Super Koné, portraitiste de l’élite politique africaine

Il n’a pas connu la gloire de son compatriote Malick Sididé, considéré comme le plus grand portraitiste du « Tout-Bamako ». Ni celle d’un autre célèbre Malien, Seydou Keïta, qui fut le centre d’une exposition au Grand-Palais à Paris du 31 mars au 11 juillet. Et pourtant, Mamadou Koné, dit Super Koné, affiche des états de service à susciter la jalousie des plus grands : en quarante-deux années d’une carrière ininterrompue, il aura vu passer devant son objectif pas moins de 818 chefs d’Etat, rois, princes et chefs de gouvernement. Le dernier d’entre eux étant le nouveau chef de l’Etat béninois, Patrice Talon.

Le griot et le photographe

Le rêve de jeunesse de Super Koné le destinait à une carrière de guitariste dans la capitale du Soudan français, l’ancien nom du Mali avant les indépendances africaines. Il a dû renoncer face au veto d’un père intransigeant qui ne voulait pas que son rejeton devienne un « griot moderne ». C’est finalement la télévision scolaire, lancée aux débuts des années 1970, qui offre à ce grand gaillard au physique de catcheur son premier emploi en tant qu’assistant réalisateur.

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Il y côtoie l’actuel premier ministre malien, Modibo Keïta, alors directeur de la toute jeune chaîne, qu’il finit par quitter en 1972 pour des stages successifs en France, à l’Ecole Louis-Lumière à Paris, à l’Office des programmes pédagogiques pour l’enseignement par la télévision (Ofratem) puis au Centre pédagogique des techniques avancées de la photo, à Marly-le-roi.

De retour à Bamako, la « ville aux trois caïmans » en bambara, Super Koné s’essaie à la photographie en autodidacte. Il obtient, grâce à la bienveillance des gardes et du protocole présidentiel, l’autorisation de « squatter » le palais de Koulouba, sur les hauteurs de la capitale, pour réaliser les photos des cérémonies officielles : audiences du chef de l’Etat, visites de présidents étrangers, lettres de créance. La qualité de ses clichés le distingue très vite des photographes officiels qui manifestent vite leur jalousie. Son tempérament de baroudeur l’aide à faire le dos rond face aux sarcasmes.

Il réalise le portrait de l’écrivain Amadou Hampâté Bâ, l’auteur de L’Etrange Destin de Wangrin, après celui de Banzoumana Cissoko, père de l’hymne national malien, et connaît sa première heure de gloire en 1975 avec la sortie aux Editions populaires du Mali de son livre Coiffures traditionnelles et modernes du Mali. Il gagne ses premiers millions de francs CFA, mais surtout une immense notoriété avec le succès commercial et professionnel de son hommage à la beauté de la femme malienne.

Le « fils africain de Jacques Foccart »

A écouter l’homme de 69 ans aux doigts noircis par une longue carrière de fumeur, c’est en 1977 que son destin bascule pour la première fois. Cette année-là, Jean Rouch réussit à le convaincre de venir s’installer à Paris. L’ethnologue et cinéaste français, dont le corps est inhumé au cimetière chrétien de Niamey, le présente à Jacques Foccart, le tout-puissant « Monsieur Afrique » du général de Gaulle qui lui ouvre en grand les portes de l’Elysée. Plus besoin de carte de presse ou d’accréditation pour « le fils africain de Foccart » lorsqu’un chef d’Etat africain est reçu au palais de la présidence française, que ce soit sous Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy ou Hollande. Ce furent d’abord les pères des indépendances africaines qui passèrent devant son objectif, du Camerounais Ahmadou Ahidjo au Sénégalais Léopold Sédar Senghor, en passant par le Nigérien Hamani Diori et le Djiboutien Hassane Gouled Aptidon.

Le photographe malien, que la maladie empêche à présent de se déplacer, aura ensuite été le portraitiste de la deuxième génération des dirigeants africains incarnée par le Zaïrois Mobutu Sesse Seko, le Guinéen Lansana Conté, le Sénégalais Abdou Diouf. Après les pères présidents, Super Koné aura photographié les fils : Eyadema et Faure Gnassingbé, Omar et Ali Bongo, Hassan II et Mohammed VI. De sa longue carrière, il a tiré des liens très personnels avec certains chefs d’Etat, dont le Sénégalais Abdou Diouf, le Congolais Denis Sassou-Nguesso ou le Tchadien Idriss Déby, qu’il tutoie.

Houphouët avait une addiction à la photo

Mais c’est avec le premier président ivoirien qu’il entretenu la plus longue et plus grande proximité. La rencontre entre le photographe et Félix Houphouët-Boigny a lieu 1956 au cimetière de Bamako alors que l’Ivoirien était député de l’Afrique-Occidentale au Parlement français. Super Koné était venu au Mali rendre hommage à son ami et compagnon de lutte pour les indépendances, Mamadou Konaté, vice-président du Rassemblement démocratique. Les deux hommes se retrouvent en 1985 à Paris, où Houphouët-Boigny, devenu président, effectue une visite de travail. Super Koné couvre l’événement. Il confie ensuite un album à l’ambassadeur Eugène Haïdara.

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Le président Houphouët, devant la qualité des images, demande à rencontrer illico le photographe. « A cette époque-là, il n’y avait pas de portable, c’est donc une chasse à l’homme dans Paris que l’ambassadeur Haïdara et Ouézzin ont organisé pour me retrouver. Ils ont fini par y arriver en m’arrêtant au feu rouge d’un carrefour », se souvient avec jubilation le photographe malien au crâne désormais dégarni. Ce jour-là, le destin de Super Koné bascule à nouveau.

Le président ivoirien décide du Sahélien son photographe attitré. De 8 h 30 à 22 heures, Super Kondé assure à l’hôtel particulier Le Masserand, dans le 7e arrondissement, la couverture de toutes les activités de l’ancien planteur de cacao devenu chef d’Etat. Il le suit au millimètre dans ses déplacements officiels à Paris et dans le reste de la France.

 

De cette complicité, le photographe gardera des souvenirs, comme la rencontre secrète entre François Mitterrand et Félix Houphouët-Boigny, qu’il évoque avec la fierté du combattant qui a ramené un trophée de guerre : « Le tête-à-tête a eu lieu en avril 1992, quelques mois avant le décès du président ivoirien. Le président français est venu dans un véhicule banalisé et il est resté deux heures et demie avec Houphouët. Je suis le seul photographe à avoir des images de cette entrevue, lance Super Koné. C’est parce qu’il m’a reconnu que Mitterrand s’était prêté à l’exercice de la prise des vues en arrivant, puis à nouveau avec Houphouët. »

Selon le photographe, le président ivoirien était passionné de photo. Il aimait que le photographe lui remette son travail en main propre. L’occasion de dîners mémorables : « Même à Paris, Houphouët ne ratait pas ses plats africains, attieké, maffé, gombo, alloco. Il me recevait à sa table et commentait les photos pendant le repas. Il disait ici tu m’as mal pris, là tu aurais dû mieux cadrer ou me prendre de profil. »

Chefs d’Etat généreux ou pingres

En quatre décennies, Super Koné a vendu des portraits de chefs africains à de prestigieuses agences telles l’AFP, Sipa, Sigma et bien d’autres. Mais son business le plus rentable aura été les albums des activités officielles des chefs d’Etat. Des clients prestigieux, on retrouve des généreux comme Mobutu, qui peut remettre une mallette de billets lorsqu’il estime que l’album est bien fait. Houphouët n’hésitait pas à prépayer jusqu’à 150 000 francs français pour les travaux préliminaires puis à débourser 300 000 francs à la livraison. La légende raconte qu’il comptait l’argent en kilos.

On cite également parmi les chefs d’Etat généreux le président-paysan de Guinée Lansana Conté, le premier président camerounais Ahmadou Ahidjo, Eyadema Gnassingbé, Omar Bongo ou le Congolais Denis Sassou-Nguesso. Mais, à voir Faure Gnassingbé et Ali Bongo, la générosité n’est pas une qualité dont on hérite forcément. L’actuel président guinéen et son homologue mauritanien sont eux aussi réputés être près de leur sous.

