Manifeste pour un antiracisme politique

Politiquement, à quoi servent les racismes ? Il est temps de demander des comptes aux responsables politiques. C’est poser les bases d’un antiracisme renouvelé, car repolitisé. Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation : ce combat sera mené avec nous toutes et tous qui rejetons le fantasme cauchemardesque d’une France blanche. Il est grand temps, mais il est encore temps de répondre à la racialisation par la politisation.

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Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly auraient-ils gagné, à titre posthume, la bataille des idées ? Depuis le 7 janvier, le débat public est organisé autour de fausses alternatives. Pour ou contre le terrorisme ? Bien sûr, tout le monde est contre (au point d’accepter l’extension progressive de sa définition). Pour ou contre la liberté d’expression ? Bien entendu, tout le monde est pour, ou presque (sauf à l’endroit des écoliers accusés de faire l’apologie du terrorisme). Résultat : six mois après la loi antiterroriste, voici la loi renseignement, qui attente aussi gravement à nos libertés. Et la litanie continue. Pour ou contre la République ? Tout le monde est pour, au nom d’un patriotisme opposé à ceux qui (selon Manuel Valls) « ne croient plus en la France ». La preuve ? L’UMP récupère le terme « Républicains », et le FN fait breveter celui de « Patriotes ». On attend avec impatience le nouveau nom du PS : pourquoi pas les « Laïcs » ? Car on nous interroge sans cesse : pour ou contre la laïcité ? Tout le monde est pour, ou presque…

Pareil unanimisme provoque des réactions exaspérées : les belles paroles ne sauraient faire oublier la réalité. On peut donc critiquer « l’imposture » ; toutefois, s’opposer à « l’esprit du 11 janvier », n’est-ce pas encore participer au même « débat », dans des termes qui ne sont pas les nôtres ? Le Premier ministre ne s’y trompe pas, qui descend dans l’arène pour défendre l’union sacrée. Faisons plutôt le pari de reprendre l’initiative : non pas réagir, mais agir avec nos propres mots. Il faut refuser de se laisser enfermer dans de faux débats. L’heure n’est plus à répondre mais à imposer nos termes. Il est temps de parler d’autre chose. Ce qui menace la démocratie, c’est ce qui défait la société française. Ce n’est pas la (ni une) religion ; c’est le racisme, qui désigne comme des « autres » racisés certains d’entre nous –immigrés d’Afrique ou Rroms d’Europe, et aussi Français, héritiers de l’esclavage, de la colonisation et de l’immigration, noirs d’apparence ou maghrébins d’origine.

Aujourd’hui, quand on brandit la laïcité, c’est rarement pour dénoncer le financement public d’écoles catholiques, le Concordat en Alsace-Moselle, ou les pressions des évêques contre le « mariage pour tous ». D’ordinaire, c’est pour s’inquiéter de l’islam. Or ce qui devrait nous alarmer, c’est l’islamophobie. Cessons de tourner autour du mot, et regardons la chose. Dans un pays où l’ancien président a pu nommer un « préfet musulman » et parler de « Français d’apparence musulmane », il s’agit moins de religion que d’une racialisation euphémisée. Marine Le Pen l’a parfaitement compris : son père s’attaquait aux Arabes ; elle s’en prend à l’islam. Sous l’antijudaïsme nous savons bien reconnaître l’antisémitisme, qui vise les juifs – indépendamment de leur religion. Il en va de même pour l’islam : pas besoin d’être musulman pour être victime d’islamophobie, voire pour finir par s’identifier comme tel, bon gré mal gré.

Certes, nos gouvernants condamnent « le racisme et l’antisémitisme » (quitte à les opposer). Mais les combattent-ils vraiment ? Il est impératif de dépasser l’antiracisme moral, qui s’indigne d’un phénomène dont il ignore les causes – car s’il ne les voit pas, c’est qu’il ne veut pas les voir. Il est urgent de renouer avec un antiracisme politique. Dans les années 1980, on croyait que le racisme se réduit à une idéologie et à un parti. Dans les années 1990, on a compris que les discriminations systématiques et systémiques constituent un racisme structurel : raciste ou pas, on participe de logiques sociales dont les effets d’exclusion s’avèrent racistes. Les intellectuels, les politiques et les journalistes communient dans l’antiracisme ; pourtant, ils sont presque uniformément blancs. Le racisme se mesure moins aux intentions supposées de ceux qui s’en défendent d’ailleurs, mais davantage aux conséquences avérées pour ceux qui le subissent.

