André Silver Konan : « Bravo à la nouvelle Conscience ivoirienne qui a fait tomber la citadelle des intouchables »

Petite piqûre de rappel. 25 juillet 2006. Nous sommes à Grand-Bassam. La paisible ville balnéaire est secouée par une tragique nouvelle : le meurtre de Franck Da Silva Edoukou, 25 ans, tué d’une balle, tirée à bout portant. Plusieurs témoins attribuent (vrai ou faux, on ne le saura jamais) le tir meurtrier à Innocent Akoï, alors président du Conseil général du département. Responsable local influent du Front populaire ivoirien (FPI, alors parti au pouvoir), Akoï est présenté à tort, comme un neveu de l’ex-Première dame Simone Gbagbo, native de la région. En dépit des témoignages, en dépit de notre volonté de voir la justice faire la lumière sur cette mort brutale, aucune enquête sérieuse n’a été menée et le meurtre du jeune homme, comme tant d’autres, a été cyniquement jeté dans la décharge de l’impunité.
En 2006, nous avons réclamé justice pour Edoukou. Sans succès. A ce moment-là, certaines personnes qui n’avaient pas compris que la défense des droits de l’homme transcende les positions partisanes, nous traitaient de rebelle. Ces mêmes personnes, en 2014, nous ont rejoint dans notre combat pour le respect de ces droits, sans doute parce que le pouvoir a changé de camp…
Quant à nous, notre position n’a pas changé : nous réclamons justice pour Malick Habib Fall. Et l’arrestation du magistrat présumé tireur, le dénommé Placide Kouassi Kouassi, présenté à tort comme un neveu du Président Alassane Ouattara ; est un grand pas dans la lutte pour l’équité de la justice.
Cette arrestation inimaginable pour certains, du fait d’une détestable règle non écrite, selon laquelle, dans le milieu des magistrats et des « corps habillés », « Chien mange pas chien », prouve bien qu’une nouvelle Conscience ivoirienne est née. Bravo à cette nouvelle Conscience ivoirienne qui n’accepte plus les règles mafieuses corporatistes, le révoltant diktat des puissants et les petits arrangements entre…coquins ; et qui de ce fait, vient, avec la force incroyable de la mobilisation, de la solidarité et de la protestation, de faire tomber une hideuse citadelle : celle des intouchables de la République.
Plus rien ne doit et ne sera comme avant. Journalistes, magistrats, politiques, richissimes hommes d’affaires, stars, etc., doivent comprendre, que désormais en Côte d’Ivoire, une nouvelle Conscience est bien consciente (aucune intention de jeu de mots) que « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et compte défendre avec détermination ce postulat sacro-saint de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ceci est mon dernier billet d’humeur de l’année. Heureuse année 2015 ! Qui vivra verra !
André Silver Konan
Journaliste-écrivain
COTE D'IVOIRE: Billet d’humeur n°20 d’André Silver Konan : « Bravo à la nouvelle Conscience ivoirienne qui a fait tomber la citadelle des intouchables »Petite piqûre de rappel. 25 juillet 2006. Nous sommes à Grand-Bassam. La paisible ville balnéaire est secouée par une tragique nouvelle : le meurtre de Franck Da Silva Edoukou, 25 ans, tué d’une balle, tirée à bout portant. Plusieurs témoins attribuent (vrai ou faux, on ne le saura jamais) le tir meurtrier à Innocent Akoï, alors président du Conseil général du département. Responsable local influent du Front populaire ivoirien (FPI, alors parti au pouvoir), Akoï est présenté à tort, comme un neveu de l’ex-Première dame Simone Gbagbo, native de la région. En dépit des témoignages, en dépit de notre volonté de voir la justice faire la lumière sur cette mort brutale, aucune enquête sérieuse n’a été menée et le meurtre du jeune homme, comme tant d’autres, a été cyniquement jeté dans la décharge de l’impunité. En 2006, nous avons réclamé justice pour Edoukou. Sans succès. A ce moment-là, certaines personnes qui n’avaient pas compris que la défense des droits de l’homme transcende les positions partisanes, nous traitaient de rebelle. Ces mêmes personnes, en 2014, nous ont rejoint dans notre combat pour le respect de ces droits, sans doute parce que le pouvoir a changé de camp…Quant à nous, notre position n’a pas changé : nous réclamons justice pour Malick Habib Fall. Et l’arrestation du magistrat présumé tireur, le dénommé Placide Kouassi Kouassi, présenté à tort comme un neveu du Président Alassane Ouattara ; est un grand pas dans la lutte pour l’équité de la justice. Cette arrestation inimaginable pour certains, du fait d’une détestable règle non écrite, selon laquelle, dans le milieu des magistrats et des « corps habillés », « Chien mange pas chien », prouve bien qu’une nouvelle Conscience ivoirienne est née. Bravo à cette nouvelle Conscience ivoirienne qui n’accepte plus les règles mafieuses corporatistes, le révoltant diktat des puissants et les petits arrangements entre…coquins ; et qui de ce fait, vient, avec la force incroyable de la mobilisation, de la solidarité et de la protestation, de faire tomber une hideuse citadelle : celle des intouchables de la République. Plus rien ne doit et ne sera comme avant. Journalistes, magistrats, politiques, richissimes hommes d’affaires, stars, etc., doivent comprendre, que désormais en Côte d’Ivoire, une nouvelle Conscience est bien consciente (aucune intention de jeu de mots) que « Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » et compte défendre avec détermination ce postulat sacro-saint de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Ceci est mon dernier billet d’humeur de l’année. Heureuse année 2015 ! Qui vivra verra !André Silver KonanJournaliste-écrivain

