OIF, WAYMARK... le PNR à l'école de la propagande d'Alpha CONDÉ:
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- Mis à jour le dimanche 7 octobre 2012 13:07
- Publié le dimanche 7 octobre 2012 13:07
- Écrit par Boubacar Barros Diallo
Nos deux nouveaux « grands leaders » du Parti National pour le Renouveau, ne vont certainement pas réinventer la roue de la politique Guinéenne, avec cette recette éculée qui consiste à faire le plus de bruit possible même si on ne sait rien de ce dont on parle, mais il faut leur reconnaitre une certaine témérité depuis qu’ils ont chassé leur ancien ami et ministre d’État, Boubacar Barry. Et on ne peut pas dire qu'ils ne font que parler : MM. Bah Fisher (BF) et Lucien Guilao (LG) ont même réussi, à peine installés à la tête d'un comité de gestion du PNR, à se faire arrêter et libérer par leur « grand Alpha Condé (AC) » avant de profiter de « ses sages conseils » au début du mois d’Août dernier. Autre exploit : pour un parti qui avait été créé sur mesure (en 2009) pour le président de la junte, Dadis Camara, on peut dire que la reconversion en soutien du nouveau président se fait sans vergogne. Est-elle gratuite ? Preuve qu'ils sont inscrits à la bonne école : dans ses nombreux discours devant la presse, M. BF, nous livre toujours des perles si contradictoires qu'elles rappellent AC, leur « grand-maître du grand Kaloum » (pas d'amalgame avec une quelconque Loge Maçonnique, SVP). On reviendra sur les contradictions du PNR !
Parlons d'abord du panafricanisme opportuniste du Pro-faussaire et de ses maîtres créateurs :
On se rappelle qu'AC, ayant vécu presque 60 ans en France, a été élu sous le seau du panafricanisme et de la coopération sud-sud, entre autres théories populistes dont il n’a apparemment jamais compris l'essence. Président, ses premières décisions importantes furent d'attribuer le port autonome de Conakry à son ami Bolloré, de France ; de bazarder Simandou au groupe Rio Tinto, d’Australie (il a dû croire que ce pays étant au sud de l'Afrique, il n'y aurait pas de contradictions à son sud-sudisme); aux sages des coordinations régionales avec lesquelles il se vantait d'avoir signé des alliances pendant les présidentielles, AC le « président- panafricaniste-mendiant » préfère ses sages du Nord qui dirigent désormais les coordonnées régionales de ses multiples voyages à l'étranger .On peut citer :
- Elhadj Bernard Kouchner son « copain-jumeau », le bénévole qui est logé, nourrit, soûlé, et bien protégé par l'armée (les mauvaises langues disent qu'il est mieux gardé que la première dame, à Conakry) aux frais du « contribuable guinéen », qui disait récemment : «...pour nous, Alpha, représentait quelque chose, la FEANF représentait quelque chose. Et quand il a mis à son investiture, le slogan de la FEANF, il y avait que lui et moi qui comprenons le sens (rires). Les vieux chefs d’État étaient à la FEANF aussi...» (Un Français, seul dans « le secret » d'un chef d'indépendantistes africains, rien de nouveau donc). Pas surprenant que seul AC parle encore de cette fainéante FEANF (c'est tout ce qu'il peut mettre dans son CV) dont les résultats sur le terrain restent à démontrer à cause de l'infiltration dont elle a très tôt fait l'objet par des individus comme Kouchner, ses anciens camarades qui occupent (ou ont occupé) de sérieux emplois ou fonctions doivent avoir honte « du secret » pour en parler. Si le journaliste avait demandé à Kouchner : NOUS, c'est qui? je parie une tonne de bauxite qu'il aurait répondu « la France ». Et qu'est ce que la FEANF d'AC représentait pour NOUS ? Shut ! Pas de théorie du complot.
- Karamokho Georges Soros le milliardaire qui n’aime pas gratuitement AC, au point de chercher l’amitié et des garanties auprès de son principal opposant (Cellou Dalein Diallo);
- Thierno Tony Blair redevenu simple citoyen qui voudrait « gratuitement» offrir à l’Afrique ce qu’il n’a pas pu lui apporter quand il était premier ministre britannique.
