Un documentaire de Spike Lee sur M.J., Michael Jackson’s Journey from Motown to Off the Wall

Ce documentaire présenté en première mondiale à Sundance le 24 janvier, sort en DVD en France le 26 février.

Il rassemble de nombreuses archives et témoignages d'artistes ou de proches, notamment ceux de The Weeknd, Kobe Bryant, Questlove, Katherine Jackson, etc. En voici une bande-annonce : 

 

 

Trop de Blancs sur la photo ? Louez une minorité ! (Le Monde)

 

 Pour la deuxième année consécutive, aucun(e) comédien(ne) ou réalisateur(trice) noir(e) n’apparaît dans la liste des nommés aux Oscars. Crédits : KEVIN WINTER / AFP    

Depuis la mi-janvier, le tout-Hollywood s’agite et s’englue dans un débat houleux sur son absence de diversité. Rappel des faits : pour la deuxième année consécutive, aucun(e) comédien (ne) ou réalisateur (trice) noir(e) n’apparaît dans la liste des nommés aux Oscars. Et malgré l’annonce de mesures « historiques » censées favoriser la visibilité des minorités, la polémique, tenace, continue de rebondir d’un festival à l’autre.

Lire aussi : L’Académie des Oscars promet d’inclure plus de Noirs et de femmes d’ici à 2020

Jeudi 11 février, l’actrice américaine Meryl Streep, présidente du jury de la Berlinale, a tenté de se réfugier derrière un paravent inattendu. Interrogée sur la représentativité des minorités au sein de l’industrie du film, elle balayait les critiques d’un « Nous sommes tous Africains, vraiment ». Pour le moins boiteux. Les réactions vont de l’hilarité au sarcasme : « Il y en a pas parmi nous de plus Africains que d’autres ? », peut-on lire sur un compte Twitter sud-africain.


Or le problème de Meryl Streep - et plus largement celui de l’Académie des Oscars - a peut-être une solution. Un semblant de start-up propose ses services d’extincteur miracle pour l’incendie ethnique. Nouveau-né au sein d’une économie du partage, Rent-A-Minority (Loue une minorité) entend sauver la face de ces spectacles, de ces brochures d’entreprises et autres conférences uniquement composées d’hommes blancs. Un Uber de la diversité, en somme, pour s’éviter de se payer la honte « quand faire vraiment quelque chose pour mettre fin aux inégalités représenterait trop de travail », précise le site. Grâce à Rent A Minority, les photographies officielles pourront enfin comporter une « femme musulmane souriante (garantie non-affiliée à l’Etat islamique, sinon on rembourse) » ou un « homme noir à l’air intello », très pratique quand on fait des blagues racistes, ajoute le site, « puisqu’on ne peut pas être accusé de racisme si on a un ami noir à côté de soi ».

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Rent-A-Minority propose des Noirs heureux et des femmes musulmanes souriantes à louer pour vos photos d’entreprises.   
Rent-A-Minority propose des Noirs heureux et des femmes musulmanes souriantes à louer pour vos photos d’entreprises.         Crédits : Rentaminority.com    

« Vous avez eu ce boulot parce que vous êtes une minorité ? »

Derrière le site internet, qui se révèle vite humoristique, se cache Arwa Mahdawi, publicitaire anglo-palestinienne de 32 ans, basée à New York. Elle est la première surprise de recevoir autant d’attention depuis quelques jours (le site a été mis en ligne avant la polémique des Oscars). « Au départ, j’ai juste fait ça pour m’amuser. Etant une femme, métisse, gay, j’ai vécu de nombreux “moments de minorité” : quand les gens supposent que j’ai décroché un boulot précisément parce que je fais partie d’une minorité, qu’on me demande “d’où je viens vraiment”, par exemple », explique-t-elle au Monde Afrique.

Lire aussi : Othello joué par un Blanc : le théâtre français est-il raciste ?

