J’ai toujours rêvé de visiter le Maroc, ce pays pas très loin de chez moi qui m’a toujours fascinée. Pourtant cela m’a pris du temps. J’ai souvent eu un pincement au cœur en passant par l’aéroport de Casablanca pour aller à Paris, regrettant de ne pas m'y arrêter (et me promettant que pour les prochaines vacances…)
Me voilà donc à Rabat, euphorique, avide de découvertes et de rencontres. Mon euphorie prend viteune belle gifle. Le racisme (oui, appelons le chat par son nom et allons droit au but)!
Dès mon arrivée, il s’est dressé, là, sous mes yeux: prétentieux, stupide et terriblement ignorant. Bien sûr, il était loin de la conférence, ce magnifique bouillonnement culturel qui regroupe des gens de tous les horizons, où créativité, projets innovants, échanges et belles rencontres sont au rendez-vous.
Non, le racisme est dehors, comme chez ces chauffeurs de taxi qui refusent de me prendre, moi, jeune femme noire, et s’arrêtent devant la dame à cinq mètres de moi. Ne voulant pas être paranoïaque, j’ai patienté. Au bout d’une heure et d’une dizaine de taxis-vides-qui-ne-s’arrêtent-pas, je suis rentrée à l’hôtel pour en faire appeler un. L’hôtel ne proposait pas ce service. Alors, je suis retournée patiemment sur le champ de bataille.
Cette fois, je n’ai compté ni le temps ni le nombre de voitures. J’ai juste attendu, terriblement déçue. Puis le miracle est arrivé... un miracle qui ne parlait pas français et ne pouvait répondre à toutes ces questions qui bourdonnaient dans ma tête, particulièrement l’incontournable pourquoi? Terriblement déçue donc, j’ai conté ma mésaventure à mes amis. Ils m’ont alors expliqué que, quant à eux, un groupe de jeunes les avaient pointés du doigt dans la rue en criant “EBOLA!”.
Racisme ordinaire
Oui, le racisme est là dehors. Il est à l’entrée du train, où l’on m’interpelle pour me signaler que j’étais en train de monter dans un wagon de première classe. Je le savais, puisque j’avais la première afin de voyager et travailler confortablement. Pendant le trajet, une deuxième personne est venue me signaler que j’étais en première.
J’ai pris le train quatre fois pendant mon séjour au Maroc (entre Rabat, Fès et Casa) et j’ai eu droit trois fois à cette remarque. A la fin, je me contentais de répondre : “ êtes vous contrôleur ? ” Non, ils étaient de simples passagers comme moi, qui avaient payé pour voyager tranquillement. Peut-être, la présence d’une jeune noire dans leur wagon dérangeait-elle leur tranquillité ?
En parlant de jeune noire, peut-être devrais-je dire jeune Africaine, parce qu’au Maroc, on aime dire “Le Maroc et l’Afrique”. Non, nous ne vivons pas sur le même continent. Vlan! sur ma face, comme disent les jeunes de mon quartier de Dakar.
Des cœurs ouverts, malgré tout
Mais le Maroc, ça aussi été ce jeune agronome débordant de joie de vivre qui m’a spontanément abordée dans le train et avec qui j’ai eu un échange passionnant sur la religion et la science… Échange qui se poursuivra deux jours plus tard autour d’un thé à la menthe avec sa bande d’amis. J’ai aimé découvrir la vieille ville de Rabat et les magnifiques Oudayas en leur compagnie. Fabuleux endroit, bons souvenirs.
Merveilleux souvenir aussi que ce concert et cette image du grand chanteur Aziz Sahmaoui sur la scène du Festival Visa for Music, accompagné de grands musiciens sénégalais (le bassiste Alune Wade et le guitariste Hervé Samb) qui ont chanté, entre autres, des chants maghrébins en arabe avec l’artiste. Un concert de première classe !
Je repense à Kenza, journaliste et animatrice d’un des ateliers de la conférence, qui a longtemps marché avec moi sous une pluie battante en partageant son parapluie. Elle ne m’a pas seulement ouvert son parapluie pour me protéger, elle m’a surtout ouvert un cœur très généreux.
