Mines : deal secret au sommet de l'Etat
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- Mis à jour le lundi 11 juin 2012 16:41
- Publié le lundi 11 juin 2012 16:36
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Les mines guinéennes bradées à un milliardaire Sud-africain
Le samedi 2 juin 2012, lors d'un meeting des jeunes organisé par la Coalition citoyenne, une énième association se réclamant de la jeunesse, le président Alpha Condé, invité spécial par les organisateurs, s'en est violemment attaqué aux prédateurs de l'économie nationale.
Dans un discours très populiste, il a flétri les auteurs d'une tentative de détournement de 13 milliards de francs guinéens. Il a promis de faire tomber des têtes dans les jours à venir au niveau des ministères de l'Economie et des Finances, de la Fonction publique et de la Banque centrale, qui seraient les nids de ces cadres véreux.
Dans la même logique, il a promis de démettre tout ministre ou cadre impliqué dans cette affaire de détournement. Aussi, il n'a pas manqué l'occasion de tirer sur ses opposants qu'il qualifie des prédateurs ayant mis à genou l'économie du pays pendant 25 ans de gestion chaotique à laquelle ils ont participé. Pour lui, son régime est entrain de réaliser en 2 ans seulement ce que les autres n'ont pas réussi à faire en 25 ans.
Curieusement, c'est au lendemain de cette sortie tonitruante du Président Alpha Condé que le Sunday Times, le très respecté journal britannique, nous révèle l'un des plus gros scandales financiers et au cœur duquel se trouve notre cher président, démocratiquement élu qui nous promet fermement le changement. Selon ce confrère londonien dans sa livraison du dimanche 3 juin 2012, le Président Condé a conclu un accord secret avec Walter Henning, un Sud africain blanc et homme d'affaires dont l'une des spécialités concerne l'exploitation de diamants en Angola et en RD Congo.
Le Sunday Times soutient avoir eu accès à des documents très confidentiels révélant le deal. Dans ces documents, il est mentionné qu'en avril 2011, soit cinq mois avant l'adoption par le Conseil national de la transition (CNT) du nouveau Code minier qualifié par les analystes comme étant un complot ourdi contre les investissements étrangers en Guinée, le ministre guinéen des Mines et de la géologie a contracté un prêt de 25 millions de dollars auprès de Palladino Capital, une société appartenant au Sud-africain Walter Henning. Cette société est enregistrée dans les Iles Vierges, un paradis fiscal bien connu dans le Royaume Uni.
Sa vocation dans ce genre de deal est de partager les pourcentages de la part de participation des actions de la guinée dans les sociétés minières.
Imaginer, seul le Simandou ou cohabitent ( Rio tinto et Chinalco et sa filial chalco d' un côté, et Benny Steinmetz Resources et Vale ( VBG), peut procurer à la guinée plus de 10 milliards de dollars, sans compter , le cas des autres sociétés, comme BHP Billiton, Rusal, Bellzone , GAC , CPI ,etc….comme le précise le sunday Times.
Toutes ses parts des sociétés dépasseraient plusieurs dizaines de milliards de Dollars contre lesquels, on à tout simplement brade a 25 Millions de dollars.
Par ailleurs, on nous apprend que Palladino Capital a été créée en 2003 par M. Hennign pour servir d'intermédiaire dans « l'exploitation minière, l'énergie et d'autres actifs en Afrique ». D'autres sources bien informées précisent que le ministre Mohamed Lamine Fofana a eu le mandat du président Alpha Condé dont le fils Mohamed devenu conseiller de son père, chargé de mission et de questions minières serait en connexion d'affaires avec Palladino, Mvellapenda du Groupe Tokyo Sexwale et autres Och Ziff, qui est un fonds d'investissement.
Pour parapher cet accord, du côté guinéen se trouvait outre Mohamed Lamine Fofana, son homologue de l'Economie et des finances Kerfala Yansané et du côté Sud-africain Samuel Mebiane, présenté comme « mandataire » de Palladino.
