Citoyens de deuxième zone : le cas africain

Entre 1945 et 1960, le concept de " citoyenneté " a été au cœur des questions qui agitaient les élites de l'Afrique coloniale française. Un passionnant essai de Frederick Cooper les met en lumière



 

 

En France, les débats sur le colonialisme se sont " tellement focalisés sur la défense ou l'attaque des concepts de “colonial” ou “postcolonial” qu'ils se sont déconnectés des expériences que ces termes étaient censés clarifier ", attaque d'emblée Frederick Cooper dans l'introduction à son nouvel ouvrage, Français et Africains ? Etre citoyen au temps de la décolonisation. Pourtant, insiste l'historien américain, si l'on veut comprendre, mieux vaut se concentrer " non pas sur ce que nous pensons aujourd'hui que les peuples auraient dû dire dans la situation coloniale, mais sur ce qu'ils dirent, écrivirent et firent réellement ". C'est ce que l'auteur de L'Afrique depuis 1940 (Payot, 2012) et de Décolonisation et travail en Afrique. L'Afrique britannique et française, 1935-1960 (Sephis/Khartala, 2004) s'attache à faire ici, découvrant, au fil d'une étude méticuleuse, à quel point certains termes, comme " nationalité " ou " souveraineté " –  " que la plupart des Français croient comprendre " –, sont en réalité des concepts historiquement mouvants, entachés -d'ambiguïté.

Revendiquer des droits

En examinant, dans les archives françaises et sénégalaises, les écrits syndicaux de l'époque, Cooper a été frappé par " l'usage intensif du concept de citoyenneté ", pratiquement absent de la rhétorique syndicale en Afrique britannique. Il était utilisé pour revendiquer des droits – et rendre légitime cette revendication. Mais de quelle citoyenneté, de quel citoyen parlait-on, en Afrique de l'Ouest, dans les années 1940 et 1950 ? Ce fut, explique Cooper, un débat long et contradictoire… et qui est loin d'être achevé. Dans les années 1950, définir ces termes " constituait des enjeux majeurs, tant pour un Sénégalais en quête d'un meilleur salaire à Dakar ou d'un emploi à Lyon que pour un leader politique s'efforçant de mobiliser un électorat à Bamako ou dans les faubourgs de Marseille ".

Partant du lendemain de la seconde guerre mondiale, en  1946, quand les premières fissures apparurent sur " l'édifice impérial de la France ", et s'arrêtant en  1960, au moment des indépendances africaines, l'ouvrage de Frederick Cooper retrace, documents à -l'appui (dont ceux, précieux et parfois inédits, des services de renseignement français), ce pour quoi se battirent les élites africaines et comment leur rhétorique évolua. Le déclin de l'empire colonial, qui vit la naissance d'une éphémère Union française, constitua, pour les leaders noirs de l'AOF (Afrique occidentale française), une ère d'intenses débats. Beaucoup de futurs " pères de l'indépendance ", comme Félix Houphouët-Boigny (1905-1993) ou Léopold Sédar Senghor (1906-2001), firent ainsi leurs premières armes dans l'arène politique. Français et Africains ? analyse, avec finesse, la complexité de ces débats d'après l'empire, chacun, en France comme en Afrique, s'interrogeant sur l'avenir d'une future Communauté franco-africaine. Car, longtemps, l'idée de séparation fut laissée en lisière.

On rêva d'une vaste " Eurafrique "

Un moment, Léopold Sédar Senghor et l'avocat Léon Boissier-Palun plaidèrent pour une sorte de " Commonwealth français ", qui aurait uni les pays de l'AOF à la France. On rêva d'une vaste " Eurafrique ". En effet, si, dès le départ, ils défendirent une politique " résolument anticolonialiste ", la plupart des représentants africains n'étaient pas des nationalistes, gardiens d'un territoire et, moins encore, des indépendantistes (ou des révolutionnaires). Les débats n'en furent pas moins vifs et douloureux. " Que voulez-vous faire de nous ? Des citoyens de deuxième zone ou des super-indigènes ? ", s'exclama, en  1946, le député Jean-Félix Tchicaya. Quant aux rivalités entre ténors africains, elles furent d'une froide violence.

