Les créateurs de demain au prix LVMH

Grace Wales Bonner, lauréate du prix LVMH, réinvente la masculinité noire.

En trois éditions, le prix LVMH, qui soutient la jeune création de mode, a confirmé son statut de rendez-vous international. Mais si cent deux pays sont représentés à travers les candidats qui ont postulé depuis 2013, c’est pour la troisième fois un créateur, ou plutôt une créatrice basée à Londres, qui l’emporte. Après Thomas Tait, Marques’Almeida, Grace Wales Bonner, 25 ans, fondatrice du label Wales Bonner, est repartie, jeudi 16 juin, avec le prix de 300 000 euros assorti d’une année de mentorat assurée par une équipe du groupe LVMH qui doit l’accompagner dans le développement de sa marque.

Depuis sa sortie de l’école de mode Central Saint Martins, Grace Wales Bonner développe une griffe mixte, mais c’est sa mode masculine qui rencontre le plus de succès, comme en témoignent les éloges de la presse à l’occasion de son dernier défilé homme à Londres. La façon dont cette créatrice britannique aux ­racines jamaïcaines parvient à ­redéfinir la masculinité noire est unique. Loin des clichés virils du hip-hop ou d’élans tribaux premier degré, elle invente une silhouette élégante de dandy subtilement ambigu. « Mon style est hybride, explique-t-elle, un collage de différentes références, africaines et européennes. Je trouve cela ­rafraîchissant de faire dialoguer ces références avec le luxe, de les tirer vers le haut. »

La poésie de ce mélange, dont les coupes tailleurs sont revues dans de nouvelles proportions, matières nobles, et broderies qui mêlent cristaux et coquillages, est contrebalancée par le réalisme tranquille de leur auteure. Son premier projet ? Etoffer son équipe pour mieux faire avancer la marque. De quoi réjouir et ­rassurer ceux qui l’ont choisie. « Grace Wales Bonner a une vision très créative et personnelle, assure Delphine Arnault, vice-présidente de Louis Vuitton et fondatrice du prix, le jury a également vu dans sa marque un grand potentiel de ­développement. La promotion est jeune : Vejas, le lauréat du prix spécial du jury, a 19 ans et c’est très bien [le jeune Canadien Vejas Kruszewski a décroché une bourse de 100 000 euros et un an de tutorat]. Notre but reste d’identifier les ­talents de demain, d’aider à leur développement. Nous avons hâte de voir ce qu’ils vont faire dans le futur. Carol Lim et Humberto Leon, les ­directeurs artistiques de Kenzo parmi les jurés du LVMH Prize, ont aussi un réseau de boutiques multimarques, Opening Ceremony, qui distribuent cinq des huit finalistes, dont Vejas, qui se vend très bien. Cette réalité commerciale est aussi très encourageante. »

Designer post-crise

Avec ses deux lauréats comme avec les six autres finalistes, le jury a aussi mis le doigt sur le prototype du créateur de demain. Ce designer post-crise sait qu’il doit être pragmatique dans un marché très concurrentiel, apporter une identité forte et différente ; et pour la construire, il n’a plus de complexes à s’appuyer sur sa culture propre, sans puiser dans le vieux creuset de règles et de références imposées par les grandes capitales de la mode que sont Paris, Milan, Londres ou New York.

Le monde est plus vaste et plus divers. La vague de nouveaux créateurs venus de Russie et d’Europe de l’Est comme Gosha Rubchinskiy et Demna Gvasalia, cofondateur du label Vetements et directeur artistique de Balenciaga, est une manifestation brute de ce phénomène. On le retrouve chez Vejas ­Kruszewski, né à Toronto, autodidacte qui a appris la mode en ­copiant des patrons dans des revues japonaises. Sa mode est une version revisitée, avec une maturité surprenante, du vestiaire de tout gamin de son âge : bombers, sweat-shirt et jogging en tête.

 

Le vestiaire d’une grande maturité de Vejas Kruszewski.

Tuomas Merikoski est finlandais et fondateur de la marque Aalto installée à Paris. De son pays, il renvoie une image ­moderne et raffinée. Ses jeux de plissés, d’emboîtements, de creux abstraits mêlent esprit street, ­références au peuple sami et tailleur chic à la parisienne. Matthew Williams, le fondateur de la marque Alyx – le prénom de sa fille – n’a pas quitté la Californie avant d’avoir 17 ans. Sa mode cool et séduisante est naturellement imprégnée des contre-cultures « punkisantes » de la Côte ouest. Le créateur pense beaucoup au long terme : tout est fait en Italie, les collections sont présentées sous forme de catalogues photos ultrasophistiqués, en attendant de trouver une formule de défilé excitante. Les tee-shirts, indispensables dans les collections modernes, sont en coton issu du développement durable, pas pour faire « bio branché », mais parce que cela inscrit aussi la marque dans la durée.

