Hommage hystérique d'Isto Kéïra à Kéïta Fodéba !
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- Mis à jour le vendredi 25 mai 2012 17:42
- Publié le mercredi 16 mai 2012 01:01
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Sans Fodéba, la Négritude des Senghor, Césaire n'aurait pas existé !
Sur sa lancée, il aurait pu continuer cette révolution copernicienne et faire que les pères fondateurs deviennent les fils..spiritueux..
La culture guinéenne se porte vraiment comme un.. vain cuit (W Sassine) !
Lisez comment elle s'étale devant des centaines de petites têtes assoiffées de culture dans cette émission :
Culturellement.. votre !
Où est passé l'accent circonflexe
Sans Fodéba, Camara Laye, le konden Diarra, Kakilambè, Nimba, etc0
Et les Intellectuels guinéens se taisent, laissent passer ces contresens historiques !
Fodéba Kéïta, ancien de William Ponty est mort deux fois. La première fois, quand il a accepté non pas de rentrer en Guinée, mais de laisser tripatouiller les Ballets africains en Ballets Guinéens. Certes, il y avait toujours les talentueux, les géniaux Facély Kanté, Mamadou Touré, (qui fut époux de Maryse condé (Ségou), Italo Zambo, Luis Akin et j‘en passe, rencontrés pour la plupart tout jeunes je ne sais plus sur quelle rive de l’exil, qui fascinèrent Fodéba, alors qu’il recrutait ici et là de jeunes talents noirs pour créer les Ballets Africains.
Sa seconde mort comme chacun sait a été perpétrée au Camp Boiro.
Voilà qu’on entame son troisième martyre, le massacre de sa mémoire, de son œuvre en la dénaturant. Comment Fodéba peut-il avoir été l’inspirateur de Césaire, de Senghor qui inventèrent la Négritudes avant la guerre. Où voit-on une trace de l’Enfant noir dans la création de Fodéba, sinon qu’ils ont en partage la culture mandingue de Kouroussa ? L’enfant noir a été publié en 1956, certes, et Fodéba était déjà en France dès 1948.
Récupérez Césaire, Senghor, Camara Laye, et bientôt WEB Dubois, Georges Padmore, et tous les inspirateurs de Césaire, Senghor, les Léon Gontran Damas, Alioune Diop, Guy Tyrolien, voire les américains Claude Mc Kay ou l’ancêtre ou Maître des Rasta, le « prophète » du Retour au pays natal en Ethiopie, Marcus Garvey,on pourra enfin être tranquille à Sékoumachinya, où l’on est en mal de légitimité, de continuité entre Soundiata Keïta et le RPG-arc-en-ciel.
Quand à Camara Laye, il avait déjà en tête le « génie de la race » de l’enfant noir » quand il a débarqué » en France. Lisez :
« Après l'obtention d'une bourse d'étude grâce à ses excellents résultats, Camara Laye part en France en 1946 où il étudie à l'École centrale d'ingénierie automobile à Argenteuil »
Et alors on pourra aller tranquillement aux législatives.
Mais a-t-on besoin d’humilier les hommes d’Histoire, de Culture qui vivent en Guinée et qui ne peuvent pas fermer la gueule à ce bonimenteur de la RPGtv qui s’est livré à ce honteux amalgame ?
Car c’est bien Fodéba Kéïta qui a écrit ce qui suit en hommage à Facély Kanté. C’était il y a longtemps, vraiment longtemps avant qu’il eût inventé « la cabinet technique » où il fut enseveli lui-même.
Obituaire, par Keita Fodéba
« En 1948, c'est avec beaucoup de peine que je quittais mon frère Facély pour la France. A Paris je devais retrouver des amis d'E.P.S, Touré Ismaël, Conté Saidou, et Diop Alassane, qui m'aidèrent à faire venir Facély en France pour créer ensemble une troupe qui devait devenir les Ballets Africains dont le Comité directeur était, dès le début, composé de Facély, Touré Ismaël, Conté Saidou, Aw Amadou, l'actuel ministre des T.P. du Mali et de moi-même. C'est ainsi que dix durant Kanté Facély a été l'âme des Ballets Africains dont il était le directeur artistique ».
1939-1946-1948 : méditez bien ces trois dates messieurs les organisateurs du troisième meurtre de Fodéba. Et n’oubliez pas ceci :
La négritude est un courant littéraire et politique, créé avant la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire], rassemblant des écrivains noirs francophones, dont Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Birago Diop et René Depestre notamment. Lié à l'anticolonialisme, le mouvement influença par la suite nombre de personnes proches du Black nationalism, s'étendant bien au-delà de l'espace francophone.
