Guinea falls down faced with Ebola! (Saïdou Nour Bokoum)

Things fall apart ("Le monde s'effondre", Chinua Achebe) 

Prologue

How come?

How can you, Fall?

Such income!

That flat tone!

Si j’étais Baye Fall

Ou l’orpheline Rafara

Perdue une nuit féline :

O Rastafari !

Ou l’oiseau Vovondréo

Voum Roo !

Sauve-moi de Trimob

Le voilà le monstre Ebola

Ou adepte de Percival

Fidèle du régime ital

Et du Négus

Qui dit niet aux Ritals

Qui n’eurent que miettes

Nous laissant Parcelles

Ou à Barbès tricotant des liquettes de fripes

Ou à « Little Senegal »

En taximaître

Livrant barquette de frites

Climax

Pourquoi pas Sarcelles..

Si ce n’était que Fall seulement qui mord la poussière en Guinée, ou plutôt en France. Depuis le 28 août Fall et Son Excellence Amara, s’ils ont reçu de vagues promesses qu’Air France n’arrêtera pas ses vols, ils n’auront pas celle des passagers de cette compagnie qui ont près de 50 % renoncé à aller s’exposer à la fièvre hémorragique en Guinée. Si ce n’était que cela. Tinto traîne le pied pour le démarrage de Simandou Sud, et les 45000 emplois – ce fut un des interludes préférés de la R-PDG – promis, iront remplir les caniveaux du gouverneur, surtout que ce dernier après 10 heures de tchatche devant le tribunal, n’en a pas fini avec « Les morts sans sépulture » de Rogbanè, dont les bourreaux nous brouillent les méninges qui ne sont pas seulement ceux que l’on croit dans les murs ou ex cathedra pour ne pas dire en cavale en Papouasie..

En clair, les drames de Taouya, Rogbanè, c’est le gouverneur, c’est le Gouvernement, ce sont les familles, les promoteurs de spectacles, les prometteurs du 7ème ciel à des mineurs qui n’ont pas l’âge de voter, à commencer par ceux qui promettent de changer le « changement » sans rien changer en eux-mêmes depuis qu’ils ont goûté eux-mêmes aux « affaires » ! Les amnésiques !

 La panne ne frappe pas seulement EDG ou DEG. Youppou et Wantchin ! Car on devrait écrire pour faire simple, Eau de Guinée, Electricité de Guinée

Voilà, certains sont plus égaux que d’autres.

L’abondance pour toi

L’inondation pour moi

La lumière pour vous

Les ténèbres pour nous

Quand la mort frappe

C’est toi, c’est moi !

Dit le satrape

Donc, revenons à nos moutons.

D’ailleurs ce n’est pas Sam Walsh le patron de Tinto ? Eh bien moi de ma Kaaba imaginaire je l’avais vu à ce fameux forum où il était venu annoncer plutôt la mauvaise nouvelle à Alpha fissa : on ne pourra rien faire avant 2020. Les blagueurs ont dit 2018-2020. Je maintiens et Ebola ne me contredira pas : pas avant qu’Ebola ne foute le Camp Boiro dans les poubelles de l’Histoire.

On oublie tout et on recommence !

De fait, la Guinée est en Grève. Je ne parle pas de la journée sans marcher ou sans marches ou marchés. Je parle de l’administration. Ils sont à 60% en grève, les cols blancs, enfin avec la poussière de Kaloum, la blancheur, même les Baptous, bronzés ou non.. A « la Jeunesse » (ministère, veut dire mon informateur), ils sont fâchés que Sékou Ping-pong ait été évacué et remplacé par cette dame dont le nom importe peu : elle s’occupera du juteux FONIJ, boîte à sous destinés à acheter la conscience des jeunes, bon, ils appellent cela fond d’insertion des jeunes. Insertion à quoi ? A la production ? Bof, l’important est qu’ils s’insèrent dans les mamayas arc-en-ciel, avec tam-tam et arc-en-bouche pincés dans une gamme équiheptatonique, celle qui sied le mieux à la musique mandingue. La gamme pentatonique encore en faveur chez les jumeaux bamanas, à l’origine des cousins de Fergusson, mais Kurukan Foué c’est pour nous seulement, « Angbasan ». L’autre poumon, c’est Konaré qui l’a dit, c’est pour cela qu’il ne sera pas président à vie..

