Petite contribution à l’étude de la récurrence décelée par le Pr Hawing, du chiffre 8 de cette présidentielle annoncée (Par Saïdou Nour Bokoum).

M. Hawing écrit :

"1) 2015 : Un nombre dont la somme des chiffres donne 8 (2015= 2+0+1+5=8) ;

2) ELECTION : Un mot dont la somme des chiffes donne 8 (ELECTION=E+L+E+C+T+I+O+N=8lettres) ;

3) CAMPAGNE: Un mot dont la somme des chiffres donne 8 (CAMPAGNE=C+A+M+P+A+G+N+E=8lettres) ;

4) CANDIDAT : Un mot dont la somme des chiffres donne 8 (CANDIDAT= C+A+N+D+I+D+A+T= 8lettres) ;

5) 8 : huit candidats.

Constat et interrogation: 11 octobre 2015, est-ce une élection dédiée au chiffre 8 ? Est-ce une élection de toutes les coïncidences ?"

Très pertinentes remarques. En effet, il y a 5 coïncidences avec ce chiffre 8. Et après ? Car ce qui importe dans la science des chiffres et des lettres, c’est le SENS des coïncidences sinon on reste sur la pure évidence d’un constat qui n’invite à rien : ni à l’action, ni à la réflexion surtout, ni à un effort de transcendance sinon spirituelle, du moins morale, but de "Al ilmul’huruf". Beaucoup de grands saints – comme Bouni dont le « Shams Ma’ruf » fait autorité -, ont excellé dans cette science dont l’ultime but est la connaissance du Grand NOM des soufis (musulmans), "Al ism al Azîme" ou le nom imprononçable des Juifs kabbalistes ou la pierre philosophales des alchimistes, la quête de la Franmaçonnerie (l'authentique aujordhui dégénrée), celles des Rosucricens aujourd'hui comme les Templiers occultés ou chassés par Philippe Le Bel, ces dernières voies, pendants ésotériques de l’initiation chez les Chrétiens.

Vous faites donc le constat remarquable de ce « rassemblement" de 5 fois 8 de cette présidentielles. Encore une fois et alors ?

Pour en tirer quelque sens, je dirai que 8 est le seul nombre qui s’écrit dans tous les sens et qui reste droit dans ses bottes : debout, sur la tête, couché, visage tourné à gauche à droite, c’est toujours 8. Surtout, 8 est une couture de deux zéros. Zéro pointé dirait mon Instit !. Plus sérieusement, si je voulais à tout prix trouver un sens, un peu taquin, je dirais des élections marquées au coin du Zéro, de la nullité. Des élections qui n’auront pas lieu et bien d’autres caractéristiques connotées selon son camp politique, qui rappelleront le chiffre zéro, marque de fabrique de Toto. Mais Dieu Très Haut a créé toute chose en couples. Lui Le Créateur de la dialectique. Qui transforme le Néant en Etre. Qui du jour sort la nuit et de la nuit sort le jour, chasse le faux par la vérité, etc. Le chiffre huit qui nous traine vers un double zéro, vers le Néant, la mort. Cependant 8,  est aussi le chiffre de la VIE. Voyez le caducée, ce logo-symbole des médecins et des pharmaciens : deux serpents qui s’enlacent autour d’une baguette : courant ascendant et courant descendant d’un flux (éros et thanatos dirait Freud), Yin Yang, pour une lecture extrême orientale, bref ce que devait connaître Enkidu, compagnon de Gilgamesh, que le grand psychanalyste suisse Carl Gustav Jung ou la tradition musulmane identifient comme serviteur d’Alexandre le grand qui comme Gilgamesh était à la recherche de la source de vie. Mais impatient, ce dernier cherchait plus la vie de ce bas-monde et il est mort à 30 ans, "maître de l’univers", anéanti par les excès, les plaisirs qui hantent le pouvoir, au cœur de la Babylone plus canaille que Sodome et Gomorrhe, conquise mais aux plaisirs desquels il a donc succombé à 30 ou 33 ans. .

