« A la télévision, Hollande a gâché des possibilités » (Vidéos)

 

 
Francois Hollande, le 23 octobre. REUTERS/Philippe Wojazer  (FRANCE - Tags: POLITICS)

Joseph Daniel, ancien membre du CSA, a dirigé le service d'information du gouvernement (SIG) sous François Mitterrand, de 1981 à 1986. Il est l'auteur de La parole présidentielle (Seuil, 2014). Pour lui, François Hollande a tout à gagner à se confronter aux Français sur TF1 jeudi soir. Des exercices auxquels se sont prêtés nombre de ses prédécesseurs.

L'intervention télévisée de François Hollande face notamment à un panel de Français jeudi soir sur TF1 est-elle de nature à marquer un tournant dans son quinquennat ?

Joseph Daniel : Il n'a rien à perdre vu son niveau d'impopularité actuel. Peut-être y a-t-il même quelque chose à gagner à se confronter aux « vrais gens », à des Français exaspérés et désespérés par la crise. Il peut révéler des facettes de sa personne qui ont marqué ses débuts et qui sont aujourd'hui oubliées : quelqu'un de simple, qui sait écouter et qui peut réagir. On a retourné contre lui des traits de son caractère. Ce qui apparaissait comme de la simplicité s'est mu en gentillesse – ce qui est quasiment un point faible – voire en duplicité, si on en croit le procès intenté par son ex-compagne. François Hollande est sans doute quelqu'un de froid et de calculateur, mais il est aussi accessible, sait écouter, est ouvert. Cette dimension n'est plus présente dans la perception que l'on a de lui aujourd'hui.

L'émission « Ça nous intéresse M. le président », à laquelle a participé François Mitterrand face à Yves Mourousi sur TF1 en 1985, avait permis au président socialiste de rebondir dans l'opinion. Cet exemple peut-il être reproduit ?

Je ne crois pas que l'opération kitschissime que Mourousi avait concocté sur une idée de Jacques Pilhan [conseiller en communication de François Mitterrand] soit comparable à celle à laquelle on doit s'attendre, même si elle sera sur la même chaîne. Les précédents sont ailleurs. Giscard, en 1977, s'est livré pour la première fois dans une émission face à des Français sélectionnés par la Sofres dans les « Dossiers de l'écran ». A l'époque, les invités étaient intimidés et confis d'admiration, d'autant plus que ça se passait sous les ors de l'Elysée.

 

Mitterrand s'y est lui aussi livré dans un contexte pré-électoral, en 1993, sur France 3. D'autres précédents plus proches de nous ramènent à Nicolas Sarkozy qui, à deux reprises, s'est livré face aux Français avec Jean-Pierre Pernaut, en janvier 2010, puis en février 2011. Il tentait une opération de proximité et de reconquête. Cela n'a pas donné d'effets durables, mais pour un homme dans les cordes et sans résultats face à la dureté de la crise, cela lui permettait de montrer une face plus humaine et moins brutale de sa personne. Pour Hollande, il ne s'agit pas de rebondir, mais de reconstruire. C'est une attitude modeste, sans objectifs pharaoniques en matière d'audience ni en terme d'effets sur les sondages.

 

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 Quels avantages offre une émission « face aux Français » ?

Dans la palette des outils utilisés par François Hollande à ce jour, les plus décevants ont été les échanges avec des journalistes : je pense notamment à celui avec Claire Chazal en septembre 2012. Il en est ressorti l'impression qu'il n'imprimait pas : il parlait de façon longue, imprécise, zigzaguait... Il réussit de manière remarquable ses conférences de presse par contre, mais cela ne touche que les journalistes, pas les Français, qui n'en voient que des extraits. Quant à l'allocution solennelle, qui est un vrai genre présidentiel, Hollande en a réussi une sur le Mali, mais il en a raté plusieurs, comme sur Leonarda par exemple. C'est un genre qui le dessert plus qu'il ne le sert. Dès lors, se risquer à entrer dans la fosse aux lions, face aux Français, n'est pas inintéressant. Cela l'est encore plus sur une chaîne où le public sera plus large que sur France 2, et sans doute plus hostile. Il est intéressant de s'adresser à un public moins acquis.

En comparaison de ses prédécesseurs, François Hollande utilise peu la télévision pour communiquer. Est-ce un choix judicieux ?

