Papa Koly aurait jeté l’éponge !

Ce 15 octobre, une forte rumeur est partie de la Primature selon laquelle M. Papa Koly Kourouma, le ministre d’Etat en charge de l’Energie a déposé sa lettre de démission chez le PM vers 17. Dans la lettre, Papa Koly Kourouma exigerait une réponse dans 72heures. Faute de quoi, il quitte définitivement le gouvernement.

Selon nos sources, Papa Koli Kourouma aurait demandé au Premier ministre la raison d’une méfiance subite du chef de l’Etat à son égard. Toujours selon des rumeurs concordantes, Papa Koly n’a pas apprécié qu’une délégation ministérielle effectue une mission dite« sensible » à N’Zérékoré, et plus particulièrement dans le district de Zogota sans l’en informer, alors qu’il est fils du de la Forêt. M Papa Koly aurait appris bien avant, qu’une délégation doit se rendre à Zogota, pour des condoléances. Il pensait être de la délégation. Mais telle ne fut pas le cas.Pire, le Premier ministre a gardé secret le voyage.

M. Papa Koly Kourouma qui voulait en avoir le cœur net, s’est rendu à l’aéroport à l’occasion du départ du Président Alpha Condé pour le sommet de la francophonie. C’est là que quelqu’un lui a fait la confidence. Pour lui dire :

« Ils t’ont caché la nouvelle. Ils ne veulent pas que tu sois au courant ».

Cela aurait mis M. Papa Koly Kouroumah dans tous ses états.

Le 16 octobre, un journaliste d’une radio privée a confirmé la rumeur. Il aurait appelé le ministre Papa Koly Kouroumah qui a donné une réponse vague.

« Je n’infirme ni ne confirme l’information », lui a dit M. Papa Koly Kouroumah.

« J’ai appris la même nouvelle que vous. Lorsque j’aurai la lettre, je vous l’enverrai », a dit M. Papa Koly à un autre journaliste. Dans la journée, M. Papa Koly ne décrochait pas son téléphone. Mais, après l’émission de notre confrère Mandjan Sidibé, des membres de la famille l’auraient appelé pour le féliciter d’avoir annoncé la nouvelle.

Que la nouvelle de la démission du ministre Papa Koly Kouroumah se confirme ou pas, une chose est claire : il est tombé en disgrâce depuis quelques temps. Des tisseurs de mauvaises toiles l’auront sérieusement chargé chez le Président Alpha Condé qui le portait dans son cœur. Selon des sources proches d’EDG (Entreprise de délestage de Guinée !), des combines ont été tissées dans les couloirs du ministère de l’Energie et dans les couloirs d’EDG pour le salir. Une grosse huile d’EDG se démènerait comme un beau diable pour faire démettre Papa Koly et prendre sa place.

ASB

U.F.D.G.: un parti en péril ? (Par Ibrahima Kylé Diallo, Opinion)

Le véhicule Ufdg roule depuis bien longtemps sur les routes caillouteuses de Guinée. A écouter le bruit de son moteur, il semble que celui-ci soit un peu grippé. Les passagers (militants et sympathisants) sont très inquiets car le chemin à parcourir reste encore long.

La jauge étant cassée, personne ne connaît le niveau et l’état de l’huile de ce moteur. Et si le problème n’était qu’une simple question de vidange? Si un carnet d’entretien est délivré c’est pour être régulièrement consulté et mis à jour, n'est-ce pas?.

Il y a quelques mois, un membre du RPG a publié sur le Web un article intitulé: «Pour l’unité de l’Ufdg». Ce parti serait-il malade au point qu’un RPGiste vienne à son chevet? L’Ufdg ignorerait-elle que lorsqu’un loup entre dans une bergerie chaque seconde compte? Curieusement, cette inquiétude ne semble pas très partagée par certains responsables de ce parti.

