Cinéma : la relève "féminine" ?

Le film « Les pièges de l’amour » a été diffusé aux cinémas Liliane de Hamdallaye, de Rogbane et de Mimo (Matoto) les 20, 21 et 22 avril. Une production du futur espoir du cinéma guinéen (FEG‑GUI), le film, un moyen métrage de 102 minutes, est réalisé par Fatoumata Camara. Il Ce met sous les projecteurs une vieille amitié entre Fifi et BK. Ces deux filles étaient inséparables jusqu’au jour où l’infidèle, l’obsédé sexuel Bouba, petit ami de BK, tombe amoureux de Fifi. Celle-ci, fidèle à son amitié, indifférente aux SMS intempestifs, appels nocturnes, voire aux menaces de Bouba, révèle à BK les agissements de Bouba. Les deux amies montent un coup pour démasquer Bouba. Le jeune réussit à semer le doute entre les deux amies, laissant entendre que c’est Fifi qui lui fait la cour. Blessé dans son orgueil, Bouba conspire avec son ami, Ibrahim. Ce dernier séduirait Fifi, filmerait son intimité, puis l’humilierait. Ibrahim tombe amoureux de Fifi, lui révèle le complot, finit par être aimé. Tenace et obstiné, Bouba convainc la très séduisante Nabé de détourner Ibrahim. En vain. Fifi larguera les amarres, s’en ira poursuivre ses études en France.

Bouba est surpris par BK (enceinte), courtiser Nanette, fraîchement débarquée d’Angleterre. Il largue BK. Mais Nanette ne se laissera pas prendre, tomber dans les pièges de l’amour. Elle éconduira le Don juan.

Le film est tourné à Conakry: « Le décor est pour nous un personnage à part entière. Il faut se mettre dans la peau de ce que vous êtes en train d’incarner », explique la réalisatrice Fatoumata Camara.

 

72 heures du livre : l’ivresse ?

72 heures du livre : l’ivresse ?

Rien que tristesse pour moi. Sansi Kaba, les différents directeurs du Centre culturel franco guinéen ont beau se démener comme de beaux diables, la culture en général, le livre en particulier, restent indécrottablement par terre, comme ces librairies bien nommées, comme ces pharmacies, également par terre. A l’image de l’immense reste : tout est par terre en Guinée. On connaît en matière de théâtre la folie d’Amirou Conté à vouloir promouvoir la création dans cette discipline en démultipliant les initiatives de diffusion, festivals, colloques, séminaires, journées d’écriture. Rien n’y fait, désespérément, poliment ignoré par la puissance publique. Il est jeune, il y arrivera, un jour. Les autres, ceux qui avaient un savoir à transmettre sont partis, épuisés par l’âge, la misère et surtout par le désespoir nourri par un quasi mépris. Le génial Momo Wendel, qui valait un Manu Dibango. Marcellin Bangoura qui sur le tas, tirait sur des ficelles pour garder ouvertes les scènes de théâtre pour que vive la mise en scène. Il est parti, en fumant et en buvant sa vie. Comme notre génie africain ou tout simplement grand écrivain, l’incroyable Sassine. J’ai eu l’occasion et je me cite, de dire « qu’il avait trinqué sa vie à notre santé ».

Balla et ses balladins. Pivi, Manfila, après les Diabaté. Ces derniers, une vraie famille de docteurs de la guitare. J’en ai vu cinq dans le grand hall de l’Hôtel Ivoire avec leurs guitares sèches. Des génies égarés dans une foire, un cirque.