Il utilise assez peu les médias en général, même s'il a une certaine prédilection pour l'écrit. Il a fait l'erreur initiale, dans les premiers mois de son quinquennat, de s'exprimer peu. Ensuite, il a annoncé que les Français souhaitaient qu'il s'exprime, mais il ne l'a pas fait, à la fois par réserve envers l'outil télévisuel et par le sentiment de ne pas avoir de choses importantes à dire. La répartition des rôles avec son premier ministre était aussi peu claire. Il a gâché les possibilités qui lui étaient offertes. La télévision vous use extrêmement vite. Le problème de Hollande, c'est qu'il est usé sans en avoir abusé.

Valéry Giscard d'Estaing utilisait beaucoup ce média, François Mitterrand y était plus rétif. Croyez-vous que François Hollande s'inspire de ce dernier ?

Mitterrand était initialement rétif. Il a fait à ses débuts très peu de déclarations. En revanche, il a su se prêter à des émissions préexistantes, comme « L'enjeu », une émission économique, et inventer avec ses conseillers des formats inédits, comme « Ça nous intéresse M. le président », avec Mourousi. Mitterrand était gelé par la télévision pendant très longtemps, quand il n'était pas président. Son succès dans le débat face à Giscard a probablement levé chez lui les dernières inhibitions.

 

 

N'y a-t-il pas un côté désuet à miser sur la télévision à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux ?

Ce n'est pas parce qu'on est à l'ère des médias sociaux et d'Internet que la télévision est morte. Les deux outils coexistent. Les réseaux sociaux s'alimentent de ce qu'il se passe à la télévision : ils vont commenter ou démolir l'intervention présidentielle. Pour le président de la République, il y a un travail à faire sur ces outils plus vus par les jeunes, par des personnes critiques, sans abandonner pour autant une télévision qui reste aujourd'hui l'élément fédérateur. Les scores d'audience, même quand ils sont faibles, restent impressionnants. L'impact est réel. Un homme politique d'aujourd'hui doit être présent aussi bien sur les réseaux sociaux que sur la télévision.

 

Arrêtez de lire ?!

 

Le complot des littéraires

 
 

Alors que Modiano vient de remporter le Nobel de littérature, et que les prix littéraires s'abattent sur la France comme autant de plaies d'Egypte, le temps est venu de prendre la parole au nom de la majorité silencieuse et honnie qui refuse la pensée unique.

Perchée dans sa tour d'ivoire (ou plutôt dans son clocher de pierre), l'élite de Saint-Germain-des-Prés vit coupée du peuple, méprisant ceux pour qui les livres ne représentent rien de plus que des parallélépipèdes de papier destinés à se faire manger par les mites, et revêtus de pensées si absconses qu'elles ne justifient pas que l'on abatte des arbres pour les coucher. On l'a vu encore récemment avec la curée sur la pauvre Fleur Pellerin, pressée de démissionner pour avoir préféré faire consciencieusement son travail plutôt que de lire des romans.

Les médias aiment se représenter les Français comme un peuple de lecteurs. Mensonge ! Un tiers de nos concitoyens déclare ne pas lire un seul livre par an. Même ceux qui prétendent le contraire en se précipitant dans les librairies au moindre prétexte ne sont que des Tartuffe. Ainsi, seuls 8% des acheteurs du prix Goncourt 2012 ont lu le livre jusqu'au bout.

Arrêtons de lire!

 Loin de nous désoler de l'apparent déclin de la lecture, nous devons nous en réjouir.
Car, qu'on se le dise, la lecture est bien plus un vice qu'une vertu. Vous avez l'impudence d'en douter? C'est bien la preuve que le lobby des libraires et des professeurs de Français a finement œuvré, distillant subrepticement son poison depuis des décennies. Examinons rapidement quelques éléments qui devraient vous convaincre.

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Lire est dangereux

 
 Tout comme l'acide sulfurique, les livres sont à manier avec précaution, ou mieux encore à ne jamais toucher. En effet, en plus du risque de vous couper sévèrement avec les pages, vous encourrez une myopie sévère. On ne compte pas les lecteurs ayant perdu la vue par leur vice. Goethe, Schiller, Hugo, Rousseau, Flaubert, Verlaine et Sartre (tous grands lecteurs) sont devenus myopes comme des taupes. Cette mauvaise vision est si prégnante chez la lie de l'humanité (les écrivains-lecteurs) que cela transparaît jusque dans leur style. Gracq divise ainsi cette abominable bande d'ectoplasmes congénitaux en deux catégories: les myopes et les presbytes. Ne parlons pas de ceux que la lecture a rendus carrément aveugles ou à la limite de la cécité, comme Homère, William Prescott, John Milton, Mme Du Deffand, l'abbé Mugnier, Nietzsche et Borges.

