Avignon intranquille, à l'heure du lever de rideau

 

Le suspense est levé, mais pas encore le rideau. Ainsi pourrait-on résumer l'intense et paradoxale journée du mardi 1er juillet, à trois jours de l'ouverture du Festival d'Avignon, vendredi 4 juillet : le personnel du « In », réuni dans un collectif, s'est prononcé à 80 % en faveur du maintien de la manifestation, assorti d'actions et de prises de parole. « On va jouer en militant », indique un porte-parole du collectif, lequel rassemble des salariés permanents, des intermittents, des vacataires, la direction du Festival, etc. Mais nul ne sait si cette décision sera, ou non, suivie sur le terrain, durant les trois semaines du Festival, qui doit se terminer le 27 juillet. Comme aime à le dire le nouveau directeur du « In », le metteur en scène Olivier Py, « un lever de rideau est toujours une victoire, mais il n'est jamais sûr ». Par ailleurs, le collectif d'Avignon doit encore se prononcer sur la journée d'ouverture du 4 juillet, alors que la CGT-Spectacle a appelé à une grève massive.

UNE FORTE PARTICIPATION

Les résultats du scrutin ont été dévoilés à la FabricA, à Monclar, un quartier populaire d'Avignon. Vers 12 h 30, face aux médias installés dans les gradins, une cinquantaine de membres du collectif sont arrivés dans le décor du spectacle d'Olivier Py Orlando ou l'impatience, programmé à partir du 5 juillet. Quelques porte-parole – qui tiennent à garder l'anonymat – ont analysé la situation.

Le vote a eu lieu lundi 30 juin, au théâtre Benoît-XII, et a connu une forte participation (309 votants sur 350). Le personnel devait choisir entre trois options et cocher sa préférence : un, la lutte passe-t-elle par une grève reconductible qui pourrait conduire à l'annulation du Festival ? A cette question, 13 % des votants ont répondu favorablement. Deux, faut-il au contraire maintenir le Festival, et en faire une tribune pour un autre modèle d'assurance-chômage ? Cette seconde voie a recueilli 80 % d'adhésion. Enfin, les votants pouvaient choisir « l'abstention », ce que 5 % d'entre eux ont fait. Il y a eu aussi deux bulletins nuls.

Le combat n'est pas fini : le collectif a redit sa « colère » à l'égard du gouvernement, lequel a agréé, le 26 juin, l'accord contesté du 22 mars sur l'assurance-chômage. Par ailleurs, ses porte-parole ont critiqué la concertation annoncée par le premier ministre, Manuel Valls, car elle vise à « refonder » seulement le régime des intermittents, alors que le collectif veut « inventer des droits pour l'emploi discontinu de tous », intérimaires, saisonniers, etc.

UN FESTIVAL « INTRANQUILLE ET VIGILANT »

La comédienne Anne Alvaro a trouvé la formule pour définir cette 68e édition : « Le Festival d'Avignon sera intranquille et vigilant », a-t-elle déclaré au Monde, mardi après-midi, avant de rejoindre la Cour d'honneur pour les répétitions du Prince de Hombourg, mis en scène par Giorgio Barberio Corsetti, qui doit ouvrir le Festival, le 4 juillet, à 22 heures.

« Le spectacle sera retransmis en direct sur France 2. Nous avons négocié un temps de parole de trois minutes avec la chaîne », annonce-t-elle. Il s'agit de continuer la lutte autrement, dit-elle : « Je reconnais le courage des artistes et techniciens du Printemps des comédiens, à Montpellier. Ils ont fait grève et sont partis au front en première ligne, comme dans Le Prince de Hombourg. Et nous, on tient la Place forte, qui serait la Cour d'honneur. »

Anne Alvaro est l'une des signataires d'une tribune intitulée « L'hypothèse d'Avignon », soutenue, pour l'instant, par 250 artistes et techniciens du « In » – les metteurs en scène Marie-José Malis, Pierre Meunier, Claude Régy, les chorégraphes Julie Nioche, Robyn Orlin, le régisseur lumière Ludovic Morel, etc. « Nous faisons l'hypothèse que ce mouvement est un commencement. Il a ouvert une séquence qui sera peut-être longue et laborieuse », écrivent-ils. « Nous allons à Avignon dans l'idée de jouer », mais cette idée « peut être discutée et elle le sera au gré des situations », admettent-ils, dans une tentative de concilier les différents points de vue.

VENUE, OU NON, DES MINISTRES

Car la division guette. La dernière assemblée générale, le 30 juin, à l'issue du vote, a été difficile. « Il y a des artistes qui veulent jouer à tout prix, c'est difficilement tenable », soutient un participant. Le collectif estime que ses décisions prises en AG, au fil du Festival, « seront souveraines ». Mais quid d'une équipe, à rebours du collectif, qui voudrait annuler une représentation ? « Un salarié peut exercer individuellement son droit de grève, comme à Montpellier Danse. Et son employeur ne peut pas le remplacer poste pour poste », rappelle Guigou Chenevier, musicien et porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d'Avignon. « Il faudra que les gens s'écoutent. La division, c'est le piège qui nous est tendu », prévient Samuel Churin, de la CIP Ile-de-France.

