Ourourou Bah : La difficile émergence d’institutions politiques en Guinée – Partie I - Le temps des leçons.

La difficile émergence d’institutions politiques en Guinée – Partie I - Le temps des leçons.

Y’a-t-il des partis politiques en Guinée?

Tirer les leçons de l’expérience démocratique en Guinée et de ses consultations électorales peut se faire sous plusieurs angles d’attaque. Parmi eux, on peut retenir la culture de parti-état qui a fait des partis politiques guinéens des instruments au service du chef de l’état en exercice ou des têtes d’affiche de l’opposition. Cette culture explique largement les dysfonctionnements des institutions politiques et ses fâcheuses conséquences dont les risques de pérennisation de la dictature, même avec des élections, mais aussi, l’inadéquation des partis politiques par rapport à l’histoire de la nation et aux besoins des populations. La déconnection de la politique des nécessités historiques de la Guinée a fait des partis des machines exclusivement vouées à la quête de pouvoir. Faire de la politique c’est chercher une place. Telle est la perception cynique mais bien fondée des citoyens qui les amène à démissionner de l’arène politique. Ceci en retour donne libre cours au minimalisme ethnique des leaders.

La question introductrice de savoir s’il y a réellement des partis politiques en Guinée n’est ni de la dérision, ni de la provocation.

Si on prend pour critères de définition de parti, une institution qui a pour vocation l’établissement, l’approfondissement et l’extension des contrôles du pouvoir par le peuple, la réponse à la question est non. Aussi, si les critères sont qu’un parti est une institution qui apporte des réponses adéquates aux besoins réels des populations (exprimés ou diffus) et mobilisent les citoyens dans des mesures curatives du passé, la réponse est encore non.

Si par contre les critères retenus sont qu’un parti est un moyen de promotion personnelle ou de carrière, avec des mouvements de soutien à une personne ou à un groupe de personnes sur la base de l’identification régionale et ethnique, de la défense d’intérêts partisans sans égard aux standards de justice et de citoyenneté, la Guinée est alors riche en partis politiques.

Un troisième critère consisterait à se demander si les institutions politiques guinéennes sont des embryons de partis du futur. Un tel critère est plus un constat de l’inexistence de partis politiques adéquats.

Enfin, si on se réfère à des faits récents, on notera une déconcertante légèreté des mœurs politiques qui sont en soi de fortes présomptions de l’inexistence de partis dignes de ce nom en Guinée. Naguère des leaders politiques pourfendaient le régime du RPG, en appelant à l’insurrection populaire. D’autres, demandaient l’union sacrée autour de leur personne. La priorité des priorités était - clamaient-ils - de balayer Alpha Condé. Une élection bâclée aura suffi pour soulever leurs atours et révéler derrière leurs péroraisons rien que des ambitions personnelles. En outre, les alliances spontanées – sans consultation des militants, sans congrès et sans débats contradictoires – confirme la pratique incrustée d’une forme dégénérée de politique dont seuls les opportunistes peuvent être adeptes.

L’objectif de cette série en 5 parties est d’explorer certaines des carence des institutions politiques guinéennes et les sources de l’inconsistance des leaders. Ensuite, en se basant sur des standards acceptés de définition d’un parti politique, mais surtout sur l’expérience de la nation guinéenne, le papier va soumettre au débat des voies de remédiations à ces dangereuses carences qui ont le potentiel de maintenir la Guinée dans l’ornière de la faillite et des dictatures.

Réduction et personnalisation des partis

Comme beaucoup de maux de la Guinée, on peut tracer au totalitarisme du PDG, l’origine de la culture d’excessive personnalisation des partis politiques guinéens et de leur réductionnisme. Succinctement, dans le contexte colonial de l’après-guerre, avec l’abolition de l’indigénat, les associations régionales évoluèrent en mouvements d’émancipation. Avec la loi-cadre accordant l’autonomie interne aux colonies françaises la section du RDA, le PDG, devint une institution d’exercice d’un pouvoir qu’elle n’avait pas conquis. Les partis progressistes militants, comme le PAI n’avaient pas encore une implantation solide. Ensuite, l’adhésion volontaire des concurrents politiques au PDG, dans la ferveur du référendum pour l’indépendance, consolida rapidement la mainmise du PDG-RDA sur le pays. La conjonction de ces facteurs mit en motion les séquences d’émergence du fascisme du parti-état avec tous ses ingrédients : le culte de la personnalité, la concentration et l’arbitraire des décisions, l’embrigadement des populations et le quadrillage du pays tous accompagnés de la répression préventive du «complot permanent».

Dans la chaotique expérience de démocratisation de la Guinée post-PDG, les partis qui ont émergé sur la scène nationale restent marqués par la tare incrustée de culte de la personnalité et des conformismes sociaux engendrés par la répression du PDG. Les institutions politiques sont imprégnées d’une culture d’étouffement des problèmes et de fuite en avant, de débats conventionnels et de conflits latents. Toute une sociologie est nécessaire pour cerner les effets du totalitarisme sur la psyché collective et la vulnérabilité des citoyens guinéens. Il est impossible de cerner les comportements politiques ou sociaux des guinéens si on omet l’héritage du totalitarisme. Qu’il s’agisse des slogans, du centralisme forcené, de la soumission à la place de la conviction, de la prédilection pour la propagande vide et de la violence verbale au lieu de l’éducation par le débat, les comportements politiques guinéens restent profondément marqués par la pratique du parti-état. La totale incarnation d’un parti par son leader est un dérivé du PDG qui voulut masquer cette inféodation à la personne de Sékou Touré en prétendant être le représentant du peuple de Guinée en entier. Dans la pratique d’aujourd’hui, le sens commun parle du parti d’un tel ou d’un tel, à la place des sigles ou des dénominations officielles. Sur le plan symbolique, hier le slogan de révolution servait de fourre-tout, d’excuse pour la paresse intellectuelle, de justification de l’activisme et des abus des médiocres. Aujourd’hui on lui a substitué le slogan de démocratie. Ensuite, comme hier, l’invocation du nom du chef et de ce slogan autosuffisant suffit pour fermer le prétoire.