- N'Tara Abdou Diouf, l’Africain bon teint chargé de vendre la France à ses frères,
- Tiens, le Joker, Al Waliou Walter Heining, propriétaire de Palladino, le sage qui avait prédit la victoire de son protégé au point de lui prêter 25 millions de $, qui devraient plus tard valoir de grosses parts dans les entreprises minières, est le seul sud-sudiste parmi les sages d'Alpha et « malheureusement » le seul à être tombé en disgrâce après avoir dévoilé « le secret » qui les liait.
Récemment, AC a dû renier Sékou Touré, dont il voulait tellement reprendre l'œuvre qu'il a promis de ramener la Guinée une génération en arrière. Cela n'a pas dû être du goût de ses maîtres qui sont plutôt pour le progrès et la croissance, porteuses de dividendes. Après avoir apprécié les nouvelles méthodes de travail qu'on lui a imposées, il s'est repenti de son péché d'idolâtrie panafricaniste en présence de TB (spécialement venu du nord pour l'occasion), en ces termes: « On vous dit : Sékou Touré recevait tout le monde, il écoutait tout le monde. C’est pourquoi il est resté vingt cinq ans au pouvoir ». Je dis oui, c’est pourquoi il n’a pas pu travailler, il n’a pas pu développer le pays... Et surtout, il (Tony Blair) m’a fait comprendre que c’est bien d’avoir une vision. Mais ce qui est important, c’est de mettre cette vision en pratique... Quand je dis qu’il faut rendre la ville propre, ... il faut que moi-même j’aille sur le terrain. Que j’ai une équipe sur le terrain. Voilà un peu ce qu’il m’apporte. Il n’a rien à avoir avec les sociétés minières.
Ces conseils reçus entre le 29 et 30 Juillet, ont été suivi à la lettre car à peine TTB rembarquait dans son avion que 5 révolutionnaires de la même famille qui exigeaient de se faire payer avant de se faire exploiter et voler leurs richesses, se faisaient assassiner (nettoyer) à Zowota dans la nuit du 3 au 4 Aout à 1h du matin. AC avait prévenu que « le président (sic!! Plutôt PM) Tony Blair n’a pas à s’occuper des contrats miniers...son problème c'est comment nous aider à avoir une meilleure capacité de négociation ». Mission accomplie avec « l'exemple » de Zowota, désormais toutes les minières savent qu'en Guinée personne n'osera s'attaquer à leurs installations. C'est sans surprise que le lendemain de ce massacre le gouvernement ne déplorait que la destruction des installations de la brésilienne VALE et martelait « respect de l'autorité de l'état » en réponse aux accusations d'assassinat. Un argument de taille à mettre sur la table de négociation donc : la « sécurité des investisseurs étrangers et de leurs biens » est assurée. AC n'a pas manqué de le rappeler à la fête de notre indépendance le 2 octobre dernier à Boké, en oubliant Sékou Touré, les compagnons et nombreux pères de notre indépendance ainsi que nos martyrs. Logiquement tous les PDGistes, nationalistes-indépendantistes, qui ont soutenu AC parce qu'il leur promettait de reprendre l'œuvre d'AST devraient se dissocier de sa politique, mais en Guinée il y a une autre logique à la logique elle-même. Passons!
La communication propagandiste : le mensonge et la contradiction:
Puisque c'est TTB qui est aussi chargé « de mieux présenter la Guinée à l’extérieur » (selon AC lui même), l'affaire de Zowota n'intéressera personne à l'étranger, aucun so called friend de la du peuple guinéen ne s'en indigne, aucune presse étrangère n'en parle, comme lorsqu' AC est entré en prison. D' abord, ils ont voulu recycler la technique qu'Elhadj Kouchner qui, de sa France natale (ou de la présidence guinéenne) avait constaté que les manifestants qui se font assassiner à Conakry étaient armés de mitrailleuses. Seul problème dans le cas de Zowota il fallait expliquer l'heure de l'assassinat qui ne correspondait à aucune manifestation. Ils durent opter pour le silence interactif comme celui que Martine Condé du CNC inflige aux médias guinéens : se taire et faire taire !