Un deal à plusieurs visages
Le drame de ce deal secret à plusieurs visages est que nulle part dans le budget guinéen, on a fait mention de ce prêt de 25 millions de dollars. Ce qui suscite assez d'interrogations du genre où est parti le pactole et au profit de qui ? Ensuite là où le bas blesse, dans cet accord, il est stipulé qu'en cas de non remboursement de ce prêt par l'Etat guinéen, la compagnie de M. Henning convertira sa créance en une participation de 30% des actions de la SOGUIPAMI, la Société guinéenne du patrimoine minier créée par décret présidentiel et adoptée par le CNT en août 2011. Or, la Guinée qui court derrière le point d'achèvement de son programme avec le FMI dans le cadre de l'initiative PPTE, est sous l'œil vigilant des experts de cette institution.
Rembourser une somme de 25 millions de dollars contactée dans ces conditions alors qu'il y a tant des projets de développement en souffrance, est un crime économique contre la Guinée que les institutions de Bretton Woods et les guinéens épris de justice ne doivent pas passer sous silence. Il s'agit dès maintenant de demander des comptes afin que le président et ses deux ministres indiquent clairement à quoi vont servir ces 25 millions de dollars ainsi que les 700 millions de dollars arrachés chez Rio Tinto courant 2011.
Ce qui revient à dire que ce fameux Walter Henning pour avoir mis un ticket de 25 millions de dollars sous forme de prêt, (on ne sait empoché par qui), mettra la main sur les 30 pour cent des actions de la SOGUIPAMI. Or, par le biais de ses actions dans cette société, l'Etat guinéen pourrait engranger des montants colossaux se chiffrant à 10 milliards de dollars grâce à ses participations dans les projets de Simandou où doivent opérer des multinationales que sont Rio Tinto, Chinalco, Beny Steinmetz, la VBG ou celles qui sont dans d'autres miniers que doivent exécuter BPH Billiton, Rusal Mittal Arcelor ou Bellzone.
Comme on le voit, cet accord pourrait faire transférer des milliards de dollars d'actifs miniers appartenant à ce milliardaire sud Africain et ses complices au détriment de l'Etat guinéen.
Cet accord viole l'Article 150 du Code minier guinéen qui stipule que « l'Etat se réserve le droit de vendre tout ou en partie de sa participation en numéraire, sans droit de préemption des autres actionnaires de la société titulaire du titre minier, à travers un processus d'enchères ouvert et transparent».
Et ce n'est pas fini, s'il s'avère que Mohamed Condé le fils du président Alpha Condé est impliqué dans cette affaire, c'est l'Article 39 de la Constitution guinéenne qui est violé. Celui-ci stipule que « Durant son mandat, le président de la République ne peut, par lui-même, par un membre de sa famille et même par autrui, acheter ou prendre en bail un bien qui appartient au domaine de l'État, sans l'autorisation de la Cour constitutionnelle dans les conditions fixées par la loi ».
Il est à noter aussi que selon le Sunday Times, cet accord peut-être encombrant pour Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique et ami du président Alpha Condé dont il est le conseiller par le biais de son ONG Africa Gouvernance Initiative. Entre Tony Blair et Alpha Condé se trouve aussi Georges Soros, le milliardaire américain d'origine hongroise qui évolue entre l'humanitaire et le business. C'est lui qui a dépêché des experts de ses deux structures l'ISLP (l'International Senior Lawyers Project) et Revenue Watch, l'ONG spécialisée dans la proposition des audits aux pays dotés de ressources pétrolières, gazières et minières, pour rédiger le fameux Code minier 2011 dans les bureaux contigus du ministère des Mines et de la Géologie.
On peut donc déduire que ce fameux code minier de septembre 2011 a été construit pour chapeaute ses genres d'opération, puisque l accord a existe seulement trois mois après l investiture du président Alpha condé.
Que dira donc,Georges Soros qui vise les mines guinéennes,un homme qui a été présenté au chef de l'Etat guinéen par l'ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner (ami et promotionneur du président Alpha Condé). Celui-ci, depuis l'accession à la magistrature suprême de son « frère jumeau »Alpha, est très présent à Conakry où il a ouvert un chantier de construction d'un centre de santé dénommé Mère et enfant qui, près d'un an après la pose de la première pierre, peine à décoller du côté de Coronthie à Kaloum. L'an dernier, les médias français ont fait ressortir que de par sa présence et son influence, Kouchner joue plutôt le rôle de conseiller occulte d'Alpha Condé. Et lorsqu'un de ses compatriotes journaliste a voulu qu'il lui en dise un peu plus sur sa présence trop remarquée dans les rouages de la présidence guinéenne, Kouchner a piqué une colère noire.