L’idéologie des partis, leur coloration ou leurs orientations politiques sont absentes de tout débat. Certes le pluralisme a rompu avec l’embrigadement du parti unique. Mais la discrimination des engagements politiques individuels se fait sur des bases arbitraires et affectives: ethnie, copinages, défense d’intérêts immédiats etc. Ce réductionnisme à son tour influence et renforce le fonctionnement des partis avec des tabous (ethniques notamment) et des adhésions irréfléchies qui ossifient les institutions politiques. L’absence de débats couronne le tout en ne laissant place que pour des compétitions centrées sur les personnes.

           Il est certes illusoire de séparer les institutions des hommes qui les animent. Et, dans le contexte de «l’éveil africain» de l’après-guerre, l’identification des institutions politiques à des hommes était presque une nécessité. Toutefois, dans l’évolution politique de l’Afrique des indépendances, le règne et l’héritage du PDG constituent un tragique hiatus. Il a enfanté des formes spécifiques de morales et de pratiques politiques ; typiquement guinéennes. Le PDG était organisé autour de la survie et du prestige de son chef suprême. Il en est ainsi des chefs inamovibles des partis politiques guinéens actuels. Au sein de ces partis, les enjeux de développement et de progrès– à supposer qu’ils existent autrement que sur papier - sont relégués au second plan. Le militantisme a été réduit à des choix simplistes - la coloration ethnique et l’allégeance à un chef - qui favorisent inévitablement la montée des médiocres et le clientélisme. Au lieu d’être des véhicules d’enracinement de la citoyenneté – par la justice pour tous - les partis s’enlisent dans des luttes de préséance, avec des engagements frivoles, des retournements déroutants de vestes, des alliances contre nature tous dus à la mainmise des plus manipulateurs sur les institutions, l’aliénation des militants à des causes émotionnelles –par l’intimidation et le chantage.

Une sous-culture de cynisme décrète sentencieusement que c’est cela la «réalité guinéenne». Et qu’il serait naïf et contreproductif de chercher à s’en échapper. Ce cynisme n’est en fait que la conséquence de pratiques politiques étalées. Il n’est pas une explication et ne cherche qu’à éviter toute discussion au profit du statuquo. Il fait partie de l’arsenal de conservatismes politique. Sa mise en avant occulte le fait que toute réalité sociale n’est qu’une construction historique. En tant que telle, elle doit être soumise à l’analyse, combattue dans ses effets nocifs ou éliminée pour que tout progrès prenne racine.  

Ourouro Bah

Prochain article- La difficile émergence d’institutions politiques en Guinée–les effets néfastes de la personnalisation des partis politiques.

Aliou Tall : Plaidoyer contre l’expulsion d’une jeune sénégalaise mariée à un papi français.

Une sénégalaise de 25 ans nommée Pauline risque l’expulsion de la France, parce que l’administration remet en cause la sincérité de son mariage avec un français largement plus âgé (71 ans). En 2010 nous avions attiré l’attention du ministre français de l’immigration (M. Eric BESSON) sur les injustices que peut causer l’incrimination du défaut de vie commune affective pour les couples mixtes. Au-delà des amalgames et de l’émotion suscitée, cette affaire mérite une attention particulière car elle soulève de graves violations des droits fondamentaux et concerne beaucoup d’étrangers en France.

Les amalgames et l’émotion ne seront pas utiles.

L’article L313-11 du code français des étrangers (CESEDA) prévoit à son alinéa 4 la délivrance de plein droit d’une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » à l’étranger marié à un ressortissant français, si les conditions suivantes sont remplies : absence de polygamie, conservation de la nationalité française du conjoint ; transcription du mariage à l’état civil français s’il est célébré à l’étranger ; existence d’une vraie communauté de vie entre les conjoints.

L’honnêteté oblige à reconnaitre que ce dispositif fait souvent l’objet de fraudes de la part d’étrangers en manque de papiers. Cette fraude peut consister en un mariage forcé, un mariage arrangé, un mariage blanc ou un mariage gris. Dans les deux premiers cas le mariage est consommé mais le consentement d’un des conjoints (souvent celui de la femme) a été négocié ou extorqué pour permettre à un proche d’avoir des papiers. Dans le mariage blanc les deux époux se mettent d’accord pour conclure un mariage fallacieux juste pour que l’un des conjoints obtienne un titre de séjour. Cette pratique a souvent une contrepartie financière pouvant aller jusqu’à 10 000 euros. Des escrocs en ont fait un business en proposant à des français (se) de se marier commercialement avec des candidats à l’immigration, en touchant leur commission au passage. Pour lutter contre ces fraudes, le gouvernement français est allé  très loin en réprimant l’escroquerie sentimentale à but migratoire, sous le vocable de « mariage gris » (confondu par une certaine presse au mariage blanc). C’est sur la base de ce « mariage gris » que le renouvellement du titre de séjour de la jeune sénégalaise a été refusé et qu’elle risque l’expulsion. Ce n’est pas la première fois que l’administration exige des couples mixtes une vie commune affective pour que le conjoint étranger puisse bénéficier d’un titre de séjour. Le « mariage gris » est fustigé en France depuis fin 2009 par l’ancien ministre de l’immigration, Eric BESSON, et continue de justifier des refus de titres de séjour à des conjoints de français. . Si l’avocate de la jeune fille évoque des raisons matérielles, comme le fait d’aider son époux et de lui éviter de vivre dans une maison de retraite, le tribunal risque de confirmer la décision du préfet. Cela suscite beaucoup d’émotion. Mais c’est avec des arguments juridiques et une volonté politique qu’un tél cas de figure, loin d’être isolé, pourra être résolu.

Arguments juridiques pour empêcher l’expulsion de la jeune sénégalaise.

Le cas de cette sénégalaise n’est pas extraordinaire en France. Beaucoup d’autres sénégalais, ivoiriens, maliens, guinéens, congolais, camerounais, etc., ont vécu, vivent et vivront la même situation.Il faut donc s’armer d’arguments de droit pour défendre ses intérêts le cas échéant.