Pour mieux vendre son maître au peuple (c'est sa principale mission) AC dit : «quand j’étais en Malaisie, j’ai vu ce qu’il (TB) a apporté là-bas dans la réflexion, la programmation et pour l’avancée du pays. Les Malais même m’ont parlé de cela...» Gros mensonge ! Le boom économique Malais a débuté bien avant que TB ne songe même à devenir PM d'Angleterre. Ensuite on s'étonne que les Malaisiens soient aussi tendres envers ce dernier car c'est dans leur pays qu'il a été, avec Georges W. Bush, condamné par le Tribunal des Crimes de Guerre de Kuala Lumpur en 2011, pour l'invasion mensongère de l'IRAK de Saddam Hussein auquel ils reprochaient de détenir des armes alors qu'ils ne voulaient que son pétrole. Ce n'est donc pas la première fois qu'il ment et fait tuer un peuple avant de confisquer ses ressources naturelles. Après tout, selon AC lui-même, une des raisons pour lesquelles il (TB) a fait de la Guinée un de ses choix...c’est que la Guinée est l’un des pays africains qui a réellement les possibilités de devenir rapidement un pays émergent. Parce que nous avons des ressources minières mais, nous avons aussi une grande capacité agricole ». Amen! Là on comprend mieux les motivations de Blair : il faut que la Guinée redevienne vite un pays capable de verser de généreuses contributions à sa fondation afin qu'il aille exploiter un autre pays. On n'est pas très loin des retro-commissions et peut-être des raisons de l'atteinte du point d'achèvement de l'IPPTE.
Mais avant tout ça, pour donner un peu de crédibilité au panafricanisme d'AC on a fait circuler 2 vidéos propagandistes. Dans l'une, présentée comme une fuite de palais présidentiel, on voit le roitelet-nègre, autour d'un diner bien arrosé, traiter son copain-jumeau blanc, Kouchner, « de mauvais coucheur » et l'engueuler un peu avant de lui refiler le téléphone pour que ce dernier donne ses instructions à un ministre de la République de Guinée (péché impossible en France, mais rien ne choque la fierté du Guinéen). Pourtant, le cameraman qui a filmé le « diner de cons » à la présidence n'est pas difficile à identifier. Qui a intérêt à publier cette vidéo au risque de se faire nettoyer ? Dans l'autre vidéo, plus ancienne, on le voit dans une conférence, toujours en compagnie de son copain, remonté contre les occidentaux qui soutiennent les dictateurs africains. Paradoxalement, la plupart de ces derniers sont/étaient « ses propres amis » : il faisait la cour à Kadhafi le Libyen, bénéficiait du soutien de Blaise Compaoré du Burkina Faso, des Bongo du Gabon, D'Obiang Nguéma de la Guinée-Équatoriale dont le fils est réputé très proche d'AC fils (il parait que c'est désormais aux States que le premier fait découvrir au nouveau le bonheur d'être fils de président avec quelques millions de $, vu que Paris ne veut plus « d'officiel argent sale de rejetons présidentiels africains ». Il serait bien que la presse non-alimentaire s'y intéresse). Le point commun (et le subterfuge) entre ces deux publicités, que les médias se relaient sans se faire payer, est qu'on nous présente un AC marxiste-panafricaniste parlant à ses maîtres d'égal à égal. On reviendra sur la communication propagandiste et la manière dont il se sert des médias, même ceux qui lui sont hostiles.
Retour au PNR et son apprentissage de la propagande contradictoire : Le panafricanisme à deux centimes et la coopération sud-sud.
C'est dans la dernière conférence de presse du PNR que M. Bah Fisher (BF) montre les premiers symptômes des futures répercussions de « l'héritage idéologique » d'Alpha Condé. Il y étale toute l'étendue du savoir reçu directement du « grand-maître » des contradictions. Lisez plutôt sa démonstration:
«Le problème qui est là, c'est que la Sagem est du Nord (Europe) et Waymark du Sud(Afrique)... L’OIF (l'organisation internationale de la francophonie) demande à la SAGEM le transfert des donnés à Waymark. Est-ce que s’il y a 100 000 donnés, elle les transfèrera tous à la SAGEM ? C’est ce qui reste à savoir…Mais la SAGEM est de mauvaise foi parce que la réussite de Waymark représente pour elle, son décès en Afrique. Vu la coopération sud-sud qui est maintenant un concept…SAGEM qui a le monopole des élections fera tout pour boycotter Waymark qui est en émergence... Donc, il faut discréditer la société africaine parce qu'on ne veut pas de l’émergence de l'Afrique. Et nous au PNR, nous sommes africanistes, on lutte pour le panafricanisme ».
