Sadio Barry : Alpha Condé, le RPG et la culture de violence en Guinée

Bismillahirrahmanirrahim !

Chers compatriotes, ce texte est celui d’un Guinéen et  ressortissant de la Haute Guinée. Ma ville natale est Siguiri, ma ville de  résidence est Kankan. Que Dieu nous donne la foi et le courage de dire la  vérité, la force et la sagesse de la reconnaître ! Car, celui qui n’a pas le  courage de dire la vérité, ne peut pas se battre pour la justice. Or, la  persistance de l’injustice mène aux conflits et à la ruine de la société. Pour  résoudre un problème, il faut d’abord le reconnaître. J’accuse Alpha Condé et  son parti RPG d’avoir désuni la Guinée, déshumanisé la Haute Guinée et abruti la  société malinké.

Avant l’implication active d’Alpha Condé dans la politique  guinéenne, les populations malinkés, comme celles de toutes les autres régions  de la Guinée, étaient connues pour leur pacifisme, leur attachement à la justice  et leur humanisme profond envers les « étrangers ». Malgré les 26 ans du régime  sanguinaire et clanique du malinké Sékou Touré, la population malinké est restée  pieuse et hospitalière. Les malinkés avaient pitié dans le cœur, portaient  secours aux fugitifs et aidaient des Peuls et autres Guinéens à fuir le pays  pour échapper aux tueurs de la Révolution. En Haute Guinée, les gens aimaient la  vérité (ils vénéraient le compagnon du Prophète "Aboubacar Sidiki" qu’ils  qualifient d’homme de vérité) et ils avaient surtout peur d’un péché  particulier : « Niibö » (ôter une âme). Arriva alors Alpha Condé et son RPG pour  diviser la société, cultiver la haine, semer la corruption, endurcir les cœurs  et pervertir les mœurs.

Du mensonge à la calomnie, de la corruption aux intimidations,  de la propagation de la haine à l’organisation des pogroms, des attentats et  assassinats à la guerre, le RPG d’Alpha Condé n’a ménagé aucun effort ni écarté  aucun moyen pour arriver au pouvoir en Guinée. C’est pourquoi, entre 2010 et  2015, Alpha Condé se comporta comme un chef de tribu rebelle qui a conquis le  pouvoir par des armes. Il mit en place un régime autoritaire et ethnique, avec  une politique destinée à marquer le retour-revanche des Malinkés au pouvoir et à  affaiblir les autres communautés du pays. Tout a été mis en œuvre pour que les  Malinkés, ses partisans, soient en mesure de pouvoir élire seuls, le Président  de la République en Guinée:

  1. les institutions républicaines, l’armée et l’administration  sont outrageusement maninkalisées sans précaution de choisir des  compétents,
  2. des fonds sont dégagés pour la promotion et le déploiement de  la milice armée donzo dans tout le pays,
  3. des fonds et des postes sont dégagés pour diviser les  populations du Fouta et y transformer certains en des « colonies  malinkés »,
  4. détruire l’harmonie et l’unité de la Basse Côte en faisant  distinguer les Bagas des Soussous,
  5. faire la promotion des tribus malinkés établies en Forêt  contre les populations autochtones de cette région,
  6. les statistiques du pays sont falsifiées avec des  recensements à dessein pour faire doubler la population électorale malinké et  promouvoir la construction et le développement de la Haute Guinée aux frais et  au détriment des autres ethnies et régions du pays.
  7. les Peuls et leurs biens sont systématiquement pris pour  cibles, pour les appauvrir et pour les faire fuir le pays afin de garantir la  suprématie malinké au profit des clans au pouvoir : avant les législatives 2013,  ils ont fait plusieurs victimes peules avec plus de 46 milliards GNF de fonds et  biens pillés. Avant la présidentielle 2015, ils ont fait 589 opérateurs  économiques victimes et une valeur totale (provisoire) de 128 milliards 906  millions 639 mille 85 francs guinéens pillés, sans parler des morts et blessés  par balles (Suivre).