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Mais lorsqu’on côtoie les chefs d’Etat pendant plus de quarante ans, on gagne, en plus de l’argent, opportunités et influence. Le photographe malien revendique ainsi d’avoir obtenu la fermeture du sinistre bagne malien de Taoudeni après avoir sensibilisé sur la question le président Moussa Traoré, de passage à Paris. Il se souvient également avec fierté d’avoir été le premier photographe africain à voir ses œuvres exposées, en septembre 1981, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York : « Il y avait au vernissage sept chefs d’Etat africains et le secrétaire général Kurt Waldheim. »

Album hommage

Au soir de sa carrière, le plus ancien photographe de chefs d’Etat africains à Paris se bat pour sortir de ses archives un album d’hommage à Félix Houphouët-Boigny assorti d’une centaines de témoignages de personnalités. Alors qu’il devrait bénéficier du soutien de tous ceux qui se présentent aujourd’hui comme les héritiers d’Houphouët-Boigny, le projet peine à trouver son financement. Alertée par différents canaux, la première dame ivoirienne se serait résolue à mettre 3 000 euros sur la table. Il en faudrait 50 000.

La contribution de son époux, le président Alassane Ouattara et celle de l’ancien président Bédié se font toujours attendre. « Je vais dépenser jusqu’à mon dernier centime pour que cet hommage à Houphouët soit réalisé, lance Super Koné avant de grimper dans sa voiture pour retrouver son appartement de Sarcelles. Nous avons tous une dette morale envers Houphouët, je vais m’acquitter de ma part. »

 
Le Monde

Un maire noir de Paris en 1879, effacé des archives et de l'Histoire

Severiano de Hérédia, Le  maire "noir" de Paris, député, ministre des travaux publics

caricature de Severiano de Hérédia, Un Caribéen noir, ministre des Travaux publics et président du conseil de Paris sous la 3e République

Un Caribéen noir,  Severiano de Heredia, a été ministre des Travaux publics et président du conseil  de Paris sous la 3e République. Ce mulâtre cubain, cousin des  deux poètes José-Maria de Heredia, a été dénigré de son vivant et effacé des  mémoires dès son trépas. Un cas emblématique proposé par les éditions Les Indes  savantes, collection Boutique de l’histoire.

Paul Strade,  professeur émérite de l’université de Paris VIII, a présenté vendredi dernier à  l’Assemblée Nationale son livre, « Sévériano de Hérédia : ce mulâtre cubain que  Paris fit maire et la République ministre », préfacé par  la 1re députée noire de la capitale, Georges  Pau-Langevin.

L’auteur a épluché  les archives de la police de Paris, de la Bibliothèque nationale, du Grand  orient de France, ainsi que les archives cubaines afin de rétablir l’histoire. «  En France, seul l’archiviste du Grand orient de France avait remarqué son nom  clinquant et son rang éminent au sein de la hiérarchie maçonnique. Mais il ne  s’avait pas qu’il était noir. » Severiano de Hérédia a été élu conseiller  municipal du quartier des Ternes en 1873, puis président du conseil de Paris en  1879 et député de la  Seine en 1881. Il devient en 1887 le premier ministre noir des  Travaux publics. Un ministère de plein pouvoir dans le gouvernement Rouvier. «  Severiano de Hérédia était un grand réformiste social et laïc », résume  l’auteur.

Et pourtant, il  reste méconnu pour ne pas dire inconnu. Son nom ne figure pas sur la liste des  personnalités enterrées au cimetière parisien des Batignolles où il repose, ni  dans les dictionnaires et encyclopédies populaires actuelles. Aucune trace de  son nom dans le Paris d’aujourd’hui ou ailleurs en France. Il n’a d’ailleurs  jamais été décoré de la légion d’Honneur alors même qu’il est le créateur des  bibliothèques municipales à Paris et, à la suite de Victor Hugo et Jules Ferry,  président de l’association Philotechnique. Ce grand républicain classé au  cimetière des oubliettes fait  partie de ces Noirs qui ont fait  la  France.

Un Caribéen noir, Severiano de Heredia, a été ministre des Travaux publics et président du conseil de Paris sous la 3e République (Maire)Né à  la Havane, le 8  novembre 1836, de deux mulâtres libres, il a été élevé par son parrain, un riche  planteur qui disait de lui : « Je l’aime comme un fils pour l’avoir élevé. » Il  débarque à Paris en 1845, où il mourra le 9 février 1901 d’une commotion  cérébrale. C’est lui qui géra avec succès les très grands froids de l’hiver  1879-1880 sur la capitale. « C’est un exemple à méditer », s’est émue George  Pau-Langevin qui a offert un exemplaire de l’ouvrage à Bertrand Delanoë, son  lointain successeur. Ce dernier ignorait jusqu’alors qu’un Noir avait occupé son  fauteuil avant lui.

L’ambassadeur de  la  République de Cuba à Paris, Orlando Requeijo Gual, a été  surpris que personne, particulièrement aux archives, ne connaissent l’existence  de Séveriano de Heredia. « Ce n’est pas possible », lui a-t-on répondu. « C’est  pourtant le tournant de l’histoire, s’exclame le diplomate. C’est d’une  actualité incroyable ! Il est peut être le premier ministre non blanc en Europe  ! Ce livre est un monument surtout pour penser, pour  réfléchir.»

Aujourd’hui, la  question des raisons de cet oubli se pose. Pourquoi ce qui a été possible durant  ces années-là ne l’est plus aujourd’hui ?  Il est l’homme oublié à cause de  la couleur de sa peau ? Et alors qu’il a été porté par la  3eRépublique, il est parti sans les honneurs réservés à ses meilleurs  citoyens. C’est une profanation de l’identité nationale. » Navrant destin pour  Heredia qui devrait faire partie du récit national.

Alfred Jocksan  (agence de presse GHM)

3 questions à Paul  Strade, auteur

L'auteur-Portrait de l'auteur de l'ouvrage sur

« L’ambassadeur  d’Haïti était son ami »

Quel est l’objet de  votre livre ?

J’ai voulu  montrer, c’est un travail d’historien, que notre Sévériano de Hérédia était  véritablement un homme supérieur, indépendamment de toute autre  considération.

En quoi cet homme  est-il emblématique ?

Dès que j’ai mis  le nez dans la documentation le concernant, je me suis aperçu de la modernité de  sa pensée et surtout de son insertion possible dans les débats actuels. Mais je  pense que les mentalités françaises n’ont pas évolué aussi vite que le monde et,  par conséquent, il reste encore des relents enfouis, et parfois malheureusement  exprimés, d’une pensée colonialiste .

Comment se fait-il  qu’il ne figure pas sur la liste des personnalités du cimetière des Batignolles  ?

C’est extrêmement  surprenant et il faut continuer les recherches. Une chose est certaine, il a eu  des obsèques magnifiques avec cinq orateurs donc un futur président de  la  République, le président du Sénat et chose tout à fait  extraordinaire, le corps diplomatique étranger était représenté par Haïti. C’est  la seule fois où Haïti a représenté le corps diplomatique mondial. L’ambassadeur  d’Haïti était un ami de Severiano, c'est-à-dire qu’on avait perçu au moment de  sa mort sa dimension africaine. La presse a rendu compte de ces obsèques très  solennelles comme un fait divers. Son étoile avait pali, il n’était plus rien.  Il avait été quelque chose, et là, il y avait eu la conquête de l’Afrique...  Tout Français doit se pencher sur son histoire en examinant les recoins qui  peuvent être honteux ou simplement incompris.  

Propos recueillis  par Alfred Jocksan

 

Coopération universitaire en Afrique : une nouvelle forme de colonisation ?

 

Des étudiants de l’université de Mogadisho, en novembre 2012.Crédits :© Omar Faruk / Reuters / REUTERS    

L’enseignement supérieur en Afrique est aussi vieux que les pyramides d’Égypte. Mais les établissements antiques du continent ont disparu depuis longtemps. L’éducation dispensée aujourd’hui – des programmes d’études à la structure des diplômes et aux langues d’enseignement – est ancrée dans le colonialisme. Partant de ce constat, nombreux sont ceux à s’être demandés si les universités africaines souffraient encore d’une forme de colonisation – de l’esprit cette fois.