C’est cette même source de Vie que Moïse dans le saint Coran, cherchait (sourate 18, la caverne, v 60 et suiv.), et il rencontra l’énigmatique personnage appelé Khezr le verdoyant de la Tradition musulmane. Vous verrez que son serviteur avait négligemment laissé tomber leur poisson séché dans l’eau et qui retrouva la Vie et disparut dans les flots. C’est cette science, "Ilm min la dunna" (Science de chez NOUS - Exalté !-) que le prophète Mouça (AS) puisera  avec Khezr le verdoyant. Verdoyant, couleur verte, couleur de la vie. Or cette Vie que symbolise le serpent, les deux serpents de la « contradiction », source de vie, le serpent se dit aussi HAYAT (terme générique certes de bestioles rampantes) , VIE , comme Al Hayyou, un Nom de Dieu - Exalté ! - bien connu des Musulmans. Or il y a une tradition – mais je ne vais pas la raconter, cherchez, vous trouverez –, une anecdote qui dit comment un serpent a découvert la feuille (verte) qui lui a fait ressusciter son ou sa compagne morte. Ce n’est donc pas un hasard si le caducée est un enlacement de serpents. Enfin dans HUIT il y a les radicales H Y T comme dans le EITH, le 8 des Anglais ; il y a aussi les 8 Nommos de la cosmogonie dogon, des entités (disons pour aller vite, des anges), lieutenants de l’UN dogon, Amma dit aussi Dieu d’eau. Les Guinéens, libérés de nos péchés mignons dominés par l’ethno-ignorance, feront de ce 8 le pire ou le meilleur. Pour le croyant, tchogo tchogo, tout est déjà ECRIT par le Très Haut, mais rien n’est acté d’avance par Le Miséricordieux.

Essayons une extension avec la situation sociopolitique qui intéressera d’avantage ceux qui sont plutôt scotchés aux évènements apparents, illusoires de ce bas-monde. Il y a donc 5 mentions du chiffre 8. 8 x 5 = 40. Sourate 40, "Le Pardon". Sourate qui fait partie d’une série de sourates qui s’ouvrent par HA , MIME dont la valeur numérique 40 (ha) + 8 (mîme) = 48 : sourate 48, "La Victoire" dont les deux premiers versets 1) ; « ..victoire éclatante.. » (conquête PACIFIQUE de la Mecque après un semblant de défaite symbolisée par un accord « humiliant » des musulmans, les pacte de Hodeïbiya .2) ce verset dit : "..PARDON de tes péchés.."

Je crois que chacun pourra à présent, se faire une idée moins confuse de ce qu’il devrait penser, souhaiter et faire pour que ce soit le Peuple de Guinée qui soit victorieux, pacifiquement sans trop de casse, ni clash. Il est vrai que cette victoire (Des Mecquois) est venue après des guerres, et que c’était en pleine situation explosive où les « faucons » étaient sûrs d’être victorieux en allant en découdre avec les Mecquois dont le Prophète (PSL) a réussi à calmer les ardeurs (voir pacte ou serment d’Hudaïbia..). C’est évident, la « connaissance » ne fait que compliquer les choix. En quelque sorte. D’autant plus que je conseille de lire tout ceci à la lumière de la courte sourate 94 (L'ouverture), notamment le verset où Il - Exalté ! - dit : « oui, à côté de la difficulté est la facilité.. ». Qu’il faut lire avec un esprit d’ouverture. Le Coran, les sourates, les versets, sont polysémiques : vous croyez faire ou décider quelque chose de bien qui se révèlera dommageable ou l’inverse ; quelque chose qui semble bien vous arrive qui se révèlera être une catastrophe. Que la lumière nous guide et que vive la Guinée !

Was-Salam. PS : ce texte était destiné au site gbassikolo dont je prie Webmaster de le relire; il se voulait simple commentaire mais que le « robot » a rejeté : « trop long ». Or je n’ai ni la force, ni le temps de me relire. Merci d’avance M. Souaré et courage avec les hackers qui prennent beaucoup de hackès (péchés) à crédit pour « lakhara », Demain, Diango, Sini, Al Akhir..Comment le dire en Niankoye, M. Ben Daouda ?