Il y a plus. Depuis les années 2000, l’État apparaît de moins en moins comme un recours contre le racisme ; bien au contraire, il se révèle de plus en plus comme l’acteur principal d’un racisme institutionnel. Sans doute n’est-ce pas nouveau : en effet, de l’empire colonial à la France postcoloniale, des colonies à l’outremer et de l’outremer à la « métropole », de l’esclavage à la négrophobie, des Français musulmans d’Algérie hier aux musulmans de France aujourd’hui et de l’internement des « nomades » (entre 1940 et 1946) aux bidonvilles roms, nous sommes les héritiers d’une histoire. Il ne s’agit pourtant pas de repentance. Sans doute le passé est-il irréparable ; reste que la réparation s’impose d’autant plus qu’il continue de peser sur notre présent : comment comprendre autrement « l’inégalité raciste » ? Mais à nouveau, du débat sur l’identité nationale aux attaques contre les musulmans, sans oublier la chasse aux Rroms qui s’aggrave sous François Hollande, le rôle de l’État éclate au grand jour.

D’abord, celui-ci crée les conditions objectives du racisme, soit la ségrégation et la relégation, par ses politiques de la ville, de l’habitat, du transport et de l’école, et par ses institutions comme la police et la justice. Ensuite, il y ajoute des conditions subjectives : il le légitime en assignant des « vocations » différentes à deux catégories d’êtres humains – « eux » et « nous ». « Eux », ce sont ceux qu’on laisse ou même qu’on fait mourir en Méditerranée, mais aussi à Mayotte, et ceux dont on rend la vie invivable, dans les bidonvilles rroms ou la « jungle » de Calais. La xénophobie nourrissant le racisme, ce sont aussi ces Françaises et Français qu’on trouve d’autant plus naturel de faire vivre indignement ou de laisser mourir impunément que, malgré notre commune nationalité, ils ne seraient pas comme « nous » ; et ce sont bien des compatriotes qu’on somme éternellement de s’intégrer, pour mieux leur signifier qu’ils ne seront jamais vraiment des nôtres…

Être antiraciste aujourd’hui, ce n’est donc plus seulement lutter contre le Front national ; ce n’est pas uniquement récuser les stéréotypes raciaux qui aliment les discriminations systémiques. C’est aussi combattre les politiques qui racialisent la société française. Qu’on n’aille pas dire que cet antiracisme nous éloigne des problèmes de classe, comme si la « question raciale » occultait la « question sociale ». Les discriminations fondées sur l’origine ou l’apparence redoublent les inégalités socio-économiques. Surtout, les opposer, c’est tomber dans un piège. De même que l’Union européenne, c’est aussi « l’Europe forteresse », de même, les politiques néolibérales s’accompagnent en France et ailleurs d’un racisme d’État : on monte les uns contre les autres, les « classes populaires » contre les « racisés », comme si ceux-ci n’appartenaient pas, en majorité, à celles-là.

C’est agiter le ressentiment pour détourner de son objet la colère que suscite l’injustice subie et par les uns et par les autres. Ceux qui font commerce politique de la xénophobie, de la rromophobie, de la négrophobie ou de l’islamophobie, comme d’autres en miroir de l’antisémitisme, participent d’une même logique. On joue les uns contre les autres, pour disqualifier ensuite ceux qui dénonceraient « deux poids, deux mesures », alors que perdure le « vieil antisémitisme » qui rejette « également les juifs et les Arabes » : la dernière enquête de la CNCDH le démontre, les racismes sont liés. Or la concurrence que certains cherchent à exacerber entre les ouvriers blancs et leurs voisins « d’origine étrangère », ou bien entre musulmans et juifs, tout en montant les uns et les autres contre les Rroms, fait obstacle aux questions qu’il faudrait poser de toute urgence. Ce n’est pas la faute des Rroms, ni des immigrés d’Afrique, ni des Noirs ou des musulmans, si les inégalités se creusent, pas plus que la faute n’incombe aux juifs si ces racisés en tous genres sont victimes de discriminations sociales et étatiques.