Enfin, le collectif d'Avignon va devoir trancher la question sensible de la venue, ou non, des ministres. Ceux-ci, en effet, ont été déclarés persona non grata dans les festivals d'été : leur présence à un spectacle entraînera l'annulation de ce dernier, a prévenu la CIP. Comme elle l'a indiqué au Monde, mardi soir, la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti, ne sera pas à Avignon le 4 juillet, le jour de l'ouverture, mais elle viendra « plus tard ».

« Casseurs » : le mot malheureux d'Olivier Py

C'est un mot malheureux que lâche Olivier Py dans un reportage de Canal+, diffusé dans l'émission « Le Supplément », le 29 juin. On suit le patron du Festival d'Avignon, sous un ciel pluvieux, alors que le mouvement des intermittents plane comme une menace. A la sixième minute, il est question du festival Montpellier Danse, et de l'annulation de la représentation d'Angelin Preljocaj, le 22 juin, à la suite de l'occupation du plateau par environ 250 personnes. « Ce ne sont pas des intermittents, mais des casseurs », déplore Olivier Py.

« Un mouvement unitaire n'est pas une bande de casseurs ! », a réagi, dans une lettre ouverte, Paul-Marie Plaideau, porte-parole de la Coordination des intermittents et précaires de Montpellier, qui a participé à l'action du 22 juin. Le metteur en scène Dag Jeanneret, présent lui aussi, témoigne qu'il y avait ce soir-là « beaucoup de danseurs, des comédiens, des musiciens, des éclairagistes… »

Olivier Py reconnaît que « ce mot n'a pas été bien choisi ». « Je voulais dire qu'il ne faut pas briser un certain fonctionnement démocratique », précise-t-il, évoquant le vote majoritaire du personnel de Montpellier Danse, le 22 juin, contre la grève.

Clarisse Fabre

Le Monde

 

 

 

 

 

 

 

 

A Avignon, mardi 1er juillet, les intermittents annoncent que le Festival aura lieu, mais que des actions pourront se produire.

 

Jacques Toubon se découvre grand sage

 

Devoir de témoignage

 

Sans préjuger de la pertinence du contenu de cet excellent papier de Médiapart, je me souviens de mon ami, le regretté Sidy Lamine Diarra, poète malien mort, en trinquant pour tous les « Harkis » du nord ou du sud de l’Algérie, je parle des derniers Hurons, les artistes noirs en France. Sidy, qui était un peu rentre dedans, têtu comme un Bamana ou un Breton, a pu avoir le contact de Lise Toubon et après un simple coup de fil, j’ai obtenu un « deux pièces » dans le 13ème d’où Toubon avait d’ailleurs été d’abord délogé comme député. Je sais, on me dira, s’il faut chaque fois un coup de fil pour loger toute la racaille, y compris ses intellos, Walls n’eût pu devenir premier ministre. Mais voilà, quand les « socialistes » ont conquis la mairie du 13ème, j’ai proposé mes services à titre bénévole, pour faire rentrer les têtes (petits junkies qui squattaient çà et là, et ma foi pas très bien vus par « l’habitant »), qui avaient surtout le tort de déborder les figures géométriques notre République universelle et jacobine. Le maire m’a répondu 3 mois après, et j’ai été reçu au « pas de porte » par une adjointe, socialiste :

 

  • Oui Monsieur ? Ah oui, allez voir à côté la chargée des associations..

 

Elle ne m’avait pas donné l’occasion de poser mes fesses hottentotes quelque part.

 

D’ailleurs, on dirait que ces élus s’étaient donné le mot :

 

Au seuil du bureau de la.

 

  • Monsieur, nous n’avons plus de salle pour « vos activités.. ».

 

Pourtant, mon ami n’avait jamais voulu s’associer aux meetings de Toubon dans les troquets de la mixité où se bousculent « Nègres, chiens et Chinois », comme c’était écrit à la devanture de certains Bars d’Alabama en 1963 où je me m’étais rendu.

 

Et moi je n’ai jamais voulu assister aux meetings politiques de mes « amis socialistes » ou des autres enfoirés.

 

L’égalité, la mixité, la transparence, c’est d’abord le cœur, le reste n’est que mal de tête.

 

Ah oui, Jacques Toubon m’avait envoyé un carton émouvant au décès de mon épouse. On va me dire sans doute que tous les maires s’occupent de toutes les « affaires sociales » de leurs administrés. La différence, c’est que la plupart, toutes idéologies confondues, sont surtout vigilants et attentifs, quand il y en a qui les dispensent des quotas politiquement non socialistes, en crevant dans un trou de Métro qu’ils avaient eux-mêmes creusés jadis, il y a longtemps, vraiment longtemps de cela..

 

Foin de privautés, je vous laisse tout de même lire ce grand texte.

 

SN Bokoum

La meilleure défense, c’est l’attaque. Jacques Toubon, 73 ans, en politique madré, l’a bien compris. Candidat au poste de Défenseur des droits, un poste important qui regroupe la Haute autorité de lutte contre les discriminations, le médiateur de la République ou le défenseur des enfants, ce grognard du RPR a endossé lors de son audition par les députés le costume du grand sage républicain.