Was-Salam

Saïdou Nour Bokoum

www.nrgui.com

Piéger la contradiction - 2015-Election-Campagne-Candidat-8

1) 2015 : Un nombre dont la somme des chiffres donne 8 (2015= 2+0+1+5=8) ;

2) ELECTION : Un mot dont la somme des chiffes donne 8 (ELECTION=E+L+E+C+T+I+O+N=8lettres) ;

3) CAMPAGNE: Un mot dont la somme des chiffres donne 8 (CAMPAGNE=C+A+M+P+A+G+N+E=8lettres) ;

4) CANDIDAT : Un mot dont la somme des chiffres donne 8 (CANDIDAT= C+A+N+D+I+D+A+T= 8lettres) ;

5) 8 : huit candidats.

Constat et interrogation: 11 octobre 2015, est-ce une élection dédiée au chiffre 8 ? Est-ce une élection de toutes les coïncidences ?

Election de 2015, contrairement à celle de 2010, ce n’est pas une élection de guerres de projets de société, c’est plutôt une élection de confrontation entre Bilans-Perspectives et projets de société. La mouvance dans la peau de Bilan-Perspectives et l’opposition dans la peau de projet de société.

Il est bien beau que les uns et les autres s’invitent dans les débats contradictoires sur les projets de société, comme le souhaite aujourd’hui Dr Fodé Oussou , Directeur de campagne de l’U.F.D.G, faire un face-à-face sur les projets de société avec Dr. Kassory Fofana, Directeur de campagne de la mouvance présidentielle. Je voulais simplement rappeler qu’on ne doit pas perdre vue, qu’entre les camps : chercheurs de pouvoir et possesseur de pouvoir, le débat n’a pas que pour nom ‘’PROJET DE SOCIETE’’. Un bilan n’étant pas un projet, donc le débat pourrait avoir d’autres couleurs que celle de la confrontation uniquement des projets de société.

Dans ce forum, beaucoup souhaitent limiter le niveau du débat ou de la contradiction sur uniquement le projet de société des formations politiques. Quand on veut poser les mêmes questions aux chercheurs de pouvoir et aux détenteurs de pouvoir, je doute fort qu’on ait les bonnes réponses. Insister uniquement sur les projets de société, j’ai pour désagréable impression que c’est fixer, orienter et limiter la question à l’opposition. Les bonnes questions seraient à mon avis : Qu’est-ce qui est fait ? Qu’est-ce qui reste à faire ? Qu’est-ce qui sera fait ? Quelles sont les priorités ? Quelles sont les perspectives ? Quelles sont les visions à court terme ? Quelles sont les visions à moyen terme? Quelles sont les visions à long terme ? Voici, à mon avis, huit bonnes questions où chacun des huit candidats pourrait trouver son compte et pourrait défendre avec aisance et brio.

Un bilan n’étant pas un projet, si Dr. Oussou Fofana souhaite un débat dont le domaine de définition se résume au « Projet de Société », moi je pense qu’il souhaite le(débat) faire avec un chercheur de pouvoir et non un détenteur de pouvoir. Un détenteur de pouvoir, candidat à sa propre succession, ne fera jamais un débat sans parler de bilan, à moins qu’il soit sans bilan.

Fixer le domaine de définition des contradictions de notre forum d’échanges ou d’un éventuel débat politique uniquement au projet de société, c’est piéger la contradiction ou le débat. Une contradiction dans un forum ou dans un débat politique se veut diverse et variée. Elle doit rappeler le passé (bilan), parler du présent et annoncer les couleurs du futur (projet de société ou perspectives).