Je n’insisterai pas sur l’article précité où l’auteur demandait très gentiment à un accusé de prouver son innocence! En sa qualité de citoyen, le sieur en question a parfaitement le droit d’aider un parti concurrent du sien. Qu’est-ce qu’il peut être démocrate! Un adversaire qui vous propose une solution pour le combattre, on aura tout vu en Guinée…Dans nos villages on dit souvent que lorsque certains voisins frappent tôt à votre porte pour vous dire bonjour, ce n’est pas pour s’enquérir de votre état de santé mais pour savoir si vous n’êtes pas décédé la nuit !

Aujourd’hui la dictature est installée en Guinée, le «chef du pays» y faisant ce qu’il veut, quand il veut et comme il veut. Si le parti le plus nombreux et le mieux implanté géographiquement est l’Ufdg mais qu’il n’arrive pas à freiner les dérives de ce «chef de pays», c’est qu’il a un sérieux problème de stratégie. Serait-il un géant aux pieds d’argile? Serait-il victime d’un déficit de démocratie interne? Quoi qu’il en soit, l'Ufdg apparaît de plus en plus poussive et cette situation est vraiment alarmante pour le pays.

J’ai la nette impression d’un flottement de l’Ufdg qui oscillerait entre deux légitimités, l’une historique (revendiquée par celui qui est à l’origine de l’idée), l’autre politique (réclamée par celui qui a mis l’idée en pratique). Nous savons tous que rien n’est facile en Guinée. C’est justement parce que les choses sont difficiles qu’il faut revoir en permanence certaines méthodes d’action. Aujourd’hui, lorsque l’Ufdg reçoit des coups, ses dirigeants pansent ses plaies et ce parti a tellement de cicatrices qu’on ne le reconnaît même plus. Curieusement, les coups que l’Ufdg voit venir ne sont pas esquivés mais à peine amortis. Cette attitude défensive qui consiste à tout encaisser n’est pas une bonne méthode. Au combat, il faut donner des coups, frapper fort et juste, c’est-à-dire passer à l’offensive. En politique, tout temps mort finit par entraîner la mort de celui qui le demande.

N’étant membre d’aucun parti politique mais soucieux de l’instauration d’un Etat de droit en Guinée, je me permets de faire une remarque très ordinaire à l’Ufdg: tenir rapidement un congrès extraordinaire de ce parti. On y débattra de tous les problèmes (politiques, économiques, sociaux, juridiques, diplomatiques, militaires, etc. car aucun domaine ne doit être ignoré par un parti politique) qui ne sont plus internes, puisque connus de tous. Le linge sale ne peut plus se laver en famille mais au lavoir public où chacun connaît la quantité d’eau disponible et surtout la nature de la saleté à éliminer.

Compte tenu de la situation actuelle, toute attente est une perte de temps pour le pays. Par rapport au fonctionnement de l’Ufdg, je n’ai pas, à titre personnel, de choix à faire puisque je n’en suis pas membre; c’est aux adhérents d’exprimer librement ce qu’ils veulent. En revanche, en ma qualité de citoyen, je peux exprimer mes idées et faire quelques suggestions. Celles-ci sont, du reste, valables pour tous les partis politiques ayant une audience certaine dans le pays et ne concernent nullement les groupuscules dont les chefs ne sont que des sangsues gravitant autour de la "minorité présidentielle".

Un congrès extraordinaire permettrait donc de mieux huiler la mécanique de l’Ufdg en confirmant son actuelle équipe dirigeante ou en la remplaçant par une autre. Dans certaines circonstances, on doit remettre son mandat en jeu avant son échéance. Quand on est à nouveau vainqueur, on sort toujours grandi; lorsqu'on est battu, on ne part pas dans le déshonneur.

Beaucoup de questions méritent d'être posées: comment l’Ufdg fonctionne-t-elle en interne? Ce parti utilise-t-il efficacement tous les atouts dont il dispose? Ne s’autocensure-t-il pas en s’interdisant de s’exprimer dans certains domaines comme, par exemple, celui des forces armées? Ses militants ont-ils toujours confiance en ses dirigeants actuels? Ne peut-il pas faire plus et mieux que ce qu’il fait aujourd’hui? Se bat-il réellement pour la conquête du pouvoir ou ne se contente-t-il que de dénoncer les coups qui lui sont portés à longueur de journée? Ambitionne-t-il de conquérir, avec ses alliés, la future Assemblée Nationale ou se satisferait-il de quelques députés que le «chef du pays», pour amuser la galerie, pourrait lui accorder en cas d'élections? Bref, l’Ufdg a-t-elle tiré réellement les leçons du vol inqualifiable de la victoire de son président lors de l’élection présidentielle?

