L'Assemblée nationale mauritanienne a adopté mercredi soir une nouvelle loi durcissant la répression de l'esclavage, reconnu désormais comme un "crime contre l'humanité", et doublant les peines contre ses auteurs.
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« L’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible », stipule l’article premier de la loi votée, le 12 août au soir, par les députés mauritaniens à l’unanimité.
Dans l’ancienne loi adoptée en 2007, l’esclavage était considéré comme un crime, à travers une seule de ses formes liées à la privation de liberté et à un travail sans salaire. Désormais, avec le nouveau texte, l’Assemblée nationale criminalise « dix autres formes » d’esclavage et « double les peines » contre leurs auteurs, selon le ministre mauritanien de la Justice, Brahim Ould Daddah, cité dans le document.
Mariage forcé désormais considéré comme « nouvelle forme d’esclavage »
Parmi ces nouvelles formes incriminées, figurent le mariage forcé d’une femme, considérée comme esclave, « moyennant une contrepartie en espèce ou en nature », sa « cession à [un] tiers » ou sa « transmission par succession, à la mort de son mari, à une autre personne ».
Problème : alors que le phénomène est très répandu dans le pays, les condamnations contre les esclavagistes sont très rares.
Les peines maximales encourues pour ces pratiques passent à 20 ans de prison dans la nouvelle loi, assorties d’amendes, contre cinq à 10 ans de détention auparavant. Problème : alors que le phénomène est très répandu dans le pays, les condamnations contre les esclavagistes sont très rares.
Le nouveau texte institue également des juridictions spécialisées pour juger les infractions relatives à l’esclavage et accorde aux victimes une assistance judiciaire et une procédure gratuite.
Il permet en outre « un dédommagement » des victimes de l’esclavage et impose au juge de prendre des mesures conservatoires, la saisie de biens par exemple, contre les auteurs d’infractions pour garantir les droits des victimes.
Trois militants anti-esclavagistes incarcérés
La nouvelle loi permet par ailleurs aux ONG « reconnues » le droit de dénoncer les cas d’esclavage, d’assister les victimes et de se constituer partie civile.
Parmi eux figurent deux membres de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) dont le président de cette ONG anti-esclavagiste et candidat malheureux à la présidentielle de juin 2014, Biram Ould Dah Ould Abeid. Les deux hommes avaient été condamnés en janvier à deux ans de prison ferme pour « appartenance à une organisation non reconnue ».
Des étudiants marocains à l'Université Hassan II, un des rares établissements francophones qui figurent dans le classement. Crédits : AFP
Le journal mensuel « Times Higher éducation » a présenté un classement des trente meilleurs établissements d’enseignement supérieur africains, lors d’un sommet des universités africaines qu’il organisait à Johannesbourg, les 30 et 31 juillet.
Parmi les surprises de ce « top 30 », l’absence d’universités prestigieuses telles que celle du Caire ou encore l’université Al-Azhar en Égypte mais aussi l’université nigériane d’Ibadan, et l’université du Nigeria.
À l’inverse, certaines universités moins connues ou moins renommées sont dans ce classement du mensuel spécialisé dans l’enseignement supérieur, comme par exemple l’université Cadi Ayyad (10e) au Maroc, Port Harcourt (6e) au Nigeria, ou encore l’université de Sfax (28e) en Tunisie.
Une seule université francophone dans les dix premières
Pas vraiment une surprise en revanche, la suprématie de l’Afrique anglophone sur l’Afrique francophone apparaît clairement à travers le classement. Les universités francophones ne sont que sept à y être représentées et neuf des dix premières sont anglophones, exception faite donc de l’université Cadi Ayyad, dixième.
L’Afrique du Sud rafle douze places, soit plus du tiers du classement alors que seuls, côté francophone, le Cameroun, la Tunisie et le Maroc voient les noms de certaines de leurs universités figurer dans ce « top 30 ».