De nombreuses entreprises réalisent aujourd’hui qu’elles doivent faire quelque chose en faveur de la diversité, reconnaît-elle, « mais beaucoup de ces initiatives restent dans l’ombre ou sont traitées avec condescendance ». Elle en veut pour preuve les propos de Meryl Streep à Berlin le 11 février. « Ces commentaires banalisent le racisme dont les gens font l’expérience, dit Arwa Mahdawi. Nous sommes peut-être tous les mêmes, mais nous ne sommes pas tous traités pareil, c’est justement ça le problème ».

L’écrivain ivoirien Bernard Dadié primé à l’Unesco

 

  L'écrivain ivoirien Bernard Dadié le 11 février 2016, à l'Unesco, à Paris. Crédits : SIA KAMBOU/AFP    

L’écrivain ivoirien Bernard Dadié, qui a récemment fêté ses 100 ans, a reçu jeudi à Abidjan le premier prix Jaime Torres Bodet décerné par l’Unesco qui récompense l’ensemble de l’oeuvre de ce « pionnier et géant de la littérature africaine », selon Irina Bokova, la directrice de l’Unesco.

Créé à l’initiative du docteur José Narras Roblès, recteur de l’université nationale autonome du Mexique (UNAM), ce prix Jaime Torres Bodet (membre fondateur de l’institution dont il fut le directeur de 1948 à 1952), sera décerné tous les deux ans et est destiné à récompenser « les efforts de la personne, du groupe de personnes ou de l’institution internationale qui a contribué au développement de la connaissance et du savoir, à travers l’art, l’enseignement et la recherche en sciences sociales ».

« Nous célébrons aujourd’hui plus que l’hommage à un grand intellectuel, car ce prix est aussi un hommage à la vivacité de la culture de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique », a écrit Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, dans un message lu lors d’une cérémonie au palais de la culture d’Abidjan.

« Un désir d’écarter les ténèbres »

Pour Mme Bokova, « cette cérémonie est un moment de joie, de reconnaissance et de célébration de la grandeur de l’Afrique et ses belles et riches cultures, et aussi une invite à l’action pour un monde meilleur où le dialogue des cultures est le socle de la paix et de la coexistence pacifique ».

« Ecrire est, pour moi, un désir d’écarter les ténèbres, un désir d’ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde », a commenté l’écrivain d’une voix monocorde et tremblante, avant que son fils prenne la relève pour poursuivre son discours de remerciements.

Le ministre ivoirien de la culture et de la francophonie, Maurice Bandaman, a salué de son côté M. Dadié, « père des lettres ivoiriennes » et « militant en quête de lumière pour la fraternité des peuples, mais aussi un homme opposé au reniement de soi ».

M. Bandaman a rappelé que les œuvres de l’écrivain « sont enseignées dans les universités et grandes écoles d’Afrique et d’ailleurs ».

M. Dadié a été sélectionné parmi des candidatures provenant de 20 pays, selon l’Unesco. L’écrivain centenaire a été notamment reçu deux fois le grand prix littéraire d’Afrique noire avec Patron de New York (1965) et La Ville où nul ne meurt (1968).

Le Monde

«Nous avons détecté des ondes gravitationnelles»: Einstein avait raison

« Ladies and gentlemen, we have detected gravitational waves, we did it. » « Mesdames et messieurs, nous avons détecté des ondes gravitationnelles, nous l’avons fait. » L’annonce de David Reitze, directeur exécutif du Ligo, observatoire constitué de deux détecteurs géants identiques, l’un en Louisiane et l’autre dans l’est de l’État de Washington, a été sobre.

L'annonce de la découverte par David Reitze, directeur du Ligo © Alexandra Witze

Mais sa signification est immense : après un demi-siècle d’efforts et plusieurs échecs retentissants, un millier de physiciens de quinze pays travaillant au Ligo, associés aux 250 chercheurs de l’observatoire européen Virgo, ont confirmé une prédiction formulée par Albert Einstein en juin 1916, il y a presque un siècle.