L’histoire de Cheikh Mbow, spécialiste reconnu du changement climatique, est un exemple parlant. Le chercheur est né en 1969 au Sénégal, où il a fait ses études. En revenant sur ses premières années dans le supérieur, il s’est rappelé qu’il savait « tout à propos de la géographie et de la biologie de la France, mais rien sur celles du Sénégal. »

Mbow se trouve aussi être mon ami, et avec l’un de ses collègues, nous avons écrit ensemble le chapitre d’un ouvrage sur la production du savoir scientifique en Afrique aujourd’hui. Ce texte est basé sur le vécu de Mbow – sur lequel je reviendrai.

Des universités décolonisées !

Ces dernières années, on a commencé à prendre conscience des racines historiques de l’enseignement supérieur, et à réclamer une université décolonisée. Ce sujet alimente un débat plus large, celui sur le rôle des universités africaines modernes.

On s’accorde facilement sur le fait qu’elles doivent être compétentes au niveau local – en concentrant enseignement et recherche sur les besoins locaux. Or on attend également d’elles qu’elles s’internationalisent et participent à la compétition mondiale et acharnée de l’enseignement supérieur. L’uniformisation est désormais le maître mot : les universités rivalisent pour figurer dans les classements internationaux, s’imitant les unes les autres.

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La mondialisation contribue aussi au départ de chercheurs africains – comme Mbow – vers le Nord, en quête d’environnements de recherche dotés de meilleures ressources. Ces coopérations internationales peuvent être très bénéfiques. Mais bien trop souvent, ce sont les organisations, universités et chercheurs de l’hémisphère nord qui mènent la danse.

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Comment les universités africaines gèrent-elles cet équilibre délicat entre intérêt local et internationalisation ? Comment peuvent-elles prendre part à la coopération internationale sans être « recolonisées » en se soumettant aux normes occidentales ? Comment éviter que les programmes collaboratifs ne deviennent de simples exercices de cases à cocher et qui ne profitent qu’aux chercheurs et organisations du Nord ?

La coopération internationale augmente

L’intérêt international pour l’enseignement supérieur africain s’est intensifié au cours des vingt dernières années. Au Nord, des organismes d’aide ont développé des politiques destinées à renforcer la capacité de recherche de l’Afrique. Les pays scandinaves figurent parmi les précurseurs de ce mouvement : le Danemark a lancé Building Stronger Universities, la Norvège et la Suède ont mis au point des programmes collaboratifs similaires.

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Des initiatives comme celles-ci sont essentielles pour l’Afrique : le financement de la recherche y est très limité, les budgets nationaux pour l’enseignement supérieur y sont assez faibles (surtout en comparaison de ceux du Nord), et les universités favorisent souvent l’enseignement au détriment de la recherche – puisqu’il faut éduquer rapidement une population croissante. Les institutions comptent donc largement sur les fonds extérieurs et dépendent du soutien des organismes de développement, qui mettent en place des « projets d’appui au renforcement des capacités ». Ceux-ci mobilisent des chercheurs du Nord et du Sud à travers des activités communes relatives à l’enseignement et à la recherche, afin de fonder – idéalement – des partenariats basés sur le respect mutuel.

De nombreux chercheurs des deux hémisphères s’investissent dans ces initiatives, généralement en tant que spécialistes. Mais ils les transforment rarement en domaine de recherche, tournant le microscope vers eux-mêmes et leur propre pratique. Après avoir participé à un projet d’appui au renforcement des capacités en Afrique, certains collègues et moi-même nous sommes intéressés au rôle que jouent la situation géographique et la puissance d’un pays dans sa contribution à la production scientifique.

Nous voulions savoir comment ces facteurs étaient appréhendés à travers les projets d’appui au renforcement des capacités. Nous nous sommes aussi demandé si de tels projets fonctionnaient comme une garantie de qualité ou une sorte de néo-impérialisme.

 

Autrement dit, nos recherches visaient à déterminer si le renforcement des capacités et la tendance au développement de la coopération internationale dans l’enseignement supérieur aidaient ou défavorisaient les universités africaines. La réponse ? Les deux à la fois.

Des « monocultures de l’esprit »

L’ambiguïté de ce genre de projets, c’est qu’ils peuvent donner lieu à ce que l’activiste indienne Vandana Shiva appelle les « monocultures de l’esprit ». Selon elle, ils font disparaître la diversité de la perception, et par conséquent celle du monde. Les gens finissent tous par penser de la même façon.

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La coopération internationale est aussi susceptible d’accroître la dépendance des universités africaines à l’égard du Nord en ce qui concerne le financement, les publications dans les revues et l’accès à une technologie qui n’existe que dans l’autre hémisphère. Cette emprise se manifeste également lorsque l’on commence à penser principalement en utilisant des concepts et solutions élaborés au Nord.

Enfin, cette coopération internationale peut entraîner les universités africaines dans l’obsession de la compétition qui domine l’enseignement supérieur aujourd’hui. Bien qu’elles puissent ainsi devenir compétitives à l’échelle mondiale, elles compromettent au passage leur intérêt local.

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Les projets d’appui au renforcement des capacités risquent donc d’engendrer les monocultures de l’esprit de Shiva. Mais ils peuvent aussi produire l’effet opposé, à savoir émanciper les chercheurs africains et les guider vers l’indépendance.

L’émancipation par le renforcement des capacités

Pour Cheikh Mbow, le Nord représentait à la fois un programme d’études imposé par l’héritage colonial et la chance d’acquérir les compétences nécessaires pour devenir un universitaire émancipé, à même de bâtir de nouvelles connaissances.

Sa thèse examine la gestion des ressources naturelles au Sénégal, « mais en utilisant des méthodes conçues dans l’hémisphère nord, en particulier en France ». Pour la réaliser, il est allé au Danemark, où il a été confronté à une autre manière de se comporter. Dans son établissement d’origine, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, interroger les connaissances et méthodes de professeurs plus âgés était très mal vu. Au Danemark, on lui demandait de questionner ce qui était tenu pour acquis, même si cela revenait à remettre en cause de plus vieux enseignants.

Paradoxalement, le système danois a permis à Mbow de gagner son indépendance. Il a pris conscience de la façon dont on utilisait la connaissance et les méthodes occidentales en Afrique, sans même les interroger.

Mbow explique :

« Après plusieurs années de recherche, j’ai commencé à contester certaines des connaissances reçues et réussi à déterminer ce qui était particulier à l’Afrique. Après avoir pu contextualiser la connaissance, j’ai été capable d’en créer une qui concernait et répondait aux besoins sociétaux et aux réalités locales de l’Afrique. »

C’est précisément ce que l’université africaine – et les sociétés plus largement – requièrent.

La coopération pour décoloniser

En définitive, de mon point de vue, les projets collaboratifs tels que les programmes d’appui au renforcement des compétences peuvent aider les universités africaines dans la production d’un savoir contextualisé. Ces initiatives peuvent même mener à une sorte de décolonisation de l’université dès lors qu’elles se fondent sur des partenariats durables, sur une compréhension pointue du contexte historique, politique et géographique, et sur une exploration commune de la diversité de la connaissance.

 

Hanne Kirstine Adriansen est professeur associée à la School of Education de l’Université d’Aarhus, au Danemark. Traduit de l’anglais par Diane Frances. Cet article est paru sur le blog du NORRAG (Network for International Policies and Cooperation in Education and Training). Il a d’abord été publié en français par The Conversation.

Le Monde

Amadou Diouldé ou quand un bon journaliste sportif confond l’histoire avec les divagations d’un mauvais gnamakala, la courtisanerie n’est pas loin (Par Saïdou Nour Bokoum)

Interview

Le Démocrate : êtes-vous satisfait de la procédure de sélection du nouvel entraîneur de Syli national ?

Amadou Djouldé Diallo : oui, moi je pense que le comité de normalisation l'a fait dans la règle de l'art parce qu'il a lancé un appel d'offres international. On s'est retrouvé avec une quarantaine de postulants, c'est déjà de la transparence quoi qu'on dise. Donc cette démarche elle est à saluer. Elle s'est pas retrouvée dans un coin pour dire nous choisissons tel. Je pense que la démarche est à saluer.

Pour autant est-ce que à votre avis le comité de normalisation de la Fédération n'est pas à la solde de certains lobbys ?