Le cinéma a été cannibalisé par l’autre face de l’Empire. Ce qui me rappelle l’auteur de la pièce éponyme (La Face e l’Empire), Fandié ce mordu de théâtre, parti trop tôt avec sa générosité, en laissant le théâtre par terre. D’aucuns sont partis vivants. Siba Fassou, créateur de l’ISAG s’est fait virer par des étudiants qui ont bien usé des ficelles de la démagogie. Ceux qui sont restés, ils sont plus de deux mille, s’imaginent que l’Etat et le changement vont changer quelque chose à cette évidence. Si l’on en a la vocation, seule la flamme du cœur fait vivre. Et après les cinq ans de rigueur, avec Bac plus cinq, leur destin, c’est la rue ou « l’Axe du Mal». Siba était peut-être un piètre directeur d’une telle institution de formation d’artistes. Mais c’était le seul à même de former quelque 50 agents du développement culturel sur les 2500 qui se bercent d’illusions. Attendons la fin des élections. Le sort professionnel des 2550 ? Au pire, des déchets humains qui échapperont difficilement au grand banditisme, au mieux, la détermination kamikaze du lumpen de l’Axe Bambéto-Cosa-Hamadallaye, l’Axe du Mal où puisent les politiciens de tous poils pour en faire la chair à canon, poitrines nues devant la racaille armée et habillée par la république..

La Guinée se croit tout permis.

L’Ecole des arts ou le Théâtre Daniel Sorano du Sénégal a formé ou plutôt encadré des génies, tels que Doura Mané, Douta Seck, Khady Thiam, Serigne Gonzales, l’Hatienne Jacqueline Lemoine et..notre national Siba « Comnos », alias Fassou Siba de l’ISAG. L’Ecole des Arts du Sénégal est morte après mission accomplie. Pourtant elle était portée à bout de bras par un homme de culture. Senghor. L’INA en Côte d’Ivoire est morte; ressuscitée dans l’INSAAC, un Institut de formation d’agents du développement. Siba avait été formé à l’Ecole des Arts. C’est un comédien, un metteur en scène. L’Autorité a  mis qui à la place ? On aurait dû le garder et lui « coller » un techno, comme en Avignon le plus grand festival mondial des arts. Tous les théâtres publics français, les centres dramatiques subventionnés sont dirigés par de grands metteurs en scène soulagés par des administratifs dont certains sont sortis de l’ENA. Mais le maître à bord reste le directeur artistique.

Nous sommes loin de la fête du livre. Je ne m’y étendrai pas. Je n’ai qu’admiration pour la générosité et le dévouement de Nadine Barry. Dont l’humanisme ne s’arrête d’ailleurs pas à la culture au sens strict. Guinée solidarité, son ONG m’a aidé à convoyer deux d’importants stocks de livres. Mais quand j’apprends que l’invité de cette fête du livre est un certain Gaston Kelman, les bras m’en tombent.

Je me contenterai d’extraire d’un hommage que j’avais rendu à Césaire et où j’avais croisé ce bonimenteur qui a commis un « bestseller » (jamais un substantif n’a aussi bien coïncidé avec un attribut connoté), un consommable pour antiracistes repentis et devenus farouches négationniste de la Repentance historique.

 "La mort de Césaire ? La fin d'une époque".

Voilà le mot qui clôt un hommage à Césaire, trouvé par un nègre (2) à la grande messe du 20h de la grande chaîne publique française. La Négritude venait d'être évacuée comme une variante des enfantillages Banania. Une vénérable mais vaine théorie fondée sur un "coloriage"(G Kellman) vient de s'épuiser dans un ultime soupir. Pas de quoi bousculer les parts de marché esclaves de l'audimat ! Avec Senghor ce n'était que l'agonie de cette vieille négritude. Maintenant on va lui faire la peau.

Fin de la vacuité nègre.

Wole Soyinka, premier Nègre africain à recevoir le Nobel de littérature avait déjà défriché le champ de la contestation avec sa formule :

 "Le tigre ne proclame pas sa tigritude, il attrape sa proie et la tue".