Auditionné ce mardi à l’Assemblée, l’ancien hussard du RPR proposé par François Hollande pour devenir Défenseur des droits a un peu battu sa coulpe. Des élus de gauche lui reprochent son parcours et ses votes passés ? Il « n’est pas l’homme que certains disent ». Aucun suspense : il sera bien désigné le 9 juillet.

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« Je ne suis pas l’homme que certains disent », a-t-il juré, à l’adresse d’élus de gauche souvent consternés à l'idée que François Hollande ait choisi une personnalité contestée pour ses engagements et ses votes passés. On saura le 9 juillet, après son audition devant le Sénat, si la nomination de Jacques Toubon est confirmée. Il n’y a guère de suspense : comme la Constitution l’exige, il faudrait trois cinquièmes de vote négatif dans les deux commissions des lois de l’Assemblée nationale et du Sénat pour que sa candidature soit rejetée. À moins que nombre d’élus de droite ne votent contre cette figure de la « Chiraquie » (hypothèse improbable), ce seuil est impossible à atteindre, ce qu’ont regretté des élus à gauche. 

 

Dès qu’il a pris la parole ce mercredi 2 juillet, Toubon s'est livré à une « mise au point sur des sujets » qui lui ont valu, dit-il, de « graves attaques publiques ». On l’a dit « illégitime et incompétent », à cause de ses votes contre la loi d’abolition de la peine de mort, la dépénalisation de l’homosexualité, le Pacs, ou encore la loi Gayssot pénalisant le négationnisme ? Il dénonce des « anachronismes intellectuels », évoque des « positions prises il y a plus de 20 ans dans un contexte social fort différent ». Il blâme les figures imposées de « la vie politique » qui « oblige à des propos partisans qui nous caricaturent et que l’on regrette ». « Ah bah, ça va alors ! » lance en soupirant la socialiste Sandrine Mazetier. 

« Je vais vous dire ma vérité », poursuit Toubon. L'ancien ministre RPR se dit « abolitionniste de raison et de cœur », favorable à l’égalité des droits pour les homosexuels. Il jure que s’être opposé au Pacs quand il était ministre de la justice au nom de « l’ordre public » n’avait « aucun caractère de jugement moral » – il affirmait pourtant alors que loin d'ouvrir des droits aux homosexuels, il « fallait favoriser les mariages et les naissances ».

Toubon admet toutefois une « erreur » : n’avoir pas exclu de l’amnistie les commandos anti-IVG quand il était ministre de la justice, une décision alors de sa seule responsabilité. Il revient aussi en quelques mots sur l'épisode de l’hélicoptère envoyé dans l’Himalaya, en 1996, pour récupérer le procureur de l’Essonne, Laurent Davenas, dont l’adjoint avait ouvert une enquête sur Xavière Tiberi. « Cette affaire incluait d’autres acteurs et je n’ai nullement entravé la justice, répond Toubon. Elle est fort commode pour occulter le fait que j’ai fait avancer le droit et les droits. » « Il me semble que vous n’avez pas été un homme libre quand vous avez envoyé cet hélicoptère », répond la socialiste Sandrine Mazetier. « Cet épisode met en doute votre capacité à exercer une déontologie inhérente à une responsabilité publique », ajoute Philippe Doucet. « J’ai répondu par avance à cette question, et j’ai répondu tel que je pensais devoir y répondre, c’est tout », répond Toubon, agacé. « C’est court ! » regrette Doucet. 

En revanche, Toubon s’étend sur son action au ministère de la culture. Il dit s’être « investi depuis dix ans dans les sujets liés à l’immigration ». Actuel président de la Cité de l’immigration, il rappelle avoir « pris position contre les tests ADN et pour le maintien du droit du sol ». « Mon combat n’a jamais cessé d’être pour les valeurs de tolérance et d’humanité contre le racisme », dit encore Toubon qui promet, s’il est nommé, de faire la « guerre à l’injustice ». « Bâtir une plus grande égalité des droits pour tous, ce sera mon projet », lance-t-il, avant de proposer de faire du « Défenseur des droits et de la promotion des droits une grande cause nationale en 2015 ». « Si vous m’accordez votre confiance, je saurai m’en montrer digne », promet-il, jurant de « prouver à ceux qui ne lui font pas confiance qu’ils ont eu tort ».

Sur plusieurs sujets de société directement liés au Défenseur des droits, Toubon dessine même une ligne éloignée des positions actuelles de l’UMP. Il explique être « pour le droit de vote des étrangers aux élections locales depuis longtemps » – c’est une promesse de François Hollande. Il promet aussi de « poursuivre et amplifier ce qui a été fait sur les contrôles d’identité » par son prédécesseur, Dominique Baudis, décédé en avril. Une allusion à la lutte contre les contrôles au faciès, autre engagement présidentiel pour l’instant oublié.