Monsieur a dû croire que l’OIF est une Organisation d'Africains de France à l’instar de la FEANF autrefois dirigée par son maître, au bord de la Seine. Il n'a pas tout à fait tord, mais passons ! Dans l'Article 1 de sa Charte disponible sur le site de l'OIF on peut lire: « La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les questions de politique intérieure ». Il serait bien qu'un jour BF, pour marquer le « renouveau », demande à N'Tara Abdou Diouf d'expliciter cet article. Notre néo-panafricaniste sait-il que l'OIF n'oserait jamais se mêler de politique en général, et d'élections en particulier en France, au Québec, en Suisse ou en Belgique ? Lorsqu'elle y est c'est pour des conférences culturelles, des spectacles et autres réjouissances à la gloire de la langue française. Elle se ferait mettre dehors dès qu'elle prononcerait les mots élections ou politique. Mais à qui fait-on la leçon? Aux panafricanistes !
BF devrait savoir que cette organisation n'est pas une association Mandén-Dix, qui complèterait la famille Fou, Pou et Tan (ceci n’est pas un cri de Taekwondo même si le ton s’y rapproche, il s’agit toujours de dix en 3 dialectes différents). Encore moins une « traitresse » FaranciDjallon qu'il pourrait éventuellement diriger. Pour s'en convaincre, il devrait lire les Objectifs et la Mission de l'OIF : outre le fait qu'il y est écrit « l’instauration et le développement de la démocratie » comme son premier objectif, ce n' est pas par pur hasard que sa première mission est : « promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique ». Preuve de promotion de la diversité linguistique : le Malien s'exprime en Français sur TV5 et doit Aimer Les Mots de Molière et Larousse s'il veut vendre son émission. Au 21eme siècle, et après les excès de la françafrique, on ne peut plus envoyer un René Caillé redécouvrir un autre Rio ou un missionnaire civiliser des nègres, encore moins un chef de comptoir nous offrir des pacotilles en échange de nos richesses. Il faut être prudent de nos jours : lorsque Bernard Kouchner se rend en Guinée, il ne doit pas dire qu’il est au service de sa patrie, la France, ou de ses propres poches comme au Gabon (qu'il a facturé des millions de $ pour un bout de papier alors qu'il était sponsorisé par des entreprises françaises: bouffer à tous les râteliers, le PNR doit en savoir quelque chose pour ne pas se faire blaguer de la sorte), officiellement c'est pour soutenir son frère jumeau de président et bâtir « gratuitement » un hôpital Mère-Enfant dont le financement a causé quelques soucis au « mécène-bénévole-docteur ». Mais, peut-on offrir ce qu'on n'a pas? Trouvez donc le changement...à Coronthie !
M. Guilao, « l'économiste », devrait pouvoir expliquer à son ami et collègue, panafricaniste qui s'exprime en français, que lorsqu' on veut vendre un pays (ses produits), on vend d'abord sa culture (sa langue). Et Qui, pour mieux vendre la France à l'Afrique en 2012 ? Comme agent commercial, elle nous envoie le Sénégalais Abdou Diouf, ancien président et toujours influent sur ses vieux camarade, capable de nous vendre dans un seul discours que « Le français est une chance » (normal, le Ouolof est invendable aux Français). C'est le secret de sa longévité au sommet de l'OIF. Ce n'est donc pas par ignorance que Paul Kagamé, pour réagir à l'émission de mandats d'arrêt français contre des officiels Rwandais, a retiré son pays de la francophonie; c'est aux intérêts de la France qu'il a voulu s'attaquer et non à l'Afrique française et ce n'est pas par hasard que la nouvelle mission de Diouf consiste à ramener Kagamé à la consommation francophonique: la France ne peut pas, économiquement, se permettre de perdre un de ses petits Africains, surtout pas un modèle de réussite comme le Rwanda.
Ceci dit, pour le Renouveau du Panafricanisme Nationaliste en Guinée, et pour marquer avec crédibilité « leur lutte » les leaders du Parti National pour le Renouveau oseraient-ils poser des questions à AC et ses nouveaux maîtres de la Guinée ? Demander à Kouchner qu' est-ce qu'il fabrique à Sékoutouréya qu'aucun nègre ne peut se permettre à l'Élysée ? À Blair, pourquoi l'affaire Zowota ne l'émeut pas ? Demander Abdou Diouf de retirer le nez de sa francophonie dans nos « sélections ». Ou alors, se cherchent-ils (PNR) leurs propres maitres (BSGR) en imitant leur superviseur AC dont ils bénéficient déjà des conseils ? On en reparlera !
