Le Zap Afrique : Papa Wemba, attentats déjoués au Maroc, violences policières au Kenya…

 

 

Achille Mbembe : "Critique de la Raison nègre", extraits

   

Quatrième édition de la conférence islamique nationale: mariages précoces, Alpha Condé accuse les Imams !

Guinée Conakry, 15/05/2016. Nouvelle République de Guinée. La salle des congrès du palais du peuple de Conakry a servi de cadre à la tenue de la quatrième édition de la conférence islamique nationale. C’était du lundi 9 au mercredi 11 mai 2016. On notait donc la présence du président Alpha Condé, celle du président de l’Assemblée Nationale, du premier Imam de la mosquée Fayçal, de l’Archevêque de Conakry, des membres du gouvernement et des représentants des représentations diplomatiques accréditées en Guinée.


Le thème retenu pour la conférence 2016 était : « Islam en Guinée : Quelle vision ? Quelle organisation dans un monde confronté à des conflits d’ordre religieux
En sa qualité de président d’honneur de ladite rencontre, le président Alpha Condé a su accrocher les religieux du pays. Devant des centaines d’Imams sortis des coins et recoins de la Guinée, le président a indiqué : « La Guinée est un pays laïc, démocratique, uni et indivisible. C’est vrai, les 85% des Guinéens sont musulmans. Le christianisme et l’animisme (sic, ndlr)  se pratiquent aussi ici. Même si la religion musulmane est dominante, nous devrons respecter et protéger les chrétiens et les animistes (resic ! ndlr).
La religion musulmane se présente comme un arbre et ses nombreuses branches. Cet arbre, c’est le coran. Sans parti-pris, on doit respecter toutes les branches de cet arbre. Malheureusement, l’islam à travers le monde, est menacé par le comportement d’individus mal intentionnés qui n’ont en réalité aucune compréhension des paroles saintes du coran. Ce qui ternit et éclabousse l’islam. Une religion de paix, de tolérance et d’amour du prochain. Tout cela est dû à l’ignorance et à la non maitrise du Saint Cora,
ceux qui mène au terrorisme et à la montée de l’extrémisme religieux
 ».
Le président a en outre indiqué : « Dans de nombreux pays, on rencontre certains groupes musulmans qui s’attaquent à d’autres groupes. En Guinée, nous nous réjouissons de la grâce divine de la pratique d’un l’islam tolérant. 
Nous allons demander au ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, de procéder au contrôle de tous les courants religieux qui se pratiquent dans notre pays. Ceux qui pratiquent la religion conformément au Saint Coran, à nos coutumes et à nos mœurs, seront libres de pratiquer leur croyance.
Nous devons nous lever pour sensibiliser et éduquer nos populations sur la pratique des croyances.. Nous n’allons jamais accepter que des gens apprennent de mauvaises pratiques religieuses à nos enfants qui deviendraient demain un danger pour notre pays.
».

S’agissant des mariages précoces en Guinée


Le président Alpha Condé poursuit: « La constitution guinéenne indique que l’on ne doit pas marier une fille avant l’âge de 17 ans et l’homme avant 18 ans. J’ai fréquenté certaines sous- préfectures de notre pays, j’ai été frappé de voir les filles de 13 à 14 ans avec des  enfants au dos. Ces  mariages n’ont pas été faits devant le maire, mais plutôt devant vous les imams. Cela est extrêmement dangereux pour ces filles ; elles ont été empêchées de poursuivre leurs études, ayant été forcées d’être mariées avant  l’âge de la puberté, ceux qui aura des conséquences graves pour leur santé. Les imams aussi doivent se lever pour combattre les violences faites aux femmes, la drogue et autres faits contraires à nos valeurs et à nos mœurs »
ous devez apprendre aux gens de se comporter très bien pour le bonheur de notre société »

Sylatigui avec SNB

www.nrgui.com

Pr Fabien Eboussi Boulaga| De la philosophie africaine

 

Décès de Papa Wemba : «Comme Molière, il voulait mourir sur scène»

Le chanteur congolais Papa Wemba en concert au New Morning à Paris, le 15 février 2006Le chanteur congolais Papa Wemba en concert au New Morning à Paris, le 15 février 2006 (AFP/PIERRE VERDY)

La fête a tourné au drame. Alors que le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo bat son plein dans la nuit de samedi à dimanche à Abidjan (Côte d’Ivoire), le chanteur congolais Papa Wemba s’écroule sur scène, victime d’un malaise, et meurt quelques heures plus tard, à l’âge de 66 ans, laissant un peuple et un continent orphelin.