L’avortement ? « Il subsiste beaucoup d’obstacles réels à ce qui est aujourd’hui un droit », dit-il, promettant de le répéter « chaque fois que j’en aurai l’occasion, et plus souvent qu’à son tour (sic) ». Les enfants nés de mères porteuses à l’étranger qui n’ont pas d’état civil ? « On ne peut pas laisser ces questions pendantes », répond Toubon, qui plaide pour un « statut » dans « l’intérêt de l’enfant ». À l’issue de la séance, Philippe Gosselin, député UMP proche de la « Manif pour tous », ne cache pas son « étonnement ». « Il en a fait un peu beaucoup sur certains sujets », maugrée-t-il.

Face à cet habile plaidoyer pro domo, les députés de gauche adoptent des attitudes diverses. « L’idée de vous nommer Défenseur des droits vous a paru légitime, mais elle a surpris et heurté. Votre parcours politique ne plaide pas en faveur d’une telle fonction ! » insiste l’écologiste Sergio Coronado.

Les socialistes, eux, oscillent entre bienveillance, agacement et ironie. Patrick Mennucci salue une « explication sensible et sincère ». « À vous entendre, nous aurions pu mener ensemble de nombreux combats ! » s’amuse Cécile Untermaier (PS). « Vous repeignez un certain nombre de prises de position passées, relève Laurence Dumont. J’ai des préventions fortes : je sais quel homme public vous avez été. » 

« Votre passé politique, votre passif s’est imprimé chez la militante politique de gauche que je suis, ajoute sa collègue Élisabeth Pochon. Je m’interroge sur la légitimité que vous pourriez avoir à ce poste. Pourquoi restez-vous candidat, alors que l’accueil qui vous est fait est hostile ? » Une pétition contre sa nomination réunit près de 100 000 signatures.

« Vous êtes un vrai animal politique et vous avez réussi ce grand oral à front renversé, salue Yann Galut, auteur d’une lettre aux parlementaires PS contre la nomination de Toubon. Mais ne pensez-vous pas qu’à partir d’un certain âge, on a le droit de se reposer ? », référence à l’âge avancé du candidat. Toubon répond en bottant en touche, avec une citation d’un opéra de Monteverdi (Le Couronnement de Poppée), sans lien évident avec la question.

« C’est une opération de communication, il nous a dit ce que nous voulions entendre ! C’est de l’enfumage ! » regrette Marie-Anne Chapdelaine à la sortie. Matthias Fekl, lui, estime toujours que « trop de choses problématiques dans le parcours de Monsieur Toubon l’empêchent d’être défenseur des droits », d’où son vote hostile. Il salue tout de même un « discours de droite républicaine qu’on n’entend plus beaucoup à l’UMP ». « Les chiraquiens seront les derniers des hollandais », conclut-il en riant. 

Après les députés, le Sénat votera le 9 juillet sur la nomination de Jacques Toubon. De même que sur celle d’Adeline Hazan, ancienne maire socialiste de Reims battue aux municipales, recasée au poste de contrôleuse générale des lieux de privations de liberté. Sauf énorme surprise, Toubon, improbable choix présidentiel, sera bien le futur Défenseur des droits. 

Mathieu Magnaudeix

Médiapart

Côte d'Ivoire : Houphouët-Boigny, bataille familiale autour d'un héritage

Les obsèques en 1994. Henri Konan Bédié, son épouse Henriette (à g.) et Marie-Thérèse.Les obsèques en 1994. Henri Konan Bédié, son épouse Henriette (à g.) et Marie-Thérèse. © Laurent GIRAUDINEAU pour J.A.

C'est l'histoire d'un héritage fabuleux, estimé à près de 100 millions d'euros, autour duquel des membres de la famille de l'ancien président ivoirien continuent de se déchirer. Quitte à contester les dispositions prises par le "Vieux". Enquête.

Deux décennies se sont écoulées depuis la disparition de Félix Houphouët-Boigny, et son héritage, sans doute le plus formidable de ce dernier demi-siècle au sud du Sahara avec celui d'Omar Bongo Ondimba (lui aussi non encore soldé), alimente toujours les fantasmes et les polémiques.

>> À lire aussi : vingt ans après, Félix Houphouët-Boigny en partage

Sur les sept enfants reconnus du "Vieux" (dont deux sont aujourd'hui décédés), six se sont satisfaits de leur part alors que l'une des trois filles, Hélène, continue de faire bande à part, n'hésitant pas à accuser sur son blog les présidents Bédié et Ouattara... de complicité d'escroquerie. Quant à Marie-Thérèse Houphouët-Boigny née Brou, 83 ans, la veuve du défunt, elle vient à nouveau de déposer plainte à Paris pour recel et détournement d'une succession dont elle estime avoir été indûment écartée dès les premiers jours.

Cette situation inextricable, qui a mobilisé depuis 1994 un bataillon d'avocats, de notaires, d'huissiers, de juristes et d'experts en tous genres, est due pour l'essentiel à l'absence de tout testament écrit de la part du défunt, qui n'a pas non plus laissé un inventaire de ses multiples biens.