Jean-Pierre Bat Le « Père Noël en treillis »

La crise de transition au Burkina Faso a mis en lumière le rôle des militaires dans ces périodes. La place particulière des militaires au Burkina a naturellement polarisé les attentions, avec notamment le rôle du régiment de sécurité présidentielle (RSP) tenu par le général Diendéré, compagnon de Blaise Compaoré depuis le coup d’État de 1987, et son bras droit, le colonel Zida. La sourde lutte qui a opposé ce dernier au général Traoré a toutefois rappelé que l’armée n’est pas un bloc monolithe, et qu'à tort de nombreux analystes présentent l’armée en Afrique de l’Ouest comme l'antithèse de la société civile.
L’armée est au contraire partie intégrante de la société. Elle trouve un rôle clé dans les moments de crise, car elle est l’ultime garant de l’ordre. Reste à savoir lequel. L’ordre déchu ? L’ordre public ? L’ordre transitionnel ? Et malgré les promesses de « justice transitionnelle », les dérapages politiques ne sont jamais loin. À ce sujet, l’Afrique de l’Ouest offre depuis 15 ans un aspect de laboratoire politique qui commence avec l’arrivée du « Père Noël en treillis », le 24 décembre 1999.
 
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Général Robert Gueï (à gauche)  - BBC
Au réveillon de Noël 1999, le général Gueï procède à un coup d’État à Abidjan.Il renverse le président Bédié qui est parvenu au lendemain de la mort d’Houphouët à chausser les bottes du « Vieux » en 1993 et à se fera élire président de la République en 1995. Face à la crise économique (crise du prix du café-cacao) et politique (crise de l’ivoirité) qui traverse dans le pays, son impopularité grandit tant que l’opinion publique ivoirienne accueille d’un bon oeil le putsch du général Gueï. Elle l’affuble du surnom enthousiaste de « Père Noël en treillis ».
Le général Gueï est connu pour avoir été un fidèle d'Houphouët et de la défense de son régime : il est ainsi connu pour avoir procédé en 1992 à l'arrestation de Laurent Gbagbo à la suite d'une violente manifestation. Mais il est aussi connu pour être un officier intègre. En 1995, il refuse de faire donner la troupe contre les manifestations des forces de l'opposition, le FPI de Gbagbo et de RDR de Ouattara. Pour cette raison, il est limogé par Bédié.
Pour différentes raisons, un certain optimisme planait au-dessus de Gueï en décembre 1999. Il avait promis de limiter ses pouvoirs à la gestion de la transition. Son programme résidait en trois principales étapes : l’abolition de la Ire République, la rédaction d’une nouvelle constitution soumise au peuple ivoirien par référendum (juillet 2000), et la tenue d’élections présidentielles pour achever le processus de transition (octobre 2000).