Donc au ministère de l’urbanisme, on est fâchés, même chose au ministère qui s’occupe de réduire par un décret les 122000 diaspourris à zéro, puisque dans leur dos, un "Col presque blanc", a concocté un décret pour qu’ils convoquent une AG constituante ! Un décret qui convoque une AG qui convoquera une Ag qui.. Bref, nous étions 5 000 000, la moitié de la Guinée, on fut 122 000 pour leurs élections, Opposition et Mouvance main dans la main, maintenant, après avoir fait assassinés près de soixante jeunes qui ne sont pas du tout des sans papiers des bords de Seine, du Potomac (c’est à Washington), mais des damnés de la Bande de Gaza, ceux qu’on a gazés à Conakry, pas ceux qu’on tue avec des Patriots  (missiles et ou anti-missiles américains ?), donc au ministère de la culture, le ministre est aux abonnés absents, son petit camarade de cinquante ans, Souleymane Kotèba qui tout seul était la Culture en francophonie, une des personnes ressource de premier plan dudit ministère vient de dire merde à Ebola ; que feront Amirou Conté et Jean-Baptiste Williams de ce qui reste des 20 milliards qui ne sont toujours pas disponibles sinon sur papier ? Et c'est partout la même galère, dans tous les départements ministériels y compris celui des Finances, Les cols "blancs" n'ont pas reçu un kopek du pseudo-stalinien qui a perdu les clés du guichet inique volées par les pilotes du coucou bourré de doys cap sur "Sun Sea Sex". Les fonctionnaires ne répondent pas à un mot d'ordre syndical, mais ils sont en crève, jamais grévistes,crevards certes; donc ils passent le temps à se tourner les crevettes, à se craquer les doigts, comme devant "la maman", entendez la belle mère, à ne pas confondre avec "biro an" (ma mère), rasante cette dernière, quand elle débarque du bled, "la vielle", cette colle lui va mieux..

A mou danguima, disait crânement Papa Koy – tiens rien qu’une coïncidence, ce neveu bilogique de Souleymane Kotèba ! -, se plaignant de Phiraouna passé aux mines. Nous y revoilà. Je parle de la triste mine que fait le fonctionnaire qui ne peut plus aller au boulot : pneus brûlés, cailloux anti « para-brise » comme dit le col blanc guinéen; donc quand l’ex « bandikon » de l’ex chroniqueur Cissé du Lynx arrive au tuff en rasant les trottoirs dès 6 heures du matin, il repart à Gaza à 11 heures.

Ajoutons à cela la campagne agricole qui s’annonce fichue, dixit la ministre – Sultan ? – Pour cause d’Ebola.

Nous n’oublierons pas le tir de barrage des ex PM.

Cellou a déclaré la guerre et bat le rappel des brigades du Kakandé.

Sidya dit que de son temps, on ne convoyait pas des billets de banque, à moins d’avoir des intentions délictueuses. Pensez, 85 millions de $ au lieu des 4 milliards, quelque 9 millions, misérables euros en débandade qui n'ont servi à rien dans cette balade de Fall  en Holaland pour dissuader ces anars d'hôteess d'Air France d'aller en grève

A bas Ebola !

C'est mal connaître la vie d'un virus

Il vit plus longtemps qu'un mandat de nos roitelets !

On en aurait trouvé un veillant sur Toutankhamon..

 Le petit douanier sénégalais ne savait pas que le Sénégal n’est pas le seul aéroport où les milliards de CFA peuvent s’envoler pour des joueurs de Casino à Dubaï, parce que rien ne différencie la Bourse de là-bas des salles de jeux du Sahara, qui est aussi un bordel de luxe de Las Vegas : blanchiment d’argent, Hasan Ismaik d’Arabtec a beau jeu de dire qu’il gagne de l’argent ailleurs, la réputation est là : les Emirates, c’est tout un : Sun, Sea, Sex d’abord. Dubaï a bien failli plonger comme ce jeudi noir en 1929 à Chicago.. le monde a failli finir avant l’arrivée de l’Antéchrist annoncé en 2020.

Nous revoilà avec Sam Walsh, Tinto, les mines et les sales gueules des cols blancs guinéens.

Ne soyez pas tristes.