Il ne reste d'Houphouët qu'un simple legs verbal, prononcé puis réitéré de son vivant devant témoins, certes reconnu par le droit traditionnel lié à la coutume en Côte d'Ivoire, mais inconnu dans les pays où les actifs concernés sont localisés et où ces références traditionnelles n'ont aucune force de loi. La porte était donc grande ouverte à un tsunami de contestations et de chicaneries juridiques.

Dans le cadre de ce legs verbal, Houphouët avait exprimé le voeu qu'une partie de sa fortune soit consacrée à la réalisation d'un serment fait au pape Jean-Paul II. En échange de la consécration et de l'acceptation à titre de don personnel de la célèbre basilique de Yamoussoukro, le Vatican avait en effet émis comme condition qu'un hôpital de proximité soit édifié dans le voisinage.

>> Parcourir l'infographie de Jeune Afrique sur la vie de Félix Houphouët-Boigny

Depuis, une fondation a été créée dans ce but, les fonds nécessaires ont été débloqués, et l'hôpital, baptisé du nom d'un médecin italien canonisé par Jean-Paul II, Joseph Moscati, a été construit - mais toujours pas équipé. Reste à attendre son inauguration pour que le "Vieux" puisse enfin reposer en paix...

Jeune Afrique

 

 

 

 

 

 

 

La francophonie « enterre vivant » en Afrique

Organisation internationale de la Francophonie (OIF) Organisation

Cet article est une sortie de Facebook, plus précisément du groupe ouvert « Clic & Declic », des amis photographes réunis autour de Rachele Crasso, avec l’aimable autorisation des participants aux commentaires. 

Boubacar Touré Mandémory      Dramane Deme    Rachele Crasso   

 Boubacar Touré Mandémory a donné son avis sur Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

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L'oif est une organisation qui ne veut innover en changeant sa politique pendant qu'il est encore temps. Je suis photographe Sénégalais dont un réalisateur a pu bénéficier de fonds de l'agence afin de réaliser un documentaire sur mon travail. Le responsable de ce département ne savait pas que j'existais, ce qui pourrait l'intéresser, c'est comment donner un coup de pouce à un ami cinéaste faisant partie d'un cercle d'amis ; Changez vos habitudes chers francophones : Vous financez : Le cinéma ; la danse ; le théâtre ; les contes, cirque et tout ; Vous dites que la photographie n'est pas prise en compte ; Dans qu'elle corporation artistique voulez vous placer cette noble discipline ? Pendant que toutes les autres activités font recours à elle pour se révéler. Et ce Monsieur Crépaux quand je lui ai demandé de financer un petit projet photographique chers amis, avait répondu : La photo n'est pas prise en compte dans nos activités. Remy Sagna m'avait dit la même chose, Monsieur Salifou Labo, la même chanson. Le problème étant que toutes ces personnes étaient issues de pays où la photographie reste toujours méprisée par les institutions. Changez vos habitudes chers Francophones vous êtes trop en retard les gars. 

Boubacar Toure Mandémory

Profil Mory Traore via Boubacar Touré Mandémory · 25 juin, 17:03

- Mon cher Boubacar Touré Mandémory, ce que tu écris de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), n'est que trop vrai. L'objectif inavoué de l'OIF est de nous maintenir dans la misère intellectuelle qui est la leur. Figures-toi qu'en Côte d'Ivoire, cette aberration est amplifiée à son comble : Le ministère ivoirien en charge de la culture est appelé "Ministère de la Culture et de la Francophonie". Pour le moment, nous subissons l'étouffement par la Francophonie de façon insolente, et à l'horizon, aucune vie culturelle, en perspective, ne se dessine.

Boubacar Toure Mandemory
film documentaire sur le photographe Boubacar Touré Mandémory



‪Boubacar Touré Mandémory

- Merci cher ‪Mory Traore pour cette remarque si pertinente ; on peut aller jusqu’à nous poser la question à savoir à qui profite cette idée de Francophonie ? 


Dramane Deme

- Encore un exemple qui nous montre que nous devons reprendre en main la gestion et le financement de la culture dans nos pays. C’est ridicule de dire que la photographie ne fait pas partie des activités d’une organisation qui se targue d’être pour la coopération et l’échange culturelles. ‪Mory Traore, franchement ce nouveau nom du ministère de la culture en Côte d’Ivoire ne peut s’expliquer que par le fait que le gouvernement veut faire prendre en charge le budget de la culture par l’Agence pour la Francophonie. Quelle honte !


Mory Traore

- En tout cas, de mon expérience personnelle, depuis l’ACCT (Agence de coopération culturelle et technique) jusqu’à la Francophonie, j’ai pris beaucoup de notes dont on pourrait tirer des romans. Bref, le bilan est amer. Disons, en résumé, que la « Francophonie » est un étouffoir de vies. Que dire d’un comportement machiavélique qui consiste à financer un film chantant la valeur de la photographie et la valeur de ‪Boubacar Touré Mandémory, alors que sur le terrain, le même organisme prive « d’oxygène » le photographe Boubacar Touré Mandémory, sous le prétexte que « la photo n’est pas prise en compte dans nos activités”. En Afrique on dit : « Enterrer vivant ». Car cela ressemble à un enterrement en bonne et due forme de valeurs pourtant bel et bien reconnues. L’exclusion est toujours justifiée par des textes que les « Responsables » eux-mêmes, tels des tricheurs, n’hésitent pas à violer au gré de leurs petits intérêts. Chère Francophonie, « changez vos habitudes » dit Boubacar Touré Mandémory, pendant qu’il est encore temps.