Le terme est forgé par Aimé Césaire dans le premier et seul numéro de la revue des étudiants congolais L'Étudiant noir. Il revendique l'identité noire et sa culture, d'abord face à une francité perçue comme oppressante et instrument de la comptabilité coloniale française (Discours sur le colonialisme, Cahier d'un retour au pays natal). Cesaire l'emploiera de nouveau en 1939 lors de la première publication du Cahier d'un retour au pays natal.
S’étaler sur une telle inculture officielle et politicienne, c’est y participer. Je crois avoir donné quelques repères aux jeunes pour revisiter toute cette mascarade.
Sinon, comme disent les Dogons, salut de fatigue.
Saïdou Nour Bokoum
Je prends à bras-le-corps un monde qui n’est pas celui dont j’avais rêvé voilà cinquante ans
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- Mis à jour le dimanche 13 mai 2012 12:39
- Publié le dimanche 13 mai 2012 12:10
- Écrit par Régis Debray
C’est l’histoire d’un fric-frac textuel. Lors d’un rassemblement électoral à Toulouse, entre les deux tours de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a donc cité le philosophe et médiologue Régis Debray, au sujet du bon usage des frontières.
Henri Guaino, plume d'un président depuis déchu par le suffrage universel, fut jadis une sorte d’intellectuel d’inspiration gaulliste. Ensuite, épris du pouvoir et de ses pompes, il est devenu un trafiquant de citations, faisant sur-déclamer du sous-Malraux à son maître, à coups de hâtifs “copier-coller”. Guaino instillait de la rhétorique gaullienne dans le propos sarkozyste, pour faire avaler la pilule Buisson.
Dix-huit mois plus tard, son propos est détourné par Nicolas Sarkozy, prince du hold-up en la matière, qui avait déjà volé à Edgar Morin la “politique de civilisation”.
Nous revenons sur cet intermède de Toulouse (la référence écrite figure sous l’onglet “Prolonger”), dans la mesure où dans un jeu orwellien sur la confusion linguistique, Guaino et Sarkozy ont débauché, d’une façon retorse, la vision de Régis Debray. La frontière “membrane”, établissant le lien avec l’Autre, est devenue un mur protecteur face à l’étranger, dont la trop libre circulation nous menacerait : c’était un clin d’œil appuyé aux électeurs rageurs et sur la défensive du Front national…
Or la frontière et son usage sont une affaire trop sérieuse pour la confier aux apprentis sorciers. Cette réalité géographique, cette création politique fut et demeure un enjeu de souveraineté, de construction, de mise au monde et de rapport au monde – des États nations européens guerroyant aux États-Unis d’Amérique dans leur conquête de l'Ouest, jusqu'à l’État d’Israël aujourd’hui et à l'État palestinien en devenir.
Nicolas Sarkozy, en hystérisant et en détournant ce thème vers l’intime et le personnel, s’est ingénié à faire passer la frontière dans la société, au sein de notre citoyenneté. Après la prétendue “identité nationale”, après le discours de Grenoble stigmatisant les Roms, la campagne du candidat UMP a brodé sans relâche sur la religion inférieure et les habitudes alimentaires envahissantes de telle partie de la communauté nationale…
Nous n’étions plus dans la circulation des idées propre au débat, mais dans une volonté de piéger les mots pour semer la confusion et récolter des voix : l’éloge du travail devenait la critique des prétendus assistés, l’éloge de la civilisation revenait à se flatter qu’il y en eût de supérieures, l’éloge des frontières cachait une obsession de la clôture.
Or, législatives obligent, nous n’en avons pas fini avec les obscurcissements, les amalgames et les méprises entretenus par une droite aux abois et une extrême droite en embuscade. La démocratie doit éclairer ce que la tyrannie embrouille, voilà pourquoi nous avons tenu à interroger Régis Debray.
MEDIAPART : Comment analysez-vous ce détournement de pensée dont vous avez été victime ?
RÉGIS DEBRAY : La difficulté avec la frontière, c’est son ambivalence : ce peut être un seuil ou un mur, une interface ou une carapace. Il y a certes un usage ethnocentrique et identitaire de la frontière. Mais dans mon esprit, au contraire, il s’agit de sauver l’étrangeté du monde et de sauvegarder notre capacité de surprise. Aujourd’hui, l’Autre est devenu un péril puisque la norme prime sur la loi. Or la norme est technique et universelle, elle impose donc l’uniformité. Aussi mon idée consiste-t-elle à sauver la loi.
Une bonne frontière doit être visible et précise. Elle doit permettre le passage dans les deux sens. Elle doit enfin être reconnue par les deux souverainetés juxtaposées. Alors, elle permet l’échange.
Pourquoi les Israéliens et les Palestiniens ne peuvent-ils pas négocier ? Parce que les Israéliens ne reconnaissent pas de frontières. Ils ne reconnaissent pas l’Autre, donc érigent un mur, unilatéral. La frontière, de mon point de vue, doit défendre, contre l’hégémonie du fort, le faible désemparé, c’est-à-dire sans rempart.