Alpha, un mort, un cadavre a marché 25 km, ovationné par le peuplement d’un cimetière !

Les morts ne sont pas morts

Ils sont en Guinée

Quand l’orphelin s’endort

Allez donc au premier étage du bâtiment qui abrite les prédateurs du ministère de la Fonction publique. De là-haut, on voit le gazon de la Présidence, Sékoumachinya. Sec, froissé, pulvérisé par des nuées d'insectes . On se croirait à Gnagassola, un des villages natals (heï Molière !) d’Alpha, en Haute Guinée. On dirait un champ de mil traversé par des bœufs venus de Somalie. On me dira que c’est du gazon synthétique ? Impossible. L’hévéa des travaux forcés ne peut pas nous faire ça ! C’est clair, Alpha s’en fiche. Il peut aller à Carthage, sur les pas de Caton, en sorbonnard, se remémorer :

« Delenda Carthago, il faut détruire Carthage !

Et voila Ebola c’est pas la fin du monde

500 ébolards, c’est 300 gueulards en moins

Que dit le dernier ex PM ?

Dites-nous sans nemnem

Ce n’est pas la fin d’Ebola qui fait souci

C’est qui sera debout quand il partira

Qui « il » Excellence ?

Ebola ou..

Vous verrez bien

Quand tout sera cadavéré

Ciao, ex Zao

Restons-en là

Moi aussi j’ai fini pour moua

Wa Salam,

Saïdou Nour Bokoum

www.nouvellerepublique

NB : non relu pour cause de trou maculaire, rien à voir avec une rage de dents..

 

 

Boesman et Léna

Avignon 2014 Sylvie Pérault

 

Corps, costumes et territoires

Les 20 et 22 Juillet 2014, le laboratoire SeFeA organisait son Université d'été des Théâtres d'Outre-Mer en Avignon : Poétiques de marronnage : de nouveaux territoires de création.
Dans ce cadre, Sylvie Pérault proposait une réflexion sur la symbolique du costume dans la pièce Boesman et Léna d'Athol Fugard mis en scène par Philippe Adrien.

Avant la voix, avant le regard, avant le geste, c'est le corps du comédien qui interpelle nos regards et nos sens. Corps en scène, territoire délimité qui marque l'espace réel et l'espace poétique de ce qui va surgir devant nous et être raconté. Dans ce moment suspendu où l'incarnation va s'effectuer, le costume de scène constitue une écriture que nous déchiffrons sans peine et qui associée au jeu, accouche le personnage sous nos yeux de spectateurs- maïeuticiens. Le costume définit alors d'autres territoires : celui réel du corps vivant et celui imaginaire du personnage. La pièce Boesman et Léna(1) permet de comprendre de quelle façon le costume de scène agit sur nos propres réceptions et se constitue intercesseur idéal pour entrer dans le temps de la représentation.
 

" Une recherche permanente sur fond d'espoir et de désespoir "(2)


 Boesman et Léna est une pièce écrite par le sud-africain Athol Fugard, adaptée et mise en scène par Philippe Adrien. L'histoire se situe au temps de l'apartheid, ironie du sort : les comédiens et protagonistes sont noirs, l'auteur et le metteur en scène sont blancs. Mais le malheur, lui, n'a pas de couleur, pas de territoire particulier ni d'espace - temps délimités, au travers de cette histoire qui nous est contée, c'est n'importe quel couple et n'importe quel homme solitaire qui sont désignés. C'est aussi, expliquent les comédiens Nathalie Vairac, Christian Julien (ou Filip Calodat) et Tadié Tuéné, une possible allégorie des conséquences du Mondial 2014 au Brésil: 8000 familles pauvres déplacées pour l'obtention des terrains destinés aux stades, déplacements obtenus dans la brutalité et qui provoquent 400 morts, oubliés en faveur de l'attente d'un moment festif, loin de l'image d'Épinal qui accompagne l'évocation de ce pays.

Écrire et mettre en scène c'est aussi se révolter, dépasser l'impuissance que l'on ressent tous face aux tentes de fortune que l'on voit aux abords du périphérique parisien ou de la frontière métropole -banlieues, jouer c'est aussi s'engager. La grande pauvreté, l'errance et la violence qu'elle engendre appartiennent à une histoire universelle, malheureusement encore actuelle.
 