Ces questions, des militants et des sympathisants désorientés par des querelles puériles qui mettent l’Ufdg en péril se les posent; de simples citoyens se les posent; les alliés de l’Ufdg se les posent. C’est dire à quel point des réponses sont attendues. Pour l’instant, ce sont les RPGistes qui se frottent les mains car ils savent que chez leurs principaux adversaires, qui se trompent manifestement de combat, chacun est détesté viscéralement par les uns et admiré aveuglément par les autres.

En ma qualité d’observateur extérieur, j’avais même pensé à un changement de nom de l’Ufdg en choisissant un sigle à 3 lettres et une modification de son emblème qui est apparu à un de mes aînés comme «l’ébauche d’un baobab nain coiffé d’une calebasse»! Il s’agit, bien entendu, d’un détail car, pour un parti politique, l’essentiel est de bien savoir ce qu’il veut et comment y parvenir, de préférence dans la légalité tout en n’écartant, à priori, aucune option dans son combat. Quand on veut le pouvoir, on se bat sur le terrain pour l’obtenir mais on ne fait pas de la figuration en donnant de faux espoirs à ses partisans!

Tout leader doit savoir quel sacrifice il est prêt à consentir pour rester ou accéder à la tête de son parti. D'ailleurs, la violence, l'emprisonnement et la mort ne sont-ils pas les badges d’honneur de tout leader politique qui aspire à la magistrature suprême?

Je vous salue !

Ibrahima Kylé DIALLO

Appel à tous les patriotes guinéens pour changer le " changement" négatif d' Alpha Condé (Kaba Bah, Opinion)

Alpha Condé est au pouvoir depuis le 22 décembre 2010. Depuis, il règne d'une main de fer sur la Guinée. Il règne sans partage avec son fils, Mohamed Condé. Il a fait de la Guinée une jungle où règne la loi du plus fort. Une jungle dans laquelle ont péri une vingtaine de ressortissants du Fauta Djallon. Tous de jeunes gens massacrés de sang froid par les bidasses criminels du dictateur guinéen, le président de la transition Alpha Condé.

Au soir du 10 novembre 2010, Alpha Condé incarnait l'espoir. Malgré son passé de rebelle, son passé de mercenaire, et de rancunier, il incarnait l'ère du changement positif pour les populations martyres de Guinée. L'ère du changement positif après plus de cinquante ans de ratés et de contreperformances. Hélas !

Alpha Condé, le soi-disant professeur s'est lamentablement planté. Il est passé à côté de la plaque. Depuis son arrivée, le pays a du mal à sortir de la transition engagée dans la matinée du 23 décembre 2008. Depuis son « parachutage » à Sékhoutouréyah, les populations martyres sont de plus en plus pauvres. Elles sont de plus en plus à la merci d'une classe dirigeante des plus corrompues dans l'ouest africain. Outre la corruption galopante, les pauvres citoyens sont livrés à la merci de bandits de grands chemins. Des hors-la-loi écument les quartiers populaires de la capitale et y sèment la terreur et la mort. Trop c'est trop. Les compatriotes n'en peuvent plus.

Depuis son arrivée aux commandes, c'est le règne de l'exclusion et de la médiocrité. Une bonne partie de la population est marginalisée. Au profit des Guinéens issus de l'ethnie du président Condé. L'ethnocentrisme bat son plein. Il y'a des Guinéens de seconde zone sous l'ère sanglante d’Alpha Condé. Il y'a des Guinéens supérieurs, et d'autres inférieurs avec le professeur. La haine viscérale d’Alpha Condé est entrain d’avoir raison des liens séculaires qui ont toujours existé entre les différentes communautés du pays.

