Médiaguinéee " Le palais, la Cour et les courtisans

A quelques jours de la présidentielle d’octobre 2015, le palais Sékhoutouréya est en passe de devenir le lieu de pèlerinage de tout ce que la République compte de courtisans et d’opportunistes recyclés. Armés de faux projets de réélection, ces hommes aux souliers plats et femmes aux talons hauts arpentent les couloirs du palais et les Ministères. Partout, ils font croire aux dirigeants actuels qu’ils sont capables de faire changer le cours normal de l’histoire. Mais une fois autorisés à descendre dans l’arène politique, ces crocs-en jambe réclament plusieurs millions de francs guinéens. Mais que font-ils de ce montant ? Facile...

Moulés dans la mamaya, ces oisifs qui ont trouvé l’occasion ou jamais de se faire des sous, mobilisent dans les quartiers des jeunes à qui ils balancent des miettes de la fortune, plantent des tentes aux couleurs du parti au pouvoir sous lesquelles des engins crachent de la musique à la gloire du président. Le reste du montant, ils s’en bottent ailleurs.

Pourtant, Alpha Condé qui n’est pas à son premier coup de maître face à ses adversaires, peut se passer de bien de chercheurs de faveurs qui ont rempli même l’état major du RPG Arc-en-ciel. On les appelle dans le langage courant « les rpgistes de la 25è heure ». Pis, ils ne démarchent que des menus fretins qui demain tendront une ardoise salée au président sur fond de chantage: « c’est nous qui t’avons mis là ». Alpha Condé a-t-il besoin de leaders à poids plume alors que la victoire est à portée de main ? Assurément non. Ces "démineurs" qui embouteillent les hôtels, s’accrochent aux vols au nom du président et s’offrent des bolides pourraient crier victoire s’ils arrivent un jour à faire revenir Lansana Kouyaté au sein de la mouvance. Là, restez sereins, ils n’y parviendront jamais. Car, c'est une autre affaire...

Par MEDIAGUINEE

NB : le titre est de www.nrgui.com

Anouar Benmalek : « En Afrique, il y a un déficit de mémoire »

 

Thriller documenté et nerveux, Fils du Shéol, de l'auteur algéro-marocain, lie deux des pires tragédies du XXème siècle, commises par l'armée allemande : les génocides herero et juif. Un livre important au milieu d'une rentrée littéraire par ailleurs riche en oeuvres africaines.

Avec Fils du Shéol, Anouar Benmalek nous plonge dès les premières pages dans les grandes horreurs du XXe siècle. Karl, un adolescent, voyage dans un wagon à bestiaux vers les camps de Pologne, où il sera gazé. Ensuite, coincé dans un étrange séjour des morts, le Shéol, il regarde évoluer les siens et tente d’influer sur leur destin. Il retrouve son père, Manfred, devenu kapo. Il revoit sa mère, la lumineuse Élisa, une Juive d’Algérie. Poursuivant son effroyable voyage à rebours, Karl croise Ludwig, son grand-père, qui au début du siècle a servi dans l’armée allemande en Afrique. Il découvre alors l’indicible secret de son aïeul, qui a assisté au génocide du peuple herero.

Anouar Benmalek livre ici un roman nerveux, merveilleusement documenté. Un roman historique en forme de thriller, qui nous tient en haleine jusqu’aux derniers mots.

Né en 1956, l’Algéro-Marocain Anouar Benmalek est un écrivain engagé et passionné d’histoire. Membre fondateur du Comité algérien contre la torture, ses romans Ô Maria (Fayard) et Le Rapt (Fayard) lui ont valu à la fois la reconnaissance internationale et des menaces dans son pays. Interview.

La shoah fait aussi partie de notre horizon africain puisqu’elle a un peu commencé en Namibie.

Jeune Afrique : Comment est née l’histoire de ce roman ?

Anouar Benmalek : J’avais depuis longtemps envie d’écrire sur la Shoah. Je tournais autour, je lisais, mais j’avais un problème de légitimité : pourquoi moi ? Quel était mon point de vue ? Un jour, en lisant une biographie de Göring, j’ai appris au détour d’une phrase que son père, Heinrich Göring, avait été gouverneur de la German South West Africa, qui deviendra la Namibie. Ça a été le déclic.

