La romancière sud-africaine Nadine Gordimer est morte: relisez son hommage à Mandela et son discours de remise du Nobel

Nadine Gordimer, en 1986, dans un township près de Johannesburg. REUTERS.

La romancière sud-africaine Nadine Gordimer est morte, dimanche 13 juillet à Johannesburg, à l'âge de 90 ans. Son décès a été annoncé lundi par sa famille dans un communiqué transmis par le cabinet d'avocats Edward Nathan Sonnerbergs, indique l'AFP.

«Ses plus grandes fiertés n'était pas seulement d'avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1991, mais aussi d'avoir témoigné [à un procès] en 1986, contribuant à sauver la vie de 22 membres de l'ANC, tous accusés de trahison», affirme le communiqué. Comme l'explique l'AFP, «elle laisse quinze romans (La fille de Burger, Histoire de mon fils, Personne pour m'accompagner...) et de nombreuses nouvelles (L'Etreinte d'un soldat, Quelque chose là bas...), dont certains ont été interdits sous l'apartheid».

Il est notamment possible de relire en ligne un des derniers textes qu'elle ait écrit, pour le New Yorker, son hommage à Nelson Mandela, en décembre dernier, au moment de la mort de l'ancien président sud-africain:

«Avoir vécu à la même époque et dans le même pays que Nelson Rolihlahla Mandela a été une chance et un privilège pour tous les Sud-Africains. [...] Même quand il n'y avait pas de nouvelles publiques de son état, ou d'indications de ce qu'il devait penser ou prévoir pour poursuivre la lutte pour mettre fin à l'apartheid, il nous restait les déclarations, les discours qu'il avait prononcés quand il était encore présent parmi nous. Pour un esprit comme le sien, "quatre murs ne font pas une prison": l'apartheid ne pouvait être le geôlier de son esprit.»

Ainsi que le discours qu'elle avait prononcé en 1991 pour la remise du prix Nobel. Dans ce texte tissé de références (Borges, Barthes, Lévi-Strauss, Burgess...), elle rendait notamment hommage aux écrivains sud-africains emprisonnés sous l'apartheid ainsi qu'à Salman Rushdie, victime d'une fatwa lancée trois ans plus tôt après la publication de son roman Les Versets sataniques. Extraits:

«L'écriture est toujours et simultanément une exploration de soi et du monde, de l'existence individuelle et collective.»

«En ce qui me concerne, j'ai déjà dit que rien de ce que je dis ou écris de factuel ne sera aussi sincère que ma fiction. [...] Je suis ce qu'on appelle, je suppose, un écrivain-né. Je n'ai pas décidé de le devenir. Je ne m'attendais pas, au début, à gagner ma vie en étant lue. J'écrivais, étant enfant, pour le plaisir d'appréhender la vie à travers mes sens [...]

«L'écrivain ne rend service à l'humanité que tant qu'il utilise le Verbe même contre ses propres loyautés; croit que l'existence, telle qu'elle lui est révélée, peut se dresser quelque part, ses filaments complexes de vérité attachés ensembles, ça et là, par l'art; croit que l'existence peut produire quelque part des fragments exprimés avec vérité, le Verbe entre tous, jamais altéré par nos efforts malhabiles pour le formuler et le coucher par écrit, jamais modifié par des mensonges, des sophismes, par des mots salis dans un but raciste, sexiste, de préjugés ou de domination, de glorification de la destruction, d'hymnes ou de malédictions.»

Repéré par Jean-Marie Pottier

 

Le Nigeria en fête pour les 80 ans de Wole Soyinka, prix Nobel de littérature

Le prix Nobel nigérian de littérature, Wole Soyinka, premier noir africain à avoir obtenu la prestigieuse récompense pour son oeuvre, a célébré dimanche ses 80 ans, un anniversaire marqué par diverses manifestations littéraires et culturelles à travers le pays.

Romancier, poète, metteur en scène, acteur, dramaturge et militant, cette figure très populaire qui a consacré sa vie à son art et à la défense de la démocratie, a reçu de nombreux hommages, ralliant admirateurs et anciens adversaires.