Affaire à suivre donc, M. Bah Fisher, on reste ensemble jusqu'à....2020. Ce texte, c'est pour qu'on se souvienne de votre parcours politique. Inch' Allah !
PS: Petit clin d'œil à un rat de palais que je ne nommerais (pas de publicité gratuite) ; Merci de t'être assuré qu'Alphonse lit «l'homme» et internet. Bravo ! L'enfant de BC qui a «bouche déchirée jusqu'à Siguiri KA» remettra ça bientôt avec ses injures « façon Poisson pourrit »...Alphonse insulte bien nos parents à longueur de discours, on ne fait que lui renvoyer son éducation ...So Stay tuned my Liberian brother !
Le 07 Octobre 2012
Boubacar Barros Diallo
Un « Guinéen de l'étranger, enfant de l'AXE du Mal, secteur Bambéto-Cosa ».
Saloum Cissé (RPG,) dans l’euphorie du PPTE (ASB et SN Bokoum)
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- Mis à jour le samedi 6 octobre 2012 18:19
- Publié le samedi 6 octobre 2012 18:12
- Écrit par ASB
Le 5 octobre, à la Maison de la paresse, le secrétaire général du Rpg-Arc-en-ciel, Saloum Cissé a animé une conférence de presse. Objectif ? Parler du point d’achèvement du PPTE et de la Guinée qui amorce son indépendance économique pour se diriger vers les élections législatives transparentes et apaisées. Il a indiqué que la Guinée vient de lever un défi important, qui est l’annulation des 2/3 de la dette extérieure.
« Ce geste est dû à la bonne gouvernance économique et politique. C’est un satisfecit de la communauté financière internationale délivré au terme d’un parcours de combattant à un pays qui a fait des efforts pour instaurer des réformes en vue d’améliorer à court, moyen et long termes les conditions de vie des populations », dit Saloum Cissé.
Il a rappelé que la dette guinéenne qui s’élevait à 3,1 milliards de dollars, provient de la mal gouvernance des régimes précédents dont « la pratique se fondait sur la corruption, les détournements des derniers publics, de l’aide au développement avec des cadres véreux qui ne travaillaient plus pour l’Etat mais pour leur propre compte, dans une impunité totale ».
Selon le secrétaire général, l’annulation des 2/3 soit 66% de la dette guinéenne correspond à 40 ans de remboursement de la dette contractée par les anciens dirigeants du pays.
« L’obtention de ce programme est une levée d’hypothèque sur le développement national d’autant plus que la Guinée consacrait 70% de ses revenus au service de la dette » soutient-il. Pour lui, la Guinée n’avait plus d’amis parce que les comptes du pays n’étaient plus bons. Ce qui expliquerait et justifierait l’embargo économique et financier que les partenaires bi et multilatéraux avaient imposé à l’Etat guinéen pour cause de mal gouvernance. Saloum Cissé pense que l’annulation des dettes multilatérale implique aussi l’annulation des dettes bilatérales du pays, offrent de nouvelles opportunités d’emprunts pour la relance économique de la Guinée.
« En un mot, c’est un nouveau départ pour la Guinée. C’est l’amorce de l’indépendance économique vers la Guinée émergente ».
Toutefois, Saloum Cissé regrette d’entendre certains qui donnent une appréciation mitigée au premier né du chef de l’Etat qui est le PPTE. Pour lui, face aux revendications politiques que l’Opposition guinéenne a faites, Alpha Condé pour préserver l’ordre public, l’intérêt général et l’unité nationale a accepté d’accéder à celles qui semblent majeures, soit par la loi soit par le compromis. Il estime que les Guinéens doivent agir dans l’intérêt supérieur de la nation pour la mise en place rapide de la nouvelle CENI.
« Nous tendons la main à tous nos compatriotes épris de paix et soucieux de l’intérêt général et de l’unité nationale, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur, en leur demandant d’aplanir les querelles intestines qui les opposent, et de mettre au devant, les grandes préoccupations de développement et de consolidation de l’Etat de droit qui devraient les rassembler en vu de l’édification d’une Guinée nouvelle émergente », a conclu le chef (intérimaire) du RPG, M. Saloum Cissé.
