Depuis plusieurs semaines, le bruit de l’imminence de «LA GRANDE RENCONTRE» longtemps annoncée entre le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, et le vice-président du parti, Bah Oury, courait dans la cité. La brouille entre les deux hommes qui mine le principal parti de l’opposition guinéenne, il y a plus de deux ans, va-t-elle finalement trouver une issue favorable ? Le parti pourra-t-il retrouver la sérénité nécessaire pour affronter le défi qui s’annonce en 2015; empêcher la reconduite d’Alpha Condé à la tête de la Guinée ? Pour beaucoup, principalement les BahOuristes, Cellou Dalein Diallo ne peut l’emporter sur Alpha Condé sans répondre à la main tendue de Bah Oury, qui multipliait en même temps, qu’il installait des structures parallèles du parti à l’extérieur du pays; le vœu de travailler la main dans la main avec Cellou Dalein Diallo :«on dit que Bah Oury ne veut pas rencontrer El hadj Cellou. Je le dis publiquement que je suis prêt à le rencontrer, pour discuter de manière sereine, et de manière responsable, sur un agenda qui doit permettre d’élaborer une feuille de route, pour remettre le fonctionnement démocratique de l’UFDG en force» martelait-il encore en décembre 2013.
Une rencontre entre les deux hommes se tiendra à Dakar entre le 11 et le 20 juin prochain, sous l'égide d'El Hadj Saikou Yaya Barry, le président des sages du Fouta.
Avec la persistance de cette crise, les militants de l’UFDG, avaient fini par développer la phobie d’une éventuelle scission du parti, synonyme de la fin de cette aventure prometteuse; si les deux hommes n’accordaient pas leurs violons. Et cela les a éloigné de toute l’attention requise pour sa résolution, afin de donner une chance à ce colosse aux pieds d’argile de faire le poids face à un redoutable Alpha Condé, plus que jamais prêt à jouer son va-tout; et qui pour bien de spécialistes de la politique guinéenne; les roulera à nouveau dans la farine en 2015.
On peut se demander comment cela peut-il se produire, vu les résultats catastrophiques affichés par Alpha Condé durant ces trois dernières années, et dans pratiquement tous les domaines ? La réponse est simple; nul besoin de d’aller chercher des formules complexes; on dit souvent qu’on ne change pas une équipe qui gagne; alors pour Alpha Condé, la réponse se trouvera dans ON NE CHANGE PAS UNE METHODE QUI MARCHE. Suivez mon regard.
Cela dit, la stratégie à adopter pour empêcher la réédition de 2010, et dans une certaine mesure 2013; est au cœur de la divergence entre Cellou Dalein Diallo et Bah Oury. D’abord pour départager ces deux hommes; le parti a été obligé, contrairement à ce qu’il demande quand il s’agit de la Guinée; l’application de la constitution, et les lois de la République; l’UFDG a été obligée d’aller en dehors de ses structures, faisant fi de ses statuts et du règlement interieur, demander de l’aide extérieure. A quoi servent alors ces instruments ?
A supposer que ces procédures d’exception, qui dorénavant exigent impérativement un toilettage des statuts et le règlement intérieur pour ne pas réitérer ce recours qui n’honore pas le parti, restent le seul et unique moyen de retrouver l’unité; tenir une rencontre sous l'égide des sages du Fouta, ne donne-t-il pas raison à l’irresponsable ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Alhassane Condé, qui traitait il y a peu, l'UFDG de parti communautaire ? Pourquoi le parti n'a pas fait appel à la coordination des sages de la Basse Côte, présidée par le Kountigui, El hadj Sekhouna SOUMAH ? Ou alors les deux autres coordinations du pays ? Toujours est-il qu’en Guinée, ce n’est pas une première, entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2010, la coordination du Mandingue avait posé des conditions au premier ministre Jean Marie Doré. Elle exigeait la prise en compte des revendications du RPG, faute de quoi, ces membres ne participeraient pas aux élections.
Bah Oury ayant confirmé l’imminence de cette rencontre de la dernière chance; tous les yeux sont désormais tournés vers Dakar; et d’après certaines indiscrétions, Bah Oury exigerait de se voir confié la direction des structures de l'UFDG à l’extérieur, les Fédérations en Afrique, l’Europe, les Etats-Unis, et l’Asie. Toutefois, la question de la stratégie; aller aux élections en 2015 face à Alpha Condé, selon Cellou Dalein Diallo, ou préparer un soulèvement populaire comme le préconise Bah Oury, persuadé qu'une élection ne fera pas partir Alpha Condé; ainsi que la tenue du congrès de l'UFDG, pour renouveler les structures, et élire éventuellement le candidat, seront autant de questions auxquelles cette rencontre de Dakar doit répondre.