Je ne devrais sans doute pas associer le nom du grand Soyinka à l'auteur de ce jugement à l'emporte-pièce, habitué des plateaux où certains excellent à hisser l'audimat, en s'égosillant comme les enfants à la crèche "en haut en bas !", titillés par des "puéricultrices" de peep-show affublées de porte-jarretelles et maniant fouet et martinet en usage dans ces émissions dont tout le monde parle, afin de contredire l'adage qui dit : « on ne peut pas plaire à tout le monde ».
Depuis, Soyinka a nuancé sa prise de distance. Moi-même je suis d'une génération qui a malmené une certaine négritude politique que nous trouvions molle dans ses rapports avec ce qui deviendra la "françafrique". Mais jamais il n'a été question pour nous de vilipender la Négritude venue des profondeurs de la grande diaspora des W.E.B.Dubois, Marcus Garvey, Georges Padmore, Langston Huges, les inspirateurs du "New negro movement", tels Claude McKay, Countee Cullen, Sterling Brown, sans oublier Richard Wright, etc., Négritude reprise, relayée et réinventée par le groupe de Césaire, Senghor, Léon G. Damas.

Bref, la Négritude, l'autre versant du Panafricanisme, souffre d'une tare ontologique, depuis la malédiction biblique des enfants de Cham, ancêtre des Nègres. En se faisant l'écho du génocide esclavagiste, en dénonçant les infâmes travaux forcés du colonialisme, la Négritude est née dans les oublis, les dénis et les plis moisis des thèses et antithèses accumulées sur la négation de l'âme, des cultures nègres.

Cheick Anta Diop qui a exhumé des grimoires sorbonnards l'antériorité, l'origine nègre des civilisations égyptiennes, a subi l'ostracisme de ses "pères" blancs des décennies durant, jusqu'à ce que l'Histoire renonce devant les faits, à peindre Ramsès sous les traits hollywoodiens de Yul Brynner.

Césaire et ses complices Senghor, Léon G. Damas, ont attrapé au vol et ont ennobli l'injure tirée de "nigger", vocable américain traduit du "negro", de la langue de Diogo Cao qui avait vaincu sur les rives du Congo, la négraille qui n'avait pas eu le génie d'inventer le mousquet. Le terme allait connaître sa première fortune avec la première revue noire. Je ne parle pas de celle de Joséphine Baker avec qui la future célèbre formule aurait pu commencer par I'm black BUT I'm beautiful, mais dont la beauté a été hélas réduite à des appâts pour Blancs qui aiment le manioc.

"Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé !"
 "La négritude n'est pas une métaphysique. La négritude n'est pas une prétentieuse conception de l'univers. C'est une manière de vivre l'histoire dans l'histoire
" (Césaire, Discours sur la négritude).

La Négritude est un être, au sens génétique du mot. Elle reprend sans cesse sens, avec les circonstances de temps et de lieu.

"La fin d'une époque", a donc tranché Kelman !

Comme si l'on pouvait couper la gorge à l'Histoire qui se fait, confondue avec un état. D'ailleurs plus d'un demi-siècle plus tôt, Césaire avait anticipé le malentendu qui viendrait sûrement un jour, d'une brebis galeuse à "peau noire et masques blancs" (F. Fanon), victime du divertissement (Pascal) :

 "Je réclame pour ma face la louange éclatante du crachat !".

Même venu de..

"..Ceux qui se sont assoupis aux agenouillements ceux qu'on domestiqua et christianisa ceux qu'on inocula d'abâtardissement tam-tams de mains vides tam-tams inanes de plaies sonores tam-tams burlesques de trahison tabide …"

Etranges siècles (le dernier et celui qui s'annonce), où des nains emboîtent le pas à des géants avec l'outrecuidance de leur faire de l'ombre ! Je sais, G. Kelman ne manque pas de talent oratoire. Mais la grandeur de la griotique (Niangoran Porquet) tient à ce qu'elle ne confond pas le champ noble de la Parole traditionnelle avec le tam tam des nouveaux médias.

Parce que dans Négritude il y a noir, on aurait affaire à une logomachie sur la "colorité" ! Alors que Césaire avait bien avant, hurlé le contraire :

"La carte du monde faite à mon usage, non pas teinte aux arbitraires couleurs des savants, mais à la géométrie de mon sang répandu, j'accepte et la détermination de ma biologie, non prisonnière d'un angle facial, d'une forme de cheveux, d'un nez suffisamment aplati, d'un teint suffisamment mélanien, et la négritude, non plus un indice céphalique ou un plasma, ou un soma, mais mesurée au compas de la souffrance."