Mais le pire des crimes dont Alpha Condé et son régime RPG se  sont rendus coupables en Guinée, c’est de bafouer la vie humaine et de donner à  ses partisans et aux extrémistes Malinkés le sentiment qu’ils peuvent désormais  tout se permettre en Guinée avec l’assurance d’une impunité totale pour eux.  Comme l’a dit Fodé Oussou Fofana, la Haute Guinée est devenue une République à  part en Guinée, les Malinkés sont devenus des supra-citoyens au dessus des  lois ! Conséquences dangereuses :

  1. à chaque occasion, des militants du RPG et jeunes malinkés  excités et parfois escortés par des forces de l’ordre, s’attaquent aux Peuls et  aux partisans de l’opposition. A Banankoro, des citoyens peuls furent brûlés  vifs et leurs biens pillés parce qu’ils participent à la campagne de l’UFDG ou  sont supposés être électeurs de ce parti (Suivre). Des violences de ce genre avaient aussi été  dirigées contre les citoyens peuls en Haute Guinée avant le second tour de la  présidentielle de 2010 (Suivre). Dans cette vidéo, on entend des femmes crier  « Alu yaa fuwa », c'est-à-dire « Tuez-le ! ».
  2. à Zogota, le massacre des Guerzés en plein sommeil fut  extrêmement violent, comme s’il ne s’agissait pas de Guinéens (Suivre).
  3. à deux reprises, la milice donzo et des extrémistes malinkés  ont provoqué des violences à la frontière guinéo-malienne (en fin février et au  début juin 2015). Les 3 morts et plusieurs blessés maliens en février n’ayant  entrainé aucune conséquence côté guinéen, la réplique des gendarmes maliens sera  foudroyante contre les Guinéens au mois de juin : 9 chasseurs tués et plusieurs  blessés côté guinéen alors qu’il n’y a eu que 4 gendarmes maliens blessés.
  4. ce ne sont plus des pauvres paysans qui creusent la terre à  la recherche de l’or pour la survie quotidienne, mais de gros Malinkés fortunés  qui, en complicité avec des étrangers, se livrent au pillage des richesses du  pays en toute impunité: ils se permettent d’utiliser des engins lourds comme des  excavateurs, camions-bennes, etc. pour extraire de l’or du pays et l’exporter  sans autorisation (Lire).

La culture de la violence est encrée dans les têtes au point  que, même entre eux, désormais, tout différend ou adversité se règle par la  violence et des meurtres crapuleux. Ainsi, même pour des postes de  responsabilité dans le parti RPG, qu’une simple élection démocratique à la base  peut régler, des affrontements ont fait plusieurs morts et blessés avec  d’énormes dégâts matériels entre Malinkés et militants du RPG à Siguiri, à Beyla  et ailleurs cette année 2015.

Quand moi j’étais adolescent en Haute Guinée, les jeunes et  femmes avaient peur de voir des morts à plus forte raison de tuer un semblable.  Avec le RPG d’Alpha Condé, la vie humaine n’a plus aucune valeur en Guinée.

Les dimanche et lundi 15 et 16 novembre 2015 : au moins trois  personnes ont été tuées à Touba dans la région de Gaoual. Les cadavres des  victimes sont trimballés dans la rue et jetés comme des cadavres de chiens  enragés. Dans l’enregistrement d’une de ces scènes de violences horribles, on  entend des acteurs crier en bon malinké : « Alaata », « Alu kaasama de », suivi  de slogan religieux « Allahou Akhbar ! Allahou Akhbar ! » (Suivre).

Le dimanche 29 novembre 2015 : quatre hommes, accusés du  meurtre d’un vendeur d’or, ont été arrêtés et emprisonnés à Kouroussa, une ville  fief du RPG. Des jeunes et adultes excités viendront les extraire de la prison  où ils étaient détenus pour les lyncher de la manière la plus horrible du  monde : la foule aura le temps de casser les portes de la prison, enlever les  détenus, les attachés et trimballer, les encercler, les lapider et bastonner  comme des chiens jusqu’à la mort ou l’immobilisation totale, un après l’autre,  avant de les brûler, sans aucun grain de pitié !
Une personne se hasardera à  dire « Eh Allah » devant la scène de mise à mort. La foule lui crie dessus et  des jeunes excités la menacent de subir le même sort. Un des meneurs s’avance et  parle : 

« Dyönkan wodi ko Eh Alla ? Mèn bafö ko eh Allah, an be wo  fanan la alu kan. Do kafö ko Eh Allah ! ».

C’est-à-dire : « Qui a dit Eh Alla ? Que quelqu’un répète  encore ce mot, nous allons l’ajouter aux cadavres ! ».

