Construction de la Maison des jeunes de Kipé et la réhabilitation du stade : un accord signé

MJC Kipé, crédits guineematin.com

 Le ministre guinéen de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Moustapha Naïté, a signé un protocole d’accord avec la société immobilière Mar Grandioso qui promet de construire une maison des jeunes à  Kipé et réhabiliter le stade du même quartier, au sein duquel se situe PLazza Diamant, une des réalisation de ladite société. Cette cérémonie qui a connu la participation de certains jeunes de Kipé, s’est tenue dans l’enceinte de la cité Plazza Diamant, cet après-midi, samedi 27 juin 2015.

A cette occasion, le Ministre des la jeunesse et de l’emploi des jeunes a rappelé que c’est suite à un besoin exprimé par la jeunesse de Kipé d’avoir une maison des jeunes dans leur quartier, qu’un espace a été identifié à cet effet. Mais cet espace se trouve aujourd’hui dans un programme  d’agrandissement infrastructurel de Kipé. « La société Mar Grandioso, dans son projet d’extension de la cité Plazza Diamant, s’entend ainsi avec les jeunes pour que nous puissions avoir ce protocole d’accord. La volonté du Ministère de la Jeunesse est de nouer des partenariats pour justement faire avancer les préoccupations des jeunes. C’est dans ce cadre que nous avons approché la société Mar Grandioso. Nous avons demandé la prise en compte d’un espace dédié aux activités socio éducatives des jeunes », a-t-il expliqué.

Parlant des réalisations en vue, le Ministre indiquera qu’il s’agit d’un espace de 500 mètres carrés qui sera entièrement construit dans l’enceinte de la cité et équipé par la société Mar Grandioso qui mettra cet espace à la disposition du ministère de la Jeunesse pour les activités d’épanouissement des jeunes.

Ce n’est pas tout, le ministre a annoncé d’autres réalisations dans le cadre du même protocole d’accord qui lie désormais son département à la société Mar Grandioso : « Il y aura la réhabilitation du stade de Kipé avec une tribune et une clôture ».

Ce protocole, selon le ministre, allait prévoir aussi la réhabilitation de la plage : « Mais, comme vous le savez, il y a un décret qui interdit tout investissement en bordure de mer.  Pour l’instant, on ne peut pas faire d’investissement au niveau de la plage », rappelle-t-il. « Nous voulons que d’autres sociétés aussi qui sont installées dans d’autres endroits puissent faire autant », a enfin souhaité le Ministre.

Avant de signer le protocole, Monsieur HE Baobing, PDG de Mar Grandioso, s’est engagé à travailler étroitement avec la jeunesse de Kipé.  « Cet engagement que nous signons ce soir sera réalisé comme Plazza Diamant qui n’était qu’une maquette au départ, mais qui émerveille tant de personnes aujourd’hui », a-t-il dit, tout en exprimant la disponibilité de son entreprise de soutenir la jeunesse surtout dans le domaine de la formation.

Pour Monsieur Bachir Camara, qui a parlé au nom des jeunes de Kipé, c’est un soulagement pour la jeunesse de Kipé. « Depuis l’obtention du site, la jeunesse de Kipé attend toujours de voir  démarrer la réalisation de leur maison. Mais, aujourd’hui, c’est une  grande joie pour nous de prendre part à la signature du protocole d’accord qui permettra enfin la construction de cette maison des jeunes », a-t-il déclaré en présence d’autres jeunes qui ont aussi pris part à la cérémonie.

C’est par la signature de cet accord par Moustapha Naïté, ministre guinéen de la jeunesse et de l’emploi des jeunes et HE Baobing PDG de Mar Grandioso, que cette cérémonie a pris fin aux environs de 15 heures.

Thierno Amadou Camara pour Guineematin.com

Nina Simone, une aura qui ne cesse de croître (Vidéo)

La chanteuse de jazz américaine Nina Simone, en juillet 1969 lors d'un concert dans le cadre du festival panafricain d'Alger.