Il y a du rugueux, une croûte terrestre et... le détroit d'Ormuz
Vous écrivez que le « fort est fluide » et vous pointez l’impérialisme et les capitaux. Or Guaino et Sarkozy ont renversé votre propos en faisant de l’immigré musulman le fort fluide, menaçant le Français de souche devenu faible manant…
Tout cela s’inscrit dans un contexte idéologique, qui consiste à remplacer les démarcations de classes par des démarcations entre minorités ethniques et religieuses. La frontière devient alors une arme utile pour cristalliser son camp.
Toutefois, la frontière est un fait. Il ne s’agit donc pas d’être pour ou contre : elle a une fonction, juridique, de contrôle. Refuser de le voir, c’est se payer de mots.
Je m’adressais d’abord aux miens, la gauche pour dire vite, où l’on aime le mot cosmopolite, le XVIIIe siècle, Condorcet, Victor Hugo, où l’on considère que le post-moderne sera sans frontières, où l’on ne toise donc ce réel qu’à l’instar d’un archaïsme.
Regardez cependant la marche de l’histoire et, partant, de la géographie : nous sommes passés d’une à deux Tchécoslovaquie, d’une Yougoslavie à quatre, d’une Union soviétique à une dizaine ! Il y avait un Mali, en voici deux. Quant à la Libye, après l’intervention de l’Otan, on en compte aujourd’hui bientôt trois, fort satisfaisantes pour les compagnies pétrolières. Je pourrais poursuivre avec la Belgique, qui s’apprête à se scinder. Alors affrontons le réel, faisons de la géographie ! Et considérons enfin que tout n’est pas fluidifiable : il y a du rugueux, une croûte terrestre et… le détroit d’Ormuz. Le numérique ne va pas soudain rendre téléportable le pétrole.
Plus récents mais tout aussi réels, il y a le brassage et le métissage. Comment les conciliez-vous avec les frontières ?
Il est prouvé aujourd’hui que l’homme de Cro-Magnon n’a pas exterminé celui de Néandertal : il y eut métissage. Ce n’est donc point d’hier ! Mais nous avons une conception de la nation qui permet de n’en pas tenir compte…
Vous écrivez : « Toutes les cultures doivent apprendre à faire la sourde oreille, à s’abriter derrière un quant-à-soi, voire un refus de comprendre. »
C’est une idée amplement exprimée par Claude Lévi-Strauss et que vous trouvez chez Fernand Braudel. Pourquoi le monde anglo-saxon a-t-il installé une douane avec le marxisme ? Pourquoi jamais la Réforme n’a-t-elle pénétré l’univers italien ? Pourquoi le monde orthodoxe demeura-t-il rétif à l’habeas corpus ? Il y a comme une peau, une paroi, qui n’est pas un mur mais qui externalise l’interne et internalise l’externe. La vie commence par la membrane, je n’y peux rien. Et cela ne signifie pas pour autant l’asphyxie derrière une cloison infranchissable.
Il faut qu’il y ait à la fois contact et endiguement. Comme disait Jacques de Bourbon-Busset : « Si les fleuves n’avaient pas de berges, ce serait des marécages »…
J’aime les hommes-frontières, comme Claudio Magris ou Jorge Semprún, qui ont pu démultiplier leurs identités, susciter des rencontres. J’aime ainsi les Belges, plus frontaliers que nous, c’est-à-dire multilingues. Une frontière, pour moi, ne donne pas envie de rester chez soi mais d’aller voir ailleurs.
Et il y a deux catégories de personnes qui veulent effacer les frontières : les hommes de dieux et les hommes du fric. Les premiers pour que la vraie religion se répande (la chrétienté ne prisait pas les frontières, les islamistes ne les apprécient pas du tout) ; les seconds, hérauts des multinationales et des bourses, parce qu’ils considèrent la loi comme un obstacle
Vous oubliez l’internationalisme…
Excusez-moi, mais un peu d’internationalisme écarte l’idée de patrie tandis que beaucoup y ramène… Alors tâchons de nous délivrer du manichéisme. Il y a un usage de droite et de gauche de la frontière, qui souvent se mêlent et que nous pouvons tenter de démêler, sans pour autant abandonner tout discernement, du fait d’un usage polémique et unilatéral de cette idée l'espace d'une campagne électorale.