Lutter contre les discriminations ou contre les inégalités économiques, contre l’islamophobie ou bien contre l’antisémitisme ? Ce sont encore de fausses alternatives qui empêchent toute coalition, qui divisent quand ceux et celles qui devraient s’unir et unissent celles et ceux qui devraient se diviser. Pour les combattre, il faut répondre à cette question : au-delà des intentions, réelles ou proclamées, politiquement, à quoi servent les racismes ? Il est temps de demander des comptes aux responsables politiques et de dire leur responsabilité. C’est poser les bases d’un antiracisme renouvelé, car repolitisé. Reprendre l’initiative contre les politiques de racialisation : le 9 mai 2015, au Forum de Gennevilliers, ce travail a été engagé. Il se poursuivra avec les premiers intéressés, femmes et hommes qui en paient le prix. Et ce combat sera mené aussi avec nous toutes et tous qui rejetons ce fantasme politique cauchemardesque d’une France blanche. Il est grand temps, mais il est encore temps de répondre à la racialisation par la politisation.

Premiers signataires :

Farid Bennaï, travailleur social, coordinateur du forum Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation

Saïd Bouamama, sociologue, porte-parole du Front uni des immigrations et des quartiers populaires

Christine Delphy, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS

Rokhaya Diallo, journaliste et auteure

Fatou Diome, écrivain

Éric Fassin, sociologue, professeur à l’université Paris-8

Nacira Guénif, sociologue, professeure à l’université Paris-8

Serge Guichard, membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms (Asefrr)

Almamy Kanouté, éducateur spécialisé, association REZUS

Laurent Lévy, essayiste et militant politique

Saimir Mile, président de la Voix des Rroms

Marilyne Poulain, syndicaliste CGT - immigration

Isabelle Saint-Saëns, membre du GISTI (groupe d’information et de soutien des immigré.e.s)

Michèle Sibony, Union juive française pour la paix (UJFP)

Louis-Georges Tin, président du CRAN

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Ce manifeste a paru dans Libération le 22 mai 2015. Pour le signer : http://reprenons.info/manifeste-pour-un-antiracisme-politique/ 

Par Eric Fassin

Peu de réalisateurs africains à Cannes, mais quels acteurs !

Koudous Seihon (à gauche) et Alassane Sy (à droite) dans "Mediterranea" de Jonas Carpignano.

Le Festival de Cannes, ses paillettes, son tapis rouge, sa croisette. En smoking et robes de soirée, les gens du cinéma. Sur les trottoirs, les badauds, armés de leurs mobiles et appareils photo. Dans la lumière, les équipes des films, les réalisateurs. Dans l’ombre, les comédiens africains.

Vendredi 15 mai 2015. Dans la salle Bunuel du Palais du festival, la section Cannes Classics rend hommage à « l’aîné des anciens », le réalisateur sénégalais Sembène Ousmane, en présence de son fils Alain et de deux réalisateurs sénégalais et américains, Samba Gadjigo et Jason Silverman, auteurs du documentaire Sembène !

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La file d’attente pour la séance suivante est dense. Car le premier long-métrage de Sembène Ousmane, La Noire de…, réalisé en 1966, est présenté dans sa version restaurée. Mais Thérèse M’Bissine Diop, l’actrice principale du film, n’est pas là. « Ils ne m’ont pas invitée, nous confie-t-elle par téléphone depuis son domicile à Paris. Ça a toujours été comme ça, même du vivant de Sembène. La première fois qu’il est allé à Cannes, il est venu avec sa bande mais ne m’a pas invitée. En 2005, c’est la journaliste Catherine Ruelle qui m’a conviée alors que Sembène était là [pour sa leçon de cinéma]. On emploie mon nom mais on ne m’invite pas, c’est comme ça. Si je ne dis rien, c’est parce que ma famille m’en a empêché ».