Le calendrier est court : une dizaine de mois pour changer de régime. Il semblait d’autant plus réaliste que Gueï avait également promis de ne pas être candidat, pour garantir un maximum de démocratisation du système ivoirien après 40 de règne sans partage du parti houphouëtiste (le PDCI-RDA). Il promettait donc de ne pas exploiter sa position de chef d’État intérimaire pour organiser à son avantage les élections comme l’avait fait son prédécesseur. Las, à l'été 2000 il revient sur sa promesse et se présente seul face à Laurent Gbagbo. Des 5 candidats admis à se présenter, sont exclus Bédié et Ouattara : le scrutin se résume donc à un face-à-face entre Gbagbo, porteur avec son FPI de la contestation de gauche depuis les années 1980, et Gueï, « Père Noël en treillis » qui a déçu par son parjure. Le résultat des élections fait l’objet de contestation et de dispute, mais donne finalement la victoire à Laurent Gbagbo. La décennie Gbagbo commence. Mais les plaies de la période transitoire ne sont certainement pas refermées. La crise de 2002 achève de faire basculer le pays dans la guerre civile et coûte la vie au général Gueï qui est assassiné le 19 septembre 2002. Toute la lumière sur son assassinat n'a pas encore réellement été faite.
Les lignes de partages, au sein de la société en armes (et plus seulement les militaires réguliers) seront lourdes de conséquences. On assiste notamment à la militarisation d’organisations dans le Nord (Forces Nouvelles et comzones) et au ralliement d’une partie importante de la gendarmerie au régime de Gbagbo (sous l’impulsion notammenr du général Bi Poin).
Avec le pari politique dangereux – et raté – du général Gueï en 2000, l’armée a perdu la position de « juge de paix » qu’elle avait semblé acquérir en Noël 1999. Elle portait en elle d’autant plus d’espoir à cette date que Houphouët-Boigny n’avait absolument pas fondé son régime sur le recours à l’armée ivoirienne. En ce sens, l’année 2000, « année terrible », a constitué un virage dans l’histoire du rapport entre pouvoir et militaires en Afrique de l’Ouest.

Libération

 

Sidiki Kobélé Keita, persiste, signe et appose son paraphe, une croix gammee

 Et en avant la gomme :

«Les ennemis historiques d’Ahmed Sékou Touré, des intellectuels ethnocentriques dénoncés en 1976, ou leur progéniture, par Ahmed Sékou Touré dans des discours bien documentés et d’une actualité étonnante, et appuyés, à l’époque, par des déclarations d’éminents cadres patriotes de la même région, abondamment diffusées par le journal Horoya-hebdo...»


Ce qui m’a toujours fait plaisir, et m’a toujours encouragé dans ma quête de la vérité historique, c’est que mes écrits ne laissent personne indifférent ; ils satisfont les jeunes qui n’ont pas vécu le passé ; ceux-là me le disent ou me l’écrivent ; il en est de même des cadres honnêtes et patriotes, maîtrisant parfaitement les faits expliqués et replacés dans leur contexte véritable ; ils dérangent par contre les ennemis historiques et les ennemis conjoncturels d’Ahmed Sékou Touré , qui se complaisent dans le mensonge, le dénigrement, des invectives et des injures grossières qui ont fini par banaliser la cause qu’ils défendent aveuglément et effrontément. Question d’éducation de base, dirait un sage africain !