Vendredi 26 juin, What happened, Miss Simone ?, documentaire de Liz Garbus consacré à Nina Simone (1933-2003), sera diffusé sur Netflix, après avoir été présenté au festival américain Sundance en janvier. Il n’est pas le premier (on se souvient de Madame Nina Simone : La légende, de Frank Lords, en 1992) à dérouler l’histoire de la star afro-américaine, dont l’aura n’a cessé de croître depuis sa mort en 2003. Sûrement parce qu’elle fut une artiste de son temps, et que ces temps, marqués par le clivage communautaire aux Etats-Unis, n’ont pas changé. Une émeute est toujours une émeute, un jeune noir tué par un policier blanc, toujours une victime, et I Put A Spell On you de Screaming Jay Hawkins (1956), une imprécation vaudoue, qu’aucune femme autre que Nina Simone n’aurait pu attaquer avec autant d’autorité.

Parmi certains interviewés de What happened, Miss Simone ?, des « compagnons » de musique (Common, Usher, Gregory Porter, Lauryn Hill, Lisa Simone…) ont souhaité enregistrer un Tribute To Nina Simone, Nina Simone Revisited… à paraître le 10 juillet (Sony Music), avec un livret écrit par Angela Davis – Nina Simone lui avait rendu visite un ballon rouge à la main, lorsqu’elle était à la prison de Marin County en 1971. Des titres dévoilés sur Vevo, Feeling Good, interprété par Lauryn Hill, My Baby Just Cares for Me par Usher, ou encore Baltimore par Jazmine Sullivan, laissent des doutes sur la possibilité de réinterpréter Nina Simone, dont le timbre et l’intensité blues étaient totalement singuliers.

What happened, Miss Simone ?, version officielle de la vie tourmentée de Nina Simone, a reçu l’aval de ses ayants-droits, et sa fille, Lisa Simone Kelly, également chanteuse, en est la productrice déléguée. Riche de nombreuses archives, et sans concession quant à la vie folle de Miss Simone, selon les spectateurs chanceux de Sundance, le documentaire a été produit par Netflix et RadicalMedia. Il a été bouclé en un an et demi, en partie pour couper l’herbe sous le pied à Nina, un biopic réalisé par Cynthia Mort, dont la préparation, le tournage et la post-production s’étendent depuis 2012. Ses producteurs (dont Jimmy Lovine, le cofondateur du label très rap Interscope) avaient annoncé, fin mai, une possible sortie en salles fin 2015.

Ce Nina avait suscité la polémique dès l’annonce du choix pour le rôle titre de Zoé Saldana, actrice américano-dominicaine à la peau claire. D’abord pressentie pour jouer le personnage de Nina la révoltée, la chanteuse Mary J. Blidge avait été écartée, des pétitions, signées. Le scenario a aussi été pris pour cible : Nina mettrait l’accent sur la période sombre de la fin de vie de Nina Simone, bipolaire et abusive, et sur sa relation amoureuse avec son assistant, Clifton Henderson – « Impossible, a rétorqué Lisa Simone, il était gay. »

Toute cette agitation parviendra-t-elle à restituer la mesure d’une icône mondiale, artiste jusqu’aux bouts des doigts, jusqu’au bout des contrats signés sur des coins de table ? On lui a reproché d’être noire. Puis d’être star à caprices. Elle voulait être pianiste classique, elle fut chanteuse de blues. Fille de la Caroline du Nord, Nina Simone rêva d’Afrique, mais c’est en vedette américaine qu’elle vécut au Libéria. Voici cinq pistes afin de suivre le fil doré de Nina Simone.