Chacun son projet

Etre invité à Cannes est pourtant le summum pour un comédien. Avec un film en sélection, il bénéficie d’une vitrine incontournable auprès des médias internationaux et de la profession, en plus d’être habillé par de grands stylistes… Venir à Cannes pour défendre un film est donc une chose. S’y rendre sans film en est une autre.

La comédienne franco-libanaise Laetitia Eïdo est dans ce cas. Prix d’interprétation féminine pour son rôle de leader kabyle contre la colonisation française dans le long-métrage algérien Fadhma N’Soumer de Belkacem Hadjadj – Etalon d’argent du dernier Fespaco (Burkina Faso) –, cette actrice a été invitée à être membre du jury de la Queer Palm qui décerne un prix au meilleur film gay, lesbien ou transexuel du Festival. « Etre dans ce jury donne une certaine exposition non négligeable et permet de venir à Cannes pour une bonne raison, explique-t-elle. Cela me fait aussi réaliser l’ampleur des gens qui font ce métier-là. C’est vraiment bien de faire ces contacts en ayant une raison d’être là. »

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La danseuse et comédienne franco-centrafricaine Prudence Maïdou, est de son côté là pour promouvoir son association de « solidarité culturelle » Prud’danse avec les maux (PALM) sur le stand Horyou, réseau social mettant en lumière les actions positives à travers le monde. A l’affiche de plusieurs films africains (Dakar Trottoirs, Dialemi) et français (Amour sur place ou à emporter, Patries), Prudence Maïdou n’avait plus mis les pieds à Cannes depuis dix ans, à l’époque où, sur invitation de Robert de Niro, elle avait chorégraphié la soirée d’ouverture officielle du Festival.

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Jusqu’à présent, le Festival de Cannes n’a eu aucun impact sur sa carrière : « Pour nous, comédiens noirs, il est vraiment difficile de trouver notre place ici, explique-t-elle. Nous n’avons pas accès à toutes les projections [à cause de la restriction des badges] et le peu d’endroits où nous pouvons aller sont généralement des endroits où les gens démarchent les producteurs. Personnellement, cela ne m’apporte rien ! »

Le réseau du « plus grand festival du monde »

Le comédien franco-camerounais Eriq Ebouaney – connu pour son rôle de Lumumba dans le film éponyme de Raoul Peck – est au contraire un habitué de ces endroits où l’on réseaute et rencontre facilement des gens. Sans doute est-ce pour cela qu’il considère qu’être à Cannes est nécessaire « même si ce n’est que 24 ou 48 heures. Quand on est agriculteur, il faut aller au Salon de l’agriculture pour présenter ses produits ou regarder celui des amis. Cannes, c’est la même chose. C’est un concentré du cinéma mondial ». Preuve qu’être vu est une recette qui marche à Cannes, Eriq Ebouaney est l’un des rares comédiens africains à repartir chaque année « avec un ou deux projets » sous le bras.

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Du côté de la Semaine de la critique, ce sont le comédien ghanéo-burkinabè Koudous Seihon et le mannequin et comédien sénégalais Alassane Sy qui crèvent l’écran dans Mediterranea de Jonas Carpignagno. Repérés l’un dans une association italienne pour immigrés, l’autre dans le film Restless City du Nigérian Andrew Dosunmu, ces deux comédiens trouvent l’expérience cannoise intéressante : Koudous Seihon a flashé dans l’œil d’un réalisateur burkinabè qui le fera peut-être tourner d’ici la fin de l’année, tandis qu’Alassane Sy est venu défendre plusieurs projets en production. « Venir à Cannes pour peut-être tourner au pays est une bonne nouvelle », sourit Koudous Seihon qui jouait là dans son premier long-métrage. « Voir son film dans le plus grand festival de cinéma au monde est plus qu’une confirmation que nous sommes sur la bonne voie, renchérit Alassane Sy. Cela nous donne du courage et nous fait comprendre qu’il y a encore beaucoup de choses à faire ».

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La bonne surprise de ce festival, c’est qu’il existe encore des comédiens qui ne le connaissent pas, comme les acteurs éthiopiens de Lamb de Yared Zeleke, présenté à Un Certain Regard. Peut-être du fait de l’absence d’influence francophone en Ethiopie, les Ethiopiens connaissent davantage les Oscars que le Festival de Cannes.