Pour parvenir à la conclusion que le mariage de l’étranger est dépourvue de valeur affective, l’administration est obligée de passer par une présomption de mauvaise foi des époux. Or, en droit français, la mauvaise foi ne se présume pas. Elle doit être prouvée. Il est constant qu’en la matière le  « consilium fraudis » doit être prouvé par celui invoque l’existence d’une intention frauduleuse, conformément à l’esprit des articles 427 du code de procédure pénale, et 9 du code de procédure civile français. L’administration française n’a pas d’ «amouromètre» pour jauger le quantum et la nature des sentiments amoureux des étrangers en France. En s’aventurant dans cette démarche elle dérive dans l’arbitraire et l’excès de pouvoir.L’objectif du contrôle des flux migratoires n’est pas de d’annihiler le droit fondamental à une vie privée et familiale normale. La reconnaissance de ce droit est un principe de dignité humaine consacré par le préambule de la constitution française de 1946 et par l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CEDH). En refusant de délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » à la sénégalaise, le préfet viole les dispositions de l’article 8 de la CEDH. Il viole aussi des principes jurisprudentiels dégagés par le Conseil d’Etat en 1996 et confirmé par le Conseil constitutionnel en 2006, qui consacrent sans équivoque le droit au respect de la vie matrimoniale. L’accord de gestion des flux migratoires signé entre la France et le Sénégal le 23 septembre 2006 prévoit qu’un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d’une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant la mention “vie privée et familiale”, s’il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels.Ainsi, au pire des cas, la jeune sénégalaise peut se prévaloir des dispositions du code des étrangers prévoyant une admission exceptionnelle au séjour pour motif humanitaire ou à raison de l’intensité et de la stabilité des liens personnels et familiaux qu’elle a en France, et de son intégration socioprofessionnelle.

 

Arguments politiques pour empêcher l’expulsion de la jeune sénégalaise

Aucune disposition légale, constitutionnelle ou de droit international n’interdit à un étranger de se marier avec un français ayant un écart d’âge considérable. Comme dit l’adage, le cœur à ses raisons, que la raison juridique ne peut pas appréhender. Le mariage est un droit fondamental dont la portée dépasse le pouvoir discrétionnaire du préfet. Dans un arrêt de principe le Conseil d’Etat français a considéré depuis 1995 que le respect de la dignité humaine est une composante de l'ordre public. Or le droit au mariage est un principe de dignité humaine. Le Conseil constitutionnel français a consacré dans deux décisions de principe (en 1993 et en 2003) le principe fondamental de la liberté du mariagequi ne souffre d’aucune discrimination en fonction de l’origine ou de la nationalité, et qui est une composante de la liberté individuelle garantie par les articles 2 et 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Alors, en expulsant la sénégalaise, l’administration française violerait elle-même l’ordre public qu’elle est censée sauvegarder.

Expulser la sénégalaise serait ainsi un affront diplomatique dans la mesure où l’Etat français remettrait en cause l’authenticité et le bien fondé des actes d’état civil délivrés par un gouvernement souverain. Ce qui, au surplus, serait même une violation du droit français : l’article  47 du code civil français accorde une force probante aux actes d’état civil étrangers, et les consulats français vérifient scrupuleusement si un acte de mariage étranger n’est pas apocryphe ou complaisant, avant de procéder à sa transcription dans l’état civil français.

Il s’en suit que la négation de la valeur du mariage de la sénégalaise est une atteinte à la souveraineté de l’Etat sénégalais. En réaction à ce mépris diplomatique, le Sénégal pourrait nier toute valeur aux mariages des français (e) avec des sénégalais (e). Il pourrait même créer une loi pour incriminer les vieux et vielles françaises qui s’unissent frivolement avec de belles tigresses ou de bels étalons noirs pour se rajeunir sexuellement dans des stations touristiques comme Mbour, Saly, Cap Skiring ou Saint-Louis. Cela pourrait se traduire par la création d’un délit de « mariage rose » pour contrer celui de « mariage gris » appliqué de fait aux étrangers par la France. Dans les relations internationales, il faut parfois savoir répondre au coup de l’âne par un autre coup d’âne. En termes plus diplomatiques, les ressortissants d’un Etat ne seront jamais respectés à l’étranger si leur gouvernement ne sait pas user de la réciprocité pour rééquilibrer le commerce juridique international. L’Etat sénégalais (la présidence, le ministre des affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur, les consulats du Sénégal en France) ont le devoir de prendre en main le cas de cette jeune fille. D’autant plus que chaque sénégalais ou africain en France peut brandir sa pancarte avec la mention « JE SUIS PAULINE ».

Aliou TALL,

Président du R2seau Africain de Défense des Usagers, des Consommateurs et du Citoyen (RADUCC)

Oumar Cissé de Bma : Le vrai problème en République de Guinée, est que le candidat peuhl, est à la recherche d’un état pour son ethnie

 


Cissé Oumare

  Cissé Oumar de Bma 

Ouff ! Il y a eu Ko (kilo-octet) sans chaos…il reste à rompre avec la politique de l’autruche en Guinée.

Convenons avec Flaubert, que les époques de transition sont ce qu’il y a de plus difficile et de moins glorieux ! L’Avenir nous tourmente et le Passé nous retient ; Voilà pourquoi le présent nous échappe.

Partie A : Petite mise au point pour édifier Mme Ben Souda et la communauté internationale.

1-      Thierno Monènembo, ne s’embarrasse jamais du moindre scrupule dans ses diatribes récurrentes contre des personnalités publiques guinéennes exclusivement d’ethnie malinké (je lui signale au passage que le Professeur est bel et bien Soussou, afin qu’il se résigne à lui lâcher les baskets).

Les premiers reproches  à Monènembo se justifient par ses positions antérieures sur la question ethnique en guinée. C’est le premier ‘’cadre’’ qui avait fait du comptage ethnique dans la composition d’un gouvernement en guinée (Kouyaté premier ministre) et depuis,  il n’a cessé de faire des émules au sein d’une certaine communauté ! Ce qui  contribue grandement au délitement du tissu social et à l’affaissement du sentiment national puisque  les uns ne se battent que pour leurs communautés, au détriment des intérêts de l’ensemble. Thierno avec un certain nombre, s’acharnent à souffler sur les braises de la division ethnique, en désignant constamment des boucs émissaires…

L’écrivain  ne vient-il  pas de fustiger dans un délire indigne, le monde entier, dans sa réaction aux résultats des Présidentielles guinéennes ?