Le corps est un territoire qui s'exprime

De Boesman et Léna, on distingue d'abord les corps : corps courbés, corps fourbus, corps en fuite à la poursuite d'un rêve de liberté mais enfermés dans l'apartheid. Ces corps qui plient vers le sol évoquent l'effort des origines imposées aux noirs ainsi que l'obéissance des pauvres et des moins que rien. La cassure qui signale déjà la perte de l'humanité et l'oubli de l'homme debout, l'obéissance feinte, le dos et le séant qui prennent les coups, la reculade pour se protéger un tant soit peu.

Ce que nous voyons et qui déjà nous parle, c'est le corps du comédien intercesseur, qui en quelques instants sert de décor et déjà raconte. Et le personnage apparaît, avant que Léna ne pleure, avant que Léna ne crie. Un long cri inhumain qui met en son ce qui avait déjà été perçu, ceux-là sont entre deux mondes, entre l'homme et la bête. Il ne faudrait pas grand-chose pour qu'ils oublient leur humanité. Comme tous les Sans Domicile Fixe du monde, ils portent leur maison sur eux : chacun un sac qui courbe davantage les corps et qui montre que ces corps n'ont pas d'âge.

Le corps est donc un territoire qui s'exprime. C‘est alors que le costume de scène entre en jeu, égal d'une écriture car il est visible tout en enveloppant le corps-territoire, partie d'un tout car il témoigne d'une pratique scénique particulière. Le costume de scène est un terme générique - car il tient compte de tous les accessoires qui le composent et constituent parfois des extensions corporelles, ici la maison de fortune portée par l'un et par l'autre. Bien qu'étant artéfact, c'est lui qui amène par sa dramaturgie une perception nouvelle et propre à chaque spectateur.
Léna et Boesman : nég' libres ou nég marrons ? 

Les deux à la fois sans doute, car dans le dédale de leur souffrance, sans cesse ils reviennent au même endroit. C'est une histoire de maison. Que dire ? De bicoque, de cabane-planches détruite, malgré la vie de ses résidents, dans le but d'assainir. Comme si ceux qui habitaient-là n'étaient pas des êtres humains mais des nuisibles à repousser et à détruire aussi.

Alors dans la souffrance et l'impensable, il faut s'organiser, reconstruire, rêver en se cachant pour survivre. Couple chaotique qui cherche sa terre promise car le rêve permet de rester en vie et organise la survie. En fait, l'homme est content de la cabane détruite car cela lui donne le courage de partir et le choc de la destruction engendre une mince lueur d'espoir. La femme est dans un autre rêve, celui du foyer solide et dans cette misère qui écrabouille, dans la souffrance, il faut s'organiser à partir de rien.
 
Elle qui ne voulait pas partir est habillée dans des couleurs terre. La terre d'où elle vient et où elle aurait voulu rester, des dégradés de marrons différents. Ses chaussures sont percées, femme sans âge elle porte pourtant quelques éléments de coquetterie qui nous parlent d'un possible passé ou d'un possible futur : une grande fleur rouge posée là comme le faisait Billie Holiday, des restes de dentelles au décolleté, une mitaine abîmée en crochet qui nous rappelle que cette pauvresse a pu être désirable un jour. Elle porte la cuisine sur son dos, elle devient aussi la terre-mère nourricière car c'est elle qui partage lorsqu'un vieil homme noir les rejoint la nuit. Parce que la misère unit jusqu'au désespoir. Elle est Hottentote.

Lui est en vert et gris comme un militaire. Son costume et ses chaussures sont solides. Il porte à la fois la chambre sur son dos et l'espoir d'un ailleurs qui serait meilleur. Il est prêt à lutter et à se battre pour son rêve. D'où ces couleurs, même si pour l'instant, il ne sait que fuir et frapper Léna. Il a encore l'illusion de pouvoir y arriver, si seulement Léna ne criait pas sans cesse. Il est probablement bushmen, un homme des buissons et de la forêt d'où son nom.
 
Le troisième enfin est un vieux papa, un vieux si vieux qu'il peut à peine se déplacer, un moins que rien qui va pourtant rendre son humanité à Léna. Comme le chien qu'elle avait apprivoisé, qui la regardait et l'attendait. Pourtant, il parle un langage différent, peut-être est-il étranger, en tout cas, il a la peau noire comme eux. Outta est encore plus pauvre qu'eux. Ses vêtements sont élimés et déchirés, il n'a pas de chaussures.
 