ASB
Nous n’aurons pas mérité de leur mort si nous sommes incapables de libérer ce pays de la dictature. (Lansana Kouyaté)
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- Mis à jour le dimanche 30 septembre 2012 15:56
- Publié le samedi 29 septembre 2012 16:18
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Ici, s’arrête l’action physique de deux de nos concitoyens et militants mais continue l’action de nous autres. Nous ne venons pas ici pour enterrer seulement mais nous voulons donner espoir pour que leur combat soit atteint. Nous serons indignes si nous n’atteignons pas la vraie liberté et la vraie démocratie. Nous n’aurons pas mérité de leur mort et de leur sacrifice ultime, si nous sommes incapables de libérer ce pays de la dictature.
Le combat n’est pas pour être président. Quiconque est président dans ce pays doit suivre la volonté du peuple par le respect de la démocratie. Soyez sereins déterminés et courageux. Le 27 Août, c’est nous qui étions en danger parce que tout pouvait arriver ce jour-là. On serait passés de vie à trépas mais le Bon Dieu nous a protégés.
Nous souhaitons que dans l’unité d’action, la concorde, la paix et la détermination nous atteignions la liberté, la liberté d’expression, la liberté de choix de responsables, la liberté de vote, la transparence des élections et la liberté tout court. Je voudrais m’adresser à vous jeunes, ce combat s’adresse à vous. Il ne doit pas être mené à votre place. Ensemble, nous devons le mener pour que votre avenir soit brillant demain. Que vous respiriez l’air que nous n’avons pas connu. Que vous ne souffriez pas les souffrances que nous avons connues.
Vous n’êtes pas venus enterrer un Peul mais des combattants de la liberté. Inutile de penser aux ethnies, il n’y a que le Guinéen qui compte. Merci d’être venus nombreux pour enterrer nos deux frères. Soyez tous prêts à laisser des nôtres pour d’autres
Annulation de dette, un cadeau empoisonné ? (Gandhi, Opinion)
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- Mis à jour le jeudi 4 octobre 2012 00:47
- Publié le jeudi 4 octobre 2012 00:47
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Une joie normale, mais disproportionnée
Kerfalla Yansané n'a même pas honte lorsqu'il affirme que : « en Juillet 2012, les émissaires du FMI sont venus à Conakry,... ils ont vu… qu'il y a eu d'énormes progrès : sur le plan du déficit du budget, de l'inflation, du recours à la planche à billets, recours qui a été pratiquement supprimé ».
Qui était le Ministre de l'Économie sous la transition, celui qui a fait marcher la planche à billets comme jamais, à tel point que cette période a été – à juste titre – qualifiée de plus catastrophique depuis 50 ans ?
Si la Guinée a pu remplir les critères, c'est parce qu'ils ont été sérieusement allégés (par des dérogations étant donné que certains critères ne pouvaient pas être atteints dans les délais), et ce n'est pas, contrairement aux déclarations, le résultat d'un effort ou d'une gestion économique et financière exemplaire (seuls des pays en guerre ou sous tension permanente n'ont pas atteint le point d'achèvement aujourd'hui). On veut permettre à la Guinée de passer à autre chose, et il faut malgré tout s'en réjouir.
On peut imaginer que le deal entre le FMI et la Guinée, a consisté à ne pas dépenser les ressources exceptionnelles (au sens de ponctuelles) que constituaient les 700 millions de $ de Rio Tinto, des ressources propres (non remboursables), ce qui permettait de restaurer partiellement les grands équilibres macro-économiques, et surtout la stabilité financière.
Même si c'est l'arbre qui cache la forêt, on doit se réjouir tout de même que la Guinée, donc sa population, n'ait pas à rembourser des sommes, dont on ignore à quoi elles ont servi. C'est comme si on avait effacé les dettes de la deuxième république, et qu'on était revenu à la dette de la Guinée sous la première république. Alpha Condé voulait revenir 50 ans en arrière, il y réussit par ce biais, mais le plus dur reste à venir, car tous les pays ayant bénéficié d'allègements en ont profité pour se ré-endetter, mais sans investir dans le secteur productif.
Alpha Condé va donc continuer à financer 0,5% de la population (son armée) via 30 à 50% du budget, car ces charges là n'ont pas diminué avec l'IPPTE, et comme la situation macro-économique n'est guère reluisante (seule la situation financière s'est améliorée et ce n'est pas la même chose), cela promet des lendemains qui déchantent.
