Déclaration de Bah Oury

Mobilisation pour exiger le départ d'Alpha CONDE

La journée d'aujourd'hui a montré que la gouvernance d'Alpha CONDE n'a plus comme seule alternative que l'utilisation de la répression et la violence sur des populations qui ne demandent que « l'application et le respect des lois de la République ». Des arrestations et des blessés graves sont signalés. En faisant croire dans un communiqué que le Gouvernement a accepté la proposition du CNT de procéder à un remaniement partiel de la CENI,le pouvoir a un triple objectifs:

· faire un supposé geste d'ouverture à l'égard de la communauté internationale en s'abritant derrière « les institutions républicaines » qui lui sont inféodées

· le CNT en légiférant sur la proposition de loi du gouvernement de facto va rendre caduque la disposition légale qui fixe la fin du mandat des membres de la CENI actuelle au mois d'octobre 2012

· faire avaler la couleuvre à l'opposition pour faire croire à une acceptation d'une partie de ses revendications.

Ainsi la gouvernance d'Alpha CONDE veut coûte que coûte se servir de Waymark pour d'une part, procéder à un recensement électoral de la population ( ce qui est une violation du code électoral du pays), et d'autre part, élaborer un nouveau fichier électoral pour servir sa cause. Dans ces conditions, les élections législatives ne seront ni crédibles, ni libres, ni transparentes et ni équitables. A coup sûr, elles plongeront la Guinée dans une crise politique encore plus aiguë.

La revendication de l'opposition appelant à une marche pour exiger l'instauration d'un dialogue politique en Guinée est louable mais deux ans après le second tour de l'élection présidentielle, le régime d'Alpha CONDE a montré ses limites et son goût pour la répression, la violence politique et le mépris des règles de droit consacrées par la constitution du pays. En définitive ce qui est à l'ordre du jour est :

 

« la mobilisation pour exiger le départ d'Alpha CONDE ».

C'est ce qui sauvera le pays d'une dictature féroce et d'une déstabilisation généralisée. Le temps d'un sursaut national salvateur est venu.

BAH Oury

1er Vice-Président de l'UFDG

Une seule voie pour sortir de la crise : le peuple debout pour mettre fin à la dictature

Cette dictature qui avait commencé dès 1956, voire 1954 quand le RDA voulait en découdre déjà avec certaines communautés, sous le regard torve du Colon blanc en embuscade dans son palais du gouvernorat, s'est consolidée en 1958-1961 pendant 26 ans. Quelque peu mollassonne, elle a enfilé la tunique sanglante de l'École guinéenne, idéologue du système prédateur de Conté, suivi de la verve facho-populiste de Dadis, qui céda avec la balle de Toumba le témoin à la transition incertaine deKonaté, qui se poursuivit complice et cupide, avec Jean-Marie Doré, devenu premier ministre, en vérité marionnette du chef de la nouvelle dictature en marche au sommet de l'État.

Au moment où j'écris, toutes les griffes d'aciers de ce monstre sont sorties, et prêtes à déchirer le voile fragile d'un pseudo gouvernement civil issu des urnes d'un scrutin de mascarade. Aujourd'hui, l'heure n'est plus au dialogue incantatoire pour des élections qui ne seront jamais libres, encore moins crédibles tant qu'Alpha Condé ne sera pas chassé de son trône, voire de la Guinée. Car sa patrie est la même que celle de Gbagbo, Charles Taylor, depuis que son système a permis Zoghota.

Je fais un pari que je souhaite perdre : d'ici la fin de cette journée, il aura fini de prouver qu'il est la contradiction principale à laquelle est confronté le peuple de Guinée qui devra se résoudre à le chasser avant toute autre solution illusoire de compromis.

L'arrestation hier 26 août, de jeunes responsables de l'UFDG et du  fils de son président Cellou Dalein Diallo, n'est pas la plus grande félonie qu'un président civil puisse commettre pour empêcher une marche pacifique. Cependant, cet acte est éminemment symbolique qui prouve que le dialogue et la négociation avec ce pouvoir sont forclos.

Salimâfo !