Enfin, lire détruit vos nuits. Proust, pour ne citer que lui, plongé sans cesse dans ses lectures, avait des poches si visibles sous les yeux que tous ses contemporains s'attardent sur ce détail. Cocteau moque ainsi ses "yeux cernés de bistre".

Lire rend laid

 
 On l'a vu, lire rend insomniaque et myope, deux caractéristiques ennemies de la beauté. Mais le véritable danger est la calvitie. Quand nos professeurs de philosophie nous disent "s'arracher les cheveux sur Kant", ce n'est pas qu'au sens figuré. Presque tous les grands lecteurs finissent chauves : Hume (qui cachait cela en mettant un ridicule morceau de tissu sur son crâne lustré), Kipling, Flaubert, Max Jacob, Mauriac, Michel Foucault, Lilian Thuram, Erik Orsenna...

Même avant d'avoir perdu leur vue et leurs cheveux, la plupart des lecteurs sont affreusement laids. Le dramaturge Gaspard Abeille était si repoussant que les enfants qui le voyaient se mettaient instantanément à pleurer. Le poète Leopardi, petit, bossu et aveugle, entendait lorsqu'il était petit ses parents prier Dieu pour qu'il meure, afin qu'ils n'aient pas à l'élever plus longtemps. On peut néanmoins les comprendre. Quand l'écrivain August von Platen le rencontra pour la première fois, il nota entre autres gentillesses que son visage "était horrible à voir". Et que dire de Sartre? Le philosophe était à la beauté ce que McDonald's et Charles X sont à la restauration. Un jour, assis dans un café avec Camus, il "voit" deux jeunes filles les aborder. Camus les séduit directement tandis que Sartre évoque Platon, Aristote, Pascal, Descartes... Intrigué, Camus lui demande pourquoi il se donne tant de peine. Le philosophe lui répond: "T'as vu ma gueule?"

Lire est économiquement aberrant

 
 Force est de constater que lire coûte extrêmement cher. Nous ne parlerons pas de Tomas Alexander Hartmann, l'hurluberlu qui a mis en vente un livre de 13 pages rédigé en trente ans (notre ami est un rapide) pour la modique somme de 153 millions d'euros. Ne faisons pas de publicité aux imposteurs, et revenons à notre sujet.

Au XVIIIe siècle, un in-12 (l'équivalent de nos livres de poche) coûte le quart du salaire mensuel d'un domestique. Est-ce si différent aujourd'hui ? Un Citadelles & Mazenod vaut la bagatelle de 200 euros. Mais, me direz-vous, les livres de poche sont beaucoup plus abordables que les Mazenod. Faux!

Supposons que vous lisiez 10 livres par an, sachant qu'un livre coûte en moyenne 17 euros. Sur une durée de 84 ans, cela représente 14.280 euros, soit le prix d'un beau voyage.

Si, au lieu de mettre cet argent sous votre oreiller, vous l'aviez sagement placé au taux de 5%, cela nous donne pour une vie l'équivalent de 201.423, 62 euros

Au coût réel du livre, il convient de plus d'ajouter un coût d'opportunité. Eh oui, car au lieu de lire, on pourrait travailler. Lire l'intégralité de La Comédie humaine (137 livres, 20 millions de mots) prend 420 heures, soit 12 semaines de 35 heures. Au coût du smic, cela représente la somme de 3960,60 euros.

Quand diable les gouvernements comprendront-ils que la cause du marasme économique actuel n'est pas Goldman Sachs mais Maurice Sachs et toute son abominable clique de littérateurs? Pour endiguer la crise, prohibons les livres. Soit dit en passant, quand Goebbels a commencé à organiser des autodafés, le chômage a été divisé par quatre en Allemagne.

Lire rend fou

 
 Puisque la littérature coupe du monde et nous enferme dans un univers parallèle, il n'est pas étonnant qu'elle rende fou. Zelda Fitzgerald et Antonin Artaud finissent leur vie dans un asile. Gottlob Burmann, poète allemand, est allergique à la lettre r. Il refuse non seulement de l'utiliser dans sa poésie, mais aussi dans sa conversation de tous les jours. Les dix-sept dernières années de sa vie, il cesse même de prononcer son nom, celui-ci contenant la fatidique lettre. Un autre poète, plus connu cette fois puisqu'il s'agit de Gérard de Nerval, se promène dans Paris avec un homard tenu au bout d'une laisse constituée d'un ruban bleu. Son ami Théophile Gautier veut le faire soigner. Nerval s'en offusque: "En quoi un homard est-il plus ridicule qu'un chien, qu'un chat, qu'une gazelle, qu'un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre? J'ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas..." Le meilleur reste William S. Burroughs. Ce dingue tue sa femme en 1951 d'une balle de revolver dans la tête après une soirée un peu arrosée. Il avait voulu jouer à Guillaume Tell.