Les ennemis historiques

Opposés à tous les régimes, ils sont les plus caustiques, les plus subjectifs, les plus haineux des critiques, dans leurs feuilles de choux, les plus hostiles à toute unité nationale et qui ne se satisfont toujours pas des assassinats de juillet 1985, dont ils étaient des complices actifs. Ce sont eux qui, avec les services secrets étrangers qu’ils continuent de servir bêtement, ont mis les autorités guinéennes de l’époque le dos au mur. Heureusement qu’ils font partie des mercenaires de la plume en voie de disparition... ; Nous les espérons malgré tout, au débat national en Guinée, pour mieux les situer, sans conséquences judiciaires, parmi les éléments constitutifs suivants :

1- Des Guinéens dont les parents ont perdu, suite à l’application effective de l’arrêté du 31 décembre 1957, tous les avantages et privilèges que leur procurait la chefferie de canton, instrument d’exploitation et d’oppression des paysans, utilisée par les autorités coloniales lors des élections, pour n’élire, jusqu’en 1954, que des hommes politiques guinéens qui ne remettaient pas le système colonial français en cause. Une suppression, neuf ( 9 mois) avant le référendum du 28 septembre 1958, qui a permis la victoire du « Non », donc la libération effective de la Guinée de toute domination étrangère.

2- Des cadres de certaine localité de la Guinée, dont les parents furent arrêtés et condamnés au lendemain de l’indépendance, pour leur participation avérée à la persistance de l’anthropophagie dans ces agglomérations. En général, ceux-là font partie des diaspos de la première heure ; de vrais gâteux, sectaires et susceptibles, qui aiment ressasser les analyses inconsistantes et mensongères. Ils sont les plus déterminés et les plus réfractaires à toute évocation positive de la première République, à plus forte raison de la ‘’troisième’’, Alpha Condé étant devenu leur bête noire depuis qu’il a déclaré qu’il prend la Guinée là où Ahmed Sékou Touré l’a laissée.

3- Enfin, ceux des intellectuels ethnocentriques dénoncés en 1976, ou leur progéniture, par Ahmed Sékou Touré dans des discours bien documentés et d’une actualité étonnante, et appuyés, à l’époque, par des déclarations d’éminents cadres patriotes de la même région, abondamment diffusées par le journal Horoya-hebdo.


Les ennemis conjoncturels

Ils se composent, en général, de la progéniture des cadres accusés d’être de la cinquième colonne et de sa ‘’queue’’ extérieure, et qui étaient, pour la plupart, avant leur arrestation, les privilégiés de la Première République, donc victimes du « système répressif » qu’ils avaient mis en place: membres du Bureau Politique National, du Comité Central du PDG, des gouvernements successifs depuis le 9 mai 1957, ambassadeurs, gouverneurs, députés, hommes d’affaires évoluant dans des clans réciproquement hostiles, etc. .

Mon actuel article, qui a choqué ces ennemis de la vérité historique, hostiles à tout débat contradictoire susceptible de provoquer des révélations gênantes, est intitulé : « Il faut sauver la Guinée du multipartisme désintégrateur : Mon point de vue ».

Je croyais avoir ouvert un débat politique intéressant, d’où sortiraient des solutions ou propositions enrichissantes pour les décideurs et les législateurs. Malheureusement, j’ai encore choqué les deux types indécrottables des ennemis d’Ahmed Sékou Touré qui, au lieu de nous donner leur point de vue, se sont sentis ridiculisés , leurs réflexions et analyses coutumières n’étant plus lues par les jeunes, qui n’ont donc plus d’impact sur ceux qui n’ont pas vécu les faits habituellement falsifiés pour les besoins d’une cause perdue.

Comme je l’ai écrit dans mon Facebook, je remercie tous ceux qui m’ont encouragé à poursuivre mes travaux de recherche, pour les mettre au bon niveau d’information et je leur promets qu’aucune menace, aucun dénigrement, aucune tentative de corruption ne me détourneront de cette noble voie qui ne peut être empruntée que par des patriotes honnêtes, sincères et déterminés à contribuer à une réconciliation vraie et définitive des Guinéens qui, seule , amènera une paix ‘’éternelle’’.

‘’Notre’’ père, l’un des 3 vice-présidents du Bloc Africain de Guinée (BAG), a dit un jour, au cours d’une réunion de famille, que tous ses « enfants doivent mourir débout ; qu’aucun d’eux ne doit donc se prostituer pour obtenir un poste de travail ou de responsabilité ».

Ce serment, tous le tiendront, quoi qu’il en coûte.