Je repense aussi à la jeune Nahidj, une connaissance de ma nièce. Alors que nous nous rencontrions pour la première fois, ses sœurs et elle m’ont réservé un accueil des plus touchants à Fès. La gentillesse de Nahidj m'a émue, sa disponibilité m'a été précieuse. Pourtant, tout cela n’a pas suffi à effacer ce désagréable sentiment d'amertume.
Heureusement, face à la bête hideuse nourrie d'ignorance, il y a ces coeurs ouverts et accueillants et ces beaux moments dans un pays fascinant. Alors, dites à la bête qu'elle ne me fait pas peur et au Maroc que je reviendrai.
Une jeune femme noire d'origine modeste fait entrer sa fille dans la famille bourgeoise qui la fascinait enfant
C'est en faisant glisser sur leur peau l'éclat pâle d'un clair de lune, la lumière poudrée d'un après-midi d'hiver, que Jean-Paul Civeyrac a su, de film en film, faire affleurer la spiritualité de ses personnages, garçons et filles en quête d'absolu, et suggérer l'essence translucide des spectres qui viennent si souvent leur tenir compagnie. La peau, chez ce grand cinéaste romantique, n'est pas une mince affaire, seulement jusqu'à présent elle était diaphane, comme celle des fantômes. Si bien qu'on peut se demander si son producteur, Philippe Martin, qui l'accompagne depuis son premier court-métrage, La Vie selon Luc, n'avait pas en tête de bousculer un peu son système quand il lui a proposé d'adapter un roman, Victoria et les Staveney, de Doris Lessing, dont les personnages principaux sont noirs. La vision de cette fresque romanesque, qui s'étend sur près d'un quart de siècle, tendrait de fait à valider cette hypothèse.
On y reconnaît sans aucun doute la marque de l'auteur de Toutes ces belles promesses, son sens du romanesque, la sensualité gracile de ses plans, la structuration par l'absence de l'espace, et du récit. Mais quelque chose de nouveau se joue, qui tient à un ancrage plus terrien, en prise avec une matière sociale et politique qu'il avait plus ou moins délaissée après son premier long-métrage, Ni d'Eve ni d'Adam. La peau est toujours cette surface qui absorbe la lumière, ce témoin des états de l'âme où se concentre toute l'énergie du cadre. Mais, devenue noire, elle raconte autre chose. Une histoire plus dense. Plus chargée.
Une cruelle leçon
Comme la plupart des personnages de Civeyrac, Victoria vit avec des spectres. Ceux de ses parents, dont on devine qu'ils sont morts quand elle était très jeune, et dont la vieille maison de poupées africaines qu'elle trimbale de déménagement en déménagement apparaît comme le dernier souvenir tangible. Mais aussi celui d'un garçon bien vivant, dont la rencontre, quand elle avait 8 ans, a bouleversé son existence. Après une courte scène d'introduction où s'installe le dispositif narratif du film (la voix adulte de celle qui est devenue la sœur de Victoria raconte son histoire sur un ton fataliste), on découvre donc l'héroïne à 8 ans. Elle est seule, abandonnée dans la cour vide d'une école parisienne. Sa vieille tante, chez qui elle vit, a été hospitalisée, et ce garçon qu'elle ne connaît pas, Edouard, doit venir la chercher. Mais il est parti sans elle. Il n'avait pas imaginé que la petite fille que sa mère lui avait demandé de ramener à la maison était noire.
Il reviendra, et Victoria passera chez lui une nuit d'Epiphanie. Jamais elle n'avait vu un appartement si grand, une chambre avec tant de jouets, des gens si bien mis, si bien élevés. Plus jamais elle ne regardera sa vie à elle de la même manière. Trop petite, trop triste, trop sale. Elle mérite mieux. Elle mérite ce confort, cette beauté, cette mère à la voix de fée, actrice de théâtre, si gentille, qui aime tellement les enfants noirs (Catherine Mouchet, parfaite en grande bourgeoise lunatique)…
Mais, dès le lendemain, elle croise Edouard, qui ne la reconnaît pas. La leçon est cruelle, par laquelle la petite fille se voit interdire dès l'enfance l'accès à la part la plus brillante de l'existence. Son poison va se distiller dans les ramifications de ce beau mélo aux accents sirkiens, où la violence du destin se fond dans celle du déterminisme de classe et de la question raciale.
