GUINEE-BISSAU : Coup d'Etat du 12 avril, après le black-out, la censure militaire
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- Catégorie : Avis et communiqués
- Mis à jour le jeudi 19 avril 2012 00:37
- Publié le jeudi 19 avril 2012 00:33
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum
Six jours après le putsch survenu en Guinée-Bissau, lors duquel le Premier ministre Carlos Gomez Junior et le Président intérimaire Raimundo Pereira ont été arrêtés, Reporters sans frontières constate de graves entraves au droit d'informer dans ce pays d'Afrique de l'Ouest : journalistes menacés, black-out de l'information, médias censurés... Nous appelons le pouvoir militaire à restaurer le droit de la presse à informer librement.
"Le coup d'Etat militaire survenu le 12 avril 2012 a entraîné de graves atteintes à la liberté d'informer, pourtant vitale en cette période de troubles politiques. A un black-out de l'information, où l'ensemble des chaînes de télévision et de radio ont été fermés a succédé un contrôle par les autorités militaires des contenus médiatiques. Nous espérons que le retour à la normalité politique et institutionnelle promis par la junte au pouvoir aboutira à un rétablissement total de l'activité des médias", a déclaré Reporters sans frontières.
Une rencontre a été organisée le 16 avril 2012 entre le commandement militaire et les directeurs des différents organes de presse afin de permettre la réouverture des médias suspendus. Les militaires ont cependant conditionné celle-ci à l'interdiction d'évoquer les manifestations qui ont lieu dans la capitale. La junte invoque un objectif "de construction de la paix et de l'unité nationale" pour justifier cette injonction. Reporters sans frontières dénonce dans cette mesure la mise en place d'une censure militaire.
Outre les fréquentes coupures d'électricité et les perturbations des moyens de communication empêchant les journalistes d'effectuer pleinement leur travail, l'ensemble des radios et la chaîne de télévision n'ont pu émettre leurs programmes, ou transmettre des informations pendant le week-end. Le commandement militaire avait en effet suspendu toutes les activités des journalistes au nom de "la cohésion nationale". "Quiconque aurait contrevenu à ces ordres aurait été exposé à de sévères représailles, ou à vivre dans la clandestinité", a confié une source de Reporters sans frontières. Seule Radio Nacionale, station de radio publique de Guinée-Bissau occupée par les militaires, diffusait de la musique et les communiqués de l'armée appelant au calme.
Le 13 avril, alors qu'il photographiait des installations militaires, le célèbre blogueur António Aly Silva (Didatura do Consenso, "la dictature du consensus", http://ditaduradoconsenso.blogspot.fr) a été arrêté et frappé par des militaires. Le journaliste a été relâché quelques heures après son interpellation, mais son matériel a été confisqu. Le même jour, quelques heures après l'attaque de la résidence du Premier ministre, les militaires contrôlaient les entrées et sorties des locaux de RTP-Africa, un média portugais. Les reporters de RTP-Africa auraient été menacés armes au poing par les militaires, tandis que du matériel et des caméras leur auraient été subtilisés.
Située à la 75e place, sur 179 pays, dans le classement mondial 2011-2012 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, la Guinée Bissau, depuis son indépendance en 1974, est régulièrement touchée par des coups d'État. Ces violences des forces de sécurité, ajoutées à celles de personnalités liées au narcotrafic, contribuent à produire un environnement néfaste pour l'émancipation de la liberté de la presse et l'exercice du journalisme. En 2007, Reporters sans frontières avait publié un rapport de mission intitulé "Cocaïne et coups d'Etat, fantômes d'une nation bâillonnée".
Voir le rapport : http://fr.rsf.org/guinee-cocaine-et-coup-d-etat-fantomes-d-12-11-2007,24329.html
Retour d'une mission internationale d'enquête au Sud Soudan
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- Catégorie : Avis et communiqués
- Mis à jour le samedi 14 avril 2012 12:20
- Publié le samedi 14 avril 2012 12:20
- Écrit par Saïdou Nour Bokoum

Les combats entre le Soudan et le Sud-Soudan doivent cesser pour un règlement négocié des conflits.