Non, je ne le pense pas. Vous savez les gens pensent toujours comme ça. On n'est jamais satisfait dans ce pays-là. On n'a pas su conjurer la crise au sein de la Fédération guinéenne de football parce qu'il y avait un antagonisme avéré entre les deux groupes qui se sont constitués, et comme il y a la règle de la majorité, il y a eu paraît-il 95 et après on m'a parlé de 121 signataires sur près de 190 membres statutaires. C'est la règle de la majorité qui a prévalu. On en est arrivé là. Moi, je ne pense qu'il y ait de lobbys, des mafias, de ceci de cela non. La Fédération, les membres n'ont pas pu s'entendre. Nous même, pour éviter l'interférence politique dans le football et que nous soyons exposés à des sanctions et de la CAF et de la FIFA, nous avons-nous même sollicité à travers le ministère des Sports et du patrimoine historique, l'arbitrage de la CAF et de la FIFA en la matière, une délégation constituée est arrivée, a fait l'état des lieux. Et donc a décidé selon le règlement intérieur et le statut de la Fédération, de prendre acte de ce qui s'est passé et de mettre un comité de normalisation en place, qui va organiser le prochain congrès de la Fédération guinéenne de football. Contrairement à ce qu'on pense ou certains pensent des lobbys qui tirent les ficelles, non. Les membres de la Fédération élus après six mois n'ont pas pu s'entendre. Ils sont allés au clash, il y a eu une crise, parce que le football ne nous appartient pas. Nous ne sommes qu'affiliés, les propriétaires du football sont arrivés. Ils ont constaté et sur la base du statut de la Fédération, ils ont mis fin à l'existence juridique de la Fédération. Et un comité de normalisation a été mis en place conséquemment pour gérer les affaires courantes et organiser un congrès en bon et dit forme, d'ici février 2017.

Certains observateurs pensent que Kanfori Bangoura n'est pas l'entraîneur de « haut niveau », dont a besoin le Syli national. Qu'en dites-vous ?

Écoutez, je ne suis pas dans le secret des dieux. Je sais qu'il y a eu un appel d'offres et il y a eu une décantation. On est arrivé finalement à 5, après on est arrivé à trois (3). Il y a eu une des interviews qui a été faite. Il y a un jury qui était là et qui a délibéré. Je sais par exemple un entraîneur comme Paul Putt qui était l'entraîneur du Burkina-Faso, qui était en bonne position, mais avait des ennuis judiciaires en Belgique dans une affaire des matchs truqués. Donc juridiquement on ne pouvait pas engager un entraîneur qui avait des problèmes d'ennuis judiciaires dans son pays. Et qui donc conséquemment ne pouvait pas exercer. Je ne suis pas membre du jury mais je salue le choix de l'expertise locale. D'abord en terme financier, ça nous fait quand même une certaine économie. Mais en plus, après la retraite de maître Naby et de Souleymane Chérif, la nouvelle génération Lappé Bangoura a fait de la fonction d'entraîneur, sa passion, sa vie et dernièrement, il a bénéficié d'un stage entièrement pris en charge financé par le président du Horoya football club de Conakry, Mohamed Antonio Souaré. Il est allé faire ses classes à Lyon en France, il est revenu avec des diplômes d'entraîneur A. Je pense que cette formation a d'ailleurs rejailli sur le comportement de l'équipe locale au CAN au Rwanda parce que les Guinéens étaient en demi-finale sous la direction de Lappé Bangoura. Je ne suis pas dans le secret des dieux mais je crois qu'il faut faire confiance en Lappé et voir ce qu'il est capable de faire par rapport justement aux échéances à venir.

L'imam de la grande mosquée a fait une sortie lors de la célébration du ramadan, qui a suscité la polémique dans la cité, votre réaction ?

Non, je suis choqué et d'ailleurs j'ai réagi sur ma page Facebook et la presse en a fait écho. Quand ceux qui incarnent l'autorité morale de ce pays se dévaluent eux-mêmes, finalement quel est le recours dans ce pays. Je me pose la question ? Ceux qui sont l'incarnation de l'islam dans un pays à 99% ou 90% musulman, ceux qui incarnent cette autorité morale se comportent de cette manière, si la cité est sous menace, qui va être écouté ? Je pense qu'Elhadj Mamadou Saliou Camara a été décevant. Il ne peut pas aller jusqu'à dire que celui qui insulte Alpha Condé a insulté son propre père. Il ne peut pas aller jusqu'à dire que Alpha Condé est le père de Kouyaté, de Cellou Dalein, de Sidya Touré. Je le comprends, le français c'est le sens figuré et le sens propre. Il a voulu dire qu'Alpha Condé est le père de la nation et conséquemment il est le père de tout le monde. Mais ça, il fallait trouver la formule appropriée pour le dire. J'insiste pour dire qu'il y a qu'un seul père de la Nation en Guinée, c'est le président Ahmed Sékou Touré. C'est lui qui a conduit ce pays à l'Indépendance. C'est lui qui a fondé cette nation au lendemain de la proclamation de l'Indépendance de la Guinée le 2 Octobre 1958. Donc on ne peut attribuer le titre le père de la Nation à un autre président de ce pays, parce que Lansana Conté est venu trouver la Nation guinéenne constituée, ces successeurs jusqu'Alpha Condé sont venus trouver la Nation constituée. Donc le seul père de la Nation c'est celui qui l'a fondée, il a pour nom Ahmed Sékou Touré. Vouloir coller ce titre, le père de la Nation sur un autre président, je pense que c'est de la démagogie pure et simple. Elhadj Mamadou Saliou Camara a été décevant, c'est une insulte au peuple de Guinée, c'est pourquoi je l'ai recadré pour dire non. C'est décevant, c'est honteux pour l'image de l'islam en Guinée et pour tous ceux qui avaient confiance à Elhadj Mamadou Saliou, qui a eu le courage un jour de dire à Lansana Conté : tu portes une chaîne, je ne te ferai pas prier, il faut que tu enlèves la chaîne. Lansana Conté a enlevé la chaîne publiquement. Il a fait ça avec le général Lansana Conté qui est un militaire, un général d'armée tout et tout. Mais qui s'est plié aux injonctions de l'imam, il a enlevé la chaîne, le collier qu'il portait. Pourquoi maintenant en face du monde, à un ramadan dire que le président de la République est le père de la Nation. Alpha Condé est le père de Tel et tel, et que celui qui l'insulte, aura insulté son propre père. Je pense que Elhadj Mamadou Saliou mérite la poubelle de l'histoire, et je précise que c'est une belle façon de parler comme ça mais toutes les fois qu'il s'est agi justement de montrer que l'islam doit être préservé et consolidé, il n'était pas là. Il n'était pas à Fatako, alors que son rôle était de faire comprendre le président de la République qu'il doit se rendre à Fatako, il n'était pas là. Il était à Timbo parce que le gouvernement était à Timbo. Il faut faire une séparation quand même, son rôle était de dire à Alpha, tu vas à Fatako, si tu ne vas pas, moi je vais à Fatako mais il n'est pas allé. Donc il n'incarne plus les vertus d'un imam, il est plutôt un porte-voix d'Alpha Condé, ce qui est dommage.

Le parti au pouvoir accuse Elhadj Cellou Dalein de vouloir fomenter un coup d'État institutionnel. En tant qu'observateur, que pensez-vous de ses allégations ?