Pourtant, avec l'avènement de ce deal entre le président guinéen, ses ministres et la compagnie de M. Henning il y a à s'interroger sur le pacte tissé autour de nos mines puisque pour le moment, l'organisation d'élections législatives devant doter le pays d'un Parlement responsable ne semble pas être la priorité du régime. Pauvre Guinée !
Guineemining.info
Direct RPGtv : des jeunes séquestrent le ministre de la communication (par SN Bokoum)
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- Mis à jour le lundi 4 juin 2012 23:34
- Publié le lundi 4 juin 2012 23:22
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
En ce moment même (23h30), le ministre et plusieurs cadres du ministère de la communication sont pris en otage, séquestrés par de jeunes stagiaires en colère.
Un phrase lapidaire du jeune meneur du JT. Et il est passé à un autre sujet !
Le reste ne sera pas que du remplissage. Il venait de dire que sur une liste de plus de 300 candidats admis à intégrer la fonction publique, seule une centaine aurait été retenue. Les mêmes causes amenant les mêmes effets, le même maître de cérémonie du Jt venait en effet de montrer un certain Sow en colère, un jeune qui avait été recalé pour être un des élus de la centaine des futurs jeunes fonctionnaires. Un autre méga-projet de l'homme du changement. Son nom avait simplement été « volé », pfuiitt !!. Le chef de cabinet du ministère de la fonction publique évidemment a dit le contraire. Bref, les magouilles continueront jusqu’à dimanche, quand le Profèssèr balayera tous les..
Dirus Dialé Doré et ses hauts cadres sont-ils entrain de goûter aux fastes caniculaires des studios de la RPGtv, pour leur donner un petit souffle des cabines techniques de cette Guinée où Alpha promet de nous ramener, même en biaisant ?
Enfin, question humanitaire, le maître de cérémonie, une fois l’office du 20h30 terminé, pourra-t-il sortir de son ghetto et remonter à sa haute banlieue ? Tout dépend de la façon qu’il avait de chanter le changement auquel aspirent les jeunes preneurs d’otages..
Pour le moment les jeunes exigent la présence du Premier ministre.
Saïdou Nour Bokoum
Mission OIF, la montagne accouche d’une souris
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- Mis à jour le samedi 2 juin 2012 03:05
- Publié le samedi 2 juin 2012 03:03
- Écrit par Könömou
Depuis le 29 mai, une mission de l’organisation internationale de la francophonie séjourne à Conakry. Cette mission composée d’experts, est venue à la demande du Président Alpha Condé pour vérifier la fiabilité et la performance des matériels de la société sud-africaine Way Mark, recrutée par le gouvernement pour faire « la révision » du fichier électoral de 2010. Le 31 mai, ces experts ont invité la mouvance présidentielle, le Centre et l’Opposition pour participer à cette vérification. Mais voilà, la montagne a accouché d’une souris. Puisque la conclusion de cette mission ne sera pas connue maintenant. Le chef de la mission, Hugo Sadda a manié la langue de bois devant les journalistes. La mission n’a même pas fait une conférence de presse pour au moins faire le bilan de ces deux jours de démonstration et de concertation avec Way Mark et la classe politique. Ce vendredi 1er juin, le chef de file de l’Opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, président de l’Ufdg, a quitté Conakry pour Dakar. Mais avant de prendre son avion, il a rappelé les faiblesses de la CENI.
« La CENI nous a dit que l’ensemble des données alphanumériques et biométriques étaient transférées sur les kits de Way Mark. Cette CENI nous a fixé deux dates pour l’organisation des élections, donc elle a mis à nu ses faiblesses, son incompétence. Dans la loi 013 qui crée cette CENI, il est dit clairement que les commissaires de la CENI sont choisis en fonction de trois critères : la probité, la compétence et la bonne moralité. Il se trouve qu’aujourd’hui avec l’expérience qu’on a eue, cette CENI-là ne peut plus remplir ces critères. Au-delà de tout cela, il y a une question de confiance, si on veut aller à des élections apaisées, il vaut mieux qu’on recompose la CENI. On va demander au RPG de désigner dix membres, à l’Opposition dix membres, à la société civile trois membres et à l’administration deux membres. Ainsi, nous sommes tous rassurés et on peut faire confiance. D’abord nous avons établi un fait. Le système Way Mark n’était pas paramétré pour faire de la révision mais plutôt pour faire le recensement. Cela a été mis en évidence pendant cet exercice. On a dit que l’OIF va rédiger des termes de référence auxquelles va essayer de satisfaire Way Mark pour s’assurer que la sécurité y est, que les appareils sont paramétrés pour faire une révision. Parce que l’article 19 du code électoral dit qu’il s’agit d’une révision. Cela a mis en nu les faiblesses du système grâce au rapport d’audit du fichier et grâce au débat ; ainsi on a pu quand même établir la vérité.
