Alpha Wann : LE DROIT DE RESISTER A L’OPPRESSION

Des voix s’élèvent partout notamment de nos partenaires et représentants de la communauté internationale pour nous demander de faire recours à la Cour Constitutionnelle pour régler les litiges électoraux et non la rue.

Cette demande est valable lorsque que nous sommes dans un régime respectueux du droit et que les institutions sensées garantir les intérêts des citoyens fonctionnent conformément à la Constitution.

Or, les opinions nationale et internationales sont témoins que le pouvoir guinéen n’a fait que violer notre Constitution et que c’est à l’approche des élections qu’il a installé une Cour Constitutionnelle croupion qui a refusé de sanctionner les graves violations du Code électoral par la CENI.

La CENI n’a jamais respecté la loi l’instituant à plus forte raison le Code électoral. Elle a fait la sourde oreille à toutes les demandes de correction des anomalies et autres manquements graves dans l’organisation de ces élections.

Elle a rejeté la demande de report de l’élection par les 7 candidats en disant qu’elle est prête et capable d’organiser le scrutin.

Tous nos partenaires ont enjoint l’opposition à participer à l’élection en disant que tous les problèmes constates sont réglés.

Nous sommes allés aux élections et aujourd’hui, personne ne peut en toute bonne foi nier la catastrophe. M. Frank Engel, le chef de la délégation de la Mission d’observation électorale de l’Union Europeenne (MOE-EU) a dit ceci : “Le scrutin a été caractérisé par de fortes difficultés logistiques et organisationnelles confirmant la préparation insuffisante de la CENI en vue des opérations de vote”.

Tout est dit ici et donc aucune conclusion n’est possible, sauf celle d’annuler cette mascarade.

Nous n’avons aucune alternative face à un pouvoir hors-la loi, une tyrannie d’un homme qui a domestiqué toutes les institutions du pays, qui a placé l’Etat sous le contrôle de son parti et qui n’hésite pas à faire assassiner tous ceux qui protestent pacifiquement contre ses dérives dictatoriales, que de le combattre de toutes nos forces.

Nous allons légalement recourir à l’article 21 alinéa 4 de notre Constitution qui dispose : Le peuple de Guinée a le droit de resister à l’oppression.

Il s’agit de se mobiliser pour changer ce régime qui viole notre Loi Suprême.

Cet article est inspiré de la codification juridique d’un droit naturel que les hommes ont toujours utilisé depuis des millénaires.

Faisons relire par l’ambassadeur des Etats-Unis SEM M.Lascaris, qui est très impliqué dans notre débat électoral, la Déclaration d’indépendence des Etats-Unis proclamée le 4 juillet 1776 :

“Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes ont été créés égaux, qu’ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur. - Que pour garantir ces droits, des gouvernements sont établis parmi les hommes, tenant leur pouvoir légitime du consentement des gouvernés. -Que chaque fois qu’une forme de gouvernement deviens destructive de ce but, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur ces principes et en l’organisant sous les formes lui paraissant les plus propres à lui apporter la sûreté et le bonheur”.

Peut-il sur la base de cette déclaration nous dénier le droit de nous soulever contre ce pouvoir qui nous oppresse? Non.

Quant à SEM M. Cochery, il doit certainement savoir que le droit de resistance à l’oppression est un droit naturel consacré par la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen du 26 aout 1789 (article 2) et celle de 1793 (articles 33, 34 et 35).

Dans le préambule de la Constitution française de 1958, le peuple français déclare solennellement son attachement à la Déclaration de 1789, d’ailleurs, il faut noter que notre article 21 s’inspire d’elle.

Il ne peut donc lui aussi, nous dire que nous ne sommes pas dans notre bon droit de résister à l’oppression de ce pouvoir.

Le préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies dans sa resolution 217 à son alinéa 3 : Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression.

Le régime de M. Alpha Conde nous a prouvé par sa tyrannie et ses violations répétées de notre Constitution, les violences faites contre les citoyens guinéens avec les nombreux assassinats de manifestants, de citoyens dormant paisiblement comme à Zowota, d’instrumentalisation des violences inter-ethniques à Siguiri, Kouroussa, N’zerekore, Beyla etc.

Nous ne pouvons pas après toutes ces violences et violations de notre Constitution, cautionner ce dernier coup de force fait pour nous imposer ce pouvoir tyrannique.

Qu’on oublie pas qu’il a fallu des assassinats de plus de 50 manifestants, des milliers de blessés et des destructions de biens privés pour que Alpha Conde organise des élections législatives trois ans après le délai constitutionnel. Il a purement et simplement refusé de se soumettre à la Constitution pour organiser les élections locales, qui sont essentielles à la democratie de proximité notamment, durant tout son mandat.

M. Alpha Conde est-il différent d’un chef militaire putschiste qui suspend la Constitution comme lui parce qu’il ne l’applique pas?

 

Son pouvoir n’est plus ni légal, ni légitime, il est désormais comme celui des Ben Ali, Moubarak et Compaore et comme tel, les guinéens sont fondés à le chasser du pouvoir.

Depuis le 17 ème et 18 ème siècle l’Europe a montré la voie à tous les peuples pour bannir l’absolutisme monarchique, la dictature d’un seul en décapitant leurs rois notamment le roi d’Angleterre Charles 1er, arrêté, jugé et exécuté le 30 janvier 1649 et le roi de France Louis 16, arrêté, jugé et exécuté le 21 janvier 1793.

Aujourd’hui, plusieurs peuples dans le monde sont parvenus à mettre fin à la dictature et la démocratie progresse partout.

L’insurrection populaire de 2007 avait pour but de mettre fin à l’autoritarisme et le retour au respect de la Constitution par le général Lansana Conte qui a eu la sagesse de se plier à la volonté du peuple en acceptant toutes les revendications des forces vives de la Nation.

Nous n’accepterons pas que celui qui prétend s’être battu durant 50 ans pour l’instauration de la démocratie et l’Etat de droit , nous fasse revenir au système du Parti-Etat et veuille s’imposer à nous par des élections frauduleuses violant ainsi l’article 2 de notre Constitution.

Ceux qui se battent sur le terrain contre le coup de force de Alpha Conde, sont les plus courageux parmi la population guinéenne et ils le font pour l’ensemble du peuple pour garantir nos Libertés et pour instaurer un Etat de droit qui sera profitable à tous. Ils doivent être soutenus par cette majorité silencieuse qui approuve leur combat légitime.

Nous disons à tous les dirigeants de l’opposition et ses candidats qu’aucune négociation ou arrangement n’est possible avec M. Alpha Conde sauf son départ.

Alpha Wann : le pouvoir peut assassiner les Guinéens en toute impunité

Pourquoi le pouvoir continue d’assassiner les guinéens?

Parce que cela ne choque pas les guinéens tout simplement.

Ce qui se passe en Guinée est incroyable. Voila un pays où on n’incrimine pas l’assassin, mais plutôt la victime. Quelle paradoxe, nous assistons à un renversement sans précédent des valeurs qui fondent notre civilisation.

Nous avons une Constitution qui garanti des droits inaliénables à tous les citoyens dont le droit à la vie qui est sacré et que l’Etat a le devoir de protéger.

Le Chef de l’Etat, chef des armées donne des ordres précises aux forces de sécurité de tirer à balles réelles sur des manifestants guinéens qui protestent contre sa politique. Au lieu que les guinéens soient choqués que leurs forces de sécurité tuent leurs compatriotes qui exercent des droits constitutionnels, ils préfèrent plutôt blâmer les opposants qui ont fait l’appel à manifester.