Les reflets d'une France figée
La tante meurt et Victoria est adoptée par une amie de la famille, la mère d'une petite Fanny, qui a le même âge qu'elle. Au rythme enlevé d'une rhapsodie, le film déroule alors la vie de son personnage comme une pelote de laine, depuis l'adolescence jusqu'à l'âge adulte, en l'imbriquant dans un tissu fictionnel foisonnant, peuplé de personnages dont les apparitions, souvent furtives, n'en sont pas moins convaincantes, parce que justement incarnées. Au fil de son histoire scintillent les reflets d'une France figée entre une classe de privilégiés, quasi-rentiers, et une classe laborieuse, précaire, à l'horizon bouché, dont Fanny, future écrivain (le film suit la trame de son premier roman), constitue une heureuse exception. Victoria, elle, décroche rapidement de l'école.
Chez un disquaire où Victoria travaille, elle reconnaît un jour Thomas, le frère d'Edouard. Ils ont une aventure. Alors qu'ils sont sur le point de se séparer, elle tombe enceinte, garde l'enfant sans l'en avertir, rencontre un autre homme, qui lui donne un fils et meurt bientôt dans un accident de voiture, la laissant seule avec deux enfants en bas âge. La jeune femme reprend alors contact avec le père de sa fille, et le film suit l'évolution de cette petite métisse que Thomas et les siens accueillent avec bienveillance.
Cette famille que Victoria n'a jamais oubliée n'a rien perdu de son charme sucré, mais l'arrivée de cette enfant dont ils ont le pouvoir de changer le destin révèle (parfois avec un humour acide, parfois de manière un peu appuyée) toute la violence des réflexes de classe qui les animent, et la logique d'exclusion qui les fonde. Pour permettre à sa fille d'accéder à ce monde dont elle a tant rêvé pour elle-même sans pouvoir l'intégrer, Victoria doit accepter, symboliquement, de la leur abandonner. En respectant, comme un sanctuaire, le mystère de ses personnages, Civeyrac se concentre sur les actes, sur les gestes, et en saisit les effets sur les visages. Il renouvelle ainsi le genre du mélodrame en lui donnant la puissance d'une tragédie politique contemporaine.
Clarinettiste, arrangeur et chef d’orchestre Buddy DeFranco, de son, vrai nom Boniface Ferdinand Leonard DeFranco, est mort le 24 décembre, à Panama City (Floride), à l’âge de 91 ans, vient-on d’apprendre. Les causes de sa mort n’ont pas été précisées par sa famille. La fluidité de son jeu, sa vélocité, sa manière d’emprunter des chemins mélodiques pas toujours évidents lui avait valu d’être parfois surnommé le « Charlie Parker de la clarinette ». En fait, c’est plutôt par son attention au be-bop, à la fin des années 1940, lui qui venait du jazz swing des big bands des années 1930, que strictement dans une manière de jouer que l’on pouvait comprendre cette référence.
Né le 17 février 1923 à Camden (New Jersey), fils d’un accordeur de piano aveugle, Buddy DeFranco débuta la clarinette à l’âge de 9 ans. Durant ses études de musique classique à la Mastbaum School, à Philadelphie (Pennsylvanie), il ajoute la flûte et le hautbois. Il devient musicien professionnel à la fin des années 1930, après avoir été repéré par le tromboniste Tommy Dorsey (1905-1956). Il passe dans plusieurs orchestres, dont celui du batteur Gene Krupa (1909-1973) et du saxophoniste Charlie Barnet (1913-1991) avant de rejoindre Tommy Dorsey de 1944 à 1948.