Agés de 14 et 16 ans, Rediat Amare et Kidist Siyum ont été sélectionnés parmi 6 500 postulants, à Addis Abeba, pour jouer dans le film. Cette première expérience sur la Croisette est donc des plus surprenantes. « C’est très étonnant, admet Rediat Amare, mais c’est super, c’est la classe ! » « C’est au-delà de toutes mes attentes, témoigne Kidist Siyum qui a négocié sec avec sa tante pour pouvoir jouer dans le film. Si ce premier film est un succès, j’espère que les producteurs éthiopiens se diront que je peux jouer dans des films locaux. »

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Pour Koudous Seihon comme Kidist Siyum, la fierté réside donc dans le fait de pouvoir tourner chez eux. Ainsi demeure le paradoxe des Africains présents à Cannes. Etre reconnus dans leur pays grâce au coup de projecteur qu’opère le festival sur eux. Attirer l’attention de l’autre sur soi et devenir digne d’intérêt aux yeux de ces mêmes personnes qui, localement, ne les connaissent pas.

Après le coup d’essai, on attend le coup de maître. Que les comédiens africains tournent régulièrement, en Afrique, comme à l’étranger. Et pas seulement des rôles de prostituées ou de sans-papiers. Car la tendance actuelle des cinéastes est de rechercher perpétuellement de nouveaux visages, des personnes qui n’ont jamais joué, prônant l’amateurisme comme source de naturel et d’inspiration. Sauf que sans statut d’intermittent ni protection sociale, les acteurs professionnels demeurent dans une grande précarité. En 2015, il n’existe d’ailleurs ni ligue, ni guilde, ni agent pour défendre leurs intérêts à l’échelle du continent.

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Rien que de la poésie

MARDI 26 MAI - 19H
Clemens Meyer & Maria Pourchet« Adolescence, rage et subversion »

Lecture-rencontre

Rencontre animée par Katja Petrovic (en français et en allemand)

Pour cette nouvelle édition des rencontres « Vis-à-vis » proposées par le Goethe-Institut Paris, deux jeunes écrivains se rencontrent autour du thème de l’adolescence : l’Allemand Clemens Meyer avec son roman Quand on rêvait - l'histoire de jeunes allemands de l'Est, rebelles, ivres de liberté dont les rêves sont pourtant voués à l'échec - et la Française Maria Pourchet avec son roman Champion qui raconte la thérapie d’un adolescent subversif et railleur.(...)


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MARDI 26 MAI - 20H30
« Tremblements »  Koffi Kwahulé - Casey

Ouverture par Koffi Kwahulé - Concert d'ExpeKa avec Casey, Sonny Troupé & Célia Wa

Dans le cadre du Festival Jazz Nomades / La Voix est Libre

Lauréat du prix Édouard Glissant décerné par l’Institut du Tout-Monde, Koffi Kwahulé vient de publier Nouvel an chinois, un roman acerbe sur le repli identitaire français. Conscient d’une liberté d’expression étouffée entre une uniformisation à marche forcée et les replis qu’elle provoque en retour, sa vision drôle, impitoyable, ouverte et exigeante sert de combustible idéal au départ de feu des brûlots salvateurs du projet Expérience Ka (...)


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MERCREDI 27 MAI - 19H
Entretien entre Rachel Ertel & Nils Ahlautour de La Charrue de feu d’Eli Chekhtman

Rencontre

Chef d’œuvre de la littérature yiddish contemporaine paru en 1979, La Charrue de feu, paraît pour la première fois en français. Ce roman brosse, dans une langue aux accents faulknériens, le récit de l’apocalypse qui décima la communauté juive au XXe siècle. L’action débute à la fin du XIXe siècle en Ukraine et court jusqu'au sombre temps des déportations vers les camps d’extermination après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne nazie (...)