Du citoyen ordinaire en passant par les chefs religieux, les membres de la société civile et même des journalistes, tous en choeur indexent les opposants en les accusant de faire appel à la violence, de conduire leurs paisibles militants à la boucherie.

En attendant le bourreau est tranquille, il a un permis pour tuer car il est certain que plus il assassine, plus ses victimes seront considérés par la société comme des gens violents, des cyniques qui n’hésitent pas d’envoyer les enfants d’autrui à l’abattoir.

Qu’est ce qui nous arrive? Nous sommes un peuple qui aime ses bourreaux et qui hait ceux qui luttent pour le respect du droit et de nos libertés.

Regardez au Burkina, malgré les progrès indéniables que le président Blaise Compaore a réalisé pour le dévéloppement du pays, les burkinabés ne l’ont jamais pardonné l’assassinat de Sankara. Une fois qu’ils l’ont chassé du pouvoir, ils sont entrain d’engager le procès en justice des présumés assassins de Sankara.

Depuis que les hommes de Blaise ont assassiné ( des soupçons jusqu’à preuve du contraire) le journaliste Norbert Zongo, il n’a plus eu la paix jusqu’à sa chute.

Combien de nos illustres cadres ont été assassinés et plus près de nous combien de jeunes gens ont été massacrés dans une indifférence coupable de notre société?

Oui, maintenant ceux qui se battent pour nos droits sont devenus du bétail à abattre par des agents qui sont en principe à notre service pour protéger nos vies et nos biens. Cela ne nous choque pas. On ne traite pas leur chef de va-t-en guerre, d’assassin, mais ceux qui veulent barrer la route à la dictature.

La majorité des guinéens connaissent le journaliste Mandjan Sidibe pour les révélations au public des manigances du pouvoir, ses enquêtes et les informations de premières mains qu’il dévoilait à ses auditeurs. Est -ce étonnant que le pouvoir veuille le faire taire? Lorsque les hommes de main du pouvoir sont passés à l’action et qu’il s’était senti en danger et n’ayant aucun autre moyen de demander secours, il avait lancé un SOS en directe à l’antenne de sa radio. Les jeunes sont accourus pour le défendre et voilà un policier qui tire à bout portant sur l’un d’eux qui meurt sur le champ.

Comme un seul homme, les guinéens y compris ses confrères lui tombent dessus pour avoir occasionner par son appel la mort d’un innocent. Le pouvoir se frotte les mains en actionnant sa police et sa justice contre lui. Il est en exil depuis.

Personne ne parle du policier assassin et aucune poursuite n’a été engagé contre lui.

Pour tous ces jeunes gens tués à la fleur de l’âge, le président Alpha Conde n’a adressé aucun message de compassion et de regret à leurs familles, ni pris en charge par l’Etat les frais médicaux des milliers de blessés de cette tragédie qu’il a orchestré comme s’ils n’étaient pas des guinéens. Par contre, il a rendu visite aux gendarmes et policiers blessés donnant ainsi la preuve qu’ils étaient en service commandé pour son compte. Il avait félicité ses assassins pour leur efficacité. Les enquêtes internes n’existent pas lorsqu’ils tuent les guinéens parce que cela laisse de marbre la société guinéenne.

Dans tous les pays démocratiques, l’arme principale des hommes politiques pour faire plier leur gouvernement, c’est l’appel à manifester.

Est-ce que demander à ses militants à manifester est illégal?

Est-c’est légal que le gouvernement autorise les forces de l’ordre à tirer à balles réelles sur des manifestants?

Lequel des deux est dans la légalite?

Voilà les questions que nous devons répondre pour situer les responsabilités.

Les guinéens foulent au pied leur Constitution et donnent le droit à leurs “bouchers” d’abattre comme du bétail leurs compatriotes qui se battent pour des droits inscrits dans la Constitution.

Cette attitude est désormais ancrée dans la culture politique de notre pays, au point que ce sont maintenant des opposants qui reprochent à leurs collègues de sacrifier la vie de leurs militants.

Mais oui, des opposants qui disent qu’ils sont contre la violence et pointent du doigt leurs collègues qui poussent l’irresponsabilité d’envoyer à l’abattoir des militants.

Mais alors pourquoi ne pas supprimer l’article 10 et le remplacer par un autre qui criminalise tout appel à manifester?

Dans une démocratie, une partie du peuple a le droit de protester dans la rue, et plus ils sont nombreux, plus le pouvoir est tenu de prendre en compte leurs revendications, d’où l’enjeu de faire le décompte des manifestants et la guerre des chiffres entre les organisateurs et la police. Nous sommes un pays francophone, or la France avec laquelle nous partageons une histoire politique commune est le pays par excellence des manifestations de rue. Sa population est réputée frondeuse. Beaucoup de nos hommes politiques ont fait leurs armes en politique en France, il est donc inconcevable qu’ils soient si allergiques aux manifestations.

Ce sont des dictateurs qui noient dans le sang les contestations de rues.

Les guinéens ne sont pas choqués que ça soit Alpha Conde qui fasse tuer des manifestants. Il n’a jamais participé à une manifestation politique en Guinée.

Au temps du général Lansana Conte, lorsque nous nous manifestions à Conakry, lui il participait aux manifestations paisiblement et en toute sécurité à Paris.

Depuis les années 1960, il manifeste en France, il a lui-même reconnu que ce sont les débris des pavées qu’ils lançaient sur les policiers. Est -ce que les policiers francais tiraient sur eux avec des armes de guerre? Pourquoi donc considère-t-il comme un crime passible d’être exécuter sur le champ, le fait de jeter une pierre sur les policiers guinéens?

Nous savons tous maintenant grâce à la télévision que les manifestants occidentaux sont encore plus violents, ils sont armés de barres de fer, portent presque les mêmes protection que les policiers et ils cassent tout sur leurs passages, brûlent des milliers de voitures. Mais les policiers sont formés pour neutraliser et isoler les ultras ou casseurs dans les manifestations. M. Alpha Conde le sait, mais il a compris que la vie humaine n’a pas de valeur pour nous et donc il ne se prive pas de faire tuer nos jeunes gens.

Nous faisons partie de ce monde qui est interconnecté et dans nos villages les plus reculés, nos populations ont désormais accès à toutes les informations en temps réel. Nous savons tous comment les gouvernement occidentaux accordent de l’importance à la vie de leurs citoyens. Ils sont capables de déployer toute leur puissance diplomatique et militaire pour sauver un seul de leur citoyen.

Je vous donne un exemple. En 1998, le président de l’UNR Bâ Mamadou a été arrêté. La France n’a fait aucune démarche particulière pour le faire libérer. Par contre lorsque leur citoyen Alpha Conde président du RPG a été arrêté la même année, les autorités françaises n’ont jamais cessé de harceler le général Lansana Conte pour le libérer. Le président Chirac avait posé publiquement son cas au général Conte qui agacé avait répondu que chaque jour on entendait parlé de mise en examen de ministres français, et que pourquoi nous nous n’avions pas le droit de le faire avec nos citoyens fussent-ils chefs de partis? Il avait oublié que celui qu’il avait arrêté est un français.

Au lieu de jeter l’anathème sur les opposants qui manifestent, dites donc à Alpha Conde de respecter la vie des guinéens. Mais personne ne considérera que notre vie est sacrée si nous mêmes nous n’en avons aucune considération.

Regardez ces dictateurs qui aiment se faire appeler père de la nation, mais qui n’aiment que leur propre progéniture biologique.

Quel est le père qui va faire tirer sur ses propres enfants?