Le classement a été réalisé à partir d’une vaste base de données, alimentée par le « Times Higher éducation » qui s’est servi de son expertise dans le domaine des études supérieures. À cela s’ajoute Sciver Scopus, une base de données transdisciplinaire lancée par l’éditeur scientifique Elsevier en 2004, selon le site du journal.
Les résultats s’appuient essentiellement sur la quantité de citations des travaux d’universitaires dans les publications de chercheurs d’autres académies. La méthodologie employée mérite, selon les dires des auteurs du classement, d’être améliorée, notamment grâce à la collecte de plus de données sur les universités et à l’ajout de nouveaux indicateurs.
La réalisatrice du documentaire Trop noire pour être française ? s'est penchée sur son histoire personnelle. Sans aller jusqu'au bout d'un témoignage passionnant.
Comme une boxeuse sur le ring, Isabelle Boni-Claverie ne baisse jamais sa garde. Se soumettre au rituel de la photographie ? Merci de ne pas trop insister. Répondre aux questions ? D’accord, mais version minimaliste, comme s’il y avait dans son histoire beaucoup de territoires à protéger. Pourtant, c’est avec l’extraordinaire matériau de sa vie qu’elle a concocté le documentaire Trop noire pour être française ?, récemment diffusé sur la chaîne franco-allemande Arte. « Écrire, c’est comme faire un strip-tease à l’envers, comme le dit Mario Vargas Llosa, soutient-elle. Tout en s’exposant, c’est aussi se protéger grâce au récit. »
Son récit à elle commence en 1909, quand Alphonse Boni vient au monde en Côte d’Ivoire, dans une grande famille de chef. À 15 ans, il quitte Grand-Bassam pour rejoindre la France et le collège jésuite Saint-Paul d’Angoulême. Camarade de classe d’un certain François Mitterrand, Boni rencontre une jeune femme originaire de Gaillac, Rose Marie Frédérique Galou – qu’il épouse discrètement, de nuit, en 1937. Ils auront quatre enfants, un garçon et trois filles.
Ce qui me porte, c’est l’écriture. Je pars d’une histoire qui préexiste et je me demande comment je vais la raconter.
Une enfance protégée
Le garçon, né en 1938, est le père d’Isabelle, mais « pour des raisons familiales » – on n’en saura pas plus -, c’est sa tante Danièle et son mari, le juriste Georges Claverie, qui vont l’élever. L’enfance est protégée, dans un milieu privilégié : « Mes parents travaillaient beaucoup, j’étais fille unique, se souvient-elle. Je me suis prise d’intérêt très tôt pour les livres et je pouvais en lire quatre ou cinq en même temps. » Son documentaire signale un unique accroc : ce jour où, puisque noire, elle fut contrainte d’incarner Balthazar dans la crèche vivante… alors qu’elle est une fille !
De 1980 à 1988, elle vit en Côte d’Ivoire. « C’était assez difficile car j’adorais ma vie à Paris, dit-elle. J’étais très française dans ma façon d’être et certains pensaient que c’était un rejet de ma part ivoirienne. Mon grand-père ne parlait plus sa langue natale. La Côte d’Ivoire, je l’ai apprise en y allant. » Ce grand-père n’est pas n’importe qui : conseiller de Mitterrand lorsque celui-ci était ministre de la France d’outre-mer dans les années 1950, il sera ensuite procureur de la République de Côte d’Ivoire, puis ministre de la Justice sous Houphouët-Boigny.
Cinéphile naissante
Isabelle, elle, accompagne sa mère journaliste dans les salles de montage, joue avec les bobines et visionne des dizaines de fois West Side Story ou Grease sur le magnétoscope VHS de la maison. Quand elle revient à Paris, l’influence d’une amie étudiante en cinéma vient doper cette cinéphilie naissante. Toute la filmographie de Wong Kar-Wai y passe. Sciences-Po, finalement, ce n’est pas pour elle.