Bien souvent, ce n'est pas tant la vie que l'œuvre des "pisseurs d'encre", pour reprendre l'heureuse expression de Frédéric Guillaume Ier de Prusse (l'un des seuls rois à avoir eu le génie de bannir tous les écrivains de chez lui), qui leur fait mériter le nom de "fous littéraires". Natalis Flaugergues tente ainsi de démontrer que Rodez est le centre du monde et que Joseph d'Arimathie a déposé le Saint-Graal à Saint-Affrique, dans l'Aveyron. Claude-Charles Pierquin de Gembloux, auteur de plus de cent cinquante livres traitant d'archéologie, de numismatique, de médecine, d'histoire, d'art, de littérature, d'hygiène et de poésie, écrit un dictionnaire français-ouistiti pour dialoguer avec les singes. L'ouvrage a beau se vouloir scientifique, il contient des morceaux d'anthologie: "GHRÎÎÎ: venir. IROUAH-GNO: j'ai une douleur morale affreuse, sauvez-moi, épargnez-la moi. IROUAHHI: douleur violente et morale allant jusqu'au désespoir. KOUIC: être contrarié, être vexé, être gêné."

Un monde sans livres

 Les raisons sus-évoquées ne représentent que quelques gouttes dans un océan. Plus de renseignements peuvent être trouvés ici.

Œuvrons pour un monde meilleur où les livres seront réduits à leur seul intérêt: écraser les moustiques et caler les tables.

Avertissement: afin de lever toute ambiguïté, et de contenir l'avalanche de commentaires haineux qui ne manquerait pas d'éclater, ce texte est à prendre comme les brûlures: au second degré.

 

 

 

 

 

 

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BURKINA: » J’ai enterré Sankara «

C’est la première fois que quelqu’un affirme avoir vu le corps de Sankara et les conditions de son inhumation. Pour l’instant, il tient quand même à garder l’anonymat parce que, explique-t-il, sur les vingt trois personnes qui ont enterré les suppliciés du 15 Octobre, il n’en reste plus que quatre qui vivent encore. Notre interlocuteur ne tient pas pour l’instant à se faire connaître, mais les détails qu’il donne sur l’enterrement autorisent qu’on ait foi à ses dires. Et puis cette personne n’est pas n’importe qui aujourd’hui. Voici le récit tel qu’il nous l’a livré.