Qu’avez-vous découvert sur le massacre des Hereros, qui est raconté avec force détails dans le roman ?

J’ai trouvé très peu de documentation en français. La colonisation allemande a certes duré peu de temps, mais elle a été d’une violence extrême. En Namibie, ils se sont rendus coupables d’un véritable génocide, dans la définition moderne du terme. « Chaque Herero trouvé à l’intérieur des frontières allemandes, armé ou non, avec du bétail ou non, sera abattu », disait le général von Trotha, qui commandait les troupes.

Il existe des travaux universitaires mais pas d’ouvrages destinés au grand public. Or, à mon avis, ce sont les romans et le cinéma qui permettent à un événement d’accéder à la mémoire commune. Il aura fallu attendre jusqu’au 10 juillet dernier pour que les Allemands reconnaissaient ce génocide. Mais cet acte m’a laissé perplexe : j’ai l’impression que c’est un peu la reconnaissance du pauvre et je trouve que cela aurait mérité que le chef du gouvernement s’y investisse.

Néanmoins, c’est un premier pas et il faut s’en réjouir. Quant aux Namibiens, ils n’ont rien écrit dessus en littérature. C’est très étrange. Cyniquement, on peut dire que les Allemands ont réussi leur coup. En plus d’éliminer un peuple, ils ont éliminé une mémoire.

Justement, la question de la mémoire est au centre de votre roman.

Le vrai thème du livre, c’est l’oubli. Le livre n’existe que parce qu’il y a cet oubli épouvantable. Nous devons écrire car les victimes, elles, le font très peu. En Afrique, je crois, il y a un déficit de mémoire. Je regrette que les Africains n’écrivent pas plus sur leur continent. Comme si nous trouvions parfois qu’à nos yeux nous ne valons pas la peine qu’on se souvienne de nous.

Depuis ce séjour des morts, il va tenter d’influer sur le destin de ses parents, de les faire échapper à la mort »

Manfred dit à son père : « L’Histoire ne se répète jamais. » Vous semblez penser qu’au contraire l’Histoire n’est qu’une éternelle répétition.

Il y a de nombreux liens entre la Shoah et le génocide des Hereros. Les premières expérimentations médicales sur les prisonniers ont lieu, par exemple, en Namibie, et certains des médecins qui les ont pratiquées ont ensuite occupé des places importantes dans le système nazi. Les chemises brunes sont les surplus de l’armée africaine, qui, après la défaite, en 1918, ont rejoint Hitler. En Namibie, les Allemands se sont rendu compte qu’un génocide était possible.

N’avez-vous pas hésité à mettre ces deux génocides sur le même plan et à alimenter ce qu’on appelle la « concurrence mémorielle » ?

Ce terme est ignoble. Quand un être humain est assassiné du fait de sa race, il n’y a pas de concurrence. Vouloir mettre la mort des uns au-dessus de celle des autres, c’est une violence épouvantable. Il ne faut pas laisser notre esprit être obscurci par ces concurrences ni par les enjeux contemporains. Par exemple, laisser le conflit israélo-palestinien ternir notre compassion naturelle à l’égard du peuple juif.

Aucun écrivain maghrébin n’a consacré de grand livre à la Shoah. Comment l’expliquez-vous ?

La Shoah fait aussi partie de notre horizon africain puisqu’elle a un peu commencé en Namibie. J’ai envie de rapatrier cette partie de l’Histoire chez nous et je suis très content que ce livre paraisse en même temps à Alger, aux éditions Casbah. Un Maghrébin n’a pas à avoir de scrupules vis-à-vis de cela. Je suis marocain et algérien par hasard. Le destin aurait pu me placer dans un lieu et dans un temps qui auraient fait que j’aurais été gazé !

Comment vous est venue cette idée du Shéol, ce « séjour des morts » d’où votre personnage principal observe la vie de ses ancêtres ?

