Actualités de Guinée Conakry, 25/08/201. Nouvelle République de Guinée. www.nrgui.com. Un réceptif hôtelier de la place a servi de cadre ce mercredi 24 août 2016, à l’annonce par les productions Tidiane world music (TWM) de la sortie prochaine d’un nouvel album de l’inoxydable IBro Diabaté. Après plusieurs décennie d’absence sur la scène nationale et internationale, l’enfant de Diakankékounda Ibro, comme on l’appel affectivement, a décidé de revenir avec l’album intitulé « Déranger pour arranger ». Pour surfer sur les traces du succès monumental de l’album ‘’Allah Nana’’ qui l’a propulsé au firmament de la célébrité et inscrit son nom en lettre d’or dans les annales de la musique pastorale guinéenne.
Cet album produit par TWM en collaboration avec le célèbre manager Malien Boncana Maiga, qui est également l’auteur de son mythique album ‘’Allah nana’’, est une suite logique du contenu de l’album à succès, mais avec une touche plus moderne sur le plan technique. Notamment du coté intros et des sonorités. 10 ans après, Ibro Diabaté signe donc son retour avec ‘’Déranger pour arranger’’ dont le sens hyponyme, comme l’explique l’artiste lui-même, est reconstruction « quand tu es politicien, tu promets de construire un nouveau pont à la place d’un pont vieillissant, et que (quand) tu casses ce dernier, il ne faudrait pas que tu oublies d’en construite un nouveau », explique-il
Ou encore « le monde va mal aujourd’hui avec notamment cette histoire de terrorisme, il faut agir pour remettre les choses dans l’ordre » poursuit t-il. Mais en substance, le rapport avec la sortie de « Déranger pour arranger », c’est le fait que l’artiste lui-même s’inscrit dans une nouvelle dynamique, dont le but est de proposer à ces mélomanes de nouvelles pistes de réflexions, de nouvelles sonorités et pourquoi pas, s’essayer à de nouveau genres musicaux.
La sortie prochain de cet album de 9 titres est un événement pour les générations des années 90 et représente en même temps un défi pour TWM à un moment où la musique guinéenne est à une phase de profonde mutation.
S’efforcer d’affronter la réalité en face, dans toute son épaisseur, dans ses moindres recoins, fussent-ils peu engageants, quand bien même nous dévoileraient-ils la part sombre de nous-mêmes. Œuvre après œuvre, Léonora Miano, auteure native de Douala, au Cameroun, s’efforce de « regarder l’existence dans sa totalité […] parce que c’est, précisément, l’unique moyen de triompher de l’ombre » (Habiter la frontière, L’Arche, 2012).
Son nouveau roman, Crépuscule du tourment, qui a paru le 17 août chez Grasset, ne déroge pas à la règle. Quatre femmes s’adressent à un même homme, lequel fuit de peur de se transformer en cœur de pierre à l’image de son géniteur. Chacune révèle ce qu’elle lui a toujours dissimulé. Il y a la mère dont il s’est détourné parce qu’elle acceptait les coups du père ; l’amante éconduite car il l’aimait trop, car il l’aimait mal ; la future épouse dont il n’est pas épris ; et enfin, la sœur.
Toutes évoquent leurs amours et leur sexualité, leur quête de féminité et la découverte de leur corps. Et comme avec Léonora Miano il ne saurait y avoir de tabou, il est question de l’homosexualité féminine - sujet ô combien sensible en Afrique de nos jours ! - dans un « monde régi par une puissance masculine mal ordonnée » où le « patriarcat ne sème […] que des mâles ». Victimes, les femmes ? Ce serait trop simple. « Nous sommes responsables de nos destinées », défend Madame, la mère. Et d’ajouter : « Il faut que nos aïeules aient failli pour que leurs voix ne portent plus. Pour qu’elles aient été abaissées au rang de servantes. Pour qu’elles n’aient plus existé qu’à travers la maternité. »
Mais parce qu’avec Léonora Miano, il ne saurait y avoir de petites histoires qu’imbriquées dans la grande, l’évocation du destin de ces femmes est l’occasion de rappeler combien nos vies sont aujourd’hui encore façonnées par le passé colonial et l’acculturation qu’il a monstrueusement engendrée en Afrique, alors qu’il pétrissait de manière tout aussi laide un « inconscient blanc », « cette maladie de l’esprit qui fait que, confronté à une différence superficielle, celle de la couleur, on éprouve le sentiment d’une altérité négative » et d’une « suprématie » éhontée. Des thèmes largement abordés, d’un point de vue théorique, dans L’Impératif transgressif (L’Arche) paru en mai dernier.