Un peu plus de dix ans plus tard, en  1959, une dernière tentative de fédéralisme, après la version " forte " du général de Gaulle et celle, " égalitaire ", d'Houphouët-Boigny, fut lancée par Senghor : une fédération africaine, qui donnerait plus de poids aux ex-colonisés, pour obtenir des ressources de l'ex-colonie. Elle aussi échoua. La Constitution de 1958 avait placé les Africains (exception faite de l'Algérie, guerre oblige) dans une position forte " mais aussi délicate ", observe Frederick Cooper : un compromis " entre autonomie et subordination ". On sait comment cela finit… Récit magistral, Français et Africains ? met en lumière, comme rarement, les acteurs africains de notre histoire de France.

Catherine Simon

© Le Monde

L'écrivain et journaliste Jacques Chancel est mort


Jacques Chancel, en octobre 2011.

Journaliste et écrivain, grande figure de l'audiovisuel, Jacques Chancel – de son vrai nom Joseph Crampes – est mort le 23 décembre, à Paris, à l'âge de 86 ans. Porté par une insatiable curiosité et doté d'un sens de l'écoute peu commun, il était devenu, au fil de ses deux émissions phares – « Radioscopie » sur France Inter et « Le Grand Echiquier » sur Antenne 2 –, le confident le plus célèbre de la radio et de la télévision, où il accueillit des milliers de personnalités des arts et de la politique pour des entretiens dont la somme constitue un pan de notre mémoire collective.

Jacques Chancel « coachait » encore, à 80 ans passés, les jeunes présentateurs d'i-Télé, auxquels il enseignait l'art et la manière de « savoir raconter une histoire ». La sienne avait débuté à Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées), où il naquit le 2 juillet 1928. Tout au moins selon ses papiers d'identité, sur lesquels il aurait obtenu, grâce à son instituteur, d'être vieilli de trois ans alors qu'il était adolescent afin de partir en Indochine. Un exil de huit années qui ne lui avait pas fait oublier sa Bigorre natale, à laquelle il resta fidèle jusqu'à la fin de sa vie.

Ses parents étaient issus de deux de ses vallées : son père, artisan escaliériste, et sa mère, qui l'a tant choyé et couvé ; « trop », jugeait-il a posteriori. Enfant, la lecture lui donna « le goût de l'errance ». Il y ajouta une envie : celle de « ne pas arriver ». « Si on achève quelque chose, c'est qu'on prétend être au bout de la course. L'achevé, c'est la mort », confiait-il en 2010 à l'écrivain Florian Zeller dans un documentaire de la collection « Empreintes » (France 5) retraçant son parcours.

LES ANNÉES INDOCHINOISES

Parce que l'un de ses oncles vivait en Indochine, c'est là-bas, dans un pays en guerre, que débarqua le jeune Joseph Crampes, 17 ans, au terme d'un voyage de cinquante-deux jours en bateau qui le conduisit de Sète à Saïgon. Pour travailler à Radio France Asie (et Paris Match) comme correspondant de guerre, il prit le pseudonyme de « Jacques Chancel ». Le jeune homme fit la connaissance du Tout-Saïgon, des salons mondains aux coupe-gorge, des fumeries d'opium aux cercles sportifs, cette société coloniale à la fois huppée et interlope dont il fit très tardivement la peinture dans La nuit attendra, un livre de souvenirs sur cette période paru en 2013 chez Flammarion.

Pendant plusieurs années, il anima deux émissions quotidiennes, ainsi qu'un autre programme, pour lequel il recevait des vedettes de l'étranger dans un grand cinéma de Saïgon, sorte de préfiguration – bien avant l'heure – du « Grand Echiquier ». A la même époque il se lia avec ses confrères correspondants, comme le célèbre Lucien Bodard, ainsi qu'avec Pierre Schoendœrffer, alors cinéaste aux armées et qu'il ne parvint pas à dissuader de se faire parachuter sur Diên Biên Phu alors que la bataille, de même que la guerre, était déjà perdue.

Gardant pour lui la violence de ces années de conflit dans le Sud-Est asiatique, Jacques Chancel en revint, à la fin des années 1950, avec l'impression d'avoir déjà tout appris. Dans son journal qu'il tint quotidiennement depuis l'âge de 15 ans – et qu'il publia beaucoup plus tard –, il écrivait : « J'ai tout connu, tout vécu, tout souffert. Aujourd'hui, avec un peu de suffisance, je me dis que mon existence est finie : j'ai 24 ans. »

L'épisode le plus marquant de ces années indochinoises, survenu en 1952, il ne le révéla que soixante et un ans plus tard, dans La nuit attendra, ainsi intitulé parce qu'il avait cru définitivement perdre la vue. Accompagnant comme correspondant de guerre des troupes de la Légion étrangère, le jeune journaliste se trouvait avec des officiers à bord d'une Jeep qui franchissait un pont lorsque le véhicule sauta sur une mine. Grièvement blessé, il se réveilla à l'hôpital après plusieurs jours de coma. Aveugle. Il lui fallut près d'un an pour, très lentement, sortir de cette « nuit » et recouvrer la vue. Les soldats qui étaient avec lui sont tous morts. « J'ai toujours été handicapé par cette mémoire, j'avais comme une honte et je ne pouvais pas en parler, c'est pour cela que j'ai attendu si longtemps pour le faire », expliqua-t-il en 2013 lors de la parution de son livre.