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum

NB dernière minute : depuis ce matin, des manifestions de femmes, télécommandées par la mairie de Dixinn alias le Pouvoir, sèment la confusion en prétextant honorer le 27 août 1977. Les leaders réunis chez Cellou, ont dû fuir cette mamaya télécommandée pour se retrouver chez Kouyaté. Mais flairant le risque d'y être bloqués, ils ne s'y sont pas rendus. En effet ce dernier s'y trouve bloqué, alors que le domicile de Cellou est cerné par les forces du désordre, bloque ainsi la sortie des personnes qui s'y trouvent ! Donc chez Kouyaté, le Pouvoir les attendait : accrochage entre des jeunes et les forces de l'ordre qui ont usé de gaz lacrymogènes et ont procédé à des arrestations, notamment des garde de corps du président du PEDN, son responsable de la logistique, monsieur Oumar Kouyaté; un leader de PUL (parti de l'Unité et de la Liberté) est également mis aux arrêts, des véhicules ont été endommagés.

S'agissant de la situation générale qui règne, il semble que les boutiques d'abord (début de matinée) ouvertes à 60% à Madina, ont fini par fermer à 90%. A l'intérieur du marché, le Pouvoir a anticipé une contre manifestation avec notamment des animations musicales chantant la gloire d'Alpha Condé. Sur l'autoroute Fidel Castro, la circulation est encore normale..a l'esplanade du Au Stade où la marche devait se terminer, les lieux sont investis par les animateurs du dictateur, Malick Sankhon, un des principaux bonimenteurs accueillent des ministres et autres VIP, encadrés par les caporaux aux ordres d'un seul. Ici aussi, une forte animation ne devrait pas permettre l'expression d'un autre son de cloche. Surtout depuis quelques temps, il y a un commissariat au Stade même : un commissariat aux ordres ! aussi, les leaders de l'Opposition ont changé de fusil d'épaule et aussi d'itinéraire : ils sont au moment où nous écrivons ( 13h41 TU), au rond-point de Gbessia, d'où ils se rendre plutôt au Palais du peuple au lieu de l'esplande investie par les liberticide, ceux qui ont peur de la liberté. Y parviendront-ils ? Les forces armées du désordre dictatorial étant déjà déployées sur le fameux Pont de la honte, les jeunes manipulés par l'Etat RPG surgissant à toute sortie d'autres jeunes, comme à Matoto, pour d'avantage enfumer, c'est le cas de le dire, l'expression de la liberté de manifester.

Enfin à Kaloum, centre nerveux de la capitale de la nouvelle république soviétique de Boiro-Kankan-Kouroussa-Siguiri- Zowota, tout est normal.

Dernière minute : la marche vient d'être dispersée..

PS : Un petit séjour au pays d'Obama et de l'Oncle Sam explique la mise en veilleuse forcée de nrgui,com. Toutes nos excuses, en espérant que ce Ramadhan de toutes les rigueurs aura débouché sur la fête aux loubards et aux insensés qui nous gouvernent.

La crise que traverse notre pays depuis plus de 50 ans s’est accentuée encore par les récentes tueries d’innocents à Zogota.

Le 12 Août 2012

Notre génération est entrain de vivre ce qui semblait impensable, à savoir la réémergence d’un régime fasciste du genre du PDG dans notre pays. Les récents crimes d’état lèvent tout doute sur la nature fasciste du régime de Conakry. Les exemples sont légion: enlèvements de civils, arrestations et détentions arbitraires (le Consul de Guinée à Lomé Ibrahima Kane Diallo porté disparu depuis le 14 juin 2012), actes de tortures systématiques, crimes contre les manifestants pacifiques. Ajoutant l'insulte à l'injustice, le gouvernement d'Alpha Condé accorde des promotions à certains membres des Forces de défense et de sécurité soupçonnés d'atteinte aux droits humains, accusations étayées par des indices sérieux et concordants émanant aussi bien de l'ONU que des organisations internationales et régionales des droits de l'homme. Tous ces faits montrent clairement qu’en Guinée aujourd’hui, aucune communauté ethnique, ni aucun citoyen ne sont en sécurité. L’accentuation de la misère dans les villes et les zones rurales, conséquence du clientélisme politique et ethnique, du bradage des ressources naturelles et du pillage systématique du trésor public fait de la Guinée une poudrière qui peut exploser à tout moment avec des conséquences incalculable pour les citoyens.

Face à cette alarmante situation, Pottal-Fii-Bhantal lance un appel à toutes les composantes de la communauté guinéenne pour le salut de la nation. Barrer la route à l’émergence d’un nouveau fascisme n’est plus une question d’opinion, de choix politique ou d’appartenance ethnique. C’est un devoir patriotique. Le jugement de l’histoire sera sévère pour ceux qui resteront passifs face au danger évident de destruction du tissu national que ce régime représente.