Césaire avait encore deviné ce qu'il dira quand, plus d'un demi-siècle plus tard, au lieu du balai de l'éternel éboueur, on lui tendra le micro à ce mouton blanc de la fratrie noire,

"..Le nègre chaque jour plus bas, plus lâche, plus stérile, moins profond, plus répandu au dehors, plus séparé de soi-même, plus rusé avec soi-même, moins immédiat avec soi-même..."     

Qu'importe qu'un jeune homme pressé, un Camerounais, grisé par un certain "black-suces" n'aime pas le manioc ! N'est-ce pas dans l'ordre des choses du formatage culinaire de la mondialisation où l'on entend des auteurs (dont certains sont d'authentiques écrivains), d'origine africaine préférer se dire "a-fricains" ou mieux, heureux d'être "euro-africains", plutôt que d'être des auteurs africains. Il reste que le Cameroun et l'Afrique ne se feront jamais sans Ruben Um Niobé, Félix Moumié, Ernest Ouandié, Ossendé Afana (3) qui eux mangeaient leur "ndollé", en lisant "Discours sur le colonialisme" et "Cahier d'un retour au pays natal".

Ce n'est pas d'avoir essayé de libérer le Cameroun avec les armes qu'on les a tués très vite. C'est qu'un certain Occident ne voulait pas d'une engeance politique qui se mêlait de mettre la culture au fondement de l'action politique et y enraciner les Etats et les nations futurs pour lesquels ils combattaient. Ils avaient compris comme Césaire le répétera plus tard, que le "culturel (est) un préalable indispensable à tout réveil politique et social."

Alors on s'est hâté de lui couper la tête à ce continent, pour laisser pousser à la place, des clones (ou clowns), aujourd'hui pères grabataires de nations d'une Afrique décidément mal partie (René Dumont).

Ensuite on a beau jeu de pérorer sur les responsabilités africaines de l'esclavage, du colonialisme, pour réfuter toute repentance, toute culpabilité de l'Autre esclavagiste et colonisateur.

Les enfants de Césaire ne sont pas ces Nègres..

« ..Qui ne se consolent point de n'être pas faits à la ressemblance de Dieu mais du diable, ceux qui considèrent que l'on est nègre comme commis de seconde classe : en attendant mieux et avec possibilité de monter plus haut ; ceux qui battent la chamade devant soi-même, ceux qui vivent dans un cul de basse-fosse de soi-même.. »..rompus « … à faire des courbettes. .. »

En miaulant :

« ..Je sais comme vous présenter mes hommages, en somme, je ne suis pas différent de vous; ne faites pas attention à ma peau noire : c'est le soleil qui m'a brûlé ».

Et surtout, vous savez, je vous le répète,

« Je suis noir mais je n'aime pas le manioc » !

Les héritiers de Césaire et du flambeau de la vraie négritude sont ceux qui, face à..

« Un monde blanc horriblement las de son effort immense",

Sauront être magnanimes :

"Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !"

Non sans avoir fait au préalable la prière vivifiante des morts :

« Eia pour la joie
 Eia pour l'amour
Donnez-moi la foi sauvage du sorcier
Donnez à mes mains puissance de modeler
Donnez à mon âme la trempe de l'épée
Je ne me déroberai point. Faites de ma tête une tête de proue

Et de moi-même, mon cœur, ne faites ni un père, ni un frère,
Ni un fils, mais le père, mais le frère, mais le fils, ni un mari, mais l'amant de cet unique peuple.
Mais les faisant, mon cœur, préservez-moi de toute haine
ne faites point de moi cet homme de haine pour qui je n'ai que haine
car pour me cantonner en cette unique race

vous savez pourtant mon amour tyrannique
vous savez que ce n'est point par haine des autres races
que je m'exige bêcheur de cette unique race
que ce que je veux
c'est pour la fin universelle… »

Justement, un des avatars de cette fin universelle est ce malentendu qui bêche pour son champ de manioc : « je suis Camerounais mais je n’aime pas le manioc », histoire de dire que les enfants d’immigrés n’on rien à cirer de ce que Paul Bya fait aux Camerounais ou qu’à l’inverse, s’ils rencontraient Finkielkraut, Pascal Bruckner :

C’est top là, je vous comprends, vos ancêtres ne sont en rien comptables si mon père qui était balayeur vient d’âtre balayé par les vrais enfants de l’Europe.