Pr. Guillaume Hawing

Quand les artistes se mobilisent pour les réfugiés

 

                    
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Les signaux s’allument un peu partout. A la Biennale d’art de Venise, l’exil et la perte du pays sont au cœur de l’exposition Dispossession (jusqu’au 22 novembre), avec des créations de neuf artistes ou collectifs venus de Syrie, de Russie, d’Allemagne ou d’Ukraine. En Angleterre, le street-artiste Banksy, originaire de Bristol, a ouvert, fin août, un parc d’attractions grinçant, Dismaland, à une trentaine de kilomètres de sa ville natale, en bord de mer, à Weston-super-Mare. On n’y voit pas que le carrosse de Cendrillon accidenté. Dans la forteresse décrépite, le visiteur est accueilli par les forces de l’ordre, et il découvrira une barque remplie de passagers…

Le réalisateur italo-américain Jonas Carpignano, 31 ans, a eu l’idée de reconstituer l’odyssée de deux jeunes Africains en direction de l’Italie du Sud, où les attendent des patrons exploiteurs, le racisme, mais aussi heureusement quelques signes d’hospitalité. Révélé à Cannes, en mai 2015, Mediterranea, ce premier long-métrage inspiré d’histoires vécues est sorti en salles, en France, depuis le 2 septembre. Ce sont aussi les images « profondément choquantes des migrants de Lampedusa », nous dit Etienne Daho, qui ont donné naissance à Un nouveau printemps, l’un des titres de son dernier album, Les Chansons de l’innocence retrouvée (EMI). « Ces jeunes gens, ces familles, la détresse qui les contraint à quitter leur pays d’origine, quitte à trouver à leur arrivée, s’ils ne se noient pas, un rêve de liberté et de dignité en miettes », écrit le chanteur dans un court message.

La colère s’exprime, aussi, à coup de déclarations tonitruantes : le chanteur irlandais Bob Geldof, interrogé sur la radio irlandaise RTE, s’est dit prêt à accueillir « trois familles immédiatement » dans son logement dans le Kent, et une autre dans son « appartement à Londres ». Evoquant les photos du petit Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage turque, il a déclaré : « Je les ai regardées avec un sentiment profond de honte et de trahison, par rapport à ce que nous sommes et à ce que nous souhaiterions être […]. C’est l’échec de ces politiques qui a conduit à ce déshonneur », a-t-il ajouté, dénonçant l’action des gouvernements européens. La star allemande Til Schweiger, comédien et réalisateur, a annoncé qu’il créait une fondation pour ouvrir en Basse-Saxe un foyer de premier accueil…

 

  

On n’en est pas là, en France, où d’après les sondages l’opinion est encore frileuse à l’égard de l’accueil des réfugiés. Une journée de sensibilisation est prévue, samedi 12 septembre, au Musée de l’histoire de l’immigration, à Paris. Intitulée « Douze heures pour changer de regard », elle réunira, entre autres, les historiens Benjamin Stora, Pap Ndiaye, Pascal Blanchard, la plasticienne Fanny Bouyagui, etc., et s’achèvera avec la lecture, par Céline Samie, de la Comédie-Française, de la pièce Triptyque du naufrage, Lampedusa, de Lina Prosa.

Par ailleurs, pas moins de trois pétitions circulent. Publié dans le Journal du dimanche, le 6 septembre, un appel a été initié par l’humoriste Alex Lutz, regroupant soixante-six personnalités – Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Isabelle Adjani, Elsa Zylberstein… Ces artistes s’engagent à donner un cachet, ou plus, soit le salaire versé pour une représentation, à des associations soutenant les réfugiés (Cimade, France Terre d’asile…). « Il ne s’agit pas de dire “We are the World” », prévient Alex Lutz, qui transmet un sobre communiqué annonçant la création de l’association « Une main tendue, un cachet solidaire » : « Les signataires revendiquent le droit d’asile dans les pays en paix pour les victimes de la guerre et de la barbarie humaine », lit-on.

Par ailleurs, des cinéastes et comédiens français, tels Arnaud Desplechin, Emmanuelle Béart, se sont ralliés à la pétition des « Filmmakers » lancée à l’échelle européenne, intitulée « For a Thousand Lives : Be Human », réunissant Jean-Pierre et Luc Dardenne, Isabella Rossellini, Cristian Mungiu, Aki Kaurismäki…

