A Conakry, le pouvoir opte pour le « Gbagboisme »

Il était une fois un Président ivoirien du nom de Laurent Gbagbo. Il était un « opposant historique » comme un certain Président de la République de Guinée. Il était arrivé au pouvoir à travers des élections non transparentes et non crédibles. Ainsi convaincu dès le premier jour que les élections dont il venait de sortir vainqueur n’étaient pas sérieuses et sachant qu’il ne gagnerait aucune élection d’ailleurs en Côte d’Ivoire pour peu que les choses se déroulent de manière transparente et crédible, il opta pour le Gbagboisme.

Le Gbagboisme est une doctrine qui consiste à créer le chaos aussi longtemps que nécessaire pour éviter d’organiser des élections transparentes et crédibles, sachant qu’elles seront perdues par le détenteur du pouvoir. Cette doctrine a permis à Laurent Gbagbo de rester au pouvoir pendant dix ans à la tête d’une Côte d’Ivoire déchirée. Le jour qu’il a été obligé d’organiser les élections crédibles et transparentes, il les a perdues et, les jours suivants, il a rejoint son ami Charles Taylor à la Haye.

A Conakry, un certain Président de la République, élu dans les conditions presque similaires à celles de la Côte d’Ivoire, est sur la voie de rejoindre ses amis Charles et Laurent en optant lui aussi pour le Gbagboisme. La répétition des incidents provoqués par le pouvoir de Conakry montre clairement l’intention de créer le chaos pour faire oublier les élections législatives. On se rappelle l’assassinat de six citoyens endormis à Zowota dans la nuit du 3 au 4 août 2012, sur la base des accusations douteuses. On se rappelle la tentative d’assassinat des trois anciens premiers ministres (Sidya Touré, Lansana Kouyaté et Cellou Dalein Diallo) lors de la manifestation empêchée du 27 août 2012. Maintenant nous vivons des violences présentées machiavéliquement comme étant inte-rethniques, après la marche pacifique réussie de l’Opposition.

Il faut avoir le courage de reconnaitre que la marche de l’Opposition du 20 septembre 2012, a été un revers on ne peut plus clair pour le camp présidentiel. La vérité s’est présentée à ce camp sous le meilleur angle. C’est un réveil brutal qui a provoqué la colère des tenants du pouvoir.

Devant la vérité qui se présente d’une manière “pesse” comme ce fut le cas, certaines âmes faibles perdent généralement le Nord. Elles perdent le contrôle de leur tempérament. En effet, les violences du vendredi 21 et samedi 22 septembre 2012, que nous condamnons avec la dernière énergie, ne sont que la conséquence d’une perte de contrôle de leurs nerfs par les membres du camp en face de l’opposition. Encore une fois, le peuple de Guinée a été endeuillé. Notre compatriote, Alpha Amadou Barry de Tombolia, à la fleur de l’âge (25 ans), a perdu la vie. Nous présentons nos condoléances les plus attristées à la famille éplorée et au peuple de Guinée. Beaucoup d’autres compatriotes ont perdu leurs biens. Nous compatissons à la douleur de tous.

Pour revenir à la marche du 20 septembre 2012, il faut dire qu’elle a été un grand revers pour le Pouvoir et ses supporters. Ceux-ci n’ont pas pu digérer le démenti le plus clair de toutes leurs contre-vérités qu’ils ont pris le grand plaisir d’affirmer pendant presque deux longues années.

Passons en revue certaines affirmations :