A la veille de son anniversaire, le président Goodluck Jonathan l'a félicité pour "son dévouement de toute une vie à mettre son génie et ses talents reconnus au service non seulement de son art mais aussi de la démocratie, de la bonne gouvernance et du respect des droits de l'homme au Nigeria, en Afrique et au-delà".

- Accolade avec l'ancien dictateur -

Son aura a même poussé son adversaire, l'ancien dictateur, le général Yakubu Gowon, qui l'avait emprisonné pendant deux ans pendant la guerre du Biafra de 1967-1970, a interrompre une visite au Ghana pour participer vendredi à une conférence organisée à Abeokuta, la ville natale de l'écrivain dans le sud-ouest du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique.

A l'arrivée du général dans la salle de conférence, l'ancien détenu --qui paraissait bien plus jeune que son âge --, s'est prestement levé pour lui donner l'accolade, suscitant une cascade d'applaudissements.

"Je suis venu à Abeokuta pour honorer cet homme si particulier", a indiqué le général Gowon qui s'en était pris à l'écrivain soupçonné de soutenir son rival durant la crise de 1967 qui avait conduit à la guerre civile et ses près d'un million de morts.

Durant 80 jours, autant de jours qu'il a vécu d'années, le lauréat du Nobel de 1986 a été au centre de dizaines de conférences, expositions et manifestations littéraires au Nigeria dont il a combattu les régimes militaires et critiqué les dirigeants corrompus et incapables.

Ces festivités devaient connaître leur point d'orgue lundi dans sa maison isolée d'Abeokuta avec la représentation d'une de ses pièces.

Originaire du pays yoruba (ouest du Nigeria), Wole Soyinka est né le 13 juillet à Abeokuta. Après des études supérieures en Angleterre et un séjour au Royal Court Theatre de Londres, il retourne au pays où il fonde sa propre troupe, "Masks".

Créateur d'un véritable théâtre africain, il se révèle dans une quinzaine de pièces, comme "Les épreuves du frère Jéro" (1964), satire de la situation politique et du fanatisme religieux au Nigeria.

Indissociable de son oeuvre fortement enracinée dans la culture de son pays, l'engagement militant de Wole Soyinka se radicalise dès 1965, date à laquelle il est accusé d'avoir diffusé à la radio un enregistrement invitant à la révolte contre le "féodalisme et le totalitarisme".

Pendant la guerre civile nigériane, l'écrivain, qui se rend en "territoire rebelle", comme était désignée la province séparatiste du Biafra, est emprisonné de 1967 à 1969, expérience qui lui inspire "Cet homme est mort" (1972). Libéré, il enseigne le théâtre à Ibadan, puis la littérature comparée à Ife, dans le sud-ouest du Nigeria.

- 'Un don de Dieu' -

Dans "Le roi Baabu", inspirée d'"Ubu roi" du Français Alfred Jarry et sa première pièce à être présentée dans son pays après son exil, Wole Soyinka dénonce les tyrans du monde et en particulier du continent africain.

"Soyinka, est un géant de la littérature, c'est un don de Dieu au Nigeria, en particulier, et à l'Afrique et au monde, en général. Son style est sans pareil", a affirmé à l'AFP le critique littéraire Dare Ademola.

Pour Chima Anyadike, directeur du département d'anglais de l'université d'Obafemi Awolowo, où l'auteur a enseigné en dernier, "Soyinka est un grand écrivain de notre temps".

Wole Soyinka a vécu en exil entre 1994 et 1998, quittant clandestinement son pays, sous le régime du général Sani Abacha, dans la foulée des mouvements de contestation contre le pouvoir militaire.

Chasseur, connaisseur de vins et attaché à son intimité, il ne s'est pas pour autant éloigné des questions qui touchent son pays avec l'âge. En janvier 2012, il avait participé à des manifestations contre le président Jonathan, après une hausse des prix de carburant.

AFP

Picabia et Breton, duo scandaleux de l'après-guerre

 

 Francis Picabia "Sans titre", projet de couverture pour Littérature (1922-1924).