Alors comme disent les anglais, WAIT AND SEE
source : guineeinformation

Nous vous livrons in extenso les propos du Président de l'UFDG qui oppose un niet catégorique à la médiation des sages de sa région d'origine et de la Coordination Haaly Pular pour le règlement des divergences politiques entre lui et son Vice-président Bah Oury. Citation :« Je vous remercie, mon cher Mandian, pour cette visite de courtoisie que vous me rendez et vous réitère mon soutien indéfectible par rapport à l'exil forcé que vous menez honorablement dans la douleur à Dakar. Tous les responsables, militants et sympathisants de notre grand parti, par ma voix, vous témoignent leur solidarité et leur soutien, d'autant que le combat que vous menez dans la neutralité et l'objectivité est noble pour la promotion de la Démocratie dans notre pays. Je sais qu'en votre qualité de journaliste d'investigation, vous êtes toujours à la recherche de l'information à la bonne source. Ce qui m'amène à anticiper sur les questions que vous pourriez être tenté de me poser, en ce sens que tous les regards en Guinée sont actuellement rivés sur Dakar où se tiennent les assises de l'UFDG portant sur la réconciliation entre Cellou Dalein et Bah Oury. Je suis à Dakar pour un double objectif. Le premier concerne ce malentendu entre Oury et moi. Le second est relatif à l'invitation qui m'est faite pour prendre part à la Conférence des Chefs d'Etat sur le NEPAD. Alors, je serai à Dakar jusqu'au 18 juin, d'où je partirai pour répondre à une invitation d'envergure au Maroc. En ce qui concerne les tractations en cours pour me rapprocher de mon frère Oury, je me dois d'être clair et précis sur cette question. L'UFDG n'est pas l'apanage ni la propriété privée d'une communauté ou d'une ethnie. L'UFDG est un parti national ayant ses structures de base dans les 304 sous-préfectures, les 33 préfectures et les cinq communes de Conakry. Alors, je refuse que les questions concernant le fonctionnement de l'UFDG soient ramenées à une dimension communautaire. Je refuse également de faire prendre l'UFDG en otage par la Coordination Haaly Pular. Fodé Oussou Fofanah, Kalémoudou Yansané, Alain Traoré et nos militants qui ne sont pas originaires du Fouta risquent d'être frustrés si nous agissons de la sorte. Et cela n'est guère à l'avantage ni à l'honneur de notre parti. Aussi, risquons-nous de donner raison à nos détracteurs. Je n'ai jamais adhéré au tribalisme et je ne l'accepterais pour rien au monde. L'UFDG reste et demeure un parti national. C'est ce qui a permis à notre candidate uninominale de Mamou, qui est malinké, de sortir victorieuse à la faveur des élections législatives, alors qu'elle avait en face d'elle des adversaires descendants de l'Almamy. Bref, depuis fin 2011 Oury et moi ne nous sommes pas adressés la parole. Je suis d'accord pour le rétablissement de mes relations sociales et fraternelles avec lui sous l'arbre à palabres devant les sages du Fouta et de la Coordination Haaly Pular dans un premier temps, et la résolution de nos divergences politiques en cercle restreint entre responsables du parti. Moi, je suis venu seul à Dakar, sauf Souley Thianguel qui m'accompagne pour la restitution de ma participation au sommet du NEPAD sur le site du parti. Alors, après le règlement des questions sociales sous les auspices des sages, il faut que d'autres responsables du parti proches de Oury et de moi-même, issus également d'autres régions du pays, rallient Dakar, comme Oury ne peut pas rentrer en Guinée, pour tabler sur les questions politiques qui m'opposent à lui. Faute de quoi, je ne répondrai pas à l'appel de la Coordination, malgré le grand respect et la haute considération que je voue à cette structure et aux éminents sages qui la composent. On ne peut ni ne doit régler nos divergences politiques devant un forum. C'est un cercle restreint de cadres du parti qui siégera sur ce deuxième volet pour me rapprocher de Oury dans l'intérêt supérieur de l'UFDG et de la Guinée, puisque notre combat commun doit consister à faire partir Alpha Condé en 2015. Je milite bel et bien en faveur de la réconciliation avec Oury dans ces volets social et politique, mais dans les règles de l'art et de façon méthodique et ordonnée ». Fin de citation. Sans commentaire.
guineeinformation
C'est une information qui a fait l'effet d'une petite bombe à Conakry. L'ancien président de la transition, le général Sékouba Konaté, affirme avoir déposé à la Cour pénale internationale (CPI) une liste des commanditaires du massacre du stade de Conakry, le 28 septembre 2009. 