Quelques rappels souvent occultés
Les institutions de Brettons Wood ont reconnu par le passé, non seulement l'inefficacité de l'initiative PPTE, mais également leur responsabilité dans cet échec. Malgré les quelques milliards de dollars de créances effectivement effacés, différentes études ont renforcé l'idée que l'initiative PPTE avait été créée par les créanciers, pour les créanciers, dans le seul but de rendre les pays concernés solvables, c'est-à-dire à leur permettre de pouvoir rembourser les créances qui peuvent l'être. Tony Blair lui-même, lorsqu'il présidait la Commission pour l'Afrique, estimait que l'initiative PPTE « était destinée à faire passer la dette d'un niveau insoutenable à un niveau soutenable ». Il ajoutait que « le monde développé devait admettre que, dans les cas où la dette ne pourrait jamais être remboursée, l'allègement ne fait qu'alléger le créancier d'une dette imaginaire ».
La philosophie de l'initiative PPTE s'inscrit donc dans cette logique, ce qui explique qu'elle n'ait pour l'essentiel effacé que des créances « impayables ».
Afin qu'une annulation de dette ait un impact financier significatif pour le pays concerné, deux conditions cumulatives doivent être réunies :
- d'une part, l'annulation doit porter sur des créances « fortes », qui étaient effectivement remboursées. Si, comme dans le cas de l'initiative PPTE, l'allègement porte sur des créances « décotées », dont la valeur marchande avoisinerait au mieux le quart de la valeur faciale, l'impact financier réel en est réduit d'autant. Je n'ai trouvé nulle part, l'évaluation de la valeur réelle de la dette guinéenne. En revanche, on sait que la Guinée ne remboursait pas sa dette, bien avant 2008.
- d'autre part, les annulations de dettes doivent être additionnelles à l'aide publique au développement (APD), autrement dit, elles ne doivent pas s'y substituer. On verra dans l'avenir, ce qu'il en est, mais avec la crise, il est clair que les principaux créanciers diminuent leur APD.
Il suffit de regarder le devenir de certains voisins qui l'ont obtenu (Guinée Bissau, Mali, Sierra Leone et Liberia par exemple), pour se rendre compte que la vie ne deviendra pas rose, contrairement aux promesses.
Une fois ces préalables rappelés, qu'en est-il concrètement de la dette guinéenne ?
Avec l'atteinte du point d'achèvement de l'IPPTE pour la Guinée, cela permet un allègement significatif de sa dette, c'est-à-dire les 2/3 de sa dette (soit 2,1 milliards sur les 3,4 milliards de $).
Mais le point d'achèvement ne résout pas, par un coup de baguette magique, tous les problèmes économiques et financiers de la Guinée. Cela ne se traduit pas par une trésorerie excédentaire, mais devrait simplement permettre d'affecter théoriquement ces ressources non plus affectées au remboursement de la dette (170 millions de $), à des investissements.
Mais c'est là où le bât blesse, car compte-tenu de la situation guinéenne et paradoxalement, cela risque de poser davantage de problèmes au régime d'Alpha Condé, que cela ne va en résoudre. En effet, la Guinée remboursait théoriquement 170 millions de $ annuels (soit un tiers de ses dépenses courantes), contre 49 demain. L'ennui, c'est que depuis 2008 (et avant même), la Guinée avait suspendu ses remboursements, de sorte qu'elle ne remboursait rien, y compris depuis 2010. Alpha Condé qui parle de situation financière rigoureuse, va donc devoir le prouver maintenant.
Concrètement imaginez un budget en déficit chronique, mais qui va devoir augmenter ses dépenses de 49 millions de $ annuels (puisque les 170 millions n'existaient pas), car on imagine mal en effet, que la Guinée « allégée » ne puisse pas rembourser ses dettes !!! C'était même le but de cet allègement, comme indiqué précédemment, et le FMI va y veiller comme le lait sur le feu.
Paradoxe de l'allègement, l'endettement à long terme va donc diminuer drastiquement (moins deux milliards de $), mais l'endettement à court terme (la trésorerie) va s'accroître de manière significative (plus 50 millions de $). C'est l'effet boomerang, et il tarde de voir comment Alpha Condé va gérer cette nouvelle situation, car les dépenses fixes (30 à 50% du budget pour 0,5% de la population) sont toujours là. Et on ne mobilise pas les gens en leur demandant de se serrer la ceinture...