« RADIOSCOPIE » ET « LE GRAND ÉCHIQUIER »

S'il conserva sa vie durant le sentiment d'avoir été « vieux trop tôt », sa passion pour le journalisme et la radio, sa volonté farouche d'être une « courroie de transmission » étaient pourtant intactes lorsqu'il revint en métropole. Tourné vers l'action comme le lui conseillait son père – « tu seras ce que tu fais », lui disait-il –, il entame une nouvelle vie.

Après quelques années passées dans la presse écrite, notamment à Paris jour et à Télé magazine, il retrouva Radio France, où il entra grâce à Roland Dhordain. L'aventure de « Radioscopie » démarra en octobre 1968. Sur France Inter du lundi au vendredi, de 17 heures à 18 heures, Jacques Chancel recevait des invités. Des anonymes au tout début, puis, très vite, des personnalités. Un indicatif (La Grande Valse, de Georges Delerue), suivi d'un mot, « Radioscopie », prononcé d'une voix chaude, s'installent dans les foyers. En vingt ans et quelque 6 826 émissions, ce sont plusieurs générations d'auditeurs qui ont ainsi été bercées au son d'une écoute attentive, curieuse et bienveillante.

Aux côtés de Marcel Jullian, il participa à la création d'Antenne 2, en 1975. Il y poursuivit une autre aventure, télévisuelle celle-là, lancée trois ans plus tôt sur la deuxième chaîne de l'ORTF. « Le Grand Echiquier », à l'instar d'« Apostrophes », ou des « Dossiers de l'écran », allait devenir l'une des émissions phares d'Antenne 2. Trois heures d'antenne, des décors soignés et personnalisés dans le studio 15 des buttes Chaumont, des invités prestigieux (Brel, Brassens, Montand, Ferrat, Ventura, etc.) installèrent ce rendez-vous hebdomadaire jusqu'au dernier numéro du 7 décembre 1989, organisé autour du chanteur d'opéra Ruggero Raimondi.

DIRECTEUR DE FRANCE 3

Connu du grand public pour sa présence sur les ondes et les antennes, Jacques Chancel affermit également son influence sur le versant institutionnel de l'audiovisuel. En 1989, il arrêta ainsi ses émissions pour devenir directeur des programmes, puis de l'antenne, de France 3. Lorsqu'il quitta France Télévisions à la fin des années 1990, après avoir effectué toute sa carrière sur le service public, ce proche de Nicolas Sarkozy était encore « rattrapé » – selon son mot – par le président de Canal+, Bertrand Méheut, qui le nomma conseiller. C'est dans ce cadre qu'il enseignait encore le métier, il y a peu, aux jeunes recrues d'i-Télé.

Avec Jacques Chancel disparaît une mémoire de l'audiovisuel et de la culture dite « populaire ». « Aimer et faire aimer » – si possible au plus grand nombre – était son credo. Par tous les moyens et médias existants, radio, télévision et livres (il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages), Jacques Chancel a toujours voulu transmettre le fruit de ses rencontres. « Ma chance, disait-il à Florian Zeller, aura été d'avoir une bonne relation avec l'autre. Ça me paraît plus important que d'avoir une bonne relation avec soi-même. »



Le top 6 des pays européens devenus extrêmement riches en asservissant les Noirs

 

RTE

Un peu d’histoire…

1° Les États-Unis d’Amérique
L’esclavage transforma l’Amérique en une puissance économique. L’exploitation des noirs comme main d’œuvre gratuite fit du Sud, la région la plus riche et la plus puissante sur le plan politique dans le pays. La demande britannique de coton américain fit du tronçon sud de la rivière Mississippi la « Silicon Valley » de son époque, offrant la concentration la plus importante de millionnaires de la nation.