Je ris, ça veut dire que la Guinée n'a pas évolué et elle n'évoluera pas. Le premier régime est mort à 1984 jusqu'aujourd'hui, il y a les survivances pour qu'on aille en coup d'État, qu'on aille au complot pour faire toujours de la fuite en avant, cacher nos problèmes au lieu de cela, il faut aller au dialogue. Si aujourd'hui le RPG a des problèmes, c'est à l'interne qu'il a des problèmes, il faut qu'il règle ses problèmes à l'interne. Regardez comment on arrange les choses puisque Cellou Dalein est peulh, on trouve un peulh au RPG pour que ça soit lui le porte-parole. On sent, mais peulh c'est pas peulh, celui qui a prononcé le mot est un peulh de ce qu'on appelle « FOULBE BOUROU- RET » : les peulh de brousse à la rizière du Foutah, vers Ourékaba là-bas, il ne vaut pas Cellou Dalein. Il ne le vaudra jamais, il faut qu'il le sache parce que le Foutah aussi est normatif. Si le RPG pouvait mieux se pourvoir en trouvant un autre peulh, mais pas ce type. Ce type ne vaut et ne vaudra jamais Cellou Dalein, que cela soit su. On monte un peulh pour parler au nom du RPG, voilà comment ça se passe, et malheureusement c'est des gens qui ne représentent rien et qui ne représenteront rien au Foutah. Dire que Cellou Dalein fait un coup d'État, dire qu'on va chasser Alpha Condé, mais on a chassé Blaise Compaoré. C'est le peuple qui l'a élu qui l'a chassé. Ça n'a pas été un coup d'État, c'est un coup populaire, ça l'opposant qu'il est (Cellou), il peut dire : on va chasser Alpha Condé. Mais de là à dire qu'on veut fomenter un coup d'État, peut-être qu'en leur sein avec toute la crise au sein du RPG, avec toute la bataille de succession rangée au sein du RPG, peut-être quelque part c'est eux qui préparent un coup d'État, entre eux là-bas parce que chacun d'eux a certainement des ramifications au sein de l'armée. Je le dis avec tant de convictions, aujourd'hui tous les postes de commandement dans l'armée sont quand même détenus par les Malinkés, c'est une évidence. Comme l'administration, en Guinée, les 70% de l'administration aujourd'hui sont détenus par les Malinkés. Donc pour faire un coup d'État, il faut avoir des hommes. Les peulhs sont les plus sous représentés dans les forces de défense et de sécurité dans ce pays. C'est les plus sous représentés. Donc pour faire un coup d'État, il faut avoir des hommes, il faut avoir des officiers, c'est eux qui les ont. Ce n'est pas Cellou Dalein, ce n'est pas le Foutah. Donc si quelqu'un peut faire un coup d'État, c'est eux les responsables du RPG qui ont leurs frères, qui ont leurs amis, qui ont leurs parents dans l'armée qui sont susceptibles de faire un coup d'État contre Alpha. Cellou ne peut pas le faire, il n'a jamais été un homme de violence, il n'a jamais cherché par quelques moyens que ce soit à user de la force. Tout le monde sait que Cellou est un républicain, tout le monde sait que Cellou est un démocrate, un homme de dialogue, un homme non violent... Si Cellou Dalein était dans la même cuvée qu'Alpha, la Guinée aurait brûlé depuis 2010. Heureusement Dieu en soit loué. On a à faire avec un président qui est violent dans les propos, dans les actes et on un chef de file de l'opposition qui n'est qu'un Talibé. C'est un Talibé, je le lui concède parce qu'il est issu de la plus grande famille maraboutique du Foutah. Donc il ne peut prêcher que la tolérance, ne peut prêcher que l'unité, la fraternité des Guinéens. Je dis encore s'il y a un coup d'État, c'est le RPG qui veut faire un coup d'État, parce que c'est le RPG qui a des hommes dans l'armée. Cellou n'en n'a pas. Sa communauté est la plus discriminée, la plus exclue des affaires publiques de ce pays. Donc c'est eux qui sont dans une bataille de succession, qui veulent remplacer Alpha. C'est eux qui peuvent faire le coup d'État. Donc Alpha a plus d'intérêt à s'occuper de l'intérieur de sa maison RPG, pour ne pas qu'une fronde parte de là-bas et qu'elle ait des ramifications, que de s'occuper de Cellou ou de l'UFDG. Le RPG dont on parle, tout le monde sait que le RPG est divisé. Ce n'est pas un bloc homogène, c'est une bataille de succession qui est ouverte, c'est une logique de la nature de tous les temps. Donc vouloir aujourd'hui encore accuser Cellou Dalein de vouloir fomenter un coup d'État mais ça veut dire que les élites guinéennes n'ont pas évolué. C'est toujours le complot pour cacher la réalité. La réalité aujourd'hui est que le Guinéen peine à trouver de quoi manger, il y a la misère. Toutes les promesses qui ont été tenues, aucune n'a été respectée. Les Guinéens ont de la peine à joindre les deux bouts, or ça, ce n'est pas un problème ethnique. Ce n'est pas parce qu'Alpha est au pouvoir que les Malinkés ne vont pas acheter l'essence à 8000 GNF, le gasoil à 8000 GNF. Ce n'est pas parce qu'Alpha est Malinké, que les Malinkés vont vivre tous à l'aise. Peut-être un clan comprenant ceux qui sont aux affaires… Même ce clan-là ne peut pas à lui seul faire vivre tous les membres du clan. Donc si vous pensez que Alpha est pouvoir, ça donne de l'avantage mais à un clan mais le reste… Aujourd'hui la vie est chère. Les investisseurs sont partis, Rio Tinto est parti, c'est Cellou qui les a chassés ? C'est l'opposition qui les a chassés ? On nous dit qu'on veut faire fuir les investisseurs. Mais ceux qui sont là partent d'eux-mêmes, alors si ce type qui a prononcé le mot « coup d'État » au siège du RPG n'arrête pas son cirque, la prochaine fois, je sortirai contre lui ici et publiquement, et je vais dire aux gens qui il est. Il n'est pas un peulh de la même cuvée que Cellou Dalein, et il ne le sera jamais, il est un petit peulh de brousse, perdu dans les entrailles de la lisière du Foutah, du Côté de Ourékaba. Donc le nom Sow, on le lui concède mais lorsqu'il s'agit du Foutah, et de ses valeurs, si Cellou Dalein est aussi là je pense que si on ne l'appelle pas pour lui dire d'amener un bœuf ou un taureau ou une génisse, je crois qu'il ne verra même pas où est assis Cellou Dalein. Qu'il le sache, le Foutah est une académie inviolable où on respecte encore les normes, et qu'on ne peut pas se lever du jour au lendemain, parce qu'on veut plaire, peulh contre peulh et que ce soit lui. Le RPG n'a qu'à se pourvoir, chercher ailleurs pour trouver quelqu'un de la communauté peulh à mettre en face de Cellou Dalein, en tout cas, ce n'est pas ce type.

L'opposition projette de marcher le 4 Août. Est-ce la bonne option pour se faire entendre du pouvoir, à votre avis ?

Écoutez ! Même le Burkina qui vient d'organiser l'élection présidentielle a fait ses élections locales. Le Sénégal en a fait, la Côte d'Ivoire finit les élections, la Côte d'Ivoire en a fait. Jusqu'au aujourd'hui, nous on a rien fait. Or l'opposant historique depuis quarante ans, vivant en France depuis l'âge de 15 ans, nous vivons « une dictature », c'est ça la vérité. Il ne veut pas aller aux élections parce qu'il est sûr qu'il ne va pas les gagner. Même celles qu'il a gagnées jusqu'au aujourd'hui, il les a gagnées par la fraude, c'est clair, c'est net. Aujourd'hui il met le pays sous coupe réglée. Aucune institution ne marche, toutes les institutions sont inféodées à Alpha. Personne ne peut lever son petit doigt, quiconque s'oppose à lui, c'est son ennemi, il en fini avec lui. L'opposition a raison, la constitution lui donne le droit de manifester, et vous avez vu Alpha n'a peur que des mouvements de masse, parce qu'il sait qu'il en est créateur. Il a toujours utilisé les mouvements de base contre les régimes précédents. Aujourd'hui il en a peur. Quand il dit que le RPG n'a jamais cassé une voiture, mais l'histoire est là, tout le monde le sait, ils l'ont fait, et partout dans le pays, aujourd'hui il fait une fuite en avant dès que l'opposition dit marche, il dit non le dialogue politique est relancé. Mais on va continuer comme ça parce que simplement, il met le pays en coupe réglée. Ça fait une dizaine de jours, il n'est pas au pays, c'est le seul président qui le fait au monde. Il vit plus dehors qu'ici. Mais je l'ai dit, c'est bien fait pour les Guinéens, ils boiront le calice jusqu'à la lie, parce qu'il y a les Guinéens, il y a les autres Guinéens.

Entretien réalisé par Alpha Amadou Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu »

Or voici un texte qui nous permet de sauver les observations bien informées du journaliste sur l’actualité sportive, des divagations pseudo-historiques et des postures politiques partisanes voire courtisanes, dignes d’un diéli ou d’un farba, par ailleurs respectables, quand ils n’ont pas sombré dans la world-musique, eux-mêmes moins nocifs que ceux qui frétillent autour des princes qui nous gouvernement, en leur faisant miroiter l’immortalité ou je ne sais quelle noblesse conférée par décrets. Lisez.