Dans ce recueil de textes prononcés lors de différentes conférences, Léonora Miano évoque, à 43 ans, les problématiques qui la préoccupent et sculptent son œuvre romanesque et théâtrale : choix des mots pour appréhender la mise en esclavage d’hommes et de femmes subsahariens et leur déportation dans le Nouveau Monde ; rôle des Africains dans cette entreprise liberticide ; refus du racial et explication psychologisante de l’invention du « Noir » ; compréhension des identités africaines et afro-diasporiques…
Crépuscule du tourment est la mise en pratique romanesque de ces questions ; ce qui en fait à la fois sa force et sa faiblesse. Sa faiblesse, quand l’écriture ne parvient pas à se détacher de la théorie et à retrouver le souffle qui avait porté La Saison de l’ombre, prix Femina 2013. Sa force, quand elle permet d’aborder, avec émotion et sans pathos, les séquelles coloniales dans le seul pays d’Afrique subsaharienne francophone qui a connu une guerre d’indépendance mais aussi quand elle dit la souffrance des Afro-descendants et la douleur qu’ils peuvent ressentir au regard de l’Histoire.
Amandla, l’ancienne maîtresse, l’enseigne à ses élèves : « Les travaux forcés. Les déplacements de populations. Le code de l’indigénat. La ségrégation raciale. Le génocide des Hereros. Le nazisme déjà en gestation qui les a parqués dans des camps de concentration. Oui. Je leur parle de tout cela. Une colère toute légitime monte en eux. Je les calme en expliquant que nous n’avons pas le temps de haïr. Nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher ainsi les forces qui doivent nous servir à rebâtir. Je sais de quoi je parle. J’ai connu l’irrépressible fureur qui s’empare de ceux qui plongent dans les abysses de notre mémoire kémite. Cette douleur si terrible qu’elle se mue en désir de revanche. Coûte que coûte et sur-le-champ. La vengeance. Le cri : Pas de justice, pas de paix. » Pas de justice, pas de paix, une sentence qui pourrait bien résonner comme un slogan à l’heure où en France comme aux Etats-Unis, des Noirs meurent asphyxiés par le poids des corps policiers.
Crépuscule du tourment, de Léonora Miano, Grasset, 288 pages, 19 euros.
Françoise Alexander Contributrice Le Monde Afrique
Le cru 2016 est marqué par l’émergence de nouvelles voix. Dans cette rentrée littéraire qui s’annonce plus ouverte, avec moins de grands noms et moins de titres (seulement 559 nouveaux romans attendus entre mi-août et fin septembre), nous avons sélectionné quelques auteurs très attendus.
Repéré depuis plusieurs mois par de nombreux critiques et libraires, le Comorien Ali Zamir, 27 ans, signe avec Anguille sous roche (Le Tripode), l’un des premiers romans les plus remarqués de la rentrée. Avouons-le : les écrivains des Comores sont extrêmement rares et Zamir est sans doute le premier à susciter un tel enthousiasme. Dans ce roman qui n’est qu’une seule et unique phrase, une jeune femme, sur le point de se noyer dans l’océan Indien, retrace les amours et les désillusions qui ont forgé sa vie et nous emporte dans sa prose vertigineuse, sensuelle et révoltée. Preuve de l’attente qui entoure ce premier roman, l’ampleur de la mobilisation des médias quand, le 17 août, on apprenait que le visa pour la France d’Ali Zamir avait été refusé. L’AFP, France Info et France Culture, entre autres, ont rapidement diffusé l’information et, le soir même, le visa était délivré à l’auteur. Originaire de l’île d’Anjouan, l’écrivain doit arriver en France le 5 septembre pour deux mois. Son carnet d’interviews et de rencontres en librairie est bien rempli et il figure déjà dans la sélection de plusieurs prix littéraires, dont le prix du roman Fnac.
Autre premier roman très attendu, Petit pays (Grasset) de Gaël Faye. Le rappeur du groupe Milk Coffee and Sugar, connu pour ses collaborations avec Mulatu Astatke et Mamani Keïta, signe un premier roman largement inspiré de son enfance. Né en 1982 au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français, Gaël Faye est arrivé en France en 1995, au lendemain du déclenchement de la guerre civile.
Le phénomène Imbolo Mbue
En littérature étrangère, Voici venir les rêveurs (Belfond) d’Imbolo Mbue, également dans la sélection du prix du roman Fnac, cristallise aussi l’attention. L’annonce du premier roman de cette Camerounaise de Manhattan, âgée de 33 ans, a créé l’événement à la Foire du livre de Francfort en 2014, où s’était jouée une bataille entre les plus grands groupes éditoriaux. Au final, un million de dollars d’avance versé par l’éditeur américain Random House. Roman sur les tribulations d’une famille camerounaise qui cherche à vivre son rêve à New York, Voici venir les rêveurs paraît simultanément en France et aux Etats-Unis.