–  Il  qualifie Alpha Condé de : « chouchou » de la Françafrique dont je suis surpris qu’il confirme  enfin l’existence en 2015, sachant que depuis plus d’un demi-siècle, nos mythomanes (éternelles ‘’victimes’’ sous tous les régimes), nient systématiquement les cinquante-deux complots ourdis contre Sékou Touré.

–  Il affirme plus loin : « Aujourd’hui, une élection au premier tour est forcément suspecte,  et celle à 60%, simplement abjecte ! »

Oublie-t-il qu’à l’élection présidentielle  du 27 Juin 2010, son camp avait tout mis en œuvre pour faire passer le candidat  Cellou Dalein dès le premier tour ?

Sénilité précoce  ou  mémoire sélective ?

– Encore plus loin, il écrit :

« Je ne sais pas si Alpha Condé est cinglé mais il est manifeste que comme tous les enfants gâtés, il n’a aucun sens des réalités. Oui, Alpha Condé est un enfant gâté ! Il est convaincu, le bougre, qu’il peut tout se permettre puisqu’il a l’armée avec lui, la Ceni et la Cour Suprême sous ses ordres, et cette funeste communauté internationale à ses petits soins. Il peut brûler le pays, falsifier la mémoire, démanteler les ethnies et même brûler le pays. Il sait qu’il a plein de chefs d’Etat véreux, de diplomates galeux et de journalistes lèchent-culs pour le couvrir et changer ses plus belles conneries en miracles de Lourdes.

Cette imposture électorale ne découragera personne, elle ne remettra pas en cause notre unité nationale multiséculaire et notre sens renommé de l’histoire. Alpha Condé et sa mafia internationale n’aiment ni les Malinkés ni les Peuls, ni les Soussous, ni les Guerzés, ni les Tomas ni les Kissis etc. C’est notre bauxite qu’ils convoitent. C’est notre mort collective qui les intéresse. »

No comment

2-  L’ami Alpha Sidoux Barry par contre, sait prendre des gants et pousser à la réflexion ! Sollicité en juin 2008 pour définir l’ethnie, il avait déclaré :

« Peut-on se risquer à donner une définition du terme d’ethnie ? Cela est très hasardeux. On peut, à tout le moins, énumérer quelques critères objectifs pour tenter de cerner cette notion, à en croire l’historien russe Victor Kozlov :

–  L’auto-conscience ethnique, c’est-à-dire l’idée de communauté d’origine et de destinée historique ;

–  La langue maternelle ;

–  Les particularités du psychisme, de la culture et du mode de vie ;

–  L’aspiration à mettre sur pied une organisation de type étatique.

Et d’ajouter : « Certains grands groupes ethniques auraient pu évoluer vers de véritables Etats-nations, si l’Afrique n’avait pas été disloquée et balkanisée au XIXe Siècle par le colonialisme européen. Ce processus peut-il se reproduire aujourd’hui dans nos pays ? » »

3-  Une poignée de contemporains  (anti malinkés notoires), composée de  Monènembo, Sidoux, Sadio, Bokoum, Kylé, Petty, …, avec plusieurs autres qui grouillent sur les médias planétaires (radios, télés, Internet, réseaux sociaux, etc.), militent pour  un  projet anachronique, avec pour machines de guerre (entre autre), certaines  ONG, et des organisations sectaires comme Pöttal-Fii-Bhantal, Haali Pular, etc.

Tout se sait de nos jours, et de surcroît, tout est archivé pour l’éternité grâce au progrès technique et technologique.

La planète est inondée, presque instantanément de vidéos, montrant les dérapages et les turpitudes mensongères et antidémocratiques de pseudos leaders stupides et haineux, dont certains poussent constamment  leurs  partisans fanatisés et drogués au djihad. Que cherchent donc  nos activistes guinéens ? That is the question

Partie B : Le vrai problème en République de Guinée, est que le candidat peuhl, est à la recherche d’un état pour son ethnie ; Il avait été choisi et ‘’adoubé’’ pour cette mission (quelque temps avant 1999), par l’ensemble des notables de sa région (des réseaux de complicité existent en dehors de la Guinée, avec des membres éminents ou richissimes).

Cette quête médiévale,  avait sous-tendu la démarche de la délégation de notables qui ne voulaient pas de  l’indépendance en 1958 ; ils souhaitaient à la place,  garder leur région sous protectorat français.

Partie C : Les  ‘’malinkés’’ avaient longtemps ignoré (jusqu’en 1984), qu’ils constituaient une sorte d’obstacle (quasi naturelle) à ces visées hégémoniques moyenâgeuses. Sékou Touré n’était qu’un prétexte ! C’est  l’ethnie dont il est issu qui pose problème à nos ‘’envahisseurs’’ convaincus qu’une fois cet obstacle humain écarté, ils conquerraient les deux autres régions en un tourne main… car par exemple,  une matinée leur suffirait  pour jeter à l’océan l’ensemble des aborigènes de la zone côtière.

Voilà pourquoi dès le début de l’année 1959 (quatre petits mois seulement après la proclamation de l’indépendance), les complots contre Sékou Touré et la Guinée avaient  commencé et  il y en a eu cinquante-deux en moins d’un quart de siècle. Puis il y a eu les douloureux évènements du 4 juillet  1985…sur lesquels je reviendrai en détail inch’Allah. Tout est étalé maintenant, sur les médias de la Planète, y compris sur Rfi. Des livres  et des documents circulent depuis belle lurette, qui  confirment et dénoncent les entreprises de sabotages économiques et  les nombreux projets criminels  orchestrés contre Sékou Touré. Le mensonge est  une stratégique en Guinée ; Le camp Boiro de la désinformation existe hors de la Guinée et il a pour habitude, depuis plus de cinquante ans, de discréditer des patriotes honnêtes comme Sékou Touré et Alpha Condé ! De les diaboliser pour instaurer l’anarchie.