De la foule, quelqu’un pousse un jeune au milieu en disant :  « Lui aussi est un voleur ! ». Plusieurs autres voix démentirent en disant que  le jeune vient de la foule et ne fait pas partie des voleurs. Mais la foule  excitée qui semble tirer plaisir des horribles massacres d’hommes continua à le  lapider. Il sera atrocement tué comme les autres (Suivre 1 et 2) ! Ainsi, les hommes et femmes vertueux sont réduis  au silence et les démons sont en train de prendre le dessus en Haute Guinée par  la faute du RPG et la démission de l’élite malinké qui fait majoritairement  bloque derrière ce parti dangereux pour la Guinée.

Dans ces vidéos, tous les acteurs sont clairement  identifiables. Ont-ils été arrêtés ? Vont-ils être punis ? Il semble qu'ils sont  des jeunes engagés du RPG que l'on envoie d'habitude pour attaquer l'opposition.  Ils savent donc qu'ils ne risquent rien.

Entre 2010 et 2015, la Guinée a enregistré plus de victimes de  violence que certains pays dit officiellement en guerre, du fait du népotisme,  du tribalisme et de l’impunité que le RPG d’Alpha Condé a érigé en système de  gouvernement. Dans son rapport du 12 décembre 2015, l’organisation  internationale des droits de l’homme Human Rights Watch écrit :

« Les observateurs nationaux et internationaux affirment  que le gouvernement de Condé a aggravé les tensions ethniques en omettant de  sanctionner les membres des forces de sécurité pour les abus commis contre les  Peuls ; en usant de discrimination dans la désignation des fonctionnaires, ce  qui, selon les observateurs, a abouti à un nombre disproportionné de  fonctionnaires Malinkés; et en utilisant parfois les services de sécurité et le  système judiciaire afin de réduire et de punir des membres de l’opposition  politique exerçant leur droit de réunion pacifique. … De la même façon, suite  aux violences communautaires survenue en 2013 dans la région de N'Zérékoré dans  le sud-est du pays qui a fait environs 200 morts, il n’y a pas eu d’enquête sur  le rôle de plusieurs politiciens considérés comme proches du parti au pouvoir  dans ces violences. En outre, des huissiers de justice, chargés de faire  appliquer de nombreuses décisions judiciaires, ont indiqué que les ingérences  politiques dans leur travail avaient été fréquentes … Des flambées  sporadiques mortelles de violence communautaire et politique à caractère  ethnique ont, depuis 2010, fait plusieurs centaines de morts. Les épisodes les  plus meurtriers se sont produits en Guinée forestière, région du sud-est du  pays, en particulier à N’Zerekoré. Par exemple, en 2013, plusieurs centaines de  personnes ont été tuées lors d’affrontements entre les groupes ethniques Guerze  et Konianke ; et en 2011, plus de 25 personnes ont perdu la vie lors  d’affrontements entre les Kpèlès et les Malinkés dans le village de  Galakpaye. » (Lire).

C’est Alpha Condé, en tant que chef du parti et Président de la  République, qui est responsable de la division ethnique et des violences  inhumaines qui caractérisent aujourd’hui la société guinéenne. Certes, c’est lui  Alpha Condé qui protégeait et défendait les non-malinkés dans le RPG. C’est lui  qui se révoltait contre l’ethnocentrisme et des agissements des extrémistes  malinkés au sein du RPG. Mais en 2010, voyant que la transition est dirigée par  un Malinké (Sékouba Konaté), c’est lui qui a utilisé l’argument, la division et  la violence ethnique pour se faire transférer le pouvoir. Sa stratégie de  pressions ethniques a si bien marché que Sékouba Konaté assurera à l’avance  qu’il ne cédera jamais le pouvoir à un Peul (Lire  le témoignage de Santullo). C’est lui Alpha Condé qui a fondé son  alliance politique et la gestion de la République sur des bases  ethnico-régionalistes (La Présidence à la Haute Guinée, la Primature à la Basse  Côte, la tête de l’Assemblée Nationale à la région forestière et la fonction de  chef de file de l’opposition au Fouta).

Les propos d’Alpha Condé rapportés par le journal « Le Monde »  du 2 sept 2010 suite au ralliement de Sydia Touré de l’UFR à l’alliance de  Cellou Dalein Diallo:

« Sidya Touré a perdu sa base électorale. Je suis soutenu  par la Basse et la Haute Guinée et la Guinée forestière. C'est l'expression du  refus de la volonté de domination des Peuls ».