Mais l’esclavage fut une entreprise nationale. De nombreuses entreprises de Wall Street tels que JPMorgan Chase, New York Life et la désormais défunte Lehman Brothers firent fortune en investissant dans le commerce des esclaves, activité économique la plus rentable des 350 ans d’histoire de New York. L’esclavage fut si important pour la ville que New York fut l’une des municipalités urbaines les plus pro-esclavage du Nord.

Selon le magazine Harper’s (Novembre 2000), les États-Unis ont volé un montant estimé à 100.000.000.000.000 de dollars pour 222.505.049 heures de travail forcé entre 1619 et 1865, avec un intérêt composé de 6%.

2° l’Angleterre
Entre 1761 et 1808, les commerçants britanniques transportèrent 1.428.000 captifs africains à travers l’Atlantique et empochèrent 96,5 millions de dollars (environ 13 milliards de dollars en valeur d’aujourd’hui) pour les vendre comme esclaves.

De 1500 à 1860, selon des estimations très modestes, environ 12 millions d’Africains furent vendus comme esclaves aux Amériques. Dans les seuls navires britanniques, 3,25 millions d’Africains furent expédiés. Ces voyages sont souvent très rentables. Par exemple, au XVII° siècle, la Royal Africa Company pouvait acheter une esclave africaine avec des marchandises commerciales à une valeur de 5 $ et la revendre aux Amériques 32 $, faisant un bénéfice net moyen de 38% par voyage.

Planteurs et marchands esclavagistes qui vendirent des esclaves et des produits issus de l’esclavage furent parmi les personnes les plus riches du XVIII° siècle en Grande Bretagne, mais de nombreux autres citoyens britanniques bénéficièrent de l’industrie de la traite des êtres humains.

Les bénéfices provenant de l’esclavage furent utilisés pour doter Oxford, d’une splendide bibliothèque; pour construire une vingtaine de banques, dont la Banque de Londres et Barclays; et pour financer les expériences de James Watt, l’inventeur de la première machine à vapeur efficace.

En tant que principal catalyseur de la révolution industrielle, la traite négrière transatlantique fournit aux propriétaires d’usines faisant affaire dans les textiles, le fer, le verre et les armes à feu un méga-marché en Afrique de l’Ouest, où les marchandises furent négociées pour les esclaves. Birmingham avait plus de 4000 fabricants d’armes, avec 100.000 d’armes par an pour les marchands d’esclaves. Le boom dans le secteur manufacturier fournit de nombreux emplois pour les gens ordinaires en Grande-Bretagne qui, en plus de travailler dans les usines, pouvaient être utilisées pour construire des routes et des ponts, ainsi que dans la chasse, l’exploitation minière, etc.

3° La France
Avec plus de 1,6 millions d’esclaves africains transportés vers les Antilles, la France est clairement un acteur majeur dans le commerce d’esclave. Ses ports négriers contribuèrent grandement aux progrès économiques du pays au XVII° siècle. Beaucoup de ses villes de la côte ouest, comme Nantes, Lorient, La Rochelle et Bordeaux, construisirent leur richesse grâce aux principaux bénéfices du commerce triangulaire.

Entre 1738 et 1745, de Nantes, leader des ports négriers de France, 55 000 esclaves furent embarqué, dans 180 navires, pour le Nouveau Monde. De 1713 à 1775, près de 800 navires négriers partirent de Nantes.

À la fin des années 1780, Saint-Domingue, qui est aujourd’hui Haïti, est devenue la colonie la plus riche et la plus prospère des Antilles, en cimentant son statut de port vital dans les Amériques pour les marchandises et les produits à destination et à partir de la France et de l’Europe.

Le revenu et les taxes de la production de sucre esclavagiste sont devenus une source importante du budget national français. Chaque année, plus de 600 bateaux visitèrent les ports d’Haïti pour transporter son sucre, café, coton, indigo, cacao et consommateurs européens.

4° Pays-Bas
La Compagnie des Indes Occidentales hollandaise (CIO), une société agréée de marchands hollandais, fut créée en 1621 comme un monopole sur le commerce des esclaves africains vers le Brésil, les Caraïbes et l’Amérique du Nord.

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 La CIO avait des bureaux à Amsterdam, Rotterdam, Hoorn, Middelburg et de Groningue, mais un quart des Africains transportés à travers l’Atlantique par la société furent transférés dans les navires négriers depuis Amsterdam. Presque tout l’argent qui finança les plantations esclavagistes du Surinam et des Antilles venait de banquiers à Amsterdam, tout comme un grand nombre de navires utilisés pour transporter les esclaves y furent construits.

