Crise économique : Cellou Dalein accuse le pouvoir d'Alpha Condé

Actualités Guinée-Conakry. Nrgui.com a suivi la conférence de presse de l’Opposition républicaine le jeudi 24 mars dernier. Au cours de cette conférence, le président de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée-UFDG a profité pour dénoncer les tares de la gouvernance actuelle de la Guinée. Cellou Dalein Diallo a accusé le pouvoir d'Alpha Condé d'être responsable de la crise économique qui secoue actuellement le pays.

Dans ses dénonciations, le chef de file de l'opposition guinéenne a déclaré que la malversation économique est caractérisée par l'octroi de marchés de gré à gré à des entreprises appartenant à des personnes proches d'Alpha Condé. « En 2014-2015, alors que notre attention à tous était tournée vers la  lutte contre Ebola, le gouvernement a conclu des marchés de gré-à-gré avec des entreprises de manière informelle pour près d'un milliard de dollars », déclare Cellou Dalein Diallo.

Et d'ajouter, « ces marchés de gré-à-gré dont les dépenses n'étaient pas inscrites dans la loi de finances ont été financés par des garanties bancaires mises en place par la Banque centrale à la demande du ministère des Finances en violation flagrante des engagements pris dans la facilité élargie de crédit et des statuts de la Banque centrale ».

Poursuivant son intervention, le chef de file de l'opposition guinéenne ajoute : « en 2013, nous avons fait 2,3% de croissance, en 2014 0%, et une croissance négative en 2015. On a attribué cela à Ebola alors que la mauvaise gouvernance est responsable de cette contre-performance », martèle Cellou Dalein.

Toujours dans ces argumentations, le chef de file de l'opposition a déploré le fait qu'au moment où les proches d'Alpha Condé s'enrichissaient sur le dos de la population on disait le progrès est en marche, Alpha le bâtisseur. Personne n'a cherché à savoir ce qui se passe.

« Ils ont sorti beaucoup d'argent en francs guinéens et en devises. En ce qui concerne le franc guinéen, grâce à l'usage abusif de la planche à billet, ils ont sorti 1860 milliards de GNF. Concernant les devises, les réserves de change du pays sont tombées de 4 mois d'importation au 31 décembre 2014 à moins d'un mois d'importation le 31 décembre 2015 », soutient-il.

Pour terminer, l'ancien Premier ministre a promis de multiplier les dénonciations malgré les menaces qu'il est en train de subir de la part de certaines entreprises. « Si nous dénonçons, peut-être qu'ils vont faire attention à l'avenir. Si on se tait tous, les gens s'enrichissent au détriment des pauvres avec des marchés de gré-à-gré », martèle Cellou Dalein.

Alphonse Camara pour nrgui.com

Trente deux ans après sa disparition : que faut-il retenir de Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante ? (Alphonse camara avec SNB)

Actualité en Guinée Conakry. Nergui.com

Le 26 mars 1984, le premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré, est décédé des suites de maladie à Cleveland aux Etats-Unis d'Amérique. Trente-deux ans après, l'héritage du « Responsable suprême de la Révolution » continue d'être diversement apprécié par ses compatriotes. C’était au cours d’une cérémonie de lecture de saint ce samedi 26 mars à la grande mosquée Fayçal.

Né le 9 janvier 1922 à Faranah en Haute Guinée, Sékou Touré avait pour grand-mère maternelle Ramata Touré, une des filles de Samory Touré (1830-1900). Ce dernier avait résisté à la colonisation française en Afrique de l'Ouest, jusqu'à sa capture en 1898. A la grande mosquée Fayçal, ce sont des Guinéens anonymes, des membres du gouvernement, des ambassadeurs accrédités qui sont venus rendre hommage à cet homme. Selon El Hadj Karamoko Diawara, chef de cabinet au secrétariat général des affaires religieuses, Sékou Touré contribué à mettre fin aux conflits, notamment entre l’Iran et l’Irak, à la constitution de beaucoup d’institutions internationales islamiques comme l’OCI. Pour lui, « Si ce beau monde est venu pour implorer la grâce divine pour cet homme cela veut dire que le peuple de Guinée est très reconnaissant. »

Dans son intervention, Madifing Diané, ancien ministre de la Sécurité a fait pense qu’Ahmed Touré est l’artisan principal de l’indépendance de la Guinée, sans oublier la participation de ses collègues, à savoir Barry Diawadou, Barry 3 qui ont accepté de fusionner leurs efforts avec cet homme.