   « Dans la 2e moitié du 19e siècle, plusieurs mouvements dissidents, connus sous le nom de Hubbhu, virent le jour dans la Confédération du Fouta Djallon. Ces révoltes quasi insurrectionnelles résultaient de la dégénérescence despotique du pouvoir central, des injustices, des pillages infligés au bétail des pasteurs, etc. ».

Plus loin :

« ..Une caractéristique nous semble-t-il des mouvements hubbhu dans le Baïlo, le N’dama et le Gomba est le réformisme religieux irrigué et nourri de la sève d’une voie soufi, la Chadliya.. ».

Et encore :

« Le plus célèbre mouvement hubbhu (qui) fut initié et dirigé par Alpha Mamadou Diouhé, de Laminiya. Il est né à Kompanya, près de Labé de la famille Ndouyédio. Très tôt, il se rendit auprès de Karamoko Koutoubou de Touba pour parfaire sa formation spirituelle. Il effectua ensuite un séjour de plusieurs années auprès d’un grand marabout, Cheikh Sidia de Podor.. Très instruit tant en arabe que dans les sciences islamiques, il fut vénéré et respecté par tous ceux qui l’approchaient ».

Encore un peu de patience, avec l’amnésie ambiante..

« A la mort de sa mère, Thierno Mamadou Diouhé se rendit à la capitale Timbo où il se fit remarquer par sa vaste érudition et sa grande compétence dans l’enseignement de l’arabe. C’est l’époque du règne de l’Almamy Abdoul Gadiri qui fit de lui le grand précepteur de la Cour pour dispenser des enseignements notamment à ses enfants.. C’est ainsi qu’Alpha Mamadou Diouhé eut comme élèves les futurs Almamys Oumarou et Ibrahima Sory Doghol Féla. Il s’acquitta merveilleusement de la mission et tous ses étudiants couronnèrent leurs études avec succès ».

On va y arriver :

« ..Les choses commencèrent à se gâter.. lorsque l’Almamy Oumarou accéda au trône. Alpha Mamadou Diouhé fidèle à la tradition prophétique fustigea énergiquement ses actes d’injustice commis dans la Cour et à travers tout le pays. Ecœuré par le comportement ignoble des chefs du Fouta, il décida de s’éloigner de la Cour et de Timbo et alla s’établir non loin à Laminiya dans le Fodé-Hadji, une des neufs provinces de la Confédération du Fouta Djallon (« Diwanou Kononto »). Bientôt dans ce village, affluèrent les mécontents du Fouta et Alpha Mamadou Diouhé devint non seulement un professeur et un maître éminent, mais il fut aussi un chef politique de premier ordre. Les habitants des localités environnantes excédés par les exactions du régime des Almamys déferlèrent de toute part pour se placer sous sa protection. Un nombre fort important d’exaltés vinrent à ses côtés et grossirent les rangs de sa troupe de Talibés. Une grande zaouïa d’obédience Chadliya voit le jour et s’organise.. ».

J’en ai presque terminé :

« Ces séances de « Diaaroré » avaient une puissante force d’exaltation des esprits. Ils répétaient sans cesse le refrain :

« Uhibbhu Rasula’lahi hubba mun wahidi ». (« J’aime le prophète d’Allah d’un amour unique », libre traduction de SNB, au secours Maître Madina !)

La prononciation du mot « Uhibbhu » en chœur se déformait et devenait « houbbhou ». (BDD)

Donc, quand M. Amadou Diouldé reste journaliste, il est d’un bon conseil, comme dans cet interview. Mais quand il se mêle de faire des conférences à travers la vaste planète des exilés guinéens, triturant les fonctions nobles de Griot, Gnamakalas, dépositaires de notre grande Tradition historique et ou ésotérique, du coup s’emmêlant dans les genres : histoire, anthropologie, hagiographique, cela donne cette mélasse indigeste même pour les Foulbhès bourourè, Foulbhès diéri et autres wali-wali, nouveaux forçats ou captifs auxquels sont réduits même des « nobles » venus du Timbi-Timbo ou du Labé profonds. Faites un tour au grand marché de Madina pour les voir et entendre, soufflant comme des bœufs toute une journée de 25 heures pour moins de deux euros :

« Côté ! Côté ! »

Cédez le passage au risque de vous faire empaler par leur brouette.

Mais j’entends le conférencier Diouldé :

« Non ! Il ne s’agit pas de Géographie, mais bien d’Histoire de ce Fouta Théocratique lorsque une SECTE dénommée « Houbbou » a contesté le pouvoir central des « Almamys » basés à Timbo et tenté de remettre en cause l’existence même du royaume.. »

Voici sans surprise, le grand écart du bon journaliste que l’exil a réduit en rappeur gnamakala de la world musique:

« Je ne vous apprends rien en vous disant que Bah Oury est un  » Houbbou » de la famille des Ndouyébhés de Missidé Sali dans Pita. Suffisant pour avoir une première explication sur le fait que les deux hommes soient aux antipodes.. ».

Oui, on a compris, Bah Oury descendant d’une « SECTE », le Houbbhou Bah Oury est un sectaire, un DISSIDENT et Cellou NOBLE descendant de.. »..

Diouldé est devenu, ah l’exil, le parangon de « l’homme nouveau », qui tympanise, aurait-on les oreilles les plus blindées contre les idiophones (calebasses remplies de glands) :

« Sakkoroba ! Sakkoroba ! » du gnamakala devenu courtisan-conseiller ou l’inverse.

http://guineeactu.info/debats-discussions/chroniques/1219-guinee-linsurrection-hubbhu-dans-le-bailo.html

Was-Salam

ADDENDA : voici en rab (rajout en arabe), les dégâts causés chez des intellectuels tout à fait respectables dans leur rage :

Commentaires

 0 mamadou saliou bah 20-07-2016 15:56

Que c'est FACILE de " s'indigner " sur ce qu'on croit percevoir comme " OFFENSE " au GENRE HUMAIN , quand on ne sait meme pas LA DIFFERENCE entre POULLO MISSIDE et POULLO BOUROURE ou BORORO !
C'est comme REDNECK - HILLBILLY et URBANITE .
C'est comme CAMPAGNARD et CITADIN .
Aller chercher " ESCLAVE " ou " INFERIEUR -SUPERIEUR " pour un concept aussi puerile , est ridicule !
FOUTA FOUTEKE WOBBHE ! Dommage

 +3 M. DIALLO 20-07-2016 11:00

DAD, Je te connais avec ta belle plume depuis les bancs de l'IPK. Je ne te retrouve pas ici. Trop de répétitions inutiles. Cependant je comprends ta colère qui est la mienne. Mais je suis d'accord avec AOT dépassons ces termes péjoratifs de pullo burure. Prends ton temps et bave sur ce mec comme tu sais le faire. Malgré que je pense de lui 3 choses:
1. Il ne mérite pas la pub gratuite des intellos;
2. Il ne mérite pas qu'on s'y attarde sinon c'est lui donner de l'importance qu'il ne vaut pas.
3. Il n'est qu'un mouchard qui ne sait même pas qu'on se sert de lui et qu'il se trompe de croire qu'il peut créer la confusion au sein de l' UFDG. Ce parti n'a pas peur de ces infiltrations car il travaille dans la avec le microphone ouvert et non en chambre close.

 -6 amadudialamba 20-07-2016 01:28

Pardon hein, pour ma persistance sur le sujet ! Mais au moins, laissez-moi dire que désormais tout peuhl traitre doit être considéré et traité en tant que tel. Pas de pitié ! Pas seulement des petits qualificatifs comme Poullo BURUURE. L’intéressé doit être sévèrement puni. Et ce, à la hauteur de sa trahison. Trahir la cause de ses parents (donc sa propre cause), au profil de celle des autres, doit être désormais passible de peines équivalentes au degré de la trahison de l’auteur. Pas simplement se faire considérer ou se voir traiter comme un ‘’POULO BOUROURE’’. Par contre tout autre peul refusant d’être utilisé comme une vieille serviette de toilette des autres, en refusant de se prêter au jeu de l’adversaire, est un noble peul (poulo model, pullo dimo Saint). Même s’il est né dans le coin le plus reculé du pays, il n’est pas du BOURUURE. ‘’Kala pullo Tawtu dho Aybhè bhen fii wirtugol maa hersingol men, ko GNOOGU PULLO. Y WLU mo mtta wo. Notez du rouge en gogo.