Littérature est une revue qui a vécu de 1919 à 1924, fondée par Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault. Le premier numéro paraît en février 1919 et Paul Eluard rejoint le trio peu après. C'est le temps de Dada, en Europe et à New York. En janvier 1920, Tristan Tzara arrive à Paris. Désaccords, déceptions, projets qui n'aboutissent pas, disputes qui s'aigrissent : après trois numéros, en 1922, Breton prend la direction de Littérature avec Soupault, qui la quitte très vite, parce qu'il ne peut s'entendre avec un troisième homme, Francis Picabia.

Or Picabia est alors, plus qu'aucun autre artiste, plus que Duchamp ou Picasso, celui dont Breton est le plus proche. Désormais, les couvertures de la revue lui sont confiées et il est libre d'y publier poèmes et écrits, du numéro 4 du 1er septembre 1922 au numéro 13 de juin 1924, le dernier.

DÉBORDEMENTS PHALLIQUES

"Man Ray : autoportrait au volant de la voiture de Picabia", (vers 1921).

Ces éléments sont dans toutes les histoires de Dada et du surréalisme, qui naît quand Littérature disparaît. Ce que l'on ignorait à l'inverse jusqu'en 2008, c'est que les dessins originaux de Picabia pour les couvertures avaient été conservés par Breton et qu'avaient été aussi préservées 17 compositions de la main du peintre, non publiées dans la revue. Le mécénat de Sanofi a permis au Centre Pompidou de les acquérir et de monter, autour de cet ensemble, une exposition jubilatoire.

Son principe et son architecture sont simples : un espace distinct pour chaque numéro, les dessins, la confrontation entre eux et leurs versions imprimées. S'y ajoutent la grande toile de Picabia Dresseur d'animaux, Les Amoureux, de Pablo Picasso, quelques Max Ernst et une suite de portraits photographiques des protagonistes par l'un d'entre eux, Man Ray. Certains tirages sont célèbres : André Breton, Paul Eluard, Robert Desnos ou René Crevel. Marcel Duchamp est là aussi, trois fois : une en Marcel Duchamp, deux en Rrose Sélavy.

Il y a plusieurs manières de visiter l'exposition. La minutieuse exige que l'on s'arrête devant chaque œuvre prise séparément et comprise dans son contexte intellectuel, ses sous-entendus. Pourquoi, par exemple, les dessins de Robert Desnos méritent-ils d'être observés ? Parce qu'ils renvoient à la question délicate et controversée de l'automatisme et de la perte de contrôle du créateur sur sa création. Après l'écriture automatique, le dessin automatique ? La possibilité même d'une telle pratique, où l'inconscient tiendrait la plume, est l'un des enjeux majeurs du surréalisme et la question est posée dès 1922, deux ans avant le Manifeste.

 Francis Picabia "Sans titre" : couverture de Littérature, nouvelle série, n°4, 1er septembre 1922.

LE SACRÉ-CŒUR OU DES DAMES NUES

Une autre façon de procéder, tout aussi légitime, est de se soucier moins de l'ordre chronologique des numéros et de la chronique des empathies et antipathies entre collaborateurs. Elle invite à circuler, à danser, presque, d'un dessin à une photo, d'un texte à une mise en page. L'inventivité graphique et langagière de Picabia est prodigieuse. Sa dextérité lui permet de dessiner ce qu'il veut, comme il veut, un singe velu, un poulet à la broche, le Sacré-Cœur ou des dames nues – pas toutes à leur avantage.

La raillerie est dans les formes, les mots, les relations entre figures et légendes. Les couvertures non publiées – on sait tout de suite pourquoi elles ne pouvaient pas l'être – poussent le grotesque, le sacrilège, l'obscène et le dérisoire jusqu'à l'extrême. Breton ayant la réputation d'un homme peu enclin à la blague salace, on imagine combien certains débordements phalliques de son démoniaque ami ont pu le surprendre – c'est une litote.

IMPOSSIBLE DE NE PAS RIRE

Et on mesure aussi combien Littérature va à rebours de l'époque, combien elle ne peut que scandaliser la France de l'après-guerre, hébétée de grandiloquence patriotique. Pour que la revue se risque aussi loin dans la parodie et l'insulte, pour qu'elle ose attaquer les grands hommes de la République, Maurice Barrès et Anatole France, il faut que la fureur ou le désespoir soient féroces.