Encore toute jeune, elle écrit un roman, La Grande Dévoreuse, publié aux éditions La Découverte. Puis devient journaliste pour Planète jeunes et Revue noire. « C’était la meilleure des écoles, elle m’a donné accès à l’art contemporain et au cinéma africains, très largement occultés. » Dans le même temps, elle fait des études de lettres puis entre à la Fémis, l’école de cinéma parisienne, en 1996. « Je me suis laissée happer par le cinéma », dit celle qui réalise Le Génie d’Abou dès 1998. « Ce qui me porte, c’est l’écriture. Je pars d’une histoire qui préexiste et je me demande comment je vais la raconter. » Scénariste pour les séries Plus belle la vie et Seconde Chance, elle coécrit aussi le téléfilm Sexe, gombo et beurre salé avec Mahamat-Saleh Haroun.
Plus « engagée » que « militante »
Trop noire pour être française ? est né de la conjonction de deux événements : une grossesse et les propos ouvertement racistes tenus par le parfumeur Jean-Paul Guerlain sur France 2 en 2010. « Je me suis alors demandé dans quelle histoire familiale je m’inscrivais, dans quelle histoire j’inscrivais mes enfants. Des problématiques que je croyais résolues sont réapparues avec les peurs que beaucoup de gens éprouvent, comme moi, pour leurs enfants. Avec l’envie qu’ils n’aient pas à subir ce que nous subissons. » Plus « engagée » que « militante », Isabelle Boni-Claverie regrette que les producteurs aient souvent « des idées toutes faites sur ce qu’il faudrait raconter » ou sur ces acteurs noirs qui ne seraient pas bankables.
Salutaire, nécessaire, son film n’en demeure pas moins scolaire. Explorée dans les détails, son histoire et celle de sa famille, entre France et Côte d’Ivoire, auraient pu raconter tout à la fois l’époque coloniale, l’indépendance et les troubles plus récents. « J’ai ouvert une porte, je suis allée voir derrière et je l’ai refermée », dit la fille de l’éphémère ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant dans le gouvernement Aké N’Gbo (2010-2011). « Nous ne partageons pas les mêmes opinions politiques, je tiens à ce que cela soit précisé. C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas allée en Côte d’Ivoire pendant les années de troubles. » Distante, Isabelle Boni-Claverie se tient au bord de la faille qu’il lui faudra un jour explorer.
La Guinée a vraiment des soucis à se faire. Parce qu’elle est si affectée que ce ne sont plus les leaders politiques seuls qui posent problème. La gangrène est telle qu’elle n’épargne pas l’espace de l’autorité morale. Cette dernière est de plus en plus dévoyée. Car ceux qui les incarnent, s’alignant sur les politiques, et sont désormais inféodés à l’argent et à d’autres privilèges éphémères.
Deux faits corroborent ce triste constat. On a tout d’abord vu les aller-et-retour d’Elhadj Sekhouna Soumah. Sorti de l’ombre par feu le président Lansana Conté, l’homme avait juré fidélité à Cellou Dalein Diallo, resté ami de l’ancien président jusqu’à son dernier souffle. Mais grâce aux caméras de la RTG, le monde entier a été surpris du caractère spectaculaire avec lequel le Kountigui de la Basse Guinée a dernièrement opéré un revirement en faveur du président Alpha Condé. Devant le chef de l’Etat qui lui rendait une visite de « courtoisie », il avait en substance déclaré :
Si je te trahis, laisse entre Dieu et moi (Laisse à Dieu le soin de me juger, NDLR).
Mais il n’avait pas hésité, dès le lendemain, à recevoir l’épouse de Cellou Dalein Diallo. Depuis, face à la polémique, il s'est emmuré dans un silence qu'on imagine dicté par la gêne.
