L’Horreur qui nous pend au cou (Saïdou Nour Bokoum)
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- Catégorie : Culture
- Mis à jour le lundi 25 janvier 2016 23:28
- Publié le lundi 25 janvier 2016 23:10
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
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C’est ce matin, lundi 25 janvier 2016, que l’Association des Enfants des Victimes du Camp Boiro a essayé en frappant le macadam, de gratter sous cette croute d’amnésie pour ramener aux consciences mithridatisées, quarante cinq ans de deuil des morts sans sépulture. C’était le 25 janvier 1971, que les populations des 23 régions administratives (aujourd’hui devenues préfectures) ont dû mettre la corde au coup, chacune ses 3 ou 4 parts de l’ignominie.
La funèbre procession de Kaloum a eu lieu sur le pont 8 novembre.
Djibril Tamsir Niane, qui, une décennie auparavant (« complot des enseignants en 1961) avait failli y rester, témoigne :
En 1971, des condamnés ont été envoyés dans toutes les préfectures pour être pendus. Tout le pays a été endeuillé. Notre histoire, c’est notre histoire. Nous devons assumer notre histoire. Cette journée doit être commémorée pour que les horreurs que la Guinée a connues, les exécutions sommaires, les dénis de justice, les spoliations n’aient plus lieu. Je regarde cette foule, il y a peut-être seulement quelques victimes du Camp Boiro. La plupart est constituée d’enfants des victimes du camp Boiro. Ce sont eux qui viennent commémorer. Il est temps, grand temps de rendre justice aux condamnés de Boiro, aux condamnés de toutes les prisons en Guinée. Il est temps de rétablir la vérité et laver la mémoire. Il y a la nécessité pour nous, de rendre justice aujourd’hui et en vue d’amener la réconciliation nationale, en rétablissant la vérité et toute la vérité.. Nous souhaitons que la justice soit enfin rendue très rapidement»..
Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum,
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