Conséquence ? Le pays fonce droit dans le chaos. Si l'exclusion persiste, si Alpha Condé continue d'ignorer les autres communautés, le pays risquerait de basculer inévitablement dans un conflit fratricide. Que Dieu nous en garde des affres d'une telle dérive.

Guinéens patriotes et Guinéennes patriotes, il est temps de se lever pour sauver la Guinée. Le moment est venu d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Agir pour déloger Alpha Condé. ET libérer notre cher pays des griffes de pyromanes qui règnent en maîtres absolus sur la pauvre Guinée.

Chers, Guinéens et Guinéennes, la patrie nous interpelle. Le devoir de sauver la Guinée nous attend. La balle est dans notre camp. C'est justement ce devoir qui me pousse à mettre sur pied le Mouvement pour la Libération de la Guinée et la sauvegarde de la démocratie et de la justice. MLGSDJ.

Le MLGSDJ s'est fixé pour but de voler au secours de la Guinée. Par tous les moyens. Tous les moyens sont bons pour libérer les Guinéens et Guinéennes de la mégalomanie du dictateur Alpha Condé.

Le MLGSDJ entend prendre très prochainement ses responsabilités pour mettre Alpha Condé et sa clique hors d'état de nuire. Un objectif noble censé redonner de l'espoir aux Guinéennes et Guinéens; remettre le pays sur les rails de la démocratie, du développement économique et de la prospérité.

Le MLGSDJ a envoyé des éclaireurs dans certains pays voisins et même en Guinée pour étudier le terrain. Identifier les voies et moyens pouvant nous permettre de mettre un point final à la dictature naissante d’Alpha Condé. C'est une course contre la montre. Nous n'allons plus tarder à agir. C'est un devoir sacré pour nous.

Pour cela, j'en appelle à tous les compatriotes de rejoindre le MLGSDJ avant qu'ils ne soient aux prises, un jour, avec leur conscience. J’invite tous les compatriotes soucieux d'un avenir radieux, de rejoindre notre mouvement pour stopper Alpha Condé dans sa folie meurtrière et destructrice. Nos portes sont grandement ouvertes.

Vive la Guinée. Vive la démocratie. Vive la justice. Vive le MLGSDJ

Abdoulaye Ousmane Kaba Bah, Hanovre, république d’Allemagne

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source: www.guinea-forum.org

 

« Remaniement partiel » : qu’est-ce qu’AC a-t-il donné à ses ex ? (Oury Baldé, Opinion)

Plus qu’un scandale, la Guinée continue à étonner par les bizarreries et les absurdités de sa vie politique moribonde. Dernière illustration : la réaction bizarre, du moins paradoxale, des ministres Mathurin Bangoura, Jean Marc Telliano et Korka Diallo, limogés.

En effet, ces trois ministres démis à la suite d’autres, sans aucune forme d’explication, se sont empressés, après leur révocation, avec un zèle emphatique significatif, d’entonner louanges et remerciements à leur ex-employeur, AC.

Successivement, Jean Marc Telliano, ancien ministre de l’agriculture, a déclaré : « je n’en veux pas au chef de l’État. Il pense que je ne peux plus le servir ».Tandis que le général Mathurin Bangoura, rescapé à la fois de la dictature de Lansana Conté et de la terreur de CND, ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat , n’a pas trouvé mieux que de psalmodier un concert de remerciements dont seul il a le secret, à l’adresse d’AC. Pour un ministre qui venait d’être empêché manu-militari d’accéder à son bureau pour risque de vol, c’était tout logique !

Le général Korka Diallo, ministre sortant de l’Elevage, s’est, quant à lui, fendu d’un aphorisme sans ambiguïté: « le président m’a dit qu’il est très content de notre collaboration»‏ ! Après avoir cherché en vain à noyer le poisson, en faisant croire encore à l’existence du strapontin supprimé qu’il occupait. Change ridicule, sauf pour lui.