Devant les couvertures de Littérature, les projets déchaînés de Picabia, ses phrases assassines ou celles, sauvagement méprisantes, de Breton, il est impossible de ne pas rire – et il le faut. Mais sans oublier que leur rire était celui d'artistes qui se sentaient prisonniers d'un monde inhumain.


Man Ray, Picabia et la revue « Littérature » Centre Pompidou, Paris 4e. www.centrepompidou.fr. Du mercredi au lundi de 11 heures à 21 heures. De 11 € à 13 €. Jusqu'au 8 septembre.

Philippe Dagen Journaliste au Monde

Elections à Guédiawaye : Enfin, un élu qui tient sa promesse !

 

A Guédiawaye, un département de Dakar (Sénégal), situé dans la presqu’île du Cap-Vert, vient de se dérouler une des élections les plus palpitantes qui soient.

Il aurait pu faire bon vivre dans cette localité, avec ses plages et ses constructions pittoresque, si elle n’était abandonnée à la « décrépitude » : cela à cause de l’incapacité patente de ses administrateurs et de ses différents élus.

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Cet environnement pourtant a donné naissance à des sensibilités exceptionnelles, telles le « photodidacte » Boubacar Touré Mandémory, le poète Mamadou Seyba Traoré qui y vivent au quotidien et continuent de s’investir, artistiquement et intellectuellement pour un meilleur devenir de Guédiawaye.

Guédiawaye est aussi le lieu de naissance de joueurs de football tels : Tony Mario Sylva, Diafra Sakho, …

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Ma Ville Guédiawaye !

Celle que nous vivons.

Celle qui nous a vu grandir.

Et celle que nous aimons

Par Boubacar Touré Mandémory

enfin un élu qui tient sa promesse

Regards sur la Ville

Toutes les fenêtres n’ouvrent pas sur un ailleurs édénique. Certaines fenêtres projettent la promiscuité misérable du dedans sur l’impasse qui bute sur une forteresse hideuse bouchant définitivement l’horizon ! Quel rêve est-il permis d’entretenir dans un huis clos enserré entre quatre murs lépreux – encombrés de hardes, de cancrelats et de grosses mouches – qui embastillent la lumière du jour ?

Par Mamadou Seyba Traoré

Boubacar Touré Mandémory, à travers ses magnifiques prises de vue, nous donne à rêver de ce qu’aurait pu être Guédiawaye : une ville hollywoodienne attirant cinéastes et touristes. Ici, le « combat » est de tous les jours, culturel, et là, il est ponctuel et sauvagement politique.

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Les élections locales

Les élections locales, organisées dans toutes les municipalités du Sénégal, étaient les bienvenues à Guédiawaye, devenue une « poubelle« . En la circonstance, il n’y avait point pénurie d’enjeux et d’arguments électoraux. Aussi, les populations, les associations, les partis politiques et prétendants au siège municipal, se sont attelé à bien préparer le terrain pour les « combats » imminents.

Coup de Théâtre

Tout semblait bien en ordre de bataille, car les acteurs de la politique locale étaient bien connus. Après moults conciliabules et tractations, coup de théâtre : Le populaire Malick Gakou que « bon nombre d’observateurs voyaient (… comme) le futur maire de Guédiawaye, et un potentiel candidat pour la Présidentielle de 2017« , ne figure sur aucune des listes à Guédiawaye.  » En plein meeting d’un de ses responsables, El Hadji Malick Gakou a appelé à l’unité et au soutien de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) conduite par Aliou Sall. »

En termes plus clairs, Malick Gakou s’est désisté au profit d’Aliou Sall. Ce dernier, inconnu au bataillon, fut alors considéré comme « le cheveu dans la soupe ». Pour Malal Talla, Aliou Sall «ne peut pas habiter Fatick et vouloir postuler pour diriger la mairie de Guédiawaye. Il n’a jamais voté à Guédiawaye, donc il ne peut pas être maire de Guédiawaye. Ce n’est pas parce que son frère est président de la République (Macky Sall) qu’il peut se permettre de distribuer des sous un peu partout, de gauche à droite, pour acheter les populations de Guédiawaye (…) Etre responsable, ce n’est pas être sous couvert de son grand frère de président. L’argent qu’il distribue appartient aux Sénégalais. Nous n’accepterons pas cela. »

Et pourtant, malgré les nombreuses protestations et les volontés affichées de ne pas se laisser faire, les élections se sont déroulées normalement. A la grande surprise de tous ceux qui s’attendaient de la part de l’électorat, à une sévère sanction contre le candidat « inconnu », les résultats officiels ont annoncé Aliou Sall comme vainqueur de ces élections à Guédiawaye.