Mais les idées sont annexées avec des mots piégés, tel “sans-frontièriste ou “droit-de-l’hommiste”, que vous employez et qui nous viennent de la droite extrême. Et c’est à partir de là que la rhétorique Gaino-Sarkozy embraye, pour prôner une clôture au cœur de la nation…
L’enjeu politique de la frontière, c’est la politique elle-même. Il n’y a pas de frontière naturelle – même si l’abbé Grégoire en tenait pour un ordre de la nature se substituant à celui de Dieu, qui protégerait la France tout en contenant l’expansion révolutionnaire (c’était dans son rapport sur l’incorporation de la Savoie à la France en novembre 1792).
Ce qui m’a gêné, dans cette citation de Sarkozy, c’est effectivement l’idée implicite, propre à l’extrême droite, qu’il y a des frontières entre les Français dits de souche et ceux d’autres origines. Or pour un républicain, l’idée de nation est là pour abolir une telle délimitation : on n’y définit pas les citoyens par leur origine, par leur sexe, par leur croyance...
Vous remarquerez toutefois que cela n’a pas été dit explicitement, d’où le côté pervers du discours de Toulouse, qui se réfère, de biais, aux visions du Front national. Je martèle donc qu’il peut y avoir des frontières dans la société civile, mais pas dans la société civique : il existe des fractures entre les riches et les pauvres, mais quand vous franchissez le seuil d’une école républicaine, il n’y a plus de différences ; d’où le refus des signes identitaires.
La nation républicaine fait délibérément abstraction des frontières, mais à l’intérieur d’un territoire puisque nous ne pouvons détruire une frontière que si nous en établissons une autre. Nous avons donc une frontière géographique pour supprimer les frontières religieuses, sociétales, voire économiques autant que possible dans certaines enceintes (salle d’audience d’un palais de justice, salle de classe d’une école...).
La droite française veut désormais abolir cette démarcation entre le civique et le civil, entre le public et le privé dans la conduite des individus, comme l’illustra, au premier chef, le président Sarkozy.
L'inversion du gaullisme, son devenir dans son contraire
Du coup, cette droite renoue-t-elle avec ses ornières extrémistes de l’avant-guerre, alors que Charles de Gaulle l’avait convertie à une République ayant tiré les leçons de la barbarie nazie ?
Pour moi, le clivage c’est la Milice, les corps armés, la violence physique : contourner les institutions de l’État par des voies de fait. Voilà ce qui définit, à mes yeux, la droite extrême et donc fasciste.
La République n’est qu’un idéal régulateur, une asymptote, comme les droits de l’homme et du citoyens : c’est une application sans fin, un effort de volonté, d’abstraction, qui consiste à réprimer l’instinct, à juguler l’animal en nous. Tout en progressant, l’idée de République a toujours cohabité avec des faits épouvantables, ne serait-ce que le statut des indigènes en Algérie durant la colonisation.
En quoi Sarkozy a-t-il marqué une rupture ?
Il faudra un jour réfléchir sur l’inversion du gaullisme, sur son devenir dans son contraire : on a vu la même chose avec le communisme. Destin tragique des doctrines… Henri Guaino s’est évertué à transposer des idées justes dans une pratique injuste.
Avez-vous lu son discours de Toulouse ?
Non, pourquoi voulez-vous me faire lire du Sarkozy, sinon par sadisme ?...
Revenons pourtant à ce texte du 29 avril.
Pour que je m’indigne ?!
Non, pour comprendre comment, d’une multitude d’indices contradictoires miroitant dans le discours, émerge un signal au Front national. On peut constater (lire sous l’onglet “Prolonger”) ce glissement du « nous croyons à l’ouverture aux autres » à « en ouvrant, on a finalement nourri des craintes, créé des tensions et suscité des crispations »…
Vous mettez le doigt sur un hybride Buisson-Guaino. Un hybride, c’est un mulet, qui lui-même n’engendre rien. Cela n’a rien donné cette fois, sinon un terrible et inquiétant 48 % au second tour.
Cela dit, voulez-vous me forcer à entamer le procès ou l’apologie de la porte ? Soit vous la claquez au nez, soit vous l’ouvrez en signe d’invite. La porte ne saurait être coupable à la place de celui qui la manie. La porte permet qu’il puisse y avoir des hôtes et non pas des intrus, donc des ennemis.
Êtes-vous contre les écoles ouvertes, hors les murs ?
Assurément. Je tiens à ce que les écoles aient un portail. Je tiens à ce qu’il y ait des rituels de passage, quand on acquiert la nationalité française ou quand on atteint l’âge de voter. J’aime que l’on ritualise le passage de la vie à la mort et je constate que sans rituel républicain, tout se termine très vite à Notre-Dame de Paris… Il m’apparaît nocif que la République ait échoué à trouver des rituels alternatifs aux rituels religieux. Je pense donc qu’il faut solenniser des seuils, dans le temps comme dans l’espace. Il faut “re-ritualiser” la vie. Comme disait Sartre : « Les cérémonies, ça empêche de s’entretuer. » Je ne sais si c’est de gauche ou de droite…
Penser à droite, selon Emmanuel Terray, c’est se fixer à un réel essentialisé, immuable, établi ; alors que la gauche tente d’ouvrir vers un possible à inventer. Qu’en pensez-vous ?