Il faut cesser les fausses promesses et les fausses surprises
Alpha Condé a donc tort de faire encore des promesses, alors qu'il sait (je l'espère pour lui) qu'il ne pourra pas les tenir. En effet, il indique que : « cette somme de 2,1 milliards de $, ainsi épargnés seront réinjectés dans les secteurs prioritaires tels que les infrastructures, la santé, l'éducation, le développement rural et la gouvernance ».
Je demande donc solennellement à notre « professeur » de nous faire l'explication de sa proposition. En effet, si l'on disposait des 2,1 milliards, nous aurions pu rembourser notre dette. Autrement dit, comment investir une somme que nous ne possédons pas ?
D'autant que le coût de l'annulation s'étale sur plusieurs dizaines d'années, concernant la BAD et la Banque mondiale, dont les prêts à taux concessionnel sont remboursés sur des échéances très longues (jusqu'à 2054 pour la BAD par exemple). L'annulation des créances du FMI en revanche, prend effet immédiatement.
Cette annulation de dettes, va dans l'immédiat permettre à la Guinée de pouvoir s'endetter de nouveau pour financer son développement.
L'opposition (société civile notamment) doit donc clairement faire savoir aux financiers internationaux (FMI, Banque mondiale, Chine ou autres) que les détournements éventuels ne seront pas remboursés à l'avenir. En effet, selon Transparency International, la Guinée reste le pays le plus corrompu de l'Afrique de l'Ouest.
Or Alpha Condé ose prétendre que : « maintenant, quand nous allons nous endetter, ça sera transparent et tout le peuple saura ce qu'on doit en faire ».
Il oublie que des explications sérieuses sur les prêts Palladino, Angola, Congo, CIF et tutti quanti, ne nous ont pas été donnés. On peut penser en effet que ces différents prêts obtenus ici et là, avaient pour garantie ces 700 millions de $.
De toute façon, lorsque l'esprit de rente prime sur l'esprit d'entreprise, on a rien à attendre de ce régime.
Enfin le gouvernement a annoncé une augmentation du pouvoir d'achat des fonctionnaires de 10% à partir du 1er Octobre. On est loin des 200% réclamés !!! Même si cela est irréaliste, sauf à diminuer la fonction publique de 50%. Comme les syndicalistes savent compter (je l'espère pour eux), cela signifie qu'avec une augmentation nominale de 10%, ils perdent en réalité 5% l'an, vu que l'inflation atteint environ 15%.
Là encore des promesses de ce genre n'augurent rien de bon pour la suite...
Gandhi, citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).
Funérailles avec tirs à balles réelles : un jeune serait atteint à la poitrine
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- Catégorie : Politique
- Mis à jour le vendredi 28 septembre 2012 19:56
- Publié le vendredi 28 septembre 2012 19:56
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum

Tout avait bien commencé, si l’on peut dire. Procession pacifique jusqu’à la levée de cœur, prière à la mosquée. Parcours pacifique jusqu’à la mise en terre. Mais il fallait se quitter. Se disperser. Et ce qui devait arriver, qui n’a pas été anticipé, arriva. En effet, les suppliciés n’habitaient les beaux quartiers, il fallait bien emprunter l’Axe du Bien et ou du Mal. Cela dépend d’où l’on parle, depuis le Palais ou depuis une entré-coucher du « Golfe persique ». Bref, une fois envolé le voile du sacré qui entoure ce genre de rituel imposant le calme aux cœurs les plus gonflés d’amertume, eh bien il faut bien rejoindre ces quartiers où l’on tue trop facilement et où l’on vous presse d’enterrer vos morts presque à la sauvette. Mais quand l’enterrement connaît les grands rassemblements comme ces marches, les cordons de sécurités lâchés, eh bien la colère explose, surtout si l’on doit subir le regard non repenti des flingueurs.
Et que pendant l'enterrement on entende des tirs !
Bref, « on » a lancé des cailloux, « on » a répliqué avec des cailloux, puis aves des gaz lacrymogènes. Il y aurait même eu des tirs au moment de l'enterrement, et cela continue encore. Tirs à balles réelles, gaz lacrymogènes seulement ? Un jeune serait atteint à la poitrine.
Les gaz ne font pas de trou à la poitrine.
L’Axe du bien et ou du Mal est devenu infréquentable depuis quelques heures. Les boutiques ont fermé avant l’heure.
Le Golfe ressemble cette fin d’après-midi de ce 28 Septembre des damnés, à un « cimetière sous la lune ».
Erasmos et SN Bokoum