Pour être tout à fait franc, je n’ai pas réussi à me défaire de mon personnage. Je ne supportais pas l’idée que ce jeune garçon soit totalement mort, et c’est pourquoi il se retrouve dans ces limbes, cet endroit intermédiaire. Depuis ce séjour des morts, il va tenter d’influer sur le destin de ses parents, de les faire échapper à la mort. Finalement, cela permettait aussi d’apporter une dimension de thriller au récit. Or la politesse minimale envers le lecteur, c’est de lui donner envie de tourner la page.

Boualem Sansal, Yasmina Khadra, Kamel Daoud… Les écrivains algériens sont à la mode. Quel regard portez-vous sur cette génération ?

Je suis très content de la nouvelle visibilité des écrivains maghrébins. Je me souviens d’une époque où, à la sortie de l’un de mes livres, un journaliste français a écrit au début d’un article : « Encore un écrivain maghrébin ! » Nous étions toujours de trop. Aujourd’hui, le problème c’est que nous ne sommes pas lus dans nos pays. Nous n’avons pas accès à la télévision mais à la presse indépendante, qui, il faut le reconnaître, est très pugnace. Mais nous ne pouvons nous adresser au grand public. Nos paroles portent moins que celles de n’importe quel imam analphabète.

Fils du Shéol, d'Anouar Benmalek, éd. Calmann-Lévy, 418 pages, 20 euros, à paraître le 19 août.

Fils du Shéol, d’Anouar Benmalek, éd. Calmann-Lévy, 418 pages, 20 euros, à paraître le 19 août. 

Par

Jeune Afrique

Ta-Nehisi Coates : « Libérez-moi de ce corps noir »

Dans Between the world and me, l’essayiste Ta-Nehisi Coates s’élève contre la notion de race qui l’enferme dans son identité d’Afro-Américain, contre ce racisme qui est selon lui au fondement de l’Amérique, contre la chimère du rêve américain. Cet ouvrage important suscite polémique aux États-Unis, où chaque semaine une affaire de brutalité policière alimente le débat sur le racisme institutionnel. 

Ta-Nehisi Coates pousse un cri de rage. Rage dirigée contre son pays, contre ces catégories raciales qui divisent et enferment, contre ce « rêve » américain trompeur puisque tout le monde ne peut pas y accéder de la même façon. Et Ta-Nehisi Coates avoue qu’il a peur. Peur que son corps recouvert de peau noire soit maltraité, exploité, assassiné. Puisque l’Histoire ne l’a jamais épargné. Cette peur qui l’accompagne depuis son enfance dans le quartier pauvre de West Baltimore s’est désormais transformée en violente inquiétude pour son enfant, son fils de 14 ans. C’est donc à lui qu’il dédie Between the world and me (Entre le monde et moi), son second ouvrage, paru en juillet.

Ce texte prend en effet la forme d’une longue lettre à l’intention de Samori, son fils, un ado afro-américain ayant la chance de grandir à l’ère d’Obama dans une famille d’intellectuels new-yorkais, mais qui assiste pourtant chaque jour ou presque à des épisodes de violences racistes témoignant des errements de son pays, et qui peut donc craindre pour sa vie.

La question du corps, de sa liberté et de sa sécurité, est ici centrale. Elle taraude Ta-Nehisi Coates depuis l’enfance et semble motiver son travail d’écrivain : « Comment puis-je vivre libre dans ce corps noir ? », s’interroge-t-il. Vivre libre dans un pays qui croit si fermement à « la réalité de la “race” comme un trait caractéristique incontestable du monde naturel » et « qui enfante ainsi le racisme » ?

Le résultat de ces interrogations est bien plus qu’une lettre : c’est un ouvrage hybride entre l’essai, le reportage, le manifeste et le poème. Sombre, triste, plein de colère. On y retrouve les éléments qui font la richesse et la complexité de l’écriture de Ta-Nehisi Coates, journaliste et essayiste afro-américain rattaché au magazine The Atlantic. Un mensuel pour lequel il a écrit des articles de référence pour mieux comprendre l’expérience des Afro-Américains et la présidence de Barack Obama. Citons par exemple La Peur d’un président noir (dont nous parlions avec l’auteur ici) ou Plaidoyer en faveur des réparations (liées à l’esclavage). 