C’est une avancée puisqu’avant, le président de la CENI nous disait, non, les appareils sont performants, mais on a vu qu’ils comportaient encore beaucoup de faiblesses. L’OIF va exiger un cahier de charge. Il y aura une mission de vérification par des experts indépendants. C’est après ça qu’on va s’asseoir encore et décider de la validation ou pas des matériels Way Mark ».
Si Way Mark remplit ces conditions, est-ce que l’Opposition sera prête à aller aux élections ? Le président de l’Ufdg précise :
« Si la CENI est recomposée parce que quelle que soit la qualité des matériels, quels que soient les garanties que nous donne le fournisseur, quelles que soient les assurances que pourraient nous donner des auditeurs indépendants, si la gestion de ces machines relève de la compétence de la CENI comme c’est le cas actuellement, nous n’accepterons pas. ».
Les débats se sont poursuivis jusqu’à 17h GMT. A la sortie, la position de chaque camp n’a pas changé. Saloum Cissé, secrétaire général du Rpg-Arc-en-ciel, a ajouté :
« Ce qu’on peut essentiellement retenir, c’est les aspects techniques en amont et en aval. Cela nous a permis de voir ce qui est vraiment critiquable et ce qu’on peut améliorer. C’est un aspect important. Le deuxième point, c’est la CENI. Le Centre, la mouvance et l’Opposition ont exposé leurs problèmes. C’est aux experts de voir quelles sont les conclusions auxquelles ils peuvent vraiment aboutir. Le développement a été fait dans tous les sens, à partir de ces différents développements, le collège des experts va nous faire des propositions ».
Un échec, cette rencontre ?
Il répond :
« Ce n’est pas de tout un échec. Le pays est régi par des lois, nous voulons fouler les lois au pied, s’en tenir au consensus ou respecter les lois et améliorer le cadre d’application de ces lois. C’est un problème de choix. Ou on respecte la loi ou on ne l’a respecte pas. Si on l’a respecte, nous maintenons la CENI et nous améliorons le cadre de travail de la CENI ».
Aboubacar Sylla, président de l’Ufc et porte-parole du Collectif et de l’ADP, ajoute :
« Il y a eu des débats très ouverts et très sérieux concernant la restructuration de la CENI. Nous à l’ADP au Collectif, on se félicite d’avoir insisté pour que l’ordre du jour de cet atelier soit modifié. Car comme vous le savez, au départ, l’ordre du jour ne concernait que les questions techniques, notamment la fiabilité et la performance des matériels de Way Mark. Nous avons exigé que ces questions techniques soient examinées, qu’on inscrive à l’ordre du jour de cet atelier l’examen des questions institutionnelles, des questions d’ordre juridique et politique qui concernent notamment la CENI et ses démembrements. Nous avons eu gain de cause, les débats ont été très ouverts. Nous avons fait valoir les positions qui ont toujours été les nôtres, à savoir que la CENI actuelle dans sa composition viole les dispositions de la loi qui l’a créée et qui règle son fonctionnement notamment la loi 013. Nous avons fait la démonstration que pour que la CENI garde sa neutralité et son impartialité, il est indispensable que la parité au sein de la CENI soit rétablie. Je crois que l’échange a permis aux uns et aux autres de comprendre les nécessités de procéder à cette restructuration. La balle aujourd’hui est dans le camp des autorités, nous nous sommes contenté de faire des débats, de présenter nos différentes positions avec les argumentaires qui les accompagnent. Toute la question est de savoir si le compte rendu qui va en être fait au Président de la République par son envoyé à cet atelier, en l’occurrence son chef de cabinet, porte-parole de la Présidence, si le compte rendu sera suffisamment convainquant pour prendre des décisions qui s’imposent. Sinon malheureusement, on reviendra encore à la case de départ. On serait comme au lendemain du dialogue politique inclusif qui s’est déroulé au Palais du peuple pendant deux mois ».