Nouvelle vague d’indignations. Malick Faye , par le biais d’une vidéo postée sur youtube, dénonce : « Elections locales 2014 Achat de consciences à Guédiawaye« . Les uns crient à la tricherie, au transfert d’électeurs, les autres, à la corruption… Bon Dieu que s’est-il passé ? En réponse à cette interrogation, mon frère et ami, Boubacar Touré Mandémory, publie dans la page du groupe « Clic & Déclic », un article éclairant : Aliou Sall à Guédiawaye, des votes achetés à 500.000 FCFA !

C’est que Monsieur Aliou Sall, ce candidat inattendu, est un homme d’expérience, futé et aussi pragmatique que « Bouki l’hyène ». Car il sait que « courte queue » se paye avec « courte queue« . Cette phrase que connaissent de nombreux Africains, est issue du conte de « Bouki (l’hyène) et la vieille fermière » dans le livre écrit par L. Senghor & A. Sadji : LA BELLE HISTOIRE DE LEUK-LE-LIEVRE. La phrase : « courte queue » se paye avec « courte queue« , signifie la parité, l’identité parfaite entre deux éléments de même nature. Ici, dans notre contexte, les éléments sont : Bulletin de vote (papier) contre Billet de banque (papier). La principale stratégie électorale de Monsieur Aliou Sall, fut d’avoir rencontré toutes les associations de jeunes, et les associations de femmes, pour donner à chacune d’elles un bon de 500.000 Francs CFA, avec la promesse que ce bon serait valide et encaissable à toutes les banques au cas où il serait élu.

Il le fut.

» A Guédiawaye, tout le monde commente la belle victoire d’Aliou Sall.« (…) « Dans les quartiers, les femmes et les jeunes qui ont déjà encaissé leur chèque racontent leur histoire« . C’est cocasse.

Bravo et félicitations à Monsieur Aliou Sall qui mérite non seulement sa victoire, mais aussi des applaudissements de notre part, car, voici enfin, un élu qui tient sa promesse !

A suivre…

Titre du prochain article : GUÉDIAWAYE, LE PIÈGE DU PAPIER

Morytraore.com

Abidjan, Côte d’Ivoire.

Là où il existe paraît-il un dieu du fooball, Dieu existe, les humiliés n'étaient pas sur le terrain..

OU L'autre visage de la coupe du monde

Le rêve d'une sixième étoile pour la Seleçao brésilienne s'est déchiré le mardi 8 juillet et le Brésil a vite retrouvé ses réalités. La Coupe du monde aura coûté des milliards au pays, sans que les Brésiliens ne voient de changements positifs dans leur quotidien : les inégalités scandaleuses demeurent, l'expression de toute contestation est violemment réprimée… C'est pour montrer cet “autre visage de la Coupe du monde” qu'un collectif de photographes venus du monde entier s'est constitué, le Warld Cup. Leur travail, dont est extrait ce portfolio, sera exposé à côté du Stade Maracanã de Rio, dimanche, jour de finale, et sur la place Saens Peña, lieu de rencontre des manifestants ce même jour. En espérant voyager ensuite dans d'autres pays.

  1. © Pedro Chavedar (Brésil)

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    Au Brésil, football et manifestations ne sont pas incompatibles.

  2. © Gabriela Batista (Brésil)

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    Match de football dans une favela.

  3. © Thomas Belet (France)

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    En mars 2013, la police intervient dans la favela de Rocinha, à Rio de Janeiro, plus grande favela d'Amérique du Sud.

  4. © Alice Martins (Brésil)

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    Dans la favela do Moinho à Saõ Paulo.

  5. © Coletivo Tem Morador (Brésil)

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    Mangueira, à quelques encablures du stade Maracanã à Rio. Un habitant resistait aux expropriations. Aujourd'hui, sa maison n'est plus.

  6. © Bruno Gonzalez (Brésil)

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    Répression policière un jour de manifestation.