Dan ses actions récentes et passées, Pottal-Fii-Bhantal a focalisé sa la lutte sur l’impunité dont l’éradication est une des conditions sine qua non pour des élections transparentes et l’émergence de la démocratie dans notre pays. Conscient du fait que cette lutte cruciale requiert la mobilisation de toutes les énergies et de toutes les bonnes volontés, par delà leur orientation politique, Pottal-Fii-Bhantal a mis en place le mouvement JUSTICE IN GUINEA, avec le soutien d’éminents militants des droits de l’homme, américains notamment.

En ces heures cruciales où l’hydre du fascisme ôte le masque, Pottal Fii Bhantal s’associent à l’appel du comité de crise constitué par des cadres de la région forestière. En même temps, notre association invites la communauté guinéenne ainsi que toutes les organisations démocratiques, à se joindre à l’initiative JUSTICE IN GUINEA pour en faire un moyen d’éradication du fascisme-ethnique en Guinée. Avec la participation effective des citoyens, le mouvement connaitra un développement rapide lui permettant d'atteindre pleinement ses objectifs : à savoir, être un forum d’alerte et de surveillance des menées criminelles du gouvernement ; un lieu de débats et d’échanges; un outil pour traduire en justice les criminels au pouvoir afin de mettre fin aux violations endémiques des droits de l’homme en Guinée.

Pottal-Fii-Bhantal en appelle aux partis politiques pour soutenir ce combat, car l’éradication de l’impunité est la première condition de consultations électorales transparentes. Nous demandons à la société civile guinéenne et à toutes ses composantes de participer à cette concertation capitale pour l’avenir du pays. Aux organisations régionales, sœurs de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon, nous renouvelons l’appel sur la nécessité d’une concertation effective dans le but de renforcer les pouvoirs régionaux, gages de démocratie locale et de cohésion nationale et de déjouer les pièges de la division qui ont on été le fonds de commerce des dictatures guinéennes. Nous lançons un appel aux organisations internationales œuvrant pour la bonne gouvernance dans notre pays et dans la région de l’Afrique de l’Ouest à soutenir le projet d’éradication de l’impunité en Guinée de JUSTICE IN GUINEA.

Les tueries de Zogota viennent rouvrir les blessures encore béantes et vieilles de décennies de notre nation. Aux familles éplorées, Pottal-Fii-Bhantal adresse son soutien ferme et l’assurance de notre détermination à combattre pour l’avènement d’un état de droit dans notre pays pour que leur ultime sacrifice ne soit pas en vain.

LA COMMISSION CENTRALE DE POTTAL-FII-BHANTAL

PS: Toutes les personnes et organisations intéressées sont priées de prendre contact aux numéros de téléphones et emails ci-après:

Pottal Fii Bhantal Fouta Djallon INC. 3396 Third Av. # 1A, Bronx, NY 10456- www.justiceinguinea.org

Email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." target="_blank">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. –Tel 347-724-6803

 

Le sang coule encore en Guinée

« La répression est à la dictature ce que la propagande est à la démocratie » disait le scientifique, ethnologue et écrivain français Paul-Emile Victor (1907-1995).

Les mauvaises habitudes sont décidément tenaces en Guinée où une fois de plus le sang a coulé à la suite d'une manifestation à caractère social et/ou politique, surtout en ce mois de ramadan, de dévotion, de piété, d'abstinence, de tolérance, d'osmose et de prières.

Cette fois-ci, la ville de Siguiri (Haute Guinée) et le village de Zogota situé à 65 km de la ville de Nzérékoré (Guinée forestière) près du fleuve Diani en furent le théâtre.

Une répression planifiée et exécutée nuitamment le 04 août dernier par les forces de défense et de sécurité montre le caractère prémédité de ces crimes ignobles.

Il n’y a aucun doute sur la volonté meurtrière des auteurs et commanditaires de ces massacres. Les événements malheureux qui ont eu lieu dans ces deux villes sont l'illustration parfaite des fléaux, des tares congénitales de la société guinéenne en proie déjà, d'une part, à la calamité de choléra depuis plusieurs mois  sous l’œil passif des autoritaires sanitaires et gouvernementales et, d'autre part, au conflit social de Rusal-Friguia, le fleuron de l’industrie minière en Guinée, la plus grande usine d’alumine d’Afrique à Fria, ville située à 145 km de Conakry. Depuis plus de cinq mois, Fria traverse une crise sans précédent suite à une grève illimitée déclenchée par les travailleurs qui réclament une amélioration de leurs conditions de vie. Rusal refuse de payer ses travailleurs et programme, en revanche, l’arrêt de la fourniture de l’eau et de l’électricité.