Könömou
Palais du peuple : le président Alpha Condé tire à boulets rouges sur l’Opposition et sur les cadres « véreux » de l’administration publique guinéenne
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- Mis à jour le samedi 2 juin 2012 23:16
- Publié le samedi 2 juin 2012 22:59
- Écrit par Könömou
Apparemment on est en pleine campagne pour les prochaines législatives à date inconnue. Ce 2 juin, à l’esplanade du Palais du peuple, commune de Kaloum, la Coalition citoyenne a fait son baptême de feu sous le haut patronage du Président Alpha Condé. Un soutien à la démocratie en Guinée, dit-on. Les aigris rouspètent dans tous les coins de Conakry que plusieurs milliards de francs guinéens auraient été distribués dans les maisons de jeunes de Conakry pour soutenir la mobilisation. Plusieurs centaines de femmes et de jeunes de la capitale ont répondu à l’appel de la Coalition citoyenne. Le slogan tout un symbole : « Protégeons la Guinée pour mieux la construire ». Cependant cette démonstration de la coalition citoyenne n’est pas loin d’un meeting du Rpg-Arc-en-ciel, mais aussi pas loin non plus des Mosalac, Cosalac sous la deuxième République. Et le président Alpha Condé en a profité pour tirer à boulets rouges sur les cadres « véreux » de l’administration publique et les leaders de l’opposition.
Mme. Mariame Bah, porte-parole de la Coalition citoyenne, a exposé les ambitions de son organisation. La coalition citoyenne serait née de la volonté de jeunes « soucieux » de l’avenir. Elle travaillerait pour transcender les divergences politiques et sociales. Elle compte établir des contacts avec les différents acteurs de la scène politique :
« La Coalition citoyenne est un instrument au service du développement. Elle ne s’interfère pas dans les activités des Partis politiques. Elle nourrit simplement l’ambition d’accompagner et de soutenir tous ceux qui œuvrent pour la paix, l’unité nationale et le bien être des Guinéens. Elle se démarquera par son sens de responsabilité face aux grands sujets de la vie nationale ».
Le président Alpha Condé a félicité la Coalition citoyenne pour son initiative, car pour lui, la Guinée appartient aux femmes et aux jeunes. Il estime qu’en conscientisant les jeunes et les femmes, on empêche « ceux qui ont mis ce pays à terre » de réussir leur manipulation. Selon lui, la Guinée avance parce qu’ils (le Pouvoir et son gouvernement) ont réussi à faire en deux ans ce que ses adversaires n’ont pas pu faire en cinq ans.
« Ils veulent faire la pagaille en pensant qu’il y aura un autre 28 septembre, mais il n’y aura jamais un autre 28 septembre en Guinée. Maintenant nous allons montrer au monde entier que 80% de la population de Conakry (sont) est pour le changement et pour les élections, et ne sont pas derrière ceux qui ont pillé ce pays ».
Après 15 mois, le président de la République annonce que la récréation est finie et qu’il va frapper avant les législatives.
« Ils vont être surpris, je vous garantie que la semaine prochaine, je vais balayer beaucoup de cadres aux Finances, au Budget, à la Banque centrale et à la Fonction publique. Tous les cadres qui sont coupables de vols, non seulement ils vont être radiés, mais ils vont être condamnés sévèrement. Pendant que le peuple serre la ceinture, souffre, eux, ils veulent piller la Guinée. Comment on peut imiter la signature du ministre des Finances pour aller sortir 13 milliards à la Banque centrale ? Alors la mafia organisée aux Finances, au budget, à la Banque centrale, à la Fonction publique, on va leur couper la tête ».
Apparemment, les législatives ne sont plus la priorité du Président Alpha Condé et il ne le cache pas.