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MERCREDI 27 MAI - 20H
Maylis de Kerangal & Cascadeur - Dans les rapides

Concert littéraire

Le Havre, 1978. Elles sont trois amies : Lise, Nina et Marie. Lycée, garçons, aviron, la vie quotidienne. Un dimanche de pluie, elles font du stop, dans la R16 surgit la voix de Debbie Harry, chanteuse de Blondie. Debbie, blonde, joueuse, sexy, Debbie qui s’impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle. Jusqu’au jour où Nina découvre l’amour et la voix cristalline de Kate Bush qui, d’un coup de pied romantique et pop, vient fissurer le trio jusqu’ici soudé comme un roc (...)


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JEUDI 28 MAI - 19H
« La littérature et ses métamorphoses »Carte blanche à Alain Nicolas

Lecture-rencontre avec Marie Cosnay, Virginie Poitrasson, Laure Limongi, Hélène Frappat, Fabien Clouette & Maylis de Kerangal

Critique littéraire à L’Humanité, Alain Nicolas était responsable jusqu’au mois dernier des pages littéraires du journal. Directeur du programme littérature des Pages été et de la Fête de l’Humanité, il est aussi animateur de rencontres et d’ateliers d’écriture sur la critique littéraire. Un tel compagnonnage avec les livres nous a donné envie de lui proposer une carte blanche (...)


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Entrée libre
VENDREDI 29 MAI - DE 17H À 19H
« Transmettre la mémoire de l’esclavage »Rencontre autour de la sensibilisation à la mémoire de l'esclavage et de l'enseignement de l'histoire de la traite négrière

Rencontre proposée par l’Institut du Tout-Monde

"En clôture du "Mois des mémoires de l'esclavage et des combats pour l'égalité" mis en place par le Comité national pour la mémoire et l'Histoire de l'esclavage, nous réunirons le 29 mai à la Maison de la Poésie un panel de personnalités autour d'une réflexion aujourd'hui prégnante : la transmission de la mémoire de l'esclavage et des mémoires en général : la Garde des Sceaux Christiane TAUBIRA, auteur de la loi de 2001 portant reconnaissance de l'esclavage comme crime contre l'humanité, George PAU-LANGEVIN, Ministre des Outre-Mer, Myriam COTTIAS, Présidente du CNMHE, Henriette  ZOUGHEBI, l'historien Frédéric RÉGENT, mais aussi plusieurs acteurs de terrain de cette transmission, nous feront l'honneur de leur présence et nous aideront dans cette réflexion."

Loïc Céry


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VENDREDI 29 MAI - 20H
Les Indes d’Édouard Glissant par Sophie Bourel

Lecture musicale

Accompagnée du musicien Karim Touré

« Les Indes s’adresse à chacun d’entre nous, raconte l’origine d’un monde qui est nôtre et réveille les traces et les traumatismes enfouis, qui constituent le socle de notre relation au monde. Il y est question de notre mémoire collective et surtout du silence posé sur un passé douloureux (...) »

Sophie Bourel

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VENDREDI 29 MAI - 20H
La collection « Qui Vive »des éditions Buchet/Chastel

Soirée remue.net #6 - Avec Sophie Bogaert, Eva Dolowski, les auteurs Isabelle Zribi, Cyrille Martinez, Laurence Werner David, Anne Luthaud & Ingrid Thobois

Sébastien Rongier invite la collection « Qui Vive », un espace littéraire extrêmement dynamique qui offre des écritures romanesques contemporaines aussi diverses que passionnantes.

« Qui Vive » cherche à proposer aux lecteurs de véritables expériences : quand les mots ont un écho immédiat et profond, quand le temps de la lecture se déploie et se diffracte en mille sensations surprenantes. « Qui Vive » souhaite offrir une littérature troublante et libératrice, une littérature en forme de question (...)


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Entrée libre
SAMEDI 30 MAI - 17H
Kâmasûtra - Exactement comme un cheval foude Frédéric Boyerpar Pierre Baux, Denis Podalydès & Vincent Courtois

Lecture musicale

Dans une nouvelle traduction originale du sanscrit, voici cet étonnant rendez-vous avec une grammaire du désir, conjuguée à l’idée pratique d’une existence sensuelle, théâtralisée, vécue à coups de formules, de ruses, de syllogismes, de recettes ou de techniques diverses, et de poèmes. L’étude des plaisirs et du sexe est ici un art du bref, de la rapidité et de la récitation. Texte de l’Antiquité de l’Inde, le Kâmasûtra nous plonge aujourd’hui dans la mélancolie d’un monde perdu ou impossible. (...)