La surprise pourrait toutefois venir du Soudan avec Abdelaziz Baraka Sakin. Un écrivain de langue arabe, publié en Egypte et en Syrie, mais interdit dans son propre pays, qui vit aujourd’hui en Autriche, où il a obtenu l’asile politique. Le Messie du Darfour (Zulma), son premier roman traduit en français, raconte l’épopée d’Abderahman, une femme au nom d’homme, bientôt embarquée dans une histoire d’amitié et de vengeance sur fond de guerre du Darfour.
Retour de Leonora Miano et Nathacha Appanah
Outre les révélations, cette rentrée est également marquée par les romans d’auteurs confirmés. Ainsi de Chanson douce de la jeune écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani, dont le premier roman, Dans le jardin de l’ogre (Gallimard, 2014) avait déjà rencontré un grand succès critique et public. Après le très beau En attendant demain (Gallimard, 2015), la Mauricienne Nathacha Appanah revient avec Tropique de la violence (Gallimard). A Mayotte, ce roman suit la dérive meurtrière d’un adolescent mahorais adopté par une infirmière originaire de l’Hexagone. Aussi, Leonora Miano signe avec Crépuscule du tourment (Grasset), un roman choral qui donne la parole à quatre femmes qui s’adressent successivement à un même homme. Situé dans un pays jamais nommé, le livre renoue avec le souffle des débuts de l’écrivaine camerounaise, révélée en 2005 avec L’Intérieur de la nuit (Plon).
Le mois de septembre verra paraître un très grand livre, La Matière de l’absence (Seuil) du Martiniquais Patrick Chamoiseau, à la fois roman intime et somme intellectuelle retraçant le parcours de son auteur. Côté essai, Alain Mabanckou publie Le monde est mon langage (Grasset), recueil de rencontres du jeune professeur au Collège de France avec des auteurs qu’il admire (Dany Laferrière, Henri Lopès, Edouard Glissant, Sony Labou Tansi…) qui forme une manière de cartographie littéraire. Enfin, un essai qui devrait nous donner du grain à moudre, Je n’ai qu’une langue, ce n’est pas la mienne (Fayard) de Kaoutar Harchi. La romancière et sociologue retrace le parcours de cinq écrivains algériens de langue française (Kateb Yacine, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Kamel Daoud et Boualem Sansal) pour proposer une réflexion inédite et percutante sur la reconnaissance littéraire jamais pleine et entière dont ils ont fait l’objet. Avec, en creux, une question brûlante : c’est quoi un écrivain français ?
Le Makhzen s’était comme mis en sommeil, après la dernière activité officielle de Mohammed VI avant la pause estivale. C’était le 31 juillet, pour la cérémonie d’allégeance, au palais royal de Tétouan. Le Tout-Rabat avait fait le déplacement. Chorégraphiée sous le règne de son père Hassan II, la bey’a est un des moments marquants de l’année politique : le souverain a traversé la cour d’honneur à bord d’une Cadillac décapotable de 1962 et ses plus illustres sujets, vêtus de blanc, se sont inclinés.
C’est un discours qui a réveillé le palais, le 20 août. Dix-sept minutes sur le fanatisme musulman, l’Afrique et les migrants, prononcé par le monarque et descendant du Prophète. Un discours diffusé sur toutes les chaînes marocaines, dont l’objectif est clair : se positionner comme l’apôtre de la modération. Mohammed VI a voulu réaffirmer que le commandeur des croyants, c’est lui.Dix-sept minutes sur le fanatisme musulman, l’Afrique et les migrants, prononcé par le monarque et descendant du Prophète. Un discours diffusé sur toutes les chaînes marocaines, dont l’objectif est clair : se positionner comme l’apôtre de la modération. Mohammed VI a voulu réaffirmer que le commandeur des croyants, c’est lui.
« Nous sommes convaincus que l’assassinat d’un prêtre est un acte illicite selon la loi divine, et que son meurtre dans l’enceinte d’une église est une folie impardonnable », a déclaré Mohammed VI
« Les responsables marocains, dont le roi, ont la conviction qu’ils ont construit une véritable politique religieuse, et qu’elle est une expérience exportable tant au niveau du dogme que de la gestion administrative de la religion. Ils sont sûrs de leur politique qu’ils prônent donc à l’international. Ce discours en est un aboutissement », souligne le politologue Mohamed Tozy, spécialiste des mouvements islamistes.
Mohammed VI livre un sévère réquisitoire contre les djihadistes. « Nous sommes convaincus que l’assassinat d’un prêtre est un acte illicite selon la loi divine, et que son meurtre dans l’enceinte d’une église est une folie impardonnable, car c’est un être humain et un homme de religion, quand bien même il n’est pas musulman », s’est indigné le roi, poursuivant : « Les terroristes qui agissent au nom de l’islam ne sont pas des musulmans (…), ce sont des individus égarés condamnés à l’enfer pour toujours. »
Le souverain s’est également directement adressé à la diaspora marocaine.