En France, les citoyens ont un « terrain » de choix, si l’on peut dire, pour apprécier l’accueil réservé aux réfugiés : depuis des mois, des centaines d’hommes et de femmes venus d’une douzaine de pays sont regroupés dans le nord de la capitale. C’est là que la mobilisation a commencé. Au début de l’été, une « lettre ouverte » à la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo, a été publiée dans Télérama, le 9 juillet, dénonçant le sort des centaines de réfugiés qui « survivent » et « dorment encore sur les trottoirs de notre capitale ». Autant dire que le texte a fait sursauter la gauche : il est signé par 222 artistes, parmi lesquels les comédiens Juliette Binoche, Omar Sy, les réalisateurs Michel Hazanavicius, Claire Simon, Laurent Cantet, Bruno Podalydès, Rithy Pahn, mais aussi l’écrivaine Virginie Despentes, les metteurs en scène Stanislas Nordey, Ariane Mnouchkine, la chanteuse Elli Medeiros, le groupe I AM, etc.

 

Un camp de réfugiés installé sous le métro La Chapelle à Paris, en juin 2015.  

Des « grands noms » pour les médias

Cette « lettre ouverte » a été initiée par des cinéastes qui soutenaient en simples citoyens les réfugiés regroupés sous le métro aérien de La Chapelle − qui donnera son nom au collectif « La Chapelle en lutte ». Ils ont sorti leur carnet d’adresses : citons, entre autres, Valérie Osouf, auteure du documentaire L’Identité nationale (2013) ; Valérie Massadian, réalisatrice de Nana, Léopard d’or du premier film au Festival de Locarno, en 2011 ; Simone Bitton (Le Mur, sélectionné à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs, en 2004) ou encore Christophe Ruggia (La Tourmente, 2012). Très vite, ils en sont venus à cette conclusion : pour sensibiliser les médias, il faut des « grands noms ». « On a monté la pétition en quarante-huit heures, on était agréablement surpris. Ariane Mnouchkine a répondu en cinq minutes, l’écrivaine Annie Ernaux aussi », raconte Christophe Ruggia, très impliqué dans le combat des personnes sans papiers. L’enjeu, c’est aussi l’application du droit : « Il existe un texte qui s’appelle la convention de Genève relative au statut des réfugiés. Juridiquement, aujourd’hui, l’Etat est en infraction », explique Valérie Massadian.

Quelle triste image de Paris, déplorent-ils dans cette lettre ouverte : « Une femme enceinte, ayant quitté un centre de rétention pour accoucher à Lariboisière, a dû retourner à la rue avec son nourrisson de deux jours. » Début juin, ajoutent-ils, les réfugiés qui campaient sous le métro aérien ont été dispersés « dans une extrême violence par les forces de l’ordre ». « Y a-t-il un directeur de lieu culturel qui pourrait accueillir les réfugiés ? » a lancé Valérie Osouf, sur sa page Facebook. Le 23 juin, trois membres du Collectif sont allés frapper à la porte du Centquatre, l’établissement artistique tout proche, dans le quartier Stalingrad. Le directeur José Manuel Gonçalvès était absent ce jour-là, et son équipe a expliqué le protocole : l’occupation du Centquatre ne peut se faire qu’avec l’accord de la Ville de Paris, qui finance le lieu… La délégation a fait demi-tour.

 

Des réfugiés installés dans le jardin d'Eole à Paris, en juin.  

Halte à l’errance

Depuis trois mois, au total, les réfugiés ont été délogés une dizaine de fois, de la halle Pajol, du jardin d’Eole, du square Jessaint, etc., en vue d’être admis dans des centres d’hébergement – la Ville de Paris parle de « mises à l’abri humanitaires » et souligne que 1 400 migrants ont été pris en charge depuis le 2 juin.