Du reste, le général Korka est un habitué des salamalecs : lorsque le bouffon écervelé Dadis Camara l’avait publiquement humilié à cause d’un prétendu favoritisme filial, tout le monde avait crû que le général Korka Diallo se suiciderait, ou, au moins, démissionnerait en désapprobation de l’affront public qu’il venait d’essuyer. Il n’en a rien été. Korka Diallo a continué de voir la vie en rose, indiffèrent.

Faut-il en rire ? Faut-il en pleurer ?

On pourrait douter quant à la sincérité de ces propos dans un pays où il faut raser les murs, même pour l’Etat, pour être en sécurité .Mais ils révèlent toutefois la mentalité servile du Guinéen qui ne démêle toujours pas servir un individu et servir l’Etat. A moins de croire qu’AC ait usé d’un sortilège pour faire l’unanimité. Quel tocsin dans ce cas ? Connaissant la boulimie du « prof » pour le pouvoir, et son goût aigue de la mysticité (les Donzos, sa garde prétorienne, sont avant tout des féticheurs), rien n’est moins sûr.

Faire profil-bas n’aurait pas été plus déshonorant pour ces ministres, à défaut de faire leur mea-culpa sur la nullité de leur bilan. D’autant plus qu’en Guinée les dinosaures politiques se recyclent à chaque régime…

Les Guinéens dans leur majorité ne se doutent guère que le grand toilettage de l’appareil d’Etat annoncé n’est que partiel et fort partial, d’autres limogeages et nominations sont sûrement entrain de mitonner en fonction des desideratas et des caprices politiques machiavéliques du « prof-président ». On est certain que le piètre jeu de chaises musicales où les remplacé(e)s choisissent leurs successeurs, n’a pas livré tous ses secrets.

Il Faudra façonner d’abord un Guinéen nouveau débarrassé de l’esprit d’aliénation, du culte de la personne initié par AST, de l’ethnocentrisme, de l’incivisme, pour une Guinée nouvelle. Cela prendra le temps que ça prendra, mais ce sera indispensable pour l’émergence d’une Guinée nouvelle et progressiste.

Oury Baldé

Les dernières actualités en vrac (Gandhi, Opinion)

Une augmentation salariale en trompe l’œil

Selon le Bureau de Presse de la Présidence, Alpha Condé a rencontré la Commission nationale paritaire de négociation collective sur la fixation du SMIG pour évoquer les 10% d’augmentation des salaires des fonctionnaires.

Alpha Condé, a justifié cette faible augmentation, en tenant compte des moyens de l'État et en accord (comprendre « avec l'autorisation de ») avec le FMI et la Banque Mondiale.

 « Vous savez que nous sommes en programme avec le FMI pendant trois ans. Le premier, c’était avec le PPTE, mais aussi le budget 2013, nous allons le faire avec eux et le budget 2014. Ils sont là actuellement. C’est à partir de 2015, que nous n’aurons plus à suivre les consignes du FMI ».

 Comprenne qui pourra !!!, à part le fait que ce n'est pas la Guinée souveraine – paraît-il - qui décide. La rigueur financière n'est que celle qu'imposent les institutions financières internationales à la Guinée. On peut au moins reconnaître qu'il en endosse (sans le dire) la responsabilité, contrairement à Lansana Conté, qui ne voulait pas en entendre parler.

 Il ajoute : « Mais quel est le problème que nous avons ? Pourquoi il y a le bas salaire en Guinée ? Parce qu’il y a le problème du PIB qui est de 500 milliards de Francs Guinéens ».

 Là encore, celui qui voit le lien de causalité entre les deux est prié de se faire connaître. Alpha Condé nous serine que le taux de croissance est en hausse, que les indicateurs économiques sont au vert, bref que tout va bien – au niveau économique – dans le meilleur des mondes. On comprend mal qu'il soit impuissant à agir. Sa pédagogie laisse donc à désirer, mais c'est la rançon de l'usurpation du titre de professeur qu'il n'a jamais été.
 
Alpha Condé veut faire croire qu'il y a du changement. Les travailleurs avec leur augmentation salariale de 10%, soit en fait une perte de 5% (puisque l'inflation est à 15%) l'apprennent à leurs dépens. S'ils avaient fantasmé depuis 2011 sur leurs nouvelles conditions salariales, puisqu'on leur a toujours demandé de patienter, ils peuvent désormais rêver les yeux ouverts... et ce jusqu'en 2015 !!!