« J’invite les Marocains résidant à l’étranger à rester attachés aux valeurs de leur religion et à leurs traditions séculaires face à ce phénomène qui leur est étranger »,
a-t-il expliqué, les invitant à être des « défenseurs de la paix (…) dans leurs pays de résidence respectifs ».
Mohammed VI tire sa légitimité de son statut d’Amir Al-Mouminine (commandeur des croyants). Un titre que portaient les premiers califes, successeurs de Mahomet, et le même que lui conteste, depuis juin 2014, Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’organisation Etat islamique (EI). Le roi préside le conseil supérieur des oulémas, l’organe qui revendique pour le compte du souverain le monopole de la production de sens religieux.
Une entreprise qui sert à asseoir la suprématie de la monarchie sur les autres acteurs politiques marocains, y compris les islamistes. Pour relayer sa lecture de l’islam, le roi du Maroc dispose d’une panoplie de moyens d’un Etat moderne, une « bureaucratie du croire », comme l’explique M. Tozy. Elle s’appuie sur des dizaines de milliers d’imams fonctionnarisés.
Tentative d’asseoir Rabat comme l’épicentre de l’islam africain
A l’intérieur du Maroc, le royaume a, en effet, fermement repris en main sa sphère religieuse après les attentats de 2003 à Casablanca, qui avaient fait 45 morts. Chaque année, il forme 150 imams et 50 prédicatrices, et soumet deux jours par mois ses quelque 50 000 imams en activités à une « mise à niveau ».
Aucune enveloppe budgétaire n’est refusée au ministère des habous (biens de mainmorte) et des affaires islamiques, dirigé depuis 2002 par un historien, Ahmed Toufiq. Adepte de la Tariqa Boudchichiya, la plus puissante des confréries soufies marocaines, il est l’homme fort de la « restructuration du champ religieux » engagée depuis 2003. Cet homme discret ne jure que par le triptyque « rite malékite, doctrine achâarite et soufisme », qui forment, selon lui, la particularité de l’islam marocain.
La promotion d’un islam « modéré » n’est pas seulement une œuvre à vocation interne. Elle est aussi au cœur d’une intense (et ancienne) diplomatie religieuse. En mars 2015, le roi a inauguré l’Institut Mohammed-VI de formation des imams et des prédicatrices. La genèse du projet remonte à 2013, au Mali : après l’épisode de 2012 – les djihadistes avaient pris le contrôle du nord du pays –, un accord avait été signé avec le président Ibrahim Boubakar Keïta pour la formation d’imams maliens au Maroc afin de lutter contre l’extrémisme religieux. Dans la foulée, d’autres pays africains avaient fait la même demande à Rabat, décidant le Maroc à se lancer dans la construction de cette institution.
Situé dans le quartier Madinate Al-Irfane, à Rabat, le complexe, qui est sorti du sol en seulement un an et a coûté 21 millions d’euros, compte un millier de places et reçoit des pensionnaires africains et européens venus se former pendant plusieurs années. En juin, le roi a inauguré cette fois la Fondation Mohammed-VI des oulémas africains : rassemblant des théologiens de trente pays du continent, elle est la première tentative d’asseoir Rabat comme l’épicentre de l’islam africain.
1 600 départs de djihadistes marocains vers la Syrie ou l’Irak
« Depuis l’indépendance, la religion est un élément-clé de la diplomatie du Maroc vers l’Afrique. Les récents événements dans la région ont donné une actualité nouvelle à cette stratégie », rappelait au Monde l’anthropologue Mohamed-Sghir Janjar en mars 2015. Avec la montée de la menace terroriste, cette expertise a été dirigée également vers les Etats européens.
Le Maroc n’est d’ailleurs pas le seul à se poser en chantre d’un islam modéré. En Egypte, la mosquée Al-Azhar, qui abrite l’université du même nom, prestigieuse institution de l’islam sunnite, a proposé, fin 2015, de former des imams « modérés » pour la France et l’Europe afin de lutter contre l’organisation Etat islamique (EI). L’Algérie mène également avec la France des programmes de formation.
Le dispositif a pourtant ses limites. Depuis 2002, environ 160 cellules (une par mois en moyenne) ont été démantelées par les services de sécurité, qui se félicitent d’avoir aidé leurs homologues en Europe et en Afrique à prévenir plusieurs attentats. Et on estime à 1 600 le nombre de départs de djihadistes marocains pour la zone irako-syrienne.
Rabat entretient également des relations très étroites avec les pays du Golfe, notamment avec l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Des soldats marocains participent d’ailleurs à la coalition menée par Riyad au Yémen. Mais c’est surtout la pénétration du discours wahhabite, longtemps toléré par les autorités (moins depuis les attentats de 2003), qui contredit le discours de modération du pouvoir.