 +2 Gandhi 19-07-2016 23:07

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:

"les peuls de brousse" sont-ils donc un modèle proche des esclaves qui n'ont pas droit a un avis contraire devant leurs "nobles" ?


C'est cette partie que je n'apprécie pas du tout chez Diouldé. "Tous les Hommes naissent libres et égaux". Il n'y a point d'exception.

-4 mamadou saliou bah 19-07-2016 22:54

@ AOT !
Alpha , tu ne sais , peut-etre ,pas que LE FOUTA c'est :
" DIEE ,DIINA , DIBBHE E NDIMANKAKU " !
DA DA DA !
Si OUI , tes questions a Mr Dioulde n'ont pas de sens !
Bien a toi !

 +5 M. Sacko 19-07-2016 22:21

J'ai juste un probleme sur la maniere d'attaquer ce "Peulh". Est ce qu'il ne serait pas sage de s'attaquer aux actions ou aux comportements de l'individu au lieu de s'attaquer a tous les habitants de cette contree en les qualifiant de " Foulbe bourou-ret". Dioulde montres un peu du respect aux habitants de Ourekaba.
Je crois qu'en politique il n'ya pas de Talibe ou petit individu, ici c'est les convictions et les valeurs qui determinent les qualites de l'homme mais pas les origines. Il n'y a pas si longtemps tu nous insultait en disant que tous les noms qui ne sont pas Bah, Diallo, Sow, Barry sont des esclaves, et tu t'etais surtout attaque aux noms a cosonance mandingue. Je suis originaire du Foutah qui est aussi la terre de mes ancetres, et je suis fier comme tant d'autres personnes originaires de cette region. Dioulde a quand vas tu arreter cette attaque sur les "origines" gens que tu ne connaisses meme pas? Amadou Dioulde revoit ton histoire du peuplement du Fouta. Et Wallahi quand on fouille sur tes origines, on ne trouvera pas des choses agreables.

-2 amadudialamba 19-07-2016 21:00

C’est tout simplement exemplaire comme leçon du jour ! Ça c’est la voix de mon ‘’TOKORA’’. (Homonyme). Il faut respectez les ‘’AMADOUS’’ dééh sinon !!!
Mon avis sur la sélection du Bangoura ‘’Khamè’’.
Monsieur LAPE BANGOURA, je t’adresse toutes mes félicitations. En même temps, je t’apporte mon appui entier. En temps qu’amateur du foot tu auras toujours mes avis et conseils sur le foot guinéen. Encore une fois, je te souhaite bonne chance et un grand succès. Je prie le Tout Puissant de t’aider à relever, sans trop de difficultés, le défi du foot de notre Nation. Pour ce départ, ne te laisse surtout pas influencer par des profiteurs ou accepter la connivence dans tes sélections. Compose, en toute indépendance ton équipe nationale (c’est-a-dire un groupe robuste, inclusif et représentatif). Ensuite n’hésite pas de contacter, a travers le monde, tous les grands professionnels et même les amateurs du foot mondial pour repérer tous les talentueux nationaux (Guinéens), même les jeunes en âge de sélection, évoluant dans les académies et autres centres de formation. Fait tout, pour composer le meilleur groupe, avec des jeunes choisis selon leur talent et au vu de leur compétitivité dans leurs clubs et non selon leur appartenance sociale ou religieuse. Pour ce faire, crée immédiatement un site web destiné exclusivement à tes activités sportives.
Quant a la sortie hasardeuse et irresponsable du ‘’Yettè SOW’’, nouvel porte voix du RPG arc-en-ciel après Saliou Bela et tant d’autres foulbés, ce qui est dit ici sur lui par mon homonyme est suffisant.
Pour le cas de l’imam Camara, lui aussi, a été proprement remis à sa place. L’attention n’a pas été trop attirée sur l’Archevêque, puisqu’au moins, lui, n’est pas allé trop loin dans ses commentaires comme son coreligionnaire. Mais je suis au regret de dire que depuis le départ de Mon Seigneur Robert Sarah, le pays n’arrive toujours pas à trouver des garants de la morale nationale comme le fut brillamment Seigneur Sarah.
Enfin, quant aux manifs, compte tenu leurs corolaires, je ne suis pas aussi trop pour. Mais devant l’impossible aucun n’est tenu. Ce régime est comme une tortue. Sans le feu derrière, la tête ne sortira jamais dans sa carapace. Si vous avez très bien remarqué, le pouvoir n’a commencé de parler de DIALOGUE qu’après l’annonce du calendrier de ces manifs.

-1 Haidra 19-07-2016 20:13

"POULO BOUROUREH"... Lol. Amadou Dioulde ne s'amuse pas avec les cretrins. Il dit les choses tells qu'elles sont. Tant pis pour les mecontents, les jaloux et les aigris. Oui LE FOUTA CE SONT LES VALEURS ET LA DIGNITE Qui font la difference entre les VRAIS ET LES FAUX. J'aime lire Amadou Dioulde. J'espere qu'il fera son entrée sur la scene politique nationale bientot, car on a besoin de diseurs de verite et de courageux homes comme lui en Guinee pour mettre les point sur les I.

+3 A.O.T. Diallo 19-07-2016 16:38

" Il n'est pas un peulh de la même cuvée que Cellou Dalein, et il ne le sera jamais, il est un petit peulh de brousse, perdu dans les entrailles de la lisière du Foutah, du Côté de Ourékaba. Donc le nom Sow, on le lui concède mais lorsqu'il s'agit du Foutah, et de ses valeurs, si Cellou Dalein est aussi là je pense que si on ne l'appelle pas pour lui dire d'amener un bœuf ou un taureau ou une génisse, je crois qu'il ne verra même pas où est assis Cellou Dalein. "
Voila d’après moi le triste problème majeur de l’unité des peuls et pourquoi plusieurs autres Guinéens nous traitent de "racistes" même entre nous.
- J'ai 3 questions pour Mr Dioulde :
1) Devrions-nous donc mettre en taule tous ces "peuls de brousses" pour que le Fouta retrouve sa "grandeur" ?
2) "les peuls de brousse" sont-ils donc un modèle proche des esclaves qui n'ont pas droit a un avis contraire devant leurs "nobles" ?
3) Et vous Mr Dioulde de quel type de peuls êtes-vous et pourquoi svp ?

 +8 Saikou Thiellitorguel 19-07-2016 14:57

Ces fantoches sont légion en Guinée : Alpha Ousmane Diallo, Biro Diallo, Saifoullaye Diallo et autres qui ont contribué à assujettir la communauté Peule à l’impérialisme local. Aux grands maux, les grands moyens. Prenons nos responsabilités. Rendons cette misérable Guinée, fabriquée de toutes pièces par le régime colonial, ingouvernable. Il faut une Guinée nouvelle ou toutes les communautés sont traitées équitablement. Combattons pour des opportunités égales pour tout le monde. Combattons l’oligarchie ethnique qui empêche ce pays de s’occuper des problèmes de développement. Sinon bonjour la misère éternelle ! Allo Mali !

 

+4 Abdoul 19-07-2016 14:20

"A moyen terme si l'UFDG arrive demain au pouvoir, quelle crédibilité aura t-elle de demander à ses opposants d'utiliser les voies judiciaires, plutôt que des manif pour résoudre les conflits ?" Je me dis si vous êtes au pouvoir, vous ne ferez pas comme Alpha qui es tout sauf un chef d'État digne. Du coup, votre opposition aura très peu besoin de faire recours à ces marches. En plus vous ferez en sorte que le judiciaire soit fort et credible. Moi je dirais qu'entre des recours juridiques et des marches qui ne donneront rien, je choisirais les marches. On raconte que Alpha, lui, était même celui qui était derriere ceux qui avaient pris les armes en 2000.