Il ne faut pas adorer le réel, il faut d’abord en rendre raison. L’éthique de gauche, c’est une volonté farouche mais contrôlée d’inadaptation à la force des choses. J’ai bien dit contrôlée. Résistons à la force des choses, mais pour que notre résistance entre dans les faits, faisons la part des choses.
Ne soyons pas révolutionnaristes, tel Alain Badiou, l’ami des idées qui jamais ne participera aux élections tant elles sont dégradantes. Soyons des possibilistes de la révolution. En ce sens, je reproche à une certaine gauche verbeuse ou morale de ne pas affronter quelques phénomènes contemporains : la présence du religieux, la création continue de sacralité, l’extraordinaire divisibilité des ensembles fédéraux qui se morcellent sous nos yeux… Il ne faut pas s’incliner devant la montée des intégrismes et des séparatismes, mais il faut les penser. Je tâche de forger des clefs pour en comprendre les mécanismes. Et je ne suis pas convaincu par les discours, très “scout toujours”, des tenants de la fraternité universelle, de l’abolition des frontières.
Je prends à bras-le-corps un monde qui n’est pas celui dont j’avais rêvé voilà cinquante ans. Si on m’avait dit que les Frères musulmans succéderaient à Nasser, que saint Serge reviendrait après Lénine, que Confucius triompherait de Mao, que les États-Unis d’Amérique, à la pointe des progrès techniques et scientifiques, verraient les neuf dixièmes de leurs citoyens croire encore et toujours en un dieu unique et personnel, j’aurais été très étonné. Alors j’essaie de rendre raison de ce processus qui ne répond pas à mes désirs.
Et je ne peux croire à une gauche faisant l’impasse sur cela. Ce qui revient à être hypocrite, en disant, par exemple, « je suis pour deux États » (Israël et la Palestine) sans regarder la carte. J’ai montré la carte à des hommes de gauche, qui m’ont assuré que j’avais raison mais qu’il fallait continuer à réclamer deux États ; alors qu’il n’y a plus de place pour une telle occurrence, vu ce qu’Israël accomplit pour rendre impossible la constitution d’une autre entité. Si bien que ces hommes de gauche se rallient à la loi du plus fort, au nom de belles phrases : « Laissons-les négocier entre eux. » Voilà des néo-conservateurs, en définitive, qui ne lèvent pas le petit doigt contre tout ce que fait le fort pour anéantir le faible, en ne lui laissant aucun territoire. Je suis pour le droit du sol et non pour le droit du sang…
À lire sous l'onglet “Prolonger” l'intégralité du passage consacré à la frontière par Nicolas Sarkozy le 29 avril.
Antoine Perraud et Edwy Pleynel
source : Médiaprt
ISAG : Tidiane Word Music donne de l’espoir aux étudiants
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- Mis à jour le mercredi 25 avril 2012 10:06
- Publié le mercredi 25 avril 2012 09:49
- Écrit par Oumar M'Bo
Le PDG de l’Agence Tidiane Word Music a tenu une conférence-débat à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG) de Dubréka avec les étudiants de cet institut, le Vendredi 20 avril 2012, pour permettre aux étudiants d’avoir une vision sur leur carrière et d’espérer un emploi futur.
Animé par le célèbre promoteur culturel, M. Tidiane Soumah, connu sous le nom de Tidiane Word Music devant un parterre d’étudiants, l’événement a connu une grande ambiance.
Il est revenu au Directeur général de l’ISAG, M. Aly Badara Sylla, de planter le décor, au cours duquel il a souhaité la bienvenue à M. Tidiane Soumah qui a une dimension internationale en matière de show business », ainsi qu’à sa suite. Il l’a remercié de venir à l’ISAG et permettre de partager avec les étudiants, son expérience. Ainsi, il leur a amplement parlé de sa carrière, afin que ceux-ci tirent des leçons de son parcours. Pour sa part, prenant la parole, M. Soumah, dira, qu’il y a de cela 26 ans jour pour jour , matin et soir qu’il pratique le show business et cela depuis à l’âge de 18 ans, donc pour lui, c’est pas une question d’âge, mais plutôt une question de vouloir et de croire.
Dans son exposé, le PDG de l’Agence Tidiane Word Music a expliqué son long parcours son face à des étudiants très attentifs et soucieux de leur sort.
Ils apprendront que M. Soumah a décidé de se lancer dans la culture depuis le 30 juin 1992 et évoluait seul, avec son entreprise, sans partenaires sauf occasionnels au gré des évènements.