A la fin des années 1940, Buddy DeFranco qui se sent à l’étroit dans le répertoire dansant des big bands swing, a des envies plus aventureuses. Il a écouté la révolution be-bop, avec ses substitutions d’accords complexes, la notion de vitesse, la part importante donnée à l’improvisation beaucoup plus contrainte dans le jeu en big band. Il va jouer alors en petites formations, donnant à la clarinette un rôle plus important, notamment au sein d’un quartette avec le pianiste Kenny Drew (1928-1993), les bassistes Eugene Wright ou Milt Hinton (1910-2000) et le batteur Art Blakey (1919-1990).
VIDÉO (audio seulement) : « When Your Lover Has Gone », d’Einar Aaron Swan, par The Buddy DeFranco Quartet, en juillet 1953.
Il rejoint aussi le septette du pianiste Count Basie (1904-1984), qui a mis de côté son big band trop coûteux et moins en vogue (il le reformera en 1952). Il jouera aussi avec le trompettiste Dizzy Gillespie (1917-1993), les pianistes Art Tatum (1909-1956), Oscar Peterson (1925-2007), notamment pour l’enregistrement de l’album The George Gershwin Songbook avec un big band et une formation de cordes, le clarinettiste et saxophoniste Jimmy Giuffre (1921-2008), le guitariste Tal Farlow (1921-1998), retrouve Blakey au sein des Jazz Messengers… Il monte à son tour un grand orchestre. Au milieu des années 1950, il part s’installer en Californie et travaille essentiellement pour le cinéma et la télévision.
VIDÉO (audio seulement) « I Got Rhythm », de George Gershwin par Buddy DeFranco et Oscar Peterson tiré de l’album « The George Gershwin Songbook » (1954).
En 1959 Buddy DeFranco forme un étrange quartette avec l’accordéoniste Tommy Gumina (1931-2013). La formation enregistre cinq albums – Pacific Standard Swingin' Time (1960), Presenting the Quartet (1961), Kaleidoscope (1962), Polytones (1963) et en pleine vague bossa The Girl From Ipanema (1964) – novateurs sur le plan des arrangements, du travail sur la tonalité, l’alliance des timbres de la clarinette et de l’accordéon dans le contexte du jazz. En 1966 il est sollicité pour diriger le Glen Miller Orchestra, formation dédiée à la musique du célèbre tromboniste et chef d’orchestre (1904-1944) symbole de la bande-son du jazz grand public des années de la Seconde Guerre mondiale. Buddy DeFranco reviendra ensuite à la petite formation, toujours dans ce lien entre le swing et le bop, tout en se consacrant à l’enseignement.
VIDÉO : « Flying Home », de Benny Goodman, Eddie DeLange et Lionel Hampton, par Buddy DeFranco avec Terry Gibbs (vibraphone), Herb Ellis (guitare), Larry Novak (pénaux), Milt Hinton (contrebasse) et Butch Miles (batterie), en 1991.
Sylvain Siclier Journaliste au service Culture du "Monde", rubrique Musiques (jazz, pop, rock, soul, chanson...)
La "fille aînée de l'Église" connaît une crise des vocations sans précédent. Du coup, les autorités ecclésiastiques font de plus en plus appel à des prêtres étrangers. Et, en premier lieu, africains.
À Corbeil-Essonnes, dans la grande banlieue parisienne, le père Emmanuel Bidzogo est connu comme le loup blanc. Si l'on peut dire, vu qu'il est natif du Cameroun ! Depuis six ans, à titre de Fidei donum ("don de la foi", du nom d'une encyclique publiée par Pie XII en 1957), il est chargé du diocèse d'Évry-Corbeil-Essonnes. Sa mission ? Remplir la cathédrale.
Au départ, le défi n'allait pas de soi. Il a manifestement été relevé avec succès, puisque, en ce dimanche de novembre, plus de trois cents personnes se pressent dans les travées. Sept ans durant, le père Bidzogo fut curé d'Évry. Il est aujourd'hui responsable de secteur et coordonne l'action des prêtres de sept villes de la région. Pour pallier la crise des vocations, l'Église de France fait appel à 1 600 étrangers, parmi lesquels 1 200 Africains. La moitié des prêtres de l'Hexagone ont en effet plus de 75 ans.
