Flavia Coelho, fleuron brésilien du festival Reggae Sunska

 

La chanteuse brésilienne Flavia Coelho.

Seconde grand-messe reggae de l'été en France, après le Garance Reggae Festival qui vient de se dérouler à Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, le Reggae Sun Ska s'installe pour la première fois sur le campus de Bordeaux, entre le jeudi 31 juillet et le dimanche 3 août. Près de 100 000 festivaliers y sont attendus. Le programme mélange des vétérans comme Bunny Wailer, U Roy, Pablo Moses, ou les Skatalites et des talents émergents. Il balaie tous les styles de la musique jamaïcaine, sans oublier d'inviter des artistes flirtant plus ou moins avec le reggae.

Ainsi la chanteuse brésilienne Flavia Coelho, née à Rio de Janeiro, en 1980, installée en France depuis 2006. Avant l'Olympia, en octobre, elle est actuellement en tournée pour présenter son deuxième album, d'un réjouissant éclectisme, Mundo Meu, sur lequel figure un titre chanté en duo avec le reggae man allemand Patrice.

BUDGET GLOBAL DE 3,4 MILLIONS D'EUROS

Jusqu'alors, la commune de Pauillac, au cœur des vignes du Médoc, accueillait l'événement. En 2013, une tempête a dévasté le site quelques jours avant l'ouverture du Festival et une alerte météorologique a entraîné l'annulation de la première soirée. Au moment des comptes, il manquera 180 000 euros. « Nous avons compris les limites de ce site pour recevoir 30 000 personnes par jour, et avons envisagé de chercher un autre lieu », raconte Fred Lachaize, directeur de ce festival populaire, qui s'autofinance à 92 %, rappelle-t-il, pour un budget global de 3,4 millions d'euros.

Flavia Coelho au festival de musique "Bardentreffen" 2013 à Nuremberg.

Reggae Sun Ska est intégré, pour sa 17e édition, aux manifestations regroupées sous la bannière de l'Eté métropolitain, 300 propositions artistiques et culturelles éparpillées sur les 28 communes de la Communauté urbaine de Bordeaux.

Quelques jours avant de rejoindre le Bordelais, Flavia Coelho s'enthousiasme à l'idée de participer à cet événement. Avec l'exubérance et la vivacité dont elle est coutumière. « Je suis trop contente. Tout le monde me parlait de ce festival et surtout, je vais tout faire pour “checker” Shaggy ! . »

« NIER LE REGGAE, ÇA SERAIT NIER MON HISTOIRE. »

Si la pulsation de la musique jamaïcaine imprime moins sa marque sur le nouvel album que dans Bossa'Muffin (2011), qui mariait efficacement Brésil (samba, bossa-nova, forro, pagode) et Jamaïque (reggae, raggamuffin), Flavia Coelho ne démord pas de son penchant pour cette musique. « J'ai découvert le reggae à l'âge de 8 ans, quand je suis partie vivre au pays de ma mère, à Sao Luis do Maranháo », une ville et une île situées dans le Nordeste.« Là-bas, c'est La capitale du reggae au Brésil. J'y ai vécu quatre ans de mon enfance. Dans les villages, tous les week-ends, on sortait écouter du reggae roots diffusé à travers de véritables “murs” d'enceintes, appelés les radiolas. Mon premier concert de reggae, ce fut Max Romeo. Enorme ! »

Le reggae fait partie de son histoire de vie, insiste la chanteuse, se souvenant de ces quelques années de son enfance où elle côtoyait « des rastas brésiliens qui lui apprenaient la philosophie du reggae ». « Je ne suis pas jamaïcaine, mais j'ai la légitimité de jouer et chanter du reggae. Au moment où j'ai commencé à faire ma musique, en ouvrant le tiroir de ma mémoire, il était là ! Nier le reggae, ça serait nier mon histoire. »

Parmi les musiciens qui l'entourent, deux viennent de ce monde-là, Victor-Attila Vagh, producteur et réalisateur de ses albums, et Al Chonville, son batteur. Ce qui ravit Flavia Coelho dans la musique jamaïcaine, au point même de la surprendre, « ce sont ses variations… Mento, ska, dub, ragga, reggaeton, roots… Tout ça part d'un riddim et devient un style, un mouvement, qu'on retrouve partout dans le monde… Je dirais même que ceux qui ne font pas de reggae finissent par en faire un jour ou l'autre. » Mystère de l'inconsciente attraction…

Flavia Coelho en concert le 1er août à 19 heures au festival Reggae Sun Ska, domaine universitaire de Pessac-Talence-Gradignan, campus de l'agglomération bordelaise (Gironde), Reggaesunska.com. Mundo Meu, CD chez Discograph.

Patrick Labesse Journaliste au Monde

 

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