L’électricité étant un élément indispensable au bien-être et à l'économie, c'est la raison pour laquelle les habitants de Conakry dans les quartiers de Yimbaya fagban, Matam, Touguiwondy, Boussoura, Madina et Mafanco auraient manifesté, barricadé les routes et brûlé des pneus le lundi 13 août.

Ces tares congénitales, devenues un système de gouvernance en Guinée qu'il faut éradiquer, sont :

- la signature dans l'opacité, sans appel d'offre, de contrats miniers léonins ;

- la discrimination et la ségrégation ethnique à l'emploi ;

- la corruption, dans le cas d'espèce avec le détournement du paiement de l'indemnité pour compenser les expropriations des populations locales des sites miniers ;

- la violence pour réprimer toute contestation à caractère social et/ou politique ;

- l'impunité, au final, pour absoudre les producteurs de violence et les personnes ayant, ici, détourné les fonds d'indemnisation.

Des remèdes à ces fléaux existent et ne résident pas dans une indignation sélective, irrationnelle, partisane des « fils du terroir » comme Jean-Marie Doré qui a pondu un communiqué contre le massacre des « siens » de la Guinée forestière, ni dans l'envoi par le gouvernement d'une délégation conduite par des émissaires « fils de la région » tels Michel Kamano, Président du Conseil économique et social, et le sulfureux Colonel Claude Pivi dit Coplan chargé de la sécurité présidentielle.

Car ces conflits à connotation sociale, économique et/ou politique nécessitent, requièrent une réponse nationale et républicaine.

Pour rappel, Jean-Marie Doré était le premier ministre de transition lorsque Siguiri fut le théâtre de massacres de Peulhs dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2010 ; il demeura silencieux lors de ces exactions. C'est un personnage controversé qui, plus que des casseroles, traine toute une quincaillerie.

Quant à Claude Pivi, il est, d'une part, responsable de la mort de dizaines de policiers au CMIS de Cameroun et, d'autre part, cité dans le rapport nominatif et accablant (diligenté par le Conseil de sécurité de Nations-Unies) de Mohamed Bedjaoui de décembre 2009 pour les douloureux évènements du 28 septembre 2009 au stade du même nom à Conakry. Il est sous la menace d’un transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI).

1°) Le village martyr de Zoghota

Dans leur rapport, trois ONG de défense des droits de l’homme (« Paix sur Terre », « Mêmes Droits pour Tous » et « Avocats Sans Frontières Guinée »), avec le Haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui se sont rendus à Zogota pour vérifier les faits, parlent de « massacres constitutifs de crimes contre l’humanité ». Ce qualificatif est repris par Faya L. Millimouno membre d'un Comité de crise constitué par des cadres de la région forestière et le juriste Ibrahima Sory Makanéra au regard de l’article 7 du statut de Rome du 17 juillet 1998 portant création de la Cour pénale internationale.

Le village de Zogota est au bord d'une montagne riche en minerais que l'Etat guinéen a octroyée à la société brésilienne Vale ou Companhia Vale do Rio Doce (CVRD) qui est une entreprise minière multinationale et l'un des plus grands opérateurs logistiques du Brésil. Vale est devenu un des leaders dans la production et l'exportation du minerai de fer, de bauxite, d'alumine, entre autres.

L'exploitation du site engendre des conséquences sur le plan environnemental avec la pollution, sur le plan médical avec la prostitution et la pandémie du sida malgré la promesse d'un centre de santé, sur l'insécurité, etc.

Envoyer des militaires pour gérer une manifestation civile non armée, alors qu’il y a la police ou la gendarmerie dont c’est l’une des missions, revenait à traiter ce conflit dans un esprit belliqueux, de violence, de guerre. Il y aurait eu au moins cinq morts, des blessés, des disparus, des arrestations et même des viols.

« Qui viole une femme souille toute l'humanité » dit-on. Ce méfait est la conséquence logique de l'impunité dont jouissent les violeurs du 28 septembre 2009.