Dramane Deme

- Entièrement d’accord avec toi, mon cher ‪Mory Traore. C’est à se demander si ces bonnes gens savent vraiment ce qu’est la photographie.


Mory Traore

- Ce sont des « fonctionnaires » enfermés entre leurs quatre murs, occupés à traficoter ou à tripatouiller des textes. Mon cher ‪Dramane Deme. 


Dramane Deme

- Cela se voit à l’irrationalité de certaines de leurs déclarations comme celle qu’ils ont jetée sans honte ni peur à la figure de notre frère Boubacar Touré Mandémory. Plus j’y pense plus la colère monte en moi. C’est inadmissible de promouvoir des conteurs et des troupes de théâtre au détriment des artistes photographes comme si cet art qui a donné naissance au cinéma était inférieur aux autres canaux d’expressions culturelles et de témoignages de la mémoire des peuples. Par ailleurs, j’ai un sérieux problème avec le fait qu’un tel pouvoir soit donné à une bande de bureaucrates de décider quel art mérite un soutien de promotion, et quel art ne mérite pas ce soutien. Nous ne devons pas nous taire et les laisser faire. Au contraire, tous ensemble, nous devons décrier et protester contre leur vision étriquée de l’art et de la culture jusqu’à ce qu’ils changent de politique. Pour mes collègues cinéastes qui ne se sentent pas concernés, j’ai ce message. Après la photographie, ce sera le tour du cinéma. Ce n’est qu’une question de temps.


morytraore.com

Abidjan, Côte d'Ivoire.

 

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Le Ramadan : osmose spirituelle et sociale

D'après Abou Houreira (qu'Allah L'agrée), le Prophète (bénédiction et salut soient sur Lui) a dit : « le mois de Ramadan vous est venu, c'est un mois béni, Allah vous a imposé de le jeûner. Durant ce mois les portes du ciel sont ouvertes, les portes de la géhenne sont fermées, les diables rebelles y sont attachés. Il y a dans ce mois une nuit qui est meilleure que mille mois. Celui qui est privé du bien de cette nuit est quelqu'un qui est privé de bien ».

Le ramadan, également orthographié ramadhan ou ramazan, constitue l'un des 5 piliers et principes de l'Islam que sont :

- la profession de foi qui consiste à témoigner que nul autre que Dieu ne peut être adoré et que Mouhammad est le prophète de Dieu ;

 les 5 prières quotidiennes et obligatoires ;

- le paiement de l'aumône appelée « Zakat » ;

- le Pèlerinage à la Mecque dit « Hajj » ;

- et le jeûne qui a lieu tous les ans pendant le neuvième mois de l'année lunaire.

Le ramadan est un acte religieux avec une dimension sociale, collective, coercitive et économique ; c'est un moyen pour le Musulman de se purifier et de gagner le pardon de Dieu l'Omniscient. Il a pour but d'enseigner aux Musulmans la patience, la modestie, l'humilité et la spiritualité.

L'« Aîd al-Fitr » est la fête de la rupture du jeûne.

I) Les règles fondamentales régissant le jeûne : l'intention et l'abstinence

Le jeûne est une pratique dont l'institution repose sur le Coran et la Sunna. La Sunna prophétique (cheminement ou pratiques) est l’ensemble des dires, des actions et des décisions du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) et est considérée par les Musulmans comme la deuxième partie du discours religieux en Islam.

Mais le jeûne ne peut être valable sans ces deux règles fondamentales que sont l'intention et de l'abstinence.

1°) L'intention : C'est la ferme résolution de jeûner en signe de soumission à Allah l'Omniscient. La parole prophétique dit que « les actions ne sont rétribuées que suivant les intentions qui les ont inspirées ».

Lorsque le jeûne est obligatoire, cette intention doit être formulée avant l'aube chaque nuit, une fois pour tout le mois ou la nuit de la veille du Ramadan.

Lorsque le jeûne est surérogatoire, supplémentaire, l'intention est acceptée même après le lever du soleil, à condition de n'avoir rien mangé, ni rien bu depuis l'aube.

2°) L'abstinence : Elle consiste à s'abstenir de manger, de boire, d'avoir des rapports sexuels et d'éviter de commettre tout acte illicite de l'aube au crépuscule. Celui qui commet un seul de ces actes interdits par oubli doit continuer à observer le jeûne et faire un rattrapage de ce jour après. Les malades, les femmes enceintes ou qui allaitent, les femmes ou jeunes filles qui sont dans leur période menstruelle ainsi que tout individu dont ce jeûne pourrait mettre la santé en péril en sont exemptés.