« Venir honorer cet homme n’est qu’un symbole de reconnaissance de ce qu’il a fait, et à ses compagnons qui ont accepté de l’accompagner. Le problème Ahmed Touré n’est pas un problème de personne, mais un problème de la nation guinéenne. Il a fait ce pays dans l’unité, et il l’a quitté dans l’unité. Il n’y aucun régime parfait, tous les régimes le long de leur parcours alignent des faits qui sont biens et mauvais », a déclaré l’ancien ministre de la sécurité

Sékou Touré, de Gaulle, Saüifoulaye Diallo

Pour Mohamed Touré, le fils aîné d’Ahmed Sékou Touré, l’organisation de cette lecture de saint coran est une demande au peuple de Guinée de rendre hommage à feu Ahmed Sékou Touré, mais aussi à des milliers de compatriotes guinéens qui ne sont plus avec nous. « Nous avions un devoir de mémoire et au-delà, nous sommes des croyants. Nous souhaitons que les prières qui seront faites ici et ailleurs en Guinée permettent d’aider le peuple de Guinée à se refocaliser par rapport aux objectifs réels de développement. Cette lecture a mon avis deux objectifs, d’abord nous souvenir et ensuite demander au Puissant Allah Sa clémence vis-à-vis de nos morts» a-t-il précisé

Andrée Touré

Présidant cette cérémonie de lecture de Saint Coran, le premier ministre chef du gouvernement, Mamady Youla a au nom du président Alpha Condé exprimé le soutien du gouvernement à la famille du défunt et à la formation politique PDG-RDA

Alphonse Camara avec SNB pour nrgui.com  

Dialogue inter-guinéen : La Guinée vers une nouvelle crise politique

Guinée Conakry 21/03/ 2016 Nrgui.com. En plus des journées villes mortes qu’elle a décidé d’organiser les 30 et 31 mars prochains, l’Opposition guinéenne compte saisir aussi le premier ministre  pour la reprise du dialogue inter-guinéen.  Cette nouvelle est donnée par Aboubacar Sylla, le porte-parole de la dite opposition lors d’un entretien exclusif qu’il a accordé au reporter de nrgui.com.

D’après Aboubacar Sylla, l’idée de saisir le premier ministre pour seulement  la recomposition du comité de suivi et pour la reprise du cadre de dialogue est venue de la violation par le gouvernement et par la CENI des accords signés dans les conclusions de ce dialogue.

« Nous avons fait le constat que le comité de suivi qui regroupe aujourd’hui la mouvance présidentielle, l’opposition républicaine, les partenaires techniques, la société civile et la CENI qui est censé être l’unique cadre du dialogue  existant en ce moment,  est superbement ignoré par la CENI et ne se sent pas tenue par les résolutions que ce comité prend. Donc, nous avons décidé  de saisir directement le premier ministre par courrier, puisque c’est le premier ministre qui est constitutionnellement est chargé du dialogue social et de l’application des accords politiques que le gouvernement passe avec les partis politiques », a-t-il expliqué.

A en croire le porte-parole,  l’Opposition adressera un autre courrier au premier ministre pour l’ouverture d’un autre dialogue politique. « Nous allons le saisir également d’un courrier pour demander  l’ouverture d’un autre dialogue politique qui va au premier chef permettre de faire l’évaluation du niveau d’exécution de l’accord politique du 20 août 2015 de manière à voir quelles sont les priorités qu’il faut  dans le cadre de ce processus électoral et  les solutions qu’il faut mener immédiatement ».

Par rapport à la récente annonce de Lansana Kouyaté, président du PEDN de ne plus prendre part à des manifestations de rue, le porte-parole a dit que c’est un droit absolu pour toute personne de manifester ou pas. « Tout citoyen à le droit de participer à une manifestation s’il le veut. L’opposition républicaine va suivre  ses démarches habituelles »

Daouda  Yansané pour www.nrgui.com

Journées villes mortes en Guinée : l’Opposition guinéenne est en panne d’arguments, selon Lansana Komara du RPG

Guinée-Conakry23 /03/2016/ Suite à l’annonce des dates du 30 et 31 mars prochain par l’Opposition pour l’organisation des journées villes mortes, ce week-end, nrgui.com a joint au téléphone, le secrétaire général du RPG Arc- en-ciel, Lansana Komara. Dans cet entretien, il dit que l’opposition guinée est en manque d’argument pour se mettre à la place du mouvement syndical, en revendiquant la baisse du prix de carburant à la pompe.