Il n’a pas manqué de prodiguer des conseils aux étudiants qui veulent se lancer dans ce métier, leur suggérant de changer de choix de carrière, si c’est à l’argent qui motivent leur orientation, car ils ne pourront pas y arriver. Surtout s’ils s’imaginent que la culture et le show se nourrissent de drogue ou de cigarette !
Pour faire le show business, il faut avoir une vision, se fixer un objectif, avoir la volonté de réussir.
Tout est possible dans le show-business, qui se est une entreprise qui se gère comme les mines, et comme tout toute entreprise commerciale, il faut s’attendre à en tirer des gains comme des pertes.
Nous avons appris avec les étudiants qu’il a un chiffre d’affaire de 30 650 000 dollars, cela après 26 ans d’activités au Canada, aux Etats Unis, en Angola, alors qu’il avait commencé avec.. 2000 francs guinéens à l’époque, ce qui s’évaluait à 4 dollars !
Son entreprise a aidé plus de 200 jeunes Guinéens et qui ont prospéré grâce aux spectacles qu’ils ont eu à organiser de 1992 à l’an 2000.
M. Soumah a égrené aux étudiants différents concepts utiles à savoir : manager, agent poking, agent tourneur, tourneur manager, pour qu’ils aient une palette qui leur permette de choisir un métier dans ce vaste domaine d’activités qu’est le Show-business. Pour preuve, TWM « manage » une trentaine d’artistes et chaque artiste a besoin d’un agent de communication. Or en Guinée, c’est l’artiste qui fait tout.
Il a enfin demandé à l’Etat d’investir dans la promotion de l’artiste et de l’Art par un fond d’aide pour permettre au producteur de « vendre » l’artiste à l’Etranger.
Enfin il leur a fait remarquer aux étudiants que c’est une chance pour eux, d’avoir une école dans ce domaine dont lui et ceux qui ont débuté avec lui n’ont pas bénéficié.
Les étudiants peuvent attendre une collaboration franche à long terme, en leur promettant l’ouverture de toutes les structures de Tidiane Word Music. Après tout, l’ISAG n’est-il pas une pépinière pour tous les professionnels de la culture et du Show-business ?.
Dans la mesure où Tidiane Word Music compte une trentaine d’employés dont environ 10 sont venus de l’ISAG, la collaboration a déjà commencé et des projets sont en cours. Ce qui signifie que des débouchés sont en vue à la fin de leur formation.
Ce Président de La Transe !
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- Mis à jour le samedi 28 avril 2012 11:30
- Publié le samedi 28 avril 2012 11:30
- Écrit par Cheicke Oumar Kanté
Émouvant !
Il est émouvant, le Président de la Transe,
Quand il parle de la France et qu’il parle à toute la France.
"Je vais vous protéger", lui promet-il avec déférence.
Et il est, parfois, épatant !
"Du Palais de l’Elysée, argumente-t-il,
Je suis, bien évidemment, le mieux placé
Pour veiller sur les Champs du même nom.
Car, le chantier que j’y ai ouvert est sans précédent.
Il est énorme comme jamais aucun autre dans le passé ne l’a été.
Il est historique, te dis-je, poursuit-il soudain familier !
Dans les jardins de tous les Palaces acquis par les vrais Arabes,
Des vraies tentes seront installées pour compléter leur confort.
Pas la tente du Bédouin massacré dans les conditions que tu sais.
Des cordons de sécurité pour te protéger de l’invasion par les hirondelles des Printemps arabes, j’en ferai ériger. Alors, authentiques émirs, actionnaires de vraies Banques,
Prêteurs sans intérêt, investiront dans tous les secteurs économiques vitaux
Pour attirer vers la France, entre autres, les meilleurs vrais footballeurs.
Ne seront pas moins retenus, parmi tous les vrais Français, les vrais entrepreneurs.
Qui sauront à leur tour réserver une place adéquate aux Fonds Souverains Chinois.
Alors, couleront à grands flots, ininterrompus, les précieuses liquidités.
Me soutient, pour cette raison, le plus illustre des anciens Présidents vivants,
Le vrai connaisseur des valeurs clinquantes que recèle une certaine Centrafrique. C’est dire !
Ma chère France, ils ironisent sur mon inculture alors que je suis ton Delacroix ressuscité.
Je ne peindrai pas pour autant une quelconque fresque de Paris.
J’y ferai plutôt construire ces Merveilles d’Asie et surtout d’Arabie
Qui éviteront que les Français s’égarent à l’avenir,
Au Proche, au Moyen ou en Extrême-Orient avec le grand risque
D’y être pris comme otages par des hordes de terroristes.