Beaucoup de matières premières qui furent transformées en produits finis à Amsterdam, comme le sucre et le café, furent cultivées dans les colonies à l’aide de la main-d’œuvre esclave puis affiné dans des usines dans le quartier de Jordaan.

Les revenus des biens produits par le travail les esclaves financèrent une grande partie de l’âge d’or des Pays-Bas au XVII° siècle, une période réputée pour ses réalisations artistiques, littéraires, scientifiques, et philosophiques.

Le travail des esclaves créa de vastes sources de richesse pour les Hollandais sous la forme de métaux précieux, sucre, tabac, cacao, café et coton et d’autres biens, et aida à financer la création à Amsterdam de beaux et célèbres canaux et du centre-ville.

5° Le Portugal
Le Portugal fut le premier de tous les pays européens à s’impliquer dans la traite négrière transatlantique. Du XV au XIX° siècle, les Portugais exportèrent 4,5 millions d’Africains comme esclaves vers les Amériques, ce qui en fait le plus grand trafiquant d’êtres humains en Europe.

Le travail esclave était la force motrice de la croissance de l’économie sucrière dans la colonie portugaise du Brésil, et le sucre est le principal produit d’exportation de 1600 à 1650. Des gisements d’or et de diamants furent découverts au Brésil en 1690, ce qui suscita une augmentation de l’importation d’esclaves d’Afrique pour alimenter ce nouveau marché rentable.

La grande partie de l’intérieur du Brésil où l’or fut extrait était connu sous le nom de Minas Gerais (Mines générales). Les mines d’or dans cette région sont devenues la principale activité économique du Brésil colonial au cours du XVIII° siècle. Au Portugal, l’or fut principalement utilisé pour payer des biens industrialisés tels que les textiles et les armes, et construire de magnifiques monuments baroques comme le couvent de Mafra.

6° L’Espagne
À partir de 1492, l’Espagne était le premier pays européen à coloniser le Nouveau Monde, où ils établirent un monopole économique dans les territoires de la Floride et d’autres parties de l’Amérique du Nord, du Mexique, de Trinidad, de Cuba et d’autres îles des Caraïbes. Les populations autochtones de ces colonies mouraient pour la plupart de maladies ou d’asservissement, de sorte que les espagnols furent forcés de compter de plus en plus sur le travail des esclaves africains pour gérer leurs colonies.

L’argent provenant de ces colonies créa une grande richesse pour les dynasties des Habsbourg et Bourbon tout au long de l’emprise de l’Espagne sur la zone. Mais il a également attiré les rivaux européens de l’Espagne, ce qui incita les dirigeants espagnols à dépenser les richesses des Amériques pour alimenter les guerres européennes successives.

Les flottes de trésor espagnoles furent utilisées pour protéger la cargaison transportée à travers l’océan Atlantique. La cargaison des navires incluait le bois, les produits manufacturés, les différentes ressources de métaux et de produits de luxe coûteux dont l’argent, l’or, les pierres précieuses, les perles, les épices, le sucre, les feuilles de tabac et de la soie.

Les villes portuaires espagnoles prospérèrent. Séville, qui avait le monopole royal sur le commerce du Nouveau Monde, fut transformée d’un port provincial en une grande ville et un important centre politique. Puisque les colons espagnols ne pas produisaient encore leurs propres aliments de base tels que le vin, l’huile, la farine, les armes et le cuir, et avaient de grandes réserves financières pour les payer, les prix dans la Castille et l’Andalousie augmentèrent fortement alors que les commerçants achetaient des marchandises à expédier.

Les prix de l’huile, du vin et du blé triplèrent entre 1511 et 1539. Les grands vignobles de Jerez, les oliveraies de Jaén, et l’industrie du cuir de Tolède bras et ont été établis sur leur échelle présente au cours de ces années.

Source:
makandalspeaks.blogspot.fr
Traduction de l’OJAL

 

« The Interview » : la capitulation de Sony et d’Hollywood

"The Interview"

La firme Sony Pictures Entertainment vient de créer un précédent dangereux. Cédant à l’agression de pirates du cyberespace, téléguidés par la Corée du Nord, le studio a annoncé, mercredi 17 décembre, qu’il renonçait à sortir un film, The Interview, en salles ou sous tout autre support. Cette capitulation marque une date noire pour la liberté d’expression dans un monde qui vit à l’heure du numérique.