Un tel discours a « une forte efficacité symbolique »
Au-delà des frontières marocaines, quel peut être l’impact du dernier discours royal ? « Concrètement, c’est une efficacité limitée », souligne Mohamed Tozy, rappelant que les processus de radicalisation actuels échappent au mode classique de socialisation religieuse (mosquées, familles, etc.). Le contrôle du champ religieux se heurte aux nouveaux ressorts de recrutement de l’EI : rapide, individualisé, facilité par les réseaux sociaux.
Un tel discours a, par contre, « une forte efficacité symbolique », poursuit le politologue. Le roi apparaît en « commandeur des croyants » (donc pas seulement musulmans). « Cette façon très directe de s’adresser aux Marocains de la diaspora est aussi une façon de marquer les limites des responsabilités du Maroc », souligne M. Tozy. Après un tel discours, ceux qui se laisseront entraîner par l’EI ne seront ni Marocains ni musulmans. Pour l’universitaire, « ce discours est à relier à la cérémonie de décoration qui a suivi, avec un parterre de personnalités improbable dont des rappeurs, des artistes, etc. C’est très pensé : cela montre un roi de la pluralité qui n’est pas prisonnier du conservatisme ».
Cependant, certains pointent un islam très conservateur. En janvier 2015, le Maroc est le seul pays invité à avoir refusé de défiler à Paris après les attentats contre Charlie au motif que des caricatures du Prophète étaient visibles dans le cortège.
Il existe des moments où tout semble s’agencer en une harmonie soyeuse. En ce début d’été 1980, des trombes d’eau s’abattent sur la région parisienne. Mais rien, ce 3 juillet, ne peut décourager les fans de Bob Marley de braver les intempéries pour se rendre sur ce terre-plein du Bourget, à deux pas de l’aéroport. Ni la météo incertaine ni les embouteillages.
Deux heures d’autoroute à touche-touche tant les fans s’annoncent nombreux à se rendre depuis Paris vers le lieu où la scène est installée. Serrés dans leurs voitures, les spectateurs patientent sous étroite présence policière et échangent des coups de klaxon comme autant de clins d’œil joyeux. On allait voir Bob, tous ensemble, pour ce qui allait être le plus grand concert donné jusque-là en France.
Un rassemblement géant, inédit depuis Mai 68
Arrivés sur place, les nuages se sont éloignés et les premières chansons entonnées par Rita, la femme de la star, éclatent sous un coucher de soleil à couper le souffle. Un concert dans l’herbe, baignant dans un nuage d’herbe, où toutes les générations se mélangent, étudiants comme anciens babas, moutards perchés sur les épaules. Les sticks de ganja circulent de main en main et renvoient des éclats de lucioles souriantes. Jamais, depuis Mai 68, la jeunesse de France s’est vue aussi massivement rassemblée en un même lieu. Le nombre des présents se murmure d’oreille en oreille : 20 000, 30 000, 40 000, 50 000 au total… on n’y croit pas, on se grise d’être autant.
Trois semaines plus tôt, le pape Jean Paul II avait réuni ses fidèles au même endroit. Coluche, l’humoriste grinçant qui tente alors de s’inviter à la prochaine élection présidentielle qui opposera le sortant Valéry Giscard d’Estaing au socialiste François Mitterrand, se tord de rire : « Le pape au Bourget : 22 000 personnes gratuites ! Bob Marley : 47 000 payantes ! Je me demande si le reggae n’est pas en train de prendre le pas sur la liturgie. »
« On allait au Bourget comme on allait voir un chaman. » Le journaliste Bruno Blum, spécialiste de Bob Marley
« Cette tournée Uprising est le bouquet final de Marley, explique le journaliste spécialiste de la star Bruno Blum. On allait au Bourget comme on allait voir un chaman. » Les yeux pétillants, le critique musical Gérard Bar-David a encore en mémoire cette journée si particulière. Il avait 23 ans et obtenu une interview de Rita. Il s’est retrouvé au milieu du groupe logé à l’Hôtel Nikko. Marley et les Wailers avaient déjeuné au restaurant japonais de l’hôtel, et Rita a proposé au jeune journaliste de monter avec eux dans le bus qui se rendait au Bourget. Au fond, Bob a dompté ses dreadlocks sous un gros bonnet de coton. « Je n’ai jamais oublié son regard, un regard aussi sombre qu’abyssal, un regard infini, chargé d’amour et de concentration. »
50 000 personnes assistent au concert de Bob Marley ce soir-là au Bourget. JEAN-PIERRE LELOIR
Bob Marley était déjà venu en France, en 1977 puis en 1978 – des concerts mémorables pour les aficionados, mais qui avaient attiré moins de monde. En cette année 1980, un mois après la sortie de son album Uprising, où il trône en couverture bras levés et poings serrés, il a atteint l’apogée de son succès. Déjà disque d’or avec plus de 100 000 exemplaires vendus en France. Jusque-là célébré par la presse musicale spécialisée et par les radios pirates qui diffusent sa musique, il est devenu un phénomène que les grands médias ne peuvent plus éviter.
