Mais aujourd’hui, explique-t-il : « La brutalité aux frontières nous pose au moins une question : comment revenir à une idée du commun et à des généalogies communes, là où la guerre constitue à la fois le remède et le poison de notre époque ? Comprendre, en ouvrant toutes les archives du monde, que l’autre n’est pas hors de nous, mais en nous, nous indique que nous ne pourrons pas sanctuariser une part du monde en semant le chaos dans d’autres parts du monde, et en obtenant ainsi sécurité et liberté. »
En conséquence, il propose l’ouverture totale des frontières africaines, comme un contre-exemple radical à la trajectoire que prend aujourd’hui l’Europe, « pour que l’Afrique redevienne sa puissance propre en devenant un véritable espace de circulation ».
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L’historien, qui vit entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique, traverse ainsi les continents et les histoires pour explorer des notions comme les « politiques de l’inimitié », la « sortie de la démocratie », « l’état de terreur permanent des démocraties occidentales » ou le « nanoracisme ». Il appelle en conséquence à une « fête de l’imagination » susceptible de nous sortir des situations « mortifères » dans lesquelles nous sommes enferrés.
Médiapart