  • Sa ligne de vie

Celle d’Eunice Waynon, jeune Noire née en 1933 d’un père barbier et prédicateur méthodiste. Son histoire est celle d’un sacrifice, celui de la jeunesse, passée à l’étude du piano. « Je suis devenue ce que ma mère et Miss Massinovitch [la professeure de piano qui lui donna ses premières leçons dès l’âge de 6 ans], ont voulu que je sois. Je n’ai pas eu le choix. » « Miss Mazzy » enseigne Bach et Beethoven à l’enfant. Plus tard, elle récolte des fonds par voie de presse pour qu’Eunice puisse préparer le concours d’entrée du prestigieux Curtis Institute of Music de Philadelphie. Elle fut recalée. « Je n’en suis pas encore revenue, et je n’en reviendrai jamais. Toutes ces années pour rien. C’est comme si mes professeurs, ma communauté, mes parents m’avaient menti, trahi. »

  • Ses actes de guerre

On aima ses batailles. Celle pour les droits civiques aux Etats-Unis, avec les chansons rebelles qu’elle composa : Young, Gifted and Black (« jeune, doué et Noir »), Mississippi Goddam (pour les quatre enfants noirs morts dans un attentat raciste en Alabama en 1963), Why (pour l’assassinat de Martin Luther King). Comme Kanye West qui l’a samplée dans Blood in the Leave, on aima son interprétation de Strange Fruit, terrible chanson dénonçant les lynchages d’Afro-Américains, créée par Billie Holiday en 1939. On aima ses coiffures en pièce montée, avec pendentifs en faux diams, ses robes filets, ses débardeurs panthères ou ses robes à fleurs de fille du Sud. Et dedans, un corps qu’elle pouvait réveiller diaboliquement.

  • Sa liberté

L’industrie du disque n’était pas bien traitée par Nina Simone. En 1967, déjà titulaire de nombreux succès depuis l’album Little Girl Blue enregistré en 1958 chez Bethlehem Records, elle entre chez RCA Records, y enregistre un chef-d’œuvre, Nina Simone Sings The Blues. Sept ans plus tard, elle se fâche avec le prestigieux label, claque la porte et sort en publiant un clairvoyant It Is Finished.

  • Ses voyages

Elle avait ses têtes et ses folies. Elle disparut quelque temps aux Barbades pour cause d’embrouilles amoureuses et financières, mais aussi parce qu’elle était persona non grata pour sa participation aux mouvements noirs et pacifistes. En 1974, « écœurée » des Etats-Unis, trahie par son mari, détective et manager, Andrew Stroud, elle se désespère. « L’Amérique que l’on avait voulu construire dans les années 1960, dans le combat pour les droits civiques, n’était plus qu’un mauvais rêve, avec Nixon à la Maison Blanche et la révolution noire transformée en disco. Ma fille de 12 ans, Lisa, et moi étions revenues des West Indies, de Barbados. Je n’avais plus rien. Myriam Makeba [chanteuse sud-africaine, interprète de Pata Pata, exilée aux Etats-Unis et fer de lance de la lutte contre l’apartheid] était dans le secteur. Elle me demande : Nina, es-tu prête à rentrer à la maison ? Je lui dis oui. Après avoir réglé quelques affaires, nous sommes parties directement en Afrique. C’est elle qui a choisi le Liberia, car elle y connaissait du monde, elle devait y donner un gala, c’était à l’époque du gouvernement Tolbert. Et puis, c’était un pays riche, plein d’hommes riches… Et elle avait pu deviner que je m’y plairais. De plus, le Liberia était symboliquement important dans l’histoire de l’esclavage » (Le Monde, 25 octobre 1991).