Halte à l’errance, disent les artistes : la revendication principale des « 222 » est l’ouverture, à Paris, d’une Maison des migrants, qui serait « un sas entre l’arrivée en France et le placement des réfugiés dans les centres d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) ». Valérie Osouf s’explique : « La mairie de Paris et les pouvoirs publics continuent à atomiser les exilés un peu partout en Ile-de-France, dans des centres d’hébergement d’urgence inadaptés. C’est une stratégie d’invisibilisation. A contrario, nous souhaitons les rendre visibles et leur permettre, ensemble, d’accéder à leurs droits. Les réfugiés doivent pouvoir bénéficier d’un diagnostic médical, d’une orientation juridique, de cours de français, de formations professionnelles, et être acteurs de leurs parcours. Si ces hommes et ces femmes ont pu faire mille bornes à pied, ils sont capables de prendre leur destin en main ! »

Le 15 juillet, Anne Hidalgo répondait aux artistes dans le même hebdomadaire, sur l’air de « vous vous trompez de cible ». La politique de l’asile est « de la compétence de l’Etat », souligne-t-elle, et non de la ville. Les violences policières ? « J’ai condamné toute utilisation de la violence lors des évacuations des migrants », ajoute-t-elle, assurant les signataires de son « soutien ». La mobilisation des artistes, même critique, est précieuse pour la maire de Paris, car il y a une bataille à mener pour sensibiliser une opinion frileuse. Anne Hidalgo avait plaidé, elle aussi, en faveur de la création d’un grand centre d’accueil. Mais elle n’a pas été entendue, l’Etat redoutant « un Sangatte dans la capitale », explique son entourage.

Besoin d’un lieu

Depuis fin juillet, quelque 300 réfugiés occupent le lycée Quarré – désaffecté, qui deviendra à terme une médiathèque – situé près de la place des Fêtes (Paris 19e), avec l’accord de la Ville. « Nous allons transformer le lycée Quarré en centre d’hébergement temporaire. Nous pouvons effectuer les travaux de sécurité en site occupé, sans évacuer les réfugiés », confirme Bruno Julliard, premier adjoint de la maire de Paris, chargé de la culture.

Le lycée Quarré va-t-il devenir le symbole de la lutte, comme l’église Saint-Bernard le fut pour le combat des « sans-papiers », en 1996, dans le quartier de la Goutte-d’Or, en présence d’Emmanuel Béart et d’Ariane Mnouchkine ? Car une lutte a besoin d’un lieu. Certes, Saint-Bernard renvoie à une autre époque : la droite était au pouvoir, et les artistes faisaient figure d’alliés avec la gauche dans l’opposition. Ensuite, les réfugiés ne sont pas les sans-papiers : les premiers viennent tout juste d’arriver, sont encore traumatisés par leur périple et n’ont pas forcément envie d’affronter les forces de l’ordre ; les seconds sont installés en France, paient des impôts, sont prêts à se battre pour leurs droits. Mais les réfugiés de 2015 ont retenu la leçon de Saint-Bernard. Ils ont beau avoir été ballottés ici et là, le collectif a conservé le même nom, pour le symbole : « La Chapelle en lutte ».

 

Kolonkola ? (De Saïdou Nour Bokoum)

 

KOLOKALAN son yémin !

Kolonkalan a koun ti

Pilon où est le voleur

Pilon fends-lui le crâne

C’était une comptine que chantait ma mère

Pendant que mon frère

Me lisait le « Petit chose »

Et j’attendais la page cruelle

Où il disait « Jacques tu es un âne »

Kolonkalan son yé min

Kolokalan a koutnti

C’étaient deux porteurs de pilon

Chasseurs de voleurs, de félons

Ils entraient en transe

Comme des toupies de rhombe

Faisaient le tour des mensonges

Ils dansaient au pas de l’invisible Chaman

Portant la part polaire du qutb zaman

Qui renvoie le tiers-malheur à son Seigneur

Gardant un second tiers pour soi

Ce que l’Eternel Soi

Acceptait de l’ami

Hallaj, aimé d’Allah

Qui osa « An-nal-Haq ! »

Quoi ? S’indignèrent les  Oulémas

« Houwa c’est moi !» déjà au sommet de la croix

Ma dina, ma foi

Ce pays tien, vrai parc de monts

Mais aussi montagnes d’immondices

Suintées d’âmes damnées des terres jaunes de Siam

Amant des saints chercheurs de faîtes

Où le NON et le NOM

Sont leur unique provende

Trônant sur des tonnes de fer et d’alu

Ces racines des cieux

Qui retiennent la terre de s’effondrer

Sous les péchés

De ceux qui ont craché sur le pacte sacramentel

Enfoui sous les scandales humanitaires

Turgescences géologiques :

Qu’elles aient nom Simandou

Nimba Kakoulima Gangan

Gorgés de fer de bauxite et d’autres

Rogatons du démon

Qui n’ont que mépris de l’ami

Qui le leur rend bien

Anéanti dans ces prières à l’Ami

Qui fera bien descendre pire que la ferraille d’Alufer

Dans les flancs de Kolonkola

Par Le Temps !