Les ondes gravitationnelles ont été détectées le 14 septembre 2015, à 5 h 51 en heure EDT (11 h 51 à Paris), par les deux détecteurs, celui de Livingston, en Louisiane ayant enregistré l’événement 7 millisecondes avant son jumeau de Hanford, Washington. L’événement en question s’est produit il y a un milliard d’années, dans le sud de la voûte céleste, vers le nuage de Magellan. Deux trous noirs, l’un d’une masse équivalente à 29 fois celle du Soleil et l’autre de 36 masses solaires, se sont rapprochés et ont fusionné en une fraction de seconde. Il faut imaginer deux objets trente fois plus massifs que le Soleil, entrant en collision à la moitié de la vitesse de la lumière dans un espace de la dimension d’une grande ville. « Mind-boggling », « ahurissant », résume David Reitze.

Cette collision gargantuesque a provoqué une déformation de l’univers, une onde qui s’est propagée dans l’espace à la vitesse de la lumière avant d’atteindre les détecteurs du Ligo. Cette déformation en déplacement est précisément une onde gravitationnelle. Mais malgré l’énorme puissance de l’événement qui l’a suscitée, ce que les détecteurs du Ligo ont mesuré n’est qu’une minuscule distorsion de l’espace correspondant à une infime fraction du diamètre d’une particule élémentaire telle qu’un proton. On comprend que la détection d’effets aussi ténus ait demandé des décennies d’efforts.

Localisation dans le ciel de la collision des deux trous noirs détectés par le Ligo © DRLocalisation dans le ciel de la collision des deux trous noirs détectés par le Ligo © DR

À vrai dire, lorsque Einstein a prédit l’existence de telles ondes, il pensait que les physiciens ne pourraient pas les détecter. Il n’était même pas complètement sûr de leur existence réelle ! Si les ondes gravitationnelles font vibrer les physiciens, elles ne renversent pas les tables. Elles parcourent l’espace à la vitesse de la lumière sans se heurter au moindre obstacle. Elles ne sont pas absorbées ou réfléchies par la matière, comme les ondes lumineuses. Elles ne perturbent pas l’ordre cosmique. Bref, elles sont d’une extrême discrétion.

Leur concept découle de la théorie de la relativité générale, formulée par Einstein en 1915. Cette théorie est principalement une théorie de la gravitation, mais complètement différente de la classique théorie de la gravitation de Newton. Pour le physicien anglais, la Terre tourne autour du Soleil parce que celui-ci exerce une force de gravitation sur notre planète. Pour Einstein, la gravitation n’est pas une force, c’est une déformation de l’espace-temps qui se produit autour des objets massifs. La Terre est attirée par le Soleil parce que ce dernier courbe l’espace-temps autour de lui.

Une image souvent utilisée pour illustrer l’idée de courbure de l’espace-temps est celle d’un tissu élastique sur lequel on pose une grosse boule : elle s’enfonce dans le tissu et crée une dépression ; si l’on fait rouler une bille en ligne droite sur le tissu, quand elle passe près de la boule, sa trajectoire est déviée par la dépression et se courbe (voir le site astronomes.com).

Cette image est cependant très imparfaite. Elle décrit un espace en deux dimensions dans lequel se déplacent des objets. Pour Einstein, l’espace et le temps sont liés, formant un continuum à quatre dimensions. De plus, le père de la relativité ne voit pas, à la différence de Newton, l’espace comme un théâtre fixe où évoluent les objets. Il conçoit l’espace-temps comme une entité qui n’est pas séparée des objets : « Les objets physiques ne sont pas dans l’espace, mais ils sont étendus spatialement, écrit Einstein. En ce sens le concept d’espace vide perd sa signification. »

L’idée principale, cependant, est que la matière déforme l’espace et que cette déformation constitue la gravité. C’est ce qu’Einstein expose en 1915. L’année suivante, Einstein se demande ce qui se passerait si l’on pouvait secouer un objet de grande masse. Qu’adviendrait-il de la déformation de l’espace-temps qu’il produit ? Serait-elle secouée elle aussi ? En juin 1916, le physicien publie sa réponse : l’espace-temps se mettrait à onduler, produisant une onde qui se déplacerait en s’éloignant de la grosse masse à la vitesse de la lumière. Cette onde n’est autre que la distorsion produite par la gravité de l’objet massif. C’est donc une onde gravitationnelle. En se propageant dans l’espace, l’onde déplace la déformation initiale. Autrement dit, elle étire et écrase l’espace-temps sur son passage.