Conclusion :

La victoire logique pour un second mandat aurait dû les mettre groggy mais, pour ma part, je ne me fais aucune illusion !! Ils n’abandonneront jamais le  projet qu’ils portent depuis des siècles. Samory Touré, puis la colonisation, et l’Indépendance, n’avaient  fait que reculer l’échéance ! La Palestine ayant été retenue finalement par les grandes Puissances, pour  ‘’accueillir’’  Israël en 1948, l’espoir est resté … entier.

Déjà plongé dans la réflexion pour obtenir un troisième mandat pour mon champion en 2020, j’adresse mes vives félicitations à TOUS ! A tous les niveaux, avec une note particulière à Sadamoudou Keita du forum, Pr. Guillaume Hawing, Ben Daouda Touré et quelques lecteurs patriotes comme Tronka, Caustique, LK, l’excellent Africain et bien d’autres infatigables.

Un troisième mandat écartera  définitivement nos imposteurs mafieux qui rêvent encore de rééditer les destructions opérées sur l’ensemble de nos acquis entre 1984 et 2010.

En attendant, il faut appeler la Conférence Nationale Souveraine, où seront  confrontées et débattues toutes les thèses, pour débusquer la vérité car, nos activistes fanatisées n’écoutent ni n’entendent :

les discours de paix et les tentatives de ‘’réconciliation’’

–          les slogans et publicités radios-télés,

–          les médiations des responsables de coordinations régionales,

–          les  exhortations des responsables religieux etc. , et les performances de nos ‘’artistes’’  à chanter,  et à louer la paix et l’unité, n’y changeront rien non plus.

Cissé Oumar de Bma / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sadio Barry : Alpha Condé, le RPG et la culture de violence en Guinée

Bismillahirrahmanirrahim !

Chers compatriotes, ce texte est celui d’un Guinéen et  ressortissant de la Haute Guinée. Ma ville natale est Siguiri, ma ville de  résidence est Kankan. Que Dieu nous donne la foi et le courage de dire la  vérité, la force et la sagesse de la reconnaître ! Car, celui qui n’a pas le  courage de dire la vérité, ne peut pas se battre pour la justice. Or, la  persistance de l’injustice mène aux conflits et à la ruine de la société. Pour  résoudre un problème, il faut d’abord le reconnaître. J’accuse Alpha Condé et  son parti RPG d’avoir désuni la Guinée, déshumanisé la Haute Guinée et abruti la  société malinké.

Avant l’implication active d’Alpha Condé dans la politique  guinéenne, les populations malinkés, comme celles de toutes les autres régions  de la Guinée, étaient connues pour leur pacifisme, leur attachement à la justice  et leur humanisme profond envers les « étrangers ». Malgré les 26 ans du régime  sanguinaire et clanique du malinké Sékou Touré, la population malinké est restée  pieuse et hospitalière. Les malinkés avaient pitié dans le cœur, portaient  secours aux fugitifs et aidaient des Peuls et autres Guinéens à fuir le pays  pour échapper aux tueurs de la Révolution. En Haute Guinée, les gens aimaient la  vérité (ils vénéraient le compagnon du Prophète "Aboubacar Sidiki" qu’ils  qualifient d’homme de vérité) et ils avaient surtout peur d’un péché  particulier : « Niibö » (ôter une âme). Arriva alors Alpha Condé et son RPG pour  diviser la société, cultiver la haine, semer la corruption, endurcir les cœurs  et pervertir les mœurs.

Du mensonge à la calomnie, de la corruption aux intimidations,  de la propagation de la haine à l’organisation des pogroms, des attentats et  assassinats à la guerre, le RPG d’Alpha Condé n’a ménagé aucun effort ni écarté  aucun moyen pour arriver au pouvoir en Guinée. C’est pourquoi, entre 2010 et  2015, Alpha Condé se comporta comme un chef de tribu rebelle qui a conquis le  pouvoir par des armes. Il mit en place un régime autoritaire et ethnique, avec  une politique destinée à marquer le retour-revanche des Malinkés au pouvoir et à  affaiblir les autres communautés du pays. Tout a été mis en œuvre pour que les  Malinkés, ses partisans, soient en mesure de pouvoir élire seuls, le Président  de la République en Guinée:

  1. les institutions républicaines, l’armée et l’administration  sont outrageusement maninkalisées sans précaution de choisir des  compétents,
  2. des fonds sont dégagés pour la promotion et le déploiement de  la milice armée donzo dans tout le pays,
  3. des fonds et des postes sont dégagés pour diviser les  populations du Fouta et y transformer certains en des « colonies  malinkés »,
  4. détruire l’harmonie et l’unité de la Basse Côte en faisant  distinguer les Bagas des Soussous,
  5. faire la promotion des tribus malinkés établies en Forêt  contre les populations autochtones de cette région,
  6. les statistiques du pays sont falsifiées avec des  recensements à dessein pour faire doubler la population électorale malinké et  promouvoir la construction et le développement de la Haute Guinée aux frais et  au détriment des autres ethnies et régions du pays.
  7. les Peuls et leurs biens sont systématiquement pris pour  cibles, pour les appauvrir et pour les faire fuir le pays afin de garantir la  suprématie malinké au profit des clans au pouvoir : avant les législatives 2013,  ils ont fait plusieurs victimes peules avec plus de 46 milliards GNF de fonds et  biens pillés. Avant la présidentielle 2015, ils ont fait 589 opérateurs  économiques victimes et une valeur totale (provisoire) de 128 milliards 906  millions 639 mille 85 francs guinéens pillés, sans parler des morts et blessés  par balles (Suivre).