La rigueur de Notre Fer

Le dernier-tiers péché tombera

Qui emportera tout tyran entêté

Pauvre Taga nguél

Woï Nna Adama dén sèguèni

De tes dernières larmes

Les Tianguél qui boudent nos bowès

Ne sont plus loin de Bowal Siam

Que le martyre guinéen voit à l’horizon

Déjà Akhir zaman ?

Se demandent les martyrs

Kolonkola dis-le au Kolonkalan

Est-ce encore loin Koumbia ?

« Combien de signes.. » leur faut-il !

Madina ici s’arrête ma piste

Ma route s’est fendue comme sa lune

Salam et Salatou sur lui

Mon sentier laissé aux lampistes

D’une gare où le train siffle depuis

Six cent soixante six fois

Mais ces gens de peu de foi

Ont besoin de l’envers de tes belles lances

Rimah qui rime avec Rahma

Rahman tous en choeur

Rahîm pour crtains coeurs

Tu es Maître de ma dina

Par toi Guinè est devenue Yerusalim

Salam à tous

Ainsi Saladine rime avec Madine

 

NB :  - par un pauvre en Allah – Exalté !- Désolé, je ne me corrigerai que quand je sortirai de mon Hal. Qui suis-je, j’en ai oublié jusqu'à mon nom couvert par tant de lumière..

             - rien qu'une ébauche : "workshop", à relire tous les matins ou tous les soir svp

Afrique, allers-retours

C’est l’un des secrets les mieux gardés de la crise migratoire de ces deux dernières années : qu’en pensent les dirigeants africains, dont le continent est concerné au premier chef ? Que leur inspire cet exode clandestin et trop souvent mortel vers le Nord, où les jeunes Africains en quête d’emploi se mêlent, au gré des passeurs, aux Syriens, Afghans et Irakiens qui fuient la guerre ?

Au nord, les responsables politiques européens se déchirent publiquement sur la question de l’accueil de ces centaines de milliers d’errants imprévus. Au sud, les dirigeants communient dans le silence. « Le silence des chefs d’Etat africains est un scandale », concédait en avril le président guinéen, Alpha Condé, rare habitué des coups de gueule, interviewé par notre collègue Cyril Bensimon. « Le monde s’émeut et ils se taisent. Il faut que l’Union africaine réagisse. » Deux mille morts plus tard, on attend toujours la prise de position de l’Union africaine. Parmi les dix premiers pays de départ de la vague actuelle de migration identifiés par Frontex, l’agence européenne de contrôle des frontières, figurent pourtant trois pays africains – le Mali, le Nigeria et le Sénégal – qui ne sont ni ravagés par la guerre comme la Syrie ni des goulags à ciel ouvert comme l’Erythrée.

« Ne sous-estimez pas le potentiel de l’Afrique, ne surestimez pas la capacité d’accueil de l’Europe »

L’un de ces dirigeants a rompu le silence, jeudi 10 septembre, à Abidjan. Peut-être parce qu’il est depuis peu le premier ministre d’un pays, le Bénin, qui ne participe pas à cet exode vers l’Europe, peut-être parce que, béninois et français, il est lui-même des deux côtés de la Méditerranée, peut-être parce que son passé d’historien de l’économie lui donne plus de recul. Invité de la conférence Les Débats du Monde Afrique dans la capitale ivoirienne, Lionel Zinsou a souligné que la migration est, d’abord, un phénomène intra-africain plutôt qu’une invasion de l’Europe. « L’Afrique est surtout en mouvement vers elle-même », observe-t-il. Les Béninois, par exemple, sont dix millions au Bénin, un million au Nigeria et 800 000 en Côte d’Ivoire.