  1. 1.L’affirmation par le Président de la République en octobre 2011 que « … dans six mois il n’y aura plus d’opposition en Guiné » a été démentie. L’Opposition est devenue, depuis, plus forte encore.
  2. 2.L’affirmation que l’Opposition ne peut pas mobiliser sur l’Autoroute Fidel Castro sauf sur l’axe de Bambeto-Hamdallaye, sur la Route le Prince, a été démentie. Comme chaque autre mètre carré de la Guinée, l’Autoroute Fidel Castro fait partie de la République. L’Opposition guinéenne est capable, comme elle l’a démontré, de mobiliser partout sur le territoire national.
  3. 3.L’affirmation selon laquelle la marche est synonyme de violence a été démentie. Comme nous l’avons toujours dit d’ailleurs, si la marche était un acte violent, elle ne serait pas consacrée comme un droit pour tous les citoyens dans la Constitution guinéenne.
  4. 4.L’affirmation selon laquelle les Partis d’opposition usent de la violence à travers leurs manifestations a été démentie. Des centaines de milliers de personnes dans les rues de Conakry, toute la journée du 20 septembre, n’ont attaqué personne et n’ont endommagé aucun bien; cela malgré les provocations faites par les loubards du Pouvoir dans les environs de Madina et de la Casse.
  5. 5.L’affirmation selon laquelle l’Opposition est décriée en Guinée au point que la population a voulu la lyncher le 27 août 2012, d’où « la» (?, ndlr) que lui aurait gracieusement assurée le Pouvoir, a été démentie. Une Opposition décriée ne peut mobiliser, juste quelques semaines après, des centaines de milliers de personnes dans les rues de la Capitale.
  6. 6. L’affirmation selon laquelle les forces de sécurité sont naturellement violentes en Guinée parce que mal formées a été démentie. Comme l’Opposition l’a toujours affirmé d’ailleurs, les forces de l’ordre ne tirent sur les manifestants pacifiques que si elles reçoivent les ordres. Ce démenti situe en même temps l’origine du mal guinéen: le pouvoir. Chaque fois qu’un Guinéen a perdu la vie dans l’exercice de son droit constitutionnel de manifester, c’est le pouvoir qui (en) est l’auteur et le commanditaire. Les exemples sont nombreux : 1) le 3 avril 2011 Zakaria Diallo a été tué ; 2) le 27 septembre 2011, lors de la marche réprimée de l’Opposition, six compatriotes ont été tués par les forces de l’ordre ; 3) Thierno Soufiana Dialllo, torturé, a été privé de soins à la Maison Centrale jusqu’à ce que mort s’en suive ; 4) deux compatriotes ont perdu la vie à Saoro pour avoir demandé qu’on leur permette de cultiver les plantations familiales d’Hévéa et de Palmiers à huile au lieu de leur enlever leur terre ; 5) un chauffeur de taxi, en provenance de Labé, a été assassiné à Mamou, six citoyens endormis ont été massacrés à Zowota, etc.

Nous nous empruntons la pensée du pasteur américain, Dr. Martin Luther King, Jr., pour lancer un appel au Pouvoir de changer d’objectifs et de méthodes. En effet, selon Dr. Martin Luther King, Jr., « Si on dit que le Pouvoir est la capacité à changer les choses ou la capacité à réussir ses objectifs, alors ce n'est pas le Pouvoir que de s'engager dans un acte qui n'accomplit pas cela : et ceci quel que soit le bruit que vous fassiez et le nombre de choses que vous brûliez. »

Et le pire du non pouvoir est d’user la violence. Car la violence engendre la chose même qu'elle cherche à détruire : le mal. La violence multiplie le mal. Ce n’est pas la haine qui peut chasser la haine; c’est l’amour. Donc le non pouvoir que nous vivons aujourd’hui en Guinée ne fait que semer la haine, la multiplier.

Nous terminons en disant au peuple de Guinée de redoubler de courage et de vigilance. Toute la violence exercée sur vous vise à vous décourager de continuer le noble combat pour la démocratie et l’Etat de droit en République de Guinée. Il n’existe pas de haine naturelle entre les ethnies guinéennes. Il n’y a que le Pouvoir qui multiplie des actes de violences sur le peuple. Nous invitons le peuple à rester mobilisé et à poursuivre le combat.

Faya Millimono

Marche, Fodé Oussou Fofafana réagit

Je voudrais dire au Gouverneur Resco, que la paix n’est pas un mot, mais plutôt un comportement et je lui en ferai la démonstration dès mon arrivée à Conakry.

Je tiens à remercier très sincèrement l'ensemble des militants et leaders de l'ADP et du Collectif ,ainsi que tous les Guinéens épris de paix et de justice, pour cette marche historique du 20 septembre, que j'appelle avec beaucoup de fierté, la marche pour la liberté ,la justice et la Démocratie dans notre cher pays, la Guinée.