Pourquoi les guinéens excusent ceux qui tirent à balles réelles sur les enfants d’autrui? Si nous avions manifesté notre colère contre ces actes ignobles, aucun pouvoir n’allait se permettre de le faire.

Alpha Conde lui se permet de dire devant François Hollande que à partir du moment où l’Assemblée Nationale est installée, les débats doivent s’y tenir et non dans la rue et qu’il ne tolérera plus la pagaille. Au même moment Hollande était confronté à la furie des bonnets rouges bretons contre l’écotaxe et il était obligé de reculer.

Je parle de ce sujet parce que les assassins et leurs commanditaires s’apprètent encore à massacrer ceux qui vont se lever contre cette forfaiture qu’on appelle élection tenue le 11 octobre dernier.

Au vu et au su de tous les guinéens et de la communauté internationale, ce pouvoir a utilisé toutes les manoeuvres possibles, tuer, blesser les récalcitrants pour préparer les fraudes aux élections.

L’opposition interpelle à chaque fois l’opinion, présente des preuves et appelle finalement en désespoir de cause à manifester ses militants qui sont tués par le pouvoir sans aucune réaction de l’opinion nationale alors qu’il s’agit avant tout de préserver nos droits légitimes, un combat qui incombe à tous les citoyens de notre pays.

Pour toute réponse, on fustige l’opposition qui est selon la plupart des commentateurs en manque de stratégie face au pouvoir. On la traite d’impuissance et on tresse des lauriers pour les tricheurs, les assassins, on les encense et M. Alpha Conde est présenté comme un virtuose de la politique, des opposant le traitent de fin tacticien ou de renard politique.

Mais comment se fait il que ce renard politique n’a pas pu tromper le général Lansana Conte qu’il prenait pour un analphabete et conquérir le pouvoir?

Il a fallu le décès du général Conte et l’arrivée au pouvoir d’une équipe qui lui était favorable pour qu’il accède enfin au pouvoir.

Vous pensez qu’on a besoin d’être un fin stratège pour soumettre par la violence un peuple?

Un simple sergent semi- lettré comme Samuel Doe après avoir massacré le président Tolbert et ses ministres ne s’est il pas imposé sur les libériens? Il a fallu une autre brute pour le tuer.

Un simple cuisinier de l’armée coloniale britannique, Idi Amine Dada s’est imposé en Ouganda en massacrant tous ses opposants et en terrorisant toute la population. Il a fallu l’intervention de l’armée tanzanienne pour le chasser du pouvoir.

Quelle tactique fait Alpha Conde si ce n’est violer nos lois et faire tuer ceux qui protestent, distribuer l’argent pour acheter les consciences sans oublier qu’il a hérité de l’absolutisme de ses prédécesseurs qui a marqué de façon indélébile les fonctionnaires de l’administration guinéenne qui sont dressés pour obéir servilement au pouvoir.

Tout leur problème, c’est cette nouvelle génération insoumise, qui connait ses droits et les revendique courageusement au péril de leurs vies.

Habitué à être le seul maitre à bord dans son parti où il dicte ses ordres à Dr Mohamed Diane qui les répercute aux membres sans la moindre opposition de qui que ce soit, il pense que toute la Guinée doit se soumettre à sa volonté comme si nous étions tous membres de son fameux RPG Arc en Ciel.

C’est comme lorsque le général Conte pensait que nous sommes tous dans un camp militaire où lui le commandant en chef donne des ordres à exécuter sans murmures ni discussions.

Il fallait aller à ces élections pour prouver à ceux qui en doutaient ou faisaient semblant de ne pas voir les manquements graves de la CENI que ce pouvoir ne veut pas organiser des élections libres et transparentes.

Aujourd’hui, il faut être de mauvaise foi pour nier les faits graves qui entâchent la crédibilité de ce scrutin.

Que voulez vous qu’on fasse? Qu’on courbe encore l’échine et qu’on se soumette sans condition à la dictature? JAMAIS.

Ceux qui nous parlent de stratégies gagnantes étaient les premiers à traiter l’opposition de faible, qu’elle ne manifestait pas jusqu’à l’obtention de ses revendications et maintenant que les opposants sont déterminés à se battre, et à ne faire aucune concession, ils clament cette fois- ci qu’ils veulent sacrifier pour rien la vie des guinéens ou créer le chaos et la guerre civile dans le pays.

Nous n’allons pas inventer la roue, tous les peuples se sont libérés le plus souvent par une mobilisation massive des citoyens contre des pouvoirs autoritaires.

Quelle autre stratégie ils nous proposent, qu’on accepte qu’il soit président à vie en foulant aux pieds nos droits et notre Constitution?

Certains nous disent que nous sommes en apprentissage de la démocratie, mais cela fait 24 ans que nous votons sans que les pouvoirs ne se plient aux règles démocratiques. Au même moment les autres pays africains se sont démocratisés, l’alternance au pouvoir se passe sans aucune violence et les entreprises occidentales et celles des pays émergents y accourent tous.

Certains veulent nous cantonner dans notre ghetto de non-droit où nos populations croupissent dans la misère et les actes de violences de l’Etat. Nous refusons de toutes nos forces cette situation.

Nous demandons à tous nos militants et partisans d’occuper les rues pour démontrer que nous sommes nombreux à rejeter la confisquation de notre souveraineté de choisir librement nos dirigeants qui est consacrée par l’article 2 de notre Constitutition et dans le respect de nos lois électorales.

L’article 21 nous autorise à résister contre l’oppression et il n’y a pas pire oppression que celle d’un individu ou un groupe d’individus qui confisque nos droits constitutionnels.

Maintenant, si le pouvoir sortant met à exécution son projet de carnage de nos militants, les responsables sont clairement identifiés. Il s’agit des chefs de nos forces de seécurité qui sont : le Ministre de la Défense Nationale en titre M. Alpha Conde, le Chef d’Etat-Major Général des Armées, le général Namory Traore (si l’armée intervient), le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, le général Ibrahima Balde et le Ministre de l’Intérieur, chef de la Police Nationale, M. Mahmoud Cisse.

M.Alpha Conde doit reconnaitre sa défaite car il sait tout ce que lui et ses hommes ont fait en violation de nos lois pour s’attribuer une victoire qu’il ne mérite pas.

Il a le choix entre partir dans la paix et la sécurité, ou ordonner à ses hommes de réprimer dans un bain de sang les guinéens qui protestent contre lui et même dans ce cas, il finira par partir.

Comme on le dit chez nous, la balle est dans son camp.

Cheikh Yérim Seck : Alpha Condé, professeur es-politique !