Selon la Conférence des évêques de France, il n'y aura cette année que 82 ordinations - chiffre le plus bas depuis 1986. De même, on recensait dans les années 1990 puis de 1 000 séminaristes ; ils n'étaient que 691 en 2012. En douze ans, le nombre des candidats au sacerdoce a baissé de 29,2 %, celui des entrées en premier cycle de séminaire de 31,7 %.
Pour inverser la tendance, certains tablent sur un hypothétique "effet pape François". Mais même si celui-ci a lieu, il faudra du temps pour qu'il porte ses fruits : la formation d'un prêtre dure en moyenne sept ans. À l'inverse, l'Afrique n'est nullement menacée par une quelconque crise des vocations, sans doute parce que les prêtres y vivent relativement bien : leur rémunération est généralement très supérieure au salaire minimum.
Tous les prêtres africains en France n'ont pas le même statut. Certains disposent d'une sorte de contrat de trois ans renouvelable dans le cadre d'un accord entre deux églises : ce sont les Fidei donum. D'autres sont prêtres-étudiants dans des instituts catholiques ou à l'université et interviennent à mi-temps dans des paroisses. D'autres encore séjournent en France pour raisons médicales et rendent de menus services quand leur santé le leur permet. Enfin, certains assurent pendant les mois d'été le remplacement de prêtres en vacances. Dans tous les cas, qu'ils soient curés de paroisse ou membres d'équipes sacerdotales, un accord entre les évêques des paroisses d'origine et ceux des paroisses d'accueil est indispensable.
Il arrive qu'un Africain soit mal accepté par ses fidèles, mais dans l'ensemble, les choses se passent plutôt bien. Nombre de paroissiens apprécient ces prêtres souvent jeunes et sportifs. Leur vitalité et le dynamisme de leurs sermons plaisent. Dans une paroisse du 5e arrondissement de Paris, le choeur, dirigé par un prêtre béninois chanteur de gospel, fait un tabac !
Mais parfois, le choc culturel est rude. Originaire de Madagascar et curé de Sainte-Ménehould, en Champagne (Est), le père Gilbert Louis maîtrise mal le chant en français. Alors, lors des messes de Noël, il invite les fidèles à entonner des cantiques en malgache et à danser, suscitant la perplexité de son auditoire. Les Champenois sont des gens peu expansifs... Le père Bidzogo se souvient d'un prêtre tout juste débarqué d'Afrique à qui il advint de rester deux jours sans manger : ses paroissiens n'avaient pas coutume de faire la cuisine à leur curé... Ils ont appris. En Afrique, une messe dure généralement plus d'une demi-heure. Ici, les fidèles regardent leur montre au bout de vingt minutes.
Toute l'Europe catholique concernée
La France n'a d'ailleurs pas l'exclusivité du phénomène : c'est toute l'Europe catholique - ou faut-il dire ex-catholique ? - qui est concernée. À en croire l'historien des religions Odon Vallet, auteur de Dieu et les religions en 101 questions-réponses (Albin Michel), c'est la Belgique qui, eu égard au nombre de ses habitants, accueille le plus grand nombre de prêtres africains. Le problème, c'est que ces derniers sont généralement installés dans des diocèses urbains, à proximité d'un institut catholique, par exemple. Or ce n'est pas là que leur présence est le plus nécessaire.
Dans les provinces françaises, une seule paroisse rurale peut regrouper jusqu'à une dizaine de villages : la demande est donc pressante. Pourtant, il est beaucoup plus facile pour un prêtre africain de s'intégrer dans une grande ville, où il rencontrera aisément d'autres Subsahariens. Il a une mission pastorale, c'est entendu, mais l'objectif n'est quand même pas de le pousser à la dépression ! Reste que l'exil des prêtres africains pose un certain nombre de problèmes. D'abord, la fuite des cerveaux. Il est grave, car les diocèses africains de campagne peinent eux aussi à recruter.