Je suis profondément déçu et choqué, par cette injustice qui consiste a encourager les militants du RPG qui sont a la Casse a Kénien, et envoyer des forces de l'ordre sur l'axe HAMDALLAYE -Bambéto -Cosa pour tirer à balles réelles et jeter des gaz lacrymogènes sur ces paisibles citoyens, Comme si ceux-ci ne sont pas des Guinéens.

Nous demandons que les auteurs des crimes commis depuis l'arrivée de Monsieur Alpha Condé au pouvoir soient punis conformément à la loi.

Levons nous tous pour me demander justice pour nos frères tués par les forces de l’ordre.
Les manifestations doivent continuer jusqu'à ce que M. Alpha Condé et son gouvernement comprennent que nous sommes des êtres humains, et pas des animaux.
Nous devons refuser de participer à une mascarade d'élections et exiger du gouvernement le respect de la dignité humaine.

Je propose qu'on fasse de tous les jeudis et sur toute l'étendue du territoire national, Journée de la lutte contre la dictature, l'arbitraire, l'injustice et l'exclusion dans notre cher pays .


Peuple de Guinée et institutions de notre pays, si vous restez neutres devant cette injustice et cette dictature, vous aurez pris cause et effet pour le gouvernement de M. Alpha Condé

Il y a un adage qui dit clairement que :

Qui ne dit rien consent

Que tu sois Malinké, Peulh, Sousou ou Forestier, donnons-nous la main pour une Guinée meilleure et fraternelle et disons non a cette politique de la division et de l'exclusion !

Je voudrais dire a monsieur Resco, gouverneur de la ville de Conakry, que la paix n’est pas un mot, mais plutôt un comportement et je lui ferais la Démonstration dès mon arrivée à Conakry.

A bas l'injustice

A bas la dictature !
A bas l'exclusion !
A bas la démagogie et le mensonge !
Vive la Guinée unie et prospère !

Dr Fode Oussou FOFANA
Vice-président, chargé des affaires sociales et juridiques depuis Paris

Déclaration solennelle du Président

Propos captés au vol

L’heure est grave..

Les violences n’ont qu’un but : paniquer les populations par des provocations, semer des troubles, compromettre la paix, effrayer les bailleurs de fonds, faire fuir les investisseurs..

Distraire le Pouvoir dans des réactions susceptibles de compromettre les perspectives d’atteinte PPTE, etc. etc.

Que ceux qui veulent marcher qui veulent marcher, marchent, mais..

La paix, j’y veillerai..

Etc.

Suit une déclaration d’Alassane Condé qui, par un déplacement malhabile, situe les violences de ce matin 21, le 20 septembre, jour de la marche autorisée, et donc s’il y a violences un jour après, c’est la faute .. au droit de marcher !

Les blessés ? Il y en a plein et on ne déplore que les blessés des forces de l’ordre.

Ce mensonge n’est pas de nature à assurer le succès des engagements du Président une minute avant :

Marcher oui, mais dans la paix, que je m’engage à défendre.

C’étaient des propos apaisants. Mais son ministre est un haut-parleur qui ne donne que des échos déformants, voire provocateurs.

L’heure est assurément grave.

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum

La manifestation du 20 septembre 2012 : LE DESAVEU LE PLUS COMPLET POUR ALPHA CONDE