Conakry, le 20 Décembre 2014

Sidiki Kobélé Keita / 664 21 11 78; ou 655 58 93 80.

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Ismaël Dioubaté parle du CRAC: "nous sommes un mouvement d'appui au RPG Arc-en-ciel, pas de dichotomie"

014/12/25

Ismaël Dioubaté est le président du bureau des cadres du CRAC (Collectif pour la Réélection d'Alpha Condé) en 2015. Nous l'avons rencontré pour parler de son mouvement.

Entretien...

MEDIAGUINEE: Pourquoi avez vous créé le CRAC ?

Ismaël Dioubaté : Nous avons créé le CRAC pour une raison très simple. Le Collectif pour la réélection d’Alpha Condé (CRAC) en 2015 est une initiative d’un certain nombre de cadres pour la réélection du président Alpha Condé en 2015. L’objectif c’est de montrer depuis l’avènement du Pr Alpha Condé en 2010 à aujourd’hui, les œuvres gigantesques qu’il a eues à faire en termes d’amélioration des conditions de vie des populations, notamment dans le domaine des infrastructures, du panier de la ménagère. Présenter ce bilan au peuple de Guinée d’une part, et d’autre part réorienter le débat politique en Guinée. C’est-à-dire faire en sorte que nous puissions quitter la rue, faire un débat d’idées, faire un débat intellectuels, contradictoire pour que la population soit située.

Donc, ce sont là les objectifs du CRAC ?

Pour le moment on est focalisés sur 2015.

Alors si le président Alpha Condé est réélu en 2015, que deviendra le CRAC ?

Il y a cette précision quand même qu’il faut donner. Nous sommes un mouvement d’appui au RPG Arc-en-ciel. Il n’y a pas de dichotomie entre le RPG et le CRAC. Mais nous avons pensé qu’il y a une touche scientifique, il y a une touche cartésienne que les cadres doivent apporter en terme de débats, en termes d’activités pour la réélection du Pr Alpha Condé en 2015. Donc, après cette réélection, il faut être clair, le CRAC va disparaître.

Vous voulez dire que ce sont ces relations d’appui qui existent entre le CRAC et le RPG ?

Oui, ce sont des relations d’appui. Et il n’y a pas de dichotomie entre nous. Un exemple très simple : le président du conseil d’orientation stratégique du CRAC, M. Malick Sankhon, est un membre du Bureau politique national du RPG Arc-en-ciel. Et la différence entre nous et tous les autres mouvements qui soutiennent le président [de la République], c’est que nous faisons un travail scientifique, de démonstration, de bilan. Un centre de débats, parce que c’est ce qu’on appelle CRAC. Si vous constatez dans nos réunions hebdomadaires, les samedis, tout ce que nous faisons comme travail est fondé sur les réflexions, sur l’approche scientifique pour que les élections qui se passaient avec un pilotage à vue, qu’on sorte de ça. Donc c’est cette touche que nous voulons apporter au RPG.

Il y a beaucoup de mouvements de soutien au président de la République. Qu’est-ce qui vous distingue des autres?

C’est ce que je vous disais. Ce qui nous distingue des autres mouvements, c’est que nous nous voulons un cadre de concertation, un cadre de réflexion pour d’une part apporter nos expertises pour la réélection, en terme d’organisations matérielles, de logistiques, être un outil de conception des stratégies pour la réélection d’Alpha Condé, nous voulons être un cadre de débats. Parce que si Alpha doit être réélu en 2015, ce n’est pas pour aller se présenter, mais c’est pour être élu. Non, Il faut démontrer par A+B  bilans à l’appui, qu’il ce qu’il a eu à faire pendant son quinquennat. Et au niveau du CRAC, vous avez des gens qui sont capables de démontrer ces bilans.

Comment le CRAC prépare-t-il la présidentielle de 2015 ?