L’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et le Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation de la Transition (CPPFT) demandent de rester mobilisés pour que cesse définitivement cette banalisation de la dignité humaine en Guinée. Ils exigent la mise en place d’une commission d’enquête indépendante afin que les auteurs et les commanditaires soient identifiés et traduits devant les tribunaux. Les deux blocs politiques exigent également la libération immédiate et inconditionnelle des personnes interpelées.

Le gouvernement aurait dépêché une délégation avec un message du Chef de l’Etat Alpha Condé et la somme de 300 millions FNG aux sages de la Guinée forestière et particulièrement à ceux de Zoghota. Ses émissaires se sont heurtés aux exigences compilées dans un mémorandum des « Sages » à N’zérékoré. Ces derniers auraient demandé le départ du préfet Hassan Sanoussy Camara et du commandant de la gendarmerie, le colonel Soumah et exigé que les auteurs du crime, ainsi que les commanditaires, soient identifiés et traduits en justice et qu'on libère les personnes arrêtées.

2°) Siguiri : la révolte contre l'insécurité réprimée dans le sang

A plus de 800 km de Conakry, cette ville aurifère a connu le mardi 07 août, une manifestation populaire contre l’insécurité qui bat son plein dans la localité et contre « l'inertie » des autorités. La résidence du préfet Aboubacar Sidiki Kaba avait été saccagée par les manifestants en représailles.

Selon le secrétaire général de la Mairie de Siguiri, Nankouma Sangaré, les incidents auraient éclaté à la suite d'attaques à main armée contre des boutiques de la ville dont celle d'un commerçant appelé Korosso Sylla. Pendant toute la durée de l'opération, les forces de l'ordre bien qu'alertées ne seraient pas intervenues, notamment celles du camp de Soronkoni.

En Guinée, des boutiques, des magasins, des marchés, des pharmacies, des domiciles privés, des citoyens, des diplomates et travailleurs expatriés sont quotidiennement attaqués par des bandits lourdement armés et quelques fois en pleine journée.

La sécurité des personnes et des biens est la première des libertés, y compris celle des transactions civiles et commerciales. La personne humaine et sa dignité étant sacrées, l’Etat a l'impérieux devoir de les respecter et de les protéger.

3°) Des tares congénitales récurrentes

La manifestation du 31 juillet 2012 de la population du site très ferreux de Zogota, pour des revendications légitimes d’emploi et d’avantages liés à l’exploitation minière de leur terre contre la société VALE qui a provoqué la colère des autorités, n’est pas une première en Guinée. En septembre 2011, les populations de Kiniero, dans la Préfecture de Kouroussa avaient manifesté contre la SOMAFO. En novembre 2011, des populations de Lola ont manifesté contre la Société de Mines de fer de Guinée.

Toutes ces manifestations avaient un dénominateur commun, relèvent d'enjeux économiques avec des effets induits sur le plan social, environnemental, de l'emploi ; par ailleurs, elles mettent à nu des fléaux qui continuent de gangréner la société guinéenne :

- La signature dans l'opacité, sans appel d'offre, de contrats miniers léonins : c'est la captation des actifs et des biens de l'Etat au profit du pouvoir et de ses proches, le bradage de nos ressources minières sans appel d'offre, dans l'opacité avec des marchés de gré à gré au détriment du budget de l'Etat. Ces évènements de Zogota sont la conséquence de conventions minières opaques signées par les autorités politiques pendant que les populations d’accueil de sociétés minières, à travers leurs représentants, ne sont pas informées des retombées de l’exploitation minière de leurs localités puisque n’ayant pas été associées ni à la négociation de ces conventions, ni à leur conclusion.

- La discrimination et la ségrégation ethnique à l'emploi : c'est la discrimination à l'encontre des fils du terroir dans les processus d'embauche et d'avancement. A égalité de compétence, il aurait été question de privilégier le recrutement de la main-d'œuvre locale. Mais, les jeunes de la région affirment que lors du dépôt de leur dossier de demande d'emploi, le chef du personnel en complicité avec les agents de l'administration, demande trois à quatre millions FNG. La main-d'œuvre non autochtone devenant manifestement plus nombreuse que la main-d'œuvre locale, cette dernière s'est sentie flouée, trahie et s'attaqua ainsi en désespoir de cause aux installations de la société Vale.