Les propos (récents) d’Alpha Condé adressés aux Malinkés à  Kankan le 9 mai 2015 :

« Si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors  qu'il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux Malinkés, aux  Forestiers et aux Soussous ! ».

Dans le même discours, le chef de l’Etat Alpha Condé dit aux   populations de la Haute Guinée que lorsqu’il venait au pouvoir, les Malinkés,  sous le règne du soussou Lansana Conté, avaient leurs bouches dans le sac et  qu’ils n’avaient pas le droit de parler leur langue maninka à Conakry. Avant  d’ajouter que s’ils s’asseyent jusqu’à ce qu’il perde la présidentielle du 11  octobre et qu’il quitte le pouvoir, ils vont subir pire que ce qu’ils ont subi  en 1985.

Le régime RPG d’Alpha Condé rappelle étrangement celui  d’apartheid de Pieter Willem Botha d’Afrique du Sud.

Le 01 juin 2015, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir,  Alpha Condé fait voter une loi autorisant les forces de l’ordre à tirer à balles  réelles sur les manifestants Guinéens, sachant bien que ces derniers seront  Peuls, Basse-Côtiers et Forestiers et que les tireurs ou donneurs d’ordre sont  Malinkés ! Le sentiment qui en résulte chez des potentiels victimes, en  particulier chez la majorité des Peuls et Guerzés, n’est pas moins que ce que la  majorité noire ressentait sous le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Tous ces faits constituent des preuves irréfutables pour mettre  Alpha Condé en cause en cas de guerre civile en Guinée, même 20 ans après sa  mort ! Alpha Condé a donc intérêt à restaurer l’unité du pays, ramener l’ordre  et l’harmonie entre Guinéens avant la fin du second et dernier mandat qu’il  s’est offert.

Toutefois, il se pourrait qu’Alpha Condé ait pris conscience du  péril dans lequel des extrémistes et tribalistes malinkés sont en train de  l’entrainer en compromettant l’avenir du pays et qu’il ait décidé de changer et  laisser un bilan positif en Guinée. Après le chaos et la mascarade électorale  qu’il a fait organiser le 11 octobre 2015, Alpha Condé a déclaré qu’en 2010, il  a été obligé de faire des alliances qui l’ont conduit à une politique de  récompense. Et que cette fois-ci, grâce à sa victoire au premier tour, il ne  doit rien à personne et que c’est le peuple qui l’a directement élu. Il a juré  de faire changer les choses pendant ces 5 prochaines années.

Alpha Condé cherchait-il ainsi à se trouver des excuses pour le  calendrier électoral et sa victoire au premier tour imposés aux Guinéens ? Ou  bien il a commis cette autre fraude pour se donner la chance de rectifier le tir  et sauver l’avenir du pays ? En effet, seul Alpha Condé peut ramener aujourd’hui  la justice, l’ordre et le respect des lois dans le pays sans que les Malinkés ne  disent qu’il y a une politique de vengeance contre eux. Il a manifesté ses  intentions par la parole, aura-t-il le courage et la dimension d’homme d’Etat  pour les réaliser par des actes ?

Lors de sa rencontre avec Sidya Touré il a déclaré : « Je  souhaiterais que pendant les cinq années que je vais avoir, je puisse faire de  belles réalisations dans mon pays. Je veux mener un travail qui va faire que moi  aussi je puisse laisser mon nom en Guinée ».

Ces propos, Alpha Condé les a tenus devant plusieurs autres  personnes et il n’a pas attendu son investiture pour donner des signes de  changement. En peu de temps, plusieurs personnes qui se croyaient intouchables  ont été limogées pour « fautes lourdes », comme cela se doit et se fait  ailleurs. Après le drame de Koundara, il a limogé le ministre de l’intérieur  Mahmoud Cissé, le secrétaire général aux affaires religieuses El hadj Abdoulaye  Diassy, ainsi que son adjoint Elhadj Aboubacar Fofana pour « faute lourde ».  Après le drame de Kouroussa, le préfet Dramane Condé, le chef d’escadron de la  gendarmerie, le commandant Mohamed Wonkifong Camara, le commissaire de police de  la ville, le commissaire divisionnaire Alhassane Baldé, ont été démis de leurs  fonctions. Le juge de paix de Kouroussa a, quant à lui, été suspendu. Des actes  louables et hautement symboliques qui marquent une volonté de changement chez  Alpha Condé. Mais les événements que nous avons vécus à la veille de son  investiture du 14.12.2015 nous obligent à douter si Alpha Condé et son parti RPG  ont la maturité et la sagesse de gérer un Etat pluraliste : les mesures de  déguerpissement pour mettre de l’ordre et rendre propre la capitale n’ont ciblé  que les autres ethnies, pas des Malinkés qui assombrissent l’axe visible de la  capitale (Lire).