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À suivre...
LUNDI 1er , MARDI 2 & MERCREDI 3 JUIN - à partir de 17H30
An experiment with time, installation vidéo de Daniele Ghisi

Installation vidéo

LUNDI 1er JUIN - 20H
Soirée avant-première du festival ManiFeste de l'Ircam
« Une expérience avec le temps »

Lecture en solo, duo et trio avec Daniele Ghisi, Elie During & Frank Madlener

& An experiment with time, installation vidéo de Daniele Ghisi

MARDI 2 JUIN - 9H30 à L'hôtel de ville de Paris
« Paris-Mexico : capitales d’exil »

Rencontre littéraire proposée par la Casa Refugio de Mexico et la Ville de Paris

Avec Patrick Deville, Mohsen Emadi, Margo Glantz, Jean-Pierre Hassoun, Koulsy Lamko, Jorge F. Hernandez ...

MERCREDI 3 JUIN - 20H
Franck Westerman & Laurent Binet

Rencontre organisée avec l’Ambassade des Pays-Bas et animée par Raphaëlle Rérolle

MERCREDI 3 JUIN - 20H30
La tertulia de l’exil : José Emilio Pacheco & Juan Gelman

Lecture musicale par Fabrizio Mejía, Philippe Ollé-Laprune & Mohsen Emadi

JEUDI 4 JUIN - 20H
Poésies de Belgique : Hommage à Jacques Izoard, François Jacqmin, Henry Bauchau, Gaston Compère, Jean-Claude Pirotte

Lectures dans le cadre de la Périphérie du 33e Marché de la Poésie

du 5 au 26 juin
Tandem Paris-London 2015 : Martin Amis, Emma Healey, Howard Jacobson, Nick Hornby, Jonathan Coe, Hanif Kureishi, Zadie Smith…

Rencontres, lectures & performances dans le cadre de Tandem Paris-London mis en œuvre par l’Institut français et la ville de Paris, avec le soutien du British Council

VENDREDI 5 JUIN - 19H
Tandem Paris-London : Martin Amis

Rencontre animée par Josyane Savigneau - Interprète : Marguerite Capelle

SAMEDI 6 JUIN - 16H
Rencontre avec Eugenio De Signoribus

Entretiens de Po&sie

SAMEDI 6 JUIN - 20H
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Lecture musicale avec Hélène Lacoste, Jean-Christophe Marq & l'auteur

DIMANCHE 7 JUIN - 17H
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De "Youth" à "Mia madre", en passant par "La Loi du marché" et "The Lobster", quels films ont le plus marqué lors de cette 68e édition du Festival de Cannes ?

De « Love » à « Mia madre », en passant par « Les Deux Amis », « Green Room » ou « Le Fils de Saul », quels films ont le plus marqué cette 68e édition ?

En France comme à Fergusson, négraille rime avec racaille ?

Mort de Zyed et Bouna : les policiers sont relaxés

18 mai 2015 | Par La rédaction de Mediapart

Le tribunal correctionnel de Rennes a relaxé les deux policiers jugés pour « non-assistance à personnes en danger » après la mort de Zyed et Bouna à Clichy-sous-Bois, en 2005, qui avait provoqué des émeutes sans précédent en banlieue.

Dix ans après la mort de deux adolescents, Zyed et Bouna, dans un transformateur EDF de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine) a relaxé les deux policiers qui étaient jugés pour « non-assistance à personnes en danger ». Une décision accueillie par des cris de colère et des larmes sur les bancs des familles des victimes.
Zyed et BounaZyed et Bouna

Après deux mois de délibéré, le tribunal, présidé par Nicolas Léger-Larue de Tournemine, a suivi les réquisitions de relaxe prononcées le 19 mars dernier par le procureur adjoint Delphine Dewailly. En substance, explique son président en lisant le jugement (on peut lire les attendus ici en format PDF) , le tribunal a d'abord estimé que Stéphanie Klein, la stagiaire qui était en fonction au standard du commissariat le jour du drame, sans formation ni connaissance des lieux, « ne pouvait avoir conscience d'un péril grave et imminent ». « Dans le cas contraire, elle aurait réagi », estime le tribunal.