 

Alyx propose une mode imprégnée des contre-cultures « punkisantes » de la Côte Ouest.

Avec ses vêtements très construits, monochromes et glamour, Brandon Maxwell tranche dans la sélection. Elevé par une grand-mère acheteuse pour un magasin, longtemps styliste pour des séances photo et des personnalités – dont Lady Gaga –, il connaît parfaitement l’anatomie, les coupes, les matières et la façon de vendre un vêtement ; son goût du ­néosexy contemporain est une autre facette de cette diversité des styles et des parcours. La mode du futur s’annonce bien : elle est celle d’un monde où la globalisation enrichit les individus au lieu de tout uniformiser.

 
Le Monde

Michel Rocard, monument de la Ve République (Vidéo Le M)

Etats-Unis: une ancienne esclave noire bientôt sur les billets de 20 dollars

 

mediaHarriet Tubman, ici photographiée dans les années 1860, va remplacer un ancien président américain sur les billets de 20 dollars.REUTERS/Library of Congress/Handout via Reuters

C’est une double première dans l'Amérique de Barack Obama. Pour la première fois depuis plus d'un siècle, une femme va figurer sur un billet de banque. Mais de surcroît, et c'est inédit, cette femme est noire. Harriet Tubman, figure de l’abolitionnisme aux Etats-Unis, elle-même ancienne esclave, va remplacer l’ancien président Andrew Jackson sur le recto du futur billet de 20 dollars. Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, en a fait l'annonce mercredi 20 avril 2016.

Harriet Tubman serait née dans les années 1820. Comme pour la plupart des esclaves, la date et le lieu exacts de sa naissance restent inconnus. Elle parvient à s’évader en 1849, quittant son Maryland natal pour rejoindre l'Etat de Pennsylvanie.

C'est après cette émancipation qu’elle commence à aider d’autres esclaves. Son intelligence, son astuce, son audace et son caractère impitoyable lui permettent de sauver la vie de nombreuses personnes et lui valent une reconnaissance éternelle.

Trubman remplace Jackson, un symbole fort

Le nom de Harriet Trubman est arrivé en tête d'une consultation, lancée lors d'une campagne en faveur de la présence de portraits de femmes sur les billets de banque en 2015. Harriet Tubman, décédée en 1913 à plus de 90 ans, figurera donc sur les billets de 20 dollars.

 
 

Elle remplacer le peu populaire Andrew Jackson, septième président de l'histoire des Etats-Unis, qui a gouverné entre 1829 à 1837. Un symbole fort, puisque ce dirigeant était lui-même, en son temps, propriétaire d’esclaves.

 

Andrew Jackson sur un billet de 20 dollars.REUTERS

Trois nouveaux billets de banque en 2020

« Une femme, une meneuse et une combattante pour la liberté. Je ne peux imaginer meilleur choix ! », n’a pas hésité à réagir, une fois le choix connu, la candidate pour la primaire démocrate Hillary Clinton.

A noter que ce changement s’inscrit dans une politique de renouvellement de trois billets ; ceux de 5, 10 et 20 dollars. Leur design va changer, tout comme les portraits qui y figurent. Ils seront dévoilés en 2020, année pendant laquelle sera célébré le centième anniversaire du droit de vote des femmes aux Etats-Unis.

RFI

L’AFRIQUE INTIME « Rien dans le Coran n’exige l’excision des filles »


Une femme somalienne.

Les mutilations sexuelles féminines (MSF) touchent près de 200 millions de femmes dans le monde selon les chiffres 2016 de l’Unicef. Un chiffre sans doute inférieur à la réalité puisque plusieurs pays touchés par le phénomène ne communiquent aucun chiffre au Fonds des Nations unies pour l’enfance. Ces violations de l’intégrité des fillettes, des jeunes filles et des femmes sont une abomination sans nom.

Lire aussi : 200 millions de victimes de mutilations génitales dans le monde

L’Organisation mondiale de la santé distingue quatre types de mutilations féminines :

  • La clitoridectomie : ablation partielle ou totale de la partie visible et érectile du clitoris appelé gland clitoridien (l’organe interne mesurant plusieurs centimètres) et, plus rarement, ablation du prépuce seul (repli de peau qui entoure le gland clitoridien).

  • L’excision : ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (qui ferment l’entrée du vagin).

  • L’infibulation : suture de la majeure partie des petites et grandes lèvres, avec ou sans ablation du gland clitoridien, ne laissant qu’une petite ouverture pour que l’urine et les menstruations puissent s’écouler.

  • Ou toute autre intervention néfaste au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple piquer, percer, inciser, racler et cautériser.