Selon ce pionnier du RPG Arc en ciel : « C’est assez opportuniste de leur part (l’Opposition, ndlr). Parce que cette revendication n’est pas leur revendication, c’est une revendication purement syndicale. Alors, qu’ils se sont appropriée. Alors que les autorités gouvernementales sont en avance par rapport à cette question de mouvement syndical. Je ne sais pas pourquoi ils veulent s’approprier cela, ni pour quoi faire. »

Lansana Komora poursuit : « Cela prouve nettement qu’ils sont pauvres en argument. Sinon, il y a un cadre de dialogue qui est engagé depuis belle lurette. Et nous sommes dans ce processus du dialogue. Et il y a un comité de suivi qui est en train de travailler, presque tous les mercredis à la maison commune des Nations Unies. Et chaque fois il donne des informations à tous les état-majors des partis politiques. »

Le secrétaire administratif du RPG souhaite que l’Opposition revienne à de meilleurs sentiments : « De toute façon, nous souhaitons qu’ils reviennent à de bon sentiment, parce que nous voulons travailler dans la paix et la sécurité. »

Avant de nous quitter, il a lancé un message au peuple de Guinée : « Nous demandons la sérénité à la population, (c’est-à-dire, d’aller dans le bon sens, qui est la paix et la sécurité. »

Voilà qui sonne moins faucon que le propos va-en-guerre ci-dessous :

« Qu’ils aillent dans la rue, ils nous trouveront.. », avait lancé dès l’annonce d’une reprise des manifestions, un autre RPG, qui ne devait pas être RPCè, mais plutôt un faucon..

A noter que l’opposition revendique la baisse du prix de carburant à la pompe pour alléger la souffrance des guinéens.

Alphonse Camara pour nrgui.com

Guinée : l’opposition a décidé de faire mieux que les leaders syndicaux : faire fléchir le gouvernement pour la baisse du prix du carburant

Nous avons réussi là ù les leaders politiques ont échoué (feu El Hajj Ibrahima Fofana)

Guinée Conakry 21/03/ 2016 Nrgui.com. L’opposition guinéenne a décidé d’organiser des journées villes mortes sur toute l’étendue du territoire nationale, le mercredi 30 et le jeudi  31 mars 2016. L’annonce a été faite par le porte-parole de ladite opposition à l’issue d’une rencontre au quartier général (QG) de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Mamadou Cellou Dalein Diallo.

Selon Aboubacar Sylla,  l’opposition guinéenne a décidé d’organiser  deux journées de villes mortes pour  se faire entendre par  le gouvernement. « Suite à la non satisfaction de notre demande par le gouvernement, nous avons décidé d’entrer dans une série de manifestation pacifique jusqu’à ce que le gouvernement comprenne que tout le peuple de Guinée est avec l’opposition républicaine en vue de baisser les prix du carburant et d’améliorer la condition de vie des guinéennes. Donc, nous avons décidé d’appeler le peuple de Guinée à observer deux journées de villes mortes, c'est-à-dire le 30 et 31 mars 2016 sur toute l’étendue du territoire nationale».

Avant d’ajouter ceci : « Nous demandons à tous les Guinéens quelle que soient leurs obédiences politiques, leurs âges de s’associer à ce mouvement de grève, car il s’agit d’une lutte en faveur de l’amélioration des conditions de vie du peuple. Ces deux  journées  permettront à ce que la baisse du prix du carburant  puisse avoir lieu le plus rapidement possible »

Autrement dit, l’opposition guinéenne et les leaders syndicaux n’ont pas affaire au même peuple ?

Il est vrai que dans le « peuple » il y a militants de base, adhérents de syndicats (la fameuse base) d’une part, et à sa tête ou souvent par-dessus sa tête, il y a les chefs, leurs représentants. La dernière grève des syndicats avait été massivement suivie, plus dans le pays profond, dans plusieurs préfectures, et puis patatras, c’est l’arrêt, l’accord « brutal » au bout de cinq jours. Même l’ange Gabriel (AS) ne pourrait faire le tri entre purs syndicalistes et militants politiques zélés qui y avait participé massivement. Et c’est en ce sens qu’Ibrahima Fofana était allé plus loin que sa pensée. On sait que des chefs politiques avaient même secouru financièrement ce grand mouvement de 2007. Ne parlons pas de l'apport financier massif de cette grande cocue de Diaspora..

Donc l’opposition « radicale » réduite en peau de chagrins, est bien inspirée de remettre aux calendes grecques ses villes mortes. On nous dira que les 30 et 31 mars, c’est dans une petite semaine et qu’on saura des chefs syndicalises ou des chefs politiques qui porte vraiment le pantalon. Puisque les premiers, qui sont satisfaits pour avoir mis leurs griffes sur l’accord de fin de grève ne devraient pas aller en grève sauf si leur base..

Le grand William Sassine disait qu’en Guinée, « nous n’avons pas de problème, nous n’avons que des solutions ». J’ajoute : en Guinée, faut-il changer les chefs ou faut-il changer de peuple ?

Daouda Yansané avec Saïdou Nour Bokoum