Quant à son collègue policier Sébastien Gaillemin, il « n'a pas pu voir » les adolescents entrer sur le site du transformateur, il a fait des recherches, et il n'a pas eu conscience non plus « d'un péril grave et imminent », car dans le cas contraire il aurait donné l'alerte, raisonne le tribunal.

Tout en disant ne pas ignorer la douleur des familles, le président du tribunal a cru devoir ajouter ces propos : « Le traitement politique et médiatique des événements qui ont suivi la survenance de ce drame, ainsi que les nombreuses procédures initiées devant divers organismes à son propos, ont considérablement alourdi la souffrance des familles »...

Pour faire bonne mesure, les parties civiles sont également déboutées au civil, et aucune indemnisation ne sera accordée, tranche le tribunal.

« C'est circulez, y a rien à voir », souffle l'avocat des familles, Jean-Pierre Mignard, l'air abattu, en quittant la salle d'audience. Les plaignants n'ont en effet pas de possibilité de faire appel de ce jugement, et la relaxe des prévenus est donc définitive. Cependant, Me Mignard annonce peu après par communiqué qu'il entend retourner vers la cour d'appel de Rennes, et qu'il « sera demandé à la Cour de reprendre l'intégralité de l'enquête de police afin d'établir l'existence d'une faute, indépendamment du caractère définitif de la relaxe ».

Pendant le procès à RennesPendant le procès à Rennes © L.F.

Dix ans. Il avait fallu dix longues années pour que la justice décide enfin que la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, les deux adolescents électrocutés à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) alors qu'ils étaient pourchassés par la police, méritait un procès public. Dernière juridiction saisie de ce dossier par la Cour de cassation, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes avait pris cette décision courageuse voilà deux ans (lire le communiqué ici).
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« C'est une bonne nouvelle envoyée aux gamins des banlieues », réagissait alors Jean-Pierre Mignard, l'avocat des familles. À ce moment là, on constatait enfin un message d'apaisement, un semblant de considération envers ceux qui ont souvent le sentiment d'être traités comme des citoyens de seconde zone.

Les deux policiers qui avaient pris en chasse les adolescents, le 27 octobre 2005, et les avaient vus se réfugier dans l'enceinte d'un transformateur EDF visiblement dangereux, sans donner l'alerte, seraient donc enfin jugés par un tribunal correctionnel pour « non-assistance à personne en danger ».

Un troisième adolescent, Muhittin Altun, 17 ans à l'époque, avait été grièvement brûlé. Ce drame avait été le point de départ de trois semaines de violences urbaines dans les banlieues françaises.

Il avait fallu toute une série de péripéties judiciaires pour arriver à la décision, somme toute normale, d'organiser enfin un procès public. L'événement décisif s'était produit quand la chambre criminelle de la Cour de cassation avait, le 31 octobre 2012, cassé intégralement l'arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait accordé un non-lieu aux deux policiers.

La Cour de cassation (dont on peut lire l'arrêt ici) avait estimé que les policiers n'auraient pas dû quitter la zone sans s'assurer qu'il n'y avait pas de jeunes dans l'enceinte du transformateur EDF, dont la dangerosité était connue, et sans même donner l'alerte. Après avoir sèchement contredit la cour d'appel de Paris, la Cour de cassation avait confié ce dossier à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes. Et celle-ci avait fait la même analyse que la plus haute juridiction.

Depuis 2005, les familles des victimes ont tenu bon, dignement. Que d'attente, de frustration et de souffrance pour en arriver là. « Tout a été extravagant dans ce dossier », rappelaient Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, les avocats des familles, qui se sont battus.

« Il y a eu des propos très durs et des contre-vérités de la part du ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, sur les infractions qu'auraient soi-disant commises ces enfants, et sur le fait qu'il n'y aurait pas eu de course-poursuite. » En fait, les gamins rentraient d'un match de foot, et avaient été pris en chasse sans raison valable.

(...)

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NB : le titreest de SN Bokoum www.nrgui.com