" Au théâtre, il faut savoir être mal mis et superbement habillé"(3)

"Au théâtre, il faut savoir être mal mis et superbement habillé" disait Zola lors de l'adaptation de L'Assommoir au théâtre. Le vieil homme noir a le corps courbé mais lui tremble de peur, de manque d'alcool ou de vieillesse , on ne sait pas. Il a l'hébétude de ceux qui se sont perdus dans leur propre vie. C'est un kaffir, un noir des origines. Mais Boesman n'en veut pas ! Se voit-il plus tard ? Léna partage parce qu'elle est la vie et la conscience, mais peut-on réellement marronner si on a conscience ? Même près d'une rivière pourrie, possible Styx de leur histoire délabrée, peut-on refaire le monde même momentanément ?
 
Dans la misère aussi, il y a des hiérarchies. Peu à peu, le corps de Léna se redresse et celle qui a partagé l'eau avec l'homme-esprit ose dire non. Elle ose symboliquement dire " je suis d'ici et j'y reste , je ne pars pas plus loin ", héroïne grandiose et sans âge dans son accoutrement de pauvresse au théâtre, au théâtre où " la pauvreté aussi doit être belle "(4) disait Bertold Brecht à propos de sa pièce Mère courage. Ici, Léna qui cristallise la pauvreté et l'exclusion du fait d'être noire, femme sans travail et sans logis, est superbe ; l'espoir n'a pourtant pas sa place à ce moment-là et cette déstructuration s'exprime aussi par la déstructuration des apparences, costumes de scène compris.

C'est le spectateur qui décide selon ses connaissances et sa culture. Le point de vue pessimiste entend la fin, la mort, le retour à la terre d'où l'on vient tandis que le point de vue optimiste espère les retrouvailles, l'accord de Boesman et Léna lesquels marquent le chemin vers la fin de l'apartheid, la fin possible de l'exclusion quel que soit le territoire. 
 
(1) Boesman et Léna, d'Athol Fugard, Traduction Isabelle Famchon, Adaptation et mise en scène Philippe Adrien, Avec Nathalie Vairac, Filip Calodat ou Christian Julien, Tadié Tuene à la Chapelle du Verbe Incarné.
(2) Cf. Programme de salle.
(3) Zola Émile, L'assommoir au théâtre, 1881 www.cerpcos.com, textes fondateurs.
(4) Brecht Bertold, " la création de costumes pour Mère courage " in Petit organon pour le théâtre.

Le laboratoire SeFeA remercie la Commission Culture du Conseil Régional de la Guadeloupe qui a soutenu le projet, ainsi que La Chapelle Du Verbe Incarné, Le Théâtres des Halles, le Village du Off et leurs équipes pour leur accueil et leur disponibilité. Un grand merci pour leur accompagnement et leur confiance à Fely Kacy-Bambuck, Thérèse Marianne-Pépin, Manuella Moutou, Lorette Paume, Greg Germain, Marie-Pierre Bousquet, Alain Timár, Christophe Galent, Olivier Barlet et

Annick Pasquet.

Africultures

 

Dada Masilo

Le cadeau ultime de Doris Lessing au Zimbabwe

 

 

 

La romancière britannique Doris Lessing à Londres, le 30 janvier 2008.

Plus de 3 000 livres appartenant à Doris Lessing, prix Nobel de littérature en 2007, ont été légués à la plus grosse bibliothèque de la ville d'Harare, au Zimbabwe. La famille de la romancière britannique a annoncé le transfert prochain de ces ouvrages, qui sera effectué par l'ONG Book Aid International. L'écrivaine, disparue en novembre 2013 à l'âge de 94 ans, était propriétaire d'une « merveilleuse variété de livres de référence, essais, documents, romans, poésie, biographies et livres d'histoire », selon l'équipe de l'ONG. Une collection dans laquelle figurent notamment Au pays, de Tahar Ben Jelloun (Gallimard, 2009), ou encore La Mort intime, de Marie de Hennezel (Laffont, 1995).