Ce que décrit aussi l’ancien banquier d’affaires européen devenu premier ministre béninois, c’est la faillite des gouvernements d’Afrique qui n’ont ni anticipé l’explosion démographique du continent ni fait le « diagnostic du chômage des jeunes diplômés ». Quelle « crédibilité », demande-t-il, peuvent aujourd’hui avoir ces dirigeants auprès d’une jeunesse qui a été « la sacrifiée de la croissance » ? C’est pourtant cette même jeunesse africaine qui explose de créativité et d’esprit entrepreneurial. Mais les mythes ont la vie dure : les jeunes diplômés africains pensent toujours trouver plus facilement du travail en Europe qu’en Afrique. Ce sont eux qui partent, « les entreprenants, les plus courageux, pas les miséreux », relève Lionel Zinsou. Le message qu’il leur adresse est à la fois simple – « Restez ici, parce que l’avenir de l’Afrique, c’est ici et maintenant » – et lucide : « Ne sous-estimez pas le potentiel de l’Afrique, ne surestimez pas la capacité d’accueil de l’Europe. »

Retour au pays des élites

C’est ce moment délicat où l’Afrique est en train de changer, sans que la perception de ce changement ait pénétré tous les esprits africains. La perception, pourtant, en est suffisamment forte à l’extérieur pour avoir amorcé au sein de la diaspora une vague opposée à celle de l’exode, une vague retour. L’artiste Pierre-Christophe Gam constate un mouvement de retour au Cameroun, depuis cinq ou six ans : « Il y a un vrai changement, c’est l’Afrique qui se regarde différemment. »

Le retour de ces élites de la diaspora qui ont étudié puis réussi à l’étranger et font le pari de mettre leur expertise au service de leur pays d’origine joue aujourd’hui un rôle majeur en Afrique. Des pays comme le Maroc, le Nigeria, le Ghana ou l’Afrique du Sud ont mis en œuvre des politiques d’incitation au retour de ceux que l’on appelle, en Afrique anglophone, les « returnees » ou les « repats ».

Au fatalisme de l’Afrique a succédé l’optimisme de l’Afrique

Ce qui fait sauter le pas à ces élites maintenant, c’est « le sentiment que tout est possible en Afrique », assure Lionel Zinsou. Au fatalisme de l’Afrique (« il n’y a pas d’eau, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas de routes », donc on ne peut rien faire) a succédé l’optimisme de l’Afrique (« il n’y a pas d’eau, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas de routes », donc il y a autant d’opportunités). Un taux de croissance du PIB cinq fois supérieur à celui de l’Europe, une croissance démographique que l’économiste Thomas Piketty présente comme un atout et non plus comme un fléau, l’explosion des télécommunications et de la téléphonie mobile, un dynamisme entrepreneurial qui entre en collision avec la corruption et la bureaucratie : l’Afrique est devenue le continent de tous les possibles.

Rebecca Enonchong, énergique Camerounaise émigrée aux Etats-Unis où elle a créé sa première entreprise, a fait le chemin du retour, pour investir dans le numérique. Elle cite sans complaisance les écueils du retour, le « rejet » de ceux qui reviennent, riches, par ceux qui sont restés, pauvres, la nécessité de « réapprendre son pays » : elle, ça lui a pris deux ans. Mais elle bout toujours d’impatience, lasse d’entendre vanter « l’Afrique de demain » : pourquoi attendre demain ? Pour elle, l’avenir c’est aujourd’hui.

Lionel Zinsou aussi réapprend le Bénin, où il affronte le sentiment d’être « blanc en Afrique après avoir été noir en France pendant soixante ans ». Pour lui, la diaspora, qui, étymologiquement, veut dire dispersion, c’est d’abord une « blessure » ; le retour, il le sait, n’est « jamais accueilli sans arrière-pensée ». Mais le retour est aussi « une revanche sur le destin ». Sa revanche à lui, c’est la conviction que « l’Afrique va étonner le monde ». En l’écoutant, Rebecca Enonchong, la battante, a l’impression de revivre son propre retour.