L’Europe centrale pulvérisée avec la chute du Mur. Et alors, Nègres rentrez maintenant chez vous. A moins de descendre plus bas dans les catacombes de Paris où vous ne risquez pas de blanchir avec les rats des égouts. Donc Kelman, sa dernière trouvaille fut d’aller vendre ses talents oratoires à la RTI de Gbagbo en plein massacres inutiles. Eh bien moi en matière de culture, contrairement à la belle phrase d’ATT, je choirais mes hôtes. Sartre a eu cette fameuse formule :

Tous les anti-communistes sont des chiens.

C’était à une époque où les communistes ont payé de leur vie pour lutter contre la bête immonde nazie, parfois mieux et plus que les thuriféraires de la liberté du commerce et de l’industrie. J’ai vu vivre, (une mal-vie) des dizaines et des dizaines d’étudiants en faculté pendant 8 ans; de petits génies qui crachent sur les études. Parce qu’ils souffraient d’un chaînon maquant : le ndollé camerounais que leurs parents ne leur ont pas fait apprécier. Mais ce manioc-là, Kelman ne pouvait pas comprendre qu’il s’agissait d’une bouture de culture et non une racine au sens bio du terme, mais une racine culturelle perdue, volée par les bonimenteurs qui ont appris à vendre en se vendant;

Donc dans un pays où le livre est par terre, un hurluberlu qui a habilement assimilé la problématique identitaire à un astucieux référencement par les moteurs de recherches Google, Yahoo, Firefox pour plus de visibilité pour ne pas dire de dévergondage, eh bien il n’est pas le bienvenu.

Non, M. Kelmann, mon hospitalité est choisie, en matière de culture.

Les organisateurs auraient été mieux inspirés d’inviter l’authentique Mama culture, la mère de Hèrèmakhono, l’épouse d’un autre Guinéen qui avait porté haut l’autre Excellence guinéenne à travers la planète, d’abord tout jeune avec les Ballets africains de Fodéba, et ensuite en allant créer le Ballet national ivoirien. Cette Mama vit toujours, c’est la grande romancière du vrai bestseller mondial, Ségou, tout court : Maryse Condé, épouse de Mamadou Condé qui, ayant attendu en vain le bonheur dans l’enfer de l’autre république (Hèrèmakhono), sont allés voir ailleurs, tous deux aujourd’hui oubliés par la culture de l’amnésie guinéenne qu’un million de librairies ne guériront pas. Contre cette longue maladie, il y a assurément un remède de cheval pour citer encore Alpha Condé, mais ce remède-là n’est pas à sa portée.

Du moins tant qu’il mettra des millions d’euros dans le béton d’Hôtels mille étoiles, alors que le Ministère de la Culture n’a pas de budget pour venir au Salon de presque tous les livres, et que l’on continuera tranquillement à fêter la culture, sur un immense plateau cerné par un calicot qui affiche devant une immense salle remplie de jeunes voués à l’inculture :

« Culturellement votre ».

Wa Salam

Saïdou Nour Bokoum

PS : rendez-vous a Africultures, dans recherche cherchez le dévbat sur Kelmann, ce que je dis de lui est vraiment de l’hyper-soft : http://www.africultures.com/php/

 

 

 

Des signes de vie découverts sur mars dès 1976

La vie sur Mars aurait été retrouvée dès 1976. En effet, en réétudiant des données datant d’il y a plus de 30 ans, des scientifiques pensent que des microbes avaient été collectés lors des missions menées par les sondes Vikings 1 et 2.