Ça se prépare bien ? Vous imaginez depuis avril 2014 nous travaillons. On a mis en place un certain nombre de commissions qui travaillent d’arrache-pied. Les gens ont fait un travail scientifique basé sur des critères rationnels.
A quoi consiste réellement ce travail ?
Le travail consiste d’abord à mettre des commissions sur place. Nous avons au total de huit commissions qui travaillent. Ces commissions sont composées des membres et des cadres qui ont réfléchi à faire des TDR d’abord. Les termes de référence de chaque commission ont été conçus. Et en plus de cela, les commissions ont mis en place un plan d’action qui est détaillé en termes d’activités qui doivent être menées, de la sensibilisation en passant par la présentation des bilans jusqu’à l’organisation des élections, l’implication effective du CRAC au niveau de l’organisation des élections.

Peut-on avoir une idée sur le nombre des membres du CRAC ?

Ah oui, vous ne pouvez pas l’avoir parce que le CRAC est implanté partout. Nous avons une représentation à Paris, à Bruxelles, en Hollande. On est installés partout. On a un bureau à Mamou, à Kindia, à Fria, à Boké, à Télimélé. Et le nombre est incalculable. Ce qui est important là dedans c’est que nous avons beaucoup d’associations sœurs qui viennent se joindre à nous, qui partagent nos idéaux. Et vous allez constater qu’il y a beaucoup de cadres au niveau des différents départements qui viennent, qui sont convaincus des idéaux du président de la République et qui nous soutiennent.

Ce quoi votre source de financement ?

La question est pertinente. Voilà un peu, quand vous me parlez de ce qui nous différencie des autres mouvements de soutien. C’est que nous, la plupart des cadres qui sont réunis, nous sommes convaincus des idéaux que nous défendons. Et du coup, nous avons mis sur place un système de collecte de fonds. A la fin de chaque mois, tous les cadres qui participent, mettent 50 mille comme contribution et ce, à chaque fin du mois. Un compte est ouvert à cet effet. Certes, ce montant est insuffisant, mais il y a d’autres bonnes volontés qui nous viennent en aide, qui ont une surface financière plus élevée. Nous, nous ne confondons pas le CRAC avec un mouvement qui doit vivre sur le dos de l’Etat, puisque nous ne sommes pas l’Etat.

Propos recueillis par Alhassane Bah

 

Lemine Ould M. Salem : Mokhtar Belmokhtar, aux origines du djihad au Sahara

16 décembre 2014

Dans sa biographie du chef djihadiste algérien, qui fit parler de lui l’an passé avec la sanglante prise d’otages d’In Amenas, le journaliste Lemine Ould M. Salem conte avec talent l’essor du djihad au Sahara. Un document pour comprendre la dynamique djihadiste.

 

On se souvient de lui pour la prise d’otages d’In Amenas, menée du 16 au 19 janvier 2013 par « Les Signataires par le sang », un groupe armé dissident d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), sur le site d'exploitation gazière de Tiguentourine, au sud de l'Algérie, qui s’acheva par la mort de 37 otages et 29 terroristes, selon le bilan établi par les autorités algériennes.

Mais qui est vraiment Mokhtar Belmokhtar, qui a planifié cette opération, surnommé tantôt le « borgne » en souvenir de son passage en Afghanistan, tantôt « l’homme Malboro » pour ses trafics supposés au plus fort de la guerre civile algérienne ? Quelles sont les origines de l’engagement de celui qui est aujourd’hui devenu la principale « vitrine » du djihad au Sahara ? Comment a-t-il pu réunir une partie significative des anciens membres des groupes islamiques armés (GIA) avec Al-Qaïda, pour créer AQMI ? Pourquoi a-t-il pris ses distances avec cette organisation, au début des années 2010 ? Comment regarde-t-il la proclamation de l’État islamique en Irak et en Syrie ?

Considéré par beaucoup comme le meilleur spécialiste francophone du djihad dans la sous-région, Lemine Ould M. Salem signe, avec Le Ben Laden du Sahara, un livre majeur pour comprendre la dynamique djihadiste en cours.

Le Ben Laden du Sahara – Sur les traces du jihadiste Mokhtar Belmokhtar de Lemine Ould M. Salem. Éditions de La Martinière, octobre 2014, 208 pages, 19 euros.

Médiapart

 

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