3°) La rupture volontaire ou non du jeûne entraine des réparations

- Cas de rupture volontaire : celui qui rompt le jeûne volontairement sans aucun motif religieux valable ou celui qui fait une interprétation non logique et non justifiée pour rompre le jeune doit rattraper les jours concernés et réparer pour chaque jour non jeûné cette infraction selon un des 3 moyens suivants : libérer un captif musulman ; jeûner 2 mois successifs ; nourrir 60 pauvres ou leur payer en argent l'équivalent de la nourriture prescrite. C'est ce qu'on appelle l'expiation (al-kaffâra).

- En cas de rupture involontaire (ignorance et mauvaises interprétations), on répare seulement par le fait de jeûner le ou les jours après la fête de la fin du mois de Ramadan et avant le Ramadan prochain. C'est le rattrapage (al-qadâ).

Celui qui a négligé de rattraper le jeûne d'un Ramadan précédent et qui se laisse ainsi surprendre par la vue du Ramadan suivant, devra en plus du rattrapage faire la Fidya (compensation) : c'est à dire une nourriture à un pauvre (ou lui verser l'équivalent en argent) pour chaque jour manqué.

La zakat (l'aumône) de la rupture du jeûne est recommandée.

En dehors du jeûne obligatoire du mois de Ramadan, il existe dans l'Islam d'autres jours qu'il est recommandé de jeûner et, à l'opposé, des cas où le jeûne est blâmable, voire totalement prohibé.

II) Le Ramadan : un phénomène à multiple dimension

Cette pratique religieuse engendre d'autres phénomènes, avec notamment une dimension à la fois sociale, festive, collective, coercitive et un aspect économique en pleine expansion.

1°) une forte dimension sociale et festive : Le ramadan est un acte religieux avec une dimension sociale particulière.

Pour David Emile Durkheim (1858-1917), l'un des fondateurs de la sociologie, « la religion et la société sont presque des synonymes et la religion émerge comme lien social fondamental ». Il avait défini le ramadan comme « toute manière d'agir, de penser, de sentir, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure ; et, qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence indépendante de ses diverses manifestations au niveau individuel ».

Selon lui, « la religion se crée dans des moments "d'effervescence collective" lorsque tous les individus d'un groupe sont rassemblés pour communiquer dans une même pensée et dans une même action » (...) « Une fois les individus assemblés, il se dégage de leur rapprochement une sorte d’électricité qui les transporte vite à un degré extraordinaire d’exaltation ».Il appelle cette énergie « mana ».

Ce « lien social fondamental », cette «effervescence collective » et cette énergie «mana » sont perceptibles pendant la période du ramadan entre ses adeptes musulmans.

Le ramadan est une exigence religieuse pour tout Musulman et s'exprime par un comportement individuel qui pourrait ne regarder que le croyant ; pourtant sa pratique possède une dimension collective considérable.

Pendant le mois sacré, c'est toute la société qui vit au rythme de l'abstinence et de sa rupture : horaires continus, heures de fermeture dans certaines entreprises et des services publics pour permettre aux employés de rompre le jeûne ; veillées, repas gargantuesques en famille, etc. Toute la société vit à l'unisson et la dimension festive se mesure à l'importance de la cuisine, des pâtisseries, la grande table de fête, la réunion familiale, la communion, etc.

Le ramadan participe ainsi à une forme de cohésion sociale par le biais de la religion.

2°) une dimension coercitive : Dans certaines sociétés, les non-jeûneurs sont considérés comme des provocateurs qui sont appréhendés et condamnés. La loi y punit tout Musulman qui mangerait en pleine journée pendant le ramadan. Cette règle sociale qui permet d'unir les Musulmans se double alors d'une obligation légale.

On notera les dénonciations et les interventions parfois intempestives de la police. Plusieurs procès ont été ainsi intentés dans des pays musulmans, en Algérie notamment, pour non-observance du jeûne. Par exemple, lors du procès du tribunal correctionnel d’Akbou en août 2010 qui concernait neuf non-jeûneurs musulmans, le parquet avait requis de 2 à 5 ans de prison pour« atteinte aux préceptes de l'islam ». Son action se basait principalement sur l’article 144 bis, alinéa 2 du code pénal et le respect « de l'ordre public, des bonnes mœurs ».

Un collectif d’avocats, soutenu par des organisations de la société civile, s’était constitué pour défendre les prévenus en s’appuyant sur :

- l’article 36 de la constitution relatif à « la liberté de conscience et la liberté d'opinion qui sont inviolables ».

- l'article 2 de l'Ordonnance n° 06-03 du 28 février 2006 fixant les conditions d'accès et les règles d'exercice des cultes autres que musulman : « l'État algérien garantit également la tolérance et le respect entre les différentes religions ».

Arrestation à Béjaïa et à Aïn El Hammam de 14 personnes sur la base de l’article 144 bis qui stipule que « tout individu qui porte atteinte aux préceptes de l´Islam par des écrits, des dessins ou tout autre moyen est passible de 3 à 5 ans de prison ».

« Il n´y a aucun texte de loi qui interdit ou condamne la non-observance du jeûne dans un lieu public avant l´appel du muezzin », pour Me Fatma-Zohra Benbraham, leur avocate qui estime que « la relation de foi est verticale. Elle concerne l´individu et son Créateur. Or, la loi régit les rapports horizontaux. Elle règle les relations entre les êtres humains».