En 1976, la NASA envoyait les sondes Vikings 1 et 2 vers Mars. Leur mission était alors de déterminer si oui ou non, la vie avait un jour été présente sur la Planète rouge. Parmi les différentes expériences menées sur place, certaines consistaient à mélanger du sol martien avec une goutte d’eau contenant des nutriments et des atomes de carbone radioactifs. L’idée était que si les échantillons de sol martien contenaient des microbes, ceux-ci auraient métabolisé les nutriments et relâché du méthane ou du dioxyde de carbone radioactif. Ces éléments auraient alors été mesurés par un détecteur de radiation dont la sonde était équipée.

Malheureusement, comme le souligne Joseph Miller, un neurobiologiste de l’université de Californie, "à la seconde où vous mélangez un échantillon de sol avec des nutriments vous obtenez un taux de près de 10.000 molécules radioactives bien éloigné du taux de 50 à 60 qui constitue habituellement le sol sur Mars". Quant aux autres expériences menées sur Terre au retour des sondes, elles s’avérèrent toutes négatives, poussant l'agence américaine à exclure la possibilité d'une existence de vie martienne.

Toutefois, en se replongeant dans les données recueillies par Viking lors de leurs expériences, de nouvelles informations ont été découvertes. Pour cela, les scientifiques ont utilisé des modèles mathématiques qui ont permis d’isoler les marqueurs biologiques de ceux qui ne l’étaient pas. Ainsi, selon l’équipe de Miller, les sondes avaient bel et bien retrouvé des signes d’une vie microbienne sur Mars. Malgré l’extrême concordance des études et vérifications menées, l’équipe admet que ces découvertes ne sont pas suffisantes pour prouver qu’il y a bien de la vie sur la planète rouge.

Un bon signal de vie

Elles concordent néanmoins avec les précédentes découvertes publiées par Miller qui tendaient à prouver qu’un rythme circadien pouvait être observé sur Mars. Il s’agirait d’un cycle de 24,7 heures (par opposition au rythme humain de 24 heures), correspondant à la durée d’un jour martien. Miller avait déjà fait remarquer que les résultats observés lors des mesures de radiations ou de gaz variait énormément selon qu’elles avaient lieu de jour ou de nuit. Pour lui, c’était typique d’un cycle circadien "et nous pensons que les rythmes circadiens sont un bon signal de vie" a-t-il affirmé cité par le National Geographic.

En dépit de sa propre conviction selon laquelle la mission Viking avait bien détecté la vie sur Mars, Miller ne s’attend pas à ce que beaucoup de gens soient convaincus tant qu’ils n’auront pas pu voir de leurs propres yeux une vidéo d’une bactérie martienne s’ébattant dans une boîte de petri. "Pour une raison inconnue, la NASA n’a jamais lancé un microscope qui nous permettrait de voir une chose pareille", indique le neurobiologiste. "S’ils peuvent envoyer un microscope pour les géologues, ils devraient être capables d’en faire autant pour les biologistes".

Bien que Curiosity qui devrait arriver sur Mars cette année n’emporte pas un microscope, Miller pense que les données qui seront recueillies viendront conforter la théorie de son équipe.

 
 
 
 
 
 

Il y a 42 ans, la mission catastrophe Apollo 13 faisait son retour sur Terre

Le 17 avril 1970, il y a tout juste 42 ans, les trois astronautes de la mission Apollo 13 revenaient miraculeusement sur Terre après qu'un des réservoirs d'oxygène de leur vaisseau a explosé, les obligeant à se réfugier dans le module lunaire.

