L'Afrique du Sud dans l'objectif 1/4 : saisir Johannesburg (Dossier Médiapart)

Il y a un an, mourait Nelson Mandela. A l'occasion d'une série de documentaires diffusés sur Arte, nous vous proposons de croiser l'histoire de l'Afrique du Sud à travers les regards de photographes engagés. Premier court film signé Nathalie Masduraud et Valérie Urréa : Johannesburg avec Guy Tillim (né en 1962) et Thandile Zwelibanzi (né en 1987).

Un an après la mort de Nelson Mandela, Arte diffuse ce dimanche 30 novembre à 17h35, le documentaire de Nathalie Masduraud et Valérie Urréa Afrique du Sud, portraits chromatiques, un film qui prend le parti de l'engagement des photoreporters pour écrire une histoire du pays de l'apartheid et mener une réflexion sur le pouvoir de l’image. A cette occasion, Mediapart sort de ses archives quatre courts films, réalisées par les mêmes auteures, proposant sept regards de photographes sur la ville, la violence, le chez-soi et l'identité.

Dès la fin de l'apartheid, en 1991, Johannesburg a attiré ceux que le pays avait auparavant bannis. Aujourd'hui peuplée de 4,5 millions d'habitants (dont plus d'un tiers de sans-emploi), la capitale économique sud-africaine enchaîne les plans de rénovation urbaine, portée par l'ambition de son maire, Parks Tau, d'en faire « le New York de l'Afrique ». Ce film croise l'histoire et le regard de deux photographes : d'une part, Guy Tillim, qui s'est installé à Hillbrow, autrefois quartier blanc résidentiel où résidait sa grand-mère, aujourd’hui ghetto noir au cœur de la métropole ; d'autre part, Thandile Zwelibanzi qui, en saisissant le portrait de vendeurs à la sauvette, « s'approprie avec eux des lieux où durant l'apartheid, ils ne pouvaient pas vivre ».

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Guy Tillim, livre Jo'burg (parution en 2005, tirage épuisé). Dans les années 1980, alors âgé d'à peine 20 ans, Guy Tillim comprend que la photographie peut être un moyen de lutter contre le gouffre racial que le régime ségrégationniste a creusé dans son pays. Peu après la fin de l'apartheid, il s'installe durant cinq mois à Hillbrow, ex-quartier blanc où vivait sa grand-mère et devenu l'un des plus durs de Johannesburg. Dans ces immeubles délabrés, il réussit à vaincre les réticences des habitants pour entrer dans certains appartements et saisir la violence aujourd'hui encore à l'œuvre. Lire aussi ici, sur le site de la galerie qui le représente au Cap.

Thandile Zwelibanzi, série Still Existences. Thandile Zwelibanzi est né en 1987, quatre ans avant la fin de l'apartheid. Petit, il était fasciné par la ville qu'il voyait de loin. Sa série sur les vendeurs à la sauvette l'amène au cœur de la capitale, là où les Noirs disparaissent encore à l'arrivée de la police. Dans ce « chaos », qui est aussi « mouvement » dans la ville, dans l'Histoire.
Lire aussi ici, une interview du photographe sur le site Mahala
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  • Cette série de quatre films, produite par Axe Sud et Arte, s'inscrit dans le cadre d'un projet transmédia dont le temps fort est la diffusion dimanche 30 novembre à 17h35 du documentaire de 52 minutes, Afrique du Sud, portraits chromatiques (écrit et réalisé par Nathalie Masduraud et Valérie Urréa), qui raconte l’histoire contemporaine de l’Afrique du Sud à travers l’objectif des principaux photographes documentaires de ce pays. Quarante ans d’histoire vécue et documentée par des hommes et des femmes engagés. 
  • Par ailleurs, Arte diffusera samedi 29 novembre à 11h35, Nelson Mandela, le réconciliateur, et le mardi 9 décembre à 23h45  Afrique du Sud, génération post-apartheid.
  • (Suite à Médiapart)

 

 

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