" J’ai enterré Sankara " </p> <p>C’est la première fois que quelqu’un affirme avoir vu le corps de Sankara et les conditions de son inhumation. Pour l’instant, il tient quand même à garder l’anonymat parce que, explique-t-il, sur les vingt trois personnes qui ont enterré les suppliciés du 15 Octobre, il n’en reste plus que quatre qui vivent encore. Notre interlocuteur ne tient pas pour l’instant à se faire connaître, mais les détails qu’il donne sur l’enterrement autorisent qu’on ait foi à ses dires. Et puis cette personne n’est pas n’importe qui aujourd’hui. Voici le récit tel qu’il nous l’a livré.</p> <p>"J’étais à l’époque détenu à la MACO. Le soir du 15 Octobre, alors que j’étais responsable des prisonniers, on me demande de désigner 20 prisonniers pour une corvée extérieure. Je demande à mon adjoint de désigner 19 prisonniers et avec moi, cela devait faire 20. Le sergent-chef régisseur à l’époque de la Maco nous embarque avec sa Vêlera et nous conduit au Conseil. Nous avions l’habitude de nous y rendre pour faire les corvées. Ce jour-là ; sans qu’on ne nous dise clairement ce que nous devions faire, on nous commande d’aller chercher des pèles et des pioches. Après quoi, nous empruntons la route de l’archevêché et à ce niveau justement, nous rencontrons les renforts qui arrivaient de Pô. J’ai eu la nette impression que les militaires qui étaient de faction ignoraient tout ce qui s’était passé à l’intérieur du Conseil. Certains nous demandaient subrepticement si le PF était parmi les cadavres ?</p> <p>Arrivé au cimetière, le régisseur nous demande de creuser une fosse commune. Je lui demande s’il n’est pas possible d’individualiser les tombes. Il s’énerve un instant et je ne sais pour quelle raison, il finit par accepter ma proposition. Nous lui demandons, pour combien de personnes ? Il nous répond une dizaine. Il nous dit de faire vite, parce qu’il ne tient pas à ce que le jour se lève nous trouver ici.</p> <p>Pour Sankara, je dois dire que sa tombe a été creusée avec beaucoup de respect. Tous les vingt que nous étions avons participé à creuser la tombe. Ce n’est pas une tombe, comme nous avons l’habitude de voir. C’était un puit profond. Mais pour les autres, je ne peux pas dire que les trous étaient vraiment profonds. Après ça, nous avons entrepris, avec l’aide du régisseur, d’identifier les corps à la lumière des phares des deux Vêlera militaires. J’ai pu ainsi voir le corps de Sankara. Cette image me restera toute la vie. Son corps était intact. Le fait qu’il ait porté un survêtement de sport rouge empêchait de voir le sang. Je pense qu’il a été touché au niveau de la poitrine. Thomas avait les poings fermés, même lorsque l’un de ceux qui ont creusé la tombe a enlevé son alliance. Il avait le visage gai et impassible, comme s’il voulait transmettre un message. Celui du combat. Et à jamais, j’aurai toujours cette image en tête."</p> <p>Notre témoin affirme qu’il connaît le prisonnier qui a ôté l’alliance de Sankara et ses basquets. Cette alliance a été par la suite rachetée par Mohamed Diawara, un des responsables de la CEAO qui avait été jugé et condamné pour malversation à Ouagadougou, sous l’insistance du même Sankara, alors qu’il était président en exercice de l’institution et cela contre le gré de nombre de ses collègues présidents de la sous-région dont Houphouët Boigny. Diawara est justement de nationalité ivoirienne et puis un autre, de nationalité sénégalaise celui-là, Moussa NGom. Diawara aurait donc racheté cette alliance. De l’avis de notre confident, le pouvoir aurait tout fait pour récupérer cette alliance. Cependant, une autre source affirme que Diawara aurait remis l’alliance au président Diouf qui l’aurait à son tour remis à Mariam Sankara. Celle-ci ne confirme pas.</p> <p>Ramata Soré » width= »279″ height= »395″ /></p></div> </div> </div> </div> </div> <div> <div class=

« J’étais à l’époque détenu à la MACO. Le soir du 15 Octobre, alors que j’étais responsable des prisonniers, on me demande de désigner 20 prisonniers pour une corvée extérieure. Je demande à mon adjoint de désigner 19 prisonniers et avec moi, cela devait faire 20. Le sergent-chef régisseur à l’époque de la Maco nous embarque avec sa Vêlera et nous conduit au Conseil. Nous avions l’habitude de nous y rendre pour faire les corvées. Ce jour-là ; sans qu’on ne nous dise clairement ce que nous devions faire, on nous commande d’aller chercher des pèles et des pioches. Après quoi, nous empruntons la route de l’archevêché et à ce niveau justement, nous rencontrons les renforts qui arrivaient de Pô. J’ai eu la nette impression que les militaires qui étaient de faction ignoraient tout ce qui s’était passé à l’intérieur du Conseil. Certains nous demandaient subrepticement si le PF était parmi les cadavres ?

Arrivé au cimetière, le régisseur nous demande de creuser une fosse commune. Je lui demande s’il n’est pas possible d’individualiser les tombes. Il s’énerve un instant et je ne sais pour quelle raison, il finit par accepter ma proposition. Nous lui demandons, pour combien de personnes ? Il nous répond une dizaine. Il nous dit de faire vite, parce qu’il ne tient pas à ce que le jour se lève nous trouver ici.

Pour Sankara, je dois dire que sa tombe a été creusée avec beaucoup de respect. Tous les vingt que nous étions avons participé à creuser la tombe. Ce n’est pas une tombe, comme nous avons l’habitude de voir. C’était un puit profond. Mais pour les autres, je ne peux pas dire que les trous étaient vraiment profonds. Après ça, nous avons entrepris, avec l’aide du régisseur, d’identifier les corps à la lumière des phares des deux Vêlera militaires. J’ai pu ainsi voir le corps de Sankara. Cette image me restera toute la vie. Son corps était intact. Le fait qu’il ait porté un survêtement de sport rouge empêchait de voir le sang. Je pense qu’il a été touché au niveau de la poitrine. Thomas avait les poings fermés, même lorsque l’un de ceux qui ont creusé la tombe a enlevé son alliance. Il avait le visage gai et impassible, comme s’il voulait transmettre un message. Celui du combat. Et à jamais, j’aurai toujours cette image en tête. »