Einstein et d’autres physiciens se sont tout de suite demandé si ces ondes avaient une existence matérielle ou si elles étaient de purs artefacts résultant du calcul. Einstein lui-même a changé plusieurs fois d’avis sur le sujet, rapporte la revue Nature dans un résumé historique. Mais un certain nombre de physiciens y ont cru dur comme fer.

Einstein ne croyait pas aux trous noirs »

En 1969, Joseph Weber, de l’université du Maryland, construit un détecteur fait d’un cylindre d’aluminium de 2 mètres de long sur 1 mètre de large, censé « sonner » d’une manière ou d’une autre quand il est parcouru par une onde gravitationnelle. Mais aucun autre chercheur n’a réussi à reproduire ses résultats, auquel il a finalement été le seul à croire.

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Michel de Pracontal

Médiapart

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Il ya trente ans disparaissait le savant sénégalais Cheik Anta Diop

 

Le 7 février 1986, disparaissait le Sénégalais Cheikh Anta Diop, auteur du célèbre Nations nègres et cultures. Ses thèses iconoclastes, fondées sur une érudition scientifique et pluridisciplinaires, avaient fait l’effet d’une bombe à la parution de l'ouvrage en 1954. A l'occasion du 30e anniversaire de la disparition de l'historien, RFI a interrogé le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne sur la portée de l’œuvre de Diop. Souleymane Bachir Diagne, 61 ans, vit aux Etats-Unis où il enseigne la littérature et la philosophie à l’université de Columbia. Entretien.
Nous commémorons cette année le 30e anniversaire de la disparition de Cheikh Anta Diop. Je crois que vous l’avez connu personnellement. Quel genre de personnage était-il ?
Je l’ai rencontré une seule fois. Je m'en souviens encore. Je sortais de mon agrégation de philosophie lorsque mon oncle Pathé Diagne, qui était l’un de ses amis, m’a amené le voir. C’était un monsieur très courtois et attentif. On a parlé de mes études et de l’importance qu’il attachait à la réflexion philosophique. Il m’a dit que l’Afrique avait besoin de philosophes pour penser son présent et son avenir. J’étais un peu intimidé par ce grand personnage dont j’avais lu, comme tous les Sénégalais, les écrits sur l’Egypte, et notamment son livre intitulé Antériorité des civilisations nègres : mythe ou vérité historique ? que j’avais dévoré au sortir de la terminale.
Quel impact ces lectures ont-elles eu sur vous ?
Elles ont eu un impact immense sur moi comme sur beaucoup de jeunes Africains grandissant dans des sociétés postcoloniales et dominées. Elles m’ont aidé à structurer ma pensée. Tous les Africains qui ont lu Cheikh Anta Diop sont marqués à jamais par la simplicité et la force de sa narration. Moi, j’ai retenu de mes lectures « diopiennes » trois grandes idées. Primo, la civilisation égyptienne est une civilisation profondément africaine et d’ailleurs l’Egypte n’est pas compréhensible sans son ancrage africain, tout comme l’histoire africaine ne se comprendrait pas sans sa connexion avec l’Egypte.
Quelles sont les deux autres idées que vous avez retenues ?
La deuxième leçon importante, ce fut la découverte que l’Afrique ne se réduisait pas à sa tradition orale et que l’érudition écrite avait une longue histoire sur notre continent. Comme l’a écrit Diop, on ne peut pas parler de philosophie africaine en ignorant que cette discipline était enseignée dans des grandes villes comme Tombouctou ou Djenné dans une tradition écrite depuis des époques médiévales. La lecture de Cheikh Anta Diop m’a convaincu que la démarche ethnologique ne suffisait pas et qu’il fallait une démarche proprement historique pour pouvoir situer l’histoire intellectuelle de l’Afrique à l’intérieur de celle du monde musulman et plus généralement, à l'intérieur de la tradition de l’érudition écrite. Enfin, la troisième grande idée que Diop développe dans son œuvre, c’est celle de l’unité culturelle et politique africaine. Son volontarisme panafricaniste n’est pas sans rappeler l’appel à l’unité africaine d’un Senghor ou d’un Nkrumah.