Mais le pire des crimes dont Alpha Condé et son régime RPG se  sont rendus coupables en Guinée, c’est de bafouer la vie humaine et de donner à  ses partisans et aux extrémistes Malinkés le sentiment qu’ils peuvent désormais  tout se permettre en Guinée avec l’assurance d’une impunité totale pour eux.  Comme l’a dit Fodé Oussou Fofana, la Haute Guinée est devenue une République à  part en Guinée, les Malinkés sont devenus des supra-citoyens au dessus des  lois ! Conséquences dangereuses :

  1. à chaque occasion, des militants du RPG et jeunes malinkés  excités et parfois escortés par des forces de l’ordre, s’attaquent aux Peuls et  aux partisans de l’opposition. A Banankoro, des citoyens peuls furent brûlés  vifs et leurs biens pillés parce qu’ils participent à la campagne de l’UFDG ou  sont supposés être électeurs de ce parti (Suivre). Des violences de ce genre avaient aussi été  dirigées contre les citoyens peuls en Haute Guinée avant le second tour de la  présidentielle de 2010 (Suivre). Dans cette vidéo, on entend des femmes crier  « Alu yaa fuwa », c'est-à-dire « Tuez-le ! ».
  2. à Zogota, le massacre des Guerzés en plein sommeil fut  extrêmement violent, comme s’il ne s’agissait pas de Guinéens (Suivre).
  3. à deux reprises, la milice donzo et des extrémistes malinkés  ont provoqué des violences à la frontière guinéo-malienne (en fin février et au  début juin 2015). Les 3 morts et plusieurs blessés maliens en février n’ayant  entrainé aucune conséquence côté guinéen, la réplique des gendarmes maliens sera  foudroyante contre les Guinéens au mois de juin : 9 chasseurs tués et plusieurs  blessés côté guinéen alors qu’il n’y a eu que 4 gendarmes maliens blessés.
  4. ce ne sont plus des pauvres paysans qui creusent la terre à  la recherche de l’or pour la survie quotidienne, mais de gros Malinkés fortunés  qui, en complicité avec des étrangers, se livrent au pillage des richesses du  pays en toute impunité: ils se permettent d’utiliser des engins lourds comme des  excavateurs, camions-bennes, etc. pour extraire de l’or du pays et l’exporter  sans autorisation (Lire).

La culture de la violence est encrée dans les têtes au point  que, même entre eux, désormais, tout différend ou adversité se règle par la  violence et des meurtres crapuleux. Ainsi, même pour des postes de  responsabilité dans le parti RPG, qu’une simple élection démocratique à la base  peut régler, des affrontements ont fait plusieurs morts et blessés avec  d’énormes dégâts matériels entre Malinkés et militants du RPG à Siguiri, à Beyla  et ailleurs cette année 2015.

Quand moi j’étais adolescent en Haute Guinée, les jeunes et  femmes avaient peur de voir des morts à plus forte raison de tuer un semblable.  Avec le RPG d’Alpha Condé, la vie humaine n’a plus aucune valeur en Guinée.

Les dimanche et lundi 15 et 16 novembre 2015 : au moins trois  personnes ont été tuées à Touba dans la région de Gaoual. Les cadavres des  victimes sont trimballés dans la rue et jetés comme des cadavres de chiens  enragés. Dans l’enregistrement d’une de ces scènes de violences horribles, on  entend des acteurs crier en bon malinké : « Alaata », « Alu kaasama de », suivi  de slogan religieux « Allahou Akhbar ! Allahou Akhbar ! » (Suivre).

Le dimanche 29 novembre 2015 : quatre hommes, accusés du  meurtre d’un vendeur d’or, ont été arrêtés et emprisonnés à Kouroussa, une ville  fief du RPG. Des jeunes et adultes excités viendront les extraire de la prison  où ils étaient détenus pour les lyncher de la manière la plus horrible du  monde : la foule aura le temps de casser les portes de la prison, enlever les  détenus, les attachés et trimballer, les encercler, les lapider et bastonner  comme des chiens jusqu’à la mort ou l’immobilisation totale, un après l’autre,  avant de les brûler, sans aucun grain de pitié !
Une personne se hasardera à  dire « Eh Allah » devant la scène de mise à mort. La foule lui crie dessus et  des jeunes excités la menacent de subir le même sort. Un des meneurs s’avance et  parle : 

« Dyönkan wodi ko Eh Alla ? Mèn bafö ko eh Allah, an be wo  fanan la alu kan. Do kafö ko Eh Allah ! ».

C’est-à-dire : « Qui a dit Eh Alla ? Que quelqu’un répète  encore ce mot, nous allons l’ajouter aux cadavres ! ».

De la foule, quelqu’un pousse un jeune au milieu en disant :  « Lui aussi est un voleur ! ». Plusieurs autres voix démentirent en disant que  le jeune vient de la foule et ne fait pas partie des voleurs. Mais la foule  excitée qui semble tirer plaisir des horribles massacres d’hommes continua à le  lapider. Il sera atrocement tué comme les autres (Suivre 1 et 2) ! Ainsi, les hommes et femmes vertueux sont réduis  au silence et les démons sont en train de prendre le dessus en Haute Guinée par  la faute du RPG et la démission de l’élite malinké qui fait majoritairement  bloque derrière ce parti dangereux pour la Guinée.

Dans ces vidéos, tous les acteurs sont clairement  identifiables. Ont-ils été arrêtés ? Vont-ils être punis ? Il semble qu'ils sont  des jeunes engagés du RPG que l'on envoie d'habitude pour attaquer l'opposition.  Ils savent donc qu'ils ne risquent rien.

Entre 2010 et 2015, la Guinée a enregistré plus de victimes de  violence que certains pays dit officiellement en guerre, du fait du népotisme,  du tribalisme et de l’impunité que le RPG d’Alpha Condé a érigé en système de  gouvernement. Dans son rapport du 12 décembre 2015, l’organisation  internationale des droits de l’homme Human Rights Watch écrit :