Le maire d'Harare, Bernard Manyenyeni, a manifesté son contentement par voie de presse : « Cela nous réchauffe le cœur de savoir que Doris Lessing, par ce geste magnifique, témoigne de son amour pour notre pays par-delà la mort », a-t-il déclaré.

ENFANCE AFRICAINE

Ce legs vient sans doute clore une histoire longue et compliquée entre Doris Lessing et le Zimbabwe. L'auteure du Carnet d'or (publié chez Albin Michel en 1976, prix Médicis du roman étranger la même année), y avait passé ses jeunes années, de 1925 à 1949, alors que le pays, à l'époque colonie britannique, s'appelait encore la Rhodésie du Sud. Il est d'ailleurs le théâtre de son premier roman, en 1950, Vaincue par la brousse (édité en France chez Flammarion en 2007). Doris Lessing y retourne en 1956, mais sera interdite de séjour pour avoir critiqué le régime.

En 1982, elle est de nouveau autorisée à s'y rendre ; elle consignera ses observations dans Rires d'Afrique : Voyages au Zimbabwe, paru en France en 1993 (Albin Michel). En 2002, lors du Festival de littérature d'Edimbourg, la romancière, à l'époque âgée de 82 ans, avait, avec sa franchise légendaire, vivement critiqué le régime de Robert Mugabe : « Ce qui se passe au Zimbabwe est terrible », avait-elle déclaré, affirmant que la plupart des gens, dans le pays, estimaient que le dictateur zimbabwéen était « fou ».

Doris Lessing, auteure de plus de soixante ouvrages, était très sensible au manque d'ouvrages disponibles dans les écoles et les bibliothèques du Zimbabwe. Elle avait longuement abordé la question lors de son discours de réception du prix Nobel de littérature. Un texte où elle évoque des souvenirs de son voyage du début des années 1980, faisant part de sa tristesse à la vision de ces écoles démunies : « Il n'y a pas d'atlas, pas de globe terrestre, pas de manuels scolaires, pas de cahiers ni de stylos-billes ; la bibliothèque ne contient pas le genre de livres qu'aimeraient lire les élèves, seulement des ouvrages de rebut des bibliothèques des Blancs », écrit-elle, ajoutant : « Afin d'écrire, afin de s'engager en littérature, il doit exister une relation intime avec les bibliothèques, les livres, avec la Tradition. »

Chaque année, Book Aid International envoie plus de 50 000 livres au Zimbabwe, ce qui représente, selon l'ONG, près de 80 % du fonds des bibliothèques, écoles et universités du pays.

 

Richard Attenborough, acteur et réalisateur britannique, est mort à l'âge de 90 ans

 

 
 
Richard Attenborough en 2008.

Richard Attenborough, acteur et réalisateur britannique, est mort dimanche 24 août à l'âge de 90 ans des suites d'une longue maladie. « Son jeu dans Brighton Rock était brillant, sa mise en scène de Gandhi était étonnante. Richard Attenborough était l'un des grands du cinéma », a réagi le premier ministre britannique David Cameron après l'annonce du décès.

Né le 29 août 1923 à Cambridge, Richard Attenborough a mené une carrière d'acteur exceptionnellement longue, après avoir suivi des cours d'art dramatique à l'Académie royale de Londres.

En 1943 il s'engageait dans le service cinématographique de la Royal Air Force, avant d'enchaîner, dans les cinquante années qui suivent, les rôles dans de nombreuses productions, avec une préférence pour les fresques historiques et les destins hors du commun.

Il a notamment figuré dans le casting de La Grande Evasion en 1963. Les plus jeunes se souviendront de lui pour son rôle du docteur Hammond dans Jurassic Park de Steven Spielberg.

HUIT OSCARS

Mais Attenborough est également connu pour ses prestigieuses réalisations, souvent anti-conformistes et sarcastiques. Son premier film Ah Dieu! que la guerre est jolie, (1969) pacifiste et ironique, avait fait scandale, sur un sujet si sensible.

En 1972, il réalisait un portrait de Winston Churchill, Young Churchill. En 1976, Un point trop loin traite aussi de la guerre, avec de nombreux acteurs célèbres comme Sean Connery. Cette même année, il est également anobli.

Mais sa grande oeuvre reste Gandhi, sorti en 1982, film qui lui a valu huit Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur acteur. En 1992, il sort un film consacrée à une autre figure mondiale, Chaplin.

Le Monde