Notre témoin affirme qu’il connaît le prisonnier qui a ôté l’alliance de Sankara et ses basquets. Cette alliance a été par la suite rachetée par Mohamed Diawara, un des responsables de la CEAO qui avait été jugé et condamné pour malversation à Ouagadougou, sous l’insistance du même Sankara, alors qu’il était président en exercice de l’institution et cela contre le gré de nombre de ses collègues présidents de la sous-région dont Houphouët Boigny. Diawara est justement de nationalité ivoirienne et puis un autre, de nationalité sénégalaise celui-là, Moussa NGom. Diawara aurait donc racheté cette alliance. De l’avis de notre confident, le pouvoir aurait tout fait pour récupérer cette alliance. Cependant, une autre source affirme que Diawara aurait remis l’alliance au président Diouf qui l’aurait à son tour remis à Mariam Sankara. Celle-ci ne confirme pas.

Ramata Soré

Mort de Manitas de Plata: le grand guitariste gitan est décédé à l'âge de 93 ans

Le guitariste de génie Manitas de Plata, l'homme "aux petites mains d'argent", est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 93 ans, a révélé ce 6 novembre la radio France Bleu Hérault. Il s'est éteint dans une maison de retraite à Montpellier, a ensuite confirmé sa fille Françoise à l'Agence France-Presse.

Manitas de Plata, l'un des plus importants vendeurs de disques de l'histoire en France, avait été placé en maison de retraite en août et il est décédé entouré de ses proches, a précisé la même source. Fumeur invétéré, Ricardo Baliardo, né le 7 août 1921 à Sète dans une caravane, avait déjà subi une opération sérieuse des artères en 2013. Il est considéré comme l'un des plus grands guitaristes du XXe siècle.

Hufftington

 

 

Ibro Diabaté s’insurge contre le traitement fait aux hommes de culture

 

 

 

Longtemps resté sans se produire sous les projecteurs des podiums guinéens, le génie des foules, Ibro Diabaté a fait une brusque apparition en public le vendredi 31 octobre. C’était à la faveur d’une conférence de presse donnée par la Génération pour l’unité et la relance de la Guinée pilotée par l’ancien ministre de la Culture Fodéba Isto Keira.

A l’entame de sa communication, Ibro Diabaté a tout d’abord donné le mobile de la prolifération de l’alcoolisme et autres vices qui minent la société guinéenne, notamment sa couche juvénile. « Il n’y a plus de loisirs, plus de quinzaines, plus de festivités, plus d’inter-comités. Alors, comment voulez-vous que les jeunes ne s’enfoncent pas dans les milieux alcooliques ou aller dans les lieux de drogués ? », s’est interrogé l’enfant de Djakhankékounda.

Poursuivant, il a porté un regard plutôt critique sur la situation de la musique jouée dans son pays actuellement en comparaison avec  celle qui était jouée il y a quelques temps.

« Avant que nous on ne chante, dans l’orchestration, il y avait des censures. On censurait les morceaux avant de les jouer publiquement. Mais maintenant, on peut insulter ta sœur dans une chanson, insulter ta maman, et tout le monde danse dans la cacophonie », a déploré l’artiste.

Aussi, Ibro Diabaté qui dit avoir été ambassadeur de la culture au temps du général Sékouba Konaté, se déchaine contre certaines pratiques peu orthodoxes dont il est victime de la part du convalescent (sic, ndlr) ministre de la Culture et du patrimoine historique.

« Avec mes droits les plus absolus, ça me fait pitié en tant qu’artiste diplomate nommé par Isto au temps de Sékouba lorsque je viens pour un ordre de mission au département de la Culture, Tidiane Cissé ou quoi là, il me dit d’aller voir aux Affaires étrangères. Arrivé là-bas, on me dit d’aller voir le ministère de la Santé. Mais est-ce que c’est cela,  Art et Culture ? Est-ce que c’est comme ça que ça doit se passer ? Non », s’indigne-t-il, avant de dresser la situation de « détresse » dans laquelle se trouverait le Bureau guinéen des droits d’auteurs.

« Aujourd’hui, quand tu rentres dans les bureaux du BGDA, tu as pitié : il n’y a que 3 ventilateurs, 16 bureaux dans une chambrette », a-t-il conclu.

Mady Bangoura pour VisionGuinee.Info