Ensuite, la cohabitation avec les femmes. Les Africains passés par les séminaires, petits et grands, ont toujours vécu entre hommes. Ils découvrent en Europe que les laïques qui font tourner les paroisses sont majoritairement de sexe féminin. Psychologiquement pas évident. Dans les paroisses africaines, ce sont les prêtres qui commandent. Ici, la direction est plus collégiale. Autre problème : l'argent. Souvent, les prêtres africains nouent des partenariats avec des paroisses françaises, qui aident les leurs sur le continent.
En raison de quelques abus, les évêques français ont d'ailleurs décidé de fixer des limites, car les prêtres ne viennent quand même pas en Europe pour faire du business ! Il arrive aussi que l'un d'entre eux, parvenu au terme de sa mission, rechigne à repartir chez lui. D'autres exigent une contrepartie financière, dont on ne sait pas toujours si elle sera destinée à la famille ou à la paroisse. Une paroisse d'Île-de-France a récemment versé 6 000 euros à un prêtre pour le convaincre de rentrer...
Pour Odon Vallet, ce n'est pas aux prêtres étrangers de résoudre la crise des vocations en Europe. Les prêtres qui viennent en France ont généralement fait des études de très haut niveau. Pourquoi déshabiller Pierre pour habiller Paul ? Mais la fuite des cerveaux, le père Bidzogo n'y pense pas. "Des décisions importantes concernant l'Afrique sont prises en Europe, explique-t-il. Que des prêtres d'origine africaine y soient associés est forcément positif." Lui-même reste en contact étroit avec son pays d'origine et aide au développement des écoles locales.
Des religieuses africaines prennent elles aussi le chemin de l'exil. Pour le meilleur et, parfois, pour le pire. Certaines sont exploitées et affectées aux tâches les plus ingrates. Odon Vallet évoque l'expérience d'une amie religieuse française qui a quitté sa congrégation parce qu'on exigeait d'elle qu'elle fasse venir du Togo de jeunes novices afin de prendre en charge de vieilles religieuses malades. Pis, une quarantaine d'Africaines censées soigner des religieuses italiennes se sont retrouvées à jouer les escort girls pour prêtres esseulés, à Rome !
Annoncée comme l’une des grandes favorites du concours, Mama Aissata Diallo, 18 ans, a été élue Miss Guinée 2015. Elle rêvait de l’être. C’est désormais chose faite. Puisqu’elle a su confirmer son talent samedi soir au Grand hôtel de l’indépendance, en remportant le titre de la plus belle femme de Guinée.
La Miss Guinée 2015 (avec la couronne) pose avec ses deux dauphines et Halimatou Diallo.
Elle a été couronnée à l’issue de la soirée élective annuelle organisée par le Comité Miss Guinée.
Sur les 23 candidates qualifiées à la finale du concours sous le regard du Jury présidé par Alfred Houlémou, chef de production à la Radio Télévision Guinéenne (RTG), c’est finalement Mama Aissata Diallo, plus belle fille des lycées de Guinée en 2013 qui est arrivée au top avec 335,15 points.
Elle succède ainsi à Halimatou Diallo, lauréate de la dernière édition, dont le mandat est arrivé à terme.
L’heureuse gagnante empoche un chèque de 5 millions de francs guinéens, donnés par le sponsor du concours MTN Guinée, et 1000 dollars gracieusement offerts par la direction de la boîte de nuit Crisber International et une montre d’une valeur de 750 dollars de la part de la société de publicité Panorastar.
La place de la première dauphine est revenue à Safiatou Diallo avec 324,05 points. La démoiselle Yero Bah hérite de l’écharppe de la deuxième dauphine, tenue par Clémence Lamah.
Avant le verdict final des membres du Jury, la nouvelle reine de beauté de la Guinée et les autres candidates ont été soumises à plusieurs épreuves dont la sortie en tenue de soirée, de vérité, le test sur leur éloquence et leur capacité intellectuelle.
Faut-il souligner que l’édition 2015 de Miss Guinée, plusieurs fois reportée pour cause d’Ebola était placée sous le thème de “Miss Guinée au service du tourisme, de l’hôtellerie et de l’artisanat”.