 Un remaniement ministériel qui ne change rien

 Les côtés positifs...

Si on peut se réjouir du remaniement ministériel, c'est essentiellement pour trois raisons essentielles :

–  d'abord d'avoir viré les militaires, qui n'ont rien à faire dans des ministères. S'ils veulent faire de la politique, ils n'ont qu'à démissionner de l'armée. En fait, cela devait être fait dès l'origine en 2010, car la population guinéenne s'est battue pour virer les militaires du pouvoir. En en gardant trois, Alpha Condé poignardait dans le dos, tous ceux qui sont tombés pour la démocratie. Cela n'empêchera pas ce régime qui ne survit que par la violence exercée par les forces de sécurité, d'utiliser ces dernières, non pour défendre l'intégrité territoriale du pays, mais pour pérenniser son régime illégitime.

 

–  confier les affaires étrangères à un novice a amené la Guinée derrière (Guinea is back), d'où l'intérêt de remettre un technicien professionnel à ce poste, le choix de François Lonsény Fall étant plus adapté, même s'il devra mettre la Guinée en avant et non le régime qui le dirige.

 

–  réduire le nombre de ministères en supprimant des doublons, ou des départements sans activité notable est une bonne chose. Mais il en reste 35, ce qui est deux fois trop élevé, car il faudrait un gouvernement resserré d'une quinzaine de ministères, pour être plus efficace.

ne nous feront pas oublier le reste.

A l'inverse, il ne faut pas se bercer d'illusions sur un changement de politique, décidée en un seul endroit. Il n'y a d'ailleurs pas de politiques sectorielles, à l'exception des mines, la solution de facilité. D'ailleurs puisque tout le monde sait que Mohamed Condé est le réel Ministre des mines, pourquoi n'avoir pas mis la situation en conformité avec la réalité. A t-il peur d'être accusé de népotisme ? C'est pourtant déjà fait.

 Quant aux autres secteurs, nous sommes davantage dans la communication pour la politique agricole par exemple, où l'on se contente de redistribuer les matériels et véhicules fournis par la Chine, et de faire des affaires avec le Mali, pour ce qui concerne les intrants, dont les prix réels n'ont finalement jamais été ceux annoncés. On a beau changer de titulaire du poste, si ce dernier n'a pas les moyens de sa politique, il ne se passera rien.

 Alpha Condé n'est-il pas celui, qui accusait ses collaborateurs - ceux qu'il a nommés lui-même – d'incompétence ?

 En dehors de ces deux domaines, je ne vois rien. Seuls des projets en cours, initiés par les régimes précédents, ou des réalisations financées et contrôlées par des États ou institutions étrangères (hôtels, routes...) voient le jour. En dehors du barrage de Kaleta, sur lequel il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire (en matière de surfacturation notamment), de quoi Alpha Condé est-il à l'origine ?

 Lorsqu'il décide réellement, on voit le résultat. Par exemple, concernant son remaniement ministériel, il parle beaucoup des femmes et des jeunes : dans les faits, il n'y a que 5 femmes ministres sur les 35, soit 14% (30% serait un minimum avant d'atteindre la parité). Quant aux jeunes... (moins de 35 ans), les seuls qui s'intéressent un tant soit peu à l'avenir, ils sont une nouvelle fois sacrifiés... malgré tous les discours pour les flatter.

 Un Ministère incongru

Quant à la création d'un ministère des Droits de l'Homme et des libertés publiques, elle est davantage le fruit d'une démagogie, et d'une volonté de communication, que d'une volonté réelle de faire bouger les lignes.

 Il existe déjà depuis le 17 Mars 2011, la Commission Nationale des Droits de l'Homme, dirigée par Mamady Kaba, qui non seulement n'a aucune réalité constitutionnelle, mais n'a en outre aucune activité effective, malgré la situation des droits humains en Guinée. De même, malgré sa formalisation le 14 Juillet 2011, l'INIDH n'existe pas encore. Ce Ministère n'est qu'une opération démagogique. Quels vont être les pouvoirs réels de ce département ? Aura t-il autorité sur les Ministères de la Justice, de la Sécurité, voire sur les forces de sécurité ? À quoi va t-il servir ?