RTL, une des rares radios privées autorisées en France, a décidé de retransmettre le concert en direct. Le grand Bob a même droit à un article dans Le Monde sous la rubrique « rock ». Le critique Alain Wais résume la « marley mania » qui s’est emparée du pays et du monde entier : « Dix mille personnes à Dijon, on croyait à un hasard, écrit-il, et puis encore dix mille à Saint-Etienne, autant à Strasbourg, à Orléans, à Bordeaux, à Lille, à Toulon, à Nantes et le hasard s’est transformé en exploit. »
Quelques jours auparavant, les Wailers avaient secoué Milan avec 120 000 spectateurs, mais la nouvelle n’était pas parvenue en France. Pas davantage que celle de leur tournée au Japon et en Afrique, leur virée en Australie et en Nouvelle-Zélande ou leur traversée des Etats-Unis.
Vidéo :extraits du concert du 3 juillet 1980 au Bourget
Le journaliste a compris que Bob Marley est bien davantage qu’un chanteur de reggae, cette musique qui allie ska et rock, et donne envie de danser. Il a un message à délivrer. C’est un homme engagé qui se bat sans relâche pour la paix, la liberté, la réconciliation entre les peuples, les Noirs et les Blancs, la révolte des opprimés avec des mots simples repris aux quatre coins du monde : « Get up, stand up : stand up for your rights. » Un symbole aussi. Il n’est certes pas le premier Noir à faire une carrière mondiale, mais le premier artiste du tiers-monde à être célébré sur toute la planète.
Dieu vivant en Jamaïque
En France, Bob Marley a tout pour plaire. Il est beau comme un dieu, son sourire irradie, il apporte une musique nouvelle qui influencera plus tard le rap, c’est une bête de scène et il fume d’énormes joints en public. De quoi faire palpiter une jeunesse qui n’a pas beaucoup d’occasions de s’amuser depuis que ses aînés ont tenté de faire la révolution en 1968. Il prône la paix et l’égalité, incarne avant l’heure le « Touche pas à mon pote » de la France des années Mitterrand.
Son parcours force le respect. Né en 1945 dans une campagne misérable de la Jamaïque, Robert Nesta Marley grandit dans le rejet des siens : son père, 60 ans, un Blanc riche, a mis enceinte sa mère âgée de 16 ans et son métissage suscite moqueries et brimades dans son village. Très jeune, entre les travaux des champs et l’élevage des cochons, il est attiré par la musique, jouant sur une guitare fabriquée à partir de boîtes de sardines.
« Je ne suis du côté de personne, je suis à la fois noir et blanc, je ne suis que du côté de Dieu. » Bob Marley
A 12 ans, sa mère l’amène à Kingston pour tenter une vie meilleure, dans le quartier trash de Trenchtown qu’il ne quittera jamais vraiment. Il n’y mange pas souvent à sa faim, les petits caïds font la loi et les descentes de police sont fréquentes. Il en garde un profond sentiment d’injustice, ainsi que la conviction de n’appartenir à aucun camp, à aucune race : « Je ne suis du côté de personne, je suis à la fois noir et blanc, je ne suis que du côté de Dieu », dit-il dans Marley, le film fleuve et très informé que lui a consacré Kevin MacDonald.
C’est à Trenchtown que naît le reggae et Bob Marley a compris que seule la musique lui permettra de sortir du ghetto. Il enregistre sa première chanson, en 1962, dans un quasi-anonymat et décide de monter son groupe. A cette époque, il rencontre un prêcheur du rastafarisme, une religion qui se revendique comme celle des peuples opprimés. Il laisse pousser ses fameuses dreadlocks, devient végétarien et s’impose en prophète rasta.
Le concert du 3 juillet 1980 : une planche-contact du photographe Jean-Pierre Leloir. JEAN-PIERRE LELOIR
Après avoir rejoint sa mère aux Etats-Unis où il accumule les petits boulots, il revient à Kingston pour fonder son propre label. Dès le début des années 1970, il devient un dieu vivant en Jamaïque, mais il rêve de conquérir le monde : il tourne sans relâche en Europe et en Amérique dans de petites salles. A 30 ans, il a déjà composé 340 titres. Il dort deux heures par nuit, fait des concerts quasiment tous les jours et des enfants à toutes les femmes qu’il rencontre (11 officiellement reconnus).
Obsédé par la réconciliation
L’année 1974 marque un tournant majeur. Eric Clapton reprend l’une de ses chansons, I Shot the Sheriff, sur son album 461 Ocean Boulevard qui devient un tube mondial. « Du jour au lendemain, tout le monde s’intéresse à Marley », constate Gérard Bar-David. En 1975, il enregistre son premier succès international No Woman No Cry, suivi du mythique Rastaman Vibration.