Eh bien, d’autres soi-disant sages de Boké viennent de s’offrir à un spectacle pour le moins burlesque. Recevant le ministre de l’enseignement technique et porte-parole du gouvernement, ils ont à cœur de s’excuser de sorties inamicales dont des jeunes de la région avaient fait montre lors de la dernière visite du président de la République. Les jeunes en question avaient demandé de l’eau et de l’électricité. Ce qui, on se rappelle, n’avait guère plu à Alpha Condé, en campagne. Et de faire étalage de leur regret, en se présentantt devant Damantang Albert Camara avec des fouets pour que ce dernier les punisse de la forfaiture dont, estiment-ils, les jeunes se sont rendus coupables à l’endroit du président Alpha Condé.
Un adolescent noir de 19 ans, Christian Taylor, a été tué par un policier alors qu’il était non armé, vendredi 7 août près de Dallas, aux Etats-Unis.
La police a été prévenue vers 1 heure du matin, vendredi, d’un cambriolage à Arlington, à l’ouest de Dallas, au Texas. Quand les agents sont arrivés sur les lieux, ils ont découvert que la vitrine d’un concessionnaire automobile avait été défoncée à l’aide d’un véhicule. Le rapport de la police d’Arlington explique ensuite qu’ils ont approché le suspect, qui a résisté. Dans la confrontation, un officier a tiré sur Christian Taylor.
Le policier, Brad Millier, un blanc de 49 ans, était dans le département de police d’Arlington depuis le mois de septembre et travaillait sous la supervision d’un agent de formation. Il s’agissait de sa première expérience policière. Il a été placé en congé administratif, conformément à la procédure prévue dans de tels cas. Lors d’une conférence de presse samedi soir, le chef de la police d’Arlington, Will Johnson, a annoncé qu’un agent spécial du FBI au bureau de Dallas participerait à l’enquête.
« Je ne veux pas mourir trop jeune »
La victime, Christian Taylor, était en deuxième année à l’université de San Angelo et jouait notamment dans l’équipe de football de l’établissement. Triste coïncidence, l’un de ses derniers tweets, posté le 30 juillet, disait « Je ne veux pas mourir trop jeune ».
L’adolescent était connu de la justice : il avait été condamné en décembre 2014 à six mois de travaux d’intérêt général pour port de drogue, ayant 11 tablettes d’hydrocodone sur lui sans prescription. Le dossier avait été clos en juillet après que Christian Taylor avait rempli toutes les conditions de sa probation.
Les proches de Christian Taylor ont remis en question la version officielle selon laquelle l’adolescent était en train de commettre un cambriolage, demandant notamment pourquoi il n’y avait pas de vidéo de l’altercation. « Ils disent qu’il cambriolait l’endroit en fonçant dedans ? Hmmm. Quelque chose ne tourne pas rond », a déclaré son grand-oncle, Clyde Fuller, au Star Telegram de Fort Worth.
Il n’est pas encore certain qu’il y ait une vidéo du drame. Les agents d’Arlington ne sont pas équipés de caméras et la police a assuré ne pas avoir trouvé de vidéo de caméras de surveillance du concessionnaire qui auraient capturé l’instant tragique. Mais la chaîne NBC a diffusé une vidéo du concessionnaire avant l’arrivée de la police, montrant un Christian Taylor au comportement erratique au milieu des voitures avant de défoncer effectivement la vitrine du magasin :
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle mort d’un adolescent noir non armé sous les balles d’un policier blanc provoquent la polémique aux Etats-Unis. Le mot-clé #ChristianTaylor a été propulsé parmi les plus populaires sur Twitter et quelques personnalités, dont la joueuse de tennis Serena Williams, se sont interrogées sur ce drame :
(« Vraiment ?? Dormons-nous tous dans ce gigantesque cauchemar ? »)
Ou bien le joueur de football américain Eric Reid : « Quand cela va-t-il cesser ? Quand cela va-t-il cesser ? Quand cela va-t-il cesser ? »