Vous avez connu Cheikh Anta Diop, mais aussi Senghor. Il semblerait que leurs relations étaient plutôt tendues ?
On a exagéré sur les divergences intellectuelles entre ces deux grands Sénégalais. Certes, Senghor et Diop n’étaient pas sur la même longueur d’onde sur le plan politique, mais maintenant que tous les deux sont morts et que la passion politique est retombée, les points de convergence apparaissent davantage, notamment sur les questions de l’unité culturelle du monde noir.
Parmi les thèses iconoclastes de Cheikh Anta Diop, il y a aussi son affirmation que les Grecs auraient tout appris des Egyptiens, de la philosophie jusqu’aux sciences. Faisait-il de l’afrocentrisme ?
C’était évidemment excessif d’affirmer que les Grecs avaient tout appris des Egyptiens, mais Cheikh Anta Diop avait eu raison de questionner la présentation de l’histoire intellectuelle de l’Occident comme un parcours totalement exceptionnel, sans lien avec d’autres parcours civilisationnels. Les Occidentaux nous disent que tout a commencé par la Grèce. On nous parle de « miracle grec », ce qui impliquerait que la Grèce ne naît que d’elle-même et que sa civilisation n’aurait eu aucun lien avec le monde antique environnant. Diop a montré, avec des preuves à l’appui, puisées autant dans l’archéologie, l’histoire que dans la linguistique, que les échanges avaient bel et bien eu lieu entre le monde grec et le monde égyptien. Platon lui-même a reconnu dans ses dialogues la dette de la Grèce à l’égard de l’Egypte. C’est à partir de Hegel que la démarche philosophique est conçue comme étant propre à l’Europe, alors qu’avant Hegel les philosophes européens étaient tout à fait conscients que la philosophie était le produit d’une conversation entre des cultures, entre des penseurs venant des aires culturelles différentes. Avant d’être « afrocentriste », Cheikh Anta Diop interpelle l’européocentrisme de la pensée occidentale. D’où la méfiance et la condescendance dont celui-ci a été victime si longtemps.
Pourquoi les idées de Cheikh Anta Diop semblent déranger moins aujourd’hui ?
Dans les années 1950 lorsque Cheikh Anta Diop a été empêché de présenter sa thèse sur l'africanité de l'Egypte à la Sorbonne, l'université occidentale vivait encore sur l'héritage de la domination de la pensée occidentale qui supportait mal les mises en cause de sa supériorité. L'Occident seul savait « philosopher »... L'Afrique était trop arriérée pour avoir abrité une civilisation aussi brillante que la civilisation égyptienne. Puis, les idées défendues par l'historien africain ont fait leur chemin et ont fini par s'imposer, notamment à la suite du colloque international du Caire de 1974, organisée sous l'égide de l'Unesco. Ce colloque est venu conforter les thèses de Diop sur l'Egypte africaine.
Vous enseignez depuis plusieurs années aux Etats-Unis. De quelle réputation Cheikh Anta Diop jouit-il aujourd'hui auprès de l'intelligentsia américaine ?
Son œuvre fait partie aujourd'hui de ce qu'on appelle le « canon » de la littérature postcoloniale. Elle est associée à l'affirmation de l'africanité de l'Egypte. Antériorité des civilisation nègres est sans doute son ouvrage le plus connu parmi les intellectuels américains.
Source: RFI