En 1977, son album Exodus cartonne. Avec Jamming, puis Could You Be Loved, il squatte les charts américains : « Il apporte une culture étrangère et l’inscrit dans une matrice pop internationale, analyse le journaliste et auteur Bruno Blum. Il n’est pas le Black de service, il fait partie de la scène pop anglo-saxonne. » « Il crie la misère du peuple noir. De ses souffrances, il raconte le ghetto, la rue, celle où on ne distingue pas toujours bien la chaussée du trottoir, où l’on meurt de ne pas pouvoir en sortir, et il dit que l’oppresseur doit tomber », résume Alain Wais dans Le Monde.
Le billet d’entrée pour le concert du 3 juillet 1980. "M, LE MAGAZINE DU MONDE"
Ses mots résonnent dans un monde où les dictatures sont encore pléthore, en Afrique bien sûr, mais aussi en Amérique du Sud et dans les pays communistes. Il s’engage personnellement en Jamaïque, en proie à une violence quotidienne. Obsédé par la réconciliation, il décide en 1978 d’organiser un concert qui réunirait les deux partis luttant pour le pouvoir. Une décision qui ne plaît pas à tout le monde : la veille, il échappe de justesse à la mort en se faisant tirer dessus chez lui. Le concert est reporté mais pas annulé. Bob Marley fera finalement monter sur scène les deux ennemis politiques.
Deux ans plus tard, il est l’invité d’honneur à la fête d’indépendance du Zimbabwe, auquel il avait consacré une chanson – devenue l’hymne des indépendantistes. Il se retrouve à chanter devant le prince Charles, le nouveau président Mugabe et des personnalités du monde entier. « Il ne se limite pas comme Elvis Presley à l’Occident, constate Bruno Blum. Il a plus à voir avec Gandhi qu’avec un Presley. » C’est cet homme aux multiples facettes qui fascine.
Bob Marley était le premier artiste du tiers-monde à être célébré dans le monde entier en chantant la révolte des opprimés avec des mots simples. VEUIGE/DALLE/APRF
En France, depuis Mai 68, les jeunes étouffent. « Le Bourget, c’est le premier cri collectif de liberté d’une jeunesse asphyxiée », résume Gérard Bar-David. L’arrivée au pouvoir de Valéry Giscard d’Estaing, en 1974, avait été perçue comme un vent de modernité après des années de chape de plomb gaulliste : sous son mandat, le droit de vote passe à 18 ans et l’avortement cesse d’être pénalisé.
Mais le pouvoir continue à se méfier de la jeunesse. Depuis les événements de Mai 68, les étudiants ont été chassés au-delà du périphérique dans de nouvelles universités, loin des pavés du centre de Paris. Les concerts de rock sont eux aussi relégués aux portes de la capitale, aux abattoirs de Pantin. Même les Rolling Stones avaient eu droit à cette ancienne halle rebaptisée Pavillon de Pantin. Les jeunes font peur. Tout rassemblement est suspect et âprement surveillé.
Dans l’audiovisuel, la liberté d’expression est réduite à sa plus simple définition. La télévision compte alors trois chaînes d’Etat dont les contenus des journaux sont directement visés par le ministère de l’intérieur. Même chose pour les radios dont le monopole est entre les mains du pouvoir en place à part RTL, Europe 1 et Radio Monte-Carlo.
Le symbole d’un désir de justice
La jeunesse traque sur les ondes des émetteurs clandestins dans lesquels ils se reconnaissent davantage et dont les animateurs sont sévèrement poursuivis. « On déménageait tous les soirs, raconte Gérard Bar-David, qui anime alors une émission sur Radio Ivre, ancêtre de Radio Nova. Des auditeurs nous prêtaient leurs apparts pour émettre. » A l’époque, il est interdit de posséder un talkie-walkie, considéré comme une entrave au monopole des ondes imposé par l’Etat. « Marley symbolise un fort désir de justice chez une jeunesse française pour qui Che Guevara est un héros, explique Bruno Blum. Il incarne cette demande d’égalité qui va porter François Mitterrand au pouvoir. »
Le concert du Bourget se déroule comme tous les autres de la tournée. Enorme bosseur, ultrarigoureux, la figure mondiale du reggae ne laisse rien au hasard. Il harcèle choristes et musiciens jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il veut. Après sa femme Rita, il monte sur scène, dreadlocks au vent, silhouette gracieuse, jean et blouson satiné aux couleurs de la Jamaïque qu’il troque plus tard pour une chemise en jean.