Alpha Condé, professeur es-politique ! (CYS)
CONAKRYACTU.NET En Guinée, en politique, il y'a un professeur et un seul: Alpha Condé. Les autres sont des étudiants. Et ça se comprend. Pendant que ces derniers suivaient des carrières administratives, remplissaient des fonctions gouvernementales, s'occupaient à travailler, lui militait.
Militant depuis ses années sur les bancs de l'université, au sein de la Fédération des étudiants d'Afrique noire francophone (FEANF), l'actuel locataire du palais Sékhoutouréya a toujours fait de la politique. Sous Sékou Touré, quand, contestataire en exil, il fut condamné à mort par contumace. Sous Lansana Conté, lorsque, opposant, il fut brimé, emprisonné, éloigné du pays...
Passé maître de l'art, Alpha Condé a continué à faire de la politique au sens politicien du terme, même après son installation sur le fauteuil présidentiel.
Ses opposants en ont eu pour leurs frais, qui sont ballottés depuis cinq ans entre bras de fer et négociations de façade, entre accords à moitié appliqués et désillusions...
Le dialogue politique inter-guinéen, ouvert à quatre mois de la présidentielle, a été la dernière trouvaille du "professeur" pour rouler ses adversaires dans la farine.
Il les a occupés pendant qu'il menait sa pré-campagne à travers le pays, a joué la montre pour faire au dernier moment des concessions qu'il est impossible de mettre en oeuvre. Arrivée à la présidentielle avec le fameux accord du 20 août, l'opposition se retrouve avec un fichier piégé que le temps ne permet pas d'assainir d'ici le 11 octobre. Elle ne peut toutefois rien faire, minée par ses divisions internes et ses querelles d'égos.
En définitive, le candidat-président va à l'élection à son rythme et à ses conditions. Si on peut discuter des moyens utilisés, il a atteint ses fins. La fin justifie les moyens, pense-t-il certainement. 
Alpha Condé a lu et assimilé la pensée de Machiavel. Et affiné son savoir-faire par une pratique continue depuis sa jeunesse. Il mérite son titre de professeur, professeur-ès-politique.
  

 

Alpha Wann : HONTE A VOUS.

Alpha Wann : HONTE A VOUS.

Ce que nous avons vu hier à cette élection présidentielle est inimaginable. Les guinéens ont eu à faire à des gangsters politiques. Ce n’est plus des fraudes ordinaires qu’on avait l’habitude de constater dans les élections africaines en général, mais un vrai braquage perpétué par des voyous sans foi ni loi. C’est écoeurant, dégoutant, humiliant pour notre pays.

Je peux comprendre que des adultes soient les acteurs de cette triste expédition de vol à grande échelle, mais mêler même des enfants de moins de 10 ans à cette opération est un crime impardonnable. Ceci ne s’est passé nulle part dans le monde dans une élection sauf en Guinée qui inscrit encore son nom dans le Guiness des recorts.

Un dirigeant politique qui, pour conquérir ou se maintenir au pouvoir, oblige de pauvres enfants à se faire illégalement recenser et voter, doit être mis dans la meme catégorie que les chefs rebelles qui enrôlent de force les enfants soldats. C’est exactement le même crime et par conséquent, il doit être mis au ban de la communauté internationale

Aujourd’hui, les observateurs internationaux ne peuvent pas ne pas voir par eux-mêmes ces faits que l’opposition avait denoncé preuves à l’appui.

Mes chers compatriotes, lorsque vous vous penchez sur notre histoire depuis 1958, vous aboutirez à la conclusion que notre pays, la Guinée a été abandonnée à son triste sort par les puissances de ce monde. Tout est possible dans notre pays, c’est comme une condamnation d’une population entière à la pauvreté, au joug de dirigeants criminels qui ont pu, en toute impunité, nous assassiner, violer, embastiller et piller sans vergogne. Personne ne viendra à notre secours.

Quelque soit ce qui se passe en Guinée, le reste du monde dira avec condescendance que ce n’est pas étonnant, ce sont des guinéens.

Dans cette situation humiliante pour nous, nous sommes condamnés à prendre nous mêmes nos propres responsabilités dans l’unité.

Je félicite les 7 candidats pour leur initiative hautement salutaire et symbolique de faire front contre les gangsters poliques qui nous ont rabaissé notre pays.

C’est un motif d’espoir que ces dirigeants politiques issus de toutes nos communautés nationales montrent à toutes les guinéennes et à tous les guinéens qu’ils doivent être solidaires pour chasser définitivement la dictature dans notre pays. Ils ont fait preuve d’unité pour faire face à la dictature.

Il est désormais de la responsabilité de la jeunesse guinéenne de prendre en main son destin pour arracher notre liberté et notre droit à la démocratie et l’Etat de droit.

J’ai donné dans mon précédent texte l’exemple du peuple sud coréen qui malgré le soutien politique, diplomatique et militaire des Etats-Unis à leurs dictateurs militaires, est parvenu, à force de courage, de détermination et de constance, à imposer la démocratie en Corée du Sud.

Plus près de nous, nous venons de voir aussi le peuple burkinabè rejeter énergiquement le coup de force du général Diendéré. C’est le peuple qui a obligé les militaires à prendre clairement position pour la démocratie, et pour se faire, les jeunes officiers burkinabés entrainant leurs chefs se sont résolument engagés dans ce combat.

Le moment est venu pour nos forces de défense et de securité de cesser de tirer sur leurs compatriotes pour défendre des tyrans.

Les forces armées se sont deshonorées en assassinant les populations guinéennes. Leur seul fait d’armes a été de tuer, violer et detruire nos vies.

Depuis 1958 et contrairement à leurs frères d’armes africains, ils n’ont fait qu’exécuter les basses besognes des potentats guinéens. Il n’y a que les camps militaires qui ont servi de lieux d’humiliation, de torture des guineéens de toute condition sociale et de toutes les communautés, y compris les membres de leur propre corporation; tous les charniers sont des sites militaires.

Nos FDS sont l’unique rempart qui protège nos oppresseurs.

Mais leurs chefs actuels doivent savoir qu’ils seront tenus responsables de tous les crimes commis contre les guinéens.

Il s’agit du Ministre de la Défense Nationale en titre M. Alpha Conde, du Chef d’Etat-Major Général des Armées, le général Namory Traore, du Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, le général Ibrahima Balde et du Ministre de l’Intérieur M. Mahmoud Cisse.

Quant à M. Alpha Conde, son seul salut reste de partir dans la paix pour qu’en retour il bénéficie de notre clémence. S’il s’entête, dans ces conditions, qu’il médite sur le sort de beaucoup d’anciens présidents déchus africains.

A tous les soldats, sous-officiers, officiers supérieurs et officiers généraux, le moment est venu de vous ressaisir en laissant le peuple chasser ceux qui confisquent sa souveraineté.

Votre loyauté envers ces différents pouvoirs n’a pas empêché des purges terribles en votre sein à tous les niveaux de la hiérarchie militaire et de la Police.

Hier c’était le général Noumandian Keita ancien CEMGA et aujourd’hui, c’est au tour du général Nouhou Thiam ancien CEMGA. Sans compter les autres illustres chefs militaires. Leur tort aura été de se mettre au service de dirigeants oppresseurs du peuple.

Nous reprochons aux militaires guinéens de ne se préoccuper que de leurs intérêts corporatistes. Ils n’ont jamais été choqués par les massacres successifs des guinéens depuis 1958. Des cadres guinéens de valeur ont été pendus dans toutes les prefectures du pays sans qu’ils n’y mettent fin. Plus récemment, ce sont les massacres du 22 janvier 2007 et ceux du 28 septembre 2009 qui ont été commis sans qu’aucun soldat ou officier ne lève le petit doigt. Je l’ai dit aux chefs militaires avec lesquels j’étais incarcéré à la maison centrale dans l’affaire du 19 juillet 2011 et ils l’ont reconnu. Mais ceux qui ont été libérés continuent sans doute à jouer le jeu du pouvoir et leur mésaventure ne sert pas de leçon aux autres, car à chaque occasion, ils tuent les guinéens.

En privé, ils font semblant d’être compréhensifs, mais leur indifférence coupable l’honore pas l’institution militaire.

Vous devez demander pardon au peuple martyr de Guinée.

Je ne suis pas un nain politique pour croire candidement qu’un changement profond est possible sans la collaboration et la prise de conscience effective des forces armées qui sont une partie intégrante de la Nation. Ils doivent se mettre au service du peuple et non à celui de n’importe quel parvenu au pouvoir.