  • Ses coups de têtes

Portée sur l’alcool et les paradis artificiels, elle fut lâchée et lâcha tout le monde, entama un chemin de croix solitaire, borné d’humeur et d’envies, de petits escrocs amoureux qui partaient avec la caisse. Elle eut de brusques illuminations mentales qui la faisaient abandonner les salles de concert au désespoir de tous. Elle détestait le rap, « anti-mélodique », et les Etats-Unis. Après s’être éloignée du Libéria, elle s’installe en Suisse, découvre l’Europe, la France du sud, et Georges Brassens. Elle entretient avec son pays natal un attachement d’enfant exploitée. Et râle : « Il est extrêmement difficile d’échapper à la culture américaine, dans le monde entier. Le show-business est encore plus riche là-bas qu’ici. Mais comme le dollar est très fort, je garde la nationalité américaine. Si le dollar chutait, je la leur rendrais. Je voudrais être citoyenne africaine. Etre l’ambassadrice aux Nations unies d’une nation africaine. »


Le Monde
 
 
   

MEURTRE À PACOT, DE RAOUL PECK L'inéluctable création du monde

Pourquoi Arte, qui investit dans cette excellente fiction, ne la programme qu'à 22 h 55 le 25 juin 2015 ? Tous à vos enregistreurs, ce film est un must à ne pas rater.

Neuf jours. Le film est divisé par des inserts : 1er jour, 2ème jour, etc. Une semaine mais surtout une référence à la création du monde. La terre a tremblé et les répliques sont encore fortes : l'événement vient de se produire. Et l'espoir fut fort, souvenons-nous, de voir repartir sur du neuf ce pays meurtri. Mais le meurtre a une autre signification dans le titre : Haïti reste une histoire de mort et l'espoir y est assassiné. "La ville est morte" : Port-au-Prince est en ruines mais nous n'en verrons qu'une maison en partie écroulée et son jardin, dans le quartier chic de Pacot. C'est dans ce huis-clos que va se dérouler un drame à l'image du pays, et plus généralement de notre monde.

Dans l'édifiant et nécessaire Assistance mortelle, Raoul Peck était passé par le documentaire pour expliquer preuves à l'appui le rôle nocif de l'aide humanitaire après le tremblement de terre et son mépris pour les autorités locales. A voir absolument si l'on croit encore que la solution d'un pays est dans les organisations qui viennent le secourir. En écho à ce terrible constat, un "Blanc", un travailleur humanitaire, Alex (Thibault Vinçon), résumé de l'arrogance, des compromis et des naïvetés des ONGs (celle d'Alex s'appelle "Beyond Aid Unlimited"), vient occuper l'appartement encore entier de la maison de Pacot où vivait un couple aisé (interprété avec une grande intensité par la chanteuse Ayo et Alex Descas) qui a dû se replier sur la remise du domestique face au danger. Il devra y rester pour pouvoir louer l'appartement et obtenir ainsi les fonds de sa rénovation afin d'éviter la destruction programmée de la maison.

Le personnage central du film est cependant Andrémise (Lovely Kermonde Fifi), belle et jeune Haïtienne qui vient vivre avec Alex et lui donne son corps en changeant d'identité dans l'espoir de partir avec lui. Cela se voit et cela s'entend la nuit. Tandis que le couple bourgeois peine à se recomposer après le traumatisme, Andrémise a la vitalité des gens de milieu modeste qui vont droit au but. C'est autour de cette différence sociale vite menaçante pour tous que s'articule le drame de Meurtre à Pacot. Pourtant, le séisme a jeté à bas la hiérarchie sociale : la femme doit faire les tâches ménagères, occasion de sympathiser avec Andrémise qui porte sans problème le seau d'eau sur la tête. Une tendresse se dessine entre les deux femmes. Des ponts seraient possibles, mais chacun reste dans ses chimères : la femme s'apitoie plus sur elle-même que sur ce qui l'entoure, son mari reste jaloux et agressif, Alex cultive le mépris de ceux qu'il prétend aider.

Andrémise est dès lors vécue comme une intrusion à éliminer. En séduisant sexuellement le trio, elle menace la restauration de l'ordre ancien. Peck indique s'être inspiré de Théorème (P.P. Pasolini, 1968) où tous les personnages d'une famille succombent au charme d'un beau jeune homme puis, désemparés par son départ, s'enfoncent dans l'échec et le désespoir. Mais la morale pasolinienne est absente de Meurtre à Pacot : la résistance d'Andrémise ne débouchera sur aucune rédemption et les femmes prêchant la repentance resteront à la grille de la propriété. Seule l'humanité simple du domestique Joseph peut rappeler celle de Théorème qui trouvera le salut dans la sainteté.