Des ONG portent plainte contre le groupe George Forrest international pour destructions illégales d'habitations en RDC
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- Mis à jour le jeudi 5 avril 2012 19:04
- Publié le jeudi 5 avril 2012 19:04
- Écrit par FIDH
Paris, Oxford, Bruxelles, Kinshasa, le 5 avril 2012 - Le 24 novembre 2009, la Compagnie minière du Sud Katanga (CMSK), qui exploite une mine à Luiswishi en République démocratique du Congo (RDC), a cautionné et participé à la destruction de plusieurs centaines de maisons dans les villages de Kawama et de Lukuni-Gare, tous deux proches de la mine. Plus de 500 habitations ont été détruites par les engins appartenant à la CMSK et plusieurs personnes ont été blessées. La CMSK est une joint venture détenue à 60% par l’entreprise générale Malta Forrest (EGMF) qui appartient au groupe belge GEORGE FORREST INTERNATIONAL (GFI).Cette opération de destruction, présentée comme visant à faire « déguerpir » les creuseurs artisanaux et clandestins a en réalité touché des villageois vivant principalement de l'agriculture et de la fabrication de braises. Dans les douze mois précédant l'opération, plusieurs incidents violents ont été rapportés au cours desquels les services de sécurité de la mine et la police auraient blessé ou tué des creuseurs artisanaux se trouvant dans la zone de la concession, et tiré à balle réelle en direction du village. Le 9 novembre 2009, un habitant du village, Boniface Mudjani Tumba, aurait ainsi été touché à la poitrine par une balle perdue alors qu'il prenait son bain dans sa maison de Kawama.
« Les agissements du groupe Forrest sont en contradiction flagrante avec la responsabilité des entreprises de respecter les droits les droits de l'Homme »a estimé Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH. « Les Principes directeurs de l'OCDE établissent clairement que les entreprises doivent s'acquitter de leurs responsabilités y compris lorsque les Etats ne respectent pas leurs obligations internationales en matière de droits humains », a-t-elle ajouté.
A ce jour, ni la procédure judiciaire initiée au niveau local ni la tentative de médiation n'ont abouti en une quelconque réparation des personnes victimes des agissements de la CSMK. A plusieurs reprises, nos organisations ont demandé au groupe Forrest de reconnaître ses responsabilités dans ces violations et d'entamer une négociation avec les représentants des victimes. Malheureusement, Forrest n'a pas souhaité y donner suite.
Aussi, RAID, l'ACIDH, la FIDH, et ses organisations membres en Belgique et en RDC (la Ligue des électeurs et le Groupe Lotus) ont-elles demandé hier au Point de contact national belge de se saisir de l'affaire. « Nous attendons du point de contact belge qu'il confirme que les principes directeurs ont été violés et qu'il initie une médiation indépendante visant à compenser dans les meilleurs délais les victimes qui ont été blessées ou qui ont perdu leur logement et leurs moyens de subsistance », a déclaré Patricia Feeney de Rights and Accountability in Development ( RAID).
« Il est temps pour l'entreprise Forrest de changer ses pratiques en République démocratique du Congo » a ajouté Emmanuel Umpula de l'ACIDH. « Nous espérons que le Point de contact national pourra influencer positivement le groupe Forrest pour qu'il prenne en compte à l'avenir les droits humains des communautés locales ». Lire le résumé de la plainte : cliquez ici
Contacts presse : RAID : Tricia Feeney - Tel: + 441865515982 (au Royaume-Uni)FIDH : Arthur Manet - Tel: +33 6 72 28 42 94 (en France) ACIDH : Emmanuel Umpula - Tel: +243 997 025 331 (en RDC)
Appel à propositions sur le thème de la lutte contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.