Ils ont le devoir de servir la République et ses valeurs et non être de dociles exécutants des crimes commandités par des assoiffés du pouvoir qui violent nos lois et s’imposent grâce à eux par la force au pays tout entier.

Certains me disent que leur prise de conscience est impossible parce qu’il ne s’agit pas d’une armée républicaine, mais des forces armées tribalisées. Ceci ne justifie pas de servir des individus médiocres qui nuisent aux intérêts de leur propre communauté qu’ils sont sensés défendre car au moins si leur choix portait sur les meilleurs d’entre eux, ceux-ci finiront toujours par comprendre que c’est une voie sans issue et accepteront par la suite que les réalités changent pour le bien de tous.

C’est une succession de médiocres qui a mis à terre notre pays qui est devenu par leur faute la risée de l’Afrique. Il faut lire ce que la presse africaine pense de nos différents chefs d’Etat pour s’en rendre compte.

A nos frères des forces de sécurité, nous leur disons que nous sommes capables de Pardon pour tout le mal qu’on a subi à condition qu’ils se repentent sincèrement et se mettent au service du peuple. En dépit de tout, nous sommes tous des guinéens et donc nous pouvons aller de l’avant sans aucun esprit revenchard. Ce n’est pas un simple slogan démagogique, mais les guinéens possèdent réellement cette force du pardon et ils l’ont prouvé.

A tous les amis de la Guinée, notamment les representants de la communauté internationale dans notre pays, nous leur demandons de défendre les valeurs democratiques de leurs pays que nous méritons au même titre qu’eux et non faire pression sur les opposants pour accepter l’inacceptable. Ils n’ont pas le droit de se faire les avocats d’un pouvoir qui viole tous les engagements internationaux de notre pays en terme de démocratie et de respect des droits de l’Homme.

Ils nous ont obligé à aller à ces élections en dépit de tous les manquements, de toutes les violations de notre Constitution et de nos lois électorales, maintenant, ils ont vu de quoi est capable ce pouvoir, qu’ils en tirent toutes les conséquences.

Nous ne voulons plus de rafistolages, ni d’accords boiteux qui ne seront pas respectés par des hommes sans parole.

Qu’ils se mettent du côte du peuple de Guinée.

Le passage de M. Alpha Condé à la case le vendredi dernier, le jour même des pillages des magasins de Madina, en promettant à ses partisans qu’il va rembourser leurs biens détruits la veille, c’est une preuve qu’il est le véritable commanditaire des actes de provocation contre l’un de ses rivaux. En ignorant les autres malheureux commerçants qui ont eux aussi perdu leurs biens, il a fait preuve de sectarisme et démontrer aux yeux de tous les guineens qu’il est au service d’un clan et non de la République. Toutes les victimes de pillages de tous les camps possibles méritent d’être remboursées, parce que c’est le fait d’affrontements politiques dont ils ne sont pas responsables.

Je félicite les braves populations de Kouroussa qui ont compris et ont donc protégé le domicile de M. Lansana Kouyate contre les loubards du pouvoir qui voulaient le saccager. Pourquoi décourager leur fils qui a lui au moins pris la peine de construire une maison chez lui contrairement à certains qui préfèrent détruire ce que d’autres ont pris des années à bâtir.

Que toutes les victimes de pillages restent tranquilles, lorsque les forces du changement vont prendre en main notre Etat, ils seront intégralement remboursés des dommages qu’ils ont subit.

Mes chers compatriotes, ouvrons bien nos yeux pour voir et comprendre que nous sommes pris en otage par des clans qui vivent gracieusement des fruits de notre labeur tout en nous divisant car toutes nos régions sont pauvres et nous vivons tous dans la précarité.

C’est en instaurant la démocratie à travers des élections transparentes et le respect de l’Etat de droit que n’importe quel dirigeant qui sera élu va être obligé de tenir ses engagements pris devant nos populations qui tireront ainsi les bénéfices de la concurrence politique.

Nous ne parviendrons jamais à cet objectif sans une unité sans faille de toutes les filles et fils de notre pays.

Aujourd’hui, les sénégalais et les ghanéens, pour ne citer que les démocraties les plus exemplaires de notre sous-région, sont libres et leurs pays sont des havres de paix qui attirent les investisseurs, mais aussi nos compatriotes fuyant l’insécurité politique et la misère.

Lorsque les grands dirigeants du monde veulent s’adresser à l’Afrique au sud du Sahara, ils le font à Dakar ou à Accra. Les présidents américains de Clinton à Obama ont visité ces pays pour les donner en exemple au reste de l’Afrique.

C’est le cas des présidents francais pour le cas de Dakar. Francois Hollande a fait juste une escale à Conakry en allant participer au sommet de la francophonie à Dakar pour témoigner sa solidarité au peuple meurtri de Guinée par le fléau du virus Ebola entretenu par l’irresponsabilité du pouvoir guinéen.

Il a fallu la sagesse des présidents Abdou Diouf et Jerry Rawlings qui ont eu le courage et la volonté politique de permettre l’alternance politique paisible et ancrer dans la durée la democratie dans leurs pays.

En cinq ans de pouvoir, Alpha Conde nous a prouvé qu’il est loin de cette sagesse et qu’il n’a aucune volonté d’instaurer la démocratie dans notre pays. Cette mascarade qu’il vient de nous servir en est la preuve. Nous n’avons donc rien à espérer de lui, il faut qu’il parte et il partira quelque soit l’aide des lobbys internationaux qui le supportent.

Ceux qui pensent que l’opposition ne devrait pas aller à ces élections, doivent savoir qu’il a fallu qu’elle le fasse pour mettre à nue la forfaifure, les mensonges, le gangsterisme de ce pouvoir en manque de légitimité.

Un pouvoir qui méprise les guinéens en les prenant pour des mendiants affamés par cette distribution de billets de banque, de sacs de riz à la veille du scrutin.

C’est le travail qui rend digne les hommes, or ce pouvoir n’a rien fait pour rendre leur dignité aux guinéens en créant des opportunités d’emplois pour eux et il attend à la veille des élections pour les insulter en leur distribuant des miettes.

C’est une insulte intolérable pour le peuple de Guinée.

Honte à vous.

Levons nous pour mettre définitivement fin à cette honte nationale qui souille notre honneur. Nous le devons pour nos descendants afin de leur laisser en héritage un pays apaisé, reconcilié ou les droits de chacun seront strictement respectés, ou chacun sera libre d’exprimer ses talents et vivre des fruits de son labeur dans la sécurité.

Nous devons le faire pour que des millions de nos compatriotes obligés de fuir notre pays puissent revenir au bercail et en finir avec les souffrances morales de l’exil.

Je suis profondément déçu que ca soit Alpha Conde, un exilé durant plus de 60 ans, qui maintienne notre pays dans ce système de non droit, de misère généralisée, de division ethnique et de violences.

Il doit partir du pouvoir, nous devons le faire partir pour sceller un nouveau contrat social pour le bien de tous les guinéens.

Sadio Barry Pourquoi je ne pouvais pas rallier Alpha Condé et son RPG.