« Les élections législatives, ce n’est pas ma préoccupation. Le peuple jugera en fonction des résultats. Donc, si les gens croient qu’ils ne peuvent pas être frappés avant les élections législatives, ils vont être surpris », martèle le Chef de l’Etat guinéen. Il estime qu’un jeune cadre inexpérimenté et honnête vaut mieux qu’un cadre expérimenté voleur. Mêmes les ministres ne sont plus en reste de la menace du Président de la République qui n’exclut pas un remaniement ministériel avant les législatives. Il se moque des leaders de l’Opposition qui crient sous tous les toits que la communauté internationale n’a pas confiance en la Guinée.
« Ils ont été Premier ministre, il n’y a pas de routes, ni de maison, ni d’hôtels, ni de bureaux. Aujourd’hui, ils se disent opposants, mais opposant à quoi ? Ils ont pillé le pays. L’Opposition, ce sont des gens qui se battent pour le changement, pas des gens qui ont été candidats pour ne pas être poursuivis, pour avoir l’immunité en étant candidat. Ça aussi la pagaille est finie, la loi sera respectée ».
Le Président de la République affirme qu’il va appliquer la loi anticasseurs.
« Ils ont voté contre moi la loi anticasseurs qui existe. Le général Baldé va passer à la télévision expliquer c’est quoi la loi anticasseurs. Et nous allons l’appliquer rigoureusement. La Guinée ne marche pas en fonction de ce que l’opinion internationale pense. La Guinée marche en fonction de ce que le peuple de Guinée pense ».
Pour le Président Alpha Condé, il y a deux groupes qui sabotent son régime :
« Les fonctionnaires malhonnêtes qui ont formé la mafia et les gens qui ont mis ce pays à terre, qui sont en train de voir qu’on réussit et qui veulent l’empêcher, mais ils se trompent ».
Könömou
CENI, la vache !
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- Mis à jour le vendredi 1 juin 2012 02:43
- Publié le vendredi 1 juin 2012 01:46
- Écrit par Souana Doré
L’élection présidentielle de 2010 a montré les insuffisances de la Commission nationale électorale indépendante (CENI). D’abord son incapacité à pouvoir organiser des élections transparentes et crédibles. Mais le hic, c’est la gestion de son budget. Une véritable vache laitière pour les institutions républicaines, aux ministères et aux organisations de la société civile. Durant toute la période électorale, le budget de la CENI a servi de fonds d’appui aux organes précités. Un rapport d’audit financier et de système de l’Union Européenne (UE) qui remonte au 4 Mars 2011 montre clairement des dépenses ahurissantes. Il s’agit de la subvention accordée à la CENI pour l’achat et l’acheminement des documents électoraux. L’audit couvre la période du 18 février 2010 au 31 janvier 2011 et les appuis aux institutions républicaines, ministères, société civile, aux ambassades s’élèvent à la misère de 33 024 470 034 francs guinéens. Des chèques ont été donnés à des personnes physiques ! Par exemple le 18 juin 2010, le chèque 71359 pour la somme de 650.000.000 francs glissants à l’ordre de Général Ibrahima Baldé ou encore le 28 mai 2010, le chèque 71236 pour la petite misère de 1 800 000 000 francs glissants à l’ordre de Fatimata Jy au compte du Premier ministre. L’audit indique que ces appuis seraient conditionnés à une lettre de requête de l’institution concernée et définis dans un « accord-cadre » au niveau du comité interministériel. Mais il précise que « l’accord-cadre validé » n’a pas été mis à la disposition des auditeurs et souligne l’ensemble des appuis n’est pas documenté par une lettre de requête. « La mission considère qu’à défaut d’un accord-cadre validé et de la justification des appuis par des pièces probantes, ces montants attribués l’ont été de manière irrégulière », rappelle le rapport.
La synthèse des dépenses de traitement annuel, c’est-à-dire les émoluments, indemnités, primes et autres prix de carburant s’élèvent à la petite misère de 2 141 460 000 francs glissants pour un personnel estimé à 93 cadres. Les 25 commissaires seuls se raflent 1 528 800 000 de francs glissants.