Les pirates informatiques remportent une victoire sans pareille dans l’histoire de la guerre cybernétique. Ils font reculer Sony, qui comptait amortir un investissement de 80 millions de dollars dans ce film en en programmant la sortie pour les fêtes de Noël. Le studio « a fait une erreur » en annulant la sortie du film, a regretté, vendredi soir, Barack Obama, juste après que le FBI eut pointé la main du régime de Pyongyang dans les actes de piratage dont Sony a été victime.

Maraudant en toute liberté dans les ordinateurs de Sony, les pirates se sont emparés des mails de la direction, parfois d’une vulgarité consommée, de courriels éminemment privés, de scripts de films et autres documents censés être plus ou moins confidentiels. Ils ont rendu l’ensemble public et promis d’en mettre davantage encore en ligne s’ils n’obtenaient pas gain de cause : le retrait du film.

Déjà dure à encaisser pour la réputation de la direction et, plus encore, pour les tiers ayant pensé pouvoir correspondre avec elle par courrier électronique en toute sécurité, cette agression est allée plus loin. Les pirates – ils se font appeler « The Guardians of Peace », « Les Gardiens de la paix » – ont menacé de perpétrer des attentats dans les salles qui présenteraient le film. Les employés du studio ont eu la surprise, en allumant cette semaine leurs ordinateurs, d’y trouver le message suivant : « Le monde sera plein d’effroi si The Interview est distribué. Souvenez-vous du 11-Septembre »

Hollywood avait déjà cédé. Avant même la décision de Sony, les plus grands réseaux de distribution avaient renoncé à accueillir The Interview. Le film relate le projet de deux journalistes qui, désireux de recueillir un entretien avec Kim Jong-un, sont recrutés par la CIA pour assassiner le chef du régime nord-coréen.

Lire aussi : M. Obama promet à Pyongyang de riposter

Si la thèse américaine est vraie – Pyongyang nie toute implication –, elle veut dire qu’un Etat peut faire chanter un journal, une maison d’édition, des producteurs de théâtre ou de cinéma pour obtenir le retrait d’un article, d’une enquête, de toute œuvre qui lui déplaît. Elle veut dire que tous les coups sont permis ou presque dans cet espace d’échanges – Internet – qui est au cœur de la vie quotidienne de l’époque. Elle confirme, hélas, qu’une forme de guerre est déjà bien engagée dans le vaste espace numérique, où plus rien n’est protégé.

Il y a vingt-cinq ans, le Guide de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ruhollah Khomeyni, prenait un « décret » religieux enjoignant aux musulmans du monde entier d’assassiner le grand écrivain britannique Salman Rushdie. Motif ? L’un de ses romans, Les Versets sataniques, aurait été insultant pour l’islam. L’affaire de The Interview représente le même type de menace. Comme le suggère notre confrère britannique The Financial Times, Sony doit répliquer en usant à son tour du Web : rendre le film The Interview accessible à tous ceux qui veulent le voir… en le mettant en ligne.


Le Monde

USA: Incroyable!!! Mort sur la chaise électrique à 14 ans, il pourrait être innocenté 70 ans après

George Stinney Jr fut exécuté en 1944 pour le meurtre de deux jeunes filles. Il avait 14 ans et demeure à ce jour le plus jeune condamné à mort de l'histoire des Etats-Unis. 70 ans plus tard, il pourrait finalement être innocenté...

George Stinney Jr, jeune garçon noir de Caroline du Sud (sud des Etats-Unis), meurt sur la chaise électrique en 1944, à l'âge de 14 ans. Accusé du meurtre de deux petites filles blanches, Betty June Binnicker, 11 ans, et Mary Emma Thames, 8 ans, dans la ville d'Alcolu, George Stinney est rapidement condamné lors d'un simulacre de procès expédié en trois heures. La délibération du jury, composé de douze hommes blancs, dure à peine dix minutes. Son sort est scellé. Trois mois plus tard, il est exécuté.

En 2009, sa soeur saisit la justice, bien déterminée à restaurer l'honneur de la famille. Après plusieurs années de luttes juridiques, les partisans de George Stinney ont enfin obtenu gain de cause. Ce mercredi en effet, le juge Carmen Mullins a finalement tranché en faveur de la requête et annulé la décision controversée de l'époque, relaient le Nouvel Obs et NBC News. La première étape cruciale d'une révolte contre l'injustice.

En 1944, l'âge de la majorité pénale était fixé à 14 ans dans l'Etat de Caroline du Sud.

Source: NBC News, Nouvel Obs