+3 Gandhi 19-07-2016 11:43

Je ne connais pas Bangoura mais je suis partisan de la formation locale interne (il faudra le faire encore pour lui et pour d'autres). Il faut promouvoir les nationaux, car les étrangers n'apportent pas grand chose en matière de formation. A l'image de Luis Fernandez, ils prennent le pognon qu'on leur offre (Luis n'était pas demandeur, raison pour laquelle il a pu imposer ses conditions). Merci Mohamed Condé, mais le foot c'est pas votre truc...
Concernant l'imam et l'archevêque, ils ne sont pas à la hauteur de la situation.
Le coup d'état potentiel est une plaisanterie, pour qui connait CDD. Les RPGistes sont ridicules.
Quant aux manifs, je me suis déjà exprimé, je ne suis pas pour, pour différentes raisons à court terme. A moyen terme si l'UFDG arrive demain au pouvoir, quelle crédibilité aura t-elle de demander à ses opposants d'utiliser les voies judiciaires, plutôt que des manif pour résoudre les conflits ?

+1 Mhamed Fofana 19-07-2016 10:59

Bien dit mon frère.

+3 Abdoul 19-07-2016 10:46

Voilà des discours, des francs parler que je raffole! Pour ailleurs, pour arrêter Alpha, Conté avait utilisé Goureissy Condé; pour casser Kaporo rails, Alpha Ousmane Diallo; pour insulter CDD, casser du peul, Alpha à son tour utilise le minable de Ouerekaba et le general Balde, et voilà le tour est joué, c’est simple.

source : GuineeActu.com

Was-Salam

Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com


 

Cinéma : les mille visages d’une jeunesse sans espoir

Dans « UEF (Unfilmevenement) » du français César Vayssié, un groupuscule imagine une action artistico-politique spectaculaire.
Dans « UEF (Unfilmevenement) » du français César Vayssié, un groupuscule imagine une action artistico-politique spectaculaire. UFE
Deux jours après son ouverture, le 12 juillet, sous un soleil de plomb, le Festival international de cinéma FID Marseille a subitement vu son pouls s’accélérer : un coup de mistral a tout renversé sur son passage, sans faire de distinction entre les arbres en pot disposés autour de la Villa Méditerranée et les programmateurs qui se déplaçaient d’une salle à l’autre à vélo. Le grand chapiteau sous lequel se rassemblaient les festivaliers a été démonté, le feu d’artifice municipal reporté... La folie gagnait doucement les esprits quand, à 23 h 30, alors que se répandait la nouvelle de l’attentat de Nice, l’effroi a tout figé.
Le lendemain, tandis que le maire de Marseille annonçait l’annulation de toutes les festivités, les festivaliers ne paraissaient plus qu’être l’ombre d’eux-mêmes, évoluant d’une salle à l’autre les yeux pleins d’une tristesse accablée.
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Privée d’horizon
Et pourtant, dans cette manifestation qui, au travers d’une programmation insolemment libre, travaille à donner une forme intelligible au monde, la parole s’en est trouvée comme galvanisée. Les œuvres semblaient tisser des liens entre elles, et entre les spectateurs, l’échange, l’écoute, la pensée partagée aidant chacun à tenir debout, ensemble, face à la violence. Dès lors, le moindre film devenait susceptible d’évoquer le chaos actuel, y compris ceux qui, comme le splendide Sarah Winchester, opéra fantôme, de Bertrand Bonello, en paraissaient les plus éloignés. Réalisé dans le cadre d’une commande de l’Opéra de Paris, le film retrace, aux confins du fantastique et de la grande Histoire, le destin tragique de l’épouse de l’inventeur de la Winchester, arme qui fit des ravages durant la guerre de Sécession, aux Etats-Unis.
Plus près de nous, un ensemble de films venus des quatre coins du monde composait le tableau d’une jeunesse livrée à elle-même, en rupture mais privée d’horizon. A l’image de ces adolescents genevois qui errent de fête en squat dans Occupy the Pool, de Seob Kim Boninsegni, ne s’inquiétant de rien sauf du stock de bière disponible, n’ayant d’autres rêves que celui de squatter la piscine de la maison voisine où le film finit par s’engloutir dans une stase muette... Une fois dans le bassin, ils y prennent racine pour ne plus en sortir, tandis que le jour succède à la nuit, et que l’un d’entre eux fait résonner a cappella un blues contemporain. Beau et glauque, comme une génération sacrifiée.
DANS ATLAL, DE DJAMEL KERKAR, LES JEUNES D’OULET ALLAL, VILLAGE ALGÉRIEN MEURTRI PAR LE TERRORISME, CROUPISSENT SANS TRAVAIL, ABANDONNÉS PAR LE POUVOIR POLITIQUE, SANS AUTRE HORIZON QUE LA FUITE À L’ÉTRANGER, LE CRIME OU LA MORT
Comment vivre quand le monde ne veut pas de vous, quand la liberté qu’il vous propose ne peut qu’aller de pair avec l’autodestruction ? C’est la question que posent Brothers of the Night, de Patric Chiha, et Empathy, de Jeffrey Dunn Rovinelli. Les deux films offrent à leurs personnages la possibilité de se mettre en scène comme ils le rêvent, en se réinventant devant la caméra. Au fil de saynètes magnifiques, improvisées dans des décors théâtralisés de bars gay de Vienne, le premier révèle les trajectoires, les personnalités, les stratégies de survie d’une poignée de jeunes prostitués roms d’origine bulgare semblant tout droit sortis d’un fantasme de Jean Genet, de Kenneth Anger ou de Werner Schroeter. Dans le second, on suit Em, une Américaine d’une vingtaine d’années. Le récit la déleste des assignations de « travailleuse du sexe », « white trash », « queer », « junkie » qui lui collent à la peau – autant de « mots prison » qui se diluent dans le continuum mélodramatique de ce documentaire fictionnalisé, parfois un peu systématique dans ses partis pris, mais profondément touchant.
Comment vivre quand le monde vous fait miroiter des trésors mais ne vous offre que misère et humiliation ? Dans Atlal, de Djamel Kerkar, les jeunes d’Oulet Allal, village algérien meurtri par le terrorisme, croupissent sans travail, abandonnés par le pouvoir politique, sans autre horizon que la fuite à l’étranger, le crime ou la mort. Ils se retrouvent le soir autour d’un feu de camp pour parler de filles, boire des bières, fumer des joints et rapper. Lyriques et calmement enragés, forts de cet humour ravageur qui fait l’élégance des désespérés, ils inventent une langue poétique, brûlante et musicale, dont les accents rappellent le très beau Dans ma tête un rond-point, de Hassen Ferhani, présenté lui aussi au FID, en 2015.
Humour potache
Ce constat d’une jeunesse à laquelle on aurait coupé les ailes, le Français César Vayssié en fait le point de départ d’une recherche revigorante, qui vise à retrouver les conditions d’un cinéma politique. Produit à l’aide de fonds venus du spectacle vivant, UFE (unfilmévènement) travaille la question de l’engagement sur les plans tout à la fois artistique, amoureux et politique. Des artistes se débattent dans le désert d’une postmodernité devenue institutionnelle, s’en arrachent pour fonder un groupe révolutionnaire, enlèvent un présentateur télé et font l’expérience, dans la clandestinité, d’une vie nouvelle et émancipée. En chemin, le film concocte une boîte à outils de références artistico-intellectuelles, à même d’offrir une représentation pertinente aux contradictions du monde contemporain.
Comme des diables sortis de leur boîte, Claude Lévi-Strauss et le Comité Invisible, le Living Theater et Guy Debord, Robert Bresson et les Pussy Riots font irruption ici et là, comme pour casser, et relancer autrement, le cours de la fiction. Mais l’alpha et l’omega du film serait plutôt Jean-Luc Godard, mascotte brandie à tout bout de champ avec une bonne dose d’autodérision.
Entre humour potache et tirs de roquettes contre une société française « calcinée » – le drapeau tricolore et une maquette du pays prennent feu à plusieurs reprises –, cette fiction cul par-dessus tête met en tension les puissances mortifères de la société et la brèche que peut, malgré tout, y percer l’irrépressible élan de la jeunesse.
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Ce faisant, elle esquisse une éthique de l’action que pourrait résumer cette réflexion, livrée au cours d’un déjeuner du FID par Hong Sang-soo, le grand moraliste coréen auquel on rendait hommage cette année : « La durée n’existe pas. Seul le moment compte. Il faut s’entraîner tous les jours à vivre selon ce principe. La mort alors peut venir quand elle veut, vous n’aurez pas peur. »

Isabelle Regnier
Journaliste culture, critique de cinéma

Le Monde