La problématique sociale n'est pas non plus le centre du propos : le film est coécrit avec Pascal Bonitzer (qui avait déjà collaboré avec Peck sur Lumumba et participe à son prochain sur le jeune Karl Marx) et l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot dont les livres et les poèmes ne répondent pas à une commande sociale. (cf. [entretien n°8720 ]). Et la lucidité de Raoul Peck ne le fait pas non plus tomber dans le discours du tous pourris. Lyonel Trouillot déclarait dans le même entretien : "Quand un écrivain haïtien me dit : "C'est un pays foutu", j'ai envie de lui en mettre une. Ça n'a rien à voir avec ce qu'on écrit. On ne peut pas parler comme cela d'un pays si mal connu à l'extérieur !"

Si le traumatisme est social dans la mesure où chaque classe est mise au même niveau face aux décombres et aux pertes humaines, Meurtre à Pacot rend compte de l'incapacité persistante de la classe dirigeante de saisir cette occasion pour progresser vers une société moins inégalitaire. L'impossibilité de l'homme de valoriser sa propre adoption d'un enfant pauvre par une famille riche révèle sa croyance dans l'inviolable frontière entre les classes, qu'il ne franchira que dans le mépris d'Andrémise. Son machisme exacerbé et la remarque en allemand de la femme qui a grandi en Allemagne et regrette que sa famille n'ait pas jugé utile de lui apprendre à écrire montre que cela touche aussi la différence entre les hommes et les femmes. On continue de sacrifier le bas-peuple, celui-là même que la femme rencontre en train de nettoyer la rue devant chez elle et qui s'exécute par nécessité, sans avoir la voix à la parole.

Cela ne va pas sans de traumatiques refoulements dont témoigne une odeur obsédante qui parcourt le film. Sa terrible mise en scène de la restauration de l'ordre ancien rappelle que la classe dominante ne lâchera pas ses privilèges mais ne s'en tirera pas facilement. C'est cette conscience douloureuse que travaille Meurtre à Pacot, magistral développement du style de Raoul Peck, celui d'une immersion des corps écrite au scalpel, théorisée dans Corps plongés en 1998 (cf. [critique n°550]). Ce cinéma de l'épure et de la juste distance regarde la violence en face, la logique de mort s'ancrant toujours davantage, en écho à la fureur des éléments. C'est le tremblement de notre monde que Peck explore ainsi, un monde où le peuple est composé de figurants d'un jeu de marionnettes dont les ficelles persistent malgré les séismes en tous genres, mais dont certains résistent désespérément, au péril de leur vie. C'est cette croyance dans cette vitalité, espoir d'une inéluctable création du monde, rappelée par une référence au premier jour en fin de film, qui le sauve de son indéniable noirceur.


 Olivier Barlet

Africultures

Les sons de la semaine #40 : BanaC4, Tiken Jah Fakoly, Cheikh Lo, Lauryn Hill, Badi

 

Bienvenue dans notre playlist hebdomadaire !

BanaC4, « Pona Yo »

On commence par le son le plus dansant de la semaine, avec un mélange de zouk, de dancehall, de coupé decalé et de ndombolo. Certains y retrouveront également l’influence de Koffi Olomidé. Créé en 2007, basé à Paris, BanaC4, originaire de RDC, est composé d’Hiro Le Coq, Dibrazz Kazanova, Sheng Attori, Bombastik et Dck Kwanga.

Les jeunes compères allient chorégraphies, chant et musique dans un cocktail efficace et dansant qui ne manquera pas de faire trembler les discothèques d’Afrique centrale et de l’Ouest et de conquérir la diaspora en Europe. Avec des collaborations avec les Congolais Fabregas et Youssoupha (rien que ça), BanaC4 a sorti le 22 juin un album « Pona Yo » (« Pour toi » en lingala, en écoute ici), dont voici un des titres « Kirikou ».