Le gouvernement actuel et ses structures déconcentrées doivent traiter tous les citoyens sur le même pied d’égalité. C'est la faillite de l'Etat dans son rôle de régulateur social, de promotion de l'excellence et de traitement équitable.

Après les leaders politiques originaires de la région forestière qui ont dénoncé les recrutements sur des critères ethniques des jeunes ouvriers par le géant minier Vale sur injonction du pouvoir de Conakry, l’ancien président de l’Assemblée nationale Aboubacar Somparé condamne à son tour « les nominations et promotions actuelles dans les hautes sphères de l’Etat ne peuvent que frustrer et diviser les Guinéens puisque ne respectant pas les équilibres naturels des différentes ethnies et régions du pays » (...) « La Guinée n’avait jamais atteint le pic actuel de division ethnique et régionale depuis son indépendance » fustige-t-il.

- La corruption avec le détournement du paiement de l'indemnité pour compenser les expropriations des populations locales. Vale aurait déboursé un milliard de francs guinéens. VALE, en association avec BSGR, avait bénéficié du permis de recherche et d'exploitation du minerai de fer de Zogota. Sur le site, il y avait des paysans qui avaient des cultures de riz, de café. Donc, il a fallu les déguerpir contre le paiement d'une indemnité remise à l'autorité administrative pour être distribué aux populations. Les populations disent qu'elles n'ont jamais reçu cet argent. Elles ont envoyé successivement deux délégations chez le préfet pour avoir leur argent. Les populations prétendent que le préfet les a refoulées avec menace de les mettre en prison s'ils revenaient pour poser le même problème. Donc, les paysans disaient dans l'énervement que « ou c'est l'indemnité ou leur terre ».

Il n'est pas inutile de souligner que la prévarication a un impact énorme, négatif, handicapant sur le fonctionnement de l'Etat et ses services publics.

- La violence pour réprimer toute contestation à caractère social et/ou politique. Des manifestants se seraient attaqués aux installations de VALE qu'ils ont saccagées. Cela est condamnable en soi et ainsi que la réaction disproportionnée des autorités.

Mais la répression sanglante des manifestations pacifiques en Guinée est due notamment au non respect et à la non garantie des libertés individuelles et collectives ; l'article 10 de la constitution du 07 mai 2010 consacre le droit de manifestation et de cortège qui est perçu à tort par les pouvoirs publics comme un acte de subversion et d'atteinte à la sureté de l'Etat.

C'est la persistance de l’avilissement de la personne humaine, de la violence politique de l’Etat, de ses démembrements, de ses forces paramilitaires contre les citoyens qui est un fléau qui perdure. Du fait notamment de l’accommodement à la culture de l’impunité, de l’injustice, à la violence, aux nombreux et répétitifs manquements aux droits de l’Homme depuis les années 50.

La Grande muette guinéenne traîne la triste réputation d’avoir la gâchette trop facile, l'étiquette de sanglante répression des manifestations et d'enlèvements clandestins suivis d’exécutions sommaires de contestataires. La réforme du secteur de sécurité, surtout l'armée, était prévue par l'accord-cadre de Ouagadougou du 15 janvier 2010 signé par Moussa Dadis Camara, Sékouba Konaté et le « facilitateur partisan » Blaise Compaoré du Burkina fasso qui s'étaient accordés sur les mesures suivantes en vue d’une transition pacifique en Guinée dont :

- Le respect des libertés publiques, y compris de la liberté de presse et d’opinion ;

- La garantie de la sécurité des personnes et des biens ;

- La réorganisation et la réforme des Forces de Défense et de Sécurité ;

- La mise en place d’un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement .

Ces quatre point essentiels de l'accord n'ont pas connu la réussite attendue.

- L'impunité, au final, pour absoudre les producteurs de violence et les personnes ayant détourné les fonds d'indemnisation des expropriations de terres. On a assisté et déploré la récurrente réhabilitation des fossoyeurs de l'économie guinéenne, des deniers publics, des services publics et des criminels de sang, des violeurs par le pouvoir actuel. Par ailleurs, l'impunité est favorisé par le laxisme du système judiciaire guinéen corrompu qui est manifeste et récurrent.

Conclusion : Des remèdes pour conjurer le mal guinéen

Toutes les violences d'où qu'elles viennent sont condamnables.

Les préfets de Siguiri et de N'Zérékoré, Aboubacar Sidiki Kaba et Hassan Sanoussi Camara, auraient été démis de leurs fonctions le lundi 13 août par un décret du président de la République.