« Les observateurs nationaux et internationaux affirment  que le gouvernement de Condé a aggravé les tensions ethniques en omettant de  sanctionner les membres des forces de sécurité pour les abus commis contre les  Peuls ; en usant de discrimination dans la désignation des fonctionnaires, ce  qui, selon les observateurs, a abouti à un nombre disproportionné de  fonctionnaires Malinkés; et en utilisant parfois les services de sécurité et le  système judiciaire afin de réduire et de punir des membres de l’opposition  politique exerçant leur droit de réunion pacifique. … De la même façon, suite  aux violences communautaires survenue en 2013 dans la région de N'Zérékoré dans  le sud-est du pays qui a fait environs 200 morts, il n’y a pas eu d’enquête sur  le rôle de plusieurs politiciens considérés comme proches du parti au pouvoir  dans ces violences. En outre, des huissiers de justice, chargés de faire  appliquer de nombreuses décisions judiciaires, ont indiqué que les ingérences  politiques dans leur travail avaient été fréquentes … Des flambées  sporadiques mortelles de violence communautaire et politique à caractère  ethnique ont, depuis 2010, fait plusieurs centaines de morts. Les épisodes les  plus meurtriers se sont produits en Guinée forestière, région du sud-est du  pays, en particulier à N’Zerekoré. Par exemple, en 2013, plusieurs centaines de  personnes ont été tuées lors d’affrontements entre les groupes ethniques Guerze  et Konianke ; et en 2011, plus de 25 personnes ont perdu la vie lors  d’affrontements entre les Kpèlès et les Malinkés dans le village de  Galakpaye. » (Lire).

C’est Alpha Condé, en tant que chef du parti et Président de la  République, qui est responsable de la division ethnique et des violences  inhumaines qui caractérisent aujourd’hui la société guinéenne. Certes, c’est lui  Alpha Condé qui protégeait et défendait les non-malinkés dans le RPG. C’est lui  qui se révoltait contre l’ethnocentrisme et des agissements des extrémistes  malinkés au sein du RPG. Mais en 2010, voyant que la transition est dirigée par  un Malinké (Sékouba Konaté), c’est lui qui a utilisé l’argument, la division et  la violence ethnique pour se faire transférer le pouvoir. Sa stratégie de  pressions ethniques a si bien marché que Sékouba Konaté assurera à l’avance  qu’il ne cédera jamais le pouvoir à un Peul (Lire  le témoignage de Santullo). C’est lui Alpha Condé qui a fondé son  alliance politique et la gestion de la République sur des bases  ethnico-régionalistes (La Présidence à la Haute Guinée, la Primature à la Basse  Côte, la tête de l’Assemblée Nationale à la région forestière et la fonction de  chef de file de l’opposition au Fouta).

Les propos d’Alpha Condé rapportés par le journal « Le Monde »  du 2 sept 2010 suite au ralliement de Sydia Touré de l’UFR à l’alliance de  Cellou Dalein Diallo:

« Sidya Touré a perdu sa base électorale. Je suis soutenu  par la Basse et la Haute Guinée et la Guinée forestière. C'est l'expression du  refus de la volonté de domination des Peuls ».

Les propos (récents) d’Alpha Condé adressés aux Malinkés à  Kankan le 9 mai 2015 :

« Si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors  qu'il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux Malinkés, aux  Forestiers et aux Soussous ! ».

Dans le même discours, le chef de l’Etat Alpha Condé dit aux   populations de la Haute Guinée que lorsqu’il venait au pouvoir, les Malinkés,  sous le règne du soussou Lansana Conté, avaient leurs bouches dans le sac et  qu’ils n’avaient pas le droit de parler leur langue maninka à Conakry. Avant  d’ajouter que s’ils s’asseyent jusqu’à ce qu’il perde la présidentielle du 11  octobre et qu’il quitte le pouvoir, ils vont subir pire que ce qu’ils ont subi  en 1985.

Le régime RPG d’Alpha Condé rappelle étrangement celui  d’apartheid de Pieter Willem Botha d’Afrique du Sud.

Le 01 juin 2015, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir,  Alpha Condé fait voter une loi autorisant les forces de l’ordre à tirer à balles  réelles sur les manifestants Guinéens, sachant bien que ces derniers seront  Peuls, Basse-Côtiers et Forestiers et que les tireurs ou donneurs d’ordre sont  Malinkés ! Le sentiment qui en résulte chez des potentiels victimes, en  particulier chez la majorité des Peuls et Guerzés, n’est pas moins que ce que la  majorité noire ressentait sous le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Tous ces faits constituent des preuves irréfutables pour mettre  Alpha Condé en cause en cas de guerre civile en Guinée, même 20 ans après sa  mort ! Alpha Condé a donc intérêt à restaurer l’unité du pays, ramener l’ordre  et l’harmonie entre Guinéens avant la fin du second et dernier mandat qu’il  s’est offert.

Toutefois, il se pourrait qu’Alpha Condé ait pris conscience du  péril dans lequel des extrémistes et tribalistes malinkés sont en train de  l’entrainer en compromettant l’avenir du pays et qu’il ait décidé de changer et  laisser un bilan positif en Guinée. Après le chaos et la mascarade électorale  qu’il a fait organiser le 11 octobre 2015, Alpha Condé a déclaré qu’en 2010, il  a été obligé de faire des alliances qui l’ont conduit à une politique de  récompense. Et que cette fois-ci, grâce à sa victoire au premier tour, il ne  doit rien à personne et que c’est le peuple qui l’a directement élu. Il a juré  de faire changer les choses pendant ces 5 prochaines années.

Alpha Condé cherchait-il ainsi à se trouver des excuses pour le  calendrier électoral et sa victoire au premier tour imposés aux Guinéens ? Ou  bien il a commis cette autre fraude pour se donner la chance de rectifier le tir  et sauver l’avenir du pays ? En effet, seul Alpha Condé peut ramener aujourd’hui  la justice, l’ordre et le respect des lois dans le pays sans que les Malinkés ne  disent qu’il y a une politique de vengeance contre eux. Il a manifesté ses  intentions par la parole, aura-t-il le courage et la dimension d’homme d’Etat  pour les réaliser par des actes ?

Lors de sa rencontre avec Sidya Touré il a déclaré : « Je  souhaiterais que pendant les cinq années que je vais avoir, je puisse faire de  belles réalisations dans mon pays. Je veux mener un travail qui va faire que moi  aussi je puisse laisser mon nom en Guinée ».