Je suis ton Chateaubriand des temps nouveaux, inspirateur bientôt d’un Orientalys’ land
Concurrençant à la loyale et de façon non faussée le Parc de Disneyland,
Réceptif bling bling qui ne s’est pas distingué à mon égard par une grande reconnaissance.
Aux Russes, aux anciens Russes Blancs, je dis bien : Blancs, c’est important !
Seront dévolues ta Côte Atlantique et ta Côte d’Azur.
Ils y seront rejoints par les nouveaux Russes riches !
Aussitôt, reviendra à la vraie Droite le bon vrai caviar
Préempté et nationalisé de longue date par la Fausse Gauche.
Qu’ils s’en aillent tous, où ils veulent aller, les militants des Partis staliniens,
Les chercheurs qui ne trouvent pas, les philosophes partisans,
Les élites bobos du Boulevard Saint-Germain, les "médiacrates", gauchistes invétérés
Et tous les corps intermédiaires... ces empêcheurs de tourner en rond.
Entre nous, ma chère France, il ne peut plus y avoir de place
Même pour la plus mince feuille de papier à musique !"
Il gesticule. Il gesticule encore, il gesticule toujours.
Il hausse les épaules : d’abord l’une
Puis l’autre. Puis les deux en même temps.
Il dodeline de la tête : un coup à gauche, un coup à droite.
Il se ravise qu’il vaudrait mieux faire mine de le donner,
Le coup de tête, à la Gauche à partir de l’extrémité la plus à Droite.
Il émet une plaisanterie qui l’amuse, lui, en premier.
N’y goûte qu’à retardement son auditoire pourtant trié sur le volet.
"Toutes les épaves de bateaux échoués sur nos Côtes,
Je les renflouerai, je les transformerai en résidences pour les vrais travailleurs sans papiers,
Pour les vrais ouvriers, choisis parmi les plus habiles dans le maniement du marteau-piqueur.
Et pour les éboueurs émérites sachant – avec quelle dextérité ! –
User des balais et autres karchers garantissant la propreté de nos villes-lumières.
À eux, tous, j’accorderai des autorisations de circuler
Des bateaux à la terre dans les bureaux, dans les entreprises et dans les rues,
À certaines heures bien précises de certains jours.
Juste aux moments de nous rendre des services.
Que dis-je ! De vous les rendre à vous, car, je le fais, moi de façon tout à fait désintéressée.
Je veillerai sur la sécurité des vraies femmes de ménage,
Sur celle de toutes les Françaises qui officieront dans les Palaces.
Je procurerai aux unes et aux autres des ceintures de chasteté,
N’ignorant pas ce qui sommeille sous les djellabas et autres turbans.
Sans me mêler de ce qui ne me regarde pas : le sort de leurs femmes sous les burqas !
Exterritorialité totale oblige, n’est-ce pas, pour les pourvoyeurs de fonds sur les Champs !
Il mouline des lèvres, les retrousse sur ses gencives.
Et voilà qu’il sourit et qu’il rit. Tout son visage n’est plus qu’un rictus.
Et, comme l’auditoire ne s’est pas aperçu qu’il lui faut sourire
Et rire, lui aussi, pour présenter bien devant les caméras embarquées,
Il succombe à la supplique : "Aidez-moi ! Aidez-moi !"
Quand il a fini de parler, il remercie l’Assemblée, la main droite à plat sur le cœur.
Qu’il est impressionnant le Président de La Transe !
Lui qui ne boirait que l’eau sauf pour plaire à un électeur,
Il sue à présent sang et eau, en abondance.
Les sons et les images dégoulinent, ruissellent.
Quand, devant la télé, il nous arrive d’être un peu facétieux comme un certain chanteur
En coupant le son, l’expression de son corps qu’il a donné à sa France est époustouflante.
Le ballet qu’il exécute est digne d’une chorégraphie des plus Grands Maîtres de Danse !
En vérité, Le Président qui entre en transes n’étonne plus.
Il ne surprend plus, Le Chanoine d’Honneur de Saint-Jean de Latran
Tant il a souvent fait montre de sa virtuosité dans l’Outrance !
Plus préoccupante, me semble-t-il, est la santé de son auditoire
Pour qui rien, le concernant, ne semble rédhibitoire.
Puissent venir vite à son secours, quant à lui, non pas les bons disciples de Freud et de Lacan
Mais les braves électeurs français qui sauront lui prescrire le long congé bien mérité.
Il gesticule, il gesticule encore et toujours avant d’implorer :
"Aidez-moi ! Aidez-moi !"
Il hausse les épaules : d’abord l’une
Puis l’autre. Puis les deux en même temps.
Il dodeline de la tête : un coup à gauche, un coup à droite.
Il se ravise une autre fois qu’il vaudrait mieux le donner,
Le coup de tête, à la Gauche à partir de l’extrémité la plus à Droite.