Beyond the world and me est d’autant plus utile qu’il paraît à un moment bien particulier dans l’histoire du pays : à la fin du second mandat du premier président afro-américain des États-Unis, dans un contexte de tensions raciales qu’il est de plus en plus difficile de nier. Les affaires de brutalités policières et les faits divers racistes s’enchaînent. Ils sont documentés par des vidéos d’amateurs circulant sur le web et sont de plus en plus couverts par les médias traditionnels. Depuis près de deux ans, ceux-ci se remettent à analyser les inégalités, les discriminations et le racisme institutionnel dont les États-Unis n’auraient pas réussi à se débarrasser.

Cette semaine, Ferguson se retrouve ainsi de nouveau au cœur de l’actualité : un an après la mort de Mike Brown dans cette ville du Missouri, alors que des cérémonies de commémoration s’organisaient, de nouvelles manifestations ont éclaté, des coups de feu ont été tirés, un manifestant a été grièvement blessé après s’en être pris à un officier et l’état d’urgence a été de nouveau déclaré dans le comté de Saint Louis. L’occasion de se souvenir que depuis Mike Brown, la liste des Afro-Américains tués par des officiers, décédés dans des circonstances douteuses, voire ouvertement abattus en raison de leur couleur de peau (comme à Charleston) n’a cessé de s’allonger, d’Eric Garner à Tamir Rice en passant par Sandra Bland, ou encore Christian Taylor la semaine passée à Dallas. Autant d’affaires suscitant un renouveau du militantisme antiraciste, par le biais d’associations locales – notamment dans la région de Ferguson – et de manière plus bruyante mais plus brouillonne sur les réseaux sociaux, notamment derrière la bannière « Black lives matter ».

Dans son ouvrage cependant, Ta-Nehisi Coates ne s’intéresse pas à ce réveil militant ni aux réformes qu’il pourrait susciter. Il se range plutôt aux côtés des sceptiques et des pessimistes, de ceux qui ne parlent pas d’espoir et veulent envisager l’échec : échec du projet de société américain, illusion d’une société post-raciale. Il veut secouer ses concitoyens et use de phrases coups de poing pour y parvenir. « Tu l’auras compris […], les forces de police de ce pays ont reçu l’autorité de détruire ton corps », lâche-t-il à l’adresse de son fil.

Le débat sur « la réforme des pratiques policières » prend de l’ampleur ? Très bien. Mais Ta-Nehisi Coates ne cache pas sa lassitude face à cette expression en vogue depuis plus de quinze ans. D’autant que l’auteur n’en a pas particulièrement après la police, ce n’est pas cela l’objet de Between the world and me. « La vérité, c’est que le fonctionnement policier reflète à la fois les désirs et les peurs de l’Amérique, et quelle que soit l’orientation politique que prend la justice criminelle dans ce pays, on ne peut pas dire qu’une minorité répressive a imposé ses vues. Les abus qui découlent de ces politiques – le système carcéral tentaculaire, la détention arbitraire de personnes noires, la torture de suspects – sont tous le produit d’une volonté démocratique. Alors remettre en cause l’action policière, c’est remettre en cause la position de tous les Américains qui ont accepté d’envoyer des policiers dans les ghettos armés de ces mêmes peurs qui les habitent, des peurs qu’ils se créent tous seuls et qui les poussent à fuir les centres-ville […]. »

Le cœur de son propos est là : Ta-Nehisi Coates n’en peut plus de vivre dans une société raciste dans ses fondements mêmes, et qui met tant d’énergie à le nier, à s’accrocher à des mythes tel que le rêve américain, une société multiculturelle qui regorgerait d’opportunités pour tous. Cette notion de « rêve » et par extension de « rêveurs » est capitale dans l’ouvrage. L’auteur y tient, et il la précise pour nous par email : « Le rêve, c’est l’idée que toutes ces choses qui nous rendent fiers en Amérique – les grandes pelouses impeccables, les palissades, la possibilité d’avoir un emploi stable, les feux d’artifice du 4 juillet… – ont été obtenues d’une manière décente et honorable. Ce n’est pas vrai. Tout cela est le fruit d’un pillage. »

Quel rêve américain ?