Le pape de la rumba congolaise était l’une des stars de l’événement organisé chaque année par le groupe Magic System.
Vers 5 h 10 du matin, après une longue soirée de concerts, il succède au rappeur Kery James et à la star de la musique camerounaise Charlotte Dipanda face à plusieurs milliers de personnes. Devant la scène, les filles enchaînent des pas de n’dombolo, célèbre danse congolaise remise au goût du jour en France avec la chanson « Sapés comme jamais » de Maître Gims, fils d’un ex-musicien de Papa Wemba.
Le show est diffusé en direct sur la RTI, chaîne de la télévision nationale ivoirienne. Un quart d’heure après le début du concert, alors qu’il entame sa troisième chanson, il s’évanouit derrière ses danseuses. Les musiciens continuent à jouer quelques secondes avant de tenter de lui porter secours. Le public sur place reste interloqué tout comme les téléspectateurs qui peuvent suivre le concert chez eux. La RTI stoppe sa retransmission. Les lumières du festival sont éteintes, plongeant une marée humaine dans l’obscurité. La Croix-Rouge prend en charge l’artiste et le transporte à la clinique de l’Hôtel-Dieu d’Abidjan alors que des mouvements de foule compliquent son évacuation.
VIDEO. Malaise fatal pour Papa Wemba à Abidjan

   

 « J’ai un diplôme de secouriste, j’ai lutté pour éloigner les gens mais il y avait trop de monde », confie Belaji, sémillante Ivoirienne qui avait parlé un long moment avec le chanteur, main dans la main. « Il m’avait demandé d’apprendre le lingala (NDLR : langue parlée au Congo) et nous avons discuté des forces de l’esprit. C’était prémonitoire », ajoute-t-elle entre deux sanglots. « Nous avons déjà perdu Prince cette semaine, mais pour nous Papa Wemba est une icône tout aussi importante, explique un journaliste africain qui l’a interviewé la veille. Il était un papa pour tout le monde, d’ailleurs, tout le monde l’appelait Papa. Au Congo, il était traité avec les mêmes honneurs qu’un président. »
Dans la cour d’un modeste hôtel ce dimanche, son manager, ses musiciens, sonnés, patientent, prennent dans leurs bras les nombreuses personnes venues les soutenir. Des larmes coulent, sous les lunettes noires d’une de ses danseuses. Incrédule face à cette fin si brutale. « Lors d’un déjeuner samedi, il me disait ne pas comprendre les artistes qui prenaient leur retraite, raconte Claudy Siar, présentateur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, qui le connaît depuis 1985. Et il évoquait souvent Molière, en certifiant que lui aussi voulait mourir sur scène. »

Il a inspiré Stromae et Maître Gims
Il avait près de cinquante ans de carrière mais était toujours dans le coup. Papa Wemba, de son vrai nom Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, avait modernisé la rumba congolaise, inspirée des rythmes cubains, très populaire dans les années 1950 sur le continent africain. Papa Wemba l'avait électrisée pour en faire des chansons festives, inspirées également de ses références anglo-saxonnes. Un son qui a inspiré quelques-uns des tubes de ces derniers mois. La guitare remuante du « Papaoutai » de Stromae n'est pas loin de celles de Papa Wemba. Tout comme l'ambiance de « Sapés comme jamais » de Maître Gims. Peu surprenant de la part du rappeur de Sexion d'Assaut, lui-même congolais et dont le père a été longtemps l'un des musiciens du chanteur décédé hier à Abidjan. Légende africaine, Papa Wemba avait eu aussi maille à partir avec la justice française. Il avait été condamné à trente mois de prison dont quatre ferme en 2004, pour avoir couvert le passage de près de 150 clandestins congolais vers la France et la Belgique, mêlés aux groupes de musiciens et de danseurs de ses tournées. E.M.