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- Mis à jour le samedi 14 avril 2012 00:08
- Publié le vendredi 13 avril 2012 23:54
- Écrit par FFIDDHOP
Le Fonds francophone d’initiatives pour la démocratie, les droits de l’Homme et la paix (FFIDDHOP) de l’Organisation internationale de la Francophonie a lancé le 26 mars dernier son sixième appel à propositions sur le thème de la lutte contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants. Ce fonds a pour vocation d’apporter son appui aux initiatives et projets de terrain développés pour la promotion et la culture des droits de l’Homme, de la démocratie et de la paix. Les inscriptions sont ouvertes aux projets pour des organisations ayant une capacité de financement couvrant au moins 30 % du coût du projet en fonds propres et/ou sous forme de contributions de partenaires. Le montant sollicité ne doit pas excéder 65 000 Euros.
Cet appel à propositions s’adresse aux organisations de la société civile. Pour être éligibles, les candidatures doivent provenir des 41 Etats membres de l’OIF ayant signé l’OPCAT. Les projets devront reposer sur une approche inclusive impliquant notamment la participation de la société civile, les institutions nationales des droits de l’Homme (INDH), les chercheurs et les médias, et pourront être consacrés aux trois axes suivants :
Axe 1 : vulgarisation de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants et du Protocole facultatif s’y rapportant, ainsi que les instruments internationaux et régionaux, en particulier la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, les Lignes directrices de Robben Island, la Convention interaméricaine pour la répression et la prévention de la torture, et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
Axe 2 : amélioration des conditions de détention (lutte contre la surpopulation carcérale, lutte contre les abus en matière de détention préventive, prise en charge des victimes de torture ; modernisation de l’administration pénitentiaire, santé carcérale) ;
Axe 3 : contribution à la mise en place des mécanismes nationaux de prévention (MNP) prévus par l’OPCAT, ou de dispositifs d’échange entre ces MNP au niveau sous-régional et régional. Un projet peut concerner un ou plusieurs axes. Pour tout renseignement supplémentaire, les candidats pourront se référer au site de l’OIF, www.francophonie.org La limite de dépôt des dossiers a été fixée au 1er mai 2012. L’examen de ces propositions aura lieu en mai et les résultats publiés en juin 2012.
Le dossier est à envoyer à : M. Lazare Ki-Zerbo Organisation internationale de la Francophonie DDHDP 19-21 avenue Bosquet 75 007 Paris France courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
L’appel sur le site de l’OIF : http://www.francophonie.org/6e-Appe…
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MAISON DE LA PRESSE DE GUINEE
Coléah - Lancéboundji - Conakry
(224) 64 02 43 02/64 42 72 02
La honteuse circulaire Guéant
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- Mis à jour le jeudi 5 avril 2012 13:10
- Publié le jeudi 5 avril 2012 13:04
- Écrit par Thierno Camara
Dans quelques temps, cela fera bientôt un an que la sinistre circulaire Guéant est appliquée.
Depuis le 31 mai 2011, des milliers d’étudiants et de diplômés étrangers ont vu leur situation se dégrader et se précariser.
Très vite, le collectif du 31 mai s’est organisé pour mener une action collective et recenser tous les cas. Il a été rejoint par "Université Universelle" qui a donné un écho médiatique à cette situation inacceptable et injuste.
En signant notre appel contre la circulaire Guéant, vous avez contribué à le placer sur le devant de la scène.
En plus de signer cet appel, des personnalités du monde universitaire, politique, artistique et du monde de l'entreprise ont accepté de parrainer de jeunes diplômés, allant jusqu’à interpeller le sommet de l’Etat.
L’ensemble des parrainages qui ont eu lieu en ce début d’année a permis d’aider une soixantaine d’étudiants mais les résultats ne peuvent entièrement nous satisfaire.
Si une vingtaine d’étudiants ont aujourd'hui pu obtenir leur changement de statut, nous devons regretter que 4 d'entre eux, à notre connaissance, aient dû quitter le territoire.