« C’est en 1991, alors étudiant, que j’ai quitté Alpha Condé et le RPG »


C’est déjà depuis 1991, avant même l’existence officielle du RPG, que j’ai eu la conviction, preuves à l’appui, que si par malheur, le RPG (Rassemblement Démocratique de Guinée) accédait un jour au pouvoir dans notre pays, notre héritage commun, à savoir le sentiment d'appartenir à une seule et même Nation allait voler en éclats. Par la suite aussi, en 1996, j’en avais averti les Guinéens sur le forum de Boubah (actuel Guineenews).
En effet, en 1991, c’était Sékou Souapé Kourouma lui-même qui m’avait conduit, avec mon ami Abdoulaye Keita de Fria, à l’hôtel Niger de Conakry pour rencontrer Ahmed Tidiane Cissé avec qui il nous avait priés et convaincus de créer une branche estudiantine du mouvement RPG à Conakry. Ce mouvement avait pour but déclaré, de chasser les militaires du pouvoir et instaurer un Etat démocratique en Guinée.
Les étudiants que nous étions venions d’être déçus par le Forum de l’opposition dirigé par Bah Mamadou qui avait déclaré ne pas être en solidarité avec les étudiants en grève, allant jusqu’à refuser qu’on fasse des photocopies de nos lettres ouvertes à leur siège. C’est moi, en collaboration avec Sékou Souapé, qui ai fondé la branche universitaire du RPG à Conakry dont Siaka Cissoko occupera la présidence plus tard, la première section de Dixinn et celle de Fria avec le directeur de l’hôpital d’Etat d’alors parmi les cadres que j’avais réussi à recruter.
Vu que dans notre groupe, majoritairement malinké, personne ne semblait oser parler ouvertement du mouvement d’Alpha Condé et distribuer ses publications (posters et tracts), c’est moi qui ai occupé le secrétariat en charge de l’information tout en continuant mon travail de recrutement et d’implantation du mouvement. C’est ainsi que je fus parmi ceux qui ont travaillé sur le terrain pour préparer l’arrivée d’Alpha Condé le 17 mai 1991 et son meeting avorté du stade de Coléah.
A sa résidence à Mafanco, Alpha Condé qui prit la parole ne demanda qu’après une seule personne : « Sadio Barry », qu’il qualifia de meilleur à tous en Guinée. C’est cette appréciation de ma personne par Alpha Condé, au dire de Sékou Souapé Kourouma, qui fut à l’origine du complot que certains responsables du RPG et mes collègues malinkés du bureau ont planifié et exécuté contre moi.
Ils attendirent que je parte en congé à Fria pour demander une réunion extraordinaire en urgence avec le camarade Alpha Condé en personne. Le Président du bureau, Siaka Cissoko, présenta alors un dossier d’accusation et une résolution d’exclusion "prise à l’unanimité par le bureau" contre Sadio Barry pour haute trahison. Deux soi-disant témoins-clés des faits furent présentés par M. Cissoko : Kalil Camara et Abdoulaye Koné. Monsieur Cissoko prit le soin d’ajouter que Sadio Barry avait été confronté à la vérité et avait reconnu les faits. Ce qui aurait amené le bureau à prendre contre lui les mesures qui s’imposaient. « D’ailleurs, ajoute Siaka Cissoko, Sadio Barry en question est actuellement en mission de Bah Mamadou à Fria. Il y est allé dans la voiture, une Peugeot 504 blanche, que Bah Mamadou lui a offert ».

Après avoir écouté M. Cissoko et les autres membres du bureau, Alpha Condé qui souligna qu’il ne voudrait pas perdre quelqu’un comme Sadio Barry, rappela mon apport au RPG et demanda au bureau de me pardonner en m’accordant une nouvelle chance.
A mon retour des congés, Sékou Souapé m’informa de la tenue d’une réunion du bureau en présence d’Alpha Condé. Ignorant du complot dont j’avais été victime en mon absence, je viens à la réunion où je rendis compte du travail hors-programme que j’ai effectué à Fria en y mettant en place un bureau provisoire dirigé par le directeur de l’hôpital préfectoral de la ville. Je détenais en plus une liste de nouveaux adhérents que j’ai recrutés dans le mouvement RPG à l’occasion de ce déplacement.
Alpha Condé qui présidait la réunion fit part de son étonnement, parce que deux semaines avant, on lui avait fait part de mon exclusion pour haute trahison. Il souleva lui-même le problème en demandant aux autres membres du bureau de s’expliquer devant moi. Chacun se mit à indexer l’autre. Fâché, Alpha Condé suspendit la séance et renvoya le bureau à régler le problème avant la fin de la semaine.
C’est ainsi que mes collègues, sans vouloir qu’on parle de ce qui s’est passé, dirent qu’ils se sont trompés dans leur jugement et me présentèrent des excuses en demandant qu’on oublie ce qui s’est passé pour aller de l’avant.
Tenant à connaître les accusations qui ont été portées contre moi à mon insu ainsi que les motivations de celles-ci, j’avais alors porté plainte contre le groupe auprès du Bureau National du RPG. Ce dernier se réunit alors à Mafanco et nous convoqua tous.
C’est seulement ce jour que j’ai découvert toute la vérité sur le complot qui avait été fomenté et ourdi contre moi. Mes « collègues malinkés » reconnurent avoir perfidement fabriqué l’histoire de toutes pièces afin de m’écarter vu le poste stratégique que j’occupais et la confiance grandissante d’Alpha Condé en moi, pour protéger le mouvement d’un « Peul » qui pourrait éventuellement trahir au profit de ses parents Diallo Siradiou ou Bah Mamadou. Ils firent même des observations sur le fait que l’on me voyait toujours lire les lettres ouvertes de Bah Mamadou contre le régime militaire au pouvoir.
Après avoir écouté tout le monde, les responsables du bureau national, appelés « sages du RPG », se concertèrent une quinzaine de minutes avant de rendre leur jugement :
« Après avoir attentivement écouté chacun et analysé le problème en profondeur, nous ne pouvons donner tort à personne. Les uns ont voulu sacrifier un membre du groupe pour préserver les intérêts du parti en émergence. Ils ont agi par souci et avec la volonté de servir la cause qui nous réunit. Sadio quant à lui, a prouvé sa fidélité et sa détermination à rester membre du RPG qu’il continue de servir loyalement. Nous vous félicitons donc tous et vous exhortons à considérer cette histoire comme définitivement close. Nous allons rendre compte au Secrétaire général (Alpha Condé) ».
Alors, avant qu’ils ne lèvent la séance, j’ai pris la parole :
« Chers membres du BN et responsables nationaux du RPG, c’est çà votre façon de juger? Comment pouvez-vous comprendre et féliciter des personnes qui disent avoir eu des motivations ethniques pour calomnier et sanctionner un collègue, un Guinéen comme eux dont le tort n’est que d’appartenir à une autre ethnie que la leur, la vôtre ? Si c’est cette