C'est l'un des plus célèbres échecs de l'histoire du spatial. Un échec qui aurait bien pu coûter la vie aux trois astronautes qui participaient à la mission. Le 17 avril 1970, il y a 42 ans jour pour jour, les Américains Jim Lovell, John Swigert et Fred W.Haise faisaient un retour remarqué sur Terre après moins de six jours passés dans l'espace pour la mission Apollo 13. Lancée le 11 avril, celle-ci avait pour but, comme les missions Apollo antérieures, de partir explorer la Lune et d'en ramener des roches ainsi que d'y pratiquer quelques expériences. Mais alors que les trois astronautes étaient censés alunir au niveau du cratère de Fra Mauro, ceux-ci n'ont jamais pu atteindre leur but.

Dans les premiers temps, tout s'est bien déroulé. La fusée Saturn V a décollé avec succès depuis le Centre Spatial Kennedy en Floride pour envoyer le vaisseau dans l'espace. Ce dernier a alors voyagé pendant deux jours... avant que la situation ne se complique. Au cours du trajet vers la Lune, l'un des réservoirs d'oxygène du module de service a explosé, en raison d'une série de défaillances et de négligences au cours de la préparation du vaisseau. Suite à l'explosion, les astronautes se sont alors rapidement rendu compte que l'accident était grave. C'est à ce moment-là, en entendant l'explosion et en voyant une lumière d'alarme que le pilote Jack Swigert a prononcé la fameuse phrase aujourd'hui mondialement connue mais légèrement modifiée "Houston, nous avons eu un problème".

Trente minutes plus tard, les trois astronautes se sont aperçus que l'oxygène s'échappait au dehors. Endommageant les conduites d'un autre réservoir, l'explosion a au final rendu le module totalement inhabitable, faisant perdre l'approvisionnement en eau, en électricité et en oxygène. Malgré leurs tentatives, l'équipage n'a alors eu qu'un seul choix : se réfugier dans le module lunaire. Néanmoins, lorsque l'accident est survenu, le vaisseau se trouvait déjà à plus de 300.000 kilomètres de la Terre, excluant toute possibilité de faire demi-tour et obligeant à poursuivre le voyage vers la Lune. En contact avec les équipes au sol, les trois astronautes ont alors envisagé plusieurs moyens tous complexes pour parvenir à reprendre le chemin vers notre planète et s'en sortir vivants.

Un retour particulièrement éprouvant

Mais c'est finalement en faisant le tour du satellite naturel et en utilisant son attraction gravitationnelle qu'ils ont réussi à prendre la route du retour. Toutefois, c'était encore loin d'être gagné car le module lunaire Aquarius n'avait pas été conçu pour que l'ensemble de l'équipage l'habite durant une période prolongée. Jim Lovell, John Swigert et Fred W. Haise, aidés des équipes au sol ont ainsi dû trouver un moyen de récupérer de l'énergie, d'économiser l'oxygène et d'éliminer le dioxine de carbone pour survivre le temps nécessaire pour revenir sur Terre. Les trois astronautes ont également dû considérablement réduire leur apport en eau. Durant tout le retour, l'équipage s'est trouvé totalement déshydraté et a établi un record auquel aucune mission Apollo n'était parvenue : Jim Lovell a perdu 6 kilos et l'équipage un total de 14 kilos, soit 50% de plus qu'arrivé jusqu'ici.

Le manque d'eau, d'oxygène ainsi que le froid a rendu le voyage retour particulièrement pénible pour les trois astronautes qui n'arrivaient quasiment pas à dormir. Finalement, il a fallu un peu moins de 4 jours pour que le module n'atterrisse dans l'Océan Pacifique et que l'équipage ne soit secouru. Sortis sourire aux lèvres du module, ils ont par la suite été honorés à plusieurs reprises pour cet "échec réussi" mais leur aventure a sans aucun doute marqué l'histoire du spatial, donnant même lieu au film Apollo 13 réalisé par Ron Howard et relativement fidèle.

source : maxiScience

 

Guinée : La dissidence hubbhu du N’dama dans le Labé (4e partie)