Ces propos, Alpha Condé les a tenus devant plusieurs autres  personnes et il n’a pas attendu son investiture pour donner des signes de  changement. En peu de temps, plusieurs personnes qui se croyaient intouchables  ont été limogées pour « fautes lourdes », comme cela se doit et se fait  ailleurs. Après le drame de Koundara, il a limogé le ministre de l’intérieur  Mahmoud Cissé, le secrétaire général aux affaires religieuses El hadj Abdoulaye  Diassy, ainsi que son adjoint Elhadj Aboubacar Fofana pour « faute lourde ».  Après le drame de Kouroussa, le préfet Dramane Condé, le chef d’escadron de la  gendarmerie, le commandant Mohamed Wonkifong Camara, le commissaire de police de  la ville, le commissaire divisionnaire Alhassane Baldé, ont été démis de leurs  fonctions. Le juge de paix de Kouroussa a, quant à lui, été suspendu. Des actes  louables et hautement symboliques qui marquent une volonté de changement chez  Alpha Condé. Mais les événements que nous avons vécus à la veille de son  investiture du 14.12.2015 nous obligent à douter si Alpha Condé et son parti RPG  ont la maturité et la sagesse de gérer un Etat pluraliste : les mesures de  déguerpissement pour mettre de l’ordre et rendre propre la capitale n’ont ciblé  que les autres ethnies, pas des Malinkés qui assombrissent l’axe visible de la  capitale (Lire).

Rien n’est plus douloureux pour un homme que de découvrir que  le chemin qu’il a parcouru est faux et qu’il n’y a pas moyen de rebrousser  chemin ou de le rectifier. Accordons donc, malgré tout, le bénéfice du doute à  Alpha Condé et croyons à sa bonne foi de vouloir changer positivement les  choses ! Après tout, feu Mathieu Kérékou du Benin a démontré qu'un dictateur  communiste peut devenir un prêtre démocrate.

Comme Alpha a choisi de s'entourer de ceux qui ont pourri le  pays et que lui-même accuse d'être à l'origine de nos malheurs actuels comme  collaborateurs et conseillers, je lui propose, comme contribution, les conseils  que l’Imam Ali, le quatrième et dernier calife, successeur du Prophète Muhammad  (saw), a adressés au nouveau gouverneur de l’Egypte en l’an 659 :

« Tu ne peux gagner l’estime et le respect de ceux que tu  gouvernes que si tu leur sers d’exemple dans le respect et l’application de la  loi »

« Les choses les plus agréables et les plus précieuses pour  un administrateur sont l'épanouissement de la justice dans le pays et les  manifestations d'amitié entre les administrés. »

« Libère les hommes de la rancune que nourrissent les uns  pour les autres, par la pratique de la justice et le traitement équitable des  gouvernés ! ».

Le Messager de Dieu a déclaré plus d'une fois que : « Dieu  ne bénit pas une nation où il n'est pas donné au faible ses droits sur le  fort ».

« Le pire de tes collaborateurs est celui qui fut d'abord  partisan et complice des criminels. Qu'il ne fasse pas partie de ton conseil.  Considère-le comme collaborateur des malfaiteurs et des oppresseurs. Tu  trouveras, à leurs places, d'autres collaborateurs aussi clairvoyants et  jouissant d'aussi grande audience qu'eux, mais n'ayant pas commis de crimes  aussi ignobles, ni assisté un tyran dans son action d'oppression. »

« Attache-toi aux pieux comme aux honnêtes : habitue- les à  ne pas te flatter, ni à te faire des éloges sur ce que tu n'auras pas fait car  la flatterie engendre la vanité et mène à l'orgueil. »

« Observe bien le comportement de tes collaborateurs, ne  les nomme pas par favoritisme ou par égoïsme. … Contrôle leurs activités, fais-  les inspecter par des gens loyaux et sincères. Tu les inciteras ainsi au respect  de la confiance mise en eux et les rendra bienveillants envers les  administrés. »

« Ne choisis pas ces fonctionnaires selon ton intuition, ta  confiance et la bonne opinion que tu pourrais en avoir. Ces hommes savent  leurrer les chefs et s'attirer leur sympathie par la flatterie et les bons  offices, alors que derrière tout cela il n'y a ni bon conseil ni honnêteté. 
Apprécie- les selon les services qu'ils ont rendus à tes  prédécesseurs, et élis parmi eux celui qui a laissé la meilleure impression sur  l'ensemble de la nation et qui est réputé par sa probité. Un tel choix sera une  preuve de ta sincérité envers Dieu et envers tes administrés. »

« Auprès du chef, il y a des proches et des conseillers, et  parmi eux certains sont marqués par l'égoïsme, la convoitise et l'absence  d'équité ; arrête leurs bras en supprimant toutes les causes de cet état  d'esprit. N'accorde aucune faveur à tes proches ou à tes conseillers dans la  gestion de l’Etat, ne donne jamais ton accord sur ce qu'ils convoitent si cela  risque de léser les intérêts d'autrui dans le partage du fruit d'une entreprise  commune, et de permettre à ton entourage de faire travailler les autres hommes  pour leur compte. Car la responsabilité de tels actes t'incombera aussi bien  dans ce monde que dans l'au-delà ».

SADIO BARRY,
Depuis  l’Allemagne

Articles  recommandés : Belgique : séjour discret d’Alpha Condé, le Président qui a peur  de ses soi-disant électeurs !

Guinée: Sadakaadji aurait-il vraiment été empêché de sortir du  pays ?

Polman : « immunité diplomatique de Guillaume Soro »

    

         Crédits : Polman    

Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, n’est plus visé par un mandat d’amener en France, bénéficiant d’une immunité diplomatique lors de son séjour, ont assuré mardi ses avocats dans un communiqué.

« Les documents attestant du caractère officiel de la présence (de M. Soro) sur le territoire français à l’occasion de la COP21 » ont été fournis à la juge d’instruction qui avait délivré le mandat lundi, ont indiqué Jean-Paul Benoit, Jean-Pierre Mignard et Pierre-Emmanuel Blard, avocats de Guillaume Soro.

La juge a reconnu qu’« il bénéficiait du statut diplomatique et de l’immunité » qui l’accompagne, ajoutent-ils. Leur client n’est donc plus visé, selon eux.

Lire aussi : Guillaume Soro n’est plus visé par un mandat d’amener en France

Polman

Le Monde

Sous-catégories