Les yeux fermés, au bord de la transe
Le show commence toujours par la même incantation, « Jah Rastafari », puis il aligne les tubes. Derrière lui, les I-Tree, ses choristes dont Rita est la chef, se déhanchent en boubou. Une fausse note d’un musicien est immédiatement sanctionnée d’un regard qui tue. Bob danse, Bob chante, les yeux fermés comme habité, au bord de la transe. « Il semblait éternel », se souvient Gérard Bar-David, qui ne se rappelle en revanche absolument pas comment il a réussi à revenir à Paris et à retrouver sa voiture laissée sur le parking du Nikko, tant les pétards ont tourné dru cette nuit-là.
Le lendemain, à la fin du journal d’Antenne 2, Léon Zitrone, costume gris, cravate et lunettes, lance un sujet sur le concert en évoquant, avec un vague air d’incompréhension dans les yeux, « le record de spectateurs en France pour un concert ».
Vidéo : extrait du « JT » d’Antenne 2 du 5 juillet 1980
Puis c’est un drôle de fait divers qui intéresse la presse. Le coproducteur de l’événement Jean-Claude Camus a été pris en otage plusieurs heures chez lui en rentrant du concert et s’est fait délester d’une enveloppe de 250 000 francs provenant de la vente des billets en cash du concert de la veille à Nantes par des hommes encagoulés planqués chez lui et armés de pistolets. « Prise d’otages après le concert de Bob Marley », titre France Soir en énorme. L’affaire n’a jamais été éclaircie, mais les fans du chanteur s’en moquent.
« C’était Woodstock. On l’avait finalement, notre festival, onze ans après. » Alain Wais, « Le Monde »
Dans Le Monde, le journaliste Alain Wais est encore sous le coup de l’émotion du spectacle : « C’était Woodstock. On l’avait finalement, notre festival, onze ans après. Comme quoi, en tout état de cause, les Français ne sont pas plus bêtes que les autres. » Il cite des spectateurs, placés trop loin dans cette foule immense qui regrettent de ne pas en avoir assez vu, assez entendu. « Vivement l’année prochaine qu’il revienne ! », conclut l’un deux.
Bob Marley ne reviendra pas. Deux mois plus tard, le 19 septembre, il ouvre le show des Commodores, le groupe de Lionel Richie, au mythique Madison Square Garden, à New York. Le lendemain, le chanteur s’effondre lors d’un footing à Central Park. Conduit à l’hôpital, il apprend qu’il souffre d’un cancer généralisé : cinq tumeurs, et des costaudes – trois au cerveau, une au poumon, une à l’estomac. Il n’a plus que quelques semaines à vivre.
Malade, usé par la tournée
Quelques années plus tôt, au cours d’un match de foot, il s’était blessé au pied. Un médecin l’avait averti d’un mélanome et avait tenté de le convaincre de l’amputer du pied. Il avait refusé : pas question de ne plus pouvoir danser sur scène et de ne plus faire son foot quotidien. Le cancer avait été chassé dans un coin de sa tête, entre oubli et déni. N’était-il pas immortel, lui, l’enfant du ghetto devenu mondialement connu ? N’était-il pas protégé par Jah, lui qui s’était transformé en porte-parole d’une religion méconnue, le rastafarisme ?
En sortant de l’hôpital, ce jour-là à New York, Bob Marley ne laisse rien paraître. Il ne dit un mot à quiconque du mal qui le tue. Il maintient même son concert prévu à Pittsburgh le lendemain. Son régisseur de scène Mark Miller se souvient l’avoir trouvé « fatigué » à la fin de cette folle tournée. « Dès notre retour de France, on avait l’impression que la tournée l’usait de plus en plus. Il avait tout le temps l’air crevé, mais comme c’était le cas pour tout le monde, on n’était pas trop surpris », écrit-il dans Sur la route avec Bob Marley – Coulisses de tournées (*).
A 30 ans, en 1975, Bob Marley (ici le 3 juillet 1980) a déjà composé 340 titres. VEUIGE/DALLE/APRF
Après le spectacle de Pittsburgh, « Bob avait l’air particulièrement morose », se rappelle Miller. Toute l’équipe remonte dans le bus comme d’habitude. Tous, sauf le chanteur qui tarde à venir. Un de ses proches arrive et annonce d’une voix blanche à la troupe : « On reporte le reste des dates. Bob a besoin de repos. » « Tout le monde parlait d’épuisement. Quelque chose en moi m’a dit : “C’est fini.” », raconte Mark Miller.
Après avoir tenté un traitement de la dernière chance en Allemagne et avoir enregistré un ultime album, Confrontation, sa dernière bataille, Bob Marley décide de retourner à Miami où vit sa mère. Il y meurt le 11 mai 1981 entouré de ses enfants, de Rita et de ses plus proches amis. A 36 ans. La veille, en France, François Mitterrand a été élu premier président socialiste de la Ve République.
* Traduit et enrichi par Bruno Blum, éd. Castor Astral, 2010.
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