–  À accélérer la tenue du procès du pseudo-attentat ?

–  À engager les plaintes que le procureur a refusées (Zachariou Diallo par exemple) ?

–  À accélérer les procédures contre les crimes récents (2006, 2007, 2009 et 2010) ?

–  à taper sur les doigts d'Alhassane Condé dont les sorties médiatiques ne l'honorent pas ?

–  À rappeler à l'ordre ce même Alhassane Condé et Resco Camara concernant la législation sur les manifestations pacifiques ?

 

–  ..Certains chroniqueurs irresponsables et serviles osent dire, que cela dénote l'intérêt et le respect qu'Alpha Condé accorde à l'exercice des libertés collectives et individuelles en Guinée, celui-là même qui a fait tirer et tuer une douzaine de manifestants pacifiques, qui empêche la tenue des meetings politiques de l'opposition, les passages médiatiques – notamment à la RTG - de l'opposition. Oui ils ont raison, Alpha Condé est très attaché aux libertés publiques..., mais celles de son camp.

 En outre, pourquoi avoir choisi un novice, responsable d'une ONG de création récente, et qui ne comprend qu'un seul membre connu. Combien de plaintes non verbales, mais judiciaires, cette ONG a t-elle initié ? La réponse à cette question en dira long sur sa finalité. Pourquoi ne pas avoir choisi le responsable de l'OGDH par exemple, dont la notoriété est sans commune mesure ? La réponse est dans la question. Il sera libre de parler – dit-on -, mais pour ne rien dire, ou pour que ses sorties médiatiques permettent le changement... pour que rien ne change.

 Cela me fait penser au premier séminaire gouvernemental sur la justice, dont les participants déclaraient ensuite, que les problèmes étaient réglés... puisqu'ils en avaient parlé. Puisqu'il y a désormais un Ministère des Droits de l'Homme, doit-on considérer qu'il n'y a plus de problèmes dans ce domaine désormais. Circulez, il n'y a plus rien à voir.

 

 La nouvelle CENI

 

On attend toujours de l'opposition qu'elle conteste cette nouvelle loi, dont on rappelle que ce n'est pas le CNT (Assemblée plénière) qui l'a élaboré, même si sa présidente (Rabiatou Diallo) a signé le texte, mais une commission (sortie de nulle part) de RPGistes convaincus. Ceux qui ont été présentés comme des institutions républicaines n'ont rien de républicain (je l'ai montré dans un texte précédent). Le CNT qui ne faisait déjà pas son travail, est une nouvelle fois mis plus bas que terre. Moi aussi j'ai des lois à proposer.

 Par ailleurs, l'article 83 de la Constitution oblige le PRG à saisir la Cour Suprême, pour vérifier la constitutionnalité du texte. La non présence au sein du CNT de 10% de conseillers issus de l'opposition, empêchent celle-ci de recourir formellement à la Cour Suprême, pour contester tout projet ou proposition de loi, a fortiori organique. C'est un déni de démocratie.

 

Les questions – non exhaustives – suivantes, pourraient être évoquées :

–  la présence de deux commissaires issus de l'administration (et qui y retourneront après leur mandat) n'est plus conforme à l'esprit de la constitution ;

–  pourquoi 25 commissaires, alors qu'un seul (le président) est omnipotent ?

–  pourquoi nommer des politiques par la société civile (alors qu'ils sont déjà représentés dans les 20) dans une institution technique et hyper spécialisée ? Ce sont des juristes dont a besoin l'institution.

–  enfin, on ne peut révoquer des commissaires membres d'une Institution constitutionnelle, en votant une loi.

 Enfin l'opposition - le Collectif et l'ADP s'entend - a donc décidé – mal lui en prend – d'avancer, sans tenir compte des violations constitutionnelles (on peut légitimement se poser la question de savoir si elle agirait de même, si elle était au pouvoir ?), pour déposer sa liste de commissaires.