Selon Rabah Merabtine, membre du bureau central de la fetwa au ministère des Affaires religieuses et des Wakfs « l'atteinte au mois sacré est interdite. Sauf si elle est justifiée par un motif reconnu par la charia ». Pour lui, la responsabilité incombe en premier lieu aux parents d´inculquer à leurs enfants les préceptes de l´Islam. Le cas échéant, la société intervient. « Dans le cas où ces deux segments ne fonctionnent pas, l´intervention de l´Etat devient nécessaire »

« La loi ne peut s´appliquer aux étrangers du moment que la religion elle-même ne s´y applique pas », a rétorqué Me Benbraham.

L'article 222 du Code pénal marocain prévoit que « celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l'emprisonnement d'un à six mois » ainsi que d'une amende.

Cet article exempte les minorités non musulmanes du Maroc de cette interdiction, à l'instar des Juifs et des étrangers non musulmans -.

L'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations-Unies du 16 décembre 19 66 et entrée en vigueur le 23 mars 1976 , dont le Maroc est signataire stipule que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé. [...] La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection [...] de la morale d'autrui ».

Ce Pacte protège aussi la liberté d'association et d'opinion, et inclut des limites strictes à la possibilité qu'ont les Etats signataires de restreindre ces droits.

Le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI) fut créé au Maroc en 2009 sur le réseau social Facebook, afin de lutter pour les libertés individuelles.

Ce groupe de « dé-jeûneurs » avait cherché à organiser le pique-nique en dépit du choix d'un lieu discret pour leur tentative de rompre le jeûne et du fait que les autorités ont empêché qu'elle ait lieu ; la police avait arrêté au moins quatre personnes qui étaient venues à Mohammedia pour cet événement.

Cette dimension coercitive est unique en son genre, notamment au Maghreb. Les autres piliers de l'islam n'ont pas le même degré d'obligation au sein de la société. Ainsi , la loi ne condamne pas le fait de ne pas faire la prière 5 fois par jour.

3°) une dimension économique exponentielle : Dans les villes européennes, le ramadan a même intégré les rayons des magasins. Avec une croissance de plus de 10% par an, le marché français des produits halal s’envole, suscite des convoitises et fait saliver les grands groupes agro-alimentaires et de distribution, les marques spécialisées dans le halal qui en profitent pour faire un chiffre d'affaire conséquent. Ce marché a son « salon de l'alimentation et des services Halal » organisé par Antoine Bonnel chaque année durant deux jours à la porte de Versailles à Paris ; le dernier a eu lieu les 8 et 9 avril 2014 où plus de 7189 professionnels ont visité le salon et plus de 25 médias ont couvert l'événement.

En 2009, il a enregistré une croissance remarquable : le chiffre d'affaires avait atteint, selon le cabinet Ecofin, 5,5 milliards d'euros en 2010, dont 1 milliard d'euros pour la restauration. C'est un dynamisme largement imputable à une population musulmane croissante qui compte plus de 5 millions d'âmes en France et reste surtout respectueuse du principe halal.

Une pratique en progression : selon un sondage Ifop du 1er août 2011 dans le journal « La Croix », 71% des Musulmans de France respectent le ramadan, soit une progression de 11 points par rapport à 1989, année de la première enquête menée sur le sujet. D'où un potentiel énorme de consommateurs à séduire.

Conclusion :

Si le ramadan est accepté dans sa dimension sociale, familiale voire économique, il reste bel et bien un exercice religieux de l'Islam.

Dans le contexte de la peur des communautarismes et de la montée de l'islamophobie en Europe, comme nouveau lien idéologique des extrêmes droites, il est aussi perçu comme un révélateur de la présence des Musulmans et de l'expansion de l'Islam qui est devenu la religion la plus pratiquée et qui connait de plus en plus d'adeptes.

Selon le rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) publié le 1er avril 2014, la parole raciste s’est banalisée en France en 2013. La tolérance vis-à-vis des Roms et des Musulmans a notamment baissé.

A la question « Y a-t-il trop d'immigrés en France ? », 74% des Français ont répondu « oui ».

L’Islam est la religion la plus négativement connotée ; à l’inverse, l’antisémitisme est fermement condamné par les Français. « L’indice d’acceptation des juifs reste de très loin supérieur à celui de tous les autres groupes », selon une étude qualitative de l'institut CSA du 9 décembre 2013.

En conclusion, il vaut mieux être Juif plutôt que Rom et Musulman en France.

Que ce mois de dévotion, de piété, d'abstinence et de prières soit, pour nous tous sur la terre qui est notre patrimoine commun, l'aube annonciatrice d'une longue période de santé, de prospérité, de bonheur et surtout de paix.

Que l'Islam soit notre embarcation, le Prophète notre guide, le désir de servir d'Allah notre stimulant, la patience et l'humilité nos armes !

Qu'Allah l'Omniscient accepte nos prières, nos sacrifices et veille sur nos familles et nous-mêmes ! Amen !

Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH

Juriste et anthropologue guinéen

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