Il regarde ses mains ouvertes, une fois à gauche,
Une fois à droite où il s’attarde un petit peu plus.
Et il les fait trembler toutes les deux, au rythme des trémolos dans sa voix.
Et il les secoue et les secoue. Il les remue, il les ébranle
Comme pour arracher non pas avec les dents un quelconque pouvoir d’achat pour les Français Plutôt, avec les mains, grappiller les suffrages des électeurs.
Ceux des fans, devant lui, étant acquis d’avance,
Il vise les plus nombreux citoyens français, face à l’écran de leur télévision.
Il remercie l’Assistance, il la remercie encore, il la remercie toujours,
La main droite sur le cœur qu’il aurait sans doute préféré avoir à Droite
Pour pouvoir d’un geste faire deux coups. Le coup de celui qui aime
En même temps que l’acte de celui qui se frappe la poitrine
Afin d’exprimer cette France Forte qui lui serait si chère.
Émouvant, ce Président de la Transe !
Encore plus émouvants, cependant, sont certains de ses auditeurs
Dont on ne peut pas savoir s’ils sont charmés, stupéfiés, sidérés
Ou s’ils ont tout simplement mis en berne leur âme, leur conscience et leur intelligence
Au point de ne pas oser lui recommander
De ne pas secouer plus longtemps "l’Enfant-France", "la Femme-France", "l’Homme-France".
Lui qui, comme on le sait,
A déjà boxé avec violence "l’enfant-Afrique", "la Femme-Afrique", "l’Homme-Afrique".
Il gesticule encore, il gesticule toujours puis implore à nouveau :
"Aidez-moi ! Aidez-moi !"
Alors que continuent de s’entendre les échos de ses superlatifs préférés :
"Comme jamais ! Sans précédent ! C’est historique ! Sans précédent ! C’est historique !"
Il poursuit son meeting par : "C’est historique car, comme jamais, se joue mon Des... au temps pour moi, le Destin de toute la France !"
Et quand, à la longue, le Chef de l’équipe de tournage du Grand Cirque commande : "Coupez !", l’on est bien soulagé.
Puisse seulement Le Président de la Transe, le "One Penseur Show",
Président de la France, pour quelque temps encore,
Accepter de méditer – même debout comme il est si souvent, lui –, la certitude
Du sage africain, Tierno Muhammadu Samba Mombeya, mort en 1850
Et qui était conscient, lui, des limites de ses aptitudes :
"Je suis assis sur mon modeste savoir pour sonder l’épaisseur de mon ignorance !"
Cheick Oumar KANTÉ
72 heures du livre : plaidoyer pour l’’instauration du prix du livre chaque année en Guinée.
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- Catégorie : Culture
- Mis à jour le mardi 24 avril 2012 16:19
- Publié le mardi 24 avril 2012 16:19
- Écrit par Mamadou I sow
Le Comité d’organisation des 72 heures du livre qui a débuté ce 23, se poursuivra les 24 et 25 avril 2012 au Centre culturel franco-guinéen (CCFG). Au cours d’une conférence de presse qu’il a tenue le jeudi dernier au cours de la présentation des 72 heures du livre à la maison de la presse, les organisateurs ont plaidé auprès du Président de la république pour l’instauration d’un Prix du livre chaque année en République de Guinée.
A l’occasion de la célébration de la journée mondiale du livre, la maison d’édition l’Harmattan Guinée en collaboration avec le Centre Culturel franco guinéen et la Jeune Chambre Internationale Guinée (JCI) présentent le « Prix du jeune écrivain guinéen » de 15 à 35 ans, dont le thème retenu cette année est « le Livre ou l’Education », le programme des 72 heures du livre est axé sur 4 catégories, à savoir : la Poésie, le Conte, Nouvelle et la BD.
Dans son allocution, la présidente du comité d’organisation, Nadine Barry a estimé que la problème du livre en Guinée, est dû au mauvais niveau du français dans l’éducation guinéenne.
Quant au Directeur Général du CCFG, M. Daniel Kouriel, il a fait le consta qu’il n’ya pas de développement personnel encore moins d’un pays, sans le livre d’où l’engagement du CCFG, pour la promotion du livre en Guinée.
Le Comité d’organisation des 72 heures du livre a montré sa détermination, non seulement à accompagner le livre guinéen mais surtout à encourager la jeunesse guinéenne pour la lecture, d’où le prix du jeune écrivain, initié chez les jeunes et le
Les professionnels du livre guinéen et les partenaires de l’organisation de ces journées du livre vont discuter pendant ces 3 jours sur l’avenir du livre en Guinée. Journées dédiées à nos grands écrivains disparus.
A rappeler que nous sommes à la 4è édition de ces 72 heures du livre en Guinée.
Mamadou I Sow