 Selon quelques sites guinéens, les partis suivants : l'UFDG de Cellou Dalein Diallo, l'UFR de Sidya Touré, le PEDN de Lansana Kouyaté, l'UFC d'Aboubacar Sylla, le PPG de Charles Pascal Tolno, le PUD de Mamadou Ditin Diallo, les NFD de Mouctar Diallo, la NGR d'Ibrahima Abe Sylla, et le PS de Thierno Seydou Bayo, ont choisi leurs nouveaux commissaires (l'UFDG en possède deux).

 Quoi dire ?

Qu'on ne tient pas compte de la représentativité des partis. Par exemple le PUD de Mamadou Ditin Diallo, dont tout le monde peut même se poser des questions sur son allégeance au pouvoir (son représentant au CNT a refusé de démissionner récemment, lors de la tentative d'assassinat des leaders de l'opposition), et qui ne représente que lui-même, se voit affubler quasiment de la même représentativité que l'UFDG au sein de la CENI. On s'étonne ensuite que l'UFDG, qui n'existe pas dans les instances de représentation (un seul conseiller au CNT par exemple, combien dans les institutions improprement appelées républicaines ?), doive utiliser la rue pour se faire entendre, certains oubliant que l'expression « un homme = une voix », ne se prend pas en compte dans les institutions (non représentatives), mais sur le terrain.

 

Lorsqu'on ne peut se faire entendre, parce qu'en nombre on est inexistant, la rue reste le seul moyen de rappeler aux aveugles et sourds, son poids réel.

 

Certes l'opposition veut vouloir jouer l'unité, en rappelant que le Collectif n'est qu'une opposition ponctuelle (pas forcément politique) par rapport aux problèmes électoraux, chacun restant libre de ses opinions et valeurs, et que les commissaires de la CENI, ne sont en principe plus attachés aux corps d'origine (les partis politiques, la société civile et l'administration) qui les ont nommés. C'est oublier un peu vite la différence entre l'esprit et la lettre, ou plus exactement entre les textes et la réalité. S'il en était ainsi, la présence des membres de l'administration n'aurait plus sa raison d'être, or le gouvernement y tient et il sait pourquoi. De même, le choix contesté de Bakary Fofana comme commissaire d'une organisation de la société civile, voire comme président futur éventuel de la CENI, l'illustre par ailleurs parfaitement.

 Les problèmes de la CENI sont loin d'être clos, ils ne font même que commencer.

 

 Le président de quelques Guinéens

 

Lors du discours de Boké à l'occasion de la fête nationale, Alpha Condé a montré qu'il était incapable d'être autre chose que le président inamovible et perpétuel du RPG.

 

En période de crise, et la Guinée l'est depuis 58, il faut rassembler (AST lui-même, l'avait bien compris, au-delà de l'évolution de son régime) autour de ce qui nous unit (et cela est largement supérieur à ce qui nous sépare), avant d'examiner les trajectoires personnelles.

La seule chose dont Alpha Condé soit capable, c'est de parler, encore que certaines expressions soient incompréhensibles (voir ci-dessus), et l'avenir ne fera que confirmer ces dires. On ne s'improvise pas bâtisseur à 75 ans, qui plus est lorsqu'on a rien réalisé dans sa vie. C'est sans doute la raison, pour laquelle il veut rattraper le temps perdu, ne pouvant prendre une retraite qu'il n'a pas mérité.

 Je partage cet avis qu'il ne mérite pas une retraite (il faut avoir travaillé pour cela), mais dans mon esprit magnanime, et pour pasticher sa capacité à mendier, on peut lui consentir d'aller se reposer et de laisser à d'autres le soin de conduire le redressement du pays. Avec lui, la Guinée perd un temps précieux, et ce n'est pas, ce dont la jeunesse a besoin. Il est vrai que les décideurs sexagénaires et septuagénaires, n'ont pas les mêmes intérêts.

 

 Gandhi, citoyen guinéen

 

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au

moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours

sur la liberté de la presse, Mai 1791).