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    Anatomie interne du clitoris.

Les conséquences peuvent être nombreuses pour la victime de telles pratiques : un saignement pouvant entraîner une hémorragie et la mort ; différentes formes d’infections, des problèmes urinaires et menstruels, des problèmes sur la vie sexuelle telle que la dyspareunie (fortes douleurs lors de la pénétration), le vaginisme (impossibilité de pénétration), la baisse du plaisir.

Sur le plan de la maternité, de graves complications obstétricales peuvent survenir ainsi que des répercussions sur le nouveau-né pouvant entraîner la mort.

Enfin, sur le plan psychologique, le traumatisme lié aux mutilations génitales génère un stress important, de l’anxiété et la dépression.

Coran et « hadith »

Comment l’islam, qui est une religion de paix, pourrait ordonner ou commander ce type d’actes ?

En réalité, aucun verset du Coran ne parle d’excision ou de mutilation sexuelle féminine, et aucun hadith authentique ou bon (parole du prophète Mahomet validée par les spécialistes) n’exige de telles pratiques. Ce qui n’est pas le cas de la circoncision, qui par ailleurs ne cause pas les dégâts décrits plus haut. Il n’y a donc aucun texte de référence qui obligerait à l’excision ou la recommanderait.

Les trois hadith qui parlent d’excision sont jugés comme de faible authenticité par les exégètes et ne font donc pas force de loi.

L’excision est une pratique qui existe en réalité depuis des millénaires et elle n’a rien à voir avec une quelconque religion. Elle touche d’ailleurs différentes cultures et n’est pas ou peu pratiquée au Maghreb tandis qu’en Egypte 87 % des femmes ont subi des mutilations génitales.

Pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans ayant subi des mutilations génitales entre 2004 et 2015
1 %2 %4 %10 %20 %40 %100 %20…98 %97 %93 %90 %89 %87 %87 %83 %76 %75 %74 %69 %50 %45 %44 %38 %25 %25 %24 %21 %15 %9 %5 %4 %2 %1 %1 %Pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans ayant subi des mutilations génitalesSomalieGuinéeDjiboutiSierra LeoneMaliEgypteSoudanErythréeBurkina FasoGambieEthiopieMauritanieLiberiaGuinée BissauTchadCôte d'IvoireNigeriaSénégalRépublique centrafricaineKenyaTanzanieBéninTogoGhanaNigeriaOugandaCameroun
Guinée Bissau
Pourcentage de femmes entre 15 et 49 ans ayant subi des mutilations génitales: 45,00
Source : UNICEF

S’il s’agissait d’une recommandation religieuse, elle serait pratiquée dans tous les pays musulmans. Quant aux religieux qui la tolèrent ou l’encourage, ils sont soit ignares, et c’est une faute grave. D’autant plus grave qu’une parole du prophète Mahomet à une femme de Médine, authentifiée par Al-Albani ((Abu Daoud, n° 5371) dit ceci à propos du clitoris et de l’excision : « N’enlève pas. Cela sera source de plaisir pour la femme et apprécié par le mari. »

Lire aussi : L’excision bientôt interdite en Somalie ?

Le savant Al-Azim-Abadi a ainsi commenté les mots du prophète Mahomet : « Ceci parce que lorsque le mari fait à sa femme des attouchements sur ses lèvres et son clitoris (…), la femme en ressent du plaisir au point d’atteindre parfois l’orgasme sans qu’il y ait pénétration. En effet, cette partie du corps est très innervée et donc très délicate. C’est pour cette raison que le Prophète a ordonné de ne pas l’enlever, afin que la femme ressente du plaisir. Son mari appréciera alors d’avoir des jeux amoureux avec elle (…). Et tout ceci sera la cause de plus d’amour et d’entente entre l’époux et l’épouse. Tout ce que j’ai écrit là est mentionné dans les ouvrages de médecine » (Awn ul-ma’bud sharh sunan Abi Daoud).

Principes sacrés

Le message est donc clair et a pour objectif qu’une épouse ne soit pas privée d’un droit qui lui était déjà reconnu par les sources musulmanes : la satisfaction sexuelle. D’ailleurs, le droit musulman reconnaît comme cause légitime de divorce au profit de l’épouse le fait que son mari soit impuissant ou refuse d’avoir des relations intimes avec elle. Nous sommes donc ici exactement à l’opposé de l’objectif poursuivi dans d’autres cultures, celui de priver la femme du plaisir qui lui revient justement « de droit ».

Enfin, s’il est encore utile de le rappeler, les principes de l’islam exigent que les parents veillent à ce que leurs enfants se développent physiquement de manière saine, qu’ils puissent recevoir des soins médicaux si besoin et accéder à une éducation, qu'ils soient protégés contre toute forme de violence, de blessures, d’abus ou de mutilation. Mutiler les organes génitaux d’une enfant ou d’une femme au nom de l’islam viole donc les principes les plus sacrés de la foi islamique.