  7. © Daniel Marenco (Brésil)

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    Dans une communidade, l'autre nom des favelas.

  8. © Allessandro Falco (Italie)

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    Dans une favela un jour de match de la Seleçao, même les chiens portent le maillot aux couleurs du Brésil.

  9. © Daniel Marenco (Brésil)

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  10. © David Bert Joris Dhert (Belgique)

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    Sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro. Une famille vit sur cette plage, derrière les barrières installée par la Fifa pour retransmettre les matchs sur écran géant.

  11. © Dinho Moreira-Z.U.M.B.I. (Brésil)

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    Octobre 2013, aux abords du stade Maracanã. Une ronde improvisée six mois après que les Indiens furent expulsés du bâtiment qu'ils occupaient depuis plus de dix ans.

  12. © Elsa Burguière (France)

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    Dimanche 15 juin 2014. Manifestation à côté du Maracanã le jour du match Argentine-Bosnie. Ce jour-là il y a plus de policiers que de manifestants.

  13. © Felipe Paiva / RUA Foto Coletivo (Brésil)

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    Le football dès le plus jeune âge.

  14. © Rodrigo Zaim / RUA Foto Coletivo (Brésil)

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    Juin 2014. Soirée foot dans la rue. Le Brésil vient de marquer un but.

  15. © Frederick Bernas (Royaume Uni-USA)

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    Sur l'écran télé, Thiago Silva, le capitaine de la Seleçao brésilienne.

  16. © Sebastian Gil Miranda (Argentine-France)

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    12 juin 2014. Dans le métro de Saõ Paulo avant le match d'ouverture du mondial entre le Brésil et la Croatie.

  17. © Steef Fleur (Pays-Bas)

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    4 juillet 2014. Thiago, 16 ans, un trafiquant de la zone nord de Rio de Janeiro pose pendant le quart de finale entre le Brésil et la Colombie. Thiago est entré dans un gang à l'âge de 10 ans.

  18. © Sebastian Gil Miranda (Argentine-France)

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    28 juin 2014. Dans la Favela d'Allemao, pendant le match entre le Brésil et le Chili.

  19. © Tercio Teixeira / RUA Foto Coletivo (Brésil)

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    Intervention des troupes d'élite lors d'une pacification.

  20. © Thiago Dezan-Midia Ninja (Brésil)

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    Sur une plage de Rio de Janeiro, une manifestation originale (au Brésil, le nudisme est interdit).

  21. © Thomas Belet (France)

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    29 juin 2014. Après le mondial, Rio accueillera en 2016 les jeux olympiques. La favela de Vila Autodromo jouxte ce qui sera le futur village olympique. Chaque jour de nouvelles maisons sont détruites. Certains habitants acceptent les contreparties, d'autres tentent de résister.

  22. © Valda Nogueira (Brésil)

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    Les jours de match de l'équipe brésilienne, tout fut bon pour afficher les couleurs du pays.

  23. © M.A.F.I.A. (Argentine)

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    1er juillet 2014. Supporteurs devant le huitième de finale entre la Belgique et les Etats-Unis.

  24. © Rafael Vilela-Midia Ninja (Brésil)

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    Juin 2014. Un supporteur passe devant les forces de police un jour de match du Brésil.

  25. © Tercio Texeira (Brésil)

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    Sur la plage d'Ipanema. Au fond, le rocher des Deux frères.

    « Le Warld Cup est un projet collectif qui s'est constitué au tout début de la Coupe du monde, autour de Sebastian Gil Miranda, raconte Thomas Belet. Sebastian souhaitait réunir les travaux de photographes venus d'un peu partout pour montrer « l'autre côté de la Coupe du monde » et dénoncer l'impact social du mondial au Brésil. Dinho Moreira, Elsa Burguière, et moi-même l'avons vite rejoint. Puis nous avons créé un site, une page Facebook et proposé à nos différents contacts de participer à ce projet. Chaque photographe devait nous envoyer cinq photos maximum qui rentraient selon lui dans le thème abordé. Il s'agit plutôt d'une œuvre collective que d'un collectif de photographes à proprement parler. »

    Retrouver leur site ici

    SOURCE : MEDIAPART