justice que vous voulez instaurer en Guinée, alors ne comptez plus sur ma contribution à moi dans votre projet politique. Je démissionne sur le champ. »
Beaucoup d’étudiants des autres ethnies qui ont assisté au jugement démissionnèrent aussi en bloc.
Alpha Condé indiquera après, qu’il refuse d’accepter ma démission et me prie de rester dans le RPG, avec lui. Je répondis alors à Alpha Condé que je continue d’avoir de l’estime et du respect pour lui, mais que s’il aime la Guinée, il doit renoncer à conquérir le pouvoir avec ce mouvement qui est devenu un regroupement de haineux et de racistes malinkés. Je priai donc Alpha Condé d’éviter de porter un tel regroupement ethnique au pouvoir en Guinée. Sinon, lui dis-je, notre pays en souffrirait terriblement sur tous les plans. Sékou Souapé Kourouma a été témoin et porteur de tous nos échanges.
En 1996, avant donc les élections de 1998, Alpha Condé a fait une tournée de campagne aux Etats Unis et en Europe. A Dortmund, en Allemagne, il était attendu à 10h, mais n’arrivera qu’après 16h. Des Guinéens de toutes les sensibilités et amis non-Guinéens étaient venus l’accueillir et écouter son discours d’opposant. Il faisait chaud et la salle était pleine. Tout le monde était fatigué et assoiffé. Après 15h, les responsables du RPG se décidèrent enfin de servir au moins des boissons, ce qu’ils ne voulaient pas faire avant l’arrivé de leur leader. Les serveuses du RPG reçurent des consignes de ne servir à boire qu’aux Malinkés. En guise de Protestation, ma réaction avait été très simple. J’ai attendu qu’on serve à Alpha Condé à boire, pour venir à la table officielle, devant toute l’assistance, et m’emparer de son verre pour me désaltérer. J’y étais avec mon ami malinké Mohamed Bamba. Lui et moi avions dénoncé cela à l'époque sur le Forum de Boubah.
Ce jour à Dortmund, quand il a su les raisons de mon action, Alpha Condé lui-même dénoncera dans des termes très durs les comportements et le racisme de certains malinkés qui, selon lui, seraient les premiers ennemis du RPG.
Jusqu’à la transition 2010, j’avais une peur bleue du RPG, mais une certaine estime pour la personne d’Alpha Condé. Autant fut grande ma déception lors que pendant les campagnes de 2010, Alpha Condé en personne se mit à stigmatiser les Peuls dans l’ensemble, fit des démarches régionalistes contre les Foulbé et le Fouta en lieu et place d’alliance politique et incita à la haine et à la violence anti-peules dans tout le pays.
Propos d’Alpha Condé rapportés par le journal « Le Monde » du 2 sept 2010:
« Je suis soutenu par la Basse et la Haute Guinée et la Guinée forestière. C'est l'expression du refus de la volonté de domination des Peuls ».
Alpha Président, fonda son régime sur du régionalisme, le favoritisme et des exclusions ethniques, fit fonder et soutenir, avec des moyens de l’Etat, des mouvements anti-peuls « Manden Djalon » et « Union des Roundès » en provoquant des violences et une profonde déchirure du tissu social au Fouta et dans le reste du pays, recrute et entretient une milice donzo avec des criminels dont on a vu la dangerosité dans des pays voisins qui ont été déchirés par des guerres civiles.
Le 9 mai 2015, Alpha Condé s’adresse aux Malinkés à Kankan :

« Si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors qu'il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux Malinkés, aux Forestiers et aux Soussous ! ».
Dans le même discours, il dit aux populations de la Haute Guinée que lorsqu’il venait au pouvoir, les Malinkés, sous le règne du soussou Lansana Conté, avaient leurs bouches dans le sac et qu’ils n’osaient pas parler leur langue maninka à Conakry. Avant d’ajouter que si les Malinkés s’asseyent jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir, ils vont subir pire que ce qu’ils ont subi en 1985.
Ainsi, nous avons promis aux Guinéens de lutter contre le régime incompétent, injuste et ethnocentrique du RPG d'Alpha Condé. Un homme digne, c’est un homme qui honore ses engagements.
Malheureusement, je n'ai pas les moyens de mener convenablement le combat et l'ennemi est prêt à tout; mais je ne vendrai pas pour autant mon âme au diable.
Voilà pourquoi, moi Sadio Barry, je ne pouvais rallier Alpha Condé qui a socialement déchiré le pays, qui continue de torpiller le processus électoral et qui ne respecte ni la Constitution ni des accords signés.
Allemagne, le 16 septembre 2015

« C’est en 1991, alors étudiant, que j’ai quitté Alpha Condé et le RPG »

C’est déjà depuis 1991, avant même l’existence officielle du RPG, que j’ai eu la conviction, preuves à l’appui, que si par malheur, le RPG (Rassemblement Démocratique de Guinée) accédait un jour au pouvoir dans notre pays, notre héritage commun, à savoir le sentiment d'appartenir à une seule et même Nation allait voler en éclats. Par la suite aussi, en 1996, j’en avais averti les Guinéens sur le forum de Boubah (actuel Guineenews).

En effet, en 1991, c’était Sékou Souapé Kourouma lui-même qui m’avait conduit, avec mon ami Abdoulaye Keita de Fria, à l’hôtel Niger de Conakry pour rencontrer Ahmed Tidiane Cissé avec qui il nous avait priés et convaincus de créer une branche estudiantine du mouvement RPG à Conakry. Ce mouvement avait pour but déclaré, de chasser les militaires du pouvoir et instaurer un Etat démocratique en Guinée.

Les étudiants que nous étions venions d’être déçus par le Forum de l’opposition dirigé par Bah Mamadou qui avait déclaré ne pas être en solidarité avec les étudiants en grève, allant jusqu’à refuser qu’on fasse des photocopies de nos lettres ouvertes à leur siège. C’est moi, en collaboration avec Sékou Souapé, qui ai fondé la branche universitaire du RPG à Conakry dont Siaka Cissoko occupera la présidence plus tard, la première section de Dixinn et celle de Fria avec le directeur de l’hôpital d’Etat d’alors parmi les cadres que j’avais réussi à recruter.

Vu que dans notre groupe, majoritairement malinké, personne ne semblait oser parler ouvertement du mouvement d’Alpha Condé et distribuer ses publications (posters et tracts), c’est moi qui ai occupé le secrétariat en charge de l’information tout en continuant mon travail de recrutement et d’implantation du mouvement. C’est ainsi que je fus parmi ceux qui ont travaillé sur le terrain pour préparer l’arrivée d’Alpha Condé le 17 mai 1991 et son meeting avorté du stade de Coléah.

A sa résidence à Mafanco, Alpha Condé qui prit la parole ne demanda qu’après une seule personne : « Sadio Barry », qu’il qualifia de meilleur à tous en Guinée. C’est cette appréciation de ma personne par Alpha Condé, au dire de Sékou Souapé Kourouma, qui fut à l’origine du complot que certains responsables du RPG et mes collègues malinkés du bureau ont planifié et exécuté contre moi.

Ils attendirent que je parte en congé à Fria pour demander une réunion extraordinaire en urgence avec le camarade Alpha Condé en personne. Le Président du bureau, Siaka Cissoko, présenta alors un dossier d’accusation et une résolution d’exclusion "prise à l’unanimité par le bureau" contre Sadio Barry pour haute trahison. Deux soi-disant témoins-clés des faits furent présentés par M. Cissoko : Kalil Camara et Abdoulaye Koné. Monsieur Cissoko prit le soin d’ajouter que Sadio Barry avait été confronté à la vérité et avait reconnu les faits. Ce qui aurait amené le bureau à prendre contre lui les mesures qui s’imposaient. « D’ailleurs, ajoute Siaka Cissoko, Sadio Barry en question est actuellement en mission de Bah Mamadou à Fria. Il y est allé dans la voiture, une Peugeot 504 blanche, que Bah Mamadou lui a offert ».


Après avoir écouté M. Cissoko et les autres membres du bureau, Alpha Condé qui souligna qu’il ne voudrait pas perdre quelqu’un comme Sadio Barry, rappela mon apport au RPG et demanda au bureau de me pardonner en m’accordant une nouvelle chance.

A mon retour des congés, Sékou Souapé m’informa de la tenue d’une réunion du bureau en présence d’Alpha Condé. Ignorant du complot dont j’avais été victime en mon absence, je viens à la réunion où je rendis compte du travail hors-programme que j’ai effectué à Fria en y mettant en place un bureau provisoire dirigé par le directeur de l’hôpital préfectoral de la ville. Je détenais en plus une liste de nouveaux adhérents que j’ai recrutés dans le mouvement RPG à l’occasion de ce déplacement.