Le gré à gré
Comme tous les contrats sous la Transition, la CENI ne s’est pas gênée. L’audit révèle l’acquisition d’actifs non documentés de manière probante et ne respectant pas le code des marchés publics. La plupart des fournisseurs choisis par la CENI ne disposent pas des numéros d’identification auprès des autorités guinéennes, posant ainsi le problème de légalité de ces structures. Par exemple, que 281 millions de francs guinéens ont été dégagés pour l’achat des moquettes et rideaux, puis 78 millions pour l’achat de 12 ordinateurs, ensuite 30 millions pour l’achat de quatre ordinateurs portables. De même, 109 millions ont été déboursés pour l’acquisition de 28 climatiseurs, 16 millions et 24 millions pour la décoration du bureau du président, 4,3 milliards pour l’achat de 14 pick-up double-cabine et 2,5 milliards pour l’achat de 7 pick-up. L’audit a constaté un constant dépassement budgétaire au niveau global et cela pour les principales lignes budgétaires. C’est le cas d’acquisitions des véhicules pick-up. Par exemple, il a été prévu initialement d’acquérir un « véhicule par préfecture (suivant par démembrement) et un véhicule par coordination régionale (véhicule de liaison). Il s’agissait d’acheter 45 véhicules, mais devant se limiter au niveau du budget à 15. Le bureau a décidé ensuite d’attribuer les véhicules aux commissaires de la CENI. Ils disposent toujours à ce jour des véhicules, note-t-on dans ce rapport d’audit ». A la place de 15 véhicules prévus au budget, 21 véhicules ont été achetés non pas au prix unitaire budgétisé de 202 333 333 francs glissants, mais au prix unitaire de 308 221 995 de francs pour 14 véhicules et 364 409 330 de francs glissants pour sept véhicules. Le dénominateur commun de tous ces marchés, c’est l’absence de bon de commande, bon de livraison. Donc, le gré à gré à flot.
Pour la sécurisation du siège de la CENI, le rapport indique qu’un budget de 500 millions de francs est prévu pour le bâtiment de la CENI à la Camayenne. « Nous avons noté deux factures du 25 février et du 22 juin 2010 relative à la sécurisation des locaux pour un montant de 811 millions 093 mille 243 francs. Ces coûts de sécurisation n’ont malheureusement pas permis d’éviter les nombreux vols et de préserver les actifs de la CENI. Les matériels suivants ont été volés au niveau du 4ème étage et du magasin dont : ordinateurs, mobilier de bureau et groupe électrogène. Aucun PV n’est disponible à la CENI », s’indignent les auditeurs.
Le rapport souligne que la CENI n’a pas réalisé les activités mentionnées dans la décision conjointe N°0047/MATAP/CENI/09, il s’agit entre autres de produire des rapports financiers bimensuels, de passer et/ou valider toutes propositions de commandes, d’élaborer un manuel de procédures administratives et financières, de rendre périodiquement des comptes des activités. « La CENI doit se réunir deux fois par semaine ou sur convocation de son président. Or, seules quelques réunions ont eu lieu. Aucun PV des séances ont été établis attestant des décisions des réunions officielles ou informelles. Des séances ont eu lieu par rapport à certains dossiers spécifiques tels que l’acquisition des véhicules », indique-t-il. A la CENI, on ne sait pas classer des pièces comptables. L’audit rappelle l’absence d’un système de classement des pièces comptables pour la subvention de l’UE. « Les documents des dépenses étaient disposés de façons éparses dans les bureaux des responsables en charge des finances. Une partie des pièces n’a pas été retrouvée aisément voir non retrouvée. Certaines pièces (émargement, justification d’avances) se trouvent aux mains des commissaires au lieu d’être classées dans les dossiers comptables ». Même chose dans la gestion de la trésorerie.
« En principe, une caisse unique doit être tenue par le comptable de la CENI. Nous avons constaté une multitude de caisses qui sont gérées parallèlement et par le comptable et le trésorier », dit le rapport. Il y a : caisse Euros, caisse GNF, caisse Trésorier, caisse USD, BCRG caisse comptable, BICIGUI caisse Comptable, ECOBANK caisse Comptable, ECOBANK caisse Secrétaire général. L’audit rappelle aussi à la CENI sa faiblesse caractérisée dans la justification des dépenses. « Absence chronique de bon de commande, absence de preuve de livraison, facture pro-forma faisant office de facture, absence de contrat à l’appui de la conclusion de marché de services, absence de rapport de mission, absence de carte d’embarquement à l’appui des achats de billets d’avion ».
Certains observateurs affirment que cet audit suffisait pour recomposer la CENI avant les prochaines législatives.
Souana Doré