Thierno Ibrahima dit Waliou N’Dama mérite une place d’honneur parmi les martyrs du colonialisme. Il naquit à Himaya vers 1824 et fit de brillantes études théologiques auprès de Karamoko Koutoubou de Touba qui fut également le maître d’Alfa Mamadou Diouhé de Limaniya. Il étudia aussi dans sa famille maternelle dans le TImbi chez Thierno Ibrahima de Gnaly qui eut également pour élève Thierno Lliassa qui mena une dissidence hubbhu dans le Timbi. De 1869 à 1901, Thierno Ibrahima dirigea le N’Dama, un petit état dissident hubbhu rival dans le Labé. A l’origine, le N’Dama était une province vassale du diwal de Labé. C’est Thierno Ibrahima qui s’affranchit de cette tutelle et réussit à faire reconnaître sa souveraineté aux almamys du Fouta.

Quatre ans avant sa naissance, mourut Thierno Ciré le fondateur de la province de N’Dama. A la mort de ce dernier qui fut un véritable chef de guerre, son fils aîné Thierno Diao lui succéda et la chadliya obtint alors un grand rayonnement, ce qui fit du N’dama un lieu de pèlerinage et dyaaroré très réputé. La grande piété de Thierno Diao attira un grand nombre de réfugiés qui fuyaient les injustices et exactions des autorités du diwal de Labé. Cette situation et l’essor de la chadliya dans le N’Dama ne tardèrent pas à susciter l’inquiétude de l’Alfa mo Labé. Cependant Thierno Diao parvint à calmer le jeu tout en étendant l’influence de sa confrérie jusqu’à sa mort en 1865. C’est son fils, Thierno Abdoul Gouddoussi, un grand érudit surnommé à juste titre le waly de N’Dama qui prit sa succession. Il effectua plusieurs expéditions en vue d’islamiser les Bassaris, les Coniaguis et les Badiarankés. Il prit vers 1869 au cours d’une campagne dans le N’Gabou de Diankéwah. A la mort de Thierno Abdoul Gouddoussi, son frère Thierno Ibrahima, wali de N’Dama lui succéda et s’employa à sauvegarder et à développer l’héritage spirituel légué par son père et son frère.

Par la suite, persécuté par les Tandas, Thierno Ibrahima N’Dama fit appel à Wora, au Kinsi, au Binani et aux Dara Bowés. Finalement, il réussit à pacifier le pays (1884-1891). Les tandas durent fuir en Gambie et en pays Coniagui. Malgré toutes ces difficultés et l’hostilité de Alfa Yaya, roi de Labé, la Chadliya se renforça encore davantage dans le N’Dama, la Basse Casamance, la Guinée portugaise et la Gambie.

Encouragé par Moussa Molo, Thierno Ibrahima s’allia aux autorités françaises du Sénégal en vue de s’affranchir complètement de la tutelle du Fouta Djallon. Un traité fut signé en 1896 et deux ans durant, Thierno Ibrahima paya ses impôts en bovins à Sédiou au Sénégal. Cette indépendance de Thierno Ibrahima N’Dama affecta énormément Alpha Yaya qui encouragea l’administration française de Guinée à récupérer le N’Dama pour le placer sous le giron de Labé. Des combats très sanglants eurent lieu entre les soldats de N’Dama commandés par Modi Alimou et une petite troupe française commandée par le lieutenant Noirot le 10 mai 1899. Les talibés mirent en déroute les intrus et Noirot dans sa retraite faillit perdre la vie. L’expression « Kouré Niaki » ou balles d’abeille illustre bien l’âpreté de l’affrontement. Cette défaite fut pénible pour les Français.

L’administration française revint en force et par surprise arrêta Thierno Ibrahima N’Dama avec ses fils et cousins le 8 mai 1901. Déporté en Afrique équatoriale en 1902, il y mourut la même année. Sa tombe se trouve au cimetière de Luango à 25 kms de Pointe Noire en république du Congo.

Depuis les talibés se sont dispersés et la chadliya a pratiquement disparu du N’Dama tout comme à Gomba.


Diallo Boubacar Doumba


Sources documentaires :

Histoire du Fouta Djallon de Thierno Mamadou Bah
Histoire du Fouta Djallon d’El Hadj Maladho Diallo