Alpha Condé qui présidait la réunion fit part de son étonnement, parce que deux semaines avant, on lui avait fait part de mon exclusion pour haute trahison. Il souleva lui-même le problème en demandant aux autres membres du bureau de s’expliquer devant moi. Chacun se mit à indexer l’autre. Fâché, Alpha Condé suspendit la séance et renvoya le bureau à régler le problème avant la fin de la semaine.

C’est ainsi que mes collègues, sans vouloir qu’on parle de ce qui s’est passé, dirent qu’ils se sont trompés dans leur jugement et me présentèrent des excuses en demandant qu’on oublie ce qui s’est passé pour aller de l’avant.

Tenant à connaître les accusations qui ont été portées contre moi à mon insu ainsi que les motivations de celles-ci, j’avais alors porté plainte contre le groupe auprès du Bureau National du RPG. Ce dernier se réunit alors à Mafanco et nous convoqua tous.

C’est seulement ce jour que j’ai découvert toute la vérité sur le complot qui avait été fomenté et ourdi contre moi. Mes « collègues malinkés » reconnurent avoir perfidement fabriqué l’histoire de toutes pièces afin de m’écarter vu le poste stratégique que j’occupais et la confiance grandissante d’Alpha Condé en moi, pour protéger le mouvement d’un « Peul » qui pourrait éventuellement trahir au profit de ses parents Diallo Siradiou ou Bah Mamadou. Ils firent même des observations sur le fait que l’on me voyait toujours lire les lettres ouvertes de Bah Mamadou contre le régime militaire au pouvoir.

Après avoir écouté tout le monde, les responsables du bureau national, appelés « sages du RPG », se concertèrent une quinzaine de minutes avant de rendre leur jugement :

« Après avoir attentivement écouté chacun et analysé le problème en profondeur, nous ne pouvons donner tort à personne. Les uns ont voulu sacrifier un membre du groupe pour préserver les intérêts du parti en émergence. Ils ont agi par souci et avec la volonté de servir la cause qui nous réunit. Sadio quant à lui, a prouvé sa fidélité et sa détermination à rester membre du RPG qu’il continue de servir loyalement. Nous vous félicitons donc tous et vous exhortons à considérer cette histoire comme définitivement close. Nous allons rendre compte au Secrétaire général (Alpha Condé) ».

Alors, avant qu’ils ne lèvent la séance, j’ai pris la parole :

« Chers membres du BN et responsables nationaux du RPG, c’est çà votre façon de juger? Comment pouvez-vous comprendre et féliciter des personnes qui disent avoir eu des motivations ethniques pour calomnier et sanctionner un collègue, un Guinéen comme eux dont le tort n’est que d’appartenir à une autre ethnie que la leur, la vôtre ? Si c’est cette


justice que vous voulez instaurer en Guinée, alors ne comptez plus sur ma contribution à moi dans votre projet politique. Je démissionne sur le champ. »

Beaucoup d’étudiants des autres ethnies qui ont assisté au jugement démissionnèrent aussi en bloc.

Alpha Condé indiquera après, qu’il refuse d’accepter ma démission et me prie de rester dans le RPG, avec lui. Je répondis alors à Alpha Condé que je continue d’avoir de l’estime et du respect pour lui, mais que s’il aime la Guinée, il doit renoncer à conquérir le pouvoir avec ce mouvement qui est devenu un regroupement de haineux et de racistes malinkés. Je priai donc Alpha Condé d’éviter de porter un tel regroupement ethnique au pouvoir en Guinée. Sinon, lui dis-je, notre pays en souffrirait terriblement sur tous les plans. Sékou Souapé Kourouma a été témoin et porteur de tous nos échanges.

En 1996, avant donc les élections de 1998, Alpha Condé a fait une tournée de campagne aux Etats Unis et en Europe. A Dortmund, en Allemagne, il était attendu à 10h, mais n’arrivera qu’après 16h. Des Guinéens de toutes les sensibilités et amis non-Guinéens étaient venus l’accueillir et écouter son discours d’opposant. Il faisait chaud et la salle était pleine. Tout le monde était fatigué et assoiffé. Après 15h, les responsables du RPG se décidèrent enfin de servir au moins des boissons, ce qu’ils ne voulaient pas faire avant l’arrivé de leur leader. Les serveuses du RPG reçurent des consignes de ne servir à boire qu’aux Malinkés. En guise de Protestation, ma réaction avait été très simple. J’ai attendu qu’on serve à Alpha Condé à boire, pour venir à la table officielle, devant toute l’assistance, et m’emparer de son verre pour me désaltérer. J’y étais avec mon ami malinké Mohamed Bamba. Lui et moi avions dénoncé cela à l'époque sur le Forum de Boubah.

Ce jour à Dortmund, quand il a su les raisons de mon action, Alpha Condé lui-même dénoncera dans des termes très durs les comportements et le racisme de certains malinkés qui, selon lui, seraient les premiers ennemis du RPG.

Jusqu’à la transition 2010, j’avais une peur bleue du RPG, mais une certaine estime pour la personne d’Alpha Condé. Autant fut grande ma déception lors que pendant les campagnes de 2010, Alpha Condé en personne se mit à stigmatiser les Peuls dans l’ensemble, fit des démarches régionalistes contre les Foulbé et le Fouta en lieu et place d’alliance politique et incita à la haine et à la violence anti-peules dans tout le pays.

Propos d’Alpha Condé rapportés par le journal « Le Monde » du 2 sept 2010:

« Je suis soutenu par la Basse et la Haute Guinée et la Guinée forestière. C'est l'expression du refus de la volonté de domination des Peuls ».

Alpha Président, fonda son régime sur du régionalisme, le favoritisme et des exclusions ethniques, fit fonder et soutenir, avec des moyens de l’Etat, des mouvements anti-peuls « Manden Djalon » et « Union des Roundès » en provoquant des violences et une profonde déchirure du tissu social au Fouta et dans le reste du pays, recrute et entretient une milice donzo avec des criminels dont on a vu la dangerosité dans des pays voisins qui ont été déchirés par des guerres civiles.

Le 9 mai 2015, Alpha Condé s’adresse aux Malinkés à Kankan :


« Si vous avez accepté le gouverneur Nawa Damey, alors qu'il est forestier, c’est parce que la Guinée appartient aux Malinkés, aux Forestiers et aux Soussous ! ».

Dans le même discours, il dit aux populations de la Haute Guinée que lorsqu’il venait au pouvoir, les Malinkés, sous le règne du soussou Lansana Conté, avaient leurs bouches dans le sac et qu’ils n’osaient pas parler leur langue maninka à Conakry. Avant d’ajouter que si les Malinkés s’asseyent jusqu’à ce qu’il quitte le pouvoir, ils vont subir pire que ce qu’ils ont subi en 1985.

Ainsi, nous avons promis aux Guinéens de lutter contre le régime incompétent, injuste et ethnocentrique du RPG d'Alpha Condé. Un homme digne, c’est un homme qui honore ses engagements.

Malheureusement, je n'ai pas les moyens de mener convenablement le combat et l'ennemi est prêt à tout; mais je ne vendrai pas pour autant mon âme au diable.

Voilà pourquoi, moi Sadio Barry, je ne pouvais rallier Alpha Condé qui a socialement déchiré le pays, qui continue de torpiller le processus électoral et qui ne respecte ni la Constitution ni des accords signés.

Allemagne, le 16 septembre 2015

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