La journée d'hier 21 septembre 2012 a été particulièrement violente dans certains quartiers de Conakry. Il est difficile à l'heure actuelle de dresser un bilan exact des décès et des blessés. Exaspérés par la brillante et massive mobilisation pacifique de la population de Conakry la veille, des éléments du RPG-arc-en-ciel s'attaquèrent aux concessions de familles peules à Mafanco, à la SIG Madina dans la commune de Matam et également à la Tannerie à Matoto. Ces incidents ne sont pas fortuits et correspondent exactement à la méthode et à la stratégie employées entre les deux tours des élections présidentielles de 2010. Encadrées et discrètement épaulées par des éléments des forces de l'ordre, des nervis agressent, pillent des citoyens ethniquement ciblés. Ce fut le cas à Siguiri et à Kouroussa au mois d'octobre 2010 où prés de 30 milles peuls furent chassés de cette partie de la Haute-Guinée.
Ayant perdu son sang-froid, la gouvernance d'Alpha Condé réédite les mêmes provocations meurtrières avec le risque d'une déflagration généralisée. Pour elle, la mobilisation monstre du 20 septembre loin d'être seulement une manifestation pour réclamer la transparence dans l'organisation du processus électoral pour les législatives est un désaveu complet de son pouvoir. Par conséquent il faut étouffer dans l’ouf cette contestation qui surgit du fait de « l 'autorisation de manifester » que son gouvernement à « accorder». C'est ainsi que les forces de l'ordre sont entrées dans les quartiers de Bambeto et de Bomboly pour semer la mort et la désolation. Comme à Zogota, il faut terroriser la population pour l'amener à être docile.
En même temps, effrayé par la nature massive et sans caractéristique ethnique particulière, M. Alpha CONDE ressuscite le spectre de la haine ethnique pour diviser les citoyens guinéens. L'utilisation de la violence et l'instrumentalisation des groupes ethniques sont congénitalement liées aux méthodes d'Alpha CONDE. Son acceptation de la recomposition paritaire de la C ENI, et sa volonté de maintenir vaille que vaille WayMark en s'adossant sur l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) sont des opérations de communication pour séduire une Communauté Internationale septique à son égard.
La journée du 21 septembre 2012 à Conakry, illustre ce que fera Alpha CONDE sur une vaste échelle lorsque la situation évoluera défavorablement pour son pouvoir. L'OIF doit en tirer les enseignements pour éviter d'être associée à une dérive sanguinaire. Il est illusoire de penser que la gouvernance actuelle pourra organiser des élections crédibles en République de Guinée. Les viols répétés de la Constitution, le recours systématique à la violence et à l'intimidation pour régler des contradictions nationales internes, et le mépris affiché à l'égard de tous les citoyens guinéens constituent des attitudes permanentes.
C'est ce que la foule nombreuse et ethniquement bigarrée a compris le 20 septembre 2012 pour braver la pluie et profiter d'un instant de liberté octroyée pour signifier à Alpha CONDE : « le désaveu le plus complet !!». Le combat pour la démocratie et la liberté est en marche en Guinée !
Le 22 septembre 2012

BAH Oury
1er Vice- Président de l'UFDG

Le Collectif et l'ADP dans la perspective d'une nouvelle marche sur la route Fidel Castro

Les principaux leaders des Partis composants ces deux blocs étaient de nouveau ce Lundi devant les hommes de médias à la Maison de la presse de Lansebounyi à Coléah pour rendre publique leur position face à l'actualité politique en Guinée. Si plusieurs sujets étaient à l'ordre du jour, les questions liées à la représentation de l'Opposition paritaire et la marche programmée du 20 Septembre prochain ont ravi la vedette aux autres sujets.

Depuis l'annonce d'une recomposition paritaire de la CENI, un bras de faire entre « Le Bloc de l'Opposition Constructive BOC et l'aile dure de l'Opposition guinéenne regroupée au sein du Collectif et de l'ADP sur les quotas de représentativité reconnus l'Opposition. Le BOC qui se réclame centriste, exige une répartition paritaire tandis qu’ADP et Collectif estiment que les dix places leur reviennent, estimant que les concessions obtenues sont le fruit et les sacrifices consentis par leurs militants. Face à cette nouvelle crise qui risque de ce greffer aux précédentes, les deux blocs étaient face à la presse pour dit-on dénoncer les manœuvres ficelées selon eux par le Pouvoir en place.


Le porte-parole des deux blocs, Aboubaca Sylla, sur la question de la recomposition de la CENI s'est montré catégorique » :

Nous n'accepterons pas que parmi les 10 places affectées à l'Opposition, qu'ont vienne diluer notre quota. Le moment venu, nous donnerons la liste de nos 10 représentants ».

D'autres questions, notamment le renvoi de Waymark et la confirmation de la marche prévue le 20 Septembre prochain sur la route Fidel Castro ont été abordés. Ceux qui pensaient que l'horizon politique s’éclaircissait depuis quelques jours sont avertis, car les deux blocs estiment que des points importants de leurs revendications ne sont toujours pas satisfaits.

Erapmos