 

Tiken Jah Fakoly, « Is It Because I’m Black ? » feat. Ken Boothe

C’est la collaboration de la semaine. Celle de l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly et de Ken Boothe, alias Mr Rock Steady, chanteur de reggae jamaïcain. Les deux artistes reprennent, dans un clip révélé mardi 22 juin, le sublime « Is it Because I’m Black ? », une des premières chansons sur l’identité afro-américaine, écrite en 1968 par Syl Johnson, bluesman du Mississippi.

Ken Boothe avait d’ailleurs déjà repris ce titre, en version reggae, en 1974. Enregistré à Kingston, en Jamaïque, ce clip est le premier extrait de « Racines », prochain album de Tiken Jah Fakoly dont la sortie est prévue le 25 septembre. Ce disque sera exclusivement composé de classiques de Bob Marley, Buju Banton, Burning Spear ou encore Peter Tosh, réarrangés à l’africaine. Allez, plus que trois mois à attendre !

 

Cheikh Lo, « Balbalou »

Un petit tour par la communauté Baye Fall. L’artiste Cheikh Lo, originaire du Burkina mais habitant désormais la banlieue de Dakar, au Sénégal, a sorti le 1er juin son cinquième album, « Balbalou ». C’était il y a trois semaines, mais la qualité de l’opus vaut bien de continuer à en parler.

Les dix titres sont d’une poésie particulièrement touchante, que les collaborations avec l’artiste malienne Oumou Sangaré, le trompettiste Ibrahim Maalouf ou encore la chanteuse brésilienne Flavia Coelho subliment encore un peu plus. Un bel album humaniste en français, wolof et bambara (en écoute ici).

 

Lauryn Hill, « Feeling good », de Nina Simone

La reprise de la semaine, notamment pour les nostalgiques, et il y en a beaucoup, des Fugees. Elle nous vient de Lauryn Hill, qui reprend « Feeling good », de l’immense artiste de jazz Nina Simone, décédée en 2003, dans le cadre d’un documentaire consacré à la chanteuse bientôt diffusé sur Netflix.

Initialement programmée pour deux reprises seulement, Lauryn Hill a finalement choisi, en plus de « Feeling good », d’en reprendre cinq, notamment « African Mailman », « Black Is The Color Of My True Love’s Hair » ou « Wild is the wind ». Frissons garantis.

 

Badi, « Na lingi yo »

Enfin, pour terminer la semaine, on signalera la sortie, le 30 juin, de l’EP de six titres de Ndeka Badibanga, alias Badi. Natif de Bruxelles, le « Belgicain » comme ses proches le surnomment, fait partie de la nouvelle génération de rappeurs d’origine congolaise.

Neveu de Papa Rondo, saxophoniste dans le TP OK Jazz, il a notamment collaboré avec Fredy Massamba, natif de Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Il reprend notamment des textes de Patrice Emery Lumumba ou des passages de titres de Papa Wemba.

 

Jeune afrique
 
 
 

Bienvenue à bord de Ramadhan Air Line !

 Vol numéro 1436 en destination du pardon d'Allah. Le temps de vol sera d'environ 29-30 jours. Durant ce vol, il est interdit de fumer, de critiquer et de commettre des péchés. Veuillez vous éloigner du Haram afin d'éviter toutes turbulences durant le vol. Le capitaine de ce vol est le Saint Coran. Veuillez attacher vos ceintures et rester accrochés à la prière nocturne ainsi qu'à la Sunna. Les repas ne sont disponibles qu'au coucher du Soleil. L'équipage est composé d" Anges et nous vous souhaitons un agréable voyage. Profitez de ce vol car vous pourriez ne jamais y participer à nouveau"

Transmis par Boubacar Doumba Diallo