des haut-gradés, ont été inculpés.

Huit inculpations, alors que plusieurs dizaines de membres des forces de l’ordre seraient impliqués, n’est pas un peu léger ? 

Ces inculpations, ce n’est pas rien et surtout, ce n’était pas envisageable il y a quelques années dans ce pays. Je rappelle qu’en tant que Garde des Sceaux, je ne connais évidemment pas le contenu du dossier. Je veille à ce que les juges aient les moyens de respecter la procédure et fais en sorte que les magistrats puissent travailler dans la sérénité, qu’ils puissent instruire à charge et à décharge. Mais je vous garantis qu’il y a aura une justice nationale pour ces faits. La Guinée ne peut pas y échapper.

>> À lire aussi : massacre du 28 septembre 2009, où en est l'enquête ?

Pourtant les ONG se plaignent  régulièrement des lenteurs de la justice guinéenne sur cette affaire…

Je suis avocat de formation et j'ai pratiqué le pénal en France pendant 25 ans. Je peux vous dire que les lenteurs de la justice on les retrouve partout. Comparer les délais de procédures guinéens avec ceux qui existent dans la plupart des pays du nord, cela n’a d’ailleurs pas beaucoup de sens. Le plus important c’est que les choses avancent, même lentement. 

Propos recueillis par Haby Niakate 


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