Le combat contre les mutilations sexuelles féminines va au-delà des religions et des fausses croyances. Il doit être mené sur tous les fronts.

Lire aussi : L’AFRIQUE INTIME Femme noire, femme blanche, ensemble contre l’excision

 
Le Monde

AfroDias, l’album concept de l’africanité décomplexée

Pochette de l’album par Boldatwork et photographie : Camille Millerand.

« J’ai demandé à mon père cinq jours avant son décès s’il pensait que je pouvais réussir à reprendre les rênes de Syllart Records, il m’a dit : “Oui, si tu attaches bien ton pagne !” » Trois ans plus tard, Binetou Sylla, 27 ans, a relevé le défi. A la tête du label indépendant de musiques africaines et afro-latines fondé par son père Ibrahima, elle vient de sortir, vendredi 24 juin, un album collectif ambitieux : AfroDias, Génération enjaillement.

Mélange de titres déjà sortis et d’inédits, le projet rassemble vingt-cinq artistes de treize pays différents, comme le Ghana, la Côte d’ivoire ou encore l’Afrique du Sud. Surprise : on trouve également le Guyanais Shizu et son titre « Motoyoso ». « C’est important de montrer que l’africanité n’est pas que sur le continent africain. Je suis née et j’ai grandi en France. L’Afrique est aussi en dehors de ses frontières », souligne Binetou Sylla.

La jeune femme souhaitait faire un projet qui lui ressemble, tout en gardant l’ADN de Syllart Records, qui a toujours valorisé les artistes africains. AfroDias, pour « afro et diaspora », est à l’image de ce qu’avait réalisé, vingt-trois années plus tôt, Ibrahima Sylla avec le groupe de salsa Africando. Il avait réuni un Haïtien, des Américains, des Cubains, des Congolais, des Béninois et un Guinéen autour de la musique afro-latine.

Succès viral

Pour la nouvelle génération, l’africanité est un état d’esprit. AfroDias met en lumière une révolution en cours, celle d’une jeunesse, qui, tout en se revendiquant d’une culture urbaine, affirme fièrement et sans complexes ses origines. La mode s’est africanisée ces cinq dernières années avec la diffusion des imprimés wax. La musique suit. On le constate en France avec le succès d’artistes comme Maître Gims et son titre « Sapés comme jamais », Franko et « Coller la petite », Jovi avec « Et p8 koi », Sidiki Diabaté et « C’est bon », Niska et « Matuidi Charo » ou encore MHD avec « Fais le mouv ».

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AfroDias est un projet que Syllart Record développe depuis décembre 2015. A l’origine du déclic : l’artiste anglaise d’origine congolaise, C Cane, qui ouvre l’album avec le titre « Kota » écrit par un autre rappeur, Cheick Tidiane Koité alias C.T. Koité, fils du célèbre Habib Koité. « C’est en écoutant C Cane rapper en lingala sur la radio BBC que je me suis dit que je devais sortir AfroDias », dit Binetou Sylla. Ensuite, elle a vu l’engouement suscité par le remix de la chanson « Ojuelegba » de Wizkid par Skepta et Drake. Enfin, le succès viral du jeune artiste MHD.

« Je souhaite montrer à travers cette mixtape que l’afro-trap existe depuis longtemps et que ce mouvement ne part pas de la diaspora. Les rappeurs du continent utilisent depuis longtemps les sonorités africaines comme le groupe ivoirien Kiff No Beat, le camerounais Maahlox au Cameroun ou le Malien Iba One. » Ajoute Binetou Sylla.

Lire aussi : MHD, du rap à l’afro-trap

Syllart Record n’est pas seul sur ce projet : le label indépendant s’est associé à Universal pour sortir cet album « AfroDias ». « Nous n’avons pas la force de frappe de pousser un titre en radio par exemple, d’avoir de gros moyens de communication, justifie Binetou Sylla. J’ai tout de même imposé que, sur tous les supports de communication, le nom Syllart Records apparaisse. »

Aujourd’hui, AfroDias est mis en avant sur la plate-forme musicale iTunes. Coup de pouce d’Universal ou fruit du hasard ? Personne chez Syllart Record ne l’explique, mais tous s’en félicitent. La petite équipe de trois personnes logée dans le XVIIIe arrondissement de Paris se voit déjà loin, très loin. « Je sens un appel des Etats-Unis, j’ai l’impression qu’en allant vivre à New York, les choses vont bouger plus vite avec les 30 000 titres de mon catalogue », certifie Binetou Sylla, en digne héritière de l’empire familial.