Rien n’est plus douloureux pour un homme que de découvrir que  le chemin qu’il a parcouru est faux et qu’il n’y a pas moyen de rebrousser  chemin ou de le rectifier. Accordons donc, malgré tout, le bénéfice du doute à  Alpha Condé et croyons à sa bonne foi de vouloir changer positivement les  choses ! Après tout, feu Mathieu Kérékou du Benin a démontré qu'un dictateur  communiste peut devenir un prêtre démocrate.

Comme Alpha a choisi de s'entourer de ceux qui ont pourri le  pays et que lui-même accuse d'être à l'origine de nos malheurs actuels comme  collaborateurs et conseillers, je lui propose, comme contribution, les conseils  que l’Imam Ali, le quatrième et dernier calife, successeur du Prophète Muhammad  (saw), a adressés au nouveau gouverneur de l’Egypte en l’an 659 :

« Tu ne peux gagner l’estime et le respect de ceux que tu  gouvernes que si tu leur sers d’exemple dans le respect et l’application de la  loi »

« Les choses les plus agréables et les plus précieuses pour  un administrateur sont l'épanouissement de la justice dans le pays et les  manifestations d'amitié entre les administrés. »

« Libère les hommes de la rancune que nourrissent les uns  pour les autres, par la pratique de la justice et le traitement équitable des  gouvernés ! ».

Le Messager de Dieu a déclaré plus d'une fois que : « Dieu  ne bénit pas une nation où il n'est pas donné au faible ses droits sur le  fort ».

« Le pire de tes collaborateurs est celui qui fut d'abord  partisan et complice des criminels. Qu'il ne fasse pas partie de ton conseil.  Considère-le comme collaborateur des malfaiteurs et des oppresseurs. Tu  trouveras, à leurs places, d'autres collaborateurs aussi clairvoyants et  jouissant d'aussi grande audience qu'eux, mais n'ayant pas commis de crimes  aussi ignobles, ni assisté un tyran dans son action d'oppression. »

« Attache-toi aux pieux comme aux honnêtes : habitue- les à  ne pas te flatter, ni à te faire des éloges sur ce que tu n'auras pas fait car  la flatterie engendre la vanité et mène à l'orgueil. »

« Observe bien le comportement de tes collaborateurs, ne  les nomme pas par favoritisme ou par égoïsme. … Contrôle leurs activités, fais-  les inspecter par des gens loyaux et sincères. Tu les inciteras ainsi au respect  de la confiance mise en eux et les rendra bienveillants envers les  administrés. »

« Ne choisis pas ces fonctionnaires selon ton intuition, ta  confiance et la bonne opinion que tu pourrais en avoir. Ces hommes savent  leurrer les chefs et s'attirer leur sympathie par la flatterie et les bons  offices, alors que derrière tout cela il n'y a ni bon conseil ni honnêteté. 
Apprécie- les selon les services qu'ils ont rendus à tes  prédécesseurs, et élis parmi eux celui qui a laissé la meilleure impression sur  l'ensemble de la nation et qui est réputé par sa probité. Un tel choix sera une  preuve de ta sincérité envers Dieu et envers tes administrés. »

« Auprès du chef, il y a des proches et des conseillers, et  parmi eux certains sont marqués par l'égoïsme, la convoitise et l'absence  d'équité ; arrête leurs bras en supprimant toutes les causes de cet état  d'esprit. N'accorde aucune faveur à tes proches ou à tes conseillers dans la  gestion de l’Etat, ne donne jamais ton accord sur ce qu'ils convoitent si cela  risque de léser les intérêts d'autrui dans le partage du fruit d'une entreprise  commune, et de permettre à ton entourage de faire travailler les autres hommes  pour leur compte. Car la responsabilité de tels actes t'incombera aussi bien  dans ce monde que dans l'au-delà ».

SADIO BARRY,
Depuis  l’Allemagne

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