D'autres sanctions politiques, administratives et judiciaires devraient suivre pour lutter contre l'impunité et exorcisé les frustrations des victimes. Pour cela, la mise en place d’une commission d’enquête indépendante est indispensable ainsi qu'une justice non corrompue et non assujettie au pouvoir politique.

Il faut assurer, prôner le respect de la loi, de l’ordre public, l’apaisement et la cohabitation pacifique avec toutes les personnes et les sociétés qui investissent en Guinée.

Privilégier, dans toutes les crises, la concertation, la négociation et le dialogue qui est une vertu cardinale que tous les acteurs politiques, économiques, sociaux doivent s'approprier.

Parachever la réforme du secteur de la sécurité qui est la matrice de tous les maux de la société.

Favoriser l’implication des représentants des populations riveraines de sites miniers dans la négociation et la conclusion de contrats miniers concernant leurs localités pour qu'au final elles puissent bénéficier de l’exploitation de leurs sol et sous-sol.

Cependant, il ne faut plus privilégier le tout minier au détriment du secteur agricole qui peut créer plus d'emplois et de richesses. Quel est l'impact, l'apport actuel du secteur minier notamment pour l'éducation, la santé, les services publics, les transports, les communications ?

Personne ne doit contester l'autorité de l'Etat, mais un Etat impartial jouant pleinement son rôle de régulateur social, de redistributeur au profit de tous les enfants de le Guinée sans distinction de race, d'ethnie, de religion.

Des remèdes à nos fléaux existent et ne résident pas notamment dans une indignation sélective, irrationnelle, partisane des « fils du terroir », d'une localité. Chaque fois qu'un Guinéen sera victime d'une injustice quelconque ou d'une violence, tous les Guinéens devraient se sentir concernés, partie prenante et réagir en tant que républicain guinéen. Car notre destin est commun, entrelacé.

Que Dieu préserve la Guinée!

Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH

Juriste et anthropologue guinéen

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Paris, le 14 août 2012

Avec l'UFDG, la fête de Ramadhan risque d'être très brève

 

Cellou Dalein Diallo appelle ses militants à une marche dès la fin du ramadan
Le bureau exécutif de l'UFDG était ce samedi avec ses militants au siège de son parti à la minière .C'était dans le cadre de son assemblée générale hebdomadaire.Vénus très nombreux ,les militants du parti qui est sorti second lors des dernières élections présidentielles ont pendant plusieurs heures écoutés les interventions des responsables du parti qui sont revenus sur l'evolution de la situation politique en Guinée.
Le leader du parti de l'union des forces démocratiques de Guinée Cellou Dalein Diallo comme dans son habitude a dénoncé les dérives de la gouvernance du Président Alpha Condé :"nous sommes toujours dans le combat pour l'organisation d'élection législative libres et transparente.Nous avons toujours en face un pouvoir obstiné à organiser un hold-up électoral;il faut que vous soyez préparé à la resistance ,aux manifestations parceque Alpha Condé veut faire un forcing en complicité avec une Ceni partisane et incompetente" c'est en ces termes que le chef de file de l'opposition Guinéenne s'est adressé à une centaine de militants venus l'ecouter. Cette déclaration du leader de l'Ufdg dénote que le blocage politique que vit la Guinée est loin de finir et persiste malgré les dernières implications de l'Organisation internationale de la francophonie et de quelques acteurs de la société civile et les institutions de la transition.Entre les acteurs politiques l'on peine à trouver le concensus autour de l'institution qui à mission de gerer les les élections en Guinée. Plus loin le leader de l'union des forces democratiques se montre plus ferme " je vous demande de vous preparer dès après le mois de ramadan. Nous ne pouvons pas compter sur le Président Alpha Condé".A travers ces lignes il n'est plus sombre pour les esprits que le climat qui regne entre les acteurs politiques reste crispé par le manque de confiance . Il n'est de secret pour personne que le numero 1 de l'Ufdg constitue la pièce fondamentale en matière de mobilisation au sein de la classe politique .Si des efforts sont pas engagés pour ramener les differents blocs sur un terrain de rapprochement les prochaines semaines risquent d'etre plus agitées .Esperons que d'ici là des initiatives positives épargneront les citoyens de conakry écrasés par la chéreté de la vie de vivre des moments incertains. Erapmos