Ta-Nehisi CoatesTa-Nehisi Coates

Il le dit et le répète : l’Amérique s’est construite en exploitant des corps, entre autres des corps noirs. Si cela n’a rien d’exceptionnel dans l’histoire du monde, note-t-il, ce n’est pas une raison pour ne pas s’en soucier. « L’Amérique prétend à l’exceptionnalisme, analysons-là à l’aune de ces standards exceptionnels », écrit-il dès les premières pages. Ta-Nehisi Coates rappelle que le corps noir a été exploité pendant les 250 ans qu’a duré l’esclavage, le péché originel. Il a ensuite été malmené par les politiques urbaines ségrégationnistes « qui leur ont donné leurs banlieues » et ont fabriqué les ghettos de centre-ville. Ce corps est encore devenu de « la chair à prison », bien utile à l’industrie carcérale. Tout cela, on le nie, on l’oublie, condition essentielle au maintien du « rêve ». Mais la réalité, insiste-t-il, c’est qu’un groupe est toujours opprimé, écrasé.

Tout au long de l’ouvrage, Ta-Nehisi Coates désigne donc un « eux » et un « nous », les « rêveurs » et les autres, ceux qui se rangent dans la catégorie des Blancs et ceux qui se retrouvent dans la catégorie des Noirs. Ces catégories ne sont pas homogènes, elles sont réductrices voire caricaturales (à noter que l’auteur mentionne à plusieurs reprises l’existence d’une bourgeoisie noire qui adhère parfaitement au « rêve »). Mais au bout du compte, elles s’imposent. Elles déterminent l’expérience du monde de chacun.

(..)

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Par Iris Deroeux

Médiapart

Sidya Touré A bâtons rompus avec le professeur Abdoulaye Diallo

André Silver Konan Billet d’humeur : ‘Forces régulières de sécurité, débarrassez-nous de ces vilains petits « microbes »’

C’est clair ! La naissance de groupes d’auto-défense informels est un indice de démission des forces régulières de défense et de sécurité. Aucun doute là-dessus. Le phénomène n’est certes pas nouveau, les dérives subséquentes non plus. Mais la responsabilité des forces régaliennes, d’hier à aujourd’hui est la même. Et elle pousse à l’indignation.

ASK 2015

Entre 1990 et 2000, les “soufè-wourou” s’étaient constitués un peu partout dans les quartiers, pour faire face à l’insécurité. Très rapidement, au lieu de jeunes gens baraqués qui surveillaient les quartiers, on a commencé à voir des gens bardés d’amulettes, aux accoutrements peu communs, et portant des fusils traditionnels. Le phénomène des dozos mués en gardiens venait de naître. Les dérives aussi. La suite est connue…

Entre 2002 et 2011, la démission des forces régulières de défense, face à l’avènement de la rébellion, a favorisé l’émergence (aucun jeu de mots, Lol) de groupes d’auto-défense informels. Au lieu de patriotes aux mains nues, on a commencé à voir des milices armées bien organisées, appliquant bêtement “l’article 125″.

Depuis 2011, la démission des forces régulières de sécurité, face aux vilains petits “microbes” (jeu de mots intentionnel) qui sont eux-mêmes les rejetons de la milice pro-rebelle des « Commandos invisibles » d’Abobo ; est en train de pousser des gens à se muer en groupes d’auto-défense. Les lynchages ont commencé. Jusqu’où iront ces groupes d’autodéfense ? Qui vivra verra !

Mais hier, comme aujourd’hui, ma position n’a pas changé: les forces régulières ne doivent jamais, au grand jamais laisser sous-traiter leur fonction régalienne, qui est celle de protéger les personnes et les biens. Elles ont manqué aussi bien à leur mission qu’à leurs responsabilités. Et je ne trouve pas cela très responsable. Surtout que cette fois-ci, il s’agit juste de neutraliser des…gamins. Alors, forces régulières de sécurité, débarrassez-nous donc de ces vilains petits « microbes » et de façon tout à fait régulière, s